Mise à jour : 06/08/2019
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307

Les Femmes à la fête de Cérès



Le seul caractère chronologique de cette pièce, est qu'elle a été représentée pendant la guerre. Du reste on ne peut en marquer l'année. La pièce est une satire contre Euripide . Quant au sujet du nom de Thesmophoriazouses que le poète lui a donné, il faut savoir qu'on célébrait trois fêtes de Cérès à Athènes, Démètria, Thesmophoria, et Eleusinia. Les femmes seules célébraient les Thesmophories, qui est proprement la fête de l'institution des lois. Si l'on en veut croire Plutarque , les femmes s'y comportaient fort sagement. Elles jeunaient rigoureusement ; et pour être plus chastes, elles couchaient sur des paillasses d'agnus-castus. Le caractère de son esprit, en matière de religion, était fort au dessous de cette solidité de jugement qu'il fait admirer dans ses vies. ainsi son témoignage nous doit donner plus d'idée du droit que du fait. Les Athéniennes n'étaient pas plus sages que les romaines ; et Juvénal nous apprend que celles-ci, cédant au tempéramen ant, introduisaient dans le temple et dans les cérémonies de Cérès des indécences très criminelles. Voyez la satire 6, où après avoir décrit un peu trop pathétiquement les débauches que les femmes pratiquaient aux mystères de la déesse Bonne, il ajoute : Atque utinam ritus veteres et publica saltem

his intacta malis agerentur sacra ; sed omnes

Noverunt Mauri atque Indi quae psaltria penem

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308

Majorem quam sint duo Caesaris anti-catones

Illuc, testiculi sibi conscius unde fugit mus

Intulerit, ubi velari pictura jubetur

Quaecumque alterius sexûs imitata figuram est.
Ces anti-Catons de César étaient de gros rouleaux et ces chanteuses qui en introduisaient de vivants dans un lieu dont les prêtres étaient coupés, et où les figures même du sexe masculin étaient interdites, se moquaient et de Cérès et de la pureté prétendue de ces mystères. Aristophane ne nous fait point entendre que les mystères fussent ainsi profanés de son temps. Mais son silence ne prouve rien pour la chasteté de ces fêteuses. Il avait un autre objet qui était de turlupiner Euripide .

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309

(a) Le poète raille sur ce qu' Euripide aura dit en quelqu'endroit : Il est inutile de vous dire ce que vous allez voir dans un moment

(b) Il s'ensuit de là que les Thesmophories duraient 5 jours.

(c) Ce gâteau appelé Pyramus, était fait de miel bouilli et de blé rôti, et se donnait comme un prix à ceux qui dans les festins avaient passé la nuit sans dormir.

X

(x) 2 vers passés

(d) Il fait allusion à un vers d' Euripide , où il fait dire à un impie ; c'est la langue qui a juré et non l'esprit.

(g) Nourrice et compagne de Cérès , ou la fertilité. Erycton lui avait dressé un autel dans la citadelle, et avait ordonné qu'on lui sacrifierait avant tous les autres Dieux.

(h) Voilà la formule : ad utilitatem quoque nostram

(i) Exclamation prise du combat d' Apollon contre Typhon . Les autres Dieux lui criaient : ἴέ πάιαν, ἴέ πάιαν. C'est à dire : frappe Péan .

(h) [?] tiré d'une tragédie d' Euripide , de Phénix.

X

?

(a) Suisas dit que les Corinthiens, pour abréger le chemin, faisaient passer leurs vaisseaux sur l' Isthme.

?

(a) Voyez dans Plutus.

(b) Voyez dans L'assemblée des femmes.

(c) Pris de l' Hélène d' Euripide

(a) On a fait voir dans la préface comment les chrétiens pensent autrement là dessus que ne pensaient les payens et même les juifs.

/Critylla ?

?

Les femmes à la fête de Cérès

Personnages

  • Euripide, sous plusieurs figures.
  • Mnésiloque, allié d'Euripide, aussi sous plusieurs figures.
  • Agathon, mauvais poète, effeminé.
  • Le valet d'Agathon.
  • Le chœur de femmes de la fête.
  • Un hérault.
  • Des femmes.
  • Clisthène.
  • Un directeur ou Prytane.
  • Un archer Scythe.
Mnésiloque , Euripide . Mnésiloque.

O ! Jupiter ! entendra-t-on bientôt gazouiller les Hirondelles ? Cet homme me tue, en me faisant roder dès la pointe du jour. Sera-t-il permis, avant que j'aie perdu toute ma rate à force de courir, de savoir de toi, mon cher Euripide , où tu me mènes ?

Mnésiloque.

O ! Jupiter ! entendra-t-on bientôt gazouiller les Hirondelles ? Cet homme me tue, en me faisant roder dès la pointe du jour. Sera-t-il permis, avant que j'aie perdu toute ma rate à force de courir, de savoir de toi, mon cher Euripide , où tu me mènes ?

Euripide.

Il est inutile que tu entendes ce que tu dois voir tout à l'heure.

Euripide.

Il est inutile que tu entendes ce que tu dois voir tout à l'heure.

Mnési.

Dis-le encore une fois, que je comprenne (a) . Je ne dois pas entendre …...

Mnési.

Dis-le encore une fois, que je comprenne (a) . Je ne dois pas entendre …...

Euri.

Ce que tu dois voir tout à l'heure.

Euri.

Ce que tu dois voir tout à l'heure.

Mnési.

Il ne faudrait donc pas non plus, que je visse.

Mnési.

Il ne faudrait donc pas non plus, que je visse.

Euri.

Ce que tu devrais entendre ? Non.

Euri.

Ce que tu devrais entendre ? Non.

Mnesi.

Que dis-tu là ? Cela est si subtil que je n'y entends pas. Et ce que tu veux, que je ne voie ni n'entende à cause que l'un et l'autre sont incompatibles?

Mnesi.

Que dis-tu là ? Cela est si subtil que je n'y entends pas. Et ce que tu veux, que je ne voie ni n'entende à cause que l'un et l'autre sont incompatibles?

Euri.

Cela est vrai.

Euri.

Cela est vrai.

Mnési.

Comment donc ?

Mnési.

Comment donc ?

Euri.

Il y a longtemps que ces deux choses sont distinguées. Quand la masse de l'air commença à se débrouiller, et les animaux à se mouvoir dans les espaces imaginaires, le premier trou qui

Euri.

Il y a longtemps que ces deux choses sont distinguées. Quand la masse de l'air commença à se débrouiller, et les animaux à se mouvoir dans les espaces imaginaires, le premier trou qui

fut fait, fut celui par où l'on doit voir, c'est à dire l’œil, qui fut placé dans la tête comme le soleil du corps ; après cela fut percé le trou par où l'on devait entendre, et l'oreille y fut plaquée comme un entonnoir.

fut fait, fut celui par où l'on doit voir, c'est à dire l’œil, qui fut placé dans la tête comme le soleil du corps ; après cela fut percé le trou par où l'on devait entendre, et l'oreille y fut plaquée comme un entonnoir.

Mnési.

Voilà un entonnoir qui est cause que je ne vois, ni j'entends. J'ai pourtant bien du plaisir d'apprendre tant de belles choses. Ce que c'est que de hanter les savants !

Mnési.

Voilà un entonnoir qui est cause que je ne vois, ni j'entends. J'ai pourtant bien du plaisir d'apprendre tant de belles choses. Ce que c'est que de hanter les savants !

Euri.

Je t'en apprendrai bien d'autres.

Euri.

Je t'en apprendrai bien d'autres.

Mnési.

Comment donc ?

Mnési.

Comment donc ?

Euri.

Outre tant de bonnes choses, je t'apprendrais encore une subtile invention, au moyen de laquelle tu ne clocherais plus. Viens çà, et m'écoute attentivement.

Euri.

Outre tant de bonnes choses, je t'apprendrais encore une subtile invention, au moyen de laquelle tu ne clocherais plus. Viens çà, et m'écoute attentivement.

Mnési.

Me voilà.

Mnési.

Me voilà.

Euri.

Vois-tu cette porte ?

Euri.

Vois-tu cette porte ?

Mnési.

Il m'est avis, par Hercule , que oui.

Mnési.

Il m'est avis, par Hercule , que oui.

Euri.

Tais toi donc.

Euri.

Tais toi donc.

Mnési.

Je me tais. Eh ! bien, cette porte ?

Mnési.

Je me tais. Eh ! bien, cette porte ?

Euri.

Écoute.

Euri.

Écoute.

Mnési.

J'entends et je me tais. Cette porte ?

Mnési.

J'entends et je me tais. Cette porte ?

Euri.

C'est là que demeure le fameux Agathon poète tragique.

Euri.

C'est là que demeure le fameux Agathon poète tragique.

Mnési.

Quel Agathon ? Est-ce le noir, le vigoureux Agathon ?

Mnési.

Quel Agathon ? Est-ce le noir, le vigoureux Agathon ?

Euri.

Non. C'en est un autre. Ne l'as tu jamais vu ?

Euri.

Non. C'en est un autre. Ne l'as tu jamais vu ?

Mnési.

Est ce l' Agathon qui a cette barbe épaisse et touffue ?

Mnési.

Est ce l' Agathon qui a cette barbe épaisse et touffue ?

barbe Euri.

Non. Ne l'as-tu jamais vu celui que je veux dire ?

Euri.

Non. Ne l'as-tu jamais vu celui que je veux dire ?

Mnési.

Non, par ma foi, que je sache.

Mnési.

Non, par ma foi, que je sache.

par Euri.

Tu ne l'as point vu ? Je gage que tu as couché avec lui et joui de ses faveurs ; mais ne t'en souviens pas. Frappons à la porte. Je vois son valet qui sort avec du feu et des couronnes de myrte, comme pour faire un sacrifice poétique.

Euri.

Tu ne l'as point vu ? Je gage que tu as couché avec lui et joui de ses faveurs ; mais ne t'en souviens pas. Frappons à la porte. Je vois son valet qui sort avec du feu et des couronnes de myrte, comme pour faire un sacrifice poétique.



Le valet d'Agathon . Mnésiloque . Euripide . Le valet.

Que tout le peuple ferme la bouche et fasse silence. Le sacré cœur des Muses est occupé dans la maison de mon maître, à faire des vers. Que l'air tranquille retienne l'haleine des vents. que les flots verdoyans de la mer ne fassent point le moindre bruit.

Le valet.

Que tout le peuple ferme la bouche et fasse silence. Le sacré cœur des Muses est occupé dans la maison de mon maître, à faire des vers. Que l'air tranquille retienne l'haleine des vents. que les flots verdoyans de la mer ne fassent point le moindre bruit.

Mnési.

Peste !

Mnési.

Peste !

Euri.

Tais-toi. Tu parles ?

Euri.

Tais-toi. Tu parles ?

Le va.

Dormez oiseaux, petits et grands. Que les pieds des bêtes féroces qui habitent les forêts demeurent enchainés par le repos.

Le va.

Dormez oiseaux, petits et grands. Que les pieds des bêtes féroces qui habitent les forêts demeurent enchainés par le repos.

Mnési.

Malapeste !

Mnési.

Malapeste !

Le va.

Le fameux versificateur Agathon mon maître s'en va....

Le va.

Le fameux versificateur Agathon mon maître s'en va....

Mnési.

Se faire faire.

Mnési.

Se faire faire.

Le va.

Qu'ai je entendu ?

Le va.

Qu'ai je entendu ?

Mnési.

L'air tranquille.

Mnési.

L'air tranquille.

Le val

...poser les fondements d'un poème nouveau, et mettre ses vers au tour, les coller, former former des sentences et des antonomases, jeter des pensées nouvelles en moule, les arrondir, les fondre au creuset.

Le val

...poser les fondements d'un poème nouveau, et mettre ses vers au tour, les coller, former former des sentences et des antonomases, jeter des pensées nouvelles en moule, les arrondir, les fondre au creuset.

former Mnési.

Et les...

Mnési.

Et les...

Le va.

Qui est ce mortel grossier qui s'approche de nos balustres ?

Le va.

Qui est ce mortel grossier qui s'approche de nos balustres ?

Mnési.

Un homme tout prêt à monter sur le dos de ton maitre le beau versificateur, et sur le tien, et à vous faire éprouver à tous deux comme je sais jeter en moule.

Mnési.

Un homme tout prêt à monter sur le dos de ton maitre le beau versificateur, et sur le tien, et à vous faire éprouver à tous deux comme je sais jeter en moule.

Le va.

Voilà un vieillard bien insolent, pour son âge.

Le va.

Voilà un vieillard bien insolent, pour son âge.

Euri.

Crois moi, laisse le ; et me fais venir ton maître à quelque prix que ce soit.

Euri.

Crois moi, laisse le ; et me fais venir ton maître à quelque prix que ce soit.

Le va.

Ne te donne point la peine de m'en prier ; il sortira bientôt de lui-même, et pour cause ; parce qu'il a commencé un poème, et comme nous sommes en hiver, il ne peut plier ses vers s'il ne les met un peu au Soleil.

Le va.

Ne te donne point la peine de m'en prier ; il sortira bientôt de lui-même, et pour cause ; parce qu'il a commencé un poème, et comme nous sommes en hiver, il ne peut plier ses vers s'il ne les met un peu au Soleil.

Mnési.

Et moi que ferai-je donc ?

Mnési.

Et moi que ferai-je donc ?

Euri.

Attends. Le voilà qui sort.

Euri.

Attends. Le voilà qui sort.

Mnési.

O ! Jupiter ! que veut-il donc faire de moi aujourd'hui ? Au nom des Dieux, je veux le savoir. Qu'est-ce que tout ceci ? D'où vient que tu soupires ? Qu'as-tu ? Ne me le cache point, à moi qui suis ton beau frère.

Mnési.

O ! Jupiter ! que veut-il donc faire de moi aujourd'hui ? Au nom des Dieux, je veux le savoir. Qu'est-ce que tout ceci ? D'où vient que tu soupires ? Qu'as-tu ? Ne me le cache point, à moi qui suis ton beau frère.

Euri.

C'est un mauvais tour qu'on me prépare demain.

Euri.

C'est un mauvais tour qu'on me prépare demain.

Mnési.

Mais comme quoi ?

Mnési.

Mais comme quoi ?

Euri.

On va juger aujourd'hui si Euripide doit vivre ou mourir.

Euri.

On va juger aujourd'hui si Euripide doit vivre ou mourir.

Mnési.

Comment cela ? Les tribunaux sont fermés, le conseil ne se tient point ; c'est aujourd'hui le troisième jour des Thesmophories (b) , le beau

Mnési.

Comment cela ? Les tribunaux sont fermés, le conseil ne se tient point ; c'est aujourd'hui le troisième jour des Thesmophories (b) , le beau

milieu de la fête.

milieu de la fête.

Euri.

C'est cela même qui me fait trembler pour ma vie ; car les femmes, qui m'en veulent, doivent, à l'occasion de la fête de Cérès et de sa fille , s'assembler aujourd'hui contre moi !

Euri.

C'est cela même qui me fait trembler pour ma vie ; car les femmes, qui m'en veulent, doivent, à l'occasion de la fête de Cérès et de sa fille , s'assembler aujourd'hui contre moi !

Mnési.

Et pourquoi cela ?

Mnési.

Et pourquoi cela ?

Euri.

Parce que je parle mal des femmes dans mes tragédies.

Euri.

Parce que je parle mal des femmes dans mes tragédies.

Mnési.

Par Neptune ! Tu n'aurais que ce que tu merites mérites. Mais qu'attends-tu de ce demi-homme ?

Mnési.

Par Neptune ! Tu n'aurais que ce que tu merites mérites. Mais qu'attends-tu de ce demi-homme ?

merites Euri.

Je veux essayez essayer de persuader au poète Agathon de se fourrer parmi les femmes à cette fête.

Euri.

Je veux essayez essayer de persuader au poète Agathon de se fourrer parmi les femmes à cette fête.

essayez Mnési.

Pourquoi fa Pourquoi faire ? je t'en prie.

Mnési.

Pourquoi fa Pourquoi faire ? je t'en prie.

Pourquoi fa Euri.

Pour être de l'assemblée avec elles, et parler pour moi, s'il le faut.

Euri.

Pour être de l'assemblée avec elles, et parler pour moi, s'il le faut.

Mnési.

Comment cela ? Tout à découvert, ou secrètement ?

Mnési.

Comment cela ? Tout à découvert, ou secrètement ?

Euri.

En cachette, déguisé sous un habit de femme.

Euri.

En cachette, déguisé sous un habit de femme.

Mnési.

L'invention est jolie, et tout à fait de toi. Car en matière de subtilité, le gâteau (c) est à nous.

Mnési.

L'invention est jolie, et tout à fait de toi. Car en matière de subtilité, le gâteau (c) est à nous.

Euri.

Tais-toi.

Euri.

Tais-toi.

Mnési.

D'où vient ?

Mnési.

D'où vient ?

Euri.

Le voilà qui sort.

Euri.

Le voilà qui sort.

Mnési.

Où est-il ?

Mnési.

Où est-il ?

Euri.

Ne le vois tu pas avec cette robe de chambre chamarrée de pourpre ?

Euri.

Ne le vois tu pas avec cette robe de chambre chamarrée de pourpre ?

Mnési.

Il faut que je sois aveugle, car en vérité je ne vois point d'homme ici. Je n'aperçois qu'une espèce de catin, comme qui dirait la fameuse Cyrène à douze postures.

Mnési.

Il faut que je sois aveugle, car en vérité je ne vois point d'homme ici. Je n'aperçois qu'une espèce de catin, comme qui dirait la fameuse Cyrène à douze postures.

Euri.

Tais toi. Je l'entends qui prélude en fredonnant.

Euri.

Tais toi. Je l'entends qui prélude en fredonnant.

Mnési.

Il ne chantera que les sentiers des fourmis, ou quelque chose de semblable avec son petit fil de voix.

Mnési.

Il ne chantera que les sentiers des fourmis, ou quelque chose de semblable avec son petit fil de voix.



Agathon . Le chœur . Agathon

Filles ! Prenez en main la lampe consacrée à la aux déesses de là bas. Chantez et dansez avec votre patrie si jalouse de sa liberté.

Agathon

Filles ! Prenez en main la lampe consacrée à la aux déesses de là bas. Chantez et dansez avec votre patrie si jalouse de sa liberté.

à la Le chœur.

Auquel des Dieux s'adresse cet hymne ? Apprends-le moi. Je pense que tu les honores comme tu le dois.

Le chœur.

Auquel des Dieux s'adresse cet hymne ? Apprends-le moi. Je pense que tu les honores comme tu le dois.

Aga.

Allons muse , dépêche-toi d'armer Phébus le maitre des flèches d'or, qui a raffermi les contrées qu'arrose le Simoïs.

Aga.

Allons muse , dépêche-toi d'armer Phébus le maitre des flèches d'or, qui a raffermi les contrées qu'arrose le Simoïs.

Le ch.

Recois agréablement ces belles chansons, ô

Le ch.

Recois agréablement ces belles chansons, ô

Phébus ! Toi qui remportes toujours le prix sacré dans les combats de l'harmonie.

Phébus ! Toi qui remportes toujours le prix sacré dans les combats de l'harmonie.

Aga.

Célébrez aussi la farouche Artemis , pucelle qui fréquente les monts engendre-chênes.

Aga.

Célébrez aussi la farouche Artemis , pucelle qui fréquente les monts engendre-chênes.

Le ch.

Je chante volontiers la vénérable géniture de Latone , la chaste Diane .

Le ch.

Je chante volontiers la vénérable géniture de Latone , la chaste Diane .

Aga.

Chantez Latone , et d'un pied régulièrement irrégulier, dansez au son des instruments asiatiques, avec cette bonne grâce naturelle aux Phrygiens.

Aga.

Chantez Latone , et d'un pied régulièrement irrégulier, dansez au son des instruments asiatiques, avec cette bonne grâce naturelle aux Phrygiens.

Le ch.

J'honore la reine Latone , en accompagnant d'une voix savante la lyre mère des hymnes. Voilà le feu qui sort de ses yeux divins, excité par nos cris subits. Que tout le monde respecte Phébus ; honneur à l'heureux fils de Latone . Que fais-tu là, vieillard ? Tu chantes bien lamentablement.

Le ch.

J'honore la reine Latone , en accompagnant d'une voix savante la lyre mère des hymnes. Voilà le feu qui sort de ses yeux divins, excité par nos cris subits. Que tout le monde respecte Phébus ; honneur à l'heureux fils de Latone . Que fais-tu là, vieillard ? Tu chantes bien lamentablement.



Mnésiloque . Agathon . Euripide . Mnési.

Quelle est douce, cette chanson ! Venez Vénérables Déesses qui présidez à l'enfantement ! Qu'elle est féminine ! Qu'elle est molle ! Qu'elle est joliment faite ! Je jure qu'au moment que je l'ai entendue, j'en ai ressenti un prurit délicieux. Et toi, mon enfant, je veux te demander, en parodiant la Lycurgie d' Eschyle : De quel pays est cette femme ? Quel habit est-ce là ? Comment vis-tu ? Qu'a de commun la lyre avec l'habit de

Mnési.

Quelle est douce, cette chanson ! Venez Vénérables Déesses qui présidez à l'enfantement ! Qu'elle est féminine ! Qu'elle est molle ! Qu'elle est joliment faite ! Je jure qu'au moment que je l'ai entendue, j'en ai ressenti un prurit délicieux. Et toi, mon enfant, je veux te demander, en parodiant la Lycurgie d' Eschyle : De quel pays est cette femme ? Quel habit est-ce là ? Comment vis-tu ? Qu'a de commun la lyre avec l'habit de

Venez

de femme, l'archet avec la coiffe, la lampe de cabinet avec le ruban de Tête, le miroir avec l'épée ? Qui es tu, mon fils, ou ma fille ? T'a-t-on nourri nourri pour homme ? Mais si cela est, où est ton chose? Où est ta casaque ? Où sont tes gros souliers. Mais si tu es une femme, où sont tes tétons ? Que dis-tu ? Pourquoi gardes tu le silence ? Faut il que je devine par ton chant qui tu es ? Puisque tu ne veux point parler.

de femme, l'archet avec la coiffe, la lampe de cabinet avec le ruban de Tête, le miroir avec l'épée ? Qui es tu, mon fils, ou ma fille ? T'a-t-on nourri nourri pour homme ? Mais si cela est, où est ton chose? Où est ta casaque ? Où sont tes gros souliers. Mais si tu es une femme, où sont tes tétons ? Que dis-tu ? Pourquoi gardes tu le silence ? Faut il que je devine par ton chant qui tu es ? Puisque tu ne veux point parler.

de Aga.

O ! Vieillard ! Vieillard ! J'entends fort bien toutes les impertinences odieuses que tu me dis ; mais je m'en moque. Je porte un habit conforme à mes idées. Car il faut qu'un poète acco m mode ses mœurs aux pièces qu'il compose. Ainsi, quand on met les femmes sur la scène, il faut que qu' comme on a des femmes dans l'esprit, on les représente aussi dans les habillements.

Aga.

O ! Vieillard ! Vieillard ! J'entends fort bien toutes les impertinences odieuses que tu me dis ; mais je m'en moque. Je porte un habit conforme à mes idées. Car il faut qu'un poète acco m mode ses mœurs aux pièces qu'il compose. Ainsi, quand on met les femmes sur la scène, il faut que qu' comme on a des femmes dans l'esprit, on les représente aussi dans les habillements.

m qu' Mnési.

Si bien que quand tu représenteras Phèdre , il faudra que tu aies le cul chaud comme elle ?

Mnési.

Si bien que quand tu représenteras Phèdre , il faudra que tu aies le cul chaud comme elle ?

Aga.

Quand nous représentons les hommes, nous avons en nous mêmes tout ce qu'il faut pour y réussir ; mais quand on a des rôles de femmes à traiter, encore faut il s'aider de quelque chose.

Aga.

Quand nous représentons les hommes, nous avons en nous mêmes tout ce qu'il faut pour y réussir ; mais quand on a des rôles de femmes à traiter, encore faut il s'aider de quelque chose.

Mnési.

Ainsi, quand tu feras des rôles de Satyre , appelle moi, je fournirai la queue, en me

Mnési.

Ainsi, quand tu feras des rôles de Satyre , appelle moi, je fournirai la queue, en me

tenant derrière toi.

tenant derrière toi.

Aga.

D'ailleurs, cela est grossier, de voir un poète barbu et velu comme un ours. Vois moi ces poètes fameux, Ibyque , Anacréon , Alcée , qui ont eu le bon goût de l'harmonie. Ils portaient la mitre et chevauchaient comme des Ioniens. Le Phrynique (car tu as pu l'entendre) n'était ce pas un bel homme et toujours propret ? C'est pour cela que toutes ses poésie sont des poupines. En un mot tout ce que nous faisons nous ressemble..

Aga.

D'ailleurs, cela est grossier, de voir un poète barbu et velu comme un ours. Vois moi ces poètes fameux, Ibyque , Anacréon , Alcée , qui ont eu le bon goût de l'harmonie. Ils portaient la mitre et chevauchaient comme des Ioniens. Le Phrynique (car tu as pu l'entendre) n'était ce pas un bel homme et toujours propret ? C'est pour cela que toutes ses poésie sont des poupines. En un mot tout ce que nous faisons nous ressemble..

chevauchaient Mnési.

C'est donc pour cela que Philoclès , qui est si laid, ne fait rien que de laid ; que Xénoclès , qui est un méchant, ne fait rien qui ne soit détestable ; et que le froid Théognis ne compose rien qui ne nous gèle ?

Mnési.

C'est donc pour cela que Philoclès , qui est si laid, ne fait rien que de laid ; que Xénoclès , qui est un méchant, ne fait rien qui ne soit détestable ; et que le froid Théognis ne compose rien qui ne nous gèle ?

Aga.

C'est une nécessité ! Comme j'en suis donc convaincu, j'ai dû prendre soin de ma propre personne.

Aga.

C'est une nécessité ! Comme j'en suis donc convaincu, j'ai dû prendre soin de ma propre personne.

Mnési.

Comment ? De par tous les Dieux.

Mnési.

Comment ? De par tous les Dieux.

Aga.

Ne crie point si haut. Je n'étais pas plus grand que cela, quand je me mis à faire des vers.

Aga.

Ne crie point si haut. Je n'étais pas plus grand que cela, quand je me mis à faire des vers.

Euri.

Par Jupiter ! Je ne porte guère d'envie à ton bonheur ni à ton esprit. Mais laisse-moi dire ce que m'a contraint de venir ici.

Euri.

Par Jupiter ! Je ne porte guère d'envie à ton bonheur ni à ton esprit. Mais laisse-moi dire ce que m'a contraint de venir ici.

Aga.

Dis.

Aga.

Dis.

Euri.

Agathon ! Il est d'un habile homme, de savoir dire beaucoup de choses en peu de mots. Surpris d'un nouveau malheur, je viens ici te faire une très humble requête.

Euri.

Agathon ! Il est d'un habile homme, de savoir dire beaucoup de choses en peu de mots. Surpris d'un nouveau malheur, je viens ici te faire une très humble requête.

Aga.

De quoi as-tu besoin ?

Aga.

De quoi as-tu besoin ?

Euri.

Les femmes ont résolu de me perdre aujourd'hui à l'occasion de la fête, parce que je dis du mal d'elles.

Euri.

Les femmes ont résolu de me perdre aujourd'hui à l'occasion de la fête, parce que je dis du mal d'elles.

Aga.

Et que pouvons nous faire pour toi ?

Aga.

Et que pouvons nous faire pour toi ?

Euri.

Beaucoup. Si tu peux te fourrer parmi les femmes, et passer pour être de leur sexe, tu me sauveras, sans doute, en parlant pour moi, comme tu le sauras bien faire.

Euri.

Beaucoup. Si tu peux te fourrer parmi les femmes, et passer pour être de leur sexe, tu me sauveras, sans doute, en parlant pour moi, comme tu le sauras bien faire.

Aga.

Que ne vas tu faire ton apologie toi-même ?

Aga.

Que ne vas tu faire ton apologie toi-même ?

Euri.

Je te le dirai. Premièrement, on me connaît. Et puis, je suis gris et barbu ; au lieu que tu es beau, tu es blanc ; tu as toujours la barbe rase, une voix féminine, un teint délicat, la peau douce.

Euri.

Je te le dirai. Premièrement, on me connaît. Et puis, je suis gris et barbu ; au lieu que tu es beau, tu es blanc ; tu as toujours la barbe rase, une voix féminine, un teint délicat, la peau douce.

Aga.

Euripide !

Aga.

Euripide !

Euri.

Qu'y a-t-il ?

Euri.

Qu'y a-t-il ?

Aga.

Tu es auteur ; tu es bien aise de voir la lumière du jour ; et ton père, s'il vivait encore, en serait bien aise aussi.

Aga.

Tu es auteur ; tu es bien aise de voir la lumière du jour ; et ton père, s'il vivait encore, en serait bien aise aussi.

Euri.

Sans doute.

Euri.

Sans doute.

Aga.

N'espère donc pas que de tes maux j'en fasse les miens. Il faudrait que je fusse fou. Porte ton fardeau en homme de cœur. Ce n'est pas par des plaintes qu'on soulage ses douleurs ; c'est en les supportant vigoureusement.

Aga.

N'espère donc pas que de tes maux j'en fasse les miens. Il faudrait que je fusse fou. Porte ton fardeau en homme de cœur. Ce n'est pas par des plaintes qu'on soulage ses douleurs ; c'est en les supportant vigoureusement.

Euri.

Que crains tu ? (x)

Euri.

Que crains tu ? (x)

Aga.

J'ai plus à craindre que toi.

Aga.

J'ai plus à craindre que toi.

Euri.

Comment cela ?

Euri.

Comment cela ?

Aga.

Comment ? Les femmes s'imag s'imagineront que je ne me serai fourré parmi elles la nuit, que pour leur dérober leurs plaisirs.

Aga.

Comment ? Les femmes s'imag s'imagineront que je ne me serai fourré parmi elles la nuit, que pour leur dérober leurs plaisirs.

s'imag Euri.

Tu as quelque espèce de raison ; car on dit que tu as quelque fois des amants. Mais somme toute, feras tu ce que je te demande ?

Euri.

Tu as quelque espèce de raison ; car on dit que tu as quelque fois des amants. Mais somme toute, feras tu ce que je te demande ?

Aga.

Ne t'y attends pas.

Aga.

Ne t'y attends pas.

Euri.

O ! Trois fois malheureux Euripide ! C'est donc fait de toi ?

Euri.

O ! Trois fois malheureux Euripide ! C'est donc fait de toi ?

Mnési.

Mon cher frère ! ne te manque point à toi même.

Mnési.

Mon cher frère ! ne te manque point à toi même.

Euri.

Eh ! Comment faire ?

Euri.

Eh ! Comment faire ?

Mnési.

Envoie celui-ci se faire pendre ; et fais de moi tout ce que tu voudras.

Mnési.

Envoie celui-ci se faire pendre ; et fais de moi tout ce que tu voudras.

Euri.

Eh ! bien donc, puisque tu te livres à moi, dépouille ton manteau.

Euri.

Eh ! bien donc, puisque tu te livres à moi, dépouille ton manteau.

Mnési.

Le voilà à terre. Que veux-tu faire de moi ?

Mnési.

Le voilà à terre. Que veux-tu faire de moi ?

Euri.

Je veux raser tout ceci, et flamber ce qui est là bas.

Euri.

Je veux raser tout ceci, et flamber ce qui est là bas.

Mnési.

Tout comme il te plaira, puisque je me suis mis en ton pouvoir.

Mnési.

Tout comme il te plaira, puisque je me suis mis en ton pouvoir.

Euri.

Agathon ! Tu n'es guères sans instruments dépilatoires ; prête nous un rasoir.

Euri.

Agathon ! Tu n'es guères sans instruments dépilatoires ; prête nous un rasoir.

Aga.

Voilà l'étui, prends celui que tu voudras.

Aga.

Voilà l'étui, prends celui que tu voudras.

Euri.

Tu es un brave homme. Assieds-toi. Enfle ta joue droite.

Euri.

Tu es un brave homme. Assieds-toi. Enfle ta joue droite.

Mnési.

Ahi !

Mnési.

Ahi !

Euri.

Qu'as-tu ? Je te mettrai un baillon si tu ne veux te taire.

Euri.

Qu'as-tu ? Je te mettrai un baillon si tu ne veux te taire.

Mnési.

Hélas ! Hélas !

Mnési.

Hélas ! Hélas !

Euri.

Où cours tu ?

Euri.

Où cours tu ?

Mnési.

Je vais chercher un asile auprès des vénérables Euménides . Je ne puis, par Cérès , endurer davantage qu'on m'écorche.

Mnési.

Je vais chercher un asile auprès des vénérables Euménides . Je ne puis, par Cérès , endurer davantage qu'on m'écorche.

Euri.

On se moquera de toi, si tu te montres la moitié du menton ras, et l'autre velue.

Euri.

On se moquera de toi, si tu te montres la moitié du menton ras, et l'autre velue.

Mnési.

Que m'importe ?

Mnési.

Que m'importe ?

Euri.

Ne m'abandonne point, au nom des Dieux. Viens ça.

Euri.

Ne m'abandonne point, au nom des Dieux. Viens ça.

Mnési.

Que je suis malheureux !

Mnési.

Que je suis malheureux !

Euri.

Tien toi bien. Lève le menton. Où tournes tu le nez ?

Euri.

Tien toi bien. Lève le menton. Où tournes tu le nez ?

Mnési.

Ahi ! Ouf !

Mnési.

Ahi ! Ouf !

Euri.

Qu'as-tu ?

Euri.

Qu'as-tu ?

Mnési.

Voilà qui est bien. Je puis désormais m'enroler dans l'infanterie légère.

Mnési.

Voilà qui est bien. Je puis désormais m'enroler dans l'infanterie légère.

Euri.

Ne t'embarasse point. Te voilà beau comme les amours. Veux tu te voir ?

Euri.

Ne t'embarasse point. Te voilà beau comme les amours. Veux tu te voir ?

Mnési.

Comme il te plaira.

Mnési.

Comme il te plaira.

Euri.

Mire toi. Te vois tu ?

Euri.

Mire toi. Te vois tu ?

Mnési.

Non. Je vois Clisthène .

Mnési.

Non. Je vois Clisthène .

Euri.

Lève toi, que je flambe. Plie toi.

Euri.

Lève toi, que je flambe. Plie toi.

Mnési.

Hélas ! tu me vas mettre comme un cochon de lait.

Mnési.

Hélas ! tu me vas mettre comme un cochon de lait.

Euri.

Qu'on m'apporte de là-dedans, une lampe ou un flambeau. Baisse toi. Prends garde à la queue.

Euri.

Qu'on m'apporte de là-dedans, une lampe ou un flambeau. Baisse toi. Prends garde à la queue.

Mnési.

J'en aurai soin, pardieu. Je brûle ; ahi ! De l'eau, de l'eau, mes voisins, avant que la fla... flamme m'ait gagné le cul.

Mnési.

J'en aurai soin, pardieu. Je brûle ; ahi ! De l'eau, de l'eau, mes voisins, avant que la fla... flamme m'ait gagné le cul.

fla... Euri.

Courage.

Euri.

Courage.

Mnési.

Comment, courage ! Je suis tout brûlé.

Mnési.

Comment, courage ! Je suis tout brûlé.

Euri.

Voilà le plus fort fait.

Euri.

Voilà le plus fort fait.

Mnési.

Fi ! que de suie. J'ai l'entrefesson tout charbonné.

Mnési.

Fi ! que de suie. J'ai l'entrefesson tout charbonné.

Euri.

Ne t'embarrasse pas ; il se trouvera quelqu'un qui te l'ess... l'essûira.

Euri.

Ne t'embarrasse pas ; il se trouvera quelqu'un qui te l'ess... l'essûira.

l'ess.. Mnési.

Je ne crois pas qu'il y ait personne assez hardi pour venir me le laver.

Mnési.

Je ne crois pas qu'il y ait personne assez hardi pour venir me le laver.

Euri.

Agathon ! Puisque tu ne daignes te livrer toi-même ; prête nous au moins cette robe et ces rubans. Tu ne diras pas, que tu n'en as pas.

Euri.

Agathon ! Puisque tu ne daignes te livrer toi-même ; prête nous au moins cette robe et ces rubans. Tu ne diras pas, que tu n'en as pas.

Aga.

Prenez, et vous en servez. Je n'y ai point de regrets.

Aga.

Prenez, et vous en servez. Je n'y ai point de regrets.

Euri.

Que prendrai-je donc ?

Euri.

Que prendrai-je donc ?

Aga.

Premièrement, mets-lui cette robe légère.

Aga.

Premièrement, mets-lui cette robe légère.

Euri.

Par Vénus ! Qu'elle sent bon !

Euri.

Par Vénus ! Qu'elle sent bon !

Aga.

Relevez la comme il faut. Dépéchez. Mettez la grande ceinture.

Aga.

Relevez la comme il faut. Dépéchez. Mettez la grande ceinture.

Euri.

Voilà qui est fait.

Euri.

Voilà qui est fait.

Mnési.

Je vous prie, accommodez moi bien par derrière et sur les hanches.

Mnési.

Je vous prie, accommodez moi bien par derrière et sur les hanches.

Euri.

Il faut un bonnet et une mitre.

Euri.

Il faut un bonnet et une mitre.

Aga.

Voilà mon bonnet monté que je me mets la nuit.

Aga.

Voilà mon bonnet monté que je me mets la nuit.

Euri.

Par Jupiter ! Il lui vient fort bien.

Euri.

Par Jupiter ! Il lui vient fort bien.

Mnési.

Croyez vous qu'il me soit juste ?

Mnési.

Croyez vous qu'il me soit juste ?

Aga.

Il fait à merveille.

Aga.

Il fait à merveille.

Euri.

Donne la robe ronde.

Euri.

Donne la robe ronde.

Aga.

Il n'y a qu'à la prendre sur mon lit de repos.

Aga.

Il n'y a qu'à la prendre sur mon lit de repos.

Euri.

Il faut des souliers.

Euri.

Il faut des souliers.

Aga.

Prends les miens que voilà.

Aga.

Prends les miens que voilà.

Mnési.

Mais me seront ils bons ?

Mnési.

Mais me seront ils bons ?

Aga.

A moins que tu n'aimes la chaussure large. Essaie les, si tu veux. Voilà tout juste ce qu'il te faut.1

Aga.

A moins que tu n'aimes la chaussure large. Essaie les, si tu veux. Voilà tout juste ce qu'il te faut.1

Mnési.

Il ne me faudrait plus qu'un galant homme pour me ramasser.

Mnési.

Il ne me faudrait plus qu'un galant homme pour me ramasser.

Euri.

Voilà qui ressemble à une femme dans la perfection. Il ne te manque plus que de parler en femme ; et d'une manière persuasive.

Euri.

Voilà qui ressemble à une femme dans la perfection. Il ne te manque plus que de parler en femme ; et d'une manière persuasive.

Mnési.

Je tâcherai de m'en acquitter de mon mieux.

Mnési.

Je tâcherai de m'en acquitter de mon mieux.

Euri.

Marche donc, maintenant.

Euri.

Marche donc, maintenant.

Mnési.

Je n'en ferai rien, par Apollon , si tu ne me jures.

Mnési.

Je n'en ferai rien, par Apollon , si tu ne me jures.

Euri.

Quoi ?

Euri.

Quoi ?

Mnési.

De me sauver de ton coté, et d'employer pour cela toutes les inventions possibles, s'il m'arrive quelque accident fâcheux.

Mnési.

De me sauver de ton coté, et d'employer pour cela toutes les inventions possibles, s'il m'arrive quelque accident fâcheux.

Euri.

Je jure donc par l'air, le palais du plus grand des Dieux...

Euri.

Je jure donc par l'air, le palais du plus grand des Dieux...

Mnési.

C'est comme si tu jurais par la maison d' Hippocrate .

Mnési.

C'est comme si tu jurais par la maison d' Hippocrate .

Euri.

Je le jure par tous les Dieux ensemble.

Euri.

Je le jure par tous les Dieux ensemble.

Mnési.

Mais prends garde que ce ne soit pas ici la (d) langue qui jure plutôt que l'esprit ; afin que tu ne dises pas après cela : ce n'est pas moi qui ai juré.

Mnési.

Mais prends garde que ce ne soit pas ici la (d) langue qui jure plutôt que l'esprit ; afin que tu ne dises pas après cela : ce n'est pas moi qui ai juré.

Ici l'on entend les cris des femmes, et la procession s'avance. Euri.

Dépêche toi ; voilà le signal de l'assemblée qui parait sur le temple des Thesmophores . Je m'en vais.

Euri.

Dépêche toi ; voilà le signal de l'assemblée qui parait sur le temple des Thesmophores . Je m'en vais.

Mnésiloque (en femme)

Suis moi, ma fille ! Vois que de lampes allumées ! Que de fumée s'élève dans les airs ! O ! belles Déesses ! Recevez moi agréablement, et me faites la grâce de retourner au logis sans mauvaise aventure. Prends ma corbeille, ma fille ; tire le gâteau, que je l'offre aux Déesses. Vénérable Cérès ! et toi, aimable Proserpine ! Faites moi la faveur de vous sacrifier souvent de pareilles offrandes. Si non, que je puisse me cacher sans être découverte ; que ma fille puisse trouver un mari riche et sot ; et que je sois attentive au cantique du sacré Ithyphalle. Où trouverai-je un lieu net pour m'asseoir et entendre tout à mon aise les rhéteurs ? Va t'en, ma fille, il n'est pas permis aux esclaves d'entendre ces discours mystérieux.

Mnésiloque (en femme)

Suis moi, ma fille ! Vois que de lampes allumées ! Que de fumée s'élève dans les airs ! O ! belles Déesses ! Recevez moi agréablement, et me faites la grâce de retourner au logis sans mauvaise aventure. Prends ma corbeille, ma fille ; tire le gâteau, que je l'offre aux Déesses. Vénérable Cérès ! et toi, aimable Proserpine ! Faites moi la faveur de vous sacrifier souvent de pareilles offrandes. Si non, que je puisse me cacher sans être découverte ; que ma fille puisse trouver un mari riche et sot ; et que je sois attentive au cantique du sacré Ithyphalle. Où trouverai-je un lieu net pour m'asseoir et entendre tout à mon aise les rhéteurs ? Va t'en, ma fille, il n'est pas permis aux esclaves d'entendre ces discours mystérieux.



Le hérault . Le chœur . Une femme. Une autre femme. Mnésiloque . Le hérault.

Silence ! Silence ! Adressez vos vœux aux Déesses, à Cérès et sa fille, à Pluton , à (g) Calligènie , à [?] la terre notre nourrice ; à Mercure ; aux Grâces ; afin que tous ensemble favorisent cette assemblée et la fassent réussir à l'avantage de la ville d' Athènes et à (h) notre profit en particulier ; et que celle qui aura inventé le plus heureusement, ou dit avec le plus d'éloquence quelque chose d'utile au peuple athénien, et aux femmes, puisse remporter la victoire. Que ce soit là votre prière ; et puissiez vous (i) réussir. Ïo Péan ! Ïo Péan ! Ïo Péan ! Réjouissons nous !

Le hérault.

Silence ! Silence ! Adressez vos vœux aux Déesses, à Cérès et sa fille, à Pluton , à (g) Calligènie , à [?] la terre notre nourrice ; à Mercure ; aux Grâces ; afin que tous ensemble favorisent cette assemblée et la fassent réussir à l'avantage de la ville d' Athènes et à (h) notre profit en particulier ; et que celle qui aura inventé le plus heureusement, ou dit avec le plus d'éloquence quelque chose d'utile au peuple athénien, et aux femmes, puisse remporter la victoire. Que ce soit là votre prière ; et puissiez vous (i) réussir. Ïo Péan ! Ïo Péan ! Ïo Péan ! Réjouissons nous !

, à [?] remporter Ïo Péan ! Ïo Péan ! Ïo Péan ! Le ch.

Prions les Dieux qu'ils daignent nous faire sen tir [?] en se montrant à nous, que nos vœux leurs soient agréables. Grand Jupiter ! Et toi, Dieu à la lyre d'or , qui habites dans la sacrée Délos ! Et toi, fille toute puissante aux yeux bleus et à la lance d'or, qui habite cette ville magnifique ! Viens ici, Toi qui as tant de noms ! Le dompte-monstres, fils de Latone , rejeton de la Déesse aux yeux d'or ! Et toi, vénérable Neptune Dieu des flots, qui gouvernes la mer ! laisse tes retraites poissonneuses et les gouffres toujours agités de Nérée. Et vous, filles de la mer, venez avec les Nymphes trace-montagnes. Que la lyre d'or résonne en accompagnant nos hymnes. Et puissent les nobles femmes des Athéniens tenir tranquillement leur assemblée.

Le ch.

Prions les Dieux qu'ils daignent nous faire sen tir [?] en se montrant à nous, que nos vœux leurs soient agréables. Grand Jupiter ! Et toi, Dieu à la lyre d'or , qui habites dans la sacrée Délos ! Et toi, fille toute puissante aux yeux bleus et à la lance d'or, qui habite cette ville magnifique ! Viens ici, Toi qui as tant de noms ! Le dompte-monstres, fils de Latone , rejeton de la Déesse aux yeux d'or ! Et toi, vénérable Neptune Dieu des flots, qui gouvernes la mer ! laisse tes retraites poissonneuses et les gouffres toujours agités de Nérée. Et vous, filles de la mer, venez avec les Nymphes trace-montagnes. Que la lyre d'or résonne en accompagnant nos hymnes. Et puissent les nobles femmes des Athéniens tenir tranquillement leur assemblée.

tir [?] Le hé.

Priez les dieux et les déesses de l' olympe, les Pythiens et les Pythiennes, les Déliens, et les Déliennes, enfin tous les Dieux, quels qu'ils soient, que puisse périr avec toute sa maison quiconque machine quelque chose contre l'état des femmes ; qui parlera de faire la paix avec Euripide ; qui aura commerce avec les Mèdes, à mauvais desseins contre les femmes ; qui pense à usurper la tyrannie, ou favoriser les tyrans ; qui aura su qu'une femme aura supposé un enfant, et le dira ; la servante qui, après avoir servi de commode à sa maitresse, ira le dire au mari ; ou qui étant envoyée par sa maîtresse donner un rendez-vous, aura trompé le galant, en ne s'acq s'acquittant pas fidèlement de sa commission ; tout galant qui trompe la femme d'autrui d'autrui par des mensonges, ou qui ne lui donnera pas ce qu'il lui aura promis ; toute vieille qui achêtera des caresses à prix d'argent ; toute femme qui trahira son galant, après lui avoir accordé des faveurs ; tout cabaretier et toute cabaretière qui frelatent le vin, ou le vendent à fausse mesure ; et qu'à toutes les autres, les Dieux accordent toute sorte de biens.

Le hé.

Priez les dieux et les déesses de l' olympe, les Pythiens et les Pythiennes, les Déliens, et les Déliennes, enfin tous les Dieux, quels qu'ils soient, que puisse périr avec toute sa maison quiconque machine quelque chose contre l'état des femmes ; qui parlera de faire la paix avec Euripide ; qui aura commerce avec les Mèdes, à mauvais desseins contre les femmes ; qui pense à usurper la tyrannie, ou favoriser les tyrans ; qui aura su qu'une femme aura supposé un enfant, et le dira ; la servante qui, après avoir servi de commode à sa maitresse, ira le dire au mari ; ou qui étant envoyée par sa maîtresse donner un rendez-vous, aura trompé le galant, en ne s'acq s'acquittant pas fidèlement de sa commission ; tout galant qui trompe la femme d'autrui d'autrui par des mensonges, ou qui ne lui donnera pas ce qu'il lui aura promis ; toute vieille qui achêtera des caresses à prix d'argent ; toute femme qui trahira son galant, après lui avoir accordé des faveurs ; tout cabaretier et toute cabaretière qui frelatent le vin, ou le vendent à fausse mesure ; et qu'à toutes les autres, les Dieux accordent toute sorte de biens.

s'acq d'autrui d'autrui Le ch.

Nous prions toutes pour le bonheur de la ville et du peuple, et pour la victoire de celles qui diront le mieux. Et périssent celles qui violent les serments sacrés, par

Le ch.

Nous prions toutes pour le bonheur de la ville et du peuple, et pour la victoire de celles qui diront le mieux. Et périssent celles qui violent les serments sacrés, par

avarice, ou dans le dessein de nuire ; qui cherchent à changer ce qui est établi par les lois ou les décrets du Sénat ; qui révèlent à nos ennemis les secrets inviolables ; qui font quelque chose contre la religion, ou contre l'ét l'état. O ! Jupiter ! Dieu tout puissant ! confirme tout cela ; afin que l'on connaisse que les Dieux sont avec les femmes, aussi bien qu'avec les hommes.

avarice, ou dans le dessein de nuire ; qui cherchent à changer ce qui est établi par les lois ou les décrets du Sénat ; qui révèlent à nos ennemis les secrets inviolables ; qui font quelque chose contre la religion, ou contre l'ét l'état. O ! Jupiter ! Dieu tout puissant ! confirme tout cela ; afin que l'on connaisse que les Dieux sont avec les femmes, aussi bien qu'avec les hommes.

l'ét Le hé.

Or écoutez. Voici ce qu'a ordonné le conseil des femmes, Timoclée présidant, et Lysille faisant office de greffier. Sostrata a dit qu'il se tiendrait assemblée, quand nous en aurions le loisir, pour ordonner de la punition d' Euripide , qui nous a toutes maltraitées. Qui veut parler ?

Le hé.

Or écoutez. Voici ce qu'a ordonné le conseil des femmes, Timoclée présidant, et Lysille faisant office de greffier. Sostrata a dit qu'il se tiendrait assemblée, quand nous en aurions le loisir, pour ordonner de la punition d' Euripide , qui nous a toutes maltraitées. Qui veut parler ?

Une femme.

C'est moi.

Une femme.

C'est moi.

Le hé.

Mets donc cette couronne, avant que de commencer. Silence. Paix là. Qu'on prête attention. La voilà qui crache, comme font les avocats ; il paraît que son discours sera long.

Le hé.

Mets donc cette couronne, avant que de commencer. Silence. Paix là. Qu'on prête attention. La voilà qui crache, comme font les avocats ; il paraît que son discours sera long.

Les femmes.

Ce n'est point l'ambition, (non, par les Déesses) qui me met la parole à la bouche ; mais le déplaisir et l'indignation que j'ai depuis longtemps, de voir de quelle manière nous traite et nous décrie cet Euripide fils de l'herbière. Quel mal n'a-t-il point dit de nous en tous les lieux où ses misérables pièces ont trouvé des spectateurs ? Il nous représente

Les femmes.

Ce n'est point l'ambition, (non, par les Déesses) qui me met la parole à la bouche ; mais le déplaisir et l'indignation que j'ai depuis longtemps, de voir de quelle manière nous traite et nous décrie cet Euripide fils de l'herbière. Quel mal n'a-t-il point dit de nous en tous les lieux où ses misérables pièces ont trouvé des spectateurs ? Il nous représente

comme des personnes qui cachent leurs désordres dans les ténèbres ; qui courent après les hommes ; qui aiment le vin avec excès ; qui ne peuvent tenir leur langue ; qui sont la peste de l'état et la ruine des hommes. En sorte que nos maris, sortant du théâtre, nous regardent avec soupçon, et vont incontinent chercher si nous n'avons point fait cacher le galant quelque part. De là vient qu'examinées de si près, nous ne pouvons plus rien faire ; tant ce perfide a enseigné de malice à nos maris..... quelqu'une fait-elle une couronne ? Elle est amoureuse, dira le mari jaloux. Se perd-il un vaisseau dans la maison ? à l'honneur de qui, dira le mari, ce pot s'est-il cassé ? n'est ce pas pour cet hôte de Corinthe ? une fille est elle indisposée, son frère dit aussitôt : voilà un teint brouillé qui ne signifie rien de bon. Cette femme qui n'a point d'enfants, a-t-elle envie d'en supposer un ? il est désormais impossible d'en venir à bout parce que les maris ne bougent d'auprès d'elles. Parle t-on de faire épouser une jeune fille à un vieillard ? l'affaire est rompue, parce qu'il n'y a plus de vieillard qui n'ait ce beau dicton à la (h) bouche : Du mari décrépit, la jeune femme est maitresse. De plus, nos maris devenus jaloux, nous enferment sous le scellé. Et non contents de cette garde sévère, ils ont encore fait provision de dogues terribles, qu'ils nourrissent pour donner l'épouvante à nos amants. On souffrirait encore tout cela. Mais quoi ? nous avoir encore retranché jusqu'à la disposition des vivres, de la farine, du vin, de

comme des personnes qui cachent leurs désordres dans les ténèbres ; qui courent après les hommes ; qui aiment le vin avec excès ; qui ne peuvent tenir leur langue ; qui sont la peste de l'état et la ruine des hommes. En sorte que nos maris, sortant du théâtre, nous regardent avec soupçon, et vont incontinent chercher si nous n'avons point fait cacher le galant quelque part. De là vient qu'examinées de si près, nous ne pouvons plus rien faire ; tant ce perfide a enseigné de malice à nos maris..... quelqu'une fait-elle une couronne ? Elle est amoureuse, dira le mari jaloux. Se perd-il un vaisseau dans la maison ? à l'honneur de qui, dira le mari, ce pot s'est-il cassé ? n'est ce pas pour cet hôte de Corinthe ? une fille est elle indisposée, son frère dit aussitôt : voilà un teint brouillé qui ne signifie rien de bon. Cette femme qui n'a point d'enfants, a-t-elle envie d'en supposer un ? il est désormais impossible d'en venir à bout parce que les maris ne bougent d'auprès d'elles. Parle t-on de faire épouser une jeune fille à un vieillard ? l'affaire est rompue, parce qu'il n'y a plus de vieillard qui n'ait ce beau dicton à la (h) bouche : Du mari décrépit, la jeune femme est maitresse. De plus, nos maris devenus jaloux, nous enferment sous le scellé. Et non contents de cette garde sévère, ils ont encore fait provision de dogues terribles, qu'ils nourrissent pour donner l'épouvante à nos amants. On souffrirait encore tout cela. Mais quoi ? nous avoir encore retranché jusqu'à la disposition des vivres, de la farine, du vin, de

Du mari décrépit, la jeune femme est maitresse

l'huile, que l'on commettait autrefois à nos soins. Nos maris en ont présentement la clé. Mais quelles clés ? Des clés à double et triple garde. Autrefois nous savions ouvrir la porte avec un simple crochet de trois oboles. Mais à présent ce maudit Euripide , la peste des maisons, leur a appris à se faire faire des clefs clés plus percées que du bois vermoulu, qu'ils portent toujours à la ceinture. Pour moi, je suis d'avis qu'on le fasse périr par le poison, ou de quelque autre manière. Du reste, je me rapporte à la greffière, et je signerai tout ce qui sera résolu.

l'huile, que l'on commettait autrefois à nos soins. Nos maris en ont présentement la clé. Mais quelles clés ? Des clés à double et triple garde. Autrefois nous savions ouvrir la porte avec un simple crochet de trois oboles. Mais à présent ce maudit Euripide , la peste des maisons, leur a appris à se faire faire des clefs clés plus percées que du bois vermoulu, qu'ils portent toujours à la ceinture. Pour moi, je suis d'avis qu'on le fasse périr par le poison, ou de quelque autre manière. Du reste, je me rapporte à la greffière, et je signerai tout ce qui sera résolu.

clefs Le ch.

Je n'ai jamais entendu mieux dire. Elle a parcouru toutes les espèces de son sujet ; et son discours est si bien arrangé, que quand Xénoclès fils de Carcinus parlerait après elle, je ne doute pas que nous ne convinssions toutes, que rien, et ce qu'il dirait, ne fût la même chose.

Le ch.

Je n'ai jamais entendu mieux dire. Elle a parcouru toutes les espèces de son sujet ; et son discours est si bien arrangé, que quand Xénoclès fils de Carcinus parlerait après elle, je ne doute pas que nous ne convinssions toutes, que rien, et ce qu'il dirait, ne fût la même chose.

Une autre femme.

Je n'ai que deux mots à ajouter à ce que madame vient de dire. Car en effet elle a réussi parfaitement dans son accusation. Mais il faut que je dise ce qui me regarde en particulier. Mon mari est mort en Chypre, et m'a laissé cinq enfants, que j'ai eu bien de la peine à nourrir par le moyens des couronnes de myrthe que je faisais. Enfin, vaille que vaille, nous vivions. Mais depuis que ce maudit poète a commencé de persuader aux hommes dans ses tragédies qu'il n'y a point de Dieux, je ne vends presque

Une autre femme.

Je n'ai que deux mots à ajouter à ce que madame vient de dire. Car en effet elle a réussi parfaitement dans son accusation. Mais il faut que je dise ce qui me regarde en particulier. Mon mari est mort en Chypre, et m'a laissé cinq enfants, que j'ai eu bien de la peine à nourrir par le moyens des couronnes de myrthe que je faisais. Enfin, vaille que vaille, nous vivions. Mais depuis que ce maudit poète a commencé de persuader aux hommes dans ses tragédies qu'il n'y a point de Dieux, je ne vends presque

madame

plus rien. J'h J'exhorte dans toute l'assemblée à le punir au plus tôt, puisqu'il nous a fait tant de maux. Pour moi, je m'en vais au marché faire vingt couronnes que d'honnêtes gens ont commandées.

plus rien. J'h J'exhorte dans toute l'assemblée à le punir au plus tôt, puisqu'il nous a fait tant de maux. Pour moi, je m'en vais au marché faire vingt couronnes que d'honnêtes gens ont commandées.

J'h Le ch.

Cette femme a encore mieux dit que l'autre. Voyez comme elle a joliment tourné son accusation, et comme elle s'est énoncée avec esprit ! Il faut venger cette injure et la venger d'une manière éclatante.

Le ch.

Cette femme a encore mieux dit que l'autre. Voyez comme elle a joliment tourné son accusation, et comme elle s'est énoncée avec esprit ! Il faut venger cette injure et la venger d'une manière éclatante.

Mnésiloque

Femmes ! Je ne trouve point étrange que votre bile s'échauffe contre Euripide . En effet peut on entendre tant de choses horribles, sans se sentir émue d'une juste indignation ? En mon particulier, je jure par mes chers enfants, que je le hais peu s'en faut, jusqu'à la fureur. Cependant il faut entendre raison. Il n'y a ici que des femmes, et ce que je vais dire ne sera point rapporté. Pourquoi trouver mauvais, si de mille tours que nous savons faire, il en a mis deux ou trois dans ses tragédies ? Moi même, (afin de ne mettre personne en jeu) il n'y avait que trois jours que j'étais mariée, et mon époux dormait à côté de moi. J'entends à la porte un ami qui m'avait oté mon pucel pucelage dès l'âge de sept ans. Je descends du lit. Mon mari me demande : où vas tu ? Où je vais ? mon cher mari ! lui dis-je. j'ai une colique épouvantable. Je vais me présenter au siège, pour voir si cela passera. Va donc, me dit il ; et en même temps il se lève, et se met à broyer du fruit de cèdre, de l'anet, et de la sauge, pour me faire

Mnésiloque

Femmes ! Je ne trouve point étrange que votre bile s'échauffe contre Euripide . En effet peut on entendre tant de choses horribles, sans se sentir émue d'une juste indignation ? En mon particulier, je jure par mes chers enfants, que je le hais peu s'en faut, jusqu'à la fureur. Cependant il faut entendre raison. Il n'y a ici que des femmes, et ce que je vais dire ne sera point rapporté. Pourquoi trouver mauvais, si de mille tours que nous savons faire, il en a mis deux ou trois dans ses tragédies ? Moi même, (afin de ne mettre personne en jeu) il n'y avait que trois jours que j'étais mariée, et mon époux dormait à côté de moi. J'entends à la porte un ami qui m'avait oté mon pucel pucelage dès l'âge de sept ans. Je descends du lit. Mon mari me demande : où vas tu ? Où je vais ? mon cher mari ! lui dis-je. j'ai une colique épouvantable. Je vais me présenter au siège, pour voir si cela passera. Va donc, me dit il ; et en même temps il se lève, et se met à broyer du fruit de cèdre, de l'anet, et de la sauge, pour me faire

pucel

un cataplasme. Pendant ce temps là, j'arrose les gonds de la porte, pour les empêcher de faire du bruit, et sortant dans la rue pour trouver mon cher galant, je m'appuie la tête contre le therme d' Apollon , et me tenant ferme au laurier, je présente le derrière au galant, comme les levrettes. Euripide n'a point su celui là ; non plus que comment nous nous le faisons faire par les esclaves et les... les muletiers, faute d'autres ; ni comment, après avoir passé la nuit dans le plaisir avec les galants, nous mâchons de l'ail le matin, afin que le mari revenant du rempart, ne se défie de rien. Euripide a-t'il jamais rien dit de tout cela ? Il a dit du mal de Phèdre ! Eh ! Bien, soit ; que cela nous fait il ? a t'il dit comment une femme adroite montrant au jour à son mari sa garde robe s'en sert comme d'un rideau à cacher le galant, qui s'échappe à la faveur de ce stratagème ? Je connais une femme qui fit accroire à son mari, dix jours de suite, qu'elle était en mal d'enfant, pendant qu'elle en faisait chercher un à acheter. Le pauvre homme, de son coté, courait de toutes parts chercher des remèdes pour faire accoucher. Enfin vient une vieille avec un enfant dans un pot, et l'enfant avait dans la bouche une boule de cire, pourqu'il ne criât point. Au signal de la vieille, la femme se met à crier : dehors, dehors ; mon cher mari ; je vais accoucher ; je sens l'enfant qui me donne des coups de pieds

un cataplasme. Pendant ce temps là, j'arrose les gonds de la porte, pour les empêcher de faire du bruit, et sortant dans la rue pour trouver mon cher galant, je m'appuie la tête contre le therme d' Apollon , et me tenant ferme au laurier, je présente le derrière au galant, comme les levrettes. Euripide n'a point su celui là ; non plus que comment nous nous le faisons faire par les esclaves et les... les muletiers, faute d'autres ; ni comment, après avoir passé la nuit dans le plaisir avec les galants, nous mâchons de l'ail le matin, afin que le mari revenant du rempart, ne se défie de rien. Euripide a-t'il jamais rien dit de tout cela ? Il a dit du mal de Phèdre ! Eh ! Bien, soit ; que cela nous fait il ? a t'il dit comment une femme adroite montrant au jour à son mari sa garde robe s'en sert comme d'un rideau à cacher le galant, qui s'échappe à la faveur de ce stratagème ? Je connais une femme qui fit accroire à son mari, dix jours de suite, qu'elle était en mal d'enfant, pendant qu'elle en faisait chercher un à acheter. Le pauvre homme, de son coté, courait de toutes parts chercher des remèdes pour faire accoucher. Enfin vient une vieille avec un enfant dans un pot, et l'enfant avait dans la bouche une boule de cire, pourqu'il ne criât point. Au signal de la vieille, la femme se met à crier : dehors, dehors ; mon cher mari ; je vais accoucher ; je sens l'enfant qui me donne des coups de pieds

les...

dans le ventre (du pot). Le pauvre homme s'encourt de joie. Le vieille ôte la boule de cire et l'enfant crie. La fausse vieille aussitôt prend l'enfant, court au mari, et lui dit en riant : c'est un lion, c'est un lion, que ta femme a fait. C'est toi tout craché, il te ressemble en tout ; il a sa petite dille1 tout comme toi, ridée plissée comme une pomme de pin. Voilà ce que nous faisons, par Diane ; et nous trouvons mauvais qu' Euripide dise quelques bagatelles de nous ?

dans le ventre (du pot). Le pauvre homme s'encourt de joie. Le vieille ôte la boule de cire et l'enfant crie. La fausse vieille aussitôt prend l'enfant, court au mari, et lui dit en riant : c'est un lion, c'est un lion, que ta femme a fait. C'est toi tout craché, il te ressemble en tout ; il a sa petite dille1 tout comme toi, ridée plissée comme une pomme de pin. Voilà ce que nous faisons, par Diane ; et nous trouvons mauvais qu' Euripide dise quelques bagatelles de nous ?

Le ch.

Voilà une femme d'un effronterie étonnante. Quelle contrée a pu nourrir un monstre de cette sorte ? Quoi ? Oser dire de pareilles impudences ? Tant il est vrai qu'il n'y a point de pierre sous laquelle il ne soit à craindre qu'il n'y ait quelqu'avocat (je voulais dire quelque scorpion) caché ! et que de tous les animaux, le plus impudent est la femme, quand elle s'y met.

Le ch.

Voilà une femme d'un effronterie étonnante. Quelle contrée a pu nourrir un monstre de cette sorte ? Quoi ? Oser dire de pareilles impudences ? Tant il est vrai qu'il n'y a point de pierre sous laquelle il ne soit à craindre qu'il n'y ait quelqu'avocat (je voulais dire quelque scorpion) caché ! et que de tous les animaux, le plus impudent est la femme, quand elle s'y met.

Une femme.

Femmes ! C'est malavisé à vous, par Diane la chasseresse . Il faut que vous soyez ensorcelées, pour souffrir aussi patiemment que cette malheureuse nous insulte d'une manière si outrageante. Il faut sur le champ, nous et nos servantes, prendre de la cendre chaude, et lui griller les soies de son cochon, afin qu'elle apprenne, elle qui est femme, à ne point parler mal des autres femmes.

Une femme.

Femmes ! C'est malavisé à vous, par Diane la chasseresse . Il faut que vous soyez ensorcelées, pour souffrir aussi patiemment que cette malheureuse nous insulte d'une manière si outrageante. Il faut sur le champ, nous et nos servantes, prendre de la cendre chaude, et lui griller les soies de son cochon, afin qu'elle apprenne, elle qui est femme, à ne point parler mal des autres femmes.

Mnési.

Femmes ! n'en faites rien, je vous conjure.

Mnési.

Femmes ! n'en faites rien, je vous conjure.

Ne sommes nous pas libres ? n'était il pas permis de dire tout ce que l'on voudrait ? Quel mal ai-je fait de prendre le parti d' Euripide selon ma conscience ?

Ne sommes nous pas libres ? n'était il pas permis de dire tout ce que l'on voudrait ? Quel mal ai-je fait de prendre le parti d' Euripide selon ma conscience ?

Une femme.

Tu prétends donc ne pas mériter punition, toi qui seule a osé entreprendre la défense d'un homme qui nous a fait tous les maux imaginables ? qui, quand il a eu des femmes à mettre sur la scène, a choisi tout exprès des Mélanippes , et des Phèdres ! n'y avait-il pas des Pénélopes ? Mais Pénélope étant sage, il n'a pas jugé à propos de nous faire honneur, en la mettant sur le théâtre.

Une femme.

Tu prétends donc ne pas mériter punition, toi qui seule a osé entreprendre la défense d'un homme qui nous a fait tous les maux imaginables ? qui, quand il a eu des femmes à mettre sur la scène, a choisi tout exprès des Mélanippes , et des Phèdres ! n'y avait-il pas des Pénélopes ? Mais Pénélope étant sage, il n'a pas jugé à propos de nous faire honneur, en la mettant sur le théâtre.

Mnési.

Je vous en dirai bien la raison. Il n'y a pas une femme aujourd'hui qui ressemble à Pénélope ; nous sommes toutes des Phèdres ou quelque chose de pis.

Mnési.

Je vous en dirai bien la raison. Il n'y a pas une femme aujourd'hui qui ressemble à Pénélope ; nous sommes toutes des Phèdres ou quelque chose de pis.

Une femme.

Entendez vous, femmes ? Ce que cette effrontée vient encore de dire contre nous toutes.

Une femme.

Entendez vous, femmes ? Ce que cette effrontée vient encore de dire contre nous toutes.

Mnési.

Pardieu ! Je n'ai pas tout dit. Voulez-vous que j'achève ?

Mnési.

Pardieu ! Je n'ai pas tout dit. Voulez-vous que j'achève ?

Une femme.

Il est impossible que tu en puisses dire davantage.

Une femme.

Il est impossible que tu en puisses dire davantage.

Mnési.

Vous vous trompez. Je n'ai pas dit la dix-millième partie de ce que nous faisons. Ai-je parlé de ces instruments en forme

Mnési.

Vous vous trompez. Je n'ai pas dit la dix-millième partie de ce que nous faisons. Ai-je parlé de ces instruments en forme

de manches d'étrilles dont nous nous servons pour....

de manches d'étrilles dont nous nous servons pour....

Une femme.

Puisses-tu périr !

Une femme.

Puisses-tu périr !

Mnési.

Ai-je dit, comment après avoir donné à nos maquerelles notre part du sacrifice des apaturies, nous disons que c'est le chat qui l'a mangée ?

Mnési.

Ai-je dit, comment après avoir donné à nos maquerelles notre part du sacrifice des apaturies, nous disons que c'est le chat qui l'a mangée ?

Une femme.

Malheureuse !

Une femme.

Malheureuse !

Mnési.

Ai je dit qu'une telle femme a coupé le cou à son mari avec une hache ? qu'une autre lui a fait tourner la cervelle par des philtres ? que je sais une fille d' Acarne qui a enterré son père sous une cuve ?

Mnési.

Ai je dit qu'une telle femme a coupé le cou à son mari avec une hache ? qu'une autre lui a fait tourner la cervelle par des philtres ? que je sais une fille d' Acarne qui a enterré son père sous une cuve ?

Une femme.

Que la peste t'étouffe !

Une femme.

Que la peste t'étouffe !

Une autre femme.

Peut on souffrir de pareils discours ?

Une autre femme.

Peut on souffrir de pareils discours ?

Mnési.

Ai je dit qu'ayant mis au monde une fille, et ton esclave ayant accouché en même temps d'un garçon, tu fis un troc, et supposas le fils de l'esclave au lieu de ta fille.

Mnési.

Ai je dit qu'ayant mis au monde une fille, et ton esclave ayant accouché en même temps d'un garçon, tu fis un troc, et supposas le fils de l'esclave au lieu de ta fille.

Une femme.

Tu te repentiras de toutes ces insolences, car je t'arracherai toute ta toison, brin à brin.

Une femme.

Tu te repentiras de toutes ces insolences, car je t'arracherai toute ta toison, brin à brin.

Mnési.

Pardieu, tu ne me toucheras pas.

Mnési.

Pardieu, tu ne me toucheras pas.

Une femme.

Voyons un peu.

Une femme.

Voyons un peu.

Une autre.

Voyons ; c'est bien dit. Philesta , prends mon manteau.

Une autre.

Voyons ; c'est bien dit. Philesta , prends mon manteau.

Mnési.

Approche seulement ; et par Diane , je te...

Mnési.

Approche seulement ; et par Diane , je te...

Une femme.

Que me feras tu ?

Une femme.

Que me feras tu ?

Mnési.

Je te ferai sortir le pain d'épice que tu as mangé.

Mnési.

Je te ferai sortir le pain d'épice que tu as mangé.

Le ch.

Cesse de nous dire des injures. Je vois venir une femme à la hâte. Qu'on se taise afin d'entendre ce qu'elle a à nous dire.

Le ch.

Cesse de nous dire des injures. Je vois venir une femme à la hâte. Qu'on se taise afin d'entendre ce qu'elle a à nous dire.



Clisthène. Le chœur . Des femmes. Mnésiloque. Clisthène.

Chères femmes, dont les mœurs conviennent si fort avec les miennes ! Vous ne doutez pas que je sois de vos amis. Il n'y a qu'à voir mes joues sans barbe. Je suis fou des femmes, et ma maison leur est connue. Comme vous savez donc que vos intérêts sont les miens, je vous dirai qu'ayant appris tout à l'heure à la place une chose qui vous regarde et qui est de la dernière conséquence, je suis venu vous avertir de prendre bien garde à vous.

Clisthène.

Chères femmes, dont les mœurs conviennent si fort avec les miennes ! Vous ne doutez pas que je sois de vos amis. Il n'y a qu'à voir mes joues sans barbe. Je suis fou des femmes, et ma maison leur est connue. Comme vous savez donc que vos intérêts sont les miens, je vous dirai qu'ayant appris tout à l'heure à la place une chose qui vous regarde et qui est de la dernière conséquence, je suis venu vous avertir de prendre bien garde à vous.

Le chœur.

Qu'y a t'il donc mon fils ? car le moyen de t'appeler autrement, en te voyant les joues sans barbe.

Le chœur.

Qu'y a t'il donc mon fils ? car le moyen de t'appeler autrement, en te voyant les joues sans barbe.

Clis.

On dit qu' Euripide a envoyé ici aujourd'hui son beau frère, qui est un vieil homme.

Clis.

On dit qu' Euripide a envoyé ici aujourd'hui son beau frère, qui est un vieil homme.

Le ch.

A quel dessein ?

Le ch.

A quel dessein ?

Clis.

Afin de lui tenir lieu d'espion parmi vous, et de savoir tout ce que vous resoudrez contre lui.

Clis.

Afin de lui tenir lieu d'espion parmi vous, et de savoir tout ce que vous resoudrez contre lui.

Le ch.

Et comment cet homme peut-il se cacher parmi les femmes ?

Le ch.

Et comment cet homme peut-il se cacher parmi les femmes ?

Clis.

Euripide lui a brûlé le poil, lui a arraché la barbe, et l'a habillé en femme.

Clis.

Euripide lui a brûlé le poil, lui a arraché la barbe, et l'a habillé en femme.

Mnési.

Et vous le croyez ! Fadaises ! Est il un homme assez bête pour souffrir qu'on lui arrache le poil ? Vénérables Déesses ! pour moi, je n'en crois rien.

Mnési.

Et vous le croyez ! Fadaises ! Est il un homme assez bête pour souffrir qu'on lui arrache le poil ? Vénérables Déesses ! pour moi, je n'en crois rien.

Clis.

Tu te moques. Est ce que je serais venu le dire, si je ne l'avais appris de gens qui le savent de bonne part.

Clis.

Tu te moques. Est ce que je serais venu le dire, si je ne l'avais appris de gens qui le savent de bonne part.

Le ch.

Voilà une chose étrange que l'on nous découvre. Femmes ! Il n'y a pas de temps à perdre. Il faut chercher cet homme et tacher de le découvrir. Aide nous à faire cette recherche, toi qui nous a découvert la trahison, cher cher ami, afin que nous t'ayons deux obligations au lieu d'une.

Le ch.

Voilà une chose étrange que l'on nous découvre. Femmes ! Il n'y a pas de temps à perdre. Il faut chercher cet homme et tacher de le découvrir. Aide nous à faire cette recherche, toi qui nous a découvert la trahison, cher cher ami, afin que nous t'ayons deux obligations au lieu d'une.

cher Clis.

Voyons donc premièrement qui est celle ci.

Clis.

Voyons donc premièrement qui est celle ci.

Mnési.

Que deviendra quelqu'un que je dirais bien ?

Mnési.

Que deviendra quelqu'un que je dirais bien ?

Clis.

Ne trouvez pas mauvais, je vous en prie, si l'on vous examine.

Clis.

Ne trouvez pas mauvais, je vous en prie, si l'on vous examine.

Mnési.

Malheur à moi !

Mnési.

Malheur à moi !

Une femme.

Est-ce que tu demandes qui je suis ? Je suis la femme de Cléonyme .

Une femme.

Est-ce que tu demandes qui je suis ? Je suis la femme de Cléonyme .

Clis.

Connaissez vous cette femme ?

Clis.

Connaissez vous cette femme ?

Le ch.

Nous la connaissons. Aux autres.

Le ch.

Nous la connaissons. Aux autres.

Clis.

Qui est celle-ci, qui tient un enfant ?

Clis.

Qui est celle-ci, qui tient un enfant ?

Une femme.

C'est la nourrice de mon fils.

Une femme.

C'est la nourrice de mon fils.

Mnési.

Je meurs de peur.

Mnési.

Je meurs de peur.

Clis.

Et toi, où vas-tu ? Demeure là. Quel mal as-tu ?

Clis.

Et toi, où vas-tu ? Demeure là. Quel mal as-tu ?

Mnési.

Laisse-moi pisser. Tu es bien effronté.

Mnési.

Laisse-moi pisser. Tu es bien effronté.

Clis.

Pisse ; je t'attendrai ici.

Clis.

Pisse ; je t'attendrai ici.

Le ch.

Attends là, et l'examine bien ; car nous ne la connaissons point.

Le ch.

Attends là, et l'examine bien ; car nous ne la connaissons point.

Clis.

Tu es bien longtemps à pisser, ce me semble.

Clis.

Tu es bien longtemps à pisser, ce me semble.

Mnési.

Oui, mon cher ; c'est que j'ai une strangu lation [?] causée pour avoir mangé hier du cresson.

Mnési.

Oui, mon cher ; c'est que j'ai une strangu lation [?] causée pour avoir mangé hier du cresson.

lation [?] Clis.

Quel cresson me contes tu ? Viens un peu à moi.

Clis.

Quel cresson me contes tu ? Viens un peu à moi.

Mnési.

Pourquoi me tirer comme cela, moi qui suis malade ?

Mnési.

Pourquoi me tirer comme cela, moi qui suis malade ?

Clis.

Qui est ton homme ?

Clis.

Qui est ton homme ?

Mnési.

Tu demandes qui est mon mari ? C'est certain homme de Cothoques .

Mnési.

Tu demandes qui est mon mari ? C'est certain homme de Cothoques .

Cothoques Clis.

Qui est il ? Comment a-t-il nom.

Clis.

Qui est il ? Comment a-t-il nom.

Mnési.

C'est chose, fils de chose.

Mnési.

C'est chose, fils de chose.

Clis.

Tu te moques de moi. Es tu venue ici quelque autre fois ?

Clis.

Tu te moques de moi. Es tu venue ici quelque autre fois ?

Mnési.

Eh ! Oui ! De par Dieu.

Mnési.

Eh ! Oui ! De par Dieu.

Clis.

Combien y a t'il ? et qui était ta compagne dans ta tente ?

Clis.

Combien y a t'il ? et qui était ta compagne dans ta tente ?

Mnési.

Une telle.

Mnési.

Une telle.

Clis.

Tout cela et rien, c'est la même chose.

Clis.

Tout cela et rien, c'est la même chose.

Une femme.

Retire toi. Je vais l'examiner comme il faut, en lui demandant des nouvelles de la dernière fête. Tiens-toi là, pour ne pas entendre ce qu'il n'est pas permis aux hommes de savoir. Et toi, dis moi, quelle est la première chose qu'on montra à la dernière fête ? Parle. Quelle fut la première chose ?

Une femme.

Retire toi. Je vais l'examiner comme il faut, en lui demandant des nouvelles de la dernière fête. Tiens-toi là, pour ne pas entendre ce qu'il n'est pas permis aux hommes de savoir. Et toi, dis moi, quelle est la première chose qu'on montra à la dernière fête ? Parle. Quelle fut la première chose ?

Mnési.

Nous bûmes.

Mnési.

Nous bûmes.

La femme.

Après ? …

La femme.

Après ? …

Mnési.

Nous portâmes des santés.

Mnési.

Nous portâmes des santés.

La femme.

Qui est ce qui te l'a dit ? ensuite ?

La femme.

Qui est ce qui te l'a dit ? ensuite ?

Mnési.

Celle qui était logée avec moi me demanda la terrine, faute de pot de chambre.

Mnési.

Celle qui était logée avec moi me demanda la terrine, faute de pot de chambre.

La femme.

Tu n'y es pas. Clisthène ! Viens ça, vois l'homme que tu nous as dit.

La femme.

Tu n'y es pas. Clisthène ! Viens ça, vois l'homme que tu nous as dit.

Clis.

Que faut-il que j'en fasse ?

Clis.

Que faut-il que j'en fasse ?

La femme.

Dépouille-le ; car il ne dit rien à propos.

La femme.

Dépouille-le ; car il ne dit rien à propos.

Mnési.

Quoi ? Vous dépouillerez une femme qui a fait neuf enfants ?

Mnési.

Quoi ? Vous dépouillerez une femme qui a fait neuf enfants ?

La femme.

Lâche la ceinture, impudent. Que cette femme prétendue me parait ferme et vigoureuse ! ma foi, déjà, elle n'a point de tétons comme nous.

La femme.

Lâche la ceinture, impudent. Que cette femme prétendue me parait ferme et vigoureuse ! ma foi, déjà, elle n'a point de tétons comme nous.

Mnési.

C'est que je suis stérile, et n'ai jamais eu de lait.

Mnési.

C'est que je suis stérile, et n'ai jamais eu de lait.

La femme.

Tu disais tout à l'heure que tu avais eu neuf enfants ! Tiens toi droit. Où passes tu cet instrument ? le voilà qui se cachait. Peste ! qu'il est de belle couleur !

La femme.

Tu disais tout à l'heure que tu avais eu neuf enfants ! Tiens toi droit. Où passes tu cet instrument ? le voilà qui se cachait. Peste ! qu'il est de belle couleur !

Clis.

Où est il ?

Clis.

Où est il ?

La femme.

Le voilà qui revient devant.

La femme.

Le voilà qui revient devant.

Clis.

Je ne le vois point.

Clis.

Je ne le vois point.

La femme.

Il vient de repasser derrière.

La femme.

Il vient de repasser derrière.

Clis.

C'est donc ici l' Isthme de Corinthe (a) ? Tu mènes cet engin de coté et d'autre, comme les Corinthiens trainent leurs vaisseaux sur l' Isthme.

Clis.

C'est donc ici l' Isthme de Corinthe (a) ? Tu mènes cet engin de coté et d'autre, comme les Corinthiens trainent leurs vaisseaux sur l' Isthme.

La femme.

Voilà donc le scélérat qui nous disait tant d'outrages pour défendre Euripide !

La femme.

Voilà donc le scélérat qui nous disait tant d'outrages pour défendre Euripide !

Mnési.

Malheureux ! en quel embarras me suis je jetté jeté moi-même !

Mnési.

Malheureux ! en quel embarras me suis je jetté jeté moi-même !

jetté La femme.

Que ferons nous ? Qu'on le garde exactement, et qu'il ne s'échappe pas. Je vais rendre compte de tout ceci aux Prytanes.

La femme.

Que ferons nous ? Qu'on le garde exactement, et qu'il ne s'échappe pas. Je vais rendre compte de tout ceci aux Prytanes.

Le ch.

Allumons les lampes ! retroussons nos robes, et mettons le manteau bas, pour chercher s'il n'y a point encore quelqu'autre homme caché. Parcourons toute la place, les tentes et les rues.

Le ch.

Allumons les lampes ! retroussons nos robes, et mettons le manteau bas, pour chercher s'il n'y a point encore quelqu'autre homme caché. Parcourons toute la place, les tentes et les rues.

Demi-chœur.

Courons d'un pied léger, et cherchons sans dire mot. Ne tardons point ; il faut user de diligence. Courons en rond. Suivez-moi ; cherchons d'un œil

Demi-chœur.

Courons d'un pied léger, et cherchons sans dire mot. Ne tardons point ; il faut user de diligence. Courons en rond. Suivez-moi ; cherchons d'un œil

curieux s'il n'y a point d'autre homme caché. Par ici. Par là. Qu'on regarde partout. S'il ne se cache bien, il sera puni de manière à servir d'exemple aux téméraires qui méprisent les Dieux, et qui seront contraints de dire qu'il y a une providence qui veille sur les actes des hommes, et qui punit les méchants.

curieux s'il n'y a point d'autre homme caché. Par ici. Par là. Qu'on regarde partout. S'il ne se cache bien, il sera puni de manière à servir d'exemple aux téméraires qui méprisent les Dieux, et qui seront contraints de dire qu'il y a une providence qui veille sur les actes des hommes, et qui punit les méchants.

Le ch.

Il me semble qu'on a assez regardé partout. Je ne vois point d'autre hommes caché.

Le ch.

Il me semble qu'on a assez regardé partout. Je ne vois point d'autre hommes caché.



Une femme. Mnésiloque . Le chœur . Une autre femme. Une femme.

Ah ! Ah ! Où fuis tu ? L'homme ! L'homme ! Ne veux tu pas demeurer ? malheureuse que je suis ! malheureuse ! Il s'enfuit avec mon enfant qu'il m'a arraché du sein.

Une femme.

Ah ! Ah ! Où fuis tu ? L'homme ! L'homme ! Ne veux tu pas demeurer ? malheureuse que je suis ! malheureuse ! Il s'enfuit avec mon enfant qu'il m'a arraché du sein.

Mnési.

Crie tant que tu voudras ; tu ne l'auras point, si l'on ne me laisse aller ; mais je lui couperai les veines, et je l'égorgerai sur l'autel comme une victime.

Mnési.

Crie tant que tu voudras ; tu ne l'auras point, si l'on ne me laisse aller ; mais je lui couperai les veines, et je l'égorgerai sur l'autel comme une victime.

La femme.

Malheur à moi ! Femmes ! ne me donnerez vous point de secours ? ne crierez vous point sur le ravisseur, pour le faire retourner ? Verrez vous avec indifférence, comme on m'enlève ma fille unique ?

La femme.

Malheur à moi ! Femmes ! ne me donnerez vous point de secours ? ne crierez vous point sur le ravisseur, pour le faire retourner ? Verrez vous avec indifférence, comme on m'enlève ma fille unique ?

Le ch.

Hélas ! Vénérables Parques ! quel nouveau prodige se présente à mes yeux ! il est donc vrai qu'il règne maintenant partout

Le ch.

Hélas ! Vénérables Parques ! quel nouveau prodige se présente à mes yeux ! il est donc vrai qu'il règne maintenant partout

une impudence extrême ! Voyez ce qu'il a fait ! mes amies, voyez ce qu'il a fait.

une impudence extrême ! Voyez ce qu'il a fait ! mes amies, voyez ce qu'il a fait.

Mnési.

Ce n'est encore que le commencement de ce que je prétends faire.

Mnési.

Ce n'est encore que le commencement de ce que je prétends faire.

Le ch.

Quoi ? te reste-t-il encore quelque chose de plus noir à entreprendre ?

Le ch.

Quoi ? te reste-t-il encore quelque chose de plus noir à entreprendre ?

La femme.

Quoi de plus noir, que de m'avoir enlevé mon enfant ?

La femme.

Quoi de plus noir, que de m'avoir enlevé mon enfant ?

Le ch.

Que dire à tout cela, puisque ton impudence va jusqu'à n'en point rougir ?

Le ch.

Que dire à tout cela, puisque ton impudence va jusqu'à n'en point rougir ?

Mnési.

Vous n'êtes pas au bout.

Mnési.

Vous n'êtes pas au bout.

Le ch.

Tu n'en es pas non plus où tu penses. Ne crois pas te vanter que tu nous aies échappé. Tu seras puni.

Le ch.

Tu n'en es pas non plus où tu penses. Ne crois pas te vanter que tu nous aies échappé. Tu seras puni.

Mnési.

Je souhaite qu'il n'en soit rien.

Mnési.

Je souhaite qu'il n'en soit rien.

Le ch.

Quel Dieu peut prendre ta défense, dans de si grands crimes ?

Le ch.

Quel Dieu peut prendre ta défense, dans de si grands crimes ?

Mnési.

Paroles perdues. Je ne laisserai point aller ceci.

Mnési.

Paroles perdues. Je ne laisserai point aller ceci.

Le ch.

Par les Déesses ! Tu ne triompheras pas longtemps de nous avoir outragées pas tes discours insolents. Nous te châtierons comme tu le mérites. Tu sentiras la fortune changée, et tu éprouveras son courroux. Manie ! Où es tu ? D'où vient que

Le ch.

Par les Déesses ! Tu ne triompheras pas longtemps de nous avoir outragées pas tes discours insolents. Nous te châtierons comme tu le mérites. Tu sentiras la fortune changée, et tu éprouveras son courroux. Manie ! Où es tu ? D'où vient que

tu n'as pas apporté ce bois pour brûler au plus tôt ce méchant ? allons aux fagots de Sar [?] . Je veux faire un tison de toi avant la fin du jour.

tu n'as pas apporté ce bois pour brûler au plus tôt ce méchant ? allons aux fagots de Sar [?] . Je veux faire un tison de toi avant la fin du jour.

[?] Mnési.

Allumez ; brulez ; je m'en moque. Et toi, malheureux enfant, dépouille ta robe ; on n'accuse de ta mort que ta mère seule. Mais qu'est-ce que je vois ? Cette petite fille est devenue une outre pleine de vin, qui avait même de petits patins . O ! femmes toujours altérées ! O ! femmes insatiables ! ivrognesses qui mettez tout en œuvre pour ne point manquer de vin ! quel profit pour les cabaretiers ! quelle ruine pour nous et pour tout le ménage ménage !

Mnési.

Allumez ; brulez ; je m'en moque. Et toi, malheureux enfant, dépouille ta robe ; on n'accuse de ta mort que ta mère seule. Mais qu'est-ce que je vois ? Cette petite fille est devenue une outre pleine de vin, qui avait même de petits patins . O ! femmes toujours altérées ! O ! femmes insatiables ! ivrognesses qui mettez tout en œuvre pour ne point manquer de vin ! quel profit pour les cabaretiers ! quelle ruine pour nous et pour tout le ménage ménage !

de petits patins ménage ménage Une femme.

Entasse fagots sur fagots, ma bonne Manie .

Une femme.

Entasse fagots sur fagots, ma bonne Manie .

Mnési.

Entasse, entasse. Mais réponds moi auparavant. As tu donc mis ce poupon au monde ?

Mnési.

Entasse, entasse. Mais réponds moi auparavant. As tu donc mis ce poupon au monde ?

La femme.

Hélas ! et je l'ai porté dix mois.

La femme.

Hélas ! et je l'ai porté dix mois.

Mnési.

Tu l'as porté ?

Mnési.

Tu l'as porté ?

La femme.

Oui, par Diane .

La femme.

Oui, par Diane .

Mnési.

Tient il bien trois pintes ?

Mnési.

Tient il bien trois pintes ?

La femme.

Qu'as tu fait, impudent ? n'auras-tu pas délié mon enfant, un enfant si petit que cela ?

La femme.

Qu'as tu fait, impudent ? n'auras-tu pas délié mon enfant, un enfant si petit que cela ?

Mnési.

Si petit ?

Mnési.

Si petit ?

La femme.

Oui, de par Dieu.

La femme.

Oui, de par Dieu.

Mnési.

Quel âge a-t-il bien ? trois pintes ou quatre ?

Mnési.

Quel âge a-t-il bien ? trois pintes ou quatre ?

La femme.

Environ. Il est des dernières vendanges. Mais rends le moi.

La femme.

Environ. Il est des dernières vendanges. Mais rends le moi.

Mnési.

Par Apollon ! Je n'en ferai rien.

Mnési.

Par Apollon ! Je n'en ferai rien.

La femme.

Nous allons donc te brûler.

La femme.

Nous allons donc te brûler.

Mnési.

Brûlez. J'égorgerai cet enfant tout à l'heure.

Mnési.

Brûlez. J'égorgerai cet enfant tout à l'heure.

La femme.

Eh ! non, je t'en prie. Fais plutôt de moi tout ce que tu voudras.

La femme.

Eh ! non, je t'en prie. Fais plutôt de moi tout ce que tu voudras.

Mnési.

Tu es d'un bon naturel. Mais n'importe ; il sera égorgé.

Mnési.

Tu es d'un bon naturel. Mais n'importe ; il sera égorgé.

La femme.

Hélas ! ma chère fille ! Manie , donne moi la coupe, que je reçoive au moins le sang de mon enfant.

La femme.

Hélas ! ma chère fille ! Manie , donne moi la coupe, que je reçoive au moins le sang de mon enfant.

Mnési.

Reçois, reçois le ; je ne te refuserai pas cette faveur.

Mnési.

Reçois, reçois le ; je ne te refuserai pas cette faveur.

La femme.

Peste de toi ! tu es aussi chiche qu'emporté !

La femme.

Peste de toi ! tu es aussi chiche qu'emporté !

Mnési.

La peau sera pour la prétresse.

Mnési.

La peau sera pour la prétresse.

La femme.

Que me dis tu qui sera pour la prêtresse ?

La femme.

Que me dis tu qui sera pour la prêtresse ?

Mnési.

Tiens cela, toi.

Mnési.

Tiens cela, toi.

Autre femme.

Pauvre Mica ! qui t'a donc enlevé ta chère fille ?

Autre femme.

Pauvre Mica ! qui t'a donc enlevé ta chère fille ?

La femme.

C'est le méchant homme que tu vois. Mais puisque te voilà, garde le bien, afin que prenant Clisthène avec moi, j'aille dire aux Prytanes tout ce que ce malheureux a fait.

La femme.

C'est le méchant homme que tu vois. Mais puisque te voilà, garde le bien, afin que prenant Clisthène avec moi, j'aille dire aux Prytanes tout ce que ce malheureux a fait.

Mnési.

Quel moyen me reste-t-il à présent de me sauver ? quelle invention ? Celui qui est cause de tout ceci, qui m'a précipité dans ce gouffre de maux, ne parait point encore. qui lui enverrai-je bien ? Je sais un bon moyen pour lui faire savoir de mes nouvelles, et je me souviens l'avoir vu dans son Palamède. J'écrirai que je souffre sur des rames, et je les jetterai ( comme Palamède jeta les siennes à la mer ). Peut être en parviendra-t-il quelqu'une jusqu'à lui (comme il en parvint au père de Palamède ). Mais, à propos ; je n'ai point de rames ; où trouverai-je bien des rames ? Si je jetais des images de bois au lieu de rames ? Ce n'est point mal inventé. C'est à peu près la même chose. Les rames sont de bois, et les images sont de bois aussi. Travaillez mes mains à tracer une lettre de nouvelle invention. Et vous, tablettes polies, recevez l'empreinte de mon stilet, annoncez à celui pour qui je souffre, quel est l'excès des tourments qu'on me prépare. Ahi ! Voilà une R qui ne vaut rien. Marchez, courez, partez, allez par toutes les rues, de ce coté-ci, de ce coté là, dépéchez vous.

Mnési.

Quel moyen me reste-t-il à présent de me sauver ? quelle invention ? Celui qui est cause de tout ceci, qui m'a précipité dans ce gouffre de maux, ne parait point encore. qui lui enverrai-je bien ? Je sais un bon moyen pour lui faire savoir de mes nouvelles, et je me souviens l'avoir vu dans son Palamède. J'écrirai que je souffre sur des rames, et je les jetterai ( comme Palamède jeta les siennes à la mer ). Peut être en parviendra-t-il quelqu'une jusqu'à lui (comme il en parvint au père de Palamède ). Mais, à propos ; je n'ai point de rames ; où trouverai-je bien des rames ? Si je jetais des images de bois au lieu de rames ? Ce n'est point mal inventé. C'est à peu près la même chose. Les rames sont de bois, et les images sont de bois aussi. Travaillez mes mains à tracer une lettre de nouvelle invention. Et vous, tablettes polies, recevez l'empreinte de mon stilet, annoncez à celui pour qui je souffre, quel est l'excès des tourments qu'on me prépare. Ahi ! Voilà une R qui ne vaut rien. Marchez, courez, partez, allez par toutes les rues, de ce coté-ci, de ce coté là, dépéchez vous.

comme Palamède jeta les siennes à la mer Digression. Ou intermède.

Qu'il nous soit permis de faire une petite digression pour nous louer nous mêmes. Il est étrange que tout le monde prenne à tâche de dire du mal de toutes les femmes. On ne cesse de se plaindre que nous ne sommes nées que pour la ruine du genre humain ; que de nous, viennent les querelles, les dissensions, les chagrins, la guerre. Si cela est pourquoi nous épousez vous ? Pourquoi nous défendre de sortir de la maison ? Pourquoi trouver mauvais que nous présentions seulement la tête à la fenêtre ? Quelle rage avez vous de garder si soigneusement ce que vous apelez un mal ? Si une pauvre femme met le pied dehors, et que son mari la trouve, il entre en fureur ; au lieu qu'il devrait se réjouir et faire des sacrifices, en voyant sa maison délivrée d'un si grand mal. S'il arrive qu'une femme couche dans une maison étrangère, à cause que lasse de gambader, elle n'aura pu revenir chez elle ; il n'y a point de maison, point d'appartement, point de lit, où le mari jaloux n'aille la chercher. Regarde-t-elle par la porte ? Il dit aussitôt qu'elle cherche quelqu'un des yeux. Se retire t-elle par modestie, tout le monde voudrait qu'elle se montrât. Et puis vous les appelez la ruine des hommes ! Il est plus clair que le jour que nous valons mieux qu'eux. Vous dites que non ; et nous soutenons que si. Et pour le prouver, il n'y à qu'à nommer les uns et les autres, pour voir que ce sera vous qui serez condamnés sur l'étiquette. Lequel

Digression. Ou intermède.

Qu'il nous soit permis de faire une petite digression pour nous louer nous mêmes. Il est étrange que tout le monde prenne à tâche de dire du mal de toutes les femmes. On ne cesse de se plaindre que nous ne sommes nées que pour la ruine du genre humain ; que de nous, viennent les querelles, les dissensions, les chagrins, la guerre. Si cela est pourquoi nous épousez vous ? Pourquoi nous défendre de sortir de la maison ? Pourquoi trouver mauvais que nous présentions seulement la tête à la fenêtre ? Quelle rage avez vous de garder si soigneusement ce que vous apelez un mal ? Si une pauvre femme met le pied dehors, et que son mari la trouve, il entre en fureur ; au lieu qu'il devrait se réjouir et faire des sacrifices, en voyant sa maison délivrée d'un si grand mal. S'il arrive qu'une femme couche dans une maison étrangère, à cause que lasse de gambader, elle n'aura pu revenir chez elle ; il n'y a point de maison, point d'appartement, point de lit, où le mari jaloux n'aille la chercher. Regarde-t-elle par la porte ? Il dit aussitôt qu'elle cherche quelqu'un des yeux. Se retire t-elle par modestie, tout le monde voudrait qu'elle se montrât. Et puis vous les appelez la ruine des hommes ! Il est plus clair que le jour que nous valons mieux qu'eux. Vous dites que non ; et nous soutenons que si. Et pour le prouver, il n'y à qu'à nommer les uns et les autres, pour voir que ce sera vous qui serez condamnés sur l'étiquette. Lequel

vaut mieux, par exemple, de Carmin , ou de Nausimaque ? N'est ce pas celle ci ? Leurs œuvres parlent assez d'elles-mêmes. Cléophon n'est il pas pire cent fois que la fameuse courtisanne Salabacco ? Y a-t-il quelqu'un qui ose se comparer à la brave Aristomaque de Marathon, ou à Stratonice ? Et pour le conseil, est il quelqu'un des conseillers de l'année passée qui vaille Eubule ? il faut donc dire que nous valons beaucoup mieux que les hommes. Y a-t-il une femme qui ait jamais comparu en jugemens pour avoir dérobé à l'état 50 talents ? Le plus grand larcin qu'ait jamais fait une femme, aura été quelque boisseau de blé ; encore l'aura-t-elle rendu le même jour à son mari. Nous ferions voir aisément que c'est vous qui avez véritablement les défauts dont vous nous accusez. C'est vous qui êtes les gourmands, les filous, les fripons, les coquins ; c'est vous qui avez été moins capables que nous, de garder les anciennes pratiques. Nous avons conservé le métier tel que nous l'avons reçu de nos devancières, l'ensouple, la camette, la bobine, les paniers, le parasol. Au lieu que la plupart de ces méchants hommes ont perdu le bouclier avec la lance et laissé dans les combats tomber les armes de dessus leurs épaules. Il est donc vrai que nous aurions des reproches infinis à faire aux hommes. Mais nous nous arrêterons à ce seul article. Il eût été de la justice de décerner quelques honneurs à celles d'entre nous qui ont donné à la république des capitaines de

vaut mieux, par exemple, de Carmin , ou de Nausimaque ? N'est ce pas celle ci ? Leurs œuvres parlent assez d'elles-mêmes. Cléophon n'est il pas pire cent fois que la fameuse courtisanne Salabacco ? Y a-t-il quelqu'un qui ose se comparer à la brave Aristomaque de Marathon, ou à Stratonice ? Et pour le conseil, est il quelqu'un des conseillers de l'année passée qui vaille Eubule ? il faut donc dire que nous valons beaucoup mieux que les hommes. Y a-t-il une femme qui ait jamais comparu en jugemens pour avoir dérobé à l'état 50 talents ? Le plus grand larcin qu'ait jamais fait une femme, aura été quelque boisseau de blé ; encore l'aura-t-elle rendu le même jour à son mari. Nous ferions voir aisément que c'est vous qui avez véritablement les défauts dont vous nous accusez. C'est vous qui êtes les gourmands, les filous, les fripons, les coquins ; c'est vous qui avez été moins capables que nous, de garder les anciennes pratiques. Nous avons conservé le métier tel que nous l'avons reçu de nos devancières, l'ensouple, la camette, la bobine, les paniers, le parasol. Au lieu que la plupart de ces méchants hommes ont perdu le bouclier avec la lance et laissé dans les combats tomber les armes de dessus leurs épaules. Il est donc vrai que nous aurions des reproches infinis à faire aux hommes. Mais nous nous arrêterons à ce seul article. Il eût été de la justice de décerner quelques honneurs à celles d'entre nous qui ont donné à la république des capitaines de

réputation ; par exemple quelque présé préséance à la fête de Thésée (a) , ou à celle du Chapeau blanc (b) , enfin dans toutes les autres fêtes dont nous faisons le service ; et que celle qui aurait enfanté un homme de nul mérite, comme un mauvais capitaine de galère ou de vaisseau, fût obligée d'être assise après celle qui aurait donné un brave homme à la république. Par quelle justice y a-t-il, o ! Ville d' Athènes ! que la mère d' Hyperbole , vêtue de blanc, et la tête ornée d'une chevelure flottante, soit assise auprès de la mère du grand Lamaque ? Il faudrait aussi que ces mères de poltrons, quand après avoir prêté de l'argent à intérêts, elles voudraient exiger le courant de leurs rentes de leurs créanciers, fussent bafouées, et qu'on leur dit : mérites tu des intérêts, toi qui t'es si peu intéressée à l'intérêt du public, que de lui avoir donné un poltron qui ne s'intéresse ni de sa gloire, ni de son profit ?

réputation ; par exemple quelque présé préséance à la fête de Thésée (a) , ou à celle du Chapeau blanc (b) , enfin dans toutes les autres fêtes dont nous faisons le service ; et que celle qui aurait enfanté un homme de nul mérite, comme un mauvais capitaine de galère ou de vaisseau, fût obligée d'être assise après celle qui aurait donné un brave homme à la république. Par quelle justice y a-t-il, o ! Ville d' Athènes ! que la mère d' Hyperbole , vêtue de blanc, et la tête ornée d'une chevelure flottante, soit assise auprès de la mère du grand Lamaque ? Il faudrait aussi que ces mères de poltrons, quand après avoir prêté de l'argent à intérêts, elles voudraient exiger le courant de leurs rentes de leurs créanciers, fussent bafouées, et qu'on leur dit : mérites tu des intérêts, toi qui t'es si peu intéressée à l'intérêt du public, que de lui avoir donné un poltron qui ne s'intéresse ni de sa gloire, ni de son profit ?

présé dont

Mnésiloque . Une femme. Mnésiloque.

Je perdrai la vue, à force de regarder et d'attendre, et cet homme ne vient point. Qui peut l'arrêter ? Il aura grand honte quand il trouvera Palamède tout froid. Mais je m'avise d'un nouveau stratagème pour le faire venir. Je vais imiter la nouvelle Hélène ; aussi bien me voilà déjà tout habillé en femme.

Mnésiloque.

Je perdrai la vue, à force de regarder et d'attendre, et cet homme ne vient point. Qui peut l'arrêter ? Il aura grand honte quand il trouvera Palamède tout froid. Mais je m'avise d'un nouveau stratagème pour le faire venir. Je vais imiter la nouvelle Hélène ; aussi bien me voilà déjà tout habillé en femme.

Une femme.

Que machines tu ? que regardes tu ? Tu trouveras

Une femme.

Que machines tu ? que regardes tu ? Tu trouveras

en moi une fâcheuse Hélène , si tu ne te tiens en repos, jusqu'à ce qu'il paraisse quelqu'un des Prytanes.

en moi une fâcheuse Hélène , si tu ne te tiens en repos, jusqu'à ce qu'il paraisse quelqu'un des Prytanes.



Mnésiloque en Hélène. Une femme. en Hélène Mnési.

(c) Je vois du fameux Nil les ondes fertiles en jeunes beautés ; ondes, dont Jupiter au lieu de pluie arrose le terroir blanchi d'écume de l'Egypte habitée par un peuple qui use d'une boisson noire.

Mnési.

(c) Je vois du fameux Nil les ondes fertiles en jeunes beautés ; ondes, dont Jupiter au lieu de pluie arrose le terroir blanchi d'écume de l'Egypte habitée par un peuple qui use d'une boisson noire.

Je vois du fameux Nil les ondes fertiles en jeunes beautés ; ondes, dont Jupiter au lieu de pluie arrose le terroir blanchi d'écume de l'Egypte habitée par un peuple qui use d'une boisson noire. La femme.

Par Hécate porte-lumière ! Tu es bien méchante.

La femme.

Par Hécate porte-lumière ! Tu es bien méchante.

Mnési.

Pour moi, j'ai pour patrie une ville qui n'est point obscure ; c'est Sparte ; et Tindare est mon père.

Mnési.

Pour moi, j'ai pour patrie une ville qui n'est point obscure ; c'est Sparte ; et Tindare est mon père.

La femme.

Tindare ? Fripon ! Dis plutot que c'est quelque vaurien vaurien comme Phrynondas .

La femme.

Tindare ? Fripon ! Dis plutot que c'est quelque vaurien vaurien comme Phrynondas .

vaurien Mnési.

Et je m'appelle Hélène .

Mnési.

Et je m'appelle Hélène .

Et je m'appelle Hélène . La femme.

Tu deviens encore femme, avant que d'avoir porté la peine de ta première métamorphose.

La femme.

Tu deviens encore femme, avant que d'avoir porté la peine de ta première métamorphose.

Mnési.

Et tant de grandes âmes ont péri pour l'amour de moi sur les rives du Scamandre.

Mnési.

Et tant de grandes âmes ont péri pour l'amour de moi sur les rives du Scamandre.

Et tant de grandes âmes ont péri pour l'amour de moi sur les rives du Scamandre. La femme.

Que n'y périssais-tu-aussi ?

La femme.

Que n'y périssais-tu-aussi ?

Mnési.

Et moi je suis ici. Mais d'où vient que mon cher et malheureux époux Ménélaus ne

Mnési.

Et moi je suis ici. Mais d'où vient que mon cher et malheureux époux Ménélaus ne

Et moi je suis ici. Mais d'où vient que mon cher et malheureux époux Ménélaus ne

parait point ? Méchants corbeaux, pourquoi me laissez vous encore en vie ? Je sens je ne sais quoi qui me chatouille le cœur. O ! grand Jupiter ! fais que l'espérance que je conçois ne soit point trompeuse.

parait point ? Méchants corbeaux, pourquoi me laissez vous encore en vie ? Je sens je ne sais quoi qui me chatouille le cœur. O ! grand Jupiter ! fais que l'espérance que je conçois ne soit point trompeuse.

parait point ? fais que l'espérance que je conçois ne soit point trompeuse.

Euripide en Ménélas. Mnésiloque en Hélène . La femme. en Ménélas en Hélène Euripide.

Qui règne dans ce superbe palais ? qui sera-ce qui donnera généreusement le couvert à des étrangers fatigués de la tempête, et du naufrage qu'ils ont fait sur les ondes salées ?

Euripide.

Qui règne dans ce superbe palais ? qui sera-ce qui donnera généreusement le couvert à des étrangers fatigués de la tempête, et du naufrage qu'ils ont fait sur les ondes salées ?

Qui règne dans ce superbe palais ? qui sera-ce qui donnera généreusement le couvert à des étrangers fatigués de la tempête, et du naufrage qu'ils ont fait sur les ondes salées ? Mnési.

C'est ici le palais de Protée .

Mnési.

C'est ici le palais de Protée .

Euri.

De quel Protée ?

Euri.

De quel Protée ?

La femme.

Le maudit menteur ! Il y a dix ans que la pauvre Protée est morte.

La femme.

Le maudit menteur ! Il y a dix ans que la pauvre Protée est morte.

Euri.

En quelle région notre esquif est il abordé ?

Euri.

En quelle région notre esquif est il abordé ?

En quelle région notre esquif est il abordé ? Mnési.

En Egypte.

Mnési.

En Egypte.

Euri.

O ! Malheureux ! où sommes nous tombés.

Euri.

O ! Malheureux ! où sommes nous tombés.

La femme.

Est-ce que tu crois ce scélérat qu'on va faire mourir de male mort ? Il se moque de toi. C'est ici le temple de Cérès et de sa fille .

La femme.

Est-ce que tu crois ce scélérat qu'on va faire mourir de male mort ? Il se moque de toi. C'est ici le temple de Cérès et de sa fille .

Euri.

Et Protée est-il ici ? Est-il ailleurs ?

Euri.

Et Protée est-il ici ? Est-il ailleurs ?

La femme.

Il faut, pauvre étranger, que la tempête t'ait renversé la cervelle, pour demander si Protée est à la maison, ou dehors, Protée qui est morte il y a si longtemps.

La femme.

Il faut, pauvre étranger, que la tempête t'ait renversé la cervelle, pour demander si Protée est à la maison, ou dehors, Protée qui est morte il y a si longtemps.

Euri.

Hélas ! la mort l'a donc ravi ? où est son tombeau ?

Euri.

Hélas ! la mort l'a donc ravi ? où est son tombeau ?

Mnési.

Le voici ; nous sommes assises tout auprès.

Mnési.

Le voici ; nous sommes assises tout auprès.

La femme.

Puisses-tu périr mille et mille fois, toi qui oses appeler un autel un tombeau (a) !

La femme.

Puisses-tu périr mille et mille fois, toi qui oses appeler un autel un tombeau (a) !

Euri.

D'où vient, belle Étrangère, que tu es assise auprès de ce monument, la tête couverte d'un voile ?

Euri.

D'où vient, belle Étrangère, que tu es assise auprès de ce monument, la tête couverte d'un voile ?

D'où vient, belle Étrangère, que tu es assise auprès de ce monument, la tête couverte d'un voile ? Mnési.

On veut me forcer à épouser le fils de Protée .

Mnési.

On veut me forcer à épouser le fils de Protée .

On veut me forcer à épouser le fils de Protée . La femme.

Malheureux ! Pourquoi trompes tu cet étranger ? C'est un fripon qui a été surpris ici fourré parmi les femmes, pour leur voler leurs bijoux.

La femme.

Malheureux ! Pourquoi trompes tu cet étranger ? C'est un fripon qui a été surpris ici fourré parmi les femmes, pour leur voler leurs bijoux.

Mnési.

Crie tant que tu voudras et me charge d' injures. [?]

Mnési.

Crie tant que tu voudras et me charge d' injures. [?]

injures. [?] Euri.

Belle Étrangère ! qui est cette vieille qui ne cesse de t'interrompre ?

Euri.

Belle Étrangère ! qui est cette vieille qui ne cesse de t'interrompre ?

Mnési.

Elle ? C'est Théonée fille de Protée .

Mnési.

Elle ? C'est Théonée fille de Protée .

La femme.

Tu en as menti, par les Déesses. Je suis Cotyle fille d' Antithée , du canton de Garguet ; et toi, tu n'es qu'un fripon !

La femme.

Tu en as menti, par les Déesses. Je suis Cotyle fille d' Antithée , du canton de Garguet ; et toi, tu n'es qu'un fripon !

Cotyle Garguet Mnési.

Dis tout ce que tu voudras ; mais sache que je n'épouserai point ton frère. Ce serait trahir mon cher époux Ménélaus qui est au siège de Troie.

Mnési.

Dis tout ce que tu voudras ; mais sache que je n'épouserai point ton frère. Ce serait trahir mon cher époux Ménélaus qui est au siège de Troie.

Dis tout ce que tu voudras ; mais sache que je n'épouserai point ton frère. Ce serait trahir mon cher époux Ménélaus qui est au siège de Troie. Euri.

Femme ! que dis tu ? tourne vers moi tes yeux brillants.

Euri.

Femme ! que dis tu ? tourne vers moi tes yeux brillants.

Mnési.

J'ai honte de te regarder, après m'être défiguré les joues de peur de plaire au fils de Protée .

Mnési.

J'ai honte de te regarder, après m'être défiguré les joues de peur de plaire au fils de Protée .

J'ai honte de te regarder, après m'être défiguré les joues de peur de plaire au fils de Protée . Euri.

Que vois je ? Je me sens interdit. O ! Dieux ! Est ce une apparition ? Qui es tu ?

Euri.

Que vois je ? Je me sens interdit. O ! Dieux ! Est ce une apparition ? Qui es tu ?

Que vois je ? Je me sens interdit. O ! Dieux ! Est ce une apparition ? Qui es tu ? Mnési.

Et toi-même, qui es tu ? Car un pareil étonnement nous a surpris tous deux.

Mnési.

Et toi-même, qui es tu ? Car un pareil étonnement nous a surpris tous deux.

Euri.

Es tu de Grèce, ou de ces contrées ?

Euri.

Es tu de Grèce, ou de ces contrées ?

Es tu de Grèce, ou de ces contrées ? Mnési.

Je suis Grecque ; mais toi, je veux aussi te connaitre.

Mnési.

Je suis Grecque ; mais toi, je veux aussi te connaitre.

Euri.

Je n'ai jamais rien vu de plus ressemblant à Hélène .

Euri.

Je n'ai jamais rien vu de plus ressemblant à Hélène .

Je n'ai jamais rien vu de plus ressemblant à Hélène . Mnési.

Ni moi, rien qui ressemble mieux à Ménélaus (par les sourcils).

Mnési.

Ni moi, rien qui ressemble mieux à Ménélaus (par les sourcils).

Euri.

Tu connais le plus misérable de tous les hommes.

Euri.

Tu connais le plus misérable de tous les hommes.

Tu connais le plus misérable de tous les hommes. Mnési.

O ! Cher mari, si longtemps attendu par ta fidèle épouse ! que tu viens à propos pour me délivrer ! Prends moi, prends moi, donne moi tes bras, permets

Mnési.

O ! Cher mari, si longtemps attendu par ta fidèle épouse ! que tu viens à propos pour me délivrer ! Prends moi, prends moi, donne moi tes bras, permets

que je t'embrasse ; emmène, emmène moi d'ici sans différer d'un instant.

que je t'embrasse ; emmène, emmène moi d'ici sans différer d'un instant.

La femme.

Quiconque entreprendra de t'emmener s'en repentira, par les deux Déesses, tant il [?] aura des coups de flambeau.

La femme.

Quiconque entreprendra de t'emmener s'en repentira, par les deux Déesses, tant il [?] aura des coups de flambeau.

il [?] Euri.

Quoi ? Tu m'empêcheras d'emmener à Sparte ma femme, la fille de Tindare ?

Euri.

Quoi ? Tu m'empêcheras d'emmener à Sparte ma femme, la fille de Tindare ?

La femme.

Il me semble que tu ne vaut pas mieux que l'autre, et que tu es du complot. Je comprends à présent ce que voulait dire tout ce galimathias d’ Égypte. Mais sache que celui que tu voulais délivrer, sera puni, car je vois venir le Prytane avec un archer.

La femme.

Il me semble que tu ne vaut pas mieux que l'autre, et que tu es du complot. Je comprends à présent ce que voulait dire tout ce galimathias d’ Égypte. Mais sache que celui que tu voulais délivrer, sera puni, car je vois venir le Prytane avec un archer.

Euri.

Cela ne vaut rien ; je me retire.

Euri.

Cela ne vaut rien ; je me retire.

Mnési.

Et moi, malheureux que je suis, que deviendrai je ?

Mnési.

Et moi, malheureux que je suis, que deviendrai je ?

Euri.

Prends patience, et ne t'inquiète nullement. Je ne t'abandonnerai point, pendant que j'aurai un souffle de vie.

Euri.

Prends patience, et ne t'inquiète nullement. Je ne t'abandonnerai point, pendant que j'aurai un souffle de vie.

La femme.

Le pêcheur a perdu sa peine ; il n'y a rien de pris à cette ligne.

La femme.

Le pêcheur a perdu sa peine ; il n'y a rien de pris à cette ligne.



Le Prytane. Mnésiloque . La femme. Le Prytane.

Voilà donc le scélérat dont Clisthène nous a parlé ! Ho ! l'homme de bien ! pourquoi

Le Prytane.

Voilà donc le scélérat dont Clisthène nous a parlé ! Ho ! l'homme de bien ! pourquoi

baisses- tu la tête ? Archer ! qu'on le saisisse, qu'on le lie à une planche, et qu'on l'expose là. Ne le quitte point, et, armé d'un bon nerf de bœuf, donne sur tous ceux qui oseront s'en approcher.

baisses- tu la tête ? Archer ! qu'on le saisisse, qu'on le lie à une planche, et qu'on l'expose là. Ne le quitte point, et, armé d'un bon nerf de bœuf, donne sur tous ceux qui oseront s'en approcher.

tu La femme.

C'est bien dit ; car il est venu un drille marin qui a pensé me l'enlever.

La femme.

C'est bien dit ; car il est venu un drille marin qui a pensé me l'enlever.

drille marin Mnési.

Monseigneur le Prytane ! au nom de cette main droite que vous savez si bien plier pour prendre l'argent qu'on vous donne ; faites une légère faveur à un malheureux qui va mourir.

Mnési.

Monseigneur le Prytane ! au nom de cette main droite que vous savez si bien plier pour prendre l'argent qu'on vous donne ; faites une légère faveur à un malheureux qui va mourir.

Monseigneur le Prytane Le Pry.

De quoi s'agit il ?

Le Pry.

De quoi s'agit il ?

Mnési.

Commandez à l'archer de me dépouiller tout nu, et de me lier de cette sorte contre la planche ; afin qu'un vieillard tel que je le suis ne soit point exposé avec des habits de femme à la risée des corbeaux à qui je dois donner à souper.

Mnési.

Commandez à l'archer de me dépouiller tout nu, et de me lier de cette sorte contre la planche ; afin qu'un vieillard tel que je le suis ne soit point exposé avec des habits de femme à la risée des corbeaux à qui je dois donner à souper.

Le pry.

Le conseil a ordonné que tu fusses exposé avec tous ces habits, afin que ton impudence soit connue de tout le monde.

Le pry.

Le conseil a ordonné que tu fusses exposé avec tous ces habits, afin que ton impudence soit connue de tout le monde.

Mnési.

O ! Jupes détestables ! quel affront me faites vous ! O ! Désespoir !

Mnési.

O ! Jupes détestables ! quel affront me faites vous ! O ! Désespoir !



Le Chœur.

Avançons. C'est à nous autres femmes de marquer

Le Chœur.

Avançons. C'est à nous autres femmes de marquer

la cadence par nos pas mesurés dans ces vénérables orgies consacrées aux Déesses, fêtes que Pauson célèbre religieusement en jeûnant et demandant dans ses vœux le plus ardents de les revoir souvent. Avancez. Reculez. Que ces pieds légers marquent un cercle parfait ; que les mains entrelacées ne se quittent point ; que l'on danse avec vitesse et que chacune ait l’œil sur toutes les autres pour le maintien de la cadence, et de la bonne grace. Chantez aussi les Dieux du ciel, et les célébrez avec la sainte fureur qui convient à une danse religieuse. Si quelqu'un s'attend que des femmes qui sont occupées à un acte de religion s'arrêtent à dire du mal des hommes, il se trompe. Mais il faut, par une nouveauté agréable, arréter les pas de ce chœur arrondi. Avance. Célèbre les louanges du Dieu de l'harmonie, et d' Artemis la chasseresse, la chaste reine. Honneur à celui qui lance ses traits si loin. O ! Dieu ! donne nous la victoire. Chantons aussi la parfaite Junon , puisqu'elle préside aux chœurs, et tient les clés du mariage. Honorons aussi Mercure berger, Pan , les nymphes ses amies, et les prions de marquer leur approbation par leurs ris. Dansons, femmes, dansons ; mais jeûnons aussi. C'est assez. Retourne en cadence et que le pied dansant en rond marque tous les mouvements de la symphonie. Seigneur Bacchus , couronné de lierres ! conduis nous et nous chanterons dans nos chœurs : vive

la cadence par nos pas mesurés dans ces vénérables orgies consacrées aux Déesses, fêtes que Pauson célèbre religieusement en jeûnant et demandant dans ses vœux le plus ardents de les revoir souvent. Avancez. Reculez. Que ces pieds légers marquent un cercle parfait ; que les mains entrelacées ne se quittent point ; que l'on danse avec vitesse et que chacune ait l’œil sur toutes les autres pour le maintien de la cadence, et de la bonne grace. Chantez aussi les Dieux du ciel, et les célébrez avec la sainte fureur qui convient à une danse religieuse. Si quelqu'un s'attend que des femmes qui sont occupées à un acte de religion s'arrêtent à dire du mal des hommes, il se trompe. Mais il faut, par une nouveauté agréable, arréter les pas de ce chœur arrondi. Avance. Célèbre les louanges du Dieu de l'harmonie, et d' Artemis la chasseresse, la chaste reine. Honneur à celui qui lance ses traits si loin. O ! Dieu ! donne nous la victoire. Chantons aussi la parfaite Junon , puisqu'elle préside aux chœurs, et tient les clés du mariage. Honorons aussi Mercure berger, Pan , les nymphes ses amies, et les prions de marquer leur approbation par leurs ris. Dansons, femmes, dansons ; mais jeûnons aussi. C'est assez. Retourne en cadence et que le pied dansant en rond marque tous les mouvements de la symphonie. Seigneur Bacchus , couronné de lierres ! conduis nous et nous chanterons dans nos chœurs : vive

Seigneur

Bacchus ! Vive le fils de Sémèle , qui se plait à danser aux chansons avec les nymphes sur les montagnes, pendant que les échos du cithéron retentissent du bruit, que les sombres forets en frémissent, que le collines pierreuses en tremblent, et que le lierre entortillé autour de ta tête semble pousser des rejetons verdoyants.

Bacchus ! Vive le fils de Sémèle , qui se plait à danser aux chansons avec les nymphes sur les montagnes, pendant que les échos du cithéron retentissent du bruit, que les sombres forets en frémissent, que le collines pierreuses en tremblent, et que le lierre entortillé autour de ta tête semble pousser des rejetons verdoyants.



Un archer . Mnésiloque . L'archer.

Toi faire ton pleureman là, tout à ton quemodité, à l'air.

L'archer.

Toi faire ton pleureman là, tout à ton quemodité, à l'air.

Mnési.

Archer ! Je t'en prie.

Mnési.

Archer ! Je t'en prie.

L'archer.

Toi point prier moi.

L'archer.

Toi point prier moi.

Mnési.

Lâche un peu la cheville.

Mnési.

Lâche un peu la cheville.

L'archer.

Si n'aitre pas un temante pien crant.

L'archer.

Si n'aitre pas un temante pien crant.

Mnési.

Ahi ! Malheureux ! tu serres encore davantage !

Mnési.

Ahi ! Malheureux ! tu serres encore davantage !

L'archer

Toi li fouloir encore pû tur ?

L'archer

Toi li fouloir encore pû tur ?

Mnési.

Ahi ! ahi ! puisses tu périr !

Mnési.

Ahi ! ahi ! puisses tu périr !

L'ar.

Toi foulle poin taire ton queule, tiaple te fieux ? Toi attendra pien moi là, que je fasse venir sur mon dos mon paillasse, pour carter toi.

L'ar.

Toi foulle poin taire ton queule, tiaple te fieux ? Toi attendra pien moi là, que je fasse venir sur mon dos mon paillasse, pour carter toi.

Mnési.

Voilà ce que me vaut Euripide ; o ! Dieux !

Mnési.

Voilà ce que me vaut Euripide ; o ! Dieux !

Jupiter sauv sauveur ! je vois luire un rayon d'espoir. Cet homme ne m'abandonnera pas. Il me fait signe qu'il va paraitre en Persée . c'est à dire qu'il faut que je devienne Andromède . J'en ai déjà les liens. Il paraît qu'il vient pour me délivrer, car il ne va pas plus loin.

sauv

Euripide en Persée. Mnésiloque en Andromède . en Persée en Andromède Euri.

Aimables et chères nymphes ! comment pourrai-je approcher et surprendre le Scythe ? O ! toi dont les regards pénètrent au fond des antres pour voir ce qu'y font tes Nymphes , Sois-moi favorable, o ! Diane ! et laisse moi approcher de cette femme malheureuse.

Euri.

Aimables et chères nymphes ! comment pourrai-je approcher et surprendre le Scythe ? O ! toi dont les regards pénètrent au fond des antres pour voir ce qu'y font tes Nymphes , Sois-moi favorable, o ! Diane ! et laisse moi approcher de cette femme malheureuse.

tant [?]
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310

(a) Le poète raille sur ce qu' Euripide aura dit en quelqu'endroit : Il est inutile de vous dire ce que vous allez voir dans un moment

Mnésiloque , Euripide . Mnésiloque.

O ! Jupiter ! entendra-t-on bientôt gazouiller les Hirondelles ? Cet homme me tue, en me faisant roder dès la pointe du jour. Sera-t-il permis, avant que j'aie perdu toute ma rate à force de courir, de savoir de toi, mon cher Euripide , où tu me mènes ?

Euripide.

Il est inutile que tu entendes ce que tu dois voir tout à l'heure.

Mnési.

Dis-le encore une fois, que je comprenne (a) . Je ne dois pas entendre …...

Euri.

Ce que tu dois voir tout à l'heure.

Mnési.

Il ne faudrait donc pas non plus, que je visse.

Euri.

Ce que tu devrais entendre ? Non.

Mnesi.

Que dis-tu là ? Cela est si subtil que je n'y entends pas. Et ce que tu veux, que je ne voie ni n'entende à cause que l'un et l'autre sont incompatibles?

Euri.

Cela est vrai.

Mnési.

Comment donc ?

Euri.

Il y a longtemps que ces deux choses sont distinguées. Quand la masse de l'air commença à se débrouiller, et les animaux à se mouvoir dans les espaces imaginaires, le premier trou qui

Μνησίλοχος ὦ Ζεῦ χελιδὼν ἆρά ποτε φανήσεται; ἀπολεῖ μʼ ἀλοῶν ἅνθρωπος ἐξ ἑωθινοῦ. οἷόν τε, πρὶν τὸν σπλῆνα κομιδῇ μʼ ἐκβαλεῖν, παρὰ σοῦ πυφέσθαι ποῖ μʼ ἄγεις ωὖριπίδη; Εὐριπίδης ἀλλʼ οὐκ ἀκούειν δεῖ σε πάνθʼ ὅσʼ αὐτίκα ὄψει παρεστώς. Μνησίλοχος πῶς λέγεις; αὖθις φράσον. οὐ δεῖ μʼ ἀκούειν; Εὐριπίδης οὐχ ἅ γʼ ἂν μέλλῃς ὁρᾶν. Μνησίλοχος οὐδʼ ἆρʼ ὁρᾶν δεῖ μʼ; Εὐριπίδης οὐχ ἅ γʼ ἂν ἀκούειν δέῃ. Μνησίλοχος πῶς μοι παραινεῖς; δεξιῶς μέντοι λέγεις. οὐ φῂς σὺ χρῆναί μʼ οὔτʼ ἀκούειν οὔθʼ ὁρᾶν; Εὐριπίδης χωρὶς γὰρ αὐτοῖν ἑκατέρου ʼστὶν ἡ φύσις. Μνησίλοχος τοῦ μήτʼ ἀκούειν μήθʼ ὁρᾶν; Εὐριπίδης εὖ ἴσθʼ ὅτι. Μνησίλοχος πῶς χωρίς; Εὐριπίδης οὕτω ταῦτα διεκρίθη τότε. αἰθὴρ γὰρ ὅτε τὰ πρῶτα διεχωρίζετο καὶ ζᾦʼ ἐν αὑτῷ ξυνετέκνου κινούμενα,
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311

fut fait, fut celui par où l'on doit voir, c'est à dire l’œil, qui fut placé dans la tête comme le soleil du corps ; après cela fut percé le trou par où l'on devait entendre, et l'oreille y fut plaquée comme un entonnoir.

Mnési.

Voilà un entonnoir qui est cause que je ne vois, ni j'entends. J'ai pourtant bien du plaisir d'apprendre tant de belles choses. Ce que c'est que de hanter les savants !

Euri.

Je t'en apprendrai bien d'autres.

Mnési.

Comment donc ?

Euri.

Outre tant de bonnes choses, je t'apprendrais encore une subtile invention, au moyen de laquelle tu ne clocherais plus. Viens çà, et m'écoute attentivement.

Mnési.

Me voilà.

Euri.

Vois-tu cette porte ?

Mnési.

Il m'est avis, par Hercule , que oui.

Euri.

Tais toi donc.

Mnési.

Je me tais. Eh ! bien, cette porte ?

Euri.

Écoute.

Mnési.

J'entends et je me tais. Cette porte ?

ᾧ μὲν βλέπειν χρὴ πρῶτʼ ἐμηχανήσατο ὀφθαλμὸν ἀντίμιμον ἡλίου τροχῷ, ἀκοῇ δὲ χοάνην ὦτα διετετρήνατο. Μνησίλοχος διὰ τὴν χοάνην οὖν μήτʼ ἀκούω μήθʼ ὁρῶ; νὴ τὸν Δίʼ ἥδομαί γε τουτὶ προσμαθών. οἷόν γέ που ʼστιν αἱ σοφαὶ ξυνουσίαι. Εὐριπίδης πόλλʼ ἂν μάθοις τοιαῦτα παρʼ ἐμοῦ. Μνησίλοχος πῶς ἂν οὖν πρὸς τοῖς ἀγαθοῖς τούτοισιν ἐξεύροιμʼ ὅπως ἔτι προσμάθοιμι χωλὸς εἶναι τὼ σκέλει; Εὐριπίδης βάδιζε δευρὶ καὶ πρόσεχε τὸν νοῦν. Μνησίλοχος ἰδού. Εὐριπίδης ὁρᾷς τὸ θύριον τοῦτο; Μνησίλοχος νὴ τὸν Ἡρακλέα οἶμαί γε. Εὐριπίδης σίγα νυν. Μνησίλοχος σιωπῶ τὸ θύριον; Εὐριπίδης ἄκουʼ. Μνησίλοχος ἀκούω καὶ σιωπῶ τὸ θύριον;
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312

Euri.

C'est là que demeure le fameux Agathon poète tragique.

Mnési.

Quel Agathon ? Est-ce le noir, le vigoureux Agathon ?

Euri.

Non. C'en est un autre. Ne l'as tu jamais vu ?

Mnési.

Est ce l' Agathon qui a cette barbe épaisse et touffue ?

Euri.

Non. Ne l'as-tu jamais vu celui que je veux dire ?

Mnési.

Non, par ma foi, que je sache.

Euri.

Tu ne l'as point vu ? Je gage que tu as couché avec lui et joui de ses faveurs ; mais ne t'en souviens pas. Frappons à la porte. Je vois son valet qui sort avec du feu et des couronnes de myrte, comme pour faire un sacrifice poétique.



Le valet d'Agathon . Mnésiloque . Euripide . Le valet.

Que tout le peuple ferme la bouche et fasse silence. Le sacré cœur des Muses est occupé dans la maison de mon maître, à faire des vers. Que l'air tranquille retienne l'haleine des vents. que les flots verdoyans de la mer ne fassent point le moindre bruit.

Mnési.

Peste !

Εὐριπίδης ἐνταῦθʼ Ἀγάθων ὁ κλεινὸς οἰκῶν τυγχάνει ὁ τραγῳδοποιός. Μνησίλοχος ποῖος οὗτος Ἁγάθων; Εὐριπίδης ἔστιν τις Ἀγάθων— Μνησίλοχος μῶν ὁ μέλας ὁ καρτερός; Εὐριπίδης οὔκ, ἀλλʼ ἕτερός τις· οὐχ ἑόρακας πώποτε; Μνησίλοχος μῶν ὁ δασυπώγων; Εὐριπίδης οὐχ ἑόρακας πώποτε; Μνησίλοχος μὰ τὸν Δίʼ οὔτοι γʼ ὥστε καί μέ γʼ εἰδέναι. Εὐριπίδης καὶ μὴν βεβίνηκας σύ γʼ, ἀλλʼ οὐκ οἶσθʼ ἴσως. ἀλλʼ ἐκποδὼν πτήξωμεν, ὡς ἐξέρχεται θεράπων τις αὐτοῦ πῦρ ἔχων καὶ μυρρίνας· προθυσόμενος ἔοικε τῆς ποιήσεως. Θεράπων εὔφημος πᾶς ἔστω λαός, στόμα συγκλῄσας· ἐπιδημεῖ γὰρ θίασος Μουσῶν ἔνδον μελάθρων τῶν δεσποσύνων μελοποιῶν. ἐχέτω δὲ πνοὰς νήνεμος αἰθήρ, κῦμα δὲ πόντου μὴ κελαδείτω γλαυκόν· Μνησίλοχος βομβάξ.
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313

Euri.

Tais-toi. Tu parles ?

Le va.

Dormez oiseaux, petits et grands. Que les pieds des bêtes féroces qui habitent les forêts demeurent enchainés par le repos.

Mnési.

Malapeste !

Le va.

Le fameux versificateur Agathon mon maître s'en va....

Mnési.

Se faire faire.

Le va.

Qu'ai je entendu ?

Mnési.

L'air tranquille.

Le val

...poser les fondements d'un poème nouveau, et mettre ses vers au tour, les coller, former former des sentences et des antonomases, jeter des pensées nouvelles en moule, les arrondir, les fondre au creuset.

Mnési.

Et les...

Le va.

Qui est ce mortel grossier qui s'approche de nos balustres ?

Mnési.

Un homme tout prêt à monter sur le dos de ton maitre le beau versificateur, et sur le tien, et à vous faire éprouver à tous deux comme je sais jeter en moule.

Εὐριπίδης σίγα. Μνησίλοχος τι λέγει; Θεράπων πτηνῶν τε γένη κατακοιμάσθω, θηρῶν τʼ ἀγρίων πόδες ὑλοδρόμων μὴ λυέσθων. Μνησίλοχος βομβαλοβομβάξ. Θεράπων μέλλει γὰρ ὁ καλλιεπὴς Ἀγάθων πρόμος ἡμέτερος— Μνησίλοχος μῶν βινεῖσθαι; Θεράπων τίς ὁ φωνήσας; Μνησίλοχος νήνεμος αἰθήρ. Θεράπων δρυόχους τιθέναι δράματος ἀρχάς. κάμπτει δὲ νέας ἁψῖδας ἐπῶν, τὰ δὲ τορνεύει, τὰ δὲ κολλομελεῖ, καὶ γνωμοτυπεῖ κἀντονομάζει καὶ κηροχυτεῖ καὶ γογγύλλει καὶ χοανεύει. Μνησίλοχος καὶ λαικάζει. Θεράπων τίς ἀγροιώτας πελάθει θριγκοῖς; Μνησίλοχος ὃς ἕτοιμος σοῦ τοῦ τε ποιητοῦ τοῦ καλλιεποῦς κατὰ τοῦ θριγκοῦ συγγογγύλας καὶ συστρέψας τουτὶ τὸ πέος χοανεῦσαι.
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314

(b) Il s'ensuit de là que les Thesmophories duraient 5 jours.

Le va.

Voilà un vieillard bien insolent, pour son âge.

Euri.

Crois moi, laisse le ; et me fais venir ton maître à quelque prix que ce soit.

Le va.

Ne te donne point la peine de m'en prier ; il sortira bientôt de lui-même, et pour cause ; parce qu'il a commencé un poème, et comme nous sommes en hiver, il ne peut plier ses vers s'il ne les met un peu au Soleil.

Mnési.

Et moi que ferai-je donc ?

Euri.

Attends. Le voilà qui sort.

Mnési.

O ! Jupiter ! que veut-il donc faire de moi aujourd'hui ? Au nom des Dieux, je veux le savoir. Qu'est-ce que tout ceci ? D'où vient que tu soupires ? Qu'as-tu ? Ne me le cache point, à moi qui suis ton beau frère.

Euri.

C'est un mauvais tour qu'on me prépare demain.

Mnési.

Mais comme quoi ?

Euri.

On va juger aujourd'hui si Euripide doit vivre ou mourir.

Mnési.

Comment cela ? Les tribunaux sont fermés, le conseil ne se tient point ; c'est aujourd'hui le troisième jour des Thesmophories (b) , le beau

Θεράπων ἦ που νέος γʼ ὢν ἦσθʼ ὑβριστὴς ὦ γέρον. Εὐριπίδης ὦ δαιμόνιε τοῦτον μὲν ἔα χαίρειν, σὺ δὲ Ἀγάθωνά μοι δεῦρʼ ἐκκάλεσον πάσῃ τέχνῃ. Θεράπων μηδὲν ἱκέτευʼ· αὐτὸς γὰρ ἔξεισιν τάχα. καὶ γὰρ μελοποιεῖν ἄρχεται· χειμῶνος οὖν ὄντος κατακάμπτειν τὰς στροφὰς οὐ ῥᾴδιον, ἢν μὴ προίῃ θύρασι πρὸς τὸν ἥλιον. Εὐριπίδης τί οὖν ἐγὼ δρῶ; Θεράπων περίμενʼ, ὡς ἐξερχεται. Εὐριπίδης ὦ Ζεῦ τί δρᾶσαι διανοεῖ με τήμερον; Μνησίλοχος νὴ τοὺς θεοὺς ἐγὼ πυθέσθαι βούλομαι τί τὸ πρᾶγμα τουτί. τί στένεις; τί δυσφορεῖς; οὐ χρῆν σε κρύπτειν ὄντα κηδεστὴν ἐμόν. Εὐριπίδης ἔστιν κακόν μοι μέγα τι προπεφυραμένον. Μνησίλοχος ποῖόν τι; Εὐριπίδης τῇδε θἠμέρᾳ κριθήσεται εἴτʼ ἔστʼ ἔτι ζῶν εἴτʼ ἀπόλωλʼ Εὐριπίδης. Μνησίλοχος καὶ πῶς; ἐπεὶ νῦν γʼ οὔτε τὰ δικαστήρια μέλλει δικάζειν οὔτε βουλῆς ἐσθʼ ἕδρα, ἐπεὶ τρίτη ʼστὶ Θεσμοφορίων ἡ μέση.
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315

(c) Ce gâteau appelé Pyramus, était fait de miel bouilli et de blé rôti, et se donnait comme un prix à ceux qui dans les festins avaient passé la nuit sans dormir.

milieu de la fête.

Euri.

C'est cela même qui me fait trembler pour ma vie ; car les femmes, qui m'en veulent, doivent, à l'occasion de la fête de Cérès et de sa fille , s'assembler aujourd'hui contre moi !

Mnési.

Et pourquoi cela ?

Euri.

Parce que je parle mal des femmes dans mes tragédies.

Mnési.

Par Neptune ! Tu n'aurais que ce que tu merites mérites. Mais qu'attends-tu de ce demi-homme ?

Euri.

Je veux essayez essayer de persuader au poète Agathon de se fourrer parmi les femmes à cette fête.

Mnési.

Pourquoi fa Pourquoi faire ? je t'en prie.

Euri.

Pour être de l'assemblée avec elles, et parler pour moi, s'il le faut.

Mnési.

Comment cela ? Tout à découvert, ou secrètement ?

Euri.

En cachette, déguisé sous un habit de femme.

Mnési.

L'invention est jolie, et tout à fait de toi. Car en matière de subtilité, le gâteau (c) est à nous.

Euri.

Tais-toi.

Mnési.

D'où vient ?

Εὐριπίδης τοῦτʼ αὐτὸ γὰρ τοι κἀπολεῖν με προσδοκῶ. αἱ γὰρ γυναῖκες ἐπιβεβουλεύκασί μοι κἀν Θεσμοφόροιν μέλλουσι περί μου τήμερον ἐκκλησιάζειν ἐπʼ ὀλέθρῳ. Μνησίλοχος τιὴ τί δή; Εὐριπίδης ὁτιὴ τραγῳδῶ καὶ κακῶς αὐτὰς λέγω. Μνησίλοχος νὴ τὸν Ποσειδῶ καὶ δίκαιά γʼ ἂν πάθοις. ἀτὰρ τίνʼ ἐκ τούτων σὺ μηχανὴν ἔχεις; Εὐριπίδης Ἀγάθωνα πεῖσαι τὸν τραγῳδοδιδάσκαλον ἐς Θεσμοφόροιν ἐλθεῖν. Μνησίλοχος τί δράσοντʼ; εἰπέ μοι. Εὐριπίδης ἐκκλησιάσοντʼ ἐν ταῖς γυναιξὶ κἂν δέῃ λέξονθʼ ὑπὲρ ἐμοῦ. Μνησίλοχος πότερα φανερῶς ἢ λάθρᾳ; Εὐριπίδης λάθρᾳ, στολὴν γυναικὸς ἠμφιεσμένον. Μνησίλοχος τὸ πρᾶγμα κομψὸν καὶ σφόδρʼ ἐκ τοῦ σοῦ τρόπου· τοῦ γὰρ τεχνάζειν ἡμέτερος ὁ πυραμοῦς. Εὐριπίδης σίγα. Μνησίλοχος τί δʼ ἔστιν;
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Euri.

Le voilà qui sort.

Mnési.

Où est-il ?

Euri.

Ne le vois tu pas avec cette robe de chambre chamarrée de pourpre ?

Mnési.

Il faut que je sois aveugle, car en vérité je ne vois point d'homme ici. Je n'aperçois qu'une espèce de catin, comme qui dirait la fameuse Cyrène à douze postures.

Euri.

Tais toi. Je l'entends qui prélude en fredonnant.

Mnési.

Il ne chantera que les sentiers des fourmis, ou quelque chose de semblable avec son petit fil de voix.



Agathon . Le chœur . Agathon

Filles ! Prenez en main la lampe consacrée à la aux déesses de là bas. Chantez et dansez avec votre patrie si jalouse de sa liberté.

Le chœur.

Auquel des Dieux s'adresse cet hymne ? Apprends-le moi. Je pense que tu les honores comme tu le dois.

Aga.

Allons muse , dépêche-toi d'armer Phébus le maitre des flèches d'or, qui a raffermi les contrées qu'arrose le Simoïs.

Le ch.

Recois agréablement ces belles chansons, ô

Εὐριπίδης Ἁγάθων ἐξέρχεται. Μνησίλοχος καὶ ποῖός ἐστιν; Εὐριπίδης οὗτος οὑκκυκλούμενος. Μνησίλοχος ἀλλʼ ἢ τυφλὸς μέν εἰμʼ· ἐγὼ γὰρ οὐχ ὁρῶ ἄνδρʼ οὐδένʼ ἐνθάδʼ ὄντα, Κυρήνην δʼ ὁρῶ. Εὐριπίδης σίγα· μελῳδεῖν γὰρ παρασκευάζεται. Μνησίλοχος μύρμηκος ἀτραπούς, ἢ τί διαμινύρεται; Ἀγάθων ἱερὰν χθονίαις δεξάμεναι λαμπάδα κοῦραι ξὺν ἐλευθέρᾳ πατρίδι χορεύσασθε βοάν. Χορὸς Ἀγάθωνος τίνι δαιμόνων ὁ κῶμος; λέγε νυν. εὐπίστως δὲ τοὐμὸν δαίμονας ἔχει σεβίσαι. Ἀγάθων ἄγε νυν ὄλβιζε Μοῦσα χρυσέων ῥύτορα τόξων Φοῖβον, ὃς ἱδρύσατο χώρας γύαλα Σιμουντίδι γᾷ. Χορὸς Ἀγάθωνος χαῖρε καλλίστας ἀοιδᾶς
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Phébus ! Toi qui remportes toujours le prix sacré dans les combats de l'harmonie.

Aga.

Célébrez aussi la farouche Artemis , pucelle qui fréquente les monts engendre-chênes.

Le ch.

Je chante volontiers la vénérable géniture de Latone , la chaste Diane .

Aga.

Chantez Latone , et d'un pied régulièrement irrégulier, dansez au son des instruments asiatiques, avec cette bonne grâce naturelle aux Phrygiens.

Le ch.

J'honore la reine Latone , en accompagnant d'une voix savante la lyre mère des hymnes. Voilà le feu qui sort de ses yeux divins, excité par nos cris subits. Que tout le monde respecte Phébus ; honneur à l'heureux fils de Latone . Que fais-tu là, vieillard ? Tu chantes bien lamentablement.



Mnésiloque . Agathon . Euripide . Mnési.

Quelle est douce, cette chanson ! Venez Vénérables Déesses qui présidez à l'enfantement ! Qu'elle est féminine ! Qu'elle est molle ! Qu'elle est joliment faite ! Je jure qu'au moment que je l'ai entendue, j'en ai ressenti un prurit délicieux. Et toi, mon enfant, je veux te demander, en parodiant la Lycurgie d' Eschyle : De quel pays est cette femme ? Quel habit est-ce là ? Comment vis-tu ? Qu'a de commun la lyre avec l'habit de

Φοῖβʼ ἐν εὐμούσοισι τιμαῖς γέρας ἱερὸν προφέρων. Ἀγάθων τάν τʼ ἐν ὄρεσι δρυογόνοισι κόραν ἀείσατʼ Ἄρτεμιν ἀγροτέραν. Χορὸς Ἀγάθωνος ἕπομαι κλῄζουσα σεμνὸν γόνον ὀλβίζουσα Λατοῦς Ἄρτεμιν ἀπειρολεχῆ. Ἀγάθων Λατώ τε κρούματά τʼ Ἀσιάδος ποδὶ †παράρυθμʼ εὔρυθμα Φρυγίων διανεύματα Χαρίτων†. Χορὸς Ἀγάθωνος σέβομαι Λατώ τʼ ἄνασσαν κίθαρίν τε ματέρʼ ὕμνων ἄρσενι βοᾷ δόκιμον, τᾷ φάος ἔσσυτο δαιμονίοις θεοῦ ὄμμασιν ἁμετέρας τε διʼ αἰφνιδίου ὀπός. ὧν χάριν ἄνακτʼ ἄγαλλε Φοῖβον τιμᾷ. χαῖρʼ ὄλβιε παῖ Λατοῦς. Μνησίλοχος ὡς ἡδὺ τὸ μέλος ὦ πότνιαι Γενετυλλίδες καὶ θηλυδριῶδες καὶ κατεγλωττισμένον καὶ μανδαλωτόν, ὥστʼ ἐμοῦ γʼ ἀκροωμένου ὑπὸ τὴν ἕδραν αὐτὴν ὑπῆλθε γάργαλος. καί σʼ ὦ νεανίσχʼ ὅστις εἶ, κατʼ Αἰσχύλον ἐκ τῆς Λυκουργείας ἐρέσθαι βούλομαι. ποδαπὸς ὁ γύννις; τίς πάτρα; τίς ἡ στολή; τίς ἡ τάραξις τοῦ βίου; τί βάρβιτος
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de femme, l'archet avec la coiffe, la lampe de cabinet avec le ruban de Tête, le miroir avec l'épée ? Qui es tu, mon fils, ou ma fille ? T'a-t-on nourri nourri pour homme ? Mais si cela est, où est ton chose? Où est ta casaque ? Où sont tes gros souliers. Mais si tu es une femme, où sont tes tétons ? Que dis-tu ? Pourquoi gardes tu le silence ? Faut il que je devine par ton chant qui tu es ? Puisque tu ne veux point parler.

Aga.

O ! Vieillard ! Vieillard ! J'entends fort bien toutes les impertinences odieuses que tu me dis ; mais je m'en moque. Je porte un habit conforme à mes idées. Car il faut qu'un poète acco m mode ses mœurs aux pièces qu'il compose. Ainsi, quand on met les femmes sur la scène, il faut que qu' comme on a des femmes dans l'esprit, on les représente aussi dans les habillements.

Mnési.

Si bien que quand tu représenteras Phèdre , il faudra que tu aies le cul chaud comme elle ?

Aga.

Quand nous représentons les hommes, nous avons en nous mêmes tout ce qu'il faut pour y réussir ; mais quand on a des rôles de femmes à traiter, encore faut il s'aider de quelque chose.

Mnési.

Ainsi, quand tu feras des rôles de Satyre , appelle moi, je fournirai la queue, en me

λαλεῖ κροκωτῷ; τί δὲ λύρα κεκρυφάλῳ; τί λήκυθος καὶ στρόφιον; ὡς οὐ ξύμφορον. τίς δαὶ κατόπτρου καὶ ξίφους κοινωνία; τίς δʼ αὐτὸς ὦ παῖ; πότερον ὡς ἀνὴρ τρέφει; καὶ ποῦ πέος; ποῦ χλαῖνα; ποῦ Λακωνικαί; ἀλλʼ ὡς γυνὴ δῆτʼ· εἶτα ποῦ τὰ τιτθία; τί φῄς; τί σιγᾷς; ἀλλὰ δῆτʼ ἐκ τοῦ μέλους ζητῶ σʼ, ἐπειδή γʼ αὐτὸς οὐ βούλει φράσαι; Ἀγάθων ὦ πρέσβυ πρέσβυ, τοῦ φθόνου μὲν τὸν ψόγον ἤκουσα, τὴν δʼ ἄλγησιν οὐ παρεσχόμην· ἐγὼ δὲ τὴν ἐσθῆθʼ ἅμα γνώμῃ φορῶ. χρὴ γὰρ ποιητὴν ἄνδρα πρὸς τὰ δράματα ἃ δεῖ ποιεῖν πρὸς ταῦτα τοὺς τρόπους ἔχειν. αὐτίκα γυναικεῖʼ ἢν ποιῇ τις δράματα, μετουσίαν δεῖ τῶν τρόπων τὸ σῶμʼ ἔχειν. Μνησίλοχος οὐκοῦν κελητίζεις, ὅταν Φαίδραν ποιῇς; Ἀγάθων ἀνδρεῖα δʼ ἢν ποιῇ τις, ἐν τῷ σώματι ἔνεσθʼ ὑπάρχον τοῦθʼ. ἃ δʼ οὐ κεκτήμεθα, μίμησις ἤδη ταῦτα συνθηρεύεται. Μνησίλοχος ὅταν σατύρους τοίνυν ποιῇς, καλεῖν ἐμέ, ἵνα συμποιῶ σοὔπισθεν ἐστυκὼς ἐγώ.
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319

X

tenant derrière toi.

Aga.

D'ailleurs, cela est grossier, de voir un poète barbu et velu comme un ours. Vois moi ces poètes fameux, Ibyque , Anacréon , Alcée , qui ont eu le bon goût de l'harmonie. Ils portaient la mitre et chevauchaient comme des Ioniens. Le Phrynique (car tu as pu l'entendre) n'était ce pas un bel homme et toujours propret ? C'est pour cela que toutes ses poésie sont des poupines. En un mot tout ce que nous faisons nous ressemble..

Mnési.

C'est donc pour cela que Philoclès , qui est si laid, ne fait rien que de laid ; que Xénoclès , qui est un méchant, ne fait rien qui ne soit détestable ; et que le froid Théognis ne compose rien qui ne nous gèle ?

Aga.

C'est une nécessité ! Comme j'en suis donc convaincu, j'ai dû prendre soin de ma propre personne.

Mnési.

Comment ? De par tous les Dieux.

Aga.

Ne crie point si haut. Je n'étais pas plus grand que cela, quand je me mis à faire des vers.

Euri.

Par Jupiter ! Je ne porte guère d'envie à ton bonheur ni à ton esprit. Mais laisse-moi dire ce que m'a contraint de venir ici.

Ἀγάθων ἄλλως τʼ ἄμουσόν ἐστι ποιητὴν ἰδεῖν ἀγρεῖον ὄντα καὶ δασύν· σκέψαι δʼ ὅτι Ἴβυκος ἐκεῖνος κἀνακρέων ὁ Τήιος κἀλκαῖος, οἳ περὶ ἁρμονίαν ἐχύμισαν, ἐμιτροφόρουν τε καὶ διεκλῶντʼ Ἰωνικῶς, καὶ Φρύνιχος, τοῦτον γὰρ οὖν ἀκήκοας, αὐτός τε καλὸς ἦν καὶ καλῶς ἠμπέσχετο· διὰ τοῦτʼ ἄρʼ αὐτοῦ καὶ κάλʼ ἦν τὰ δράματα. ὅμοια γὰρ ποιεῖν ἀνάγκη τῇ φύσει. Μνησίλοχος ταῦτʼ ἄρʼ ὁ Φιλοκλέης αἰσχρὸς ὢν αἰσχρῶς ποιεῖ, ὁ δʼ αὖ Ξενοκλέης ὢν κακὸς κακῶς ποιεῖ, ὁ δʼ αὖ Θέογνις ψυχρὸς ὢν ψυχρῶς ποιεῖ. Ἀγάθων ἅπασʼ ἀνάγκη· ταῦτα γάρ τοι γνοὺς ἐγὼ ἐμαυτὸν ἐθεράπευσα. Μνησίλοχος πῶς πρὸς τῶν θεῶν; Εὐριπίδης παῦσαι βαΰζων· καὶ γὰρ ἐγὼ τοιοῦτος ἦν ὢν τηλικοῦτος, ἡνίκʼ ἠρχόμην ποιεῖν. Μνησίλοχος μὰ τὸν Δίʼ οὐ ζηλῶ σε τῆς παιδεύσεως. Εὐριπίδης ἀλλʼ ὧνπερ οὕνεκʼ ἦλθον, ἔα μʼ εἰπεῖν.
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320

Aga.

Dis.

Euri.

Agathon ! Il est d'un habile homme, de savoir dire beaucoup de choses en peu de mots. Surpris d'un nouveau malheur, je viens ici te faire une très humble requête.

Aga.

De quoi as-tu besoin ?

Euri.

Les femmes ont résolu de me perdre aujourd'hui à l'occasion de la fête, parce que je dis du mal d'elles.

Aga.

Et que pouvons nous faire pour toi ?

Euri.

Beaucoup. Si tu peux te fourrer parmi les femmes, et passer pour être de leur sexe, tu me sauveras, sans doute, en parlant pour moi, comme tu le sauras bien faire.

Aga.

Que ne vas tu faire ton apologie toi-même ?

Euri.

Je te le dirai. Premièrement, on me connaît. Et puis, je suis gris et barbu ; au lieu que tu es beau, tu es blanc ; tu as toujours la barbe rase, une voix féminine, un teint délicat, la peau douce.

Aga.

Euripide !

Euri.

Qu'y a-t-il ?

Ἀγάθων λέγε. Εὐριπίδης Ἀγάθων, σοφοῦ πρὸς ἀνδρός, ὅστις ἐν βραχεῖ πολλοὺς καλῶς οἷός τε συντέμνειν λόγους. ἐγὼ δὲ καινῇ ξυμφορᾷ πεπληγμένος ἱκέτης ἀφῖγμαι πρὸς σέ. Ἀγάθων τοῦ χρείαν ἔχων; Εὐριπίδης μέλλουσί μʼ αἱ γυναῖκες ἀπολεῖν τήμερον τοῖς Θεσμοφορίοις, ὅτι κακῶς αὐτὰς λέγω. Ἀγάθων τίς οὖν παρʼ ἡμῶν ἐστιν ὠφέλειά σοι; Εὐριπίδης ἡ πᾶσʼ· ἐὰν γὰρ ἐγκαθεζόμενος λάθρᾳ ἐν ταῖς γυναιξίν, ὡς δοκῶν εἶναι γυνή, ὑπεραποκρίνῃ μου, σαφῶς σώσεις ἐμέ. μόνος γὰρ ἂν λέξειας ἀξίως ἐμοῦ. Ἀγάθων ἔπειτα πῶς οὐκ αὐτὸς ἀπολογεῖ παρών; Εὐριπίδης ἐγὼ φράσω σοι. πρῶτα μὲν γιγνώσκομαι· ἔπειτα πολιός εἰμι καὶ πώγωνʼ ἔχω, σὺ δʼ εὐπρόσωπος λευκὸς ἐξυρημένος γυναικόφωνος ἁπαλὸς εὐπρεπὴς ἰδεῖν. Ἀγάθων Εὐριπίδη— Εὐριπίδης τί ἔστιν;
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321

(x) 2 vers passés

Aga.

Tu es auteur ; tu es bien aise de voir la lumière du jour ; et ton père, s'il vivait encore, en serait bien aise aussi.

Euri.

Sans doute.

Aga.

N'espère donc pas que de tes maux j'en fasse les miens. Il faudrait que je fusse fou. Porte ton fardeau en homme de cœur. Ce n'est pas par des plaintes qu'on soulage ses douleurs ; c'est en les supportant vigoureusement.

Euri.

Que crains tu ? (x)

Aga.

J'ai plus à craindre que toi.

Euri.

Comment cela ?

Aga.

Comment ? Les femmes s'imag s'imagineront que je ne me serai fourré parmi elles la nuit, que pour leur dérober leurs plaisirs.

Euri.

Tu as quelque espèce de raison ; car on dit que tu as quelque fois des amants. Mais somme toute, feras tu ce que je te demande ?

Aga.

Ne t'y attends pas.

Euri.

O ! Trois fois malheureux Euripide ! C'est donc fait de toi ?

Mnési.

Mon cher frère ! ne te manque point à toi même.

Ἀγάθων ἐποίησάς ποτε, χαίρεις ὁρῶν φῶς, πατέρα δʼ οὐ χαίρειν δοκεῖς; Εὐριπίδης ἔγωγε. Ἀγάθων μή νυν ἐλπίσῃς τὸ σὸν κακὸν ἡμᾶς ὑφέξειν. καὶ γὰρ ἂν μαινοίμεθʼ ἄν. ἀλλʼ αὐτὸς ὅ γε σόν ἐστιν οἰκείως φέρε. τὰς συμφορὰς γὰρ οὐχὶ τοῖς τεχνάσμασιν φέρειν δίκαιον ἀλλὰ τοῖς παθήμασιν. Μνησίλοχος καὶ μὴν ού γʼ ὦ κατάπυγον εὐρύπρωκτος εἶ οὐ τοῖς λόγοισιν ἀλλὰ τοῖς παθήμασιν. Εὐριπίδης τί δʼ ἔστιν ὅτι δέδοικας ἐλθεῖν αὐτόσε; Ἀγάθων κάκιον ἀπολοίμην ἂν ἢ σύ. Εὐριπίδης πῶς; Ἀγάθων ὅπως; δοκῶν γυναικῶν ἔργα νυκτερείσια κλέπτειν ὑφαρπάζειν τε θήλειαν Κύπριν. Μνησίλοχος ἰδού γε κλέπτειν· νὴ Δία βινεῖσθαι μὲν οὖν. ἀτὰρ ἡ πρόφασίς γε νὴ Δίʼ εἰκότως ἔχει. Εὐριπίδης τί οὖν; ποιήσεις ταῦτα; Ἀγάθων μὴ δόκει γε σύ. Εὐριπίδης ὦ τρισκακοδαίμων ὡς ἀπόλωλʼ Εὐριπίδης. Μνησίλοχος ὦ φίλτατʼ ὦ κηδεστὰ μὴ σαυτὸν προδῷς.
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322

Euri.

Eh ! Comment faire ?

Mnési.

Envoie celui-ci se faire pendre ; et fais de moi tout ce que tu voudras.

Euri.

Eh ! bien donc, puisque tu te livres à moi, dépouille ton manteau.

Mnési.

Le voilà à terre. Que veux-tu faire de moi ?

Euri.

Je veux raser tout ceci, et flamber ce qui est là bas.

Mnési.

Tout comme il te plaira, puisque je me suis mis en ton pouvoir.

Euri.

Agathon ! Tu n'es guères sans instruments dépilatoires ; prête nous un rasoir.

Aga.

Voilà l'étui, prends celui que tu voudras.

Euri.

Tu es un brave homme. Assieds-toi. Enfle ta joue droite.

Mnési.

Ahi !

Euri.

Qu'as-tu ? Je te mettrai un baillon si tu ne veux te taire.

Mnési.

Hélas ! Hélas !

Euri.

Où cours tu ?

Εὐριπίδης πῶς οὖν ποιήσω δῆτα; Μνησίλοχος τοῦτον μὲν μακρὰ κλάειν κέλευʼ, ἐμοὶ δʼ ὅ τι βούλει χρῶ λαβών. Εὐριπίδης ἄγε νυν ἐπειδὴ σαυτὸν ἐπιδίδως ἐμοί, ἀπόδυθι τουτὶ θοἰμάτιον. Μνησίλοχος καὶ δὴ χαμαί. ἀτὰρ τί μέλλεις δρᾶν μʼ; Εὐριπίδης ἀποξυρεῖν ταδί, τὰ κάτω δʼ ἀφεύειν. Μνησίλοχος ἀλλὰ πρᾶττʼ, εἴ σοι δοκεῖ. ἢ μὴʼ πιδοῦνʼ ἐμαυτὸν ὤφελόν ποτε. Εὐριπίδης Ἀγάθων σὺ μέντοι ξυροφορεῖς ἑκάστοτε, χρῆσόν τί νυν ἡμῖν ξυρόν. Ἀγάθων αὐτὸς λάμβανε ἐντεῦθεν ἐκ τῆς ξυροδόκης. Εὐριπίδης γενναῖος εἶ. κάθιξε· φύσα τὴν γνάθον τὴν δεξιάν. Μνησίλοχος ὤμοι. Εὐριπίδης τί κέκραγας; ἐμβαλῶ σοι πάτταλον, ἢν μὴ σιωπᾷς. Μνησίλοχος ἀτταταῖ ἰατταταῖ. Εὐριπίδης οὗτος σὺ ποῖ θεῖς;
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323

Mnési.

Je vais chercher un asile auprès des vénérables Euménides . Je ne puis, par Cérès , endurer davantage qu'on m'écorche.

Euri.

On se moquera de toi, si tu te montres la moitié du menton ras, et l'autre velue.

Mnési.

Que m'importe ?

Euri.

Ne m'abandonne point, au nom des Dieux. Viens ça.

Mnési.

Que je suis malheureux !

Euri.

Tien toi bien. Lève le menton. Où tournes tu le nez ?

Mnési.

Ahi ! Ouf !

Euri.

Qu'as-tu ?

Mnési.

Voilà qui est bien. Je puis désormais m'enroler dans l'infanterie légère.

Euri.

Ne t'embarasse point. Te voilà beau comme les amours. Veux tu te voir ?

Mnési.

Comme il te plaira.

Euri.

Mire toi. Te vois tu ?

Mnési.

Non. Je vois Clisthène .

Μνησίλοχος ἐς τὸ τῶν σεμνῶν θεῶν· οὐ γὰρ μὰ τὴν Δήμητρά γʼ ἐνταυθοῖ μενῶ τεμνόμενος. Εὐριπίδης οὔκουν καταγέλαστος δῆτʼ ἔσει τὴν ἡμίκραιραν τὴν ἑτέραν ψιλὴν ἔχων; Μνησίλοχος ὀλίγον μέλει μοι. Εὐριπίδης μηδαμῶς πρὸς τῶν θεῶν προδῷς με· χώρει δεῦρο. Μνησίλοχος κακοδαίμων ἐγώ. Εὐριπίδης ἔχʼ ἀτρέμα σαυτὸν κἀνάκυπτε· ποῖ στρέφει; Μνησίλοχος μυμῦ. Εὐριπίδης τί μύξεις; πάντα πεποίηται καλῶς. Μνησίλοχος οἴμοι κακοδαίμων, ψιλὸς αὖ στρατεύσομαι. Εὐριπίδης μὴ φροντίσῃ· ὡς εὐπρεπὴς φανεῖ πάνυ. βούλει θεᾶσθαι σαυτόν; Μνησίλοχος εἰ δοκεῖ, φέρε. Εὐριπίδης ὁρᾷς σεαυτόν; Μνησίλοχος οὐ μὰ Δίʼ ἀλλὰ Κλεισθένη.
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Euri.

Lève toi, que je flambe. Plie toi.

Mnési.

Hélas ! tu me vas mettre comme un cochon de lait.

Euri.

Qu'on m'apporte de là-dedans, une lampe ou un flambeau. Baisse toi. Prends garde à la queue.

Mnési.

J'en aurai soin, pardieu. Je brûle ; ahi ! De l'eau, de l'eau, mes voisins, avant que la fla... flamme m'ait gagné le cul.

Euri.

Courage.

Mnési.

Comment, courage ! Je suis tout brûlé.

Euri.

Voilà le plus fort fait.

Mnési.

Fi ! que de suie. J'ai l'entrefesson tout charbonné.

Euri.

Ne t'embarrasse pas ; il se trouvera quelqu'un qui te l'ess... l'essûira.

Mnési.

Je ne crois pas qu'il y ait personne assez hardi pour venir me le laver.

Euri.

Agathon ! Puisque tu ne daignes te livrer toi-même ; prête nous au moins cette robe et ces rubans. Tu ne diras pas, que tu n'en as pas.

Aga.

Prenez, et vous en servez. Je n'y ai point de regrets.

Εὐριπίδης ἀνίστασʼ, ἵνʼ ἀφεύσω σε, κἀγκύψας ἔχε. Μνησίλοχος οἴμοι κακοδαίμων δελφάκιον γενήσομαι. Εὐριπίδης ἐνεγκάτω τις ἔνδοθεν δᾷδʼ ἢ λύχνον. ἐπίκυπτε· τὴν κέρκον φυλάττου νυν ἄκραν. Μνησίλοχος ἐμοὶ μελήσει νὴ Δία, πλήν γʼ ὅτι κάομαι. οἴμοι τάλας. ὕδωρ ὕδωρ ὦ γείτονες. πρὶν ἀντιλαβέσθαι †πρωκτὸν τῆς φλογός.† Εὐριπίδης θάρρει. Μνησίλοχος τί θαρρῶ καταπεπυρπολημένος; Εὐριπίδης ἀλλʼ οὐκ ἔτʼ οἰδὲν πρᾶγμά σοι· τὰ πλεῖστα γὰρ ἀποπεπόνηκας. Μνησίλοχος φῦ ἰοὺ τῆς ἀσβόλου. αἰθὸς γεγένημαι πάντα τὰ περὶ τὴν τράμιν. Εὐριπίδης μὴ φροντίσῃς· ἕτερος γὰρ αὐτὰ σφογγιεῖ. Μνησίλοχος οἰμώξετἄρʼ εἴ τις τὸν ἐμὸν πρωκτὸν πλυνεῖ. Εὐριπίδης Ἀγάθων, ἐπειδὴ σαυτὸν ἐπιδοῦναι φθονεῖς, ἀλλʼ ἱμάτιον γοῦν χρῆσον ἡμῖν τουτῳὶ καὶ στρόφιον· οὐ γὰρ ταῦτά γʼ ὡς οὐκ ἔστʼ ἐρεῖς. Ἀγάθων λαμβάνετε καὶ χρῆσθʼ· οὐ φθονῶ.
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Euri.

Que prendrai-je donc ?

Aga.

Premièrement, mets-lui cette robe légère.

Euri.

Par Vénus ! Qu'elle sent bon !

Aga.

Relevez la comme il faut. Dépéchez. Mettez la grande ceinture.

Euri.

Voilà qui est fait.

Mnési.

Je vous prie, accommodez moi bien par derrière et sur les hanches.

Euri.

Il faut un bonnet et une mitre.

Aga.

Voilà mon bonnet monté que je me mets la nuit.

Euri.

Par Jupiter ! Il lui vient fort bien.

Mnési.

Croyez vous qu'il me soit juste ?

Aga.

Il fait à merveille.

Euri.

Donne la robe ronde.

Aga.

Il n'y a qu'à la prendre sur mon lit de repos.

Euri.

Il faut des souliers.

Aga.

Prends les miens que voilà.

Μνησίλοχος τί οὖν λάβω; Ἀγάθων ὅ τι; τὸν κροκωτὸν πρῶτον ἐνδύου λαβών. Μνησίλοχος νὴ τὴν Ἀφροδίτην ἡδύ γʼ ὄζει ποσθίου. σύζωσον ἀνύσας. αἶρε νῦν στρόφιον. Εὐριπίδης ἰδού. Μνησίλοχος ἴθι νυν κατάστειλόν με τὰ περὶ τὼ σκέλει. Εὐριπίδης κεκρυφάλου δεῖ καὶ μίτρας. Ἀγάθων ἡδὶ μὲν οὖν κεφαλὴ περίθετος, ἣν ἐγὼ νύκτωρ φορῶ. Εὐριπίδης νὴ τὸν Δίʼ ἀλλὰ κἀπιτηδεία πάνυ. Μνησίλοχος ἆρʼ ἁρμόσει μοι; Εὐριπίδης νὴ Δίʼ ἀλλʼ ἄριστʼ ἔχει. φέρʼ ἔγκυκλον· Ἀγάθων τουτὶ λάβʼ ἀπὸ τῆς κλινίδος. Εὐριπίδης ὑποδημάτων δεῖ. Ἀγάθων τἀμὰ ταυτὶ λάμβανε.
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Mnési.

Mais me seront ils bons ?

Aga.

A moins que tu n'aimes la chaussure large. Essaie les, si tu veux. Voilà tout juste ce qu'il te faut.1

Mnési.

Il ne me faudrait plus qu'un galant homme pour me ramasser.

Euri.

Voilà qui ressemble à une femme dans la perfection. Il ne te manque plus que de parler en femme ; et d'une manière persuasive.

Mnési.

Je tâcherai de m'en acquitter de mon mieux.

Euri.

Marche donc, maintenant.

Mnési.

Je n'en ferai rien, par Apollon , si tu ne me jures.

Euri.

Quoi ?

Mnési.

De me sauver de ton coté, et d'employer pour cela toutes les inventions possibles, s'il m'arrive quelque accident fâcheux.

Euri.

Je jure donc par l'air, le palais du plus grand des Dieux...

Mnési.

C'est comme si tu jurais par la maison d' Hippocrate .

Euri.

Je le jure par tous les Dieux ensemble.

Μνησίλοχος ἆρʼ ἁρμόσει μοι; Εὐριπίδης χαλαρὰ γοῦν χαίρεις φορῶν. Ἀγάθων σὺ τοῦτο γίγνωσκʼ· ἀλλʼ ἔχεις γὰρ ὧν δέει, εἴσω τις ὡς τάχιστά μʼ ἐσκυκλησάτω. Εὐριπίδης ἁνὴρ μὲν ἡμῖν οὑτοσὶ καὶ δὴ γυνὴ τό γʼ εἶδος· ἢν λαλῇς δʼ, ὅπως τῷ φθέγματι γυναικιεῖς εὖ καὶ πιθανῶς. Μνησίλοχος πειράσομαι. Εὐριπίδης βάδιζε τοίνυν. Μνησίλοχος μὰ τὸν Ἀπόλλω οὔκ, ἤν γε μὴ ὀμόσῃς ἐμοί— Εὐριπίδης τί χρῆμα; Μνησίλοχος συσσώσειν ἐμὲ πάσαις τέχναις, ἤν μοί τι περιπίπτῃ κακόν. Εὐριπίδης ὄμνυμι τοίνυν αἰθέρʼ οἴκησιν Διός. Μνησίλοχος τί μᾶλλον ἢ τὴν Ἱπποκράτους ξυνοικίαν; Εὐριπίδης ὄμνυμι τοίνυν πάντας ἄρδην τοὺς θεούς.
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(d) Il fait allusion à un vers d' Euripide , où il fait dire à un impie ; c'est la langue qui a juré et non l'esprit.

Mnési.

Mais prends garde que ce ne soit pas ici la (d) langue qui jure plutôt que l'esprit ; afin que tu ne dises pas après cela : ce n'est pas moi qui ai juré.

Ici l'on entend les cris des femmes, et la procession s'avance. Euri.

Dépêche toi ; voilà le signal de l'assemblée qui parait sur le temple des Thesmophores . Je m'en vais.

Mnésiloque (en femme)

Suis moi, ma fille ! Vois que de lampes allumées ! Que de fumée s'élève dans les airs ! O ! belles Déesses ! Recevez moi agréablement, et me faites la grâce de retourner au logis sans mauvaise aventure. Prends ma corbeille, ma fille ; tire le gâteau, que je l'offre aux Déesses. Vénérable Cérès ! et toi, aimable Proserpine ! Faites moi la faveur de vous sacrifier souvent de pareilles offrandes. Si non, que je puisse me cacher sans être découverte ; que ma fille puisse trouver un mari riche et sot ; et que je sois attentive au cantique du sacré Ithyphalle. Où trouverai-je un lieu net pour m'asseoir et entendre tout à mon aise les rhéteurs ? Va t'en, ma fille, il n'est pas permis aux esclaves d'entendre ces discours mystérieux.



Le hérault . Le chœur . Une femme. Une autre femme. Mnésiloque .
Μνησίλοχος μέμνησο τοίνυν ταῦθʼ, ὅτι ἡ φρὴν ὤμοσεν, ἡ γλῶττα δʼ οὐκ ὀμώμοκʼ· οὐδʼ ὥρκωσʼ ἐγώ. Εὐριπίδης ἔκσπευδε ταχέως· ὡς τὸ τῆς ἐκκλησίας σημεῖον ἐν τῷ Θεσμοφορείῳ φαίνεται. ἐγὼ δʼ ἄπειμι. Μνησίλοχος δεῦρό νυν ὦ Θρᾷτθʼ ἕπου. ὦ Θρᾷττα θέασαι, καομένων τῶν λαμπάδων ὅσον τὸ χρῆμʼ ἀνέρχεθʼ ὑπὸ τῆς λιγνύος. ἀλλʼ ὦ περικαλλεῖ Θεσμοφόρω δέξασθέ με ἀγαθῇ τύχῃ καὶ δεῦρο καὶ πάλιν οἴκαδε. ὦ Θρᾷττα τὴν κίστην κάθελε, κᾆτʼ ἔξελε τὸ πόπανον, ὅπως λαβοῦσα θύσω τοῖν θεοῖν. δέσποινα πολυτίμητε Δήμητερ φίλη καὶ Φερρέφαττα, πολλὰ πολλάκις μέ σοι θύειν ἔχουσαν, εἰ δὲ μἀλλὰ νῦν λαθεῖν. καὶ τοῦ θυγατρίου χοῖρον ἀνδρός μοι τυχεῖν πλουτοῦντος, ἄλλως δʼ ἠλιθίου κἀβελτέρου, καὶ ποσθαλίσκον νοῦν ἔχειν μοι καὶ φρένας. ποῦ ποῦ καθίζωμʼ ἐν καλῷ, τῶν ῥητόρων ἵνʼ ἐξακούω; σὺ δʼ ἄπιθʼ ὦ Θρᾷττʼ ἐκποδών. δούλοις γὰρ οὐκ ἔξεστʼ ἀκούειν τῶν λόγων. Κηρύκαινα
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(g) Nourrice et compagne de Cérès , ou la fertilité. Erycton lui avait dressé un autel dans la citadelle, et avait ordonné qu'on lui sacrifierait avant tous les autres Dieux.

(h) Voilà la formule : ad utilitatem quoque nostram

(i) Exclamation prise du combat d' Apollon contre Typhon . Les autres Dieux lui criaient : ἴέ πάιαν, ἴέ πάιαν. C'est à dire : frappe Péan .

Le hérault.

Silence ! Silence ! Adressez vos vœux aux Déesses, à Cérès et sa fille, à Pluton , à (g) Calligènie , à [?] la terre notre nourrice ; à Mercure ; aux Grâces ; afin que tous ensemble favorisent cette assemblée et la fassent réussir à l'avantage de la ville d' Athènes et à (h) notre profit en particulier ; et que celle qui aura inventé le plus heureusement, ou dit avec le plus d'éloquence quelque chose d'utile au peuple athénien, et aux femmes, puisse remporter la victoire. Que ce soit là votre prière ; et puissiez vous (i) réussir. Ïo Péan ! Ïo Péan ! Ïo Péan ! Réjouissons nous !

Le ch.

Prions les Dieux qu'ils daignent nous faire sen tir [?] en se montrant à nous, que nos vœux leurs soient agréables. Grand Jupiter ! Et toi, Dieu à la lyre d'or , qui habites dans la sacrée Délos ! Et toi, fille toute puissante aux yeux bleus et à la lance d'or, qui habite cette ville magnifique ! Viens ici, Toi qui as tant de noms ! Le dompte-monstres, fils de Latone , rejeton de la Déesse aux yeux d'or ! Et toi, vénérable Neptune Dieu des flots, qui gouvernes la mer ! laisse tes retraites poissonneuses et les gouffres toujours agités de Nérée. Et vous, filles de la mer, venez avec les Nymphes trace-montagnes. Que la lyre d'or résonne en accompagnant nos hymnes. Et puissent les nobles femmes des Athéniens tenir tranquillement leur assemblée.

εὐφημία ʼστω, εὐφημία ʼστω. εὔχεσθε τοῖν Θεσμοφόροιν τῇ Δήμητρι καὶ τῇ Κόρῃ καὶ τῷ Πλούτῳ καὶ τῇ Καλλιγενείᾳ καὶ τῇ Κουροτρόφῳ τῇ Γῇ καὶ τῷ Ἑρμῇ καὶ Χάρισιν ἐκκλησίαν τήνδε καὶ σύνοδον τὴν νῦν κάλλιστα καὶ ἄριστα ποιῆσαι, πολυωφελῶς μὲν πόλει τῇ Ἀθηναίων τυχηρῶς δʼ ἡμῖν αὐταῖς. καὶ τὴν δρῶσαν τήν τʼ ἀγορεύουσαν τὰ βέλτιστα περὶ τὸν δῆμον τὸν Ἀθηναίων καὶ τὸν τῶν γυναικῶν ταύτην νικᾶν. ταῦτʼ εὔχεσθε, καὶ ὑμῖν αὐταῖς τἀγαθά. ἰὴ παιὼν ἰὴ παιών. χαίρωμεν. Χορός δεχόμεθα καὶ θεῶν γένος λιτόμεθα ταῖσδʼ ἐπʼ εὐχαῖς φανέντας ἐπιχαρῆναι. Ζεῦ μεγαλώνυμε χρυσολύρα τε Δῆλον ὃς ἔχεις ἱεράν, καὶ σὺ παγκρατὲς κόρα γλαυκῶπι χρυσόλογχε πόλιν οἰκοῦσα περιμάχητον, ἐλθὲ δεῦρο. καὶ πολυώνυμε θηροφόνη παῖ Λατοῦς χρυσώπιδος ἔρνος, σύ τε πόντιε σεμνὲ Πόσειδον ἁλιμέδον προλιπὼν μυχὸν ἰχθυόεντʼ οἰστροδόνητον, Νηρέος ἐναλίου τε κόραι Νύμφαι τʼ ὀρείπλαγκτοι. χρυσέα τε φόρμιγξ ἰαχήσειεν ἐπʼ εὐχαῖς ἡμετέραις· τελέως δʼ ἐκκλησιάσαιμεν Ἀθηναίων εὐγενεῖς γυναῖκες.
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Le hé.

Priez les dieux et les déesses de l' olympe, les Pythiens et les Pythiennes, les Déliens, et les Déliennes, enfin tous les Dieux, quels qu'ils soient, que puisse périr avec toute sa maison quiconque machine quelque chose contre l'état des femmes ; qui parlera de faire la paix avec Euripide ; qui aura commerce avec les Mèdes, à mauvais desseins contre les femmes ; qui pense à usurper la tyrannie, ou favoriser les tyrans ; qui aura su qu'une femme aura supposé un enfant, et le dira ; la servante qui, après avoir servi de commode à sa maitresse, ira le dire au mari ; ou qui étant envoyée par sa maîtresse donner un rendez-vous, aura trompé le galant, en ne s'acq s'acquittant pas fidèlement de sa commission ; tout galant qui trompe la femme d'autrui d'autrui par des mensonges, ou qui ne lui donnera pas ce qu'il lui aura promis ; toute vieille qui achêtera des caresses à prix d'argent ; toute femme qui trahira son galant, après lui avoir accordé des faveurs ; tout cabaretier et toute cabaretière qui frelatent le vin, ou le vendent à fausse mesure ; et qu'à toutes les autres, les Dieux accordent toute sorte de biens.

Le ch.

Nous prions toutes pour le bonheur de la ville et du peuple, et pour la victoire de celles qui diront le mieux. Et périssent celles qui violent les serments sacrés, par

Κηρύκαινα εὔχεσθε τοῖς θεοῖσι τοῖς Ὀλυμπίοις καὶ ταῖς Ὀλυμπίαισι καὶ τοῖς Πυθίοις καὶ ταῖσι Πυθίαισι καὶ τοῖς Δηλίοις καὶ ταῖσι Δηλίαισι τοῖς τʼ ἄλλοις θεοῖς, εἴ τις ἐπιβουλεύει τι τῷ δήμῳ κακὸν τῷ τῶν γυναικῶν ἢ ʼπικηρυκεύεται Εὐριπίδῃ Μήδοις τʼ ἐπὶ βλάβῃ τινὶ τῇ τῶν γυναικῶν, ἢ τυραννεῖν ἐπινοεῖ ἢ τὸν τύραννον συγκατάγειν, ἢ παιδίον ὑποβαλλομένης κατεῖπεν, ἢ δούλη τινὸς προαγωγὸς οὖσʼ ἐνετρύλλισεν τῷ δεσπότῃ ἢ πεμπομένη τις ἀγγελίας ψευδεῖς φέρει, ἢ μοιχὸς εἴ τις ἐξαπατᾷ ψευδῆ λέγων καὶ μὴ δίδωσιν ἃν ὑπόσχηταί ποτε, ἢ δῶρά τις δίδωσι μοιχῷ γραῦς γυνή, ἢ καὶ δέχεται προδιδοῦσʼ ἑταίρα τὸν φίλον, κεἴ τις κάπηλος ἢ καπηλὶς τοῦ χοῶς ἢ τῶν κοτυλῶν τὸ νόμισμα διαλυμαίνεται, κακῶς ἀπολέσθαι τοῦτον αὐτὸν κᾠκίαν ἀρᾶσθε, ταῖς δʼ ἄλλαισιν ὑμῖν τοὺς θεοὺς εὔχεσθε πάσαις πολλὰ δοῦναι κἀγαθά. Χορός ξυνευχόμεσθα τέλεα μὲν πόλει τέλεα δὲ δήμῳ τάδʼ εὔγματα γενέσθαι, τὰ δʼ ἄρισθʼ ὅσαις προσήκει νικᾶν λεγούσαις· ὁπόσαι δʼ ἐξαπατῶσιν παραβαίνουσί τε τοὺς ὅρκους τοὺς νενομισμένους κερδῶν οὕνεκʼ ἐπὶ βλάβῃ,
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avarice, ou dans le dessein de nuire ; qui cherchent à changer ce qui est établi par les lois ou les décrets du Sénat ; qui révèlent à nos ennemis les secrets inviolables ; qui font quelque chose contre la religion, ou contre l'ét l'état. O ! Jupiter ! Dieu tout puissant ! confirme tout cela ; afin que l'on connaisse que les Dieux sont avec les femmes, aussi bien qu'avec les hommes.

Le hé.

Or écoutez. Voici ce qu'a ordonné le conseil des femmes, Timoclée présidant, et Lysille faisant office de greffier. Sostrata a dit qu'il se tiendrait assemblée, quand nous en aurions le loisir, pour ordonner de la punition d' Euripide , qui nous a toutes maltraitées. Qui veut parler ?

Une femme.

C'est moi.

Le hé.

Mets donc cette couronne, avant que de commencer. Silence. Paix là. Qu'on prête attention. La voilà qui crache, comme font les avocats ; il paraît que son discours sera long.

Les femmes.

Ce n'est point l'ambition, (non, par les Déesses) qui me met la parole à la bouche ; mais le déplaisir et l'indignation que j'ai depuis longtemps, de voir de quelle manière nous traite et nous décrie cet Euripide fils de l'herbière. Quel mal n'a-t-il point dit de nous en tous les lieux où ses misérables pièces ont trouvé des spectateurs ? Il nous représente

ἢ ψηφίσματα καὶ νόμον ζητοῦσʼ ἀντιμεθιστάναι, τἀπόρρητά τε τοῖσιν ἐχθροῖς τοῖς ἡμετέροις λέγουσʼ, ἢ Μήδους ἐπάγουσι γῇ κερδῶν οὕνεκʼ ἐπὶ βλάβῃ, ἀσεβοῦσιν ἀδικοῦσίν τε τὴν πόλιν. ἀλλʼ ὦ παγκρατὲς Ζεῦ ταῦτα κυρώσειας, ὥσθʼ ἡμῖν θεοὺς παραστατεῖν καίπερ γυναιξὶν οὔσαις. Κηρύκαινα ἄκουε πᾶς. ἔδοξε τῇ βουλῇ τάδε τῇ τῶν γυναικῶν· Τιμόκλειʼ ἐπεστάτει, Λύσιλλʼ ἐγραμμάτευεν, εἶπε Ζωστράτη· ἐκκλησίαν ποιεῖν ἕωθεν τῇ μέσῃ τῶν Θεσμοφορίων, ᾗ μάλισθʼ ἡμῖν σχολή, καὶ χρηματίζειν πρῶτα περὶ Εὐριπίδου, ὅ τι χρὴ παθεῖν ἐκεῖνον· ἀδικεῖν γὰρ δοκεῖ ἡμῖν ἁπάσαις. τίς ἀγορεύειν βούλεται; Γυνὴ Α ἐγώ. Κηρύκαινα περίθου νυν τόνδε πρῶτον πρὶν λέγειν. Χορός σίγα σιώπα, πρόσεχε τὸν νοῦν· χρέμπτεται γὰρ ἤδη ὅπερ ποιοῦσʼ οἱ ῥήτορες. μακρὰν ἔοικε λέξειν. Γυνὴ Α φιλοτιμίᾳ μὲν οὐδεμιᾷ μὰ τὼ θεὼ λέξουσʼ ἀνέστην ὦ γυναῖκες· ἀλλὰ γὰρ βαρέως φέρω τάλαινα πολὺν ἤδη χρόνον προπηλακιζομένας ὁρῶς ἡμᾶς ὑπὸ Εὐριπίδου τοῦ τῆς λαχανοπωλητρίας καὶ πολλὰ καὶ παντοῖʼ ἀκουούσας κακά. τί γὰρ οὗτος ἡμᾶς οὐκ ἐπισμῇ τῶν κακῶν; ποῦ δʼ οὐχὶ διαβέβληχʼ, ὅπουπερ ἔμβραχυ
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(h) [?] tiré d'une tragédie d' Euripide , de Phénix.

comme des personnes qui cachent leurs désordres dans les ténèbres ; qui courent après les hommes ; qui aiment le vin avec excès ; qui ne peuvent tenir leur langue ; qui sont la peste de l'état et la ruine des hommes. En sorte que nos maris, sortant du théâtre, nous regardent avec soupçon, et vont incontinent chercher si nous n'avons point fait cacher le galant quelque part. De là vient qu'examinées de si près, nous ne pouvons plus rien faire ; tant ce perfide a enseigné de malice à nos maris..... quelqu'une fait-elle une couronne ? Elle est amoureuse, dira le mari jaloux. Se perd-il un vaisseau dans la maison ? à l'honneur de qui, dira le mari, ce pot s'est-il cassé ? n'est ce pas pour cet hôte de Corinthe ? une fille est elle indisposée, son frère dit aussitôt : voilà un teint brouillé qui ne signifie rien de bon. Cette femme qui n'a point d'enfants, a-t-elle envie d'en supposer un ? il est désormais impossible d'en venir à bout parce que les maris ne bougent d'auprès d'elles. Parle t-on de faire épouser une jeune fille à un vieillard ? l'affaire est rompue, parce qu'il n'y a plus de vieillard qui n'ait ce beau dicton à la (h) bouche : Du mari décrépit, la jeune femme est maitresse. De plus, nos maris devenus jaloux, nous enferment sous le scellé. Et non contents de cette garde sévère, ils ont encore fait provision de dogues terribles, qu'ils nourrissent pour donner l'épouvante à nos amants. On souffrirait encore tout cela. Mais quoi ? nous avoir encore retranché jusqu'à la disposition des vivres, de la farine, du vin, de

εἰσὶν θεαταὶ καὶ τραγῳδοὶ καὶ χοροί, τὰς μοιχοτρόπους, τὰς ἀνδρεραστίας καλῶν, τὰς οἰνοπότιδας, τὰς προδότιδας, τὰς λάλους, τὰς οὐδὲν ὑγιές, τὰς μέγʼ ἀνδράσιν κακόν· ὥστʼ εὐθὺς εἰσιόντες ἀπὸ τῶν ἰκρίων ὑποβλέπουσʼ ἡμᾶς σκοποῦνταί τʼ εὐθέως μὴ μοιχὸς ἔνδον ᾖ τις ἀποκεκρυμμένος. δρᾶσαι δʼ ἔθʼ ἡμῖν οὐδὲν ὥσπερ καὶ πρὸ τοῦ ἔξεστι· τοιαῦθʼ οὗτος ἐδίδαξεν κακὰ τοὺς ἄνδρας ἡμῶν· ὥστʼ ἐάνπερ τις πλέκῃ γυνὴ στέφανον, ἐρᾶν δοκεῖ· κἂν ἐκβάλῃ σκεῦός τι κατὰ τὴν οἰκίαν πλανωμένη, ἁνὴρ ἐρωτᾷ, ʼτῷ κατέαγεν ἡ χύτρα; οὐκ ἔσθʼ ὅπως οὐ τῷ Κορινθίῳ ξένῳ.ʼ κάμνει κόρη τις, εὐθὺς ἁδελφὸς λέγει, τὸ χρῶμα τοῦτό μʼ οὐκ ἀρέσκει τῆς κόρης. εἶεν, γυνή τις ὑποβαλέσθαι βούλεται ἀποροῦσα παίδων, οὐδὲ τοῦτʼ ἔστιν λαθεῖν. ἅνδρες γὰρ ἤδη παρακάθηνται πλησίον· πρὸς τοὺς γέροντάς θʼ οἳ πρὸ τοῦ τὰς μείρακας ἤγοντο, διαβέβληκεν, ὥστʼ οὐδεὶς γέρων γαμεῖν ἐθέλει γυναῖκα διὰ τοὔπος τοδὶ δέσποινα γὰρ γέροντι νυμφίῳ γυνή. εἶτα διὰ τοῦτον ταῖς γυναικωνίτισιν σφραγῖδας ἐπιβάλλουσιν ἤδη καὶ μοχλοὺς τηροῦντες ἡμᾶς, καὶ προσέτι Μολοττικοὺς τρέφουσι μορμολυκεῖα τοῖς μοιχοῖς κύνας. καὶ ταῦτα μὲν ξυγγνώσθʼ. ἃ δʼ ἦν ἡμῖν πρὸ τοῦ αὐταῖς ταμιεῦσαι καὶ προαιρούσαις λαθεῖν ἄλφιτον ἔλαιον οἶνον, οὐδὲ ταῦτʼ ἔτι
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X

l'huile, que l'on commettait autrefois à nos soins. Nos maris en ont présentement la clé. Mais quelles clés ? Des clés à double et triple garde. Autrefois nous savions ouvrir la porte avec un simple crochet de trois oboles. Mais à présent ce maudit Euripide , la peste des maisons, leur a appris à se faire faire des clefs clés plus percées que du bois vermoulu, qu'ils portent toujours à la ceinture. Pour moi, je suis d'avis qu'on le fasse périr par le poison, ou de quelque autre manière. Du reste, je me rapporte à la greffière, et je signerai tout ce qui sera résolu.

Le ch.

Je n'ai jamais entendu mieux dire. Elle a parcouru toutes les espèces de son sujet ; et son discours est si bien arrangé, que quand Xénoclès fils de Carcinus parlerait après elle, je ne doute pas que nous ne convinssions toutes, que rien, et ce qu'il dirait, ne fût la même chose.

Une autre femme.

Je n'ai que deux mots à ajouter à ce que madame vient de dire. Car en effet elle a réussi parfaitement dans son accusation. Mais il faut que je dise ce qui me regarde en particulier. Mon mari est mort en Chypre, et m'a laissé cinq enfants, que j'ai eu bien de la peine à nourrir par le moyens des couronnes de myrthe que je faisais. Enfin, vaille que vaille, nous vivions. Mais depuis que ce maudit poète a commencé de persuader aux hommes dans ses tragédies qu'il n'y a point de Dieux, je ne vends presque

ἔξεστιν. οἱ γὰρ ἄνδρες ἤδη κλῄδια αὐτοὶ φοροῦσι κρυπτὰ κακοηθέστατα Λακωνίκʼ ἄττα, τρεῖς ἔχοντα γομφίους. πρὸ τοῦ μὲν οὖν ἦν ἀλλʼ ὑποῖξαι τὴν θύραν ποιησαμέναισι δακτύλιον τριωβόλου, νῦν δʼ οὗτος αὐτοὺς ᾡκότριψ Εὐριπίδης ἐδίδαξε θριπήδεστʼ ἔχειν σφραγίδια ἐξαψαμένους. νῦν οὖν ἐμοὶ τούτῳ δοκεῖ ὄλεθρόν τινʼ ἡμᾶς κυρκανᾶν ἁμωσγέπως, ἢ φαρμάκοισιν ἢ μιᾷ γέ τῳ τέχνῃ, ὅπως ἀπολεῖται. ταῦτʼ ἐγὼ φανερῶς λέγω, τὰ δʼ ἄλλα μετὰ τῆς γραμματέως συγγράψομαι. Χορός οὔπω ταύτης ἤκουσα πολυπλοκωτέρας γυναικὸς οὐδὲ δεινότερον λεγούσης. πάντα γὰρ λέγει δίκαια, †πάσας δʼ ἰδέας ἐξήτασεν, πάντα δʼ ἐβάστασεν φρενὶ πυκνῶς τε† ποικίλους λόγους ἀνηῦρεν εὖ διεζητημένους· ὥστʼ ἂν εἰ λέγοι παρʼ αὐτὴν Ξενοκλέης ὁ Καρκίνου, δοκεῖν ἂν αὐτόν, ὡς ἐγᾦμαι, πᾶσιν ὑμῖν ἄντικρυς μηδὲν λέγειν. Γυνὴ Β ὀλίγων ἕνεκα καὐτὴ παρῆλθον ῥημάτων. τὰ μὲν γὰρ ἄλλʼ αὕτη κατηγόρηκεν εὖ· ἃ δʼ ἐγὼ πέπονθα, ταῦτα λέξαι βούλομαι. ἐμοὶ γὰρ ἁνὴρ ἀπέθανεν μὲν ἐν Κύπρῳ παιδάρια πέντε καταλιπών, ἁγὼ μόλις στεφανηπλοκοῦσʼ ἔβοσκον ἐν ταῖς μυρρίναις. τέως μὲν οὖν ἀλλʼ ἡμικάκως ἐβοσκόμην· νῦν δʼ οὗτος ἐν ταῖσιν τραγῳδίαις ποιῶν τοὺς ἄνδρας ἀναπέπεικεν οὐκ εἶναι θεούς· ὥστʼ οὐκέτʼ ἐμπολῶμεν οὐδʼ εἰς ἥμισυ.
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plus rien. J'h J'exhorte dans toute l'assemblée à le punir au plus tôt, puisqu'il nous a fait tant de maux. Pour moi, je m'en vais au marché faire vingt couronnes que d'honnêtes gens ont commandées.

Le ch.

Cette femme a encore mieux dit que l'autre. Voyez comme elle a joliment tourné son accusation, et comme elle s'est énoncée avec esprit ! Il faut venger cette injure et la venger d'une manière éclatante.

Mnésiloque

Femmes ! Je ne trouve point étrange que votre bile s'échauffe contre Euripide . En effet peut on entendre tant de choses horribles, sans se sentir émue d'une juste indignation ? En mon particulier, je jure par mes chers enfants, que je le hais peu s'en faut, jusqu'à la fureur. Cependant il faut entendre raison. Il n'y a ici que des femmes, et ce que je vais dire ne sera point rapporté. Pourquoi trouver mauvais, si de mille tours que nous savons faire, il en a mis deux ou trois dans ses tragédies ? Moi même, (afin de ne mettre personne en jeu) il n'y avait que trois jours que j'étais mariée, et mon époux dormait à côté de moi. J'entends à la porte un ami qui m'avait oté mon pucel pucelage dès l'âge de sept ans. Je descends du lit. Mon mari me demande : où vas tu ? Où je vais ? mon cher mari ! lui dis-je. j'ai une colique épouvantable. Je vais me présenter au siège, pour voir si cela passera. Va donc, me dit il ; et en même temps il se lève, et se met à broyer du fruit de cèdre, de l'anet, et de la sauge, pour me faire

νῦν οὖν ἁπάσαισιν παραινῶ καὶ λέγω τοῦτον κολάσαι τὸν ἄνδρα πολλῶν οὕνεκα· ἄγρια γὰρ ἡμᾶς ὦ γυναῖκες δρᾷ κακά, ἅτʼ ἐν ἀγρίοισι τοῖς λαχάνοις αὐτὸς τραφείς. ἀλλʼ εἰς ἀγορὰν ἄπειμι· δεῖ γὰρ ἀνδράσιν πλέξαι στεφάνους συνθηματιαίους εἴκοσιν. Χορός ἕτερον αὖ τι λῆμα τοῦτο κομψότερον ἔτʼ ἢ τὸ πρότερον ἀναπέφηνεν. οἷα κατεστωμύλατο οὐκ ἄκαιρα, φρένας ἔχουσα καὶ πολύπλοκον νόημʼ, οὐδʼ ἀσύνετʼ ἀλλὰ πιθανὰ πάντα. δεῖ δὲ ταύτης τῆς ὕβρεως ἡμῖν τὸν ἄνδρα περιφανῶς δοῦναι δίκην. Μνησίλοχος τὸ μὲν ὦ γυναῖκες ὀξυθυμεῖσθαι σφόδρα Εὐριπίδῃ, τοιαῦτʼ ἀκουούσας κακά, οὐ θαυμάσιόν ἐστʼ, οὐδʼ ἐπιζεῖν τὴν χολήν. καὐτὴ γὰρ ἔγωγʼ, οὕτως ὀναίμην τῶν τέκνων, μισῶ τὸν ἄνδρʼ ἐκεῖνον, εἰ μὴ μαίνομαι. ὅμως δʼ ἐν ἀλλήλαισι χρὴ δοῦναι λόγον· αὐταὶ γάρ ἐσμεν, κοὐδεμίʼ ἔκφορος λόγου. τί ταῦτʼ ἔχουσαι ʼκεῖνον αἰτιώμεθα βαρέως τε φέρομεν, εἰ δύʼ ἡμῶν ἢ τρία κακὰ ξυνειδὼς εἶπε δρώσας μυρία; ἐγὼ γὰρ αὐτὴ πρῶτον, ἵνα μἄλλην λέγω, ξύνοιδʼ ἐμαυτῇ πολλὰ δείνʼ· ἐκεῖνο δʼ οὖν δεινότατον, ὅτε νύμφη μὲν ἦν τρεῖς ἡμέρας, ὁ δʼ ἀνὴρ παρʼ ἐμοὶ καθηῦδεν· ἦν δέ μοι φίλος, ὅσπερ με διεκόρησεν οὖσαν ἑπτέτιν. οὖτος πόθῳ μου ʼκνυεν ἐλθὼν τὴν θύραν· κᾆτʼ εὐφὺς ἔγνων· εἶτα καταβαίνω λάθρᾳ. ὁ δʼ ἀνὴρ ἐρωτᾷ ποῖ σὺ καταβαίνεις; ‘ὅποι; στρόφος μʼ ἔχει τὴν γαστέρ ὦνερ κὠδύνη· ἐς τὸν κοπρῶνʼ οὖν ἔρχομαι.’ βάδιζέ νυν· κᾆθʼ ὁ μὲν ἔτριβε κεδρίδας ἄννηθον σφάκον·
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un cataplasme. Pendant ce temps là, j'arrose les gonds de la porte, pour les empêcher de faire du bruit, et sortant dans la rue pour trouver mon cher galant, je m'appuie la tête contre le therme d' Apollon , et me tenant ferme au laurier, je présente le derrière au galant, comme les levrettes. Euripide n'a point su celui là ; non plus que comment nous nous le faisons faire par les esclaves et les... les muletiers, faute d'autres ; ni comment, après avoir passé la nuit dans le plaisir avec les galants, nous mâchons de l'ail le matin, afin que le mari revenant du rempart, ne se défie de rien. Euripide a-t'il jamais rien dit de tout cela ? Il a dit du mal de Phèdre ! Eh ! Bien, soit ; que cela nous fait il ? a t'il dit comment une femme adroite montrant au jour à son mari sa garde robe s'en sert comme d'un rideau à cacher le galant, qui s'échappe à la faveur de ce stratagème ? Je connais une femme qui fit accroire à son mari, dix jours de suite, qu'elle était en mal d'enfant, pendant qu'elle en faisait chercher un à acheter. Le pauvre homme, de son coté, courait de toutes parts chercher des remèdes pour faire accoucher. Enfin vient une vieille avec un enfant dans un pot, et l'enfant avait dans la bouche une boule de cire, pourqu'il ne criât point. Au signal de la vieille, la femme se met à crier : dehors, dehors ; mon cher mari ; je vais accoucher ; je sens l'enfant qui me donne des coups de pieds

ἐγὼ δὲ καταχέασα τοῦ στροφέως ὕδωρ ἐξῆλθον ὡς τὸν μοιχόν· εἶτʼ ἠρειδόμην παρὰ τὸν Ἀγυιᾶ κύβδʼ ἐχομένη τῆς δάφνης. ταῦτʼ οὐδεπώποτʼ εἶφʼ, ὁρᾶτʼ, Εὐριπίδης· οὐδʼ ὡς ὑπὸ τῶν δούλων τε κὠρεωκόμων σποδούμεθʼ, ἢν μὴ ʼχωμεν ἕτερον, οὐ λέγει· οὐδʼ ὡς ὅταν μάλισθʼ ὑπό του ληκώμεθα τὴν νύχθʼ, ἕωθεν σκόροδα διαμασώμεθα, ἵνʼ ὀσφρόμενος ἁνὴρ ἀπὸ τείχους εἰσιὼν μηδὲν κακὸν δρᾶν ὑποτοπῆται. ταῦθʼ, ὁρᾷς, οὐπώποτʼ εἶπεν. εἰ δὲ Φαίδραν λοιδορεῖ, ἡμῖν τί τοῦτʼ ἔστʼ; οὐδʼ ἐκεῖνʼ εἴρηκέ πω, ὡς ἡ γυνὴ δεικνῦσα τἀνδρὶ τοὔγκυκλον †ὑπʼ αὐγὰς † οἷόν ἐστιν, ἐγκεκαλυμμένον τὸν μοιχὸν ἐξέπεμψεν, οὐκ εἴρηκέ πω. ἑτέραν δʼ ἐγᾦδʼ ἣ ʼφασκεν ὠδίνειν γυνὴ δέχʼ ἡμέρας, ἔως ἐπρίατο παιδίον· ὁ δʼ ἀνὴρ περιέτρεχʼ ὠκυτόκιʼ ὠνούμενος· τὸ δʼ εἰσέφερε γραῦς ἐν χύτρᾳ τὸ παιδίον, ἵνα μὴ βόη, κηρίῳ βεβυσμένον· εἶθʼ ὡς ἔνευσεν ἡ φέρουσʼ, εὐθὺς βοᾷ, ‘ἄπελθʼ ἄπελθʼ, ἤδη γὰρ ὦνέρ μοι δοκῶ τέξειν.’ τὸ γὰρ ἦτρον τῆς χύτρας ἐλάκτισεν·
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dans le ventre (du pot). Le pauvre homme s'encourt de joie. Le vieille ôte la boule de cire et l'enfant crie. La fausse vieille aussitôt prend l'enfant, court au mari, et lui dit en riant : c'est un lion, c'est un lion, que ta femme a fait. C'est toi tout craché, il te ressemble en tout ; il a sa petite dille1 tout comme toi, ridée plissée comme une pomme de pin. Voilà ce que nous faisons, par Diane ; et nous trouvons mauvais qu' Euripide dise quelques bagatelles de nous ?

Le ch.

Voilà une femme d'un effronterie étonnante. Quelle contrée a pu nourrir un monstre de cette sorte ? Quoi ? Oser dire de pareilles impudences ? Tant il est vrai qu'il n'y a point de pierre sous laquelle il ne soit à craindre qu'il n'y ait quelqu'avocat (je voulais dire quelque scorpion) caché ! et que de tous les animaux, le plus impudent est la femme, quand elle s'y met.

Une femme.

Femmes ! C'est malavisé à vous, par Diane la chasseresse . Il faut que vous soyez ensorcelées, pour souffrir aussi patiemment que cette malheureuse nous insulte d'une manière si outrageante. Il faut sur le champ, nous et nos servantes, prendre de la cendre chaude, et lui griller les soies de son cochon, afin qu'elle apprenne, elle qui est femme, à ne point parler mal des autres femmes.

Mnési.

Femmes ! n'en faites rien, je vous conjure.

χὠ μὲν γεγηθὼς ἔτρεχεν, ἡ δʼ ἐξέσπασεν ἐκ τοῦ στόματος τοῦ παιδίου, τὸ δʼ ἀνέκραγεν. εἶθʼ ἡ μιαρὰ γραῦς, ἣ ʼφερεν τὸ παιδίον, θεῖ μειδιῶσα πρὸς τὸν ἄνδρα καὶ λέγει, ‘λέων λέων σοι γέγονεν, αὔτʼ ἔκμαγμα σόν, τά τʼ ἄλλʼ ἁπαξάπαντα καὶ τὸ πόσθιον τῷ σῷ προσόμοιον, στρεβλὸν ὥσπερ κύτταρον.’ ταῦτʼ οὐ ποιοῦμεν τὰ κακά; νὴ τὴν Ἄρτεμιν ἡμεῖς γε. κᾆτʼ Εὐριπίδῃ θυμούμεθα, οὐδὲν παθοῦσαι μεῖζον ἢ δεδράκαμεν; Χορός τουτὶ μέντοι θαυμαστόν, ὁπόθεν ηὑρέθη τὸ χρῆμα, χἤτις ἐξέθρεψε χώρα τήνδε τὴν θρασεῖαν οὕτω. τάδε γὰρ εἰπεῖν τὴν πανοῦργον κατὰ τὸ φανερὸν ὧδʼ ἀναιδῶς οὐκ ἂν ᾠόμην ἐν ἡμῖν οὐδὲ τολμῆσαί ποτʼ ἄν. ἀλλʼ ἅπαν γένοιτʼ ἂν ἤδη· τὴν παροιμίαν δʼ ἐπαινῶ τὴν παλαιάν· ὑπὸ λίθῳ γὰρ παντί νου χρὴ μὴ δάκῃ ῥητωρ ἀθρεῖν. Χορός ἀλλʼ οὐ γάρ ἐστι τῶν ἀναισχύτων φύσει γυναικῶν οὐδὲν κάκιον εἰς ἄπαντα πλὴν ἄρʼ εἰ γυναῖκες. Γυνὴ Α οὔ τοι μὰ τὴν Ἄγλαυρον ὦ γυναῖκες εὖ φρονεῖτε, ἀλλʼ ἢ πεφάρμαχθʼ ἢ κακόν τι μέγα πεπόνθατʼ ἄλλο, ταύτην ἐῶσαι τὴν φθόρον τοιαῦτα περιυβρίζειν ἡμᾶς ἁπάσας. εἰ μὲν οἶν τις ἔστιν· εἰ δὲ μή, ἡμεῖς αὐταί τε καὶ τὰ δουλάρια τέφραν ποθὲν λαβοῦσαι ταύτης ἀποψιλώσομεν τὸν χοῖρον, ἵνα διδαχθῇ γυνὴ γυναῖκας οὖσα μὴ κακῶς λέγειν τὸ λοιπόν. Μνησίλοχος μὴ δῆτα τόν γε χοῖρον ὦ γυναῖκες. εἰ γὰρ οὔσης
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Ne sommes nous pas libres ? n'était il pas permis de dire tout ce que l'on voudrait ? Quel mal ai-je fait de prendre le parti d' Euripide selon ma conscience ?

Une femme.

Tu prétends donc ne pas mériter punition, toi qui seule a osé entreprendre la défense d'un homme qui nous a fait tous les maux imaginables ? qui, quand il a eu des femmes à mettre sur la scène, a choisi tout exprès des Mélanippes , et des Phèdres ! n'y avait-il pas des Pénélopes ? Mais Pénélope étant sage, il n'a pas jugé à propos de nous faire honneur, en la mettant sur le théâtre.

Mnési.

Je vous en dirai bien la raison. Il n'y a pas une femme aujourd'hui qui ressemble à Pénélope ; nous sommes toutes des Phèdres ou quelque chose de pis.

Une femme.

Entendez vous, femmes ? Ce que cette effrontée vient encore de dire contre nous toutes.

Mnési.

Pardieu ! Je n'ai pas tout dit. Voulez-vous que j'achève ?

Une femme.

Il est impossible que tu en puisses dire davantage.

Mnési.

Vous vous trompez. Je n'ai pas dit la dix-millième partie de ce que nous faisons. Ai-je parlé de ces instruments en forme

παρρησίας κἀξὸν λέγειν ὅσαι πάρεσμεν ἀσταί, εἶτʼ εἶπον ἁγίγνωσκον ὑπὲρ Εὐριπίδου δίκαια, διὰ τοῦτο τιλλομένην με δεῖ δοῦναι δίκην ὑφʼ ὑμῶν; Γυνὴ Α οὐ γάρ σε δεῖ δοῦναι δίκην; ἥτις μόνη τέτληκας ὑπὲρ ἀνδρὸς ἀντειπεῖν, ὃς ἡμᾶς πολλὰ κακὰ δέδρακεν ἐπίτηδες εὑρίσκων λόγους, ὅπου γυνὴ πονηρὰ ἐγένετο, Μελανίππας ποιῶν Φαίδρας τε· Πηνελόπην δὲ οὐπώποτʼ ἐποίησʼ, ὅτι γυνὴ σώφρων ἔδοξεν εἶναι. Μνησίλοχος ἐγὼ γὰρ οἶδα ταἴτιον. Μίαν γὰρ οὐκ ἂν εἴποις τῶν νῦν γυναικῶν Πηνελόπην, Παίδρας δʼ ἁπαξαπάσας. Γυνὴ Α ἀκούετʼ ὦ γυναῖκες οἷʼ εἴρηκεν ἡ πανοῦργος ἡμᾶς ἁπάσας αὖθις αὖ. Μνησίλοχος καὶ νὴ Δίʼ οὐδέπω γε εἴρηχʼ ὅσα ξύνοιδʼ· ἐπεὶ βούλεσθε πλείονʼ εἴπω; Γυνὴ Α ἀλλʼ οὐκ ἂν ἔτʼ ἔχοις· ὅσα γὰρ ᾔδησθʼ ἐξέχεας ἅπαντα. Μνησίλοχος μὰ Δίʼ οὐδέπω τὴν μυριοστὴν μοῖραν ὧν ποιοῦμεν. ἐπεὶ τάδʼ οὐκ εἴρηχʼ, ὁρᾷς, ὡς στλεγγίδας λαβοῦσαι
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de manches d'étrilles dont nous nous servons pour....

Une femme.

Puisses-tu périr !

Mnési.

Ai-je dit, comment après avoir donné à nos maquerelles notre part du sacrifice des apaturies, nous disons que c'est le chat qui l'a mangée ?

Une femme.

Malheureuse !

Mnési.

Ai je dit qu'une telle femme a coupé le cou à son mari avec une hache ? qu'une autre lui a fait tourner la cervelle par des philtres ? que je sais une fille d' Acarne qui a enterré son père sous une cuve ?

Une femme.

Que la peste t'étouffe !

Une autre femme.

Peut on souffrir de pareils discours ?

Mnési.

Ai je dit qu'ayant mis au monde une fille, et ton esclave ayant accouché en même temps d'un garçon, tu fis un troc, et supposas le fils de l'esclave au lieu de ta fille.

Une femme.

Tu te repentiras de toutes ces insolences, car je t'arracherai toute ta toison, brin à brin.

Mnési.

Pardieu, tu ne me toucheras pas.

Une femme.

Voyons un peu.

ἔπειτα σιφωνίζομεν τὸν οἶνον. Γυνὴ Α ἐπιτριβείης. Μνησίλοχος ὥς τʼ αὖ τὰ κρέʼ ἐξ Ἀπατουρίων ταῖς μαστροποῖς διδοῦσαι ἔπειτα τὴν γαλῆν φαμεν— Γυνὴ Α τάλαινʼ ἐγώ· φλυαρεῖς. Μνησίλοχος οὐδʼ ὡς τὸν ἄνδρα τῷ πελέκει γυνὴ κατεσπόδησεν, οὐκ εἶπον· οὐδʼ ὡς φαρμάκοις ἑτέρα τὸν ἄνδρʼ ἔμηνεν, οὐδʼ ὡς ὑπὸ τῇ πυέλῳ κατώρυξέν ποτʼ— Γυνὴ Α ἐξόλοιο. Μνησίλοχος ἁχαρνικὴ τὸν πατέρα. Γυνὴ Α ταυτὶ δῆτʼ ἀνέκτʼ ἀκούειν; Μνησίλοχος οὐδʼ ὡς σὺ τῆς δούλης τεκούσης ἄρρεν εἶτα σαυτῇ τοῦθʼ ὑπεβάλου, τὸ σὸν δὲ θυγάτριον παρῆκας αὐτῇ. Γυνὴ Α οὔ τοι μὰ τὼ θεὼ σὺ καταπροίξει λέγουσα ταυτί, ἀλλʼ ἐκποκιῶ σου τὰς ποκάδας. Μνησίλοχος οὐ δὴ μὰ Δία σύ γʼ ἅψει. Γυνὴ Α καὶ μὴν ἰδού.
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338

Une autre.

Voyons ; c'est bien dit. Philesta , prends mon manteau.

Mnési.

Approche seulement ; et par Diane , je te...

Une femme.

Que me feras tu ?

Mnési.

Je te ferai sortir le pain d'épice que tu as mangé.

Le ch.

Cesse de nous dire des injures. Je vois venir une femme à la hâte. Qu'on se taise afin d'entendre ce qu'elle a à nous dire.



Clisthène. Le chœur . Des femmes. Mnésiloque. Clisthène.

Chères femmes, dont les mœurs conviennent si fort avec les miennes ! Vous ne doutez pas que je sois de vos amis. Il n'y a qu'à voir mes joues sans barbe. Je suis fou des femmes, et ma maison leur est connue. Comme vous savez donc que vos intérêts sont les miens, je vous dirai qu'ayant appris tout à l'heure à la place une chose qui vous regarde et qui est de la dernière conséquence, je suis venu vous avertir de prendre bien garde à vous.

Le chœur.

Qu'y a t'il donc mon fils ? car le moyen de t'appeler autrement, en te voyant les joues sans barbe.

Clis.

On dit qu' Euripide a envoyé ici aujourd'hui son beau frère, qui est un vieil homme.

Μνησίλοχος καὶ μὴν ἰδού. Γυνὴ Α λαβὲ θοἰμάτιον Φιλίστη. Μνησίλοχος πρόσθες μόνον, κἀγώ σε νὴ τὴν Ἄρτεμιν— Γυνὴ Α τί δράσεις; Μνησίλοχος τὸν σησαμοῦνθʼ ὃν κατέφαγες, τοῦτον χεσεῖν ποιήσω. Χορός παύσασθε λοιδορούμεναι· καὶ γὰρ γυνή τις ἡμῖν ἐσπουδακυῖα προστρέχει. πρὶν οὖν ὁμοῦ γενέσθαι, σιγᾶθʼ, ἵνʼ αὐτῆς κοσμίως πυθώμεθʼ ἅττα λέξει. Κλεισθένης φίλαι γυναῖκες ξυγγενεῖς τοὐμοῦ τρόπου· ὅτι μὲν φίλος εἴμʼ ὑμῖν, ἐπίδηλος ταῖς γνάθοις· γυναικομανῶ γὰρ προξενῶ θʼ ὑμῶν ἀεί. καὶ νῦν ἀκούσας πρᾶγμα περὶ ὑμῶν μέγα ὀλίγῳ τι πρότερον κατʼ ἀγορὰν λαλούμενον, ἥκω φράσων τοῦτʼ ἀγγελῶν θʼ ὑμῖν, ἵνα σκοπῆτε καὶ τηρῆτε μὴ καὶ προσπέσῃ ὑμῖν ἀφάρκτοις πρᾶγμα δεινὸν καὶ μέγα. Χορός τί δʼ ἔστιν ὦ παῖ; παῖδα γάρ σʼ εἰκὸς καλεῖν, ἕως ἂν οὕτως τὰς γνάθους ψιλὰς ἔχῃς. Κλεισθένης Εὐριπίδην φάσʼ ἄνδρα κηδεστήν τινα αὑτοῦ γέροντα δεῦρʼ ἀναπέμψαι τήμερον.
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339

Le ch.

A quel dessein ?

Clis.

Afin de lui tenir lieu d'espion parmi vous, et de savoir tout ce que vous resoudrez contre lui.

Le ch.

Et comment cet homme peut-il se cacher parmi les femmes ?

Clis.

Euripide lui a brûlé le poil, lui a arraché la barbe, et l'a habillé en femme.

Mnési.

Et vous le croyez ! Fadaises ! Est il un homme assez bête pour souffrir qu'on lui arrache le poil ? Vénérables Déesses ! pour moi, je n'en crois rien.

Clis.

Tu te moques. Est ce que je serais venu le dire, si je ne l'avais appris de gens qui le savent de bonne part.

Le ch.

Voilà une chose étrange que l'on nous découvre. Femmes ! Il n'y a pas de temps à perdre. Il faut chercher cet homme et tacher de le découvrir. Aide nous à faire cette recherche, toi qui nous a découvert la trahison, cher cher ami, afin que nous t'ayons deux obligations au lieu d'une.

Clis.

Voyons donc premièrement qui est celle ci.

Mnési.

Que deviendra quelqu'un que je dirais bien ?

Clis.

Ne trouvez pas mauvais, je vous en prie, si l'on vous examine.

Χορός πρὸς ποῖον ἔργον ἢ τίνος γνώμης χάριν; Κλεισθένης ἵνʼ ἅττα βουλεύοισθε καὶ μέλλοιτε δρᾶν, ἐκεῖνος εἴη τῶν λόγων κατάσκοπος. Χορός καὶ πῶς λέληθεν ἐν γυναιξὶν ὢν ἀνήρ; Κλεισθένης ἀφηῦσεν αὐτὸν κἀπέτιλʼ Εὐριπίδης καὶ τἄλλʼ ἅπανθʼ ὥσπερ γυναῖκʼ ἐσκεύασεν. Μνησίλοχος πείθεσθε τούτῳ ταῦτα; τίς δʼ οὕτως ἀνὴρ ἠλίθιος ὅστις τιλλόμενος ἠνείχετο; οὐκ οἴομαι ʼγωγʼ ὦ πολυτιμήτω θεώ. Κλεισθένης ληρεῖς· ἐγὼ γὰρ οὐκ ἂν ἦλθον ἀγγελῶν, εἰ μὴ ʼπεπύσμην ταῦτα τῶν σάφʼ εἰδότων. Χορός τὸ πρᾶγμα τουτὶ δεινὸν εἰσαγγέλλεται. ἀλλʼ ὦ γυναῖκες οὐκ ἐλινύειν ἐχρῆν, ἀλλὰ σκοπεῖν τὸν ἄνδρα καὶ ζητεῖν ὅπου λέληθεν ἡμᾶς κρυπτὸς ἐγκαθήμενος. καὶ σὺ ξυνέξευρʼ αὐτόν, ὡς ἂν τὴν χάριν ταύτην τε κἀκείνην ἔχῃς ὦ πρόξενε. Κλεισθένης φέρʼ ἴδω· τίς ἡ πρώτη σύ; Μνησίλοχος ποῖ τις τρέψεται; Κλεισθένης ζητητέαι γάρ ἐστε.
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340

Mnési.

Malheur à moi !

Une femme.

Est-ce que tu demandes qui je suis ? Je suis la femme de Cléonyme .

Clis.

Connaissez vous cette femme ?

Le ch.

Nous la connaissons. Aux autres.

Clis.

Qui est celle-ci, qui tient un enfant ?

Une femme.

C'est la nourrice de mon fils.

Mnési.

Je meurs de peur.

Clis.

Et toi, où vas-tu ? Demeure là. Quel mal as-tu ?

Mnési.

Laisse-moi pisser. Tu es bien effronté.

Clis.

Pisse ; je t'attendrai ici.

Le ch.

Attends là, et l'examine bien ; car nous ne la connaissons point.

Clis.

Tu es bien longtemps à pisser, ce me semble.

Mnési.

Oui, mon cher ; c'est que j'ai une strangu lation [?] causée pour avoir mangé hier du cresson.

Clis.

Quel cresson me contes tu ? Viens un peu à moi.

Μνησίλοχος κακοδαίμων ἐγώ. Γυνὴ Α ἔμʼ ἥτις εἴμʼ ἤρου; Κλεωνύμου γυνή. Κλεισθένης γιγνώσκεθʼ ὑμεῖς ἥτις ἔσθʼ ἥδʼ ἡ γυνή; Χορός γιγνώσκομεν δῆτʼ. ἀλλὰ τὰς ἄλλας ἄθρει. Κλεισθένης ἡδὶ δὲ δὴ τίς ἐστιν ἡ τὸ παιδίον ἔχουσα; Γυνὴ Α τίτθη νὴ Δίʼ ἐμή. Μνησίλοχος διοίχομαι. Κλεισθένης αὕτη σὺ ποῖ στρέφει; μένʼ αὐτοῦ. τί τὸ κακόν; Μνησίλοχος ἔασον οὐρῆσαί μʼ. Κλεισθένης ἀναίσχυντός τις εἶ. σὺ δʼ οὖν ποίει τοῦτʼ. ἀναμενῶ γὰρ ἐνθάδε. Χορός ἀνάμενε δῆτα καὶ σκόπει γʼ αὐτὴν σφόδρα· μόνην γὰρ αὐτὴν ὦνερ οὐ γιγνώσκομεν. Κλεισθένης πολύν γε χρόνον οὐρεῖς σύ. Μνησίλοχος νὴ Δίʼ ὦ μέλε· στραγγουριῶ γάρ· ἐχθὲς ἔφαγον κάρδαμα. Κλεισθένης τί καρδαμίζεις; οὐ βαδιεῖ δεῦρʼ ὡς ἐμέ;
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341

?

Mnési.

Pourquoi me tirer comme cela, moi qui suis malade ?

Clis.

Qui est ton homme ?

Mnési.

Tu demandes qui est mon mari ? C'est certain homme de Cothoques .

Clis.

Qui est il ? Comment a-t-il nom.

Mnési.

C'est chose, fils de chose.

Clis.

Tu te moques de moi. Es tu venue ici quelque autre fois ?

Mnési.

Eh ! Oui ! De par Dieu.

Clis.

Combien y a t'il ? et qui était ta compagne dans ta tente ?

Mnési.

Une telle.

Clis.

Tout cela et rien, c'est la même chose.

Une femme.

Retire toi. Je vais l'examiner comme il faut, en lui demandant des nouvelles de la dernière fête. Tiens-toi là, pour ne pas entendre ce qu'il n'est pas permis aux hommes de savoir. Et toi, dis moi, quelle est la première chose qu'on montra à la dernière fête ? Parle. Quelle fut la première chose ?

Μνησίλοχος τί δῆτά μʼ ἕλκεις ἀσθενοῦσαν; Κλεισθένης εἰπέ μοι, τίς ἔστʼ ἀνήρ σοι; Μνησίλοχος τὸν ἐμὸν ἄνδρα πυνθάνει; τὸν δεῖνα γιγνώσκεις, τὸν ἐκ Κοθωκιδῶν; Κλεισθένης τὸν δεῖνα; ποῖον; Μνησίλοχος ἔσθʼ ὁ δεῖνʼ, ὃς καί ποτε τὸν δεῖνα τὸν τοῦ δεῖνα— Κλεισθένης ληρεῖν μοι δοκεῖς. ἀνῆλθες ἤδη δεῦρο πρότερον; Μνησίλοχος νὴ Δία ὁσέτη γε. Κλεισθένης καὶ τίς σοὐστὶ συσκηνήτρια; Μνησίλοχος ἡ δεῖνʼ ἔμοιγʼ. Κλεισθένης οἴμοι τάλας, οὐδὲν λέγεις. Γυνὴ Α ἄπελθʼ. ἐγὼ γὰρ βασανιῶ ταύτην καλῶς ἐκ τῶν ἱερῶν τῶν πέρυσι· σὺ δʼ ἀπόστηθί μοι, ἵνα μὴ ʼπακούσῃς ὢν ἀνήρ. σὺ δʼ εἰπέ μοι ὅ τι πρῶτον ἡμῖν τῶν ἱερῶν ἐδείκνυτο.
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342

Mnési.

Nous bûmes.

La femme.

Après ? …

Mnési.

Nous portâmes des santés.

La femme.

Qui est ce qui te l'a dit ? ensuite ?

Mnési.

Celle qui était logée avec moi me demanda la terrine, faute de pot de chambre.

La femme.

Tu n'y es pas. Clisthène ! Viens ça, vois l'homme que tu nous as dit.

Clis.

Que faut-il que j'en fasse ?

La femme.

Dépouille-le ; car il ne dit rien à propos.

Mnési.

Quoi ? Vous dépouillerez une femme qui a fait neuf enfants ?

La femme.

Lâche la ceinture, impudent. Que cette femme prétendue me parait ferme et vigoureuse ! ma foi, déjà, elle n'a point de tétons comme nous.

Mnési.

C'est que je suis stérile, et n'ai jamais eu de lait.

La femme.

Tu disais tout à l'heure que tu avais eu neuf enfants ! Tiens toi droit. Où passes tu cet instrument ? le voilà qui se cachait. Peste ! qu'il est de belle couleur !

Μνησίλοχος φέρʼ ἴδω, τί μέντοι πρῶτον ἦν; ἐπίνομεν. Γυνὴ Α τί δὲ μετὰ τοῦτο δεύτερον; Μνησίλοχος προὐπίνομεν. Γυνὴ Α ταυτὶ μὲν ἤκουσάς τινος· τί δαὶ τρίτον; Μνησίλοχος σκάφιον Ξένυλλʼ ᾔτησεν· οὐ γὰρ ἦν ἀμίς. Γυνὴ Α οὐδὲν λέγεις. δεῦρʼ ἐλθὲ δεῦρʼ ὦ Κλείσθενες· ὅδʼ ἐστὶν ἁνὴρ ὃν λέγεις. Κλεισθένης τί οὖν ποιῶ; Γυνὴ Α ἀπόδυσον αὐτόν· οὐδὲν ὑγιὲς γὰρ λέγει. Μνησίλοχος κἄπειτʼ ἀποδύσετʼ ἐννέα παίδων μητέρα; Κλεισθένης χάλα ταχέως τὸ στρόφιον ὦναίσχυντε σύ. Γυνὴ Α ὡς καὶ στιβαρά τις φαίνεται καὶ καρτερά· καὶ νὴ Δία τιτθούς γʼ ὥσπερ ἡμεῖς οὐκ ἔχει. Μνησίλοχος στερίφη γάρ εἰμι κοὐκ ἐκύησα πώποτε. Γυνὴ Α νῦν· τότε δὲ μήτηρ ἦσθα παίδων ἐννέα. Κλεισθένης ἀνίστασʼ ὀρθός. ποῖ τὸ πέος ὠθεῖς κάτω; Γυνὴ Α τοδὶ διέκυψε καὶ μάλʼ εὔχρων ὦ τάλαν.
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(a) Suisas dit que les Corinthiens, pour abréger le chemin, faisaient passer leurs vaisseaux sur l' Isthme.

Clis.

Où est il ?

La femme.

Le voilà qui revient devant.

Clis.

Je ne le vois point.

La femme.

Il vient de repasser derrière.

Clis.

C'est donc ici l' Isthme de Corinthe (a) ? Tu mènes cet engin de coté et d'autre, comme les Corinthiens trainent leurs vaisseaux sur l' Isthme.

La femme.

Voilà donc le scélérat qui nous disait tant d'outrages pour défendre Euripide !

Mnési.

Malheureux ! en quel embarras me suis je jetté jeté moi-même !

La femme.

Que ferons nous ? Qu'on le garde exactement, et qu'il ne s'échappe pas. Je vais rendre compte de tout ceci aux Prytanes.

Le ch.

Allumons les lampes ! retroussons nos robes, et mettons le manteau bas, pour chercher s'il n'y a point encore quelqu'autre homme caché. Parcourons toute la place, les tentes et les rues.

Demi-chœur.

Courons d'un pied léger, et cherchons sans dire mot. Ne tardons point ; il faut user de diligence. Courons en rond. Suivez-moi ; cherchons d'un œil

Κλεισθένης καὶ ποῦ ʼστιν; Γυνὴ Α αὖθις ἐς τὸ πρόσθεν οἴχεται. Κλεισθένης οὐκ ἐνγεταυθί. Γυνὴ Α μἀλλὰ δεῦρʼ ἥκει πάλιν. Κλεισθένης ἰσθμόν τινʼ ἔχεις ὦνθρωπʼ· ἄνω τε καὶ κάτω τὸ πέος διέλκεις πυκνότερον Κορινθίων. Γυνὴ Α ὦ μιαρὸς οὗτος· ταῦτʼ ἄρʼ ὑπὲρ Εὐριπίδου ἡμῖν ἐλοιδορεῖτο. Μνησίλοχος κακοδαίμων ἐγώ, εἰς οἷʼ ἐμαυτὸν εἰσεκύλισα πράγματα. Γυνὴ Α ἄγε δὴ τί δρῶμεν; Κλεισθένης τουτονὶ φυλάττετε καλῶς, ὅπως μὴ διαφυγὼν οἰχήσεται· ἐγὼ δὲ ταῦτα τοῖς πρυτάνεσιν ἀγγελῶ. Χορός ἡμᾶς τοίνυν μετὰ τοῦτʼ ἤδη τὰς λαμπάδας ἁψαμένας χρὴ ξυζωσαμένας εὖ κἀνδρείως τῶν θʼ ἱματίων ἀποδύσας ζητεῖν, εἴ που κἄλλος τις ἀνὴρ ἀνελήλυθε, καὶ περιθρέξαι τὴν πύκνα πᾶσαν καὶ τὰς σκηνὰς καὶ τὰς διόδους διαθρῆσαι. Χορός εἶα δὴ πρώτιστα μὲν χρὴ κοῦφον ἐξορμᾶν πόδα καὶ διασκοπεῖν σιωπῇ πανταχῇ· μόνον δὲ χρὴ μὴ βραδύνειν, ὡς ὁ καιρός ἐστι μὴ μέλλειν ἔτι, ἀλλὰ τὴν πρώτην τρέχειν χρῆν ὡς τάχιστʼ ἤδη κύκλῳ. Χορός εἶά νυν ἴχνευε καὶ μάτευε ταχὺ πάντʼ,
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curieux s'il n'y a point d'autre homme caché. Par ici. Par là. Qu'on regarde partout. S'il ne se cache bien, il sera puni de manière à servir d'exemple aux téméraires qui méprisent les Dieux, et qui seront contraints de dire qu'il y a une providence qui veille sur les actes des hommes, et qui punit les méchants.

Le ch.

Il me semble qu'on a assez regardé partout. Je ne vois point d'autre hommes caché.



Une femme. Mnésiloque . Le chœur . Une autre femme. Une femme.

Ah ! Ah ! Où fuis tu ? L'homme ! L'homme ! Ne veux tu pas demeurer ? malheureuse que je suis ! malheureuse ! Il s'enfuit avec mon enfant qu'il m'a arraché du sein.

Mnési.

Crie tant que tu voudras ; tu ne l'auras point, si l'on ne me laisse aller ; mais je lui couperai les veines, et je l'égorgerai sur l'autel comme une victime.

La femme.

Malheur à moi ! Femmes ! ne me donnerez vous point de secours ? ne crierez vous point sur le ravisseur, pour le faire retourner ? Verrez vous avec indifférence, comme on m'enlève ma fille unique ?

Le ch.

Hélas ! Vénérables Parques ! quel nouveau prodige se présente à mes yeux ! il est donc vrai qu'il règne maintenant partout

εἴ τις ἐν τόποις ἑδραῖος ἄλλος αὖ λέληθεν ὤν. πανταχῇ δὲ ῥῖψον ὄμμα, καὶ τὰ τῇδε καὶ τὰ δεῦρο πάντʼ ἀνασκόπει καλῶς. Χορός ἢν γάρ με λάθῃ δράσας ἀνόσια, δώσει τε δίκην καὶ πρὸς τούτῳ τοῖς ἄλλοις ἀνδράσιν ἔσται παράδειγμʼ ὕβρεως ἀδίκων τʼ ἔργων ἀθέων τε τρόπων· φήσει δʼ εἶναί τε θεοὺς φανερῶς, δείξει τʼ ἤδη πᾶσιν ἀνθρώποις σεβίζειν δαίμονας [illisible] †δικαίως τʼ ἐφέποντας † ὅσια καὶ νόμιμα μηδομένους ποιεῖν ὅ τι καλῶς ἔχει. κἂν μὴ ποιῶσι ταῦτα τοιάδʼ ἔσται· αὐτῶν ὅταν ληφθῇ τις ἀνόσιόν τι δρῶν, †μανίαισ† φλέγων λύσσῃ παράκοπος, †εἴ τι δρῴη† πᾶσιν ἐμφανὴς ὁρᾶν ἔσται γυναιξὶ καὶ βροτοῖσιν, ὅτι τά τε παράνομα τά τʼ ἀνόσια παρὼν θεὸς ἀποτίνεται. ἀλλʼ ἔοιχʼ ἡμῖν ἅπαντά τως διεσκέφθαι καλῶς. οὐχ ὁρῶμεν γοῦν ἔτʼ ἄλλον οὐδένʼ ἐγκαθήμενον. Γυνὴ Α ἆ ποῖ σὺ φεύγεις; οὗτος οὗτος οὐ μενεῖς; τάλαινʼ ἐγὼ τάλαινα, καὶ τὸ παιδίον ἐξαρπάσας μοι φροῦδος ἀπὸ τοῦ τιτθίου. Μνησίλοχος κέκραχθι· τοῦτο δʼ οὐδέποτε σὺ ψωμιεῖς, ἢν μή μʼ ἀφῆτʼ· ἀλλʼ ἐνθάδʼ ἐπὶ τῶν μηρίων πληγὲν μαχαίρᾳ τῇδε φοινίας φλέβας καθαιματώσει βωμόν. Γυνὴ Α ὦ τάλαινʼ ἐγώ. γυναῖκες, οὐκ ἀρήξετʼ; οὐ πολλὴν βοὴν στήσεσθε καὶ τροπαῖον, ἀλλὰ τοῦ μόνου τέκνου με περιόψεσθʼ ἀποστερουμένην; Χορός ἔα ἔα. ὦ πότνιαι Μοῖραι τί τόδε δέρκομαι νεοχμὸν αὖ τέρας; ὡς ἅπαντʼ ἄρʼ ἐστὶ τόλμης μεστὰ κἀναισχυντίας.
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une impudence extrême ! Voyez ce qu'il a fait ! mes amies, voyez ce qu'il a fait.

Mnési.

Ce n'est encore que le commencement de ce que je prétends faire.

Le ch.

Quoi ? te reste-t-il encore quelque chose de plus noir à entreprendre ?

La femme.

Quoi de plus noir, que de m'avoir enlevé mon enfant ?

Le ch.

Que dire à tout cela, puisque ton impudence va jusqu'à n'en point rougir ?

Mnési.

Vous n'êtes pas au bout.

Le ch.

Tu n'en es pas non plus où tu penses. Ne crois pas te vanter que tu nous aies échappé. Tu seras puni.

Mnési.

Je souhaite qu'il n'en soit rien.

Le ch.

Quel Dieu peut prendre ta défense, dans de si grands crimes ?

Mnési.

Paroles perdues. Je ne laisserai point aller ceci.

Le ch.

Par les Déesses ! Tu ne triompheras pas longtemps de nous avoir outragées pas tes discours insolents. Nous te châtierons comme tu le mérites. Tu sentiras la fortune changée, et tu éprouveras son courroux. Manie ! Où es tu ? D'où vient que

οἷον αὖ δέδρακεν ἔργον, οἷον αὖ φίλαι τόδε. Μνησίλοχος οἷον ὑμῶν ἐξαράξω τὴν ἄγαν αὐθαδίαν. Χορός ταῦτα δῆτʼ οὐ δεινὰ πράγματʼ ἐστὶ καὶ περαιτέρω; Γυνὴ Α δεινὰ δῆθʼ, ὅστις γʼ ἔχει μου ʼξαρπάσας τὸ παιδίον. Χορός τί ἂν οὖν εἴποι πρὸς ταῦτά τις, ὅτε τοιαῦτα ποιῶν ὅδʼ ἀναισχυντεῖ; Μνησίλοχος κοὔπω μέντοι γε πέπαυμαι. Χορός ἀλλʼ οὖν ἥκεις γʼ ὅθεν οὐ φαύλως γʼ ἀποδρὰς λέξεις οἷον δράσας διέδυς ἔργον, λήψει δὲ κακόν. Μνησίλοχος τοῦτο μέντοι μὴ γένοιτο μηδαμῶς, ἀπεύχομαι. Χορός τίς οὖν σοι, τίς ἂν σύμμαχος ἐκ θεῶν ἀθανάτων ἔλθοι ξὺν ἀδίκοις ἔργοις; Μνησίλοχος μάτην λαλεῖτε· τὴν δʼ ἐγὼ οὐκ ἀφήσω. Χορός ἀλλʼ οὐ μὰ τὼ θεὼ τάχʼ οὐ χαίρων ἴσως ἐνυβριεῖς λόγους λέξεις τʼ ἀνοσίους ἐπʼ ἀθέοις ἔργοις· καὶ γὰρ ἀνταμειψόμεσθά σʼ ὥσπερ εἰκὸς ἀντὶ τῶνδε. τάχα δὲ μεταβαλοῦσʼ ἐπὶ κακὸν ἑτερότροπον ἐπέχει τύχη. ἀλλὰ τάσδε μὲν λαβεῖν χρῆν σʼ ἐκφέρειν τε τῶν ξύλων,
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?

tu n'as pas apporté ce bois pour brûler au plus tôt ce méchant ? allons aux fagots de Sar [?] . Je veux faire un tison de toi avant la fin du jour.

Mnési.

Allumez ; brulez ; je m'en moque. Et toi, malheureux enfant, dépouille ta robe ; on n'accuse de ta mort que ta mère seule. Mais qu'est-ce que je vois ? Cette petite fille est devenue une outre pleine de vin, qui avait même de petits patins . O ! femmes toujours altérées ! O ! femmes insatiables ! ivrognesses qui mettez tout en œuvre pour ne point manquer de vin ! quel profit pour les cabaretiers ! quelle ruine pour nous et pour tout le ménage ménage !

Une femme.

Entasse fagots sur fagots, ma bonne Manie .

Mnési.

Entasse, entasse. Mais réponds moi auparavant. As tu donc mis ce poupon au monde ?

La femme.

Hélas ! et je l'ai porté dix mois.

Mnési.

Tu l'as porté ?

La femme.

Oui, par Diane .

Mnési.

Tient il bien trois pintes ?

La femme.

Qu'as tu fait, impudent ? n'auras-tu pas délié mon enfant, un enfant si petit que cela ?

Mnési.

Si petit ?

καὶ καταίθειν τὸν πανοῦργον πυρπολεῖν θʼ ὅσον τάχος. Γυνὴ Α ἴωμεν ἐπὶ τὰς κληματίδας ὦ Μανία. κἀγώ σʼ ἀποδείξω θυμάλωπα τήμερον. Μνησίλοχος ὕφαπτε καὶ κάταιθε· σὺ δὲ τὸ Κρητικὸν ἀπόδυθι ταχέως· τοῦ θανάτου δʼ ὦ παιδίον μόνην γυναικῶν αἰτιῶ τὴν μητέρα. τουτὶ τί ἔστιν; ἀσκὸς ἐγένεθʼ ἡ κόρη οἴνου πλέως καὶ ταῦτα Περσικὰς ἔχων. ὦ θερμόταται γυναῖκες, ὦ ποτίσταται κἀκ παντὸς ὑμεῖς μηχανώμεναι πιεῖν, ὦ μέγα καπήλοις ἀγαθὸν ἡμῖν δʼ αὖ κακόν, κακὸν δὲ καὶ τοῖς σκευαρίοις καὶ τῇ κρόκῃ. Γυνὴ Α παράβαλλε πολλὰς κληματίδας ὦ Μανία. Μνησίλοχος παράβαλλε δῆτα· σὺ δʼ ἀπόκριναί μοι τοδί, τουτὶ τεκεῖν φῄς; Γυνὴ Α καὶ δέκα μῆνας αὔτʼ ἐγὼ ἤνεγκον. Μνησίλοχος ἤνεγκας σύ; Γυνὴ Α νὴ τὴν Ἄρτεμιν. Μνησίλοχος πρικότυλον ἢ πῶς; εἰπέ μοι. Γυνὴ Α τί μʼ ἠργάσω; ἀπέδυσας ὦναίσχυντέ μου τὸ παιδίον τυννοῦτον ὄν. Μνησίλοχος τυννοῦτο;
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La femme.

Oui, de par Dieu.

Mnési.

Quel âge a-t-il bien ? trois pintes ou quatre ?

La femme.

Environ. Il est des dernières vendanges. Mais rends le moi.

Mnési.

Par Apollon ! Je n'en ferai rien.

La femme.

Nous allons donc te brûler.

Mnési.

Brûlez. J'égorgerai cet enfant tout à l'heure.

La femme.

Eh ! non, je t'en prie. Fais plutôt de moi tout ce que tu voudras.

Mnési.

Tu es d'un bon naturel. Mais n'importe ; il sera égorgé.

La femme.

Hélas ! ma chère fille ! Manie , donne moi la coupe, que je reçoive au moins le sang de mon enfant.

Mnési.

Reçois, reçois le ; je ne te refuserai pas cette faveur.

La femme.

Peste de toi ! tu es aussi chiche qu'emporté !

Mnési.

La peau sera pour la prétresse.

La femme.

Que me dis tu qui sera pour la prêtresse ?

Mnési.

Tiens cela, toi.

Γυνὴ Α μικρὸν νὴ Δία. Μνησίλοχος πόσʼ ἔτη δὲ γέγονε; τρεῖς Χοᾶς ἢ τέτταρας; Γυνὴ Α σχεδὸν τοσοῦτον χὤσον ἐκ Διονυσίων. ἀλλʼ ἀπόδος αὐτό. Μνησίλοχος μὰ τὸν Ἀπόλλω τουτονί. Γυνὴ Α ἐμπρήσομεν τοίνυν σε. Μνησίλοχος πάνυ γʼ ἐμπίμπρατε· αὕτη δʼ ἀποσφαγήσεται μάλʼ αὐτίκα. Γυνὴ Α μὴ δῆθʼ, ἱκετεύω σʼ· ἀλλʼ ἔμʼ ὅ τι χρῄζεις ποίει ὑπέρ γε τούτου. Μνησίλοχος φιλότεκνός τις εἶ φύσει. ἀλλʼ οὐδὲν ἧττον ἥδʼ ἀποσφαγήσεται Γυνὴ Α οἴμοι τέκνον. δός μοι σφαγεῖον Μανία, ἵνʼ οὖν τό γʼ αἷμα τοῦ τέκνου τοὐμοῦ λάβω. Μνησίλοχος ὕπεχʼ αὐτό, χαριοῦμαι γὰρ ἕν γε τοῦτό σοι. Γυνὴ Α κακῶς ἀπόλοιʼ, ὡς φθονερὸς εἶ καὶ δυσμενής. Μνησίλοχος τουτὶ τὸ δέρμα τῆς ἱερείας γίγνεται. Γυνὴ Α τί τῆς ἱερείας γίγνεται; Μνησίλοχος τουτί. λαβέ.
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348

Autre femme.

Pauvre Mica ! qui t'a donc enlevé ta chère fille ?

La femme.

C'est le méchant homme que tu vois. Mais puisque te voilà, garde le bien, afin que prenant Clisthène avec moi, j'aille dire aux Prytanes tout ce que ce malheureux a fait.

Mnési.

Quel moyen me reste-t-il à présent de me sauver ? quelle invention ? Celui qui est cause de tout ceci, qui m'a précipité dans ce gouffre de maux, ne parait point encore. qui lui enverrai-je bien ? Je sais un bon moyen pour lui faire savoir de mes nouvelles, et je me souviens l'avoir vu dans son Palamède. J'écrirai que je souffre sur des rames, et je les jetterai ( comme Palamède jeta les siennes à la mer ). Peut être en parviendra-t-il quelqu'une jusqu'à lui (comme il en parvint au père de Palamède ). Mais, à propos ; je n'ai point de rames ; où trouverai-je bien des rames ? Si je jetais des images de bois au lieu de rames ? Ce n'est point mal inventé. C'est à peu près la même chose. Les rames sont de bois, et les images sont de bois aussi. Travaillez mes mains à tracer une lettre de nouvelle invention. Et vous, tablettes polies, recevez l'empreinte de mon stilet, annoncez à celui pour qui je souffre, quel est l'excès des tourments qu'on me prépare. Ahi ! Voilà une R qui ne vaut rien. Marchez, courez, partez, allez par toutes les rues, de ce coté-ci, de ce coté là, dépéchez vous.

Γυνὴ Γ ταλαντάτη Μίκκα τίς ἐξεκόρησέ σε; τίς τὴν ἀγαπητὴν παῖδά σοὐξῃρήσατο; Γυνὴ Α ὁ πανοῦργος οὗτος. ἀλλʼ ἐπειδήπερ πάρει, φύλαξον αὐτόν, ἵνα λαβοῦσα Κλεισθένη τοῖσιν πρυτάνεσιν ἃ πεποίηχʼ οὗτος φράσω. Μνησίλοχος ἄγε δὴ τίς ἔσται μηχανὴ σωτηρίας; τίς πεῖρα, τίς ἐπίνοιʼ; ὁ μὲν γὰρ αἴτιος κἄμʼ ἐσκυλίσας ἐς τοιαυτὶ πράγματα οὐ φαίνεταί πω. φέρε τίνʼ οὖν ἂν ἄγγελον πέμψαιμʼ ἐπʼ αὐτόν; οἶδʼ ἐγὼ καὶ δὴ πόρον ἐκ τοῦ Παλαμήδους· ὡς ἐκεῖνος, τὰς πλάτας ῥίψω γράφων. ἀλλʼ οὐ πάρεισιν αἱ πλάται. πόθεν οὖν γένοιντʼ ἄν μοι πλάται πόθεν; πόθεν; τί δʼ ἂν εἰ ταδὶ τἀγάλματʼ ἀντὶ τῶν πλατῶν γράφων διαρρίπτοιμι; βέλτιον πολύ. ξύλον γέ τοι καὶ ταῦτα κἀκεῖνʼ ἦν ξύλον. Μνησίλοχος ὦ χεῖρες ἐμαὶ ἐγχειρεῖν χρῆν ἔργῳ πορίμῳ. ἄγε δὴ πινάκων ξεστῶν δέλτοι, δέξασθε σμίλης ὁλκοὺς κήρυκας ἐμῶν μόχθων· οἴμοι τουτὶ τὸ ῥῶ μοχθηρόν· χώρει χώρει. ποίαν αὔλακα; βάσκετʼ ἐπείγετε πάσας καθʼ ὁδοὺς κείνᾳ ταύτᾳ· ταχέως χρή.
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349

Digression. Ou intermède.

Qu'il nous soit permis de faire une petite digression pour nous louer nous mêmes. Il est étrange que tout le monde prenne à tâche de dire du mal de toutes les femmes. On ne cesse de se plaindre que nous ne sommes nées que pour la ruine du genre humain ; que de nous, viennent les querelles, les dissensions, les chagrins, la guerre. Si cela est pourquoi nous épousez vous ? Pourquoi nous défendre de sortir de la maison ? Pourquoi trouver mauvais que nous présentions seulement la tête à la fenêtre ? Quelle rage avez vous de garder si soigneusement ce que vous apelez un mal ? Si une pauvre femme met le pied dehors, et que son mari la trouve, il entre en fureur ; au lieu qu'il devrait se réjouir et faire des sacrifices, en voyant sa maison délivrée d'un si grand mal. S'il arrive qu'une femme couche dans une maison étrangère, à cause que lasse de gambader, elle n'aura pu revenir chez elle ; il n'y a point de maison, point d'appartement, point de lit, où le mari jaloux n'aille la chercher. Regarde-t-elle par la porte ? Il dit aussitôt qu'elle cherche quelqu'un des yeux. Se retire t-elle par modestie, tout le monde voudrait qu'elle se montrât. Et puis vous les appelez la ruine des hommes ! Il est plus clair que le jour que nous valons mieux qu'eux. Vous dites que non ; et nous soutenons que si. Et pour le prouver, il n'y à qu'à nommer les uns et les autres, pour voir que ce sera vous qui serez condamnés sur l'étiquette. Lequel

Χορός ἡμεῖς τοίνυν ἡμᾶς αὐτὰς εὖ λέξωμεν παραβᾶσαι, καίτοι πᾶς τις τὸ γυναικεῖον φῦλον κακὰ πόλλʼ ἀγορεύει, ὡς πᾶν ἐσμὲν κακὸν ἀνθρώποις κἀξ ἡμῶν ἐστιν ἅπαντα, ἔριδες νείκη στάσις ἀργαλέα λύπη πόλεμος. φέρε δή νυν, εἰ κακόν ἐσμεν, τί γαμεῖθʼ ἡμᾶς, εἴπερ ἀληθῶς κακόν ἐσμεν, κἀπαγορεύετε μήτʼ ἐξελθεῖν μήτʼ ἐκκύψασαν ἁλῶναι, ἀλλʼ οὑτωσὶ πολλῇ σπουδῇ τὸ κακὸν βούλεσθε φυλάττειν; κἂν ἐξέλθῃ τὸ γύναιόν ποι, κᾆθʼ εὕρητʼ αὐτὸ θύρασιν, μανίας μαίνεσθʼ, οὓς χρῆν σπένδειν καὶ χαίρειν, εἴπερ ἀληθῶς ἔνδοθεν ηὕρετε φροῦδον τὸ κακὸν καὶ μὴ κατελαμβάνετʼ ἔνδον. κἂν καταδάρθωμεν ἐν ἀλλοτρίων παίζουσαι καὶ κοπιῶσαι, πᾶς τις τὸ κακὸν τοῦτο ζητεῖ περὶ τὰς κλίνας περινοστῶν. κἂν ἐκ θυρίδος παρακύπτωμεν, τὸ κακὸν ζητεῖτε θεᾶσθαι· κἂν αἰσχυνθεῖσʼ ἀναχωρήσῃ, πολὺ μᾶλλον πᾶς ἐπιθυμεῖ αὖθις τὸ κακὸν παρακύψαν ἰδεῖν. οὕτως ἡμεῖς ἐπιδήλως ὑμῶν ἐσμεν πολὺ βελτίους, βάσανός τε πάρεστιν ἰδέσθαι. βάσανον δῶμεν πότεροι χείρους. ἡμεῖς μὲν γάρ φαμεν ὑμᾶς, ὑμεῖς δʼ ἡμᾶς. σκεψώμεθα δὴ κἀντιτιθῶμεν πρὸς ἕκαστον, παραβάλλουσαι τῆς τε γυναικὸς καὶ τἀνδρὸς τοὔνομʼ ἑκάστου.
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350

vaut mieux, par exemple, de Carmin , ou de Nausimaque ? N'est ce pas celle ci ? Leurs œuvres parlent assez d'elles-mêmes. Cléophon n'est il pas pire cent fois que la fameuse courtisanne Salabacco ? Y a-t-il quelqu'un qui ose se comparer à la brave Aristomaque de Marathon, ou à Stratonice ? Et pour le conseil, est il quelqu'un des conseillers de l'année passée qui vaille Eubule ? il faut donc dire que nous valons beaucoup mieux que les hommes. Y a-t-il une femme qui ait jamais comparu en jugemens pour avoir dérobé à l'état 50 talents ? Le plus grand larcin qu'ait jamais fait une femme, aura été quelque boisseau de blé ; encore l'aura-t-elle rendu le même jour à son mari. Nous ferions voir aisément que c'est vous qui avez véritablement les défauts dont vous nous accusez. C'est vous qui êtes les gourmands, les filous, les fripons, les coquins ; c'est vous qui avez été moins capables que nous, de garder les anciennes pratiques. Nous avons conservé le métier tel que nous l'avons reçu de nos devancières, l'ensouple, la camette, la bobine, les paniers, le parasol. Au lieu que la plupart de ces méchants hommes ont perdu le bouclier avec la lance et laissé dans les combats tomber les armes de dessus leurs épaules. Il est donc vrai que nous aurions des reproches infinis à faire aux hommes. Mais nous nous arrêterons à ce seul article. Il eût été de la justice de décerner quelques honneurs à celles d'entre nous qui ont donné à la république des capitaines de

Ναυσιμάχης μέν γʼ ἥττων ἐστὶν Χαρμῖνος· δῆλα δὲ τἄργα. καὶ μὲν δὴ καὶ Κλεοφῶν χείρων πάντως δήπου Ξαλαβακχοῦς. πρὸς Ἀριστομάχην δὲ χρόνου πολλοῦ, πρὸς ἐκείνην τὴν Μαραθῶνι, καὶ Ξτρατονίκην ὑμῶν οὐδεὶς οὐδʼ ἐγχειρεῖ πολεμίζειν. ἀλλʼ Εὐβούλης τῶν πέρυσίν τις βουλευτής ἐστιν ἀμείνων παραδοὺς ἑτέρῳ τὴν βουλείαν; οὐδʼ αὐτὸς τοῦτό γε φήσεις. οὕτως ἡμεῖς πολὺ βελτίους τῶν ἀνδρῶν εὐχόμεθʼ εἶναι. οὐδʼ ἂν κλέψασα γυνὴ ζεύγει κατὰ πεντήκοντα τάλαντα ἐς πόλιν ἔλθοι τῶν δημοσίων· ἀλλʼ ἢν τὰ μέγισθʼ ὑφέληται φορμὸν πυρῶν τἀνδρὸς κλέψασʼ, αὐθημερὸν αὔτʼ ἀπέδωκεν. Χορός ἀλλʼ ἡμεῖς ἂν πολλοὺς τούτων ἀποδείξαιμεν ταῦτα ποιοῦντας. καὶ πρὸς τούτοις γάστριδας ἡμῶν ὄντας μᾶλλον καὶ λωποδύτας καὶ βωμολόχους κἀνδραποδιστάς. καὶ μὲν δήπου καὶ τὰ πατρῷά γε χείρους ἡμῶν εἰσιν σῴζειν· ἡμῖν μὲν γὰρ σῶν ἔτι καὶ νῦν τἀντίον ὁ κανὼν οἱ καλαθίσκοι τὸ σκιάδειον· τοῖς δʼ ἡμετέροις ἀνδράσι τούτοις ἀπόλωλεν μὲν πολλοῖς ὁ κανὼν ἐκ τῶν οἴκων αὐτῇ λόγχῃ, πολλοῖς δʼ ἑτέροις ἀπὸ τῶν ὤμων ἐν ταῖς στρατιαῖς ἔρριπται τὸ σκιάδειον. Χορός πόλλʼ ἂν αἱ γυναῖκες ἡμεῖς ἐν δίκῃ μεμψαίμεθʼ ἂν τοῖσιν ἀνδράσιν δικαίως, ἓν δʼ ὑπερφυέστατον. χρῆν γάρ, ἡμῶν εἰ τέκοι τις ἄνδρα χρηστὸν τῇ πόλει, ταξίαρχον ἢ στρατηγόν, λαμβάνειν τιμήν τινα,
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(a) Voyez dans Plutus.

(b) Voyez dans L'assemblée des femmes.

réputation ; par exemple quelque présé préséance à la fête de Thésée (a) , ou à celle du Chapeau blanc (b) , enfin dans toutes les autres fêtes dont nous faisons le service ; et que celle qui aurait enfanté un homme de nul mérite, comme un mauvais capitaine de galère ou de vaisseau, fût obligée d'être assise après celle qui aurait donné un brave homme à la république. Par quelle justice y a-t-il, o ! Ville d' Athènes ! que la mère d' Hyperbole , vêtue de blanc, et la tête ornée d'une chevelure flottante, soit assise auprès de la mère du grand Lamaque ? Il faudrait aussi que ces mères de poltrons, quand après avoir prêté de l'argent à intérêts, elles voudraient exiger le courant de leurs rentes de leurs créanciers, fussent bafouées, et qu'on leur dit : mérites tu des intérêts, toi qui t'es si peu intéressée à l'intérêt du public, que de lui avoir donné un poltron qui ne s'intéresse ni de sa gloire, ni de son profit ?



Mnésiloque . Une femme. Mnésiloque.

Je perdrai la vue, à force de regarder et d'attendre, et cet homme ne vient point. Qui peut l'arrêter ? Il aura grand honte quand il trouvera Palamède tout froid. Mais je m'avise d'un nouveau stratagème pour le faire venir. Je vais imiter la nouvelle Hélène ; aussi bien me voilà déjà tout habillé en femme.

Une femme.

Que machines tu ? que regardes tu ? Tu trouveras

προεδρίαν τʼ αὐτῇ δίδοσθαι Στηνίοισι καὶ Σκίροις ἔν τε ταῖς ἄλλαις ἑορταῖς αἷσιν ἡμεῖς ἤγομεν· εἰ δὲ δειλὸν καὶ πονηρὸν ἄνδρα τις τέκοι γυνή, ἢ τριήραρχον πονηρὸν ἢ κυβερνήτην κακόν, ὑστέραν αὐτὴν καθῆσθαι σκάφιον ἀποκεκαρμένην τῆς τὸν ἀνδρεῖον τεκούσης. τῷ γὰρ εἰκὸς ὦ πόλις τὴν Ὑπερβόλου καθῆσθαι μητέρʼ ἠμφιεσμένην λευκὰ καὶ κόμας καθεῖσαν πλησίον τῆς Λαμάχου, καὶ δανείζειν χρήμαθʼ, ᾗ χρῆν, εἰ δανείσειέν τινι καὶ τόκον πράττοιτο, διδόναι μηδένʼ ἀνθρώπων τόκον, ἀλλʼ ἀφαιρεῖσθαι βίᾳ τὰ χρήματʼ εἰπόντας τοδί, ἀξία γοῦν εἶ τόκου τεκοῦσα τοιοῦτον τόκον. Μνησίλοχος ἰλλὸς γεγένημαι προσδοκῶν· ὁ δʼ οὐδέπω. τί δῆτʼ ἂν εἴη τοὐμποδών; οὐκ ἔσθʼ ὅπως οὐ τὸν Παλαμήδην ψυχρὸν ὄντʼ αἰσχύνεται. τῷ δῆτʼ ἂν αὐτὸν προσαγαγοίμην δράματι; ἐγᾦδα· τὴν καινὴν Ἑλένην μιμήσομαι. πάντως ὑπάρχει μοι γυναικεία στολή. Γυνὴ Γ τί αὖ σὺ κυρκανᾷς; τί κοικύλλεις ἔχων;
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(c) Pris de l' Hélène d' Euripide

en moi une fâcheuse Hélène , si tu ne te tiens en repos, jusqu'à ce qu'il paraisse quelqu'un des Prytanes.



Mnésiloque en Hélène. Une femme. Mnési.

(c) Je vois du fameux Nil les ondes fertiles en jeunes beautés ; ondes, dont Jupiter au lieu de pluie arrose le terroir blanchi d'écume de l'Egypte habitée par un peuple qui use d'une boisson noire.

La femme.

Par Hécate porte-lumière ! Tu es bien méchante.

Mnési.

Pour moi, j'ai pour patrie une ville qui n'est point obscure ; c'est Sparte ; et Tindare est mon père.

La femme.

Tindare ? Fripon ! Dis plutot que c'est quelque vaurien vaurien comme Phrynondas .

Mnési.

Et je m'appelle Hélène .

La femme.

Tu deviens encore femme, avant que d'avoir porté la peine de ta première métamorphose.

Mnési.

Et tant de grandes âmes ont péri pour l'amour de moi sur les rives du Scamandre.

La femme.

Que n'y périssais-tu-aussi ?

Mnési.

Et moi je suis ici. Mais d'où vient que mon cher et malheureux époux Ménélaus ne

πικρὰν Ἑλένην ὄψει τάχʼ, εἰ μὴ κοσμίως ἕξεις, ἕως ἂν τῶν πρυτάνεών τις φανῇ. Μνησίλοχος Νείλου μὲν αἵδε καλλιπάρθενοι ῥοαί, ὃς ἀντὶ δίας ψακάδος Αἰγύπτου πέδον λευκῆς νοτίζει μελανοσυρμαῖον λεών. Γυνὴ Γ πανοῦργος εἶ νὴ τὴν Ἑκάτην τὴν φωσφόρον. Μνησίλοχος ἐμοὶ δὲ γῆ μὲν πατρὶς οὐκ ἀνώνυμος Σπάρτη, πατὴρ δὲ Τυνδάρεως. Γυνὴ Γ σοί γʼ ὦλεθρε πατὴρ ἐκεῖνός ἐστι; Φρυνώνδας μὲν οὖν. Μνησίλοχος Ἑλένη δʼ ἐκλήθην. Γυνὴ Γ αὖθις αὖ γίγνει γυνή, πρὶν τῆς ἑτέρας δοῦναι γυναικίσεως δίκην; Μνησίλοχος ψυχαὶ δὲ πολλαὶ διʼ ἔμʼ ἐπὶ Σκαμανδρίαις ῥοαῖσιν ἔθανον. Γυνὴ Γ ὤφελες δὲ καὶ σύ γε. Μνησίλοχος κἀγὼ μὲν ἐνθάδʼ εἴμʼ· ὁ δʼ ἄθλιος πόσις οὑμὸς Μενέλαος οὐδέπω προσέρχεται.
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parait point ? Méchants corbeaux, pourquoi me laissez vous encore en vie ? Je sens je ne sais quoi qui me chatouille le cœur. O ! grand Jupiter ! fais que l'espérance que je conçois ne soit point trompeuse.



Euripide en Ménélas. Mnésiloque en Hélène . La femme. Euripide.

Qui règne dans ce superbe palais ? qui sera-ce qui donnera généreusement le couvert à des étrangers fatigués de la tempête, et du naufrage qu'ils ont fait sur les ondes salées ?

Mnési.

C'est ici le palais de Protée .

Euri.

De quel Protée ?

La femme.

Le maudit menteur ! Il y a dix ans que la pauvre Protée est morte.

Euri.

En quelle région notre esquif est il abordé ?

Mnési.

En Egypte.

Euri.

O ! Malheureux ! où sommes nous tombés.

La femme.

Est-ce que tu crois ce scélérat qu'on va faire mourir de male mort ? Il se moque de toi. C'est ici le temple de Cérès et de sa fille .

Euri.

Et Protée est-il ici ? Est-il ailleurs ?

τί οὖν ἔτι ζῶ; Γυνὴ Γ τῶν κοράκων πονηρίᾳ. Μνησίλοχος ἀλλʼ ὥσπερ αἰκάλλει τι καρδίαν ἐμήν. μὴ ψεῦσον ὦ Ζεῦ τῆς ἐπιούσης ἐλπίδος. Εὐριπίδης τίς τῶνδʼ ἐρυμνῶν δωμάτων ἔχει κράτος, ὅστις ξένους δέξαιτο ποντίῳ σάλῳ κάμνοντας ἐν χειμῶνι καὶ ναυαγίαις; Μνησίλοχος Πρωτέως τάδʼ ἐστὶ μέλαθρα. Εὐριπίδης ποίου Πρωτέως; Γυνὴ Γ ὦ τρισκακόδαιμον, ψεύδεται νὴ τὼ θεώ, ἐπεὶ τέθνηκε Πρωτέας ἔτη δέκα. Εὐριπίδης ποίαν δὲ χώραν εἰσεκέλσαμεν σκάφει; Μνησίλοχος Αἴγυπτον. Εὐριπίδης ὦ δύστηνος οἷ πεπλώκαμεν. Γυνὴ Γ πείθει τι τούτῳ τῷ κακῶς ἀπολουμένῳ ληροῦντι λῆρον; Θεσμοφορεῖον τουτογί. Εὐριπίδης αὐτὸς δὲ Πρωτεὺς ἔνδον ἔστʼ ἢ ʼξώπιος;
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(a) On a fait voir dans la préface comment les chrétiens pensent autrement là dessus que ne pensaient les payens et même les juifs.

/Critylla ?

?

La femme.

Il faut, pauvre étranger, que la tempête t'ait renversé la cervelle, pour demander si Protée est à la maison, ou dehors, Protée qui est morte il y a si longtemps.

Euri.

Hélas ! la mort l'a donc ravi ? où est son tombeau ?

Mnési.

Le voici ; nous sommes assises tout auprès.

La femme.

Puisses-tu périr mille et mille fois, toi qui oses appeler un autel un tombeau (a) !

Euri.

D'où vient, belle Étrangère, que tu es assise auprès de ce monument, la tête couverte d'un voile ?

Mnési.

On veut me forcer à épouser le fils de Protée .

La femme.

Malheureux ! Pourquoi trompes tu cet étranger ? C'est un fripon qui a été surpris ici fourré parmi les femmes, pour leur voler leurs bijoux.

Mnési.

Crie tant que tu voudras et me charge d' injures. [?]

Euri.

Belle Étrangère ! qui est cette vieille qui ne cesse de t'interrompre ?

Mnési.

Elle ? C'est Théonée fille de Protée .

La femme.

Tu en as menti, par les Déesses. Je suis Cotyle fille d' Antithée , du canton de Garguet ; et toi, tu n'es qu'un fripon !

Γυνὴ Γ οὐκ ἔσθʼ ὅπως οὐ ναυτιᾷς ἔτʼ ὦ ξένε, ὅστις γʼ ἀκούσας ὅτι τέθνηκε Πρωτέας ἔπειτʼ ἐρωτᾷς ἔνδον ἔστʼ ἢ ʼξώπιος; Εὐριπίδης αἰαῖ τέθνηκε. ποῦ δʼ ἐτυμβεύθη τάφῳ; Μνησίλοχος τόδʼ ἐστὶν αὐτοῦ σῆμʼ, ἐφʼ ᾧ καθήμεθα. Γυνὴ Γ κακῶς τʼ ἄρʼ ἐξόλοιο κἀξολεῖ γέ τοι, ὅστις γε τολμᾷς σῆμα τὸν βωμὸν καλεῖν. Εὐριπίδης τί δὴ σὺ θάσσεις τάσδε τυμβήρεις ἕδρας φάρει καλυπτὸς ὦ ξένη; Μνησίλοχος βιάζομαι γάμοισι Πρωτέως παιδὶ συμμεῖξαι λέχος. Γυνὴ Γ τί ὦ κακόδαιμον ἐξαπατᾷς αὖ τὸν ξένον; οὗτος πανουργῶν δεῦρʼ ἀνῆλθεν ὦ ξένε ὡς τὰς γυναῖκας ἐπὶ κλοπῇ τοῦ χρυσίου. Μνησίλοχος βάυζε τοὐμὸν σῶμα βάλλουσα ψόγῳ. Εὐριπίδης ξένη τίς ἡ γραῦς ἡ κακορροθοῦσά σε; Μνησίλοχος αὕτη Θεονόη Πρωτέως. Γυνὴ Γ μὰ τὼ θεὼ εἰ μὴ Κρίτυλλά γʼ Ἀντιθέου Γαργηττόθεν· σὺ δʼ εἶ πανοῦργος.
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Mnési.

Dis tout ce que tu voudras ; mais sache que je n'épouserai point ton frère. Ce serait trahir mon cher époux Ménélaus qui est au siège de Troie.

Euri.

Femme ! que dis tu ? tourne vers moi tes yeux brillants.

Mnési.

J'ai honte de te regarder, après m'être défiguré les joues de peur de plaire au fils de Protée .

Euri.

Que vois je ? Je me sens interdit. O ! Dieux ! Est ce une apparition ? Qui es tu ?

Mnési.

Et toi-même, qui es tu ? Car un pareil étonnement nous a surpris tous deux.

Euri.

Es tu de Grèce, ou de ces contrées ?

Mnési.

Je suis Grecque ; mais toi, je veux aussi te connaitre.

Euri.

Je n'ai jamais rien vu de plus ressemblant à Hélène .

Mnési.

Ni moi, rien qui ressemble mieux à Ménélaus (par les sourcils).

Euri.

Tu connais le plus misérable de tous les hommes.

Mnési.

O ! Cher mari, si longtemps attendu par ta fidèle épouse ! que tu viens à propos pour me délivrer ! Prends moi, prends moi, donne moi tes bras, permets

Μνησίλοχος ὁπόσα τοι βούλει λέγε. οὐ γὰρ γαμοῦμαι σῷ κασιγνήτῳ ποτὲ προδοῦσα Μενέλεων τὸν ἐμὸν ἐν Τροίᾳ πόσιν. Εὐριπίδης γύναι τί εἶπας; στρέψον ἀνταυγεῖς κόρας. Μνησίλοχος αἰσχύνομαί σε τὰς γνάθους ὑβρισμένη. Εὐριπίδης τουτὶ τί ἔστιν; ἀφασία τίς τοί μʼ ἔχει. ὦ θεοὶ τίνʼ ὄψιν εἰσορῶ; τίς εἶ γύναι; Μνησίλοχος σὺ δʼ εἶ τίς; αὑτὸς γὰρ σὲ κἄμʼ ἔχει λόγος. Εὐριπίδης Ἑλληνὶς εἶ τις ἢ ʼπιχωρία γυνή; Μνησίλοχος Ἑλληνίς. ἀλλὰ καὶ τὸ σὸν θέλω μαθεῖν. Εὐριπίδης Ἑλένῃ σʼ ὁμοίαν δὴ μάλιστʼ εἶδον γύναι. Μνησίλοχος ἐγὼ δὲ Μενελάῳ σʼ ὅσα γʼ ἐκ τῶν ἰφύων. Εὐριπίδης ἔγνως ἄρʼ ὀρθῶς ἄνδρα δυστυχέστατον. Μνησίλοχος ὦ χρόνιος ἐλθὼν σῆς δάμαρτος ἐσχάρας λαβέ με λαβέ με πόσι, περίβαλε δὲ χέρας.
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que je t'embrasse ; emmène, emmène moi d'ici sans différer d'un instant.

La femme.

Quiconque entreprendra de t'emmener s'en repentira, par les deux Déesses, tant il [?] aura des coups de flambeau.

Euri.

Quoi ? Tu m'empêcheras d'emmener à Sparte ma femme, la fille de Tindare ?

La femme.

Il me semble que tu ne vaut pas mieux que l'autre, et que tu es du complot. Je comprends à présent ce que voulait dire tout ce galimathias d’ Égypte. Mais sache que celui que tu voulais délivrer, sera puni, car je vois venir le Prytane avec un archer.

Euri.

Cela ne vaut rien ; je me retire.

Mnési.

Et moi, malheureux que je suis, que deviendrai je ?

Euri.

Prends patience, et ne t'inquiète nullement. Je ne t'abandonnerai point, pendant que j'aurai un souffle de vie.

La femme.

Le pêcheur a perdu sa peine ; il n'y a rien de pris à cette ligne.



Le Prytane. Mnésiloque . La femme. Le Prytane.

Voilà donc le scélérat dont Clisthène nous a parlé ! Ho ! l'homme de bien ! pourquoi

φέρε σὲ κύσω. ἄπαγέ μʼ ἄπαγʼ ἄπαγέ με λαβὼν ταχὺ πάνυ. Γυνὴ Γ κλαύσετʼ ἄρα νὴ τὼ θεὼ ὅστις σʼ ἀπάξει τυπτόμενος τῇ λαμπάδι. Εὐριπίδης σὺ τὴν ἐμὴν γυναῖκα κωλύεις ἐμέ, τὴν Τυνδάρειον παῖδʼ, ἐπὶ Σπάρτην ἄγειν; Γυνὴ Γ οἴμʼ ὡς πανοῦργος καὐτὸς εἶναί μοι δοκεῖς καὶ τοῦδέ τις ξύμβουλος. οὐκ ἐτὸς πάλαι ᾐγυπτιάζετʼ. ἀλλʼ ὅδε μὲν δώσει δίκην. προσέρχεται γὰρ ὁ πρύτανις χὠ τοξότης. Εὐριπίδης τουτὶ πονηρόν· ἀλλʼ ὑπαποκινητέον. Μνησίλοχος ἐγὼ δʼ ὁ κακοδαίμων τί δρῶ; Εὐριπίδης μένʼ ἥσυχος. οὐ γὰρ προδώσω σʼ οὐδέποτʼ, ἤνπερ ἐμπνέω, ἢν μὴ προλίπωσʼ αἱ μυρίαι με μηχαναί. Μνησίλοχος αὕτη μὲν ἡ μήρινθος οὐδὲν ἔσπασεν. Πρύτανις ὅδʼ ἔσθʼ ὁ πανοῦργος ὃν ἔλεγʼ ἡμῖν Κλεισθένης; οὗτος τί
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baisses- tu la tête ? Archer ! qu'on le saisisse, qu'on le lie à une planche, et qu'on l'expose là. Ne le quitte point, et, armé d'un bon nerf de bœuf, donne sur tous ceux qui oseront s'en approcher.

La femme.

C'est bien dit ; car il est venu un drille marin qui a pensé me l'enlever.

Mnési.

Monseigneur le Prytane ! au nom de cette main droite que vous savez si bien plier pour prendre l'argent qu'on vous donne ; faites une légère faveur à un malheureux qui va mourir.

Le Pry.

De quoi s'agit il ?

Mnési.

Commandez à l'archer de me dépouiller tout nu, et de me lier de cette sorte contre la planche ; afin qu'un vieillard tel que je le suis ne soit point exposé avec des habits de femme à la risée des corbeaux à qui je dois donner à souper.

Le pry.

Le conseil a ordonné que tu fusses exposé avec tous ces habits, afin que ton impudence soit connue de tout le monde.

Mnési.

O ! Jupes détestables ! quel affront me faites vous ! O ! Désespoir !



Le Chœur.

Avançons. C'est à nous autres femmes de marquer

κύπτεις; δῆσον αὐτὸν εἰσάγων ὦ τοξότʼ ἐν τῇ σανίδι, κἄπειτʼ ἐνθαδὶ στήσας φύλαττε καὶ προσιέναι μηδένα ἔα πρὸς αὐτόν, ἀλλὰ τὴν μάστιγʼ ἔχων παῖʼ ἢν προσίῃ τις. Γυνὴ Γ νὴ Δίʼ ὡς νῦν δή γʼ ἀνὴρ ὀλίγου μʼ ἀφείλετʼ αὐτὸν ἱστιορράφος. Μνησίλοχος ὦ πρύτανι πρὸς τῆς δεξιᾶς, ἥνπερ φιλεῖς κοίλην προτείνειν ἀργύριον ἤν τις διδῷ, χάρισαι βραχύ τί μοι καίπερ ἀποθανουμένῳ. Πρύτανις τί σοι χαρίσωμαι; Μνησίλοχος γυμνὸν ἀποδύσαντά με κέλευε πρὸς τῇ σανίδι δεῖν τὸν τοξότην, ἵνα μὴ ʼν κροκωτοῖς καὶ μίτραις γέρων ἀνὴρ γέλωτα παρέχω τοῖς κόραξιν ἑστιῶν. Πρύτανις ἔχοντα ταῦτʼ ἔδοξε τῇ βουλῇ σε δεῖν, ἵνα τοῖς παριοῦσι δῆλος ᾖς πανοῦργος ὤν. Μνησίλοχος ἰαππαπαιάξ· ὦ κροκώθʼ οἷʼ εἴργασαι· κοὐκ ἔστʼ ἔτʼ ἐλπὶς οὐδεμία σωτηρίας. Χορός ἄγε νυν ἡμεῖς παίσωμεν ἅπερ νόμος ἐνθάδε ταῖσι γυναιξίν,
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la cadence par nos pas mesurés dans ces vénérables orgies consacrées aux Déesses, fêtes que Pauson célèbre religieusement en jeûnant et demandant dans ses vœux le plus ardents de les revoir souvent. Avancez. Reculez. Que ces pieds légers marquent un cercle parfait ; que les mains entrelacées ne se quittent point ; que l'on danse avec vitesse et que chacune ait l’œil sur toutes les autres pour le maintien de la cadence, et de la bonne grace. Chantez aussi les Dieux du ciel, et les célébrez avec la sainte fureur qui convient à une danse religieuse. Si quelqu'un s'attend que des femmes qui sont occupées à un acte de religion s'arrêtent à dire du mal des hommes, il se trompe. Mais il faut, par une nouveauté agréable, arréter les pas de ce chœur arrondi. Avance. Célèbre les louanges du Dieu de l'harmonie, et d' Artemis la chasseresse, la chaste reine. Honneur à celui qui lance ses traits si loin. O ! Dieu ! donne nous la victoire. Chantons aussi la parfaite Junon , puisqu'elle préside aux chœurs, et tient les clés du mariage. Honorons aussi Mercure berger, Pan , les nymphes ses amies, et les prions de marquer leur approbation par leurs ris. Dansons, femmes, dansons ; mais jeûnons aussi. C'est assez. Retourne en cadence et que le pied dansant en rond marque tous les mouvements de la symphonie. Seigneur Bacchus , couronné de lierres ! conduis nous et nous chanterons dans nos chœurs : vive

ὅταν ὄργια σεμνὰ θεοῖν ἱεραῖς ὥραις ἀνέχωμεν, ἅπερ καὶ Χορός Παύσων σέβεται καὶ νηστεύει, πολλάκις αὐτοῖν ἐκ τῶν ὡρῶν ἐς τὰς ὥρας ξυνεπευχόμενος τοιαῦτα μέλειν θάμʼ ἑαυτῷ. ὅρμα χώρει· κοῦφα ποσὶν ἄγʼ ἐς κύκλον, χειρὶ σύναπτε χεῖρα, ῥυθμὸν χορείας ὕπαγε πᾶσα· βαῖνε καρπαλίμοιν ποδοῖν. ἐπισκοπεῖν δὲ πανταχῇ κυκλοῦσαν ὄμμα χρὴ χοροῦ κατάστασιν. Χορός ἅμα δὲ καὶ γένος Ὀλυμπίων θεῶν μέλπε καὶ γέραιρε φωνῇ πᾶσα χορομανεῖ τρόπῳ. Χορός εἰ δέ τις προσδοκᾷ κακῶς ἐρεῖν ἐν ἱερῷ γυναῖκά μʼ οὖσαν ἄνδρας, οὐκ ὀρθῶς φρονεῖ. Χορός ἀλλὰ χρῆν ὥσπερ ἔργον αὖ τι καινὸν πρῶτον εὐκύκλου χορείας εὐφυᾶ στῆσαι βάσιν. Χορός πρόβαινε ποσὶ τὸν εὐλύραν μέλπουσα καὶ τὴν τοξοφόρον Ἄρτεμιν ἄνασσαν ἁγνήν. χαῖρʼ ὦ ἑκάεργε, ὄπαζε δὲ νίκην· Ἥραν δὲ τὴν τελείαν μέλψωμεν ὥσπερ εἰκός, ἣ πᾶσι τοῖς χοροῖσιν ἐμπαίζει τε καὶ κλῇδας γάμου φυλάττει. Χορός Ἑρμῆν τε νόμιον ἄντομαι καὶ Πᾶνα καὶ Νύμφας φίλας ἐπιγελάσαι προθύμως ταῖς ἡμετέραισι χαρέντα χορείαις. ἔξαιρε δὴ προθύμως διπλῆν χάριν χορείας. παίσωμεν ὦ γυναῖκες οἷάπερ νόμος, νηστεύωμεν δὲ πάντως. Χορός ἀλλʼ εἶα πάλλʼ ἀνάστρεφʼ εὐρύθμῳ ποδί, τόρευε πᾶσαν ᾠδήν· ἡγοῦ δέ γʼ ὧδʼ αὐτὸς σὺ κισσοφόρε Βάκχειε δέσποτʼ· ἐγὼ δὲ κώμοις σὲ φιλοχόροισι μέλψω.
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Bacchus ! Vive le fils de Sémèle , qui se plait à danser aux chansons avec les nymphes sur les montagnes, pendant que les échos du cithéron retentissent du bruit, que les sombres forets en frémissent, que le collines pierreuses en tremblent, et que le lierre entortillé autour de ta tête semble pousser des rejetons verdoyants.



Un archer . Mnésiloque . L'archer.

Toi faire ton pleureman là, tout à ton quemodité, à l'air.

Mnési.

Archer ! Je t'en prie.

L'archer.

Toi point prier moi.

Mnési.

Lâche un peu la cheville.

L'archer.

Si n'aitre pas un temante pien crant.

Mnési.

Ahi ! Malheureux ! tu serres encore davantage !

L'archer

Toi li fouloir encore pû tur ?

Mnési.

Ahi ! ahi ! puisses tu périr !

L'ar.

Toi foulle poin taire ton queule, tiaple te fieux ? Toi attendra pien moi là, que je fasse venir sur mon dos mon paillasse, pour carter toi.

Mnési.

Voilà ce que me vaut Euripide ; o ! Dieux !

Χορός εὔιον ὦ Διόνυσε Βρόμιε καὶ Σεμέλας παῖ, χοροῖς τερπόμενος κατʼ ὄρεα νυμφᾶν †ἐρατοῖσ† ἐν ὕμνοις, εὔιον εὔιον εὐοῖ [illisible] ἀναχορεύων. Χορός ἀμφὶ δὲ σοὶ κτυπεῖται Κιθαιρώνιος ἠχώ, μελάμφυλλά τʼ ὄρη δάσκια καὶ νάπαι πετρώδεις βρέμονται· κύκλῳ δὲ περὶ σὲ κισσὸς εὐπέταλος ἕλικι θάλλει. Τοξότης ἐνταῦτα νῦν οἰμῶξι πρὸς τὴν αἰτρίαν. Μνησίλοχος ὦ τοξόθʼ ἱκετεύω σε. Τοξότης μή μʼ ἰκετεῦσι σύ. Μνησίλοχος χάλασον τὸν ἧλον. Τοξότης ἀλλὰ ταῦτα δρᾶσʼ ἐγώ. Μνησίλοχος οἴμοι κακοδαίμων, μᾶλλον ἐπικρούεις σύ γε. Τοξότης ἔτι μᾶλλο βοῦλις; Μνησίλοχος ἀτταταῖ ἰατταταῖ· κακῶς ἀπόλοιο. Τοξότης σῖγα κακοδαίμων γέρον. πέρʼ ἐγὼ ʼξινίγκι πορμός, ἴνα πυλάξι σοι. Μνησίλοχος ταυτὶ τὰ βέλτιστʼ ἀπολέλαυκʼ Εὐριπίδου.
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Jupiter sauv sauveur ! je vois luire un rayon d'espoir. Cet homme ne m'abandonnera pas. Il me fait signe qu'il va paraitre en Persée . c'est à dire qu'il faut que je devienne Andromède . J'en ai déjà les liens. Il paraît qu'il vient pour me délivrer, car il ne va pas plus loin.



Euripide en Persée. Mnésiloque en Andromède . Euri.

Aimables et chères nymphes ! comment pourrai-je approcher et surprendre le Scythe ? O ! toi dont les regards pénètrent au fond des antres pour voir ce qu'y font tes Nymphes , Sois-moi favorable, o ! Diane ! et laisse moi approcher de cette femme malheureuse.

Mnési.

Quelle cruauté, de m'avoir ainsi lié ! J'étais prêt à me délivrer de cette vieille puante et infecte ; et me voilà encore pis. Ce cruel archer ne me quittera pas tant [?] qu'il ne m'ait vu manger par les corbeaux. Le voyez vous ? O ! Dieux ! Est ce ainsi que je me promettais de passer la fête avec les jeunes filles de mon âge ? au lieu de cela, je me trouve accablée de chaines et de liens, destinée à servir de pâture au monstre marin. Sont ce là les noces que le sort me promettait ? femmes ! Pleurez une fille digne de pitié ! Quel horrible malheur est le mien ! Mes proches

Hélas ! sont insensibles à mes cris ; et malgré mes larmes, je vais descendre dans les enfers. Hélas ! qu'est devenu celui qui m'a rasé la barbe, qui m'a fait prendre ces funestes habits, qui m'a porté à me présenter à ces mystères secrets qui ne sont permis qu'aux femmes ? Démon impitoyable ! inexorable parque ! Malheur à moi ! Qui est-ce, hélas ! qui jetera un œil de pitié sur les maux extrêmes que j'endure ? que l'astre brulant qui nous donne le jour puisse consumer ce maudit barbare qui me garde. Aussi bien, destiné comme je le suis par la colère des Déesses à passer chez les morts et finir ma vie par ce triste cordeau qui m'étouffe, je n'espère plus fuir jouir de cette lueur immortelle.



Euripide en Ménélas. Mnésiloque en Hélène. La femme. Euri.

Salut, ma chère enfant. Que les Dieux confondent ton père Céphée qui a eu la cruauté de t'exposer de cette sorte.

Mnési.

Qui es-tu, qui me témoignes de la compassion ?

Euri.

Je suis celle qui répète les voix et qui en rends les sons, et qui l'an passé servis Euripide dans une représentation qu'il donna en ce même lieu. Allons, mon enfant, voici ton rôle. Pleure et gémis d'une manière lamentable.

Mnési.

Et toi, pleure et gémis après.

ἔα· θεοί, Ζεῦ σῶτερ, εἰσὶν ἐλπίδες. ἁνὴρ ἔοικεν οὐ προδώσειν, ἀλλά μοι σημεῖον ὑπεδήλωσε Περσεὺς ἐκδραμών, ὅτι δεῖ με γίγνεσθʼ Ἀνδρομέδαν· πάντως δέ μοι τὰ δέσμʼ ὑπάρχει. δῆλον οὖν τοῦτʼ ἔσθʼ ὅτι ἥξει με σώσων· οὐ γὰρ ἂν παρέπτετο. Εὐριπίδης φίλαι παρθένοι φίλαι, πῶς ἂν οὖν ἐπέλθοιμι καὶ τὸν Σκύθην λάθοιμι; κλύεις; ὦ πρὸς αἰδοῦς σὲ τὰν ἐν ἄντροις, κατάνευσον, ἔασον ὡς τὴν γυναῖκά μʼ ἐλθεῖν. Μνησίλοχος ἄνοικτος ὅς μʼ ἔδησε τὸν πολυστονώτατον βροτῶν· μόλις δὲ γραῖαν ἀποφυγὼν σαπρὰν ἀπωλόμην ὅμως. ὅδε γὰρ ὁ Σκύθης πάλαι μοι φύλαξ ἐφεστὼς ὀλοὸν ἄφιλον ἐκρέμασεν κόραξι δεῖπνον. ὁρᾷς; οὐ χοροῖσιν οὐδʼ ὑφʼ ἡλίκων νεανίδων κημὸν ἕστηκʼ ἔχουσʼ, ἀλλʼ ἐν πυκνοῖς δεσμοῖσιν ἐμπεπλεγμένη κήτει βορὰ Γλαυκέτῃ πρόκειμαι, γαμηλίῳ μὲν οὐ ξὺν παιῶνι δεσμίῳ δὲ γοᾶσθέ μʼ ὦ γυναῖκες, ὡς μέλεα μὲν πέπονθα μέλεος, ὦ τάλας ἐγὼ τάλας,
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Hélas ! sont insensibles à mes cris ; et malgré mes larmes, je vais descendre dans les enfers. Hélas ! qu'est devenu celui qui m'a rasé la barbe, qui m'a fait prendre ces funestes habits, qui m'a porté à me présenter à ces mystères secrets qui ne sont permis qu'aux femmes ? Démon impitoyable ! inexorable parque ! Malheur à moi ! Qui est-ce, hélas ! qui jetera un œil de pitié sur les maux extrêmes que j'endure ? que l'astre brulant qui nous donne le jour puisse consumer ce maudit barbare qui me garde. Aussi bien, destiné comme je le suis par la colère des Déesses à passer chez les morts et finir ma vie par ce triste cordeau qui m'étouffe, je n'espère plus fuir jouir de cette lueur immortelle.

ἀπὸ δὲ συγγόνων τάλανʼ ἄνομα πάθεα, φῶτά τε λιτομέναν, πολυδάκρυτον Ἀίδα γόον †φεύγουσαν† αἰαῖ αἰαῖ ἒ ἒ, ὃς ἔμʼ ἀπεξύρησε πρῶτον, ὃς ἐμὲ κροκόεντʼ ἐνέδυσεν· ἐπὶ δὲ τοῖσδʼ ἐς τόδʼ ἀνέπεμψεν ἱερόν, ἔνθα γυναῖκες. ἰώ μοι μοίρας ἄτεγκτε δαίμων· ὦ κατάρατος ἐγώ· τίς ἐμὸν οὐκ ἐπόψεται πάθος ἀμέγαρτον ἐπὶ κακῶν παρουσίᾳ; εἴθε με πυρφόρος αἰθέρος ἀστὴρ— τὸν βάρβαρον ἐξολέσειεν. οὐ γὰρ ἔτʼ ἀθανάταν φλόγα λεύσσειν ἐστὶν ἐμοὶ φίλον, ὡς ἐκρεμάσθην, λαιμότμητʼ ἄχη δαιμόνων αἰόλαν νέκυσιν ἐπὶ πορείαν. Εὐριπίδης χαῖρʼ ὦ φίλη παῖ· τὸν δὲ πατέρα Κηφέα ὅς σʼ ἐξέθηκεν ἀπολέσειαν οἱ θεοί. Μνησίλοχος σὺ δʼ εἶ τίς ἥτις τοὐμὸν ᾤκτιρας πάθος; Εὐριπίδης Ἠχὼ λόγων ἀντῳδὸς ἐπικοκκάστρια, ἥπερ πέρυσιν ἐν τῷδε ταὐτῷ χωρίῳ Εὐριπίδῃ καὐτὴ ξυνηγωνιζόμην. ἀλλʼ ὦ τέκνον σὲ μὲν τὸ σαυτῆς χρὴ ποιεῖν, κλάειν ἐλεινῶς. Μνησίλοχος σὲ δʼ ἐπικλάειν ὕστερον.
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(c) Les échos du grec ne sont que des répétitions sans sel et sans esprit . On les a égayés dans cette traduction.

Euri.

Ce sera mon affaire. Commence seulement.

Mnési.

O ! nuit sacrée, que ta course est lente, que ton char avance peu sur le dos étoilé de l' Olympe dont la hauteur immense étonne ici nos sens !

Euri.

(c) ...innocents.

Mnési.

Triste Andromède que je suis ! quel abîme de maux m'accable ?

Euri.

...cable.

Mnési.

Je sens les horreurs de la mort.

Euri.

...mord.

Mnési.

Tu te moques de moi, vieille carcasse.

Euri.

...casse.

Mnési.

C'est bien dit, qui en aurait la force.

Euri.

...force.

Mnési.

Je ne puis.

Euri.

...Et puis ?

Mnési.

Encore ? Ne me laisseras tu pas me plaindre seul tout à mon aise ? C'est le seul soulagement

Εὐριπίδης ἐμοὶ μελήσει ταῦτά γʼ. ἀλλʼ ἄρχου λόγων. Μνησίλοχος ὦ νὺξ ἱερὰ ὡς μακρὸν ἵππευμα διώκεις ἀστεροειδέα νῶτα διφρεύουσʼ αἰθέρος ἱερᾶς τοῦ σεμνοτάτου διʼ Ὀλύμπου; Εὐριπίδης διʼ Ὀλύμπου. Μνησίλοχος τί ποτʼ Ἀνδρομέδα περίαλλα κακῶν μέρος ἐξέλαχον— Εὐριπίδης μέρος ἐξέλαχον— Μνησίλοχος θανάτου τλήμων; Εὐριπίδης θανάτου τλήμων; Μνησίλοχος ἀπολεῖς μʼ ὦ γραῦ στωμυλλομένη. Εὐριπίδης στωμυλλομένη. Μνησίλοχος νὴ Δίʼ ὀχληρά γʼ εἰσήρρηκας λίαν. Εὐριπίδης λίαν. Μνησίλοχος ὦγάθʼ ἔασόν με μονῳδῆσαι,
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des pauvres tourmentés.

Euri.

...mentez.

Mnési.

Va t'en au diable !

Euri.

… Diable ?

Mnési.

Sera-ce tantôt fait ?

Euri.

...tôt fait ?

Mnési.

On se moque de moi.

Euri.

...moi ?

Le Scythe.

Moi l'entendre quelqu'un qui raissonne.

Eurip.

…............................................sonne.

Le Scythe.

Moi lefair fenir montsir li présidan. moi tout asteure li appelle.

Euri.

...pelle.

Le Scy.

D'où li fenir sti voix ?

Euri.

...vois.

Le Scy.

Moi li fair bien pantir toi.

Euri.

...tire toi.

Le Scy.

Parti ! li aitre sti fam' fieille qui se proche par tefa tefant ma ma terriere. Parti, par monne foi, lui courir pien. arrête, arrête sti mautite fieille.

καὶ χαριεῖ μοι. παῦσαι. Εὐριπίδης παῦσαι. Μνησίλοχος βάλλʼ ἐς κόρακας. Εὐριπίδης βάλλʼ ἐς κόρακας. Μνησίλοχος τί κακόν; Εὐριπίδης τί κακόν; Μνησίλοχος ληρεῖς. Εὐριπίδης ληρεῖς. Μνησίλοχος οἴμωζʼ. Εὐριπίδης οἴμωζʼ. Μνησίλοχος ὀτότυζʼ. Εὐριπίδης ὀτότυζʼ. Τοξότης οὖτος σί λαλῖς; Εὐριπίδης οὖτος σί λαλῖς; Τοξότης πρυτάνεις καλέσω; Εὐριπίδης πρυτάνεις καλέσω; Τοξότης σί κακόν; Εὐριπίδης σί κακόν; Τοξότης πῶτε τὸ πωνή; Εὐριπίδης πῶτε τὸ πωνή; Τοξότης σὺ λαλῖς; Εὐριπίδης σὺ λαλῖς; Τοξότης κλαύσει. Εὐριπίδης κλαύσει. Τοξότης κακκάσκι μοι; Εὐριπίδης κακκάσκι μοι; Μνησίλοχος μὰ Δίʼ ἀλλὰ γυνὴ πλησίον αὕτη. Εὐριπίδης πλησίον αὕτη. Τοξότης ποῦ στʼ ηʼ μιαρά; καὶ δὴ πεύγει. ποῖ ποῖ πεύγεις; Εὐριπίδης ποῖ ποῖ πεύγεις; Τοξότης οὐ καιρήσεις; Εὐριπίδης οὐ καιρήσεις; Τοξότης ἔτι γὰρ γρύζεις; Εὐριπίδης ἔτι γὰρ γρύζεις; Τοξότης λαβὲ τὴ μιαρά. Εὐριπίδης λαβὲ τὴ μιαρά. Τοξότης λάλο καὶ κατάρατο γύναικο.
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/ à l'ancre ?

Euripide -Persée. Le Scythe . Mnésiloque -Andromède. Euri.

O ! Dieux ! en quelle région bar barbare ces ailes légères nous ont elles fait arriver ? J'ai fendu les airs avec mes pieds emplumés et orné de cette tête de Gorgone , j'ai pris la route d' Argos.

Le Scy.

Que tire stissi del tête del Corconne ? Lui appelle-t-il Corconne el tête de montsir le craiftier ?

Euri.

Oui ! Je dis que voilà la véritable tête de Gorgonne .

Le Scy.

Corconne soit ; que m'importe ?

Euri.

Quel est ce nua riva ge ? et quelle jeune et divine beauté se présente à mes yeux, attachée comme un navire qui est sur le fer ?

Mnési.

Généreux étranger ! prends pitié de mes malheurs, et brise mes liens.

Le Scy.

Toi poin parler. Toi mourir tantôt, et n'afre point libreté de parler. Toi rien dire tire.

Euri.

Charmante fille ! que je me sens ému de compassion, en te voyant dans l'état violent où tu es !

Εὐριπίδης ὦ θεοὶ τίνʼ ἐς γῆν βαρβάρων ἀφίγμεθα ταχεῖ πεδίλῳ; διὰ μέσου γὰρ αἰθέρος τέμνων κέλευθον πόδα τίθημʼ ὑπόπτερον Περσεὺς πρὸς Ἄργος ναυστολῶν τὸ Γοργόνος κάρα κομίζων. Τοξότης τί λέγι; τὴ Γόργος πέρι τὸ γραμματέο σὺ τὴ κεπαλή; Εὐριπίδης τὴν Γοργόνος ἔγωγε φημί. Τοξότης Γόργο τοι κἀγὼ λέγι. Εὐριπίδης ἔα· τίνʼ ὄχθον τόνδʼ ὁρῶ καὶ παρθένον θεαῖς ὁμοίαν ναῦν ὅπως ὡρμισμένην; Μνησίλοχος ὦ ξένε κατοίκτιρόν με τὴν παναθλίαν, λῦσόν με δεσμῶν. Τοξότης οὐκὶ μὶ λαλῆσι σύ; κατάρατο τολμᾷς ἀποτανουμένη λαλᾷς; Εὐριπίδης ὦ παρθένʼ οἰκτίρω σὲ κρεμαμένην ὁρῶν.
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Le Scy.

Lui poin fierche. lui pêcheur fieille ; lui foleur méchant.

Euri.

Tu te moques, barbare ; je ne vois que trop que c'est Andromède , fille de Céphée .

Le Scy.

Lui poin Dermède . Toi voir plitôt l'istoire qu'il afre bien cros.

Euri.

Souffre, mon cher, que je lui donne la main, et que je touche cette jeune beauté. Chacun a sa maladie ; pour moi, la mienne est d'être amoureux de cette Andromède .

Le Scy.

Parti, toi li fair l'amour tant que le foutras ; moi poin chaloux.

Euri.

Pourquoi donc ne me permettrais tu pas de la délier et de l'emmener coucher avec moi puisque j'en veux faire ma femme ?

Le Scy.

Toi poin tdélier lui ; sinon moi tonne de l'étrivière.

Euri.

Je la délierai pourtant.

Le Scy.

Parti, moi coupe tête.

Euri.

Hélas ! que ferai-je ? quelles raisons pourrai-je inventer ? mais des raisons à un Scyth un Scythe ! eh ! ce sont discours perdus. Je vais songer à

Τοξότης οὐ παρτένʼ ἐστίν, ἀλλʼ ἀμαρτωλὴ γέρων καὶ κλέπτο καὶ πανοῦργο. Εὐριπίδης ληρεῖς ὦ Σκύθα. αὕτη γάρ ἐστιν Ἀνδρομέδα παῖς Κηφέως. Τοξότης σκέψαι τὸ κύστο· μή τι μικτὸν παίνεται; Εὐριπίδης φέρε δεῦρό μοι τὴν χεῖρʼ, ἵνʼ ἅψωμαι κόρης· φέρε Σκύθʼ· ἀνθρώποισι γὰρ νοσήματα ἅπασίν ἐστιν· ἐμὲ δὲ καὐτὸν τῆς κόρης ταύτης ἔρως εἴληφεν. Τοξότης οὐ ζηλῶσί σε· ἀτὰρ εἰ τὸ πρωκτὸ δεῦρο περιεστραμμένον, οὐκ ἐπτόνησά σʼ αὐτὸ πυγίζεις ἄγων. Εὐριπίδης τί δʼ οὐκ ἐᾷς λύσαντά μʼ αὐτὴν ὦ Σκύθα πεσεῖν ἐς εὐνὴν καὶ γαμήλιον λέχος; Τοξότης εἰ σπόδρʼ ἐπιτυμεῖς τὴ γέροντο πύγισο, τὴ σανίδο τρήσας ἐξόπιστο πρώκτισον. Εὐριπίδης μὰ Δίʼ ἀλλὰ λύσω δεσμά. Τοξότης μαστιγῶ σʼ ἄρα. Εὐριπίδης καὶ μὴν ποιήσω τοῦτο. Τοξότης τὸ κεπαλή σʼ ἄρα τὸ ξιπομάκαιραν ἀποκεκόψι τουτοϊ. Εὐριπίδης αἰαῖ· τί δράσω; πρὸς τίνας στρεφθῶ λόγους; ἀλλʼ οὐ γὰρ ἂν δέξαιτο βάρβαρος φύσις. σκαιοῖσι γάρ τοι καινὰ προσφέρων σοφὰ μάτην ἀναλίσκοις ἄν, ἀλλʼ ἄλλην τινὰ
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quelqu'autre machine.

Le Scy.

Foyez donc, sti méchant renard, comme lui foutre tromper moi.

Mnési.

Souviens toi Persée , comme tu m'abandonnas au milieu de mes malheurs.

Le Scy.

Et toi foutre poin incore in pti folée de coups d'étrivières ?



Le chœur.

Je veux invoquer Pallas qui se plait à nos danses ; je veux inviter à nos jeux cette vierge divine qui n'a jamais subi le joug ; la puissante protectrice de notre ville, qui en tient les clés et l'honore de sa bienveillance. Montre toi, Déesse ennemie des tyrans ! les femmes assemblées t'appellent. Viens, et amène avec toi la paix amie des fêtes. Venez aimables Déesses ; laissez vous fléchir à nos vœux ; venez dans ce bois sacré où il n'est pas permis aux hommes de pénétrer les mystères que nous célébrons. Venez ; faites briller les feux dont vos beaux yeux sont animés. Venez, adorable Cérès , et vous, belle Proserpine . Et si jamais vous avez prêté l'oreille à nos prières le plus ardentes, laissez vous encore fléchir à celles ci.



Euripide . Le chœur . Euri.

Mes dames ! faisons la paix, je vous en conjure. Je vous promets de ne plus dire de mal de vous .

τούτῳ πρέπουσαν μηχανὴν προσοιστέον. Τοξότης μιαρὸς ἀλώπηξ, οἶον ἐπιτήκιζί μοι. Μνησίλοχος μέμνησο Περσεῦ μʼ ὡς καταλείπεις ἀθλίαν. Τοξότης ἔτι γὰρ σὺ τὴ μάστιγαν ἐπιτυμεῖς λαβεῖν; Χορός Παλλάδα τὴν φιλόχορον ἐμοὶ δεῦρο καλεῖν νόμος ἐς χορόν, παρθένον ἄζυγα κούρην, Χορός ἣ πόλιν ἡμετέραν ἔχει καὶ κράτος φανερὸν μόνη κλῃδοῦχός τε καλεῖται. Χορός φάνηθʼ ὦ τυράννους στυγοῦσʼ ὥσπερ εἰκός. Χορός δῆμός τοί σε καλεῖ γυναικῶν· ἔχουσα δέ μοι μόλοις εἰρήνην φιλέορτον. Χορός ἥκετʼ εὔφρονες ἵλαοι, πότνιαι, ἄλσος ἐς ὑμέτερον, οὗ δὴ ἀνδράσιν οὐ θέμις εἰσορᾶν ὄργια σεμνὰ θεοῖν, ἵνα λαμπάσι φαίνετον ἄμβροτον ὄψιν. μόλετον ἔλθετον, ἀντόμεθʼ ὦ Θεσμοφόρω πολυποτνία, Χορός εἰ καὶ πρότερόν ποτʼ ἐπηκόω ἤλθετον, ἔλθετε νῦν, ἀφίκεσθʼ ἱκετεύομεν ἐνθάδε χἠμῖν. Εὐριπίδης γυναῖκες εἰ βούλεσθε τὸν λοιπόν χρόνον σπονδὰς ποιήσασθαι πρὸς ἐμέ, νυνὶ πάρα, ἐφʼ ᾧτʼ ἀκοῦσαι μηδὲν ὑπʼ ἐμοῦ μηδαμὰ κακὸν τὸ λοιπόν. ταῦτʼ ἐπικηρυκεύομαι.
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Le ch.

Qui te porte à nous faire ces avances ?

Euri.

Eh ! Ne voyez vous pas mon pauvre beau frère attaché à cette planche ? Je jure que si vous me permettez de le remmener, je ne ferai plus de portraits désavantageux de vous. Mais aussi, si vous me refusez, vous pouvez compter que je vais faire devant toutes les troupes que voilà un ample récit de ce que vous faites à la maison.

Le ch.

Pour ce qui nous regarde, nous consentons que tu emmènes ton beau-frère. Mais ce malotru de Scythe ne le voudra pas. C'est à toi de le persuader.



Euripide en vieille, avec une fille et une joueuse de flûte. Le Scythe . Euri.

C'est mon affaire cela. Mais pour toi, ma pauvre Elaphion , il faut te souvenir de ce que je t'ai dit par les chemins. Marche et carre toi comme il faut. Et toi, mon enfant, joue sur la flute un air Persique.

Le Scy.

Quel pruit me réfeille ? Est ce qu'on tanse ?

Euri.

Ce n'est rien, mon bon monsieur, rien ce n'est. C'est seulement que cette bonne enfant prélude pour une danse que nous allons faire chez des hommes de nos amis.

Χορός χρείᾳ δὲ ποίᾳ τόνδʼ ἐπεσφέρεις λόγον; Εὐριπίδης ὅδʼ ἐστὶν οὑν τῇ σανίδι κηδεστὴς ἐμός. ἢν οὖν κομίσωμαι τοῦτον, οὐδὲν μή ποτε κακῶς ἀκούσητʼ· ἢν δὲ μὴ πίθησθέ μοι, ἃ νῦν ὑποικουρεῖτε τοῖσιν ἀνδράσιν ἀπὸ τῆς στρατιᾶς παροῦσιν ὑμῶν διαβαλῶ. Χορός τὰ μὲν παρʼ ἡμῶν ἴσθι σοι πεπεισμένα· τὸν βάρβαρον δὲ τοῦτον αὐτὸς πεῖθε σύ. Εὐριπίδης ἐμὸν ἔργον ἐστίν· καὶ σὸν ὦλάφιον ἅ σοι καθʼ ὁδὸν ἔφραζον ταῦτα μεμνῆσθαι ποιεῖν. πρῶτον μὲν οὖν δίελθε κἀνακάλπασον. σὺ δʼ ὦ Τερηδὼν ἐπαναφύσα Περσικόν. Τοξότης τί τὸ βόμβο τοῦτο; κῶμο τίς ἀνεγεῖρί μοι Εὐριπίδης ἡ παῖς ἔμελλε προμελετᾶν ὦ τοξότα. ὀρχησομένη γὰρ ἔρχεθʼ ὡς ἄνδρας τινάς.
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Le Scy.

Lui prelute, et lui tanse ! moi poin faire pestacle. Lui saute pien. Parti lui léchair comme un puce sur un pis de mouton.

Euri.

Hausse un peu la cotte, mon enfant ; et t'assieds sur les genoux du Scythe. Etends tes jambes que je détache tes souliers.

Le Scy.

Fort pien, fort pien. Toi sier, toi sier sur mon chenou, mon ptite carçonnet. Parti lui afre le teton pien tur, et li aitre tout rond comme un poule.

Euri.

Joue donc ; est-ce que tu as peur du Scythe ?

Le Scy.

Lui afre un pon cros terriere.

Euri.

Qui est ce pelé que je vois là, qui montre sa tête, et puis la cache ? ne demeureras-tu pas au logis ?

Le Scy.

Son maison li aitre à présent trop crandement petite.

Euri.

C'est assez. Prends ton manteau. Il est temps que nous allions.

Le Scy.

Quoi ? poin paiser moi ?

Euri.

Il a raison, baise le.

Le Scy.

Ah ! qu'il aitre pien tous sti langue !

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Cent fois pli meilleur que le miel attique. Pourquoi poin couchair in pti carteure contre moi ?

Euri.

Adieu, monsieur l'archer. Cela ne se peut pas.

Le Scy.

Si fait, mon pti pon fame ; moi prie toi pien fort.

Euri.

Me donneras-tu une draqme ?

Le Scy.

Moi tonne tout.

Euri.

Voyons l'argent.

Le Scy.

Moi poin l'archant. Toi prends mon carquoi.

Euri.

A condition que nous trouverons de l'argent dessus.

Le Scy.

Toi fenir afec moi, ma choli pti carçonne. Et toi carte pien sti fieille homme-fame. Comant pelle ton nome ?

Euri.

Artémisia .

Le Scy.

Moi pien souvenir del nome. Artomouxia .



Euripide . Mnésiloque . Euri.

O ! Mercure ! Inventeur de la fraude ! Je te suis redevable de celle-ci. Va t'en toi et emmène cet enfa enfant, je vais délier celui-ci. Pour toi, aussitôt

Τοξότης ὀρκῆσι καὶ μελετῆσι, οὐ κωλύσʼ ἐγώ. ὡς ἐλαπρός, ὥσπερ ψύλλο κατὰ τὸ κῴδιο. Εὐριπίδης φέρε θοἰμάτιον ἄνωθεν ὦ τέκνον τοδί· καθιζομένη δʼ ἐπὶ τοῖσι γόνασι τοῦ Σκύθου τὼ πόδε πρότεινον, ἵνʼ ὑπολύσω. Τοξότης ναῖκι ναὶ κάτησο κάτησο, ναῖκι ναῖκι τυγάτριον. οἴμʼ ὠς στέριπο τὸ τιττἴ, ὤσπερ γογγύλη. Εὐριπίδης αὔλει σὺ θᾶττον· ἔτι δέδοικας τὸν Σκύθην; Τοξότης καλό γε τὸ πυγή. κλαῦσί γʼ ἂν μὴ ʼνδον μένῃς. ἀνακύπτι καὶ παρακύπτι ἀπεψωλημένος· εἶεν· καλὴ τὸ σκῆμα περὶ τὸ πόστιον. Εὐριπίδης καλῶς ἔχει. λαβὲ θοἰμάτιον· ὥρα ʼστὶ νῷν ἤδη βαδίζειν. Τοξότης οὐκὶ πιλῆσι πρῶτά με; Εὐριπίδης πάνυ γε· φίλησον αὐτόν. Τοξότης ὂ ὂ ὂ παπαπαπαῖ,
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que je t'aurai délié, ne manque pas de t'enfuir au plus vite, et de te rendre au logis auprès de ta femme et de tes enfants.

Mnési.

J'en aurai soin si je puis une fois me voir libre.

Euri.

Te voilà en liberté ; c'est à toi maintenant à trouver tes jambes, avant que le Scythe revienne.

Mnési.

C'est ce que je fais.



Le Scythe . Le chœur . Le Scythe.

Parti li ponne fieille. Li afre un pon pti carçonnette. Li pien tousse. Li poin refaiche. Où li aitre sti fieille ? Ah ! moi poin foir lui. Moi pertu. Moi point troufair mon crémenel. Fieille ! hau ! fieille ! Moi poin contant de sti fieille. Artomouxia ! hau ! La méchante m'afre choué d'un tour. Moi courir après tous les teux. Mais que faire ? où est sti fieille ? Artomouxia , hau !

Le ch.

Appelles-tu la vieille qui avait des flûtes ?

Le Scy.

Eh ! oui. fous l'afre point vue ?

Le ch.

Elle est allée par là et un vieillard avec.

Le Scy.

Et le fieillard afre un rope chau chaune ?

Le ch.

Il en avait une.

Le Scy.

Ah ! tannée fieille ! Par où courir ? Artomouxia !

ὠς γλυκερὸ τὸ γλῶσσʼ, ὤσπερ Ἀττικὸς μέλις. τί οὐ κατεύδει παρʼ ἐμέ; Εὐριπίδης χαῖρε τοξότα, οὐ γὰρ γένοιτʼ ἂν τοῦτο. Τοξότης ναὶ ναὶ γρᾴδιο. ἐμοὶ κάρισο σὺ τοῦτο. Εὐριπίδης δώσεις οὖν δραχμήν; Τοξότης ναὶ ναῖκι δῶσι. Εὐριπίδης τἀργύριον τοίνυν φέρε. Τοξότης ἀλλʼ οὐκ ἔκὠδέν· ἀλλὰ τὸ συβήνην λαβέ. Εὐριπίδης ἔπειτα † κομίζεις αὐτοῖς.† Τοξότης ἀκολούτι τέκνον. σὺ δὲ τοῦτο τήρει τὴ γέροντο, γρᾴδιο. ὄνομα δέ σοι τί ἔστιν; Εὐριπίδης Ἀρτεμισία. Τοξότης μεμνῆσι τοίνυν τοὔνομʼ· Ἀρταμουξία. Εὐριπίδης Ἑρμῆ δόλιε ταυτὶ μὲν ἔτι καλῶς ποιεῖς. σὺ μὲν οὖν ἀπότρεχε παιδάριον τουτὶ λαβών· ἐγὼ δὲ λύσω τόνδε. σὺ δʼ ὅπως ἀνδρικῶς
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hau !

Le ch.

Tout droit. Par ici. non, par là. Ce n'est pas là le chemin. Tu retournes sur tes pas.

Le Scy.

Sti méchant Artomouxia pourra bien m'échapper.

Le ch.

O ! Cours au Diable, si tu veux ; tu as bon vent. C'est assez crier pour lui montrer le chemin. Il est temps que chacune de nous retourne au logis. Nous prions les Déesses d'avoir pour agréables les jeux que nous venons de représenter.

Fin des Femmes à la fête de Cérès.

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ὅταν λυθῇς τάχιστα θεύξει καὶ τενεῖς ὡς τὴν γυναῖκα καὶ τὰ παιδἴ οἴκαδε. Μνησίλοχος ἐμοὶ μελήσει ταῦτά γʼ ἢν ἅπαξ λυθῶ. Εὐριπίδης λέλυσο. σὸν ἔργον, φεῦγε πρὶν τὸν τοξότην ἥκοντα καταλαβεῖν. Μνησίλοχος ἐγὼ δὴ τοῦτο δρῶ. Τοξότης ὦ γρᾴδιʼ ὠς καρίεντό σοι τὸ τυγάτριον, κοὐ δύσκολʼ ἀλλὰ πρᾶο. ποῦ τὸ γρᾴδιο; οἴμʼ ὠς ἀπόλωλο· ποῦ τὸ γέροντʼ ἐντευτενί; ὦ γρᾴδιʼ, ὦ γρᾷ. οὐκ ἐπαινῶ γρᾴδιο. Ἀρταμουξία. διέβαλλέ μʼ ηʼ γραῦς. ἀπότρεκʼ ὠς τάκιστα σύ· ὀρτῶς δὲ συβήνη ʼστί· καταβηνῆσι γάρ. οἴμοι, τί δρᾶσι; ποῖ τὸ γρᾴδιʼ; Ἀρταμουξία. Χορός τὴν γραῦν ἐρωτᾷς, ἣ ʼφερεν τὰς πηκτίδας; Τοξότης ναὶ ναῖκι. εἶδες αὐτό; Χορός ταύτῃ γʼ οἴχεται αὐτή τʼ ἐκείνη καὶ γέρων τις εἵπετο. Τοξότης κροκῶτʼ ἔκοντο τὴ γέροντο; Χορός φήμʼ ἐγώ. ἔτʼ ἂν καταλάβοις, εἰ διώκοις ταυτῃί. Τοξότης ὦ μιαρὸ γρᾶο· πότερα τρέξι τὴν ὀδό; Ἀρταμουξία.