Mise à jour : 31/08/2023
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Les Guêpes

4e pièce.

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233

Les Guêpes.

Comédie.









Cette comédie est une satire contre la chicane d’Athènes et contre Cléon. Voyez dans la préface générale ce qu’on a dit du temps et du sujet de la pièce.

Les personnages sont :

  • Sosias, valet.
  • Xanthias, autre valet.
  • Bdelycléon, fils du vieillard.
  • Philocléon, vieillard, père de Bdelycléon.
  • Chœur de guêpes, ou de vieillards.
  • Enfants.
  • Un héraut.
  • Un thesmothète.
  • Un accusateur.
  • Un valet de Philocléon.
  • Une boulangère.
  • Euripide.
  • Un autresecond accusateur.

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Sosias et XanthiasSos.

Que fais tu là, malheureux Xanthias ?

Xan.

Je commence à cesser de veiller.

Sos.

Tu veux gagner quelques coups de nerfs de bœuf. Ne sais tu pas bien quelle espèce de bête nous gardons ?

Xan.

Je ne le sais que trop ; mais je veux roupiller un peu.

Sos.

Voyons si nous en pourrions faire autant. Je sens je ne sais quoi de si doux qui se répand sur mes yeux.

Xan.

Je pense que tu es fou. Qu’as tu ? Es tu en fureur ?

Sos.

Non ; ce n’est qu’une petite vapeur bachique.

Xan.

J’ai les mêmes vapeurs aussi. Un sommeil ennemi, profitant des ténèbres, est venu surprendre mes paupières, et j’ai fait un songe merveilleux.

Sos.

Et moi tout de même ; j’en ai fait un le plus étonnant que j’ai jamais fait, mais dis-moi le tien auparavant.

Xan.

J’ai cru voir un grand aigle qui fondait dans la place, et qui enlevait avec ses griffes un bouclier garni d’airain. Il s’est perdu dans

ΣωσίαςΟὗτος τί πάσχεις ὦ κακόδαιμον Ξανθία;Ξανθίαςφυλακὴν καταλύειν νυκτερινὴν διδάσκομαι.Σωσίαςκακὸν ἆρα ταῖς πλευραῖς τι προὐφείλεις μέγα.ἆρʼ οἶσθά γʼ οἷον κνώδαλον φυλάττομεν;Ξανθίαςοἶδʼ, ἀλλʼ ἐπιθυμῶ σμικρὸν ἀπομερμηρίσαι.Σωσίαςσὺ δʼ οὖν παρακινδύνευʼ, ἐπεὶ καὐτοῦ γʼ ἐμοῦκατὰ τοῖν κόραιν ὕπνου τι καταχεῖται γλυκύ.Ξανθίαςἀλλʼ ἦ παραφρονεῖς ἐτεὸν ἢ κορυβαντιᾷς;Σωσίαςοὔκ, ἀλλʼ ὕπνος μʼ ἔχει τις ἐκ Σαβαζίου.Ξανθίαςτὸν αὐτὸν ἄρʼ ἐμοὶ βουκολεῖς Σαβάζιον.κἀμοὶ γὰρ ἀρτίως ἐπεστρατεύσατοΜῆδός τις ἐπὶ τὰ βλέφαρα νυστακτὴς ὕπνος·καὶ δῆτʼ ὄναρ θαυμαστὸν εἶδον ἀρτίως.Σωσίαςκἄγωγʼ ἀληθῶς οἷον οὐδεπώποτε.ἀτὰρ σὺ λέξον πρότερος.Ξανθίαςἐδόκουν αἰετὸνκαταπτόμενον ἐς τὴν ἀγορὰν μέγαν πάνυἀναρπάσαντα τοῖς ὄνυξιν ἀσπίδα
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(a) Portrait de Cléon.

les nues ; et cet aigle, devenu Cléonyme, a laissé tomber le bouclier.

Sos.

Il ne faut point aller au destin pour savoir ce que signifie ton songe. Tu n’as qu’à demander au premier ivrogne,: quel animal dans l’air, sur la terre et sur l’onde, est ce qui sait mieux jeter son bouclier ; et tu verras si l’on ne te répondra pas qu’il s’appelle Cléonyme.

Xan.

Mais quel accident sinistre peut m’être annoncé par un songe pareil ?

Sos.

Ne t’embarrasse point. Eh ! par tous les Dieux, quel grand malheur y a t-il qu’un homme jette ses armes ?

Xan.

Mais dis-moi ton songe à ton tour.

Sos.

Dame ! C’est un songe de conséquence et qui regarde tout l’état.

Xan.

Dis-le donc, et te dépêche.

Sos.

Je me suis trouvé dès mon premier somme au milieu de l’assemblée publique, et j’y ai vu une multitude innombrable de brebis ramassées, qui avaient chacune un bâton et une casaque, et j’ai vu quelles étaient haranguées par (a) une baleine vorace dont la voix ressemblait à celle d’un cochon qu’on grillerait tout vif.

φέρειν ἐπίχαλκον ἀνεκὰς ἐς τὸν οὐρανόν,κἄπειτα ταύτην ἀποβαλεῖν Κλεώνυμον.Σωσίαςοὐδὲν ἄρα γρίφου διαφέρει Κλεώνυμος.Ξανθίαςπῶς δή;Σωσίαςπροσερεῖ τις τοῖσι συμπόταις, λέγων‘τί ταὐτὸν ἐν γῇ τʼ ἀπέβαλεν κἀν οὐρανῷκἀν τῇ θαλάττῃ θηρίον τὴν ἀσπίδα;’Ξανθίαςοἴμοι τί δῆτά μοι κακὸν γενήσεταιἰδόντι τοιοῦτον ἐνύπνιον;Σωσίαςμὴ φροντίσῃς.οὐδὲν γὰρ ἔσται δεινὸν οὐ μὰ τοὺς θεούς.Ξανθίαςδεινόν γέ ποὔστʼ ἄνθρωπος ἀποβαλὼν ὅπλα.ἀτὰρ σὺ τὸ σὸν αὖ λέξον.Σωσίαςἀλλʼ ἐστὶν μέγα.περὶ τῆς πόλεως γάρ ἐστι τοῦ σκάφους ὅλου.Ξανθίαςλέγε νυν ἀνύσας τι τὴν τρόπιν τοῦ πράγματος.Σωσίαςἔδοξέ μοι περὶ πρῶτον ὕπνον ἐν τῇ πυκνὶἐκκλησιάζειν πρόβατα συγκαθήμενα,βακτηρίας ἔχοντα καὶ τριβώνια·κἄπειτα τούτοις τοῖς προβάτοισι μοὐδόκειδημηγορεῖν φάλαινα πανδοκεύτρια,ἔχουσα φωνὴν ἐμπεπρησμένης ὑός.
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(b) Autre trait de Cléon, jadis marchand de cuirs.

(c) Le mot de graisse est en grec :δῆμος δήμος et δῆμος veut aussi dire le peuple. C’est ce qui fait que Xanthias répond dans le grec : hélas ! c’est quelle veut séparer le peuple ! C’est à dire, le tenir toujours éloigné des Lacédémoniens, dontCléon avait fait rebuter les ambassadeurs deux ans auparavant. On a cherché un autre sens dans la traduction, pour badiner sur le mot de graisse, à l’imitation du grec sur celui de démos.

(d) En grec, corax ce qui fait jeu avec coltax, flatteur.

Xan.

Et Eh fi !

Sos.

Qu’est ce donc.

Xan.

Eh fi, te dis-je ; ne m’en parle pas davantage. Voila un songe qui sent le vieux (b) cuir pourri.

Sos.

Bon ! Ce n’est pas encore tout. Cette affreuse et puante baleine tenait une balance et pesait de la (c) graisse de bœuf.

Xan.

C’est qu’elle voulait voir le profit qui lui revenait d’avoir dégraissé le peuple.

Sos.

J’ai vu de plus Théore assis à terre auprès du monstre, avec une tête de corbeau ; et Alcibiade qui me disait en grasseyant : Legalde, vois-tu ce fripon de Théole ? Il a une tête de (d)colbeau4, il flatte la bête pour attlapé de la glaisse.

Xan.

Alcibiade avait raison.

Sos.

Mais ne trouves-tu rien d’étrange dans cette métamorphose de Théore en corbeau ?

Xan.

Rien du tout.

Sos.

Quoi ? rien de mauvaise augure ?

Xan.

Rien, te dis-je. Et tout ce que cela signifie, c’est que Théore deviendra la pâture des corbeaux.

Ξανθίαςαἰβοῖ.Σωσίαςτί ἔστι;Ξανθίαςπαῦε παῦε, μὴ λέγε·ὄζει κάκιστον τοὐνύπνιον βύρσης σαπρᾶς.Σωσίαςεἶθʼ ἡ μιαρὰ φάλαινʼ ἔχουσα τρυτάνηνἵστη βόειον δημόν.Ξανθίαςοἴμοι δείλαιος·τὸν δῆμον ἡμῶν βούλεται διιστάναι.Σωσίαςἐδόκει δέ μοι Θέωρος αὐτῆς πλησίονχαμαὶ καθῆσθαι τὴν κεφαλὴν κόρακος ἔχων.εἶτʼ Ἀλκιβιάδης εἶπε πρός με τραυλίσας,ὁλᾷς; Θέωλος τὴν κεφαλὴν κόλακος ἔχει.Ξανθίαςὀρθῶς γε τοῦτʼ Ἀλκιβιάδης ἐτραύλισεν.Σωσίαςοὔκουν ἐκεῖνʼ ἀλλόκοτον, ὁ Θέωρος κόραξγιγνόμενος;Ξανθίαςἥκιστʼ, ἀλλʼ ἄριστον.Σωσίαςπῶς;Ξανθίαςὅπως;ἄνθρωπος ὢν εἶτʼ ἐγένετʼ ἐξαίφνης κόραξ·οὔκουν ἐναργὲς τοῦτο συμβαλεῖν, ὅτιἀρθεὶς ἀφʼ ἡμῶν ἐς κόρακας οἰχήσεται;
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(e) Caractère chronologique.

Sos.

Et zeste. Ma foi, c’est bien dommage que je n’ai que deux oboles. Ce ne serait pas de quoi payer un si habile interpréteur des songes.

Xan.

Laisse-moi dire à présent deux mots aux spectateurs. Messieurs ! Il ne faut point attendre de nous de ces contes de Mégare qui font pisser de rire ; ni de voir ici deux esclaves trainer un panier trainer plein de noix pour jeter aux enfants ; ni un Hercule que l’on fait diner par cœur ; ni que l’on repasse encore Euripide ; ni que Cléon, (e) dans l’état de sa fortune reçoive encore quelques traits nouveaux de satire de notre part. Ce que nous vous présentons est un petit dessin ingénieusement inventé ! Vous devinerez assez quel est notre but, et peut être trouverez-vous notre comédie passable, quoiqu’elle soit un peu plus modérée que ces comédies mordantes qui emportent la pièce. Vous voyez notre jeune maitre qui dort là haut sur la terrasse du logis. Il nous a commandé de garder son bonhomme de père qu’il tient enfermé à la maison. Il est malade, le bonhomme ; mais c’est une maladie que vous ne sauriez deviner, si nous ne vous la disons. Oh ! Devinez pour voir. Cet ancien archonte Amynias, fils de Pronape, que je vois là, dit que c’est l’amour des dés.

Sos.

C’est qu’il en juge par lui-même.

Xan.

Non, ce n’est point cela. C’en est bien le moitié ; car il y a de l’amour dans le mal du bonhomme.

Σωσίαςεἶτʼ οὐκ ἐγὼ δοὺς δύʼ ὀβολὼ μισθώσομαιοὕτως ὑποκρινόμενον σοφῶς ὀνείρατα;Ξανθίαςφέρε νυν κατείπω τοῖς θεαταῖς τὸν λόγον,ὀλίγʼ ἄτθʼ ὑπειπὼν πρῶτον αὐτοῖσιν ταδί,μηδὲν παρʼ ἡμῶν προσδοκᾶν λίαν μέγα,μηδʼ αὖ γέλωτα Μεγαρόθεν κεκλεμμένον.ἡμῖν γὰρ οὐκ ἔστʼ οὔτε κάρυʼ ἐκ φορμίδοςδούλω διαρριπτοῦντε τοῖς θεωμένοις,οὔθʼ Ἡρακλῆς τὸ δεῖπνον ἐξαπατώμενος,οὐδʼ αὖθις ἀνασελγαινόμενος Εὐριπίδης·οὐδʼ εἰ Κλέων γʼ ἔλαμψε τῆς τύχης χάριν,αὖθις τὸν αὐτὸν ἄνδρα μυττωτεύσομεν.ἀλλʼ ἔστιν ἡμῖν λογίδιον γνώμην ἔχον,ὑμῶν μὲν αὐτῶν οὐχὶ δεξιώτερον,κωμῳδίας δὲ φορτικῆς σοφώτερον.ἔστιν γὰρ ἡμῖν δεσπότης ἐκεινοσὶἅνω καθεύδων, ὁ μέγας, οὑπὶ τοῦ τέγους.οὗτος φυλάττειν τὸν πατέρʼ ἐπέταξε νῷν,ἔνδον καθείρξας, ἵνα θύραζε μὴ ʼξίῃ.νόσον γὰρ ὁ πατὴρ ἀλλόκοτον αὐτοῦ νοσεῖ,ἣν οὐδʼ ἂν εἷς γνοίη ποτʼ οὐδʼ ἂν ξυμβάλοιεἰ μὴ πύθοιθʼ ἡμῶν· ἐπεὶ τοπάζετε.Ἀμυνίας μὲν ὁ Προνάπους φήσʼ οὑτοσὶεἶναι φιλόκυβον αὐτόν· ἀλλʼ οὐδὲν λέγει.Σωσίαςμὰ Δίʼ, ἀλλʼ ἀφʼ αὑτοῦ τὴν νόσον τεκμαίρεται.Ξανθίαςοὔκ, ἀλλὰ φιλο μέν ἐστιν ἀρχὴ τοῦ κακοῦ.
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Il y a trois vers omis.

(f) Petit coquillage de forme cônique, qui s’attache au rocher par sa partie charnue.

(g) Les sentences s’écrivaient sur des tablettes cirées.

Ne vois je pas là Sosie qui dit à Dercycle que c’est l’amour du vin ?

Sos.

Ce ne serait point une maladie ; ou tout ce qu'il y a d’honnêtes gens ils rature seraient malades.

Xan.3

Enfin vous ne devinez point. Taisez vous donc, si vous voulez qu’on vous le dise. Notre vieux fou de maitre est possédé de l’amour de la chicane. Il veut juger. Il ne respire qu’après le barreau et les sièges de l’audience. Il ne dort pas un moment tant que les nuits sont longues ; ou si le sommeil le surprend un instant, il ne rêve qu’à l’horloge de sable, et se réveille en serrant les trois doigts pour porter la ballote, comme ceux qui mettent ces grains d’encens sur l’autel à la nouvelle lune. Son coq chantait le soir, l’autre jour, le bonhomme dit qu’un plaideur, mal dans les affaires, avait corrompu par argent ce maudit animal, pour l’éveiller plus tard qu’à l’ordinaire. Il n’a pas plutôt soupé, qu’il demande ses socques et se rend à l’auditoire ; et là il l’attache à la colonne aussi ferme (f) qu’un berni tient au rocher ; il dort d’avance dès la veille. Dans sa mauvaise humeur, il menace tout le monde de la grande ligne qui fait passer le pas. Il est toujours farci de cire(g) comme une abeille ou un frélon, ses ongles en sont pleins ; et de peur que les ballotes lui manquent, sa maison est plus fournie de cailloux et de galets de mer, que le rivage le plus battu des ondes. Voilà quelle est sa manie. On a beau le précher sans cesse, il veut toujours aller juger ; c’est pourquoi nous le gardons. Tout et

ὁδὶ δέ φησι Σωσίας πρὸς Δερκύλονεἶναι φιλοπότην αὐτόν.Σωσίαςοὐδαμῶς γʼ, ἐπεὶαὕτη γε χρηστῶν ἐστιν ἀνδρῶν ἡ νόσος.ΞανθίαςΝικόστρατος δʼ αὖ φησιν ὁ Σκαμβωνίδηςεἶναι φιλοθύτην αὐτὸν ἢ φιλόξενον.Σωσίαςμὰ τὸν κύνʼ ὦ Νικόστρατʼ οὐ φιλόξενος,ἐπεὶ καταπύγων ἐστὶν ὅ γε Φιλόξενος.Ξανθίαςἄλλως φλυαρεῖτʼ· οὐ γὰρ ἐξευρήσετε.εἰ δὴ ʼπιθυμεῖτʼ εἰδέναι, σιγᾶτε νῦν.φράσω γὰρ ἤδη τὴν νόσον τοῦ δεσπότου.φιληλιαστής ἐστιν ὡς οὐδεὶς ἀνήρ,ἐρᾷ τε τούτου, τοῦ δικάζειν, καὶ στένειἢν μὴ ʼπὶ τοῦ πρώτου καθίζηται ξύλου.ὕπνου δʼ ὁρᾷ τῆς νυκτὸς οὐδὲ πασπάλην.ἢν δʼ οὖν καταμύσῃ κἂν ἄχνην, ὅμως ἐκεῖὁ νοῦς πέτεται τὴν νύκτα περὶ τὴν κλεψύδραν.ὑπὸ τοῦ δὲ τὴν ψῆφόν γʼ ἔχειν εἰωθέναιτοὺς τρεῖς ξυνέχων τῶν δακτύλων ἀνίσταται,ὥσπερ λιβανωτὸν ἐπιτιθεὶς νουμηνίᾳ.καὶ νὴ Δίʼ ἢν ἴδῃ γέ που γεγραμμένονυἱὸν Πυριλάμπους ἐν θύρᾳ Δῆμον καλόν,ἰὼν παρέγραψε πλησίον κημὸς καλός.τὸν ἀλεκτρυόνα δʼ, ὃς ᾖδʼ ἀφʼ ἑσπέρας, ἔφηὄψʼ ἐξεγείρειν αὐτὸν ἀναπεπεισμένον,παρὰ τῶν ὑπευθύνων ἔχοντα χρήματα.εὐθὺς δʼ ἀπὸ δορπηστοῦ κέκραγεν ἐμβάδας,κἄπειτʼ ἐκεῖσʼ ἐλθὼν προκαθεύδει πρῲ πάνυ,ὥσπερ λεπὰς προσεχόμενος τῷ κίονι.ὑπὸ δυσκολίας δʼ ἅπασι τιμῶν τὴν μακρὰνὥσπερ μέλιττʼ ἢ βομβυλιὸς εἰσέρχεταιὑπὸ τοῖς ὄνυξι κηρὸν ἀναπεπλασμένος.ψήφων δὲ δείσας μὴ δεηθείη ποτέ,ἵνʼ ἔχοι δικάζειν, αἰγιαλὸν ἔνδον τρέφει.τοιαῦτʼ ἀλύει· νουθετούμενος δʼ ἀεὶμᾶλλον δικάζει. τοῦτον οὖν φυλάττομεν
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barré, de peur qu’il ne nous échappe, et cela par ordre de son fils, qui perd sa peine à l’exhorter à ne point s’inquiéter de manteau ni de procès. Bagatelles ! Le bonhomme veut toujours juger, bon gré, malgré. On lui a fait prendre le bain, on l’a purgé ; il n’en est que plus fou. 1Son fils l’a fait embarquer, l’a mené dans l’ile d’Égine, et lui a fait passer la nuit dans le temple d’Esculape. Il n’était pas jour que le bonhomme était à l’auditoire. Depuis ce temps là nous ne l’avons plus porté nulle part. Mais pendant que nous le gardions avec le plus d’exactitude, il nous échappait par les privées ; par des trous où l’on ne s’imaginait pas qu’un homme pût passer. On a donc tout bouché, tout barricadé. Bon ! Il a fait des trous dans les murs, et y ayant fiché des pieux d’espace en espace, comme ces bâtons qu’on met pour percher les geais, il s’est fait une échelle pour sauter dehors. NoNous avons donc été contraints de couvrir toute la cour de filets, afin d’empêcher notre prisonnier de nous échapper, et nous passons les jours, et les nuits à le garder. Enfin le bon homme s’appelle Philo-Cléon, comme qui dirait Aime-Chicane ; et le fils, Bdely-Cléon, ou Fi-chicane. Si vous le voyez, vous ne croirez jamais qu’un jeune homme de si bonne mine, qui a si bon air, et qui parait si bien né, eut pour père un tel fou.

Bdelycléon. Xanthias. Sosias. Philocléon.
μοχλοῖσιν ἐνδήσαντες, ὡς ἂν μὴ ʼξίῃ.ὁ γὰρ υἱὸς αὐτοῦ τὴν νόσον βαρέως φέρει.καὶ πρῶτα μὲν λόγοισι παραμυθούμενοςἀνέπειθεν αὐτὸν μὴ φορεῖν τριβώνιονμηδʼ ἐξιέναι θύραζʼ, ὁ δʼ οὐκ ἐπείθετο.εἶτʼ αὐτὸν ἀπέλου κἀκάθαιρʼ, ὁ δʼ οὐ μάλα.μετὰ τοῦτʼ ἐκορυβάντιζʼ, ὁ δʼ αὐτῷ τυμπάνῳᾄξας ἐδίκαζεν ἐς τὸ καινὸν ἐμπεσών.ὅτε δῆτα ταύταις ταῖς τελεταῖς οὐκ ὠφέλει,διέπλευσεν εἰς Αἴγιναν, εἶτα ξυλλαβὼννύκτωρ κατέκλινεν αὐτὸν εἰς Ἀσκληπιοῦ,ὁ δʼ ἀνεφάνη κνεφαῖος ἐπὶ τῇ κιγκλίδι.ἐντεῦθεν οὐκέτʼ αὐτὸν ἐξεφρίεμεν,ὁ δʼ ἐξεδίδρασκε διά τε τῶν ὑδρορροῶνκαὶ τῶν ὀπῶν· ἡμεῖς δʼ ὅσʼ ἦν τετρημέναἐνεβύσαμεν ῥακίοισι κἀπακτώσαμεν,ὁ δʼ ὡσπερεὶ κολοιὸς αὑτῷ παττάλουςἐνέκρουεν ἐς τὸν τοῖχον, εἶτʼ ἐξήλλετο.ἡμεῖς δὲ τὴν αὐλὴν ἅπασαν δικτύοιςκαταπετάσαντες ἐν κύκλῳ φυλάττομεν.ἔστιν δʼ ὄνομα τῷ μὲν γέροντι Φιλοκλέωνναὶ μὰ Δία, τῷ δʼ υἱεῖ γε τῳδὶ Βδελυκλέων,ἔχων τρόπους φρυαγμοσεμνάκους τίνας.
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Bdelycléon.

Hou, Xanthias ! Hou, Sosias ! Dormez-vous ?

Xan.

Ahi !

Sos.

Qu’est ce ?

Xan.

Voilà notre jeune maitre qui se lève.

Bde.

Accourez vite l’un ou l’autre. Le bonhomme s'est fourré dans la cheminée comme un rat qui cherche à s’échapper. Regarde, toi, s’il ne se serait point caché dans quelque cuve de bain, pour s’en aller par le trou par où l’on fait écouler l'eau, et toi, fais sentinelle à la porte.

Xan. et Sos.

On y va. Roi Neptune ! quel bruit entend-on dans la cheminée ? Qui va là ?

Philocléon.

Je suis la fumée qui cherche une issue.

Bde.

La fumée ? et de quel bois, s’il vous plâit ?

Phi.

De figuier, je pense.

Bde.

Il a raison ; c’est la plus insupportable de toutes les fumées. Mais vous ne sortirez pas. Qu’on me donne cette auge de bois pour boucher le trou. Rentrez vite, Monsieur fumée, et cherchez quelqu’autre invention. Que je suis malheureux d’avoir un père comme cela.

Xan.

Camarade, prends garde à la porte. Le bon homme

Βδελυκλέωνὦ Ξανθία καὶ Σωσία, καθεύδετε;Ξανθίαςοἴμοι.Σωσίαςτί ἔστι;ΞανθίαςΒδελυκλέων ἀνίσταται.Βδελυκλέωνοὐ περιδραμεῖται σφῷν ταχέως δεῦρʼ ἅτερος;ὁ γὰρ πατὴρ ἐς τὸν ἰπνὸν εἰσελήλυθεκαὶ μυσπολεῖ τι καταδεδυκώς. ἀλλʼ ἄθρεικατὰ τῆς πυέλου τὸ τρῆμʼ ὅπως μὴ ʼκδύσεται·σὺ δὲ τῇ θύρᾳ πρόσκεισο.Σωσίαςταῦτʼ ὦ δέσποτα.Βδελυκλέωνἄναξ Πόσειδον τί ποτʼ ἄρʼ ἡ κάπνη ψοφεῖ;οὗτος τίς εἶ σύ;Φιλοκλέωνκαπνὸς ἔγωγʼ ἐξέρχομαι.Βδελυκλέωνκαπνός; φέρʼ ἴδω ξύλου τίνος σύ.Φιλοκλέωνσυκίνου.Βδελυκλέωννὴ τὸν Δίʼ ὅσπερ γʼ ἐστὶ δριμύτατος καπνῶν.ἀτὰρ οὐκέτʼ ἐρρήσεις γε, ποῦ ʼσθʼ ἡ τηλία;δύου πάλιν· φέρʼ ἐπαναθῶ σοι καὶ ξύλον.ἐνταῦθά νυν ζήτει τινʼ ἀλλην μηχανήν.ἀτὰρ ἄθλιός γʼ εἴιμʼ ὡς ἕτερός γʼ οὐδεὶς ἀνήρ,ὅστις πατρὸς νυνὶ Καπνίου κεκλήσομαι.Σωσίαςὅδε τὴν θύραν ὠθεῖ·
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(h) Les portes ouvraient sur la rue, et non en dedans.

(h) la pousse. Appuie ferme, en attendant que j’aille te seconder .2 Je crois que ce vieux fou veut ronger le verrou.

Phi.

Que faites vous là, marauds ? ne vous retirerez vous pas ? Ce méchant Dracontide m’échappera ; je ne pourrai le condamner ; vous en serez cause, mon fils et vous vous repentirez. Car l’oracle de Delphes m’assurait autre fois que je mourrais, lors qu’un prévenu de crime échapperait à la rigueur de mes sentences.

Bde.

Favorable Apollon ! détourne l’effet d’un si cruel oracle.

Phi.

Je te prie, mon enfant, tire moi d’ici ; je crève.

Bde.

Non, par Neptune, non, mon cher père ; je n’en ferai rien.

Phi.

Je vas donc ronger le filet.

Bde.

Bon ! Si vous aviez des dents.

Phi.

J’enrage. Il faut que je te tue. Oui je veux tuer ce coquin. Qu’on me donne tout à l’heure une épée. Non, non ; il suffira d’une paire de tablettes.

Bde.

Que veut-il faire ?

Phi.

Je ne veux plus tuer personne ; je veux seulement

Βδελυκλέωνπιέζέ νυν σφόδρα,εὖ κἀνδρικῶς· κἀγὼ γὰρ ἐνταῦθʼ ἔρχομαι.καὶ τῆς κατακλῇδος ἐπιμελοῦ, καὶ τοῦ μοχλοῦφύλατθʼ ὅπως μὴ τὴν βάλανον ἐκτρώξεται.Φιλοκλέωντί δράσετʼ; οὐκ ἐκφρήσετʼ ὦ μιαρώτατοιδικάσοντά μʼ, ἀλλʼ ἐκφεύξεται Δρακοντίδης;Βδελυκλέωνσὺ δὲ τοῦτο βαρέως ἂν φέροις;Φιλοκλέωνὁ γὰρ θεὸςμαντευομένῳ μοὔχρησεν ἐν Δελφοῖς ποτέ,ὅταν τις ἐκφύγῃ μʼ ἀποσκλῆναι τότε.ΒδελυκλέωνἌπολλον ἀποτρόπαιε τοῦ μαντεύματος.Φιλοκλέωνἴθʼ ἀντιβολῶ σʼ ἔκφρες με, μὴ διαρραγῶ.Βδελυκλέωνμὰ τὸν Ποσειδῶ Φιλοκλέων οὐδέποτέ γε.Φιλοκλέωνδιατρώξομαι τοίνυν ὀδὰξ τὸ δίκτυον.Βδελυκλέωνἀλλʼ οὐκ ἔχεις ὀδόντας.Φιλοκλέωνοἴμοι δείλαιος·τῶς ἄν σʼ ἀποκτείναιμι; πῶς; δότε μοι ξίφοςὅπως τάχιστʼ, ἢ πινάκιον τιμητικόν.Βδελυκλέωνἅνθρωπος οὗτος μέγα τι δρασείει κακόν.Φιλοκλέωνμὰ τὸν Δίʼ οὐ δῆτʼ, ἀλλʼ ἀποδόσθαι βούλομαι
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aller au marché vendre le grand baudet ; aussi bien nous voila au premier de la lune.

Bde.

Je le vendrai bien moi-même ; ne vous embarrassez point.

Phi.

Oh ! que j’entends bien mieux que toi ces sortes d’affaires.

Bde.

Il a raison ; je pense que ce sera le mieux. Qu'on fasse sortir l’âne.

Sos.

Voyez l’adresse du bon homme, et de quel prétexte il s’est avisé pour trouver occasion de s’en aller dehors.

Bde.

Je l’ai bien senti venir ; il ne tient rien. Je vais faire sortir l’âne, et le mettre hors de la maison moi-même, afin que le bonhomme ne s’y attende plus. Tu pleures, mon pauvre baudichon ! est-ce à cause que tu seras vendu aujourd’hui ? Marche plus vîte. Tu souffles comme si tu portais quelqu’Ulysse.

Xan.

À propos d’Ulysse ; ma foi, j’en vois là une espèce, qui s’est attaché sous le ventre du baudet.

Bde.

Que dis-tu ? que je voie ?

Xan.

Tenez ; aije ai-je la berlue ?

Bde.

Qu’est ce là ? qui es tu ?

Phi.

Personne.

τὸν ὄνον ἄγων αὐτοῖσι τοῖς κανθηλίοις·νουμηνία γάρ ἐστιν.Βδελυκλέωνοὔκουν κἂν ἐγὼαὐτὸν ἀποδοίμην δῆτʼ ἄν;Φιλοκλέωνοὐχ ὥσπερ γʼ ἐγώ.Βδελυκλέωνμὰ Δίʼ ἀλλʼ ἄμεινον.Φιλοκλέωνἀλλὰ τὸν ὄνον ἔξαγε.Σωσίαςοἵαν πρόφασιν καθῆκεν, ὡς εἰρωνικῶς,ἵνʼ αὐτὸν ἐκπέμψειας.Βδελυκλέωνἀλλʼ οὐκ ἔσπασενταύτῃ γʼ· ἐγὼ γὰρ ᾐσθόμην τεχνωμένου.ἀλλʼ εἰσιών μοι τὸν ὄνον ἐξάγειν δοκῶὅπως ἂν ὁ γέρων μηδὲ παρακύψῃ πάλιν.κάνθων τί κλάεις; ὅτι πεπράσει τήμερον;βάδιζε θᾶττον. τί στένεις, εἰ μὴ φέρειςὈδυσσέα τινʼ;Σωσίαςἀλλὰ ναὶ μὰ Δία φέρεικάτω γε τουτονί τινʼ ὑποδεδυκότα.Βδελυκλέωνποῖον; φέρʼ ἴδωμαι τουτονί. τουτὶ τί ἦν;τίς εἶ ποτʼ ὦνθρωπʼ ἐτεόν;ΦιλοκλέωνΟὖτις νὴ Δία.
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(i) Démosthène voyant les juges peu attentifs à son plaidoyer, leur conta un procès intenté à Mégare au sujet de l’ombre d’un âne qu’un mégarien voulait faire payer à un Athénien. Comme il descendait de la tribune, les juges lui rer demandèrent : que fut il jugé ? Quoi, leur dit il, vous êtes en peine de l’ombre d'un âne âne, et vous ne vous souciez pas de la vie d’un homme ?

Bde.

De quel pays, s’il vous plait ?

Phi.

D’Ithaque, du quartier de l’échappatoire.

Bde.

Monsieur Personne, puisque personne y a, vous avez perdu votre peine. Tirez, ôtez tout cela. Voyez un peu de quoi c’était avisé ce vieux madré ? Il me semble voir la bette bête poulinière de quelque vieux sergent, accompagné de son poulain qui la tette.

Phi.

Battons-nous donc, puisque vous ne voulez pas me céder.

Bde.

Et sur quoi nous battre ?

Phi.

Ne sais tu pas le proverbe ? (i) Sur l’ombre d’un âne ?

Bde.

Qu’il y a de méchanceté dans cette tête là ?

Phi.

Il n’y a rien que de bon, maraud ; et tu le saurais, si tu avais l’esprit de goûter ce que c’est que la chicane, les lois, et la justice.

Bde.

Faites rentrer l’âne et le seigneur Personne aussi.

Phi.

Vengez-moi, mes chers confrères les juges ; venge- moi, fameux Cléon.

Bde.

Criez là dedans tant qu’il vous plaira. Qu’on ferme la porte. Pousse le verrou. Et toi, roule ce gros mortier, pour appuyer la barre.

ΒδελυκλέωνΟὖτις σύ; ποδαπός;ΦιλοκλέωνἼθακος Ἀποδρασιππίδου.ΒδελυκλέωνΟὖτις μὰ τὸν Δίʼ οὔτι χαιρήσων γε σύ.ὕφελκε θᾶττον αὐτόν. ὦ μιαρώτατοςἵνʼ ὑποδέδυκεν· ὥστʼ ἔμοιγʼ ἰνδάλλεταιὁμοιότατος κλητῆρος εἶναι πωλίῳ.Φιλοκλέωνεἰ μή μʼ ἐάσεθʼ ἥσυχον, μαχούμεθα.Βδελυκλέωνπερὶ τοῦ μαχεῖ νῷν δῆτα;Φιλοκλέωνπερὶ ὄνου σκιᾶς.Βδελυκλέωνπονηρὸς εἶ πόρρω τέχνης καὶ παράβολος.Φιλοκλέωνἐγὼ πονηρός; οὐ μὰ Δίʼ ἀλλʼ οὐκ οἶσθα σὺνῦν μʼ ὄντʼ ἄριστον· ἀλλʼ ἴσως, ὅταν φάγῃςὑπογάστριον γέροντος ἡλιαστικοῦ.Βδελυκλέωνὤθει τὸν ὄνον καὶ σαυτὸν ἐς τὴν οἰκίαν.Φιλοκλέωνὦ ξυνδικασταὶ καὶ Κλέων ἀμύνατε.Βδελυκλέωνἔνδον κέκραχθι τῆς θύρας κεκλῃμένης.ὤθει σὺ πολλοὺς τῶν λίθων πρὸς τὴν θύραν,καὶ τὴν βάλανον ἔμβαλλε πάλιν ἐς τὸν μοχλόν,καὶ τῇ δοκῷ προσθεὶς τὸν ὅλμον τὸν μέγανἀνύσας τι προσκύλισον.
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244

(k) Ville de Thrace, qui abandonna les Athéniens pour se joindre aux Lacédémoniens. Thucid.L. 4.

Xan.

Ouf ! D’où m’est tombé ce platras ?

Sos.

C’est quelque rat, qui l’aura détaché pour se faire un passage.

Xan.

Un rat ? Ma foi, je pense plutôtque c’est plutôt le bonhomme qui se coule sur les tuiles.

Sos.2

Tu as raison. Je le vois. Je pense que ce vieux fou va s’envoler comme un oiseau. Et vite les filets. Chou. Chou. Chou. Parbleu, j'aimerais mieux avoir à garder une ville prête à faire défection, comme (k)Squione, que ce méchant vieillard.

Xan.

À présent que nous l’avons rechassé au dedans et qu’il ne peut plus nous échapper, si nous dormions un petit quart d’heure ?

Bde.

Il n’est pas temps de dormir, maraud, ne sais-tu pas bien que les vieux camarades du bonhomme vont bientôt passer, et l’appelleront à leur ordinaire ?

Xan.

Bon ! Il n’est pas encore jour.

Bde.

Je trouve, moi, qu’ils tardent beaucoup. Ils ont toujours coûtume de me réveiller à minuit par leurs vielles chansons, dont ils se servent pour appeler le bonhomme.

Xan.

Eh bien s’ils y reviennent, nous les chasserons à coups de pierres.

Σωσίαςοἴμοι δείλαιος·πόθεν ποτʼ ἐμπέπτωκέ μοι τὸ βωλίον;Βδελυκλέωνἴσως ἄνωθεν μῦς ἐνέβαλέ σοί ποθεν.Σωσίαςμῦς; οὐ μὰ Δίʼ ἀλλʼ ὑποδυόμενός τις οὑτοσὶὑπὸ τῶν κεραμίδων ἡλιαστὴς ὀροφίας.Βδελυκλέωνοἴμοι κακοδαίμων, στροῦθος ἁνὴρ γίγνεται·ἐκπτήσεται. ποῦ ποῦ ʼστί μοι τὸ δίκτυον;σοῦ σοῦ, πάλιν σοῦ. νὴ Δίʼ ἦ μοι κρεῖττον ἦντηρεῖν Σκιώνην ἀντὶ τούτου τοῦ πατρός.Σωσίαςἄγε νυν, ἐπειδὴ τουτονὶ σεσοβήκαμεν,κοὐκ ἔσθʼ ὅπως διαδὺς ἂν ἡμᾶς ἔτι λάθοι,τί οὐκ ἀπεκοιμήθημεν ὅσον ὅσον στίλην;Βδελυκλέωνἀλλʼ ὦ πόνηρʼ ἥξουσιν ὀλίγον ὕστερονοἱ ξυνδικασταὶ παρακαλοῦντες τουτονὶτὸν πατέρα.Σωσίαςτίλέγεις; ἀλλὰ νῦν γʼ ὄρθρος βαθύς.Βδελυκλέωννὴ τὸν Δίʼ, ὀψὲ γοῦν ἀνεστήκασι νῦν.ὡς ἀπὸ μέσων νυκτῶν γε παρακαλοῦσʼ ἀεί,λύχνους ἔχοντες καὶ μινυρίζοντες μέληἀρχαῖα μελισιδωνοφρυνιχήρατα,οἷς ἐκκαλοῦνται τοῦτον.Σωσίαςοὐκοῦν, ἢν δέῃ,ἤδη ποτʼ αὐτοὺς τοῖς λίθοις βαλλήσομεν.
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(L) Ceux qui étaient commandés pour aller en faction militaire, faisaient provision de vivre pour trois jours.

Bde.

Il ne fait pas bon de les irriter. Ce sont de vrais vraies guêpes, qui entrent aussitôt en fureur et dardent leur aiguillon, en bourdonnant d’une terrible manière. Ils sautent et pétillent comme des étincelles de bois de châtaigniers.

Xan.

Ne craignez rien. Je vous chasserai bien toutes ces guêpes, pourvu que les pierres ne me manquent pas.

Chœur de Vieillards conduits par des enfants qui portent des lampes.

Avance, marche ferme. Qu’est ce donc, Comias, tu vas bien lentement. J’ai vu le temps que tu aurais devancé le plus ardent lévrier. Maintenan [sic]2, le pesant Carinade irait plus vite que toi. Où est ce brave Strymodore ? Où sont Euergide et Cabès ? Où sont tous nos confrères de la judicature ? Ah ! Où est le temps que jouissant d’une verte jeunesse, nous étions en garnison à Bysance, toi et moi, et que marchant gravement la nuit, nous dérobions la marmite de la bonne femme pour aller faire la pot-bouille ? Hâtons nous, mes amis. Il faut aujourd’hui &faire le procès à Laquès. C’est un homme riche, et par conséquent criminel4. C’est pourquoi Cléon nous disait hier (L) de faire provision de colère pour trois jours. Hâtons nous donc, avant qu’il fasse qu’il fasse jour, et regardons de tous côtés, à la lueur de nos lampes s’il n’y aurait point quelqu’un qui nous dressât des embûches.

Βδελυκλέωνἀλλʼ ὦ πόνηρε τὸ γένος ἤν τις ὀργίσῃτὸ τῶν γερόντων, ἔσθʼ ὅμοιον σφηκιᾷ.ἔχουσι γὰρ καὶ κέντρον ἐκ τῆς ὀσφύοςὀξύτατον, ᾧ κεντοῦσι, καὶ κεκραγότεςπηδῶσι καὶ βάλλουσιν ὥσπερ φέψαλοι.Σωσίαςμὴ φροντίσῃς· ἐὰν ἐγὼ λίθους ἔχω,πολλῶν δικαστῶν σφηκιὰν διασκεδῶ.Χορόςχώρει πρόβαινʼ ἐρρωμένως. ὦ Κωμία βραδύνεις.μὰ τὸν Δίʼ οὐ μέντοι πρὸ τοῦ γʼ, ἀλλʼ ἦσθʼ ἱμὰς κύνειος·νυνὶ δὲ κρείττων ἐστί σου Χαρινάδης βαδίζειν.ὦ Στρυμόδωρε Κονθυλεῦ, βέλτιστε συνδικαστῶν,Εὐεργίδης ἆρʼ ἐστί που ʼνταῦθʼ ἢ Χάβης ὁ Φλυεύς;πάρεσθʼ ὃ δὴ λοιπόν γʼ ἔτʼ ἐστίν, ἀππαπαῖ παπαιάξ,ἥβης ἐκείνης ἡνίκʼ ἐν Βυζαντίῳ ξυνῆμενφρουροῦντʼ ἐγώ τε καὶ σύ· κᾆτα περιπατοῦντε νύκτωρτῆς ἀρτοπώλιδος λαθόντʼ ἐκλέψαμεν τὸν ὅλμον,κᾆθʼ ἥψομεν τοῦ κορκόρου κατασχίσαντες αὐτόν.ἀλλʼ ἐγκονῶμεν ὦνδρες, ὡς ἔσται Λάχητι νυνί·σίμβλον δέ φασι χρημάτων ἔχειν ἅπαντες αὐτόν.χθὲς οὖν Κλέων ὁ κηδεμὼν ἡμῖν ἐφεῖτʼ ἐν ὥρᾳἥκειν ἔχοντας ἡμερῶν ὀργὴν τριῶν πονηρὰνἐπʼ αὐτόν, ὡς κολωμένους ὧν ἠδίκησεν. ἀλλὰσπεύδωμεν ὦνδρες ἥλικες πρὶν ἡμέραν γενέσθαι.χωρῶμεν ἅμα τε τῷ λύχνῳ πάντῃ διασκοπῶμεν,μή που λίθος τις ἐμποδὼν ἡμᾶς κακόν τι δράσῃ.
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Un enfant.

Mon père, prenez garde à cette boue.

Le ch.

Cherche-moi quelque fêtu de terre, pour avancer la mèche de la lampe.

Un enfant.

Ce n’est pas la peine ; je la tirerai bien avec les doigts.

Le ch.

Comment, fripon ! la tirer avec les doigts ? L'huile est si chère ! tu me ruines.

L’enfant.

Ah ! Dame, si vous accompagnez encore vos corrections de coups de poings et de soufflets, nous éteindrons les lampes, et nous en retournerons au logis. Après cela, il fera beauvous1 voir barboter dans le margouillis comme des canepetières.

Le ch.

J’en ai châtié encore de plus grand. Voyez donc comme ces morveux raisonnent. Ouf. Il me semble que je marche dans la boue. Il est impossible qu’il ne pleuve pas quatre ou cinq jours de suite. Cela ne manque jamais quand le lumignon est ainsi chargé de crasse. Au reste, il n’y aura pas de grand mal qu’il pleuve un peu ; les biens de la terre ont besoin d’eau. Mais qu’est il arrivé au vieillard qui demeure dans cette maison, qu’il ne vient plus avec nous ? Il ne fallait point le trainer. C’était lui qui menait les autres en chantant quelque vaudeville du vieux temps ; car il aimait fort à chanter. Je suis d'avis

Παίςτὸν πηλὸν ὦ πάτερ πάτερ τουτονὶ φύλαξαι.Χορόςκάρφος χαμᾶθέν νυν λαβὼν τὸν λύχνον πρόμυξον.Παίςοὔκ, ἀλλὰ τῳδί μοι δοκῶ τὸν λύχνον προβύσειν.Χορόςτί δὴ μαθὼν τῷ δακτύλῳ τὴν θρυαλλίδʼ ὠθεῖς,καὶ ταῦτα τοὐλαίου σπανίζοντος ὦνόητε;οὐ γὰρ δάκνει σʼ, ὅταν δέῃ τίμιον πρίασθαι.Παίςεἰ νὴ Δίʼ αὖθις κονδύλοις νουθετήσεθʼ ἡμᾶς,ἀποσβέσαντες τοὺς λύχνους ἄπιμεν οἴκαδʼ αὐτοί·κἄπειτʼ ἴσως ἐν τῷ σκότῳ τουτουὶ στερηθεὶςτὸν πηλὸν ὥσπερ ἀτταγᾶς τυρβάσεις βαδίζων.Χορόςἦ μὴν ἐγὼ σοῦ χἀτέρους μείζονας κολάζω.ἀλλʼ οὑτοσί μοι βόρβορος φαίνεται πατοῦντι·κοὐκ ἔσθʼ ὅπως οὐχ ἡμερῶν τεττάρων τὸ πλεῖστονὕδωρ ἀναγκαίως ἔχει τὸν θεὸν ποιῆσαι.ἔπεισι γοῦν τοῖσιν λύχνοις οὑτοιὶ μύκητες·φιλεῖ δʼ, ὅταν τοῦτʼ ᾖ, ποιεῖν ὑετὸν μάλιστα.δεῖται δὲ καὶ τῶν καρπίμων ἅττα μή ʼστι πρῷαὕδωρ γενέσθαι κἀπιπνεῦσαι βόρειον αὐτοῖς.τί χρῆμʼ ἄρʼ οὑκ τῆς οἰκίας τῆσδε συνδικαστὴςπέπονθεν, ὡς οὐ φαίνεται δεῦρο πρὸς τὸ πλῆθος;οὐ μὴν πρὸ τοῦ γʼ ἐφολκὸς ἦν, ἀλλὰ πρῶτος ἡμῶνἡγεῖτʼ ἂν ᾄδων Φρυνίχου· καὶ γάρ ἐστιν ἁνὴρ
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/du ?2

que nous nous arrêtions ici, et que nous chantions un peu, pour voir si nous ne pourrons point l’attirer dehors. D’où vient que nous ne trouvons plus ce vieillard à sa porte ? Est-ce qu’il ne nous entend plus ? a-t’il perdu ses socques ? S’est il heurté le bout du pied ? n’aurait il point la goutte ou quelqu’autre incommodité ? Il était si vif ! C’était le plus acariâtre de tous tant que nous sommes, et le seul qui ne se laissât jamais persuader. Les plus humbles supplications le trouvaient toujours insensible. Il regardait fixement la terre ; et : Serviteur, disait-il aux suppliants ; vous feriez aussitôt cuire un caillou. N’aurait-il point de chagrin de l’accusé qui nous échappa l’autre jour, à force de nous dire qu’il aimait Athènes, et qu’il avait découvert tout ce qui se passerait à Samos ? Oui, ce bon vieillard est homme à en avoir la fièvre de douleur. Mais c’est assez demeurer au logis. Venez, notre cher compagnon de jugerie ; ne vous laissez point ainsi ronger au chagrin. On doit nous amener un de ceux qui ont habité la Thrace. Il est gras, et bon à mettre au pot ; ce sera un friand morceau pour vous et pour nous … allons, mon fils ; marche, marche.

L’enfant.

Mon cher père ! Si je vous demandais quelque chose, me le donneriez vous ?

Le ch.

Eh ! Qui en doute, mon cher poupon ? Tu n’as qu’à parler. Veux-tu que je t’achète des osselets ?

L’enf.

J’aimerais encore mieux des figues, mon cher

φιλῳδός. ἀλλά μοι δοκεῖ στάντας ἐνθάδʼ ὦνδρεςᾄδοντας αὐτὸν ἐκκαλεῖν, ἤν τί πως ἀκούσαςτοὐμοῦ μέλους ὑφʼ ἡδονῆς ἑρπύσῃ θύραζε.Χορόςτί ποτʼ οὐ πρὸ θυρῶν φαίνετʼ ἄρʼ ἡμῖν ὁ γέρων οὐδʼ ὑπακούει;μῶν ἀπολώλεκε τὰςἐμβάδας, ἢ προσέκοψʼ ἐντῷ σκότῳ τὸν δάκτυλόν που,εἶτʼ ἐφλέγμηνεν αὐτοῦτὸ σφυρὸν γέροντος ὄντος;καὶ τάχʼ ἂν βουβωνιῴη.ἦ μὴν πολὺ δριμύτατός γʼ ἦν τῶν παρʼ ἡμῖν,καὶ μόνος οὐκ ἂν ἐπείθετʼ,ἀλλʼ ὁπότʼ ἀντιβολοίητις, κάτω κύπτων ἂν οὕτωλίθον ἕψεις, ἔλεγεν.Χορόςτάχα δʼ ἂν διὰ τὸν χθιζινὸν ἄνθρωπον, ὃς ἡμᾶς διεδύετʼἐξαπατῶν καὶ λέγωνὡς φιλαθήναιος ἦν καὶτἀν Σάμῳ πρῶτος κατείποι,διὰ τοῦτʼ ὀδυνηθεὶςεἶτʼ ἴσως κεῖται πυρέττων.ἔστι γὰρ τοιοῦτος ἁνήρ.ἀλλʼ ὦγάθʼ ἀνίστασο μηδʼ οὕτω σεαυτὸνἔσθιε μηδʼ ἀγανάκτει.καὶ γὰρ ἀνὴρ παχὺς ἥκειτῶν προδόντων τἀπὶ Θρᾴκης·ὃν ὅπως ἐγχυτριεῖς.ὕπαγʼ ὦ παῖ ὕπαγε.Παίςἐθελήσεις τί μοι οὖν ὦπάτερ, ἤν σού τι δεηθῶ;Χορόςπάνυ γʼ ὦ παιδίον. ἀλλʼ εἰπέ,τί βούλει με πρίασθαικαλόν; οἶμαι δέ σʼ ἐρεῖν ἀστραγάλουςδήπουθεν ὦ παῖ.Παίςμὰ Δίʼ ἀλλʼ ἰσχάδας ὦ παππία·ἥδιον γάρ.
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papa ; cela est bien plus doux.

Le ch.

Et zeste. C’est pour tonnez, ma foi ! Dusses-je être pendu, faute de cela tu n’en auras point.

L’enf.

Eh ! bien, je ne vous conduirai plus aussi.

Le ch.

Mais, mon enfant, il faut entendre raison. Des trois oboles qu’on nous donne par jour pour nos épices et vacations, il en faut mettre une en farine, l’autre en bois, et l’autre en provisions de cuisine. Et tu veux encore des figues ?

L’Enf.

Mais, mon cher papa, si l’Archonte ne vous fournissait donc chaque jour des procès à juger, nous serions en danger de diner par cœur et de souper de même ? La république n’a-t elle d’autre ressource pour vous faire vivre que ces trois oboles ?

Le ch.

Je n’entre point là dedans, mon enfant ; mais ce qu’il y a de sûr, c’est que, point de procès, point de baffre ; nous ne vivons plus que d’épices.

L’enf.

O ! mère malheureuse et déplorable ! Ne m'avez vous donc mis au monde que pour n’y vivre que de chicane et de procès ?

Le ch.

O ! Dieux ! peut on souffrir des enfants si sots ?

L’enf.

Hélas ! Hélas ! il ne nous reste donc en partage que la liberté de pleurer !



Χορόςοὐκ ἂνμὰ Δίʼ, εἰ κρέμαισθέ γʼ ὑμεῖς.Παίςμὰ Δίʼ οὔ τἄρα προπέμψω σε τὸ λοιπόν.Χορόςἀπὸ γὰρ τοῦδέ με τοῦ μισθαρίουτρίτον αὐτὸν ἔχειν ἄλφιτα δεῖ καὶ ξύλα κὤψον·ἒ ἔ. σὺ δὲ σῦκά μʼ αἰτεῖς.Παίςἄγε νυν ὦ πάτερ ἢν μὴτὸ δικαστήριον ἅρχωνκαθίσῃ νῦν, πόθεν ὠνησόμεθʼἄριστον; ἔχεις ἐλπίδαχρηστήν τινα νῷν ἢπόρον Ἕλλας ἱρὸν εὑρεῖν;Χορόςἀπαπαῖ φεῦ, ἀπαπαῖ φεῦ,μὰ Δίʼ οὐκ ἔγωγε νῷν οἶδʼὁπόθεν γε δεῖπνον ἔσται.Παίςτί με δῆτʼ ὦ μελέα μῆτερ ἔτικτες;Χορόςἵνʼ ἐμοὶ πράγματα βόσκειν παρέχῃς.Παίςἀνόνητον ἄρʼ ὦ θυλάκιόν σʼ εἶχον ἄγαλμα.ἒ ἔ. πάρα νῷν στενάζειν.
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(m) Eschine fils de Sellus, pauvre et fanfaron d'où l’on avait fait le proverbe Selliser, pour dire se vanter avec peu de fondement.

Philocléon. Le chœur.Philocléon

Mes amis ! Il y a longtemps que je vous écoute par le petit trou, et que je sèche d’ennui. Je ne puis chanter avec vous. Que ferais-je bien ? Je suis exactement gardé. Mais n’importe ; il faut que je voie encore les armes ; que je porte mon suffrage, et que je fasse encore du mal à quelqu’un. O ! Grand Jupiter, lance la foudre et change moi du moins, en fumée dans l’instant. Fais moi devenir aussi vain que le pauvre (m) et glorieux Eschine2, aussi léger que Proxéniade. Aie pitié de ce que j’endure ici. Je te demande en grace un éclat enflammé de ton brulant tonnerre, qui me réduise en cendres ; après cela souffle moi dans quelque plat de sauce toute chaude. Ou, du moins, si je ne puis espérer cette grace de toi, change moi en cette table de pierre sur quoi on compte les ballottes qui décident de la vie et de la fortune de ceux qu’on juge.

Le ch.

Qui est-ce donc qui t’enferme ainsi ? Dis le nous ; tu le diras à tes amis.

Phil.

C’est mon fils, ne criez point. Chut, il dort, baissez le ton.

Le ch.

Mais quelle raison, quel prétexte a t il, pour te retenir de cette sorte ?

Phil.

Il ne veut pas me permettre de juger, ni de mal faire ; il veut que je fasse bonne chère, et que je me divertisse. Il ne me plait pas à moi.

Φιλοκλέωνφίλοι, τήκομαι μὲνπάλαι διὰ τῆς ὀπῆςὑμῶν ὑπακούων.ἀλλὰ γὰρ οὐχ οἷός τʼ εἴμʼᾄδειν. τί ποιήσω;τηροῦμαι δʼ ὑπὸ τῶνδʼ, ἐπεὶβούλομαί γε πάλαι μεθʼ ὑμῶνἐλθὼν ἐπὶ τοὺς καδίσκουςκακόν τι ποιῆσαι.ἀλλʼ ὦ Ζεῦ Ζεῦ μέγα βροντήσαςἤ με ποίησον καπνὸν ἐξαίφνηςἢ Προξενίδην ἢ τὸν Σέλλουτοῦτον τὸν ψευδαμάμαξυν.τόλμησον ἄναξ χαρίσασθαί μοι,πάθος οἰκτίρας· ἤ με κεραυνῷδιατινθαλέῳ σπόδισον ταχέως,κἄπειτʼ ἀνελών μʼ ἀποφυσήσαςεἰς ὀξάλμην ἔμβαλε θερμήν·ἢ δῆτα λίθον με ποίησον ἐφʼ οὗτὰς χοιρίνας ἀριθμοῦσι.Χορόςτίς γάρ ἐσθʼ ὁ ταῦτά σʼ εἵργωνκἀποκλῄων τῇ θύρᾳ; λέξον·πρὸς εὔνους γὰρ φράσεις.Φιλοκλέωνοὑμὸς υἱός. ἀλλὰ μὴ βοᾶτε· καὶ γὰρ τυγχάνειοὑτοσὶ πρόσθεν καθεύδων. ἀλλʼ ὕφεσθε τοῦ τόνου.Χορόςτοῦ δʼ ἔφεξιν ὦ μάταιε ταῦτα δρᾶν σε βούλεται;καὶ τίνα πρόφασιν ἔχων;Φιλοκλέωνοὐκ ἐᾷ μʼ ὦνδρες δικάζειν οὐδὲ δρᾶν οὐδὲν κακόν,ἀλλά μʼ εὐωχεῖν ἕτοιμός ἐστʼ· ἐγὼ δʼ οὐ βούλομαι.
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Le ch.

Est ce que l’on contraint ainsi le monde ?

Phil.1

Je vous dis qu’il faut que ce maraud là ait conspiré contre la liberté publique.

Le ch.

Profite maintenant de l’occasion, et cherche dans ton esprit le moyen de descendre ici.

Phil.

Trouvez le pour vous mêmes, si vous le pouvez ; car je meurs d’envie d’aller juger avec vous.

Le ch.

N’y a-t il point quelque trou dans les murs qu'on puisse agrandir, et s’y couler couvert de haillons comme ce roi plein de ruses qu’Homère a célébré ?

Phil.

Tout est bouché. Il n’y a pas de trou à passer seulement un cosson. Voyez ce qu’on pourra faire ; mais il n’y a ni trou, ni boulin.

Le ch.

Souviens-toi du temps que tu étais dans le service, que tu volais les broches toutes garnies de rots, et te laissais ensuite couler du haut des murs d’en bas, chargé de ta proie. Il me semble que c’était du temps de la prise dl de Naxos sous Pisistrate.

Phil.

Je m’en souviens de reste ; mais de quoi cela me sort il ? J’étais jeune en ce temps là, j'avais de la force, personne ne me gardait, et je savais fuir. Mais à présent on a mis des sentinelles sous les armes, qui m’observent sans cesse. En voila deux, surtout qui ne me

Χορόςτοῦτʼ ἐτόλμησʼ ὁ μιαρὸς χανεῖνὁ Δημολογοκλέων ὅδʼ,ὅτι λέγεις σύ τι περὶ τῶν νεῶνἀληθές. οὐ γὰρ ἄν ποθʼοὗτος ἁνὴρ τοῦτʼ ἐτόλμησενλέγειν, εἰμὴ ξυνωμότης τις ἦν.Χορόςἀλλʼ ἐκ τούτων ὥρα τινά σοι ζητεῖν καινὴν ἐπίνοιαν,ἥτις σε λάθρᾳ τἀνδρὸς τουδὶ καταβῆναι δεῦρο ποιήσει.Φιλοκλέωντίς ἂν οὖν εἴη; ζητεῖθʼ ὑμεῖς, ὡς πᾶν ἂν ἔγωγε ποιοίην·οὕτω κιττῶ διὰ τῶν σανίδων μετὰ χοιρίνης περιελθεῖν.Χορόςἔστιν ὀπὴ δῆθʼ ἥντινʼ ἂν ἔνδοθεν οἷός τʼ εἴης διορύξαι,εἶτʼ ἐκδῦναι ῥάκεσιν κρυφθεὶς ὥσπερ πολύμητις Ὀδυσσεύς;Φιλοκλέωνπάντα πέφαρκται κοὐκ ἔστιν ὀπῆς οὐδʼ εἰ σέρφῳ διαδῦναι.ἀλλʼ ἄλλο τι δεῖ ζητεῖν ὑμᾶς· ὀπίαν δʼ οὐκ ἔστι γενέσθαι.Χορόςμέμνησαι δῆθʼ, ὅτʼ ἐπὶ στρατιᾶς κλέψας ποτὲ τοὺς ὀβελίσκουςἵεις σαυτὸν κατὰ τοῦ τείχους ταχέως, ὅτε Νάξος ἑάλω.Φιλοκλέωνοἶδʼ· ἀλλὰ τί τοῦτʼ; οὐδὲν γὰρ τοῦτʼ ἐστὶν ἐκείνῳ προσόμοιον.ἥβων γὰρ κἀδυνάμην κλέπτειν, ἴσχυόν τʼ αὐτὸς ἐμαυτοῦ,Φιλοκλέωνκοὐδείς μʼ ἐφύλαττʼ, ἀλλʼ ἐξῆν μοιφεύγειν ἀδεῶς. νῦν δὲ ξὺν ὅπλοιςἄνδρες ὁπλῖται διαταξάμενοικατὰ τὰς διόδους σκοπιωροῦνται,τὼ δὲ δύʼ αὐτῶν ἐπὶ ταῖσι θύραις
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perdent point de vue. Ils sont armés de broches, et me gardent comme un chat qui voudrait dérober quelque chose au crochet.

Le ch.

Tâche pourtant de trouver quelqu’invention, car il commence à faire jour.

Phil.

Je n’en trouve pas de meilleur que de ronger les filets, avec la permission de la Déesse de la chasse.

Le ch.

C’est fort bien dit et en homme qui ne veut rien négliger pour se procurer la liberté. Courage ; appuie fortement la machoire.

Phil.

C’en est fait ; le filet est rongé. Ne faites point de bruit. Prenons garde que Bdelycléon ne se réveille.

Le ch.

Ne crains rien. S’il osait seulement souffler, je le ferais repentir comme il faut d’avoir osé manquer au respect qui est dû à dame Justice et dame Chicane. Pends le cable à la fenêtre, attache toi fortement au cable, et l’ame pleine de courage, laisse toi couler jusqu’à nous.

Phil.

Mais si ces deux coquins s’aperçoivent de tout ceci, et que me prenant par la tête, ils m’attirent à eux comme on arrache le chaume ; que ferez-vous ?

Le ch.

Nous les en empêcherons bien. Vraiment ! C’est bien à eux !

Phil.

Je vais donc vous obéir. Mais au moins si

ὥσπερ με γαλῆν κρέα κλέψασαντηροῦσιν ἔχοντʼ ὀβελίσκους.Χορόςἀλλὰ καὶ νῦν ἐκπόριζεμηχανὴν ὅπως τάχισθʼ· ἕωςγάρ, ὦ μελίττιον.Φιλοκλέωνδιατραγεῖν τοίνυν κράτιστόν ἐστί μοι τὸ δίκτυον.ἡ δέ μοι Δίκτυννα συγγνώμην ἔχοι τοῦ δικτύου.Χορόςταῦτα μὲν πρὸς ἀνδρός ἐστʼ ἄνοντος ἐς σωτηρίαν.ἀλλʼ ἔπαγε τὴν γνάθον.Φιλοκλέωνδιατέτρωκται τοῦτό γʼ. ἀλλὰ μὴ βοᾶτε μηδαμῶς,ἀλλὰ τηρώμεσθʼ ὅπως μὴ Βδελυκλέων αἰσθήσεται.Χορόςμηδὲν ὦ τᾶν δέδιθι, μηδέν·ὡς ἐγὼ τοῦτόν γʼ, ἐὰν γρύξῃτι, ποιήσω δακεῖν τὴνκαρδίαν καὶ τὸν περὶ ψυχῆςδρόμον δραμεῖν, ἵνʼ εἰδῇμὴ πατεῖν τὰτοῖν θεοῖν ψηφίσματα.Χορόςἀλλʼ ἐξάψας διὰ τῆς θυρίδος τὸ καλῴδιον εἶτα καθίμαδήσας σαυτὸν καὶ τὴν ψυχὴν ἐμπλησάμενος Διοπείθους.Φιλοκλέωνἄγε νυν, ἢν αἰσθομένω τούτω ζητῆτόν μʼ ἐσκαλαμᾶσθαικἀνασπαστὸν ποιεῖν εἴσω, τί ποιήσετε; φράζετε νυνί.Χορόςἀμυνοῦμέν σοι τὸν πρινώδη θυμὸν ἅπαντες καλέσαντεςὥστʼ οὐ δυνατόν σʼ εἵργειν ἔσται· τοιαῦτα ποιήσομεν ἡμεῖς.Φιλοκλέωνδράσω τοίνυν ὑμῖν πίσυνος, καὶ — μανθάνετʼ; — ἤν τι πάθω ʼγώ,ἀνελόντες καὶ κατακλαύσαντες θεῖναί μʼ ὑπὸ τοῖσι δρυφάκτοις.Χορόςοὐδὲν πείσει· μηδὲν δείσῃς. ἀλλʼ ὦ βέλτιστε καθίει
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252

(n) Il y avait dans l’auditoire une statue du héros Lycus avec une cloison de cannes. C’était là qu’on distribuait les trois oboles aux juges ; là s’assemblaient les dix dénonciateurs. Là on faisait asseoir les condamnés ; et là aussi les juges pissaient.

j’y laisse la vie, ayez soin d’enlever mon corps et de m’enterrer sous les sièges de l’auditoire.

Le ch.

Ne crains rien ; il ne t’arrivera aucun mal. Laiss Laisse-toi couler hardiment, après avoir fait un petit bout de prière à tes Dieux domestiques.

Phil.

Seigneur Lycus(n) ! Héros voisin de ma maison, qui te plais comme moi à voir les pleurs des condamnés qu’on fait asseoir aux pieds de ta statue ! Sauve moi ; secours ton pauvre voisin et je te promets de ne plus pisser et de ne plus péter contre les pieux qui entourent ta statue sacrée.

Bdelycléon. Un valet. Philocléon. Le chœur. Bdelycléon.

Holà ! quelqu’un. Qu’on se réveille.

Le valet.

Qu’y a t’il ?

Bde.

J’entends du bruit.

Le va

Est-ce que le vieillard nous échappe par quelque trou ?

Bde.

Non. Mais le voilà qui s’en va par la fenêtre et qui se coule tout du long d’un gros cable où il s’est attaché.

Le va

O ! Le méchant vieillard ! Que veut il faire ? Je l’empêcherai bien de descendre.

σαυτὸν θαρρῶν κἀπευξάμενος τοῖσι πατρῴοισι θεοῖσιν.Φιλοκλέωνὦ Λύκε δέσποτα, γείτων ἥρως· σὺ γὰρ οἷσπερ ἐγὼ κεχάρησαι,τοῖς δακρύοισιν τῶν φευγόντων ἀεὶ καὶ τοῖς ὀλοφυρμοῖς·ᾤκησας γοῦν ἐπίτηδες ἰὼν ἐνταῦθʼ ἵνα ταῦτʼ ἀκροῷο,κἀβουλήθης μόνος ἡρώων παρὰ τὸν κλάοντα καθῆσθαι.ἐλέησον καὶ σῶσον νυνὶ τὸν σαυτοῦ πλησιόχωρον·κοὐ μή ποτέ σου παρὰ τὰς κάννας οὐρήσω μηδʼ ἀποπάρδω.Βδελυκλέωνοὗτος ἐγείρου.Ξανθίαςτί τὸ πρᾶγμʼ;Βδελυκλέωνὥσπερ φωνή μέ τις ἐγκεκύκλωται.Ξανθίαςμῶν ὁ γέρων πῃ διαδύεται αὖ;Βδελυκλέωνμὰ Δίʼ οὐ δῆτʼ, ἀλλὰ καθιμᾷαὑτὸν δήσας.Ξανθίαςὦ μιαρώτατε τί ποιεῖς; οὐ μὴ καταβήσει;
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253

Bde.

Et vîte, dépêche toi de monter par ici. Donne lui sur le derrière de bons coups de ces branches d’oliviers, afin de le repousser d’où il est sorti, sans virer de bord.

Phil.

O ! vous, qui avez le cœur à la chicane ! Secourez-moi. Où êtes vous Smyticion, Tisiade, Cremon et Pheredippe ? Paraissez. Délivrez-moi, avant qu’on m’ait faut rentrer par la fenêtre.

Le ch1.

Qu’attendons nous à faire parâitre [sic] cette colère qui nous anime, quand on nous irrite le le moins du monde, nous autres Guêpes? Déploy Déployons, déployons cet aiguillon pointu dont nous savons percer les téméraires. Enfants ! Ramassez nos manteaux, et courez vite à Cléon lui dire tout ce qui passe ici, et le prier de venir fondre sur un homme, ennemi de la ville et de l’état, sur un malheureux qui doit périr, parce qu’il dit qu’il ne faut point jugerjuge.

Bdelycléon. Le chœur. Xanthias. Philocléon. Sosias.Bdelycléon.

Ecoutez, bonnes gens, et ne criez point si haut.

Le ch.

Nous crierons de manière à nous faire entendre jusque dans les cieux, que nous n’abandonnerons point celui-ci.

Bde.

Voilà qui est terrible ! C’est une véritable tyrannie.

Βδελυκλέωνἀνάβαινʼ ἀνύσας κατὰ τὴν ἑτέραν καὶ ταῖσιν φυλλάσι παῖε,ἤν πως πρύμνην ἀνακρούσηται πληγεὶς ταῖς εἰρεσιώναις.Φιλοκλέωνοὐ ξυλλήψεσθʼ ὁπόσοισι δίκαι τῆτες μέλλουσιν ἔσεσθαι,ὦ Σμικυθίων καὶ Τεισιάδη καὶ Χρήμων καὶ Φερέδειπνε;πότε δʼ, εἰ μὴ νῦν, ἐπαρήξετέ μοι, πρίν μʼ εἴσω μᾶλλον ἄγεσθαι;Χορόςεἰπέ μοι τί μέλλομεν κινεῖν ἐκείνην τὴν χολήν,ἥνπερ, ἡνίκʼ ἄν τις ἡμῶν ὀργίσῃ τὴν σφηκιάν;νῦν ἐκεῖνο νῦν ἐκεῖνοτοὐξύθυμον, ᾧ κολαζόμεσθα,κέντρον †ἐντέτατʼ ὀξύ†.ἀλλὰ θαἰμάτια βαλόντες ὡς τάχιστα, παιδία,θεῖτε καὶ βοᾶτε, καὶ Κλέωνι ταῦτʼ ἀγγέλλετε,καὶ κελεύετʼ αὐτὸν ἥκεινὡς ἐπʼ ἄνδρα μισόπολινὄντα κἀπολούμενον, ὅτιτόνδε λόγον ἐσφέρει,μὴ δικάζειν δίκας.Βδελυκλέωνὦγαθοὶ τὸ πρᾶγμʼ ἀκούσατʼ, ἀλλὰ μὴ κεκράγετε.Χορόςνὴ Δίʼ ἐς τὸν οὐρανόν γʼ.Βδελυκλέωνὡς τοῦδʼ ἐγὼ οὐ μεθήσομαι.
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(x) Flatteur du peuple, collègue de Cléon, et qui avait été envoyé en ambassade à Sitalcès.

(n) Apparre Apparemment ils étaient garnis de priapes comiques.

Le ch.

O ! Ville ! O ! Théore(×) ennemi des Dieux ! O ! vous qui avez coutume de nous flatter chaque jour. Où êtes vous ?

Xan.

Par Hercule ! Ils ont de terribles (n) aiguillons. Les voyez vous, mon maitre ?

Bde.

C’est avec ces aiguillons qu’ils ont perdu en jugement Philippe fils de Gorgias.

Le ch.

Nous t’en ferons tout autant. Approchez vous tous, et vous tournez de ce coté ici. Dressez vos aiguillons contre ce malheureux. Et qu'une triste expérience lui fasse connâitre quel essaim de guêpes il a irrité.

Xan.

Voici une espèce de combat qui me fait peur. Ces terribles aiguillons me font frémir.

Le ch.

Laisse aller ce vieillard ; sinon je te puis bien assurer que tu envieras le bonheur des tortues d’avoir la peau si dure.

Phil.

Courage, mes confrères, courage ; fondez sur ces malheureux ! Plantez leur vos aiguillons dans le derrière, dans les yeux ; piquez leur les doigts.

Bde.

À moi, Midas, à moi Phrygion, à moi Masyntias ; accourez tous ; tenez moi bien cet homme, et ne le laissez point aller. Sinon comptez que vous n’aurez à diner que les fers les plus pesants. O ! quel bourdonnement !

Χορόςταῦτα δῆτʼ οὐ δεινὰ καὶ τυραννίς ἐστιν ἐμφανής;ὦ πόλις καὶ Θεώρου θεοισεχθρία,κεἴ τις ἄλλος προέστηκεν ἡμῶν κόλαξ.ΞανθίαςἩράκλεις καὶ κέντρʼ ἔχουσιν. οὐχ ὁρᾷς ὦ δέσποτα;Βδελυκλέωνοἷς γʼ ἀπώλεσαν Φίλιππον ἐν δίκῃ τὸν Γοργίου.Χορόςκαὶ σέ γʼ αὐτοῖς ἐξολοῦμεν· ἀλλὰ πᾶς ἐπίστρεφεδεῦρο κἀξείρας τὸ κέντρον εἶτʼ ἐπʼ αὐτὸν ἵεσο,ξυσταλεὶς εὔτακτος ὀργῆς καὶ μένους ἐμπλήμενος,ὡς ἂν εὖ εἰδῇ τὸ λοιπὸν σμῆνος οἷον ὤργισεν.Ξανθίαςτοῦτο μέντοι δεινὸν ἤδη νὴ Δίʼ, εἰ μαχούμεθα·ὡς ἔγωγʼ αὐτῶν ὁρῶν δέδοικα τὰς ἐγκεντρίδας.Χορόςἀλλʼ ἀφίει τὸν ἄνδρʼ· εἰ δὲ μή, φήμʼ ἐγὼτὰς χελώνας μακαριεῖν σε τοῦ δέρματος.Φιλοκλέωνεἶά νυν ὦ ξυνδικασταὶ σφῆκες ὀξυκάρδιοι,οἱ μὲν ἐς τὸν πρωκτὸν αὐτῶν ἐσπέτεσθʼ ὠργισμένοι,οἱ δὲ τὠφθαλμὼ κύκλῳ κεντεῖτε καὶ τοὺς δακτύλους.Βδελυκλέωνὦ Μίδα καὶ Φρὺξ βοήθει δεῦρο καὶ Μασιντύα,καὶ λάβεσθε τουτουὶ καὶ μὴ μεθῆσθε μηδενί·εἰ δὲ μή, ʼν πέδαις παχείαις οὐδὲν ἀριστήσετε.
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Quel bruit ! Il me semble que j’entends péter au feu des figuiers.

Le ch.

Si tu ne laisses aller cet homme, tu sentiras la force de nos aiguillons.

Phil.

O ! Cécrops, héros fameux, dont les pieds finissent en serpents ! Me laisseras tu donc réduire ainsi en esclavage par des hommes barbares, par des ingrats à qui j’ai appris à tirer quatre grands pains d’un boisseau ?

Le ch.

Il faut avouer que les vieillards sont bien à plaindre ! Voyez comme ils font violence à leur vieux maitre, sans lui savoir gré des surtout de peaux, des vestes, des chapeaux de peau de chien dont il a eu soin de les couvrir pendant l’hiver, pour les préserver du froid. Ils ne s’en souviennent plus, et n’ont point de respect pour ses vieilles socques.

Phil.

Ne me laisseras tu pas, méchante bête ? Ne te souvient il plus que t’ayant trouvé qui dérobais des raisins, je te liai à l’olivier, et t’écorchai de manière à rendre ton sort digne d’envie ! Et toi, ingrat que tu es ! Me laisseras tu avant que mon fils revienne ici ?

Le ch.

Ils seront punis l’un et l’autre, et tout à l’heure ; ils éprouveront quelles gens nous sommes, et quelle colère anime notre justice et notre vengeance !

Bde.

Frappe, frappe, Xanthias et chasse ces guêpes

ὡς ἐγὼ πολλῶν ἀκούσας οἶδα θρίων τὸν ψόφον.Χορόςεἰ δὲ μὴ τοῦτον μεθήσεις, ἔν τί σοι παγήσεται.Φιλοκλέωνὦ Κέκροψ ἥρως ἄναξ τὰ πρὸς ποδῶν Δρακοντίδη,περιορᾷς οὕτω μʼ ὑπʼ ἀνδρῶν βαρβάρων χειρούμενον,οὓς ἐγὼ ʼδίδαξα κλάειν τέτταρʼ ἐς τὴν χοίνικα;Χορόςεἶτα δῆτʼ οὐ πόλλʼ ἔνεστι δεινὰ τῷ γήρᾳ κακά;δηλαδή· καὶ νῦν γε τούτω τὸν παλαιὸν δεσπότηνπρὸς βίαν χειροῦσιν, οὐδὲν τῶν πάλαι μεμνημένοιδιφθερῶν κἀξωμίδων, ἃς οὗτος αὐτοῖς ἠμπόλα,καὶ κυνᾶς· καὶ τοὺς πόδας χειμῶνος ὄντος ὠφέλει,ὥστε μὴ ῥιγῶν ἑκάστοτʼ· ἀλλὰ τούτοις γʼ οὐκ ἔνιοὐδʼ ἐν ὀφθαλμοῖσιν αἰδὼς τῶν παλαιῶν ἐμβάδων.Φιλοκλέωνοὐκ ἀφήσεις οὐδὲ νυνί μʼ ὦ κάκιστον θηρίον,οὐδʼ ἀναμνησθεὶς ὅθʼ εὑρὼν τοὺς βότρυς κλέπτοντά σεπροσαγαγὼν πρὸς τὴν ἐλάαν ἐξέδειρʼ εὖ κἀνδρικῶς,ὥστε σε ζηλωτὸν εἶναι; σὺ δʼ ἀχάριστος ἦσθʼ ἄρα.ἀλλʼ ἄνες με καὶ σὺ καὶ σύ, πρὶν τὸν υἱὸν ἐκδραμεῖν.Χορόςἀλλὰ τούτων μὲν τάχʼ ἡμῖν δώσετον καλὴν δίκην,οὐκέτʼ ἐς μακρὰν ἵνʼ εἰδῆθʼ οἷός ἐστʼ ἀνδρῶν τρόποςὀξυθύμων καὶ δικαίων καὶ βλεπόντων κάρδαμα.Βδελυκλέωνπαῖε παἶ ὦ Ξανθία τοὺς σφῆκας ἀπὸ τῆς οἰκίας.
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d’autour de la maison.

Xan.

Je fais de mon mieux. Mais toi, Sosias, sers toi de la fumée pour donner la chasse à ces mouches.3

Sos.avec de la paille allumée.

Fuyez, fuyez importunes guêpes. Donne du bâton.1

Xan.

Et toi, porte la paille allumée jusques dans les yeux du vieil Eschine fils de Selarte. Oh ! Oh ! nous vous ferons enfin faire retraite.

Demi-chœur.2

N’est il point fâcheux de voir ainsi traiter de pauvres gens ? C’est une tyrannie. Prétends tu donc, jeune glorieux, plus ennemi du peuple qu’Amynias, renverser, sans raison, les lois établies depuis si longtemps, et régner seul dans cette ville ?

Bde.

Sera-t-il permis de raisonner avec vous sans bruit et sans vacarme ?

Le ch.

Raisonner avec toi, tyran, ennemi du peuple, partisan de Brasidas et des Lacédémoniens, que tu imites jusques dans ta longue chevelure ?

Bde.

J’aimerais mieux, parbleu, me séparer pour toujours de mon père, que d’avoir tant de maux à souffrir.

Le ch.

Oh ! Que tu n’en es pas encore où tu penses ! Le beau du jeu sera quand l’accusateur fera le récit de tes crimes et nommera tes complices.

Ξανθίαςἀλλὰ δρῶ τοῦτʼ· ἀλλὰ καὶ σὺ τῦφε πολλῷ τῷ καπνῷ.Σωσίαςοὐχὶ σοῦσθʼ; οὐκ ἐς κόρακας; οὐκ ἄπιτε; παῖε τῷ ξύλῳ.Ξανθίαςκαὶ σὺ προσθεὶς Αἰσχίνην ἔντυφε τὸν Σελλαρτίου.ἆρʼ ἐμέλλομέν ποθʼ ὑμᾶς ἀποσοβήσειν τῷ χρόνῳ.Βδελυκλέωνἀλλὰ μὰ Δίʼ οὐ ῥᾳδίως οὕτως ἂν αὐτοὺς διέφυγες,εἴπερ ἔτυχον τῶν μελῶν τῶν Φιλοκλέους βεβρωκότες.Χορόςἆρα δῆτʼ οὐκ αὐτὰ δῆλατοῖς πένησιν, ἡ τυραννὶς†ὡς λάθρᾳ γʼ ἐλάνθανʼ ὑπιοῦσά με,†εἰ σύ γʼ ὦ πόνῳ πόνηρε καὶ κομηταμυνίατῶν νόμων ἡμᾶς ἀπείργεις ὧν ἔθηκεν ἡ πόλις,οὔτε τινʼ ἔχων πρόφασινοὔτε λόγον εὐτράπελον,αὐτὸς ἄρχων μόνος;Βδελυκλέωνἔσθʼ ὅπως ἄνευ μάχης καὶ τῆς κατοξείας βοῆςἐς λόγους ἔλθοιμεν ἀλλήλοισι καὶ διαλλαγάς;Χορόςσοὐς λόγους ὦ μισόδημε καὶ μοναρχίας ἐραστά,καὶ ξυνὼν Βρασίδᾳ καὶ φορῶν κράσπεδαστεμμάτων τήν θʼ ὑπήνην ἄκουρον τρέφων;Βδελυκλέωννὴ Δίʼ ἦ μοι κρεῖττον ἐκστῆναι τὸ παράπαν τοῦ πατρὸςμᾶλλον ἢ κακοῖς τοσούτοις ναυμαχεῖν ὁσημέραι.Χορόςοὐδὲ μὴν οὐδʼ ἐν σελίνῳ σοὐστὶν οὐδʼ ἐν πηγάνῳ·τοῦτο γὰρ παρεμβαλοῦμεν τῶν τριχοινίκων ἐπῶν.ἀλλὰ νῦν μὲν οὐδὲν ἀλγεῖς, ἀλλʼ ὅταν ξυνήγοροςταὐτὰ ταῦτα σου καταντλῇ καὶ ξυνωμότας καλῇ.
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Bde.

Je vous conjure, au nom des Dieux, de vous retirer et de me lasser en paix. Voulez vous que nous passions le jour à battre et à être battus ?

Le ch.

Nous n’en ferons rien, tant qu’il nous restera des forces. Quoi ? Nous épargnerions un conspirateur qui aspire à la tyrannie ?

Bde.

N’entendrai-je donc jamais autre chose que tyrannie et conspiration ? Vous avez toujours ces mots à la bouche sans qu’il es soit question. Les places, les maisons ne retentissent que de ces mots odieux, quoiqu’il n’ait été question ni de conspiration, ni de tyrannie depuis plus de cinquante ans. Voit on quelqu’un au marché qui rebute des merlans pour acheter des bars ? La marchande de merlans s’écrie aussitôt : Voilà un homme qui aspire à la tyrannie. Si un homme demande à acheter de l’oignon pour assaisonner son poisson, l’herbière qui vend l’oignon, lui dit : Pensez vous donc, monsieur, à vous faire tyran de cet état, et croyez vous qu’Athènes ne soit au monde, que pour vous procurer des friandises ?

Xan.

Et moi, j’allai l’autre jour trouver une fille de la petite vertu, sur le midi, pour passer un quart d’heure avec elle. Je la priai de se mettre dessus. Elle me dit : Cela s’appelle : le faire à la royale.

Bde.

Ils se sont fait une habitude de ces sortes d’accusations.

Βδελυκλέωνἆρʼ ἂν ὦ πρὸς τῶν θεῶν ὑμεῖς ἀπαλλαχθεῖτέ μου;ἢ δέδοκταί μοι δέρεσθαι καὶ δέρειν διʼ ἡμέρας;Χορόςοὐδέποτέ γʼ, οὐχ ἕως ἄν τί μου λοιπὸν ᾖ,ὅστις ἡμῶν ἐπὶ τυραννίδʼ ὧδʼ ἐστάλης.Βδελυκλέωνὡς ἅπανθʼ ὑμῖν τυραννίς ἐστι καὶ ξυνωμόται,ἤν τε μεῖζον ἤν τʼ ἔλαττον πρᾶγμά τις κατηγορῇ,ἧς ἐγὼ οὐκ ἤκουσα τοὔνομʼ οὐδὲ πεντήκοντʼ ἐτῶν·νῦν δὲ πολλῷ τοῦ ταρίχους ἐστὶν ἀξιωτέρα,ὥστε καὶ δὴ τοὔνομʼ αὐτῆς ἐν ἀγορᾷ κυλίνδεται.ἢν μὲν ὠνῆταί τις ὀρφὼς μεμβράδας δὲ μὴ ʼθέλῃ,εὐθέως εἴρηχʼ ὁ πωλῶν πλησίον τὰς μεμβράδας·ʼοʼὗτος ὀψωνεῖν ἔοιχʼ ἅνθρωπος ἐπὶ τυραννίδι.ʼἢν δὲ γήτειον προσαιτῇ ταῖς ἀφύαις ἥδυσμά τι,ἡ λαχανόπωλις παραβλέψασά φησι θατέρῳ·‘εἰπέ μοι, γήτειον αἰτεῖς· πότερον ἐπὶ τυραννίδι,ἢ νομίζεις τὰς Ἀθήνας σοὶ φέρειν ἡδύσματα;’Ξανθίαςκἀμέ γʼ ἡ πόρνη χθὲς εἰσελθόντα τῆς μεσημβρίας,ὅτι κελητίσαι ʼκέλευον, ὀξυθυμηθεῖσά μοιἤρετʼ εἰ τὴν Ἱππίου καθίσταμαι τυραννίδα.Βδελυκλέωνταῦτα γὰρ τούτοις ἀκούειν ἡδἔ, εἰ καὶ νῦν ἐγὼ
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Y a t’il rien de plus impertinent, que de me voir traiter de conspirateur, pour avoir voulu retirer mon père de cette vie misérable qu'il passe à se lever avant jour, courir à l’audience, aimer à voir calomnier les autres, se plaire à les condamner au gré de certaines gens ; pour le faire vivre dans l’abondance et les plaisirs ?

Phil.

Et c’est avec justice, malheureux. Tous ces plaisirs et cette abondance, je les estime moins qu’un fêtu, en comparaison de ce que tu veux m’oter. Oui, je préfère un petit procillon1 à l’étuvée entre deux plats, à tout ce qu’il y a de plus délicat à la poissonnerie.

Bde.

C’est un effet de la mauvaise habitude. Mais si vous voulez m’écouter tranquillement, je prétends vous convaincre que vous êtes dans l’errl’erreur.

Phil.

Je suis dans l’erreur, quand je veux juger ?

Bde.

On se moque de vous ; si vous ne le savez pas. Et qui s’en moque ? Des gens que vous adorez, ou peu s’en faut, pendant qu’ils vous traitent en esclave.

Phil.

Cesse, mon ami, de m’appeler esclave, moi qui suis l’arbitre de la vie et de la fortune de tous les sujets de cet état.

Bde.

Bel arbitre ! ma foi. Sachez que vous n'êtes que le ministre des faveurs de certaines gens.

τὸν πατέρʼ ὅτι βούλομαι τούτων ἀπαλλαχθέντα τῶνὀρθροφοιτοσυκοφαντοδικοταλαιπώρων τρόπωνζῆν βίον γενναῖον ὥσπερ Μόρυχος, αἰτίαν ἔχωταῦτα δρᾶν ξυνωμότης ὢν καὶ φρονῶν τυραννικά.Φιλοκλέωννὴ Δίʼ ἐν δίκῃ γʼ· ἐγὼ γὰρ οὐδʼ ἂν ὀρνίθων γάλαἀντὶ τοῦ βίου λάβοιμʼ ἂν οὗ με νῦν ἀποστερεῖς·οὐδὲ χαίρω βατίσιν οὐδʼ ἐγχέλεσιν, ἀλλʼ ἥδιον ἄνδικίδιον σμικρὸν φάγοιμʼ ἂν ἐν λοπάδι πεπνιγμένον.Βδελυκλέωννὴ Δίʼ εἰθίσθης γὰρ ἥδεσθαι τοιούτοις πράγμασιν·ἀλλʼ ἐὰν σιγῶν ἀνάσχῃ καὶ μάθῃς ἁγὼ λέγω,ἀναδιδάξειν οἴομαί σʼ ὡς πάντα ταῦθʼ ἁμαρτάνεις.Φιλοκλέωνἐξαμαρτάνω δικάζων;Βδελυκλέωνκαταγελώμενος μὲν οὖνοὐκ ἐπαϊεις ὑπʼ ἀνδρῶν, οὓς σὺ μόνον οὐ προσκυνεῖς.ἀλλὰ δουλεύων λέληθας.Φιλοκλέωνπαῦε δουλείαν λέγων,ὅστις ἄρχω τῶν ἁπάντων.Βδελυκλέωνοὐ σύ γʼ, ἀλλʼ ὑπηρετεῖςοἰόμενος ἄρχειν· ἐπεὶ δίδαξον ἡμᾶς ὦ πάτερ,
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Et puis, apprenez moi quels sont les revenus d’une si grande dignité ?

Phil.

Oh ! c’est parler, cela. Je veux bien te l’apprendre, avec la permission de messieurs.

Bde.

Et moi, je l’entendrai volontiers, à condition que je ferai voir que vous vous trompez. Qu’on le laisse, et qu’on m’apporte une épée, afin que je me laisse tomber dessus, si je ne remporte pas l’honneur de cette dispute. Ces Messieurs seront nos juges.1 Mais vous, de votre coté, à quelle peine vous condamnez vous si vous refusez de vous soum soumettre à leur jugement ?

Phil.

Je consens de ne plus boire de ma vie de ce bon jus de la tonne.

Le ch.

Il faut maintenant dire quelque chose de neuf, afin de faire honneur au corps dont tu as l’honneur d’être membre.

Phil.

Qu’on m’apporte au plutôt une boite pour y mettre les suffrages.

Le ch.

C’est ici une dispute de conséquence, et c’est à toi à prendre garde que ce jeune homme ne remporte l’avantage.

Bde.

Je tiendrai registre, article par article, de tout ce qu’il dira, pour le réfuter avec tout l’ordre et toute la clarté possible.

ἥτις ἡ τιμή ʼστί σοι καρπουμένῳ τὴν Ἑλλάδα.Φιλοκλέωνπάνυ γε, καὶ τούτοισί γʼ ἐπιτρέψαι ʼθέλω.Βδελυκλέωνκαὶ μὴν ἐγώ.ἄφετέ νυν ἅπαντες αὐτόν.Φιλοκλέωνκαὶ ξίφος γέ μοι δότε.ἢν γὰρ ἡττηθῶ λέγων σου, περιπεσοῦμαι τῷ ξίφει.Βδελυκλέωνεἰπέ μοι, τί δʼ ἤν, τὸ δεῖνα, τῇ διαίτῃ μὴ ʼμμένῃς;Φιλοκλέωνμηδέποτε πίοιμʼ ἀκράτου μισθὸν ἀγαθοῦ δαίμονος.Χορόςνῦν δὴ τὸν ἐκ θἠμετέρουγυμνασίου δεῖ τι λέγεινκαινόν, ὅπως φανήσει —Βδελυκλέωνἐνεγκάτω μοι δεῦρο τὴν κίστην τις ὡς τάχιστα.ἀτὰρ φανεῖ ποῖός τις ὤν, ἢν ταῦτα παρακελεύῃ;Χορόςμὴ κατὰ τὸν νεανίαντονδὶ λέγων. ὁρᾷς γὰρ ὥςσοι μέγας ἐστὶν ἁγὼνκαὶ περὶ τῶν ἁπάντων,εἴπερ, ὃ μὴ γένοιθʼ, οὗτόςσʼ ἐθέλει κρατῆσαι.Βδελυκλέωνκαὶ μὴν ὅσʼ ἂν λέξῃ γʼ ἁπλῶς μνημόσυνα γράψομαι ʼγώ.Φιλοκλέωντί γὰρ φάθʼ ὑμεῖς, ἢν ὁδί με τῷ λόγῳ κρατήσῃ;
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Mais s’il remportait l’honneur de cette dispute, qu’en diriez vous ?

Le ch.

Nous dirions qu’il ne faudrait pas donner un fêtu de tout le corps des vieillards ; que nous serions désormais un sujet de risée ; et qu’on aurait raison de dire de nous que nous ne serions propres qu’à porter des rameaux d’oliviers aux processions. Mais toi qui entreprends de faire voir l’empire dont nous jouissons, parle hardiment, et ne laisse rien à dire.



Philocléon. Bdélycléon. Le chœur.Philocléon.

Je commencerai d’abord à faire voir qu’il n'y a point de roi qui soit plus roi qui nous. En effet, est il rien de plus heureux qu’un juge ? Est-il un animal plus glorieux et plus insupportable que lui, surtout s’il a les cheveux gris ? Dès le moment qu’il se tire du lit, il est attendu au barreau par de grands messieurs de quatre coudées de haut. Aussitot qu’il parait, ils lui donnent la main, cette main criminelle qui a dérobé les finances de l’état ; et d’un ton de voix lamentable, ils me crient : Aie pitié de moi, mon père, si jamais tu t’es trouvé en pareil état, ou si tu l’as mérité pour avoir fait quelques malversations, comme nous, dans les charges des finances ou de la guerre. Les marauds ignoreraient que je fusse au monde, si je ne leur

Χορόςοὐκέτι πρεσβυτῶν ὄχλοςχρήσιμος ἔστʼ οὐδʼ ἀκαρῆ·σκωπτόμενοι δʼ ἐν ταῖς ὁδοῖςθαλλοφόροι καλούμεθʼ, ἀντωμοσιῶνκελύφη.Χορόςἀλλʼ ὦ περὶ τῆς πάσης μέλλων βασιλείας ἀντιλογήσειντῆς ἡμετέρας, νυνὶ θαρρῶν πᾶσαν γλῶτταν βασάνιζε.Φιλοκλέωνκαὶ μὴν εὐθύς γʼ ἀπὸ βαλβίδων περὶ τῆς ἀρχῆς ἀποδείξωτῆς ἡμετέρας ὡς οὐδεμιᾶς ἥττων ἐστὶν βασιλείας.τί γὰρ εὔδαιμον καὶ μακαριστὸν μᾶλλον νῦν ἐστὶ δικαστοῦ,ἢ τρυφερώτερον ἢ δεινότερον ζῷον, καὶ ταῦτα γέροντος;ὃν πρῶτα μὲν ἕρποντʼ ἐξ εὐνῆς τηροῦσʼ ἐπὶ τοῖσι δρυφάκτοιςἄνδρες μεγάλοι καὶ τετραπήχεις· κἄπειτʼ εὐθὺς προσιόντιἐμβάλλει μοι τὴν χεῖρʼ ἁπαλὴν τῶν δημοσίων κεκλοφυῖαν·ἱκετεύουσίν θʼ ὑποκύπτοντες τὴν φωνὴν οἰκτροχοοῦντες·ʼοʼἴκτιρόν μʼ ὦ πάτερ, αἰτοῦμαί σʼ, εἰ καὐτὸς πώποθʼ ὑφείλουἀρχὴν ἄρξας ἢ ʼπὶ στρατιᾶς τοῖς ξυσσίτοις ἀγοράζων·ʼ
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(o) Le troisième jour de la fête des apaturies s’appelait couréotis, à cause que les pères et les mères amenaient leurs enfants courous, devant devant les juges, et disaient : Cet enfant est né d’une mère attique et a quinze ans ans. Pour s’assurer de l’âge, les juges maniaient les parties génitales, parce qu’il fallait avoir toutes ses pièces pour être ministre des choses sacrées. À 15 ans on présentait les enfants[illisible]

(le reste de la note manque)

avais déjà sauvé la vie une autre fois.

Bde.

Marquons cet article. Les sollicitations et les requêtes.

Phil.

Après avoir essuyé toutes les importunités de ces malheureux, et leur avoir fait assez bon visage pour leur donner à penser que je leur serai favorable ; j’entre, et sans me souvenir de tout ce que je leur ai promis, je prends plaisir à entendre tout ce que disent les accusés. Les uns vous font un portrait touchant de leur misère et de leur pauvreté. Nous savons bien qu’ils en disent plus qu’il y en a. D’autres nous font des contes pour rire. D’autres nous apportent quelque fable d’Ésope, ou quelque bon mot propre à dérider le front des juges. Quelles flatteries ne leur dit on point ? Si tout cela manque de réussir, on amène les petits enfants, filles et garçons, qu’on nous présente pour nous émouvoir de compassion ; et les pères s’estiment heureux, si quelques larmes qui nous échappent leur sont garants que notre colère est un peu relachée. Ne m’appellera-t-on pas cela une vraie monarchie, de pourvoir ainsi se moquer des riches ?

Bde.

Marquons encore celui-ci. Item le plaisir de se pouvoir moquer des gens riches.

Phil.

Comptez vous aussi pour rien le plaisir de se pouvoir manier, à la fête des apaturies (o), ce qui doit faire la ressource de la république ;

ὃς ἔμʼ οὐδʼ ἂν ζῶντʼ ᾔδειν εἰ μὴ διὰ τὴν προτέραν ἀπόφυξιν.Βδελυκλέωντουτὶ περὶ τῶν ἀντιβολούντων ἔστω τὸ μνημόσυνόν μοι.Φιλοκλέωνεἶτʼ εἰσελθὼν ἀντιβοληθεὶς καὶ τὴν ὀργὴν ἀπομορχθεὶςἔνδον τούτων ὧν ἂν φάσκω πάντων οὐδὲν πεποίηκα,ἀλλʼ ἀκροῶμαι πάσας φωνὰς ἱέντων εἰς ἀπόφυξιν.φέρʼ ἴδω, τί γὰρ οὐκ ἔστιν ἀκοῦσαι θώπευμʼ ἐνταῦθα δικαστῇ;οἱ μέν γʼ ἀποκλάονται πενίαν αὑτῶν καὶ προστιθέασικακὰ πρὸς τοῖς οὖσιν, † ἕως ἀνιῶν ἂν ἰσώσῃ τοῖσιν ἐμοῖσιν· †οἱ δὲ λέγουσιν μύθους ἡμῖν, οἱ δʼ Αἰσώπου τι γέλοιον·οἱ δὲ σκώπτουσʼ, ἵνʼ ἐγὼ γελάσω καὶ τὸν θυμὸν καταθῶμαι.κἂν μὴ τούτοις ἀναπειθώμεσθα, τὰ παιδάριʼ εὐθὺς ἀνέλκειτὰς θηλείας καὶ τοὺς υἱεῖς τῆς χειρός, ἐγὼ δʼ ἀκροῶμαι·τὰ δὲ συγκύψανθʼ ἅμα βληχᾶται· κἄπειθʼ ὁ πατὴρ ὑπὲρ αὐτῶνὥσπερ θεὸν ἀντιβολεῖ με τρέμων τῆς εὐθύνης ἀπολῦσαι·εἰ μὲν χαίρεις ἀρνὸς φωνῇ, παιδὸς φωνὴν ἐλεήσαις·εἰ δʼ αὖ τοῖς χοιριδίοις χαίρω, θυγατρὸς φωνῇ με πιθέσθαι.χἠμεῖς αὐτῷ τότε τῆς ὀργῆς ὀλίγον τὸν κόλλοπʼ ἀνεῖμεν.ἆρʼ οὐ μεγάλη τοῦτʼ ἔστʼ ἀρχὴ καὶ τοῦ πλούτου καταχήνη;Βδελυκλέωνδεύτερον αὖ σου τουτὶ γράφομαι, τὴν τοῦ πλούτου καταχήνην·καὶ τἀγαθά μοι μέμνησʼ ἅχεις φάσκων τῆς Ἑλλάδος ἄρχειν.
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(p) La flûte des anciens n’était pas à bec, mais s’embouchait comme les flûtes allemandes. Et pour éviter les grimaces, ou pour faciliter l’embouchure, les joueurs de flûtes se bridaient. Minerve, inventrice de la flûte, la quitte, à cause de la grimace qu’elle faisait faire.

et d’examiner tout à loisir, des yeux et des doigts, s'il est vrai que les pères et les mères ne nous trompent point quand ils nous disent : Je vous présente un vrai citoyen d’Athènes de l’âge de quinze ans ? Et s’il arriva que ce célèbre acteur Eagre eût quelqu’affaire à notre tribunal, pensez vous qu’il s’en allât absout, s’il ne nous récitait auparavant la plus belle scène de Niobé ? Si quelque joueur de flûte gagne son procès, il prend aussitôt sa bride (p), et embouchant son instrument, il reconduit ses juges au son d’une belle marche. Si quelque honnête homme laisse par testament sa fille unique héritière de tous ses biens ; il n’est pas plutôt mort qu’à la première requête qu’on nous fait, nous envoyons promener le testament, et dame Justice, après avoir humé l’huitre, ne laisse à l’héritière que les écailles. Et tout cela, nous le faisons sans être sujet à révision. Y a t-il empire pareil au notre ?

Bde.

Vous me dites là d’assez jolie choses, et je vous estime heureux en quelques unes. Mais je ne puis approuver l’huitre de l’héritière.

Phil.

Et puis, quand il y a quelque affaire épineux que le grand conseiller du peuple n’a pu terminé, n’a-t-on pas coutume de livrer les accusés aux juges du Sénat ? N’avons nous pas des partisans de renom dans l’assemblée du peuple : un braillard d’Evathlé un Culaconyme, tant d’autres, qui nous font toujours renvoyer les meilleures causes ? Enfin n’est ce pas un moyen sur de gagner son procès devant le peuple, d’avoir eu

Φιλοκλέωνπαίδων τοίνυν δοκιμαζομένων αἰδοῖα πάρεστι θεᾶσθαι.κἂν Οἴαγρος εἰσέλθῃ φεύγων, οὐκ ἀποφεύγει πρὶν ἂν ἡμῖνἐκ τῆς Νιόβης εἴπῃ ῥῆσιν τὴν καλλίστην ἀπολέξας.κἂν αὐλητής γε δίκην νικᾷ, ταύτης ἡμῖν ἐπίχειραἐν φορβειᾷ τοῖσι δικασταῖς ἔξοδον ηὔλησʼ ἀπιοῦσι.κἂν ἀποθνῄσκων ὁ πατήρ τῳ δῷ καταλείπων παῖδʼ ἐπίκληρον,κλάειν ἡμεῖς μακρὰ τὴν κεφαλὴν εἰπόντες τῇ διαθήκῃκαὶ τῇ κόγχῃ τῇ πάνυ σεμνῶς τοῖς σημείοισιν ἐπούσῃ,ἔδομεν ταύτην ὅστις ἂν ἡμᾶς ἀντιβολήσας ἀναπείσῃ.καὶ ταῦτʼ ἀνυπεύθυνοι δρῶμεν, τῶν δʼ ἄλλων οὐδεμἴ ἀρχή.Βδελυκλέωντουτὶ γάρ τοι σεμνόν, τούτων ὧν εἴρηκας μακαρίζω·τῆς δʼ ἐπικλήρου τὴν διαθήκην ἀδικεῖς ἀνακογχυλιάζων.Φιλοκλέωνἔτι δʼ ἡ βουλὴ χὠ δῆμος ὅταν κρῖναι μέγα πρᾶγμʼ ἀπορήσῃἐψήφισται τοὺς ἀδικοῦντας τοῖσι δικασταῖς παραδοῦναι·εἶτʼ Εὔαθλος χὠ μέγας οὗτος Κολακώνυμος ἀσπιδαποβλὴςοὐχὶ προδώσειν ἡμᾶς φασίν, περὶ τοῦ πλήθους δὲ μαχεῖσθαι.κἀν τῷ δήμῳ γνώμην οὐδεὶς πώποτʼ ἐνίκησεν, ἐὰν μὴ
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un arrêt favorable du Sénat ? Cléon, ce redoutable Cléon, n’a du respect et du ménagement que pour nous. Il nous tient par la main, il chasse les mouches d’autour de nous. En as tu jamais fait autant pour ton père ? Ce fameux Théore, rhéteur aussi considérable qu’Euphème, prend bien le soin de porter à l’audience un chaudron plein de noir à noircir, avec une éponge, et de frotter et de graisser nos souliers ? Regarde un peu de quels biens tu prétends me priver, en me détournant d’une occupation illustre que tu oses traiter d’esclavage.

Bde.

Dites tout et n’oubliez rien. J’aurais mon tour, et vous ferai voir, comme dit le proverbe ; qu’à cul breneux rien ne sert le lavage.

Phil.

J’oubliais le plus beau. Quand je retournais au logis avec mon honoraire, il faut voir comme tout le monde me fait la cour pour l’amour de mon argent. Ma fille vient, qui me lave les pieds et les parfume ; ensuite elle me saute au cou, et me baisant amoureusement, elle ta tâche de m’escroquer avec la langue, les trois oboles que j’ai dans la bouche. Ma femme me flatte de son coté ; elle m’apporte un gateau tout frais ; et s’asseyant auprès de moi : mange, mon fils, me dit elle, il est bon, et est tout chaud. Quel plaisir pour moi ? Je n’ai que faire de m’attendre à toi ni à ton pourvoyeur, pour dîner. Et du vin, si tu oublies de m’en verser, j’ai toujours à coté de moi mon baudet de terre qui en a le ventre tout plein. Je le prends par son glouglou, je lui fais faire

εἴπῃ τὰ δικαστήριʼ ἀφεῖναι πρώτιστα μίαν δικάσαντας·αὐτὸς δὲ Κλέων ὁ κεκραξιδάμας μόνον ἡμᾶς οὐ περιτρώγει,ἀλλὰ φυλάττει διὰ χειρὸς ἔχων καὶ τὰς μυίας ἀπαμύνει.σὺ δὲ τὸν πατέρʼ οὐδʼ ὁτιοῦν τούτων τὸν σαυτοῦ πώποτʼ ἔδρασας.ἀλλὰ Θέωρος, καίτοὐστὶν ἀνὴρ Εὐφημίου οὐδὲν ἐλάττων,τὸν σφόγγον ἔχων ἐκ τῆς λεκάνης τἀμβάδιʼ ἡμῶν περικωνεῖ.σκέψαι μʼ ἀπὸ τῶν ἀγαθῶν οἵων ἀποκλῄεις καὶ κατερύκεις,ἣν δουλείαν οὖσαν ἔφασκες καὶ ὑπηρεσίαν ἀποδείξειν.Βδελυκλέωνἔμπλησο λέγων· πάντως γάρ τοι παύσει ποτὲ κἀναφανήσειπρωκτὸς λουτροῦ περιγιγνόμενος τῆς ἀρχῆς τῆς περισέμνου.Φιλοκλέωνὃ δέ γʼ ἥδιστον τούτων ἐστὶν πάντων, οὗ ʼγὼ ʼπελελήσμην,ὅταν οἴκαδʼ ἴω τὸν μισθὸν ἔχων, κἄπειθʼ ἥκονθʼ ἅμα πάντεςἀσπάζωνται διὰ τἀργύριον, καὶ πρῶτα μὲν ἡ θυγάτηρ μεἀπονίζῃ καὶ τὼ πόδʼ ἀλείφῃ καὶ προσκύψασα φιλήσῃκαὶ παππίζουσʼ ἅμα τῇ γλώττῃ τὸ τριώβολον ἐκκαλαμᾶται,καὶ τὸ γύναιόν μʼ ὑποθωπεῦσαν φυστὴν μᾶζαν προσενέγκῃ,κἄπειτα καθεζομένη παρʼ ἐμοὶ προσαναγκάζῃ, ʼφάγε τουτί,ἔντραγε τουτί·ʼ τούτοισιν ἐγὼ γάνυμαι, κοὐ μή με δεήσῃἐς σὲ βλέψαι καὶ τὸν ταμίαν, ὁπότʼ ἄριστον παραθήσεικαταρασάμενος καὶ τονθορύσας. ἀλλʼ ἢν μή μοι ταχὺ μάξῃ,τάδε κέκτημαι πρόβλημα κακῶν, σκευὴν βελέων ἀλεωρήν.κἂν οἶνόν μοι μὴ ʼγχῇς σὺ πιεῖν, τὸν ὄνον τόνδʼ ἐσκεκόμισμαι
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nargue à ton gobelet ; après quoi je le fais peter à ton nez haut et clair, à la grivoise. Est-il donc royauté pareille à la mienne ? Jupiter même ne devrait-il pas être jaloux de voir que nous partageons ses honneurs ? Ne dit on pas de nous, quand on nous voit dans le tumulte et dans l’agitation : Roi Jupiter ! Comme le Sénat tourne ! Et si je lâche quelques éclairs y a-t-il quelqu’un qui ne fasse en ses chausses de belle peur ? Je dis, les plus hupés tout les premiers. Toi même, tu me redoutes ; oui, par Cérès, tu me redoute. Pour moi, que je puisse périr si je te crains.

Le ch.

Je n’ai jamais entendu personne qui s’expliquât avec plus de force et de netteté.

Phil.

Vous me faites trop d’honneur. Mais ce fripon là croyait vendanger un clos qui n’était point gardé. Il savait pourtant bien que la raison était de mon coté, et que j’avais bec et ongles pour la défendre.

Le ch.

Voyez comme il a épuisé tout ce qui se pouvait dire. Je me redressais en l’écoutant, et le plaisir que j’avais à l’entendre, me faisait imaginer que j’étais constitué juges dans les Iles des bienheureux.

Phil.

Regardez comme il s’étend, et comme il balle. Il a des vapeurs, le pauvre jeune homme. Je te ferai voir bien du pays aujourd’hui.

Le ch.

Tu n’as qu’à chercher de bonnes raisons pour faire ton apologie. J’ai une colère de dure digestion, quand on ne me dit rien qui me satisfasse. Trouve, si tu peux

οἴνου μεστόν, κᾆτʼ ἐγχέομαι κλίνας· οὗτος δὲ κεχηνὼςβρωμησάμενος τοῦ σοῦ δίνου μέγα καὶ στράτιον κατέπαρδεν.ἆρʼ οὐ μεγάλην ἀρχὴν ἄρχω καὶ τοῦ Διὸς οὐδὲν ἐλάττω,Φιλοκλέωνὅστις ἀκούω ταὔθʼ ἅπερ ὁ Ζεύς;ἢν γοῦν ἡμεῖς θορυβήσωμεν,πᾶς τίς φησιν τῶν παριόντων,‘οἷον βροντᾷ τὸ δικαστήριον,ὦ Ζεῦ βασιλεῦ.’κἂν ἀστράψω, ποππύζουσινκἀγκεχόδασίν μʼ οἱ πλουτοῦντεςκαὶ πάνυ σεμνοί.καὶ σὺ δέδοικάς με μάλιστʼ αὐτός·νὴ τὴν Δήμητρα δέδοικας, ἐγὼ δʼἀπολοίμην εἴ σε δέδοικα.Χορόςοὐπώποθʼ οὕτω καθαρῶςοὐδενὸς ἠκούσαμεν οὐδὲξυνετῶς λέγοντος.Φιλοκλέωνοὔκ, ἀλλʼ ἐρήμας ᾤεθʼ οὕτω ῥᾳδίως τρυγήσειν.καλῶς γὰρ ᾔδειν ὡς ἐγὼ ταύτῃ κράτιστός εἰμι.Χορόςὡς δʼ ἐπὶ πάντʼ ἐλήλυθενκοὐδὲν παρῆλθεν, ὥστʼ ἔγωγʼηὐξανόμην ἀκούων,κἀν μακάρων δικάζειναὐτὸς ἔδοξα νήσοις,ἡδόμενος λέγοντι.Φιλοκλέωνὡς οὗτος ἤδη σκορδινᾶται κἄστιν οὐκ ἐν αὑτοῦ.Βδελυκλέωνἦ μὴν ἐγώ σε τήμερον σκύτη βλέπειν ποιήσω.Χορόςδεῖ δέ σε παντοίας πλέκεινεἰς ἀπόφυξιν παλάμας.τὴν γὰρ ἐμὴν ὀργὴν πεπᾶναιχαλεπὸν νεανίᾳμὴ πρὸς ἐμοῦ λέγοντι.Χορόςπρὸς ταῦτα μύλην ἀγαθὴν ὥρα ζητεῖν σοι καὶ νεόκοπτον,
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une bonne meule tout fraichement repiquée, qui puisse briser mon indignation.

Bde.

Je sais que c’est une entreprise des plus difficiles, qui passe mes forces, et qui est au dessus de la portée d’un comédien, de vouloir guérir un mal qui a jeté de si profondes racines. Mais, père Jupiter…….

Phil.

Il n’est question ici ni de père, ni de Jupiter. Il faut me faire voir que je suis esclave ; si non, tu mourras aujourd’hui, dussè-je n’avoir jamais de part aux entrailles des victimes.

Bde.

Écoutez donc, mon cher papa, et ne froncez point les sourcils. Comptez un peu, non pas avec vos jetons, mais par vos doigts, premièrement les revenus fixes que l’état tire des villes sujettes à notre empire ; des mines, des marchés, des ports ; tout ce qui se vend à l’enchère par Cléon1. Cela ne fait-il pas plus de deux mille talents par an ? Comptez maintenant ce qui revient de cette grosse somme à six mille juges, ou environ, que vous êtes, à ne prendre l’année qu'à dix mois, à cause des fêtes, des vacances, et des jours qu’on ne plaide point ; à trois oboles par jour à chacun, n’est ce pas cent cinquante talents par an ?

Phil.

Je pense que ce n’est quasi que la dixième partie de la somme totale.

ἢν μή τι λέγῃς, ἥτις δυνατὴ τὸν ἐμὸν θυμὸν κατερεῖξαι.Βδελυκλέωνχαλεπὸν μὲν καὶ δεινῆς γνώμης καὶ μείζονος ἢ ʼπὶ τρυγῳδοῖςἰάσασθαι νόσον ἀρχαίαν ἐν τῇ πόλει ἐντετοκυῖαν.ἀτὰρ ὦ πάτερ ἡμέτερε Κρονίδη —Φιλοκλέωνπαῦσαι καὶ μὴ πατέριζε.εἰ μὴ γὰρ ὅπως δουλεύω ʼγώ, τουτὶ ταχέως με διδάξεις,οὐκ ἔστιν ὅπως οὐχὶ τεθνήξεις, κἂν χρῇ σπλάγχνων μʼ ἀπέχεσθαι.Βδελυκλέωνἀκρόασαί νυν ὦ παππίδιον χαλάσας ὀλίγον τὸ μέτωπον·καὶ πρῶτον μὲν λόγισαι φαύλως, μὴ ψήφοις ἀλλʼ ἀπὸ χειρός,τὸν φόρον ἡμῖν ἀπὸ τῶν πόλεων συλλήβδην τὸν προσιόντα·κἄξω τούτου τὰ τέλη χωρὶς καὶ τὰς πολλὰς ἑκατοστάς,πρυτανεῖα μέταλλʼ ἀγορὰς λιμένας μεσθοὺς καὶ δημιόπρατα.τούτων πλήρωμα τάλαντʼ ἐγγὺς δισχίλια γίγνεται ἡμῖν.ἀπὸ τούτου νυν κατάθες μισθὸν τοῖσι δικασταῖς ἐνιαυτοῦἓξ χιλιάσιν, κοὔπω πλείους ἐν τῇ χώρᾳ κατένασθεν,γίγνεται ἡμῖν ἑκατὸν δήπου καὶ πεντήκοντα τάλαντα.Φιλοκλέωνοὐδʼ ἡ δεκάτη τῶν προσιόντων ἡμῖν ἄρʼ ἐγίγνεθʼ ὁ μισθός.
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Bde.

Vous avez raison. Et à qui va tout le reste, à votre avis ?

Phil.1

À qui ? À tout ce peuple que j’aime et que je ne trahirai jamais.

Bde.

Fort bien. Tout le profit est pour cette multitude qui vous maitrise, et à qui vous vendez votre liberté pour quelques flatteries qui n'ont rien de solide. En effet, pendant que vous vivez mesquinement de rognures de peaux, ces Messieurs vos maitres recoivent des présents de certaines villes, jusqu’à des cinquante talents, et font gronder le tonnerre sur les autres en les menaçant de les renverser, si elles n’apportent rien. Aussi nos alliés, qui voyentvoient que v2otre misère va jusqu’à sucer des paniers vides, n’ont aucun égard pour vous ; pendant qu’ils apportent aux autres, à l’envi, des vases précieux, du vin, des tapis, du fromage, du miel des épiceries, des oreillers, des liqueurs, des habits, des couronnes, des colliers, des coupes, enfin toutes sortes de richesses. Et vous, qui vous croyez maitre de tout, vous dominez, ce vous semble-t-il, sur la terre et sur l’onde, vous ne trouvez pas qui vous donne seulement une gousse d’ail.

Phil.

Ce n’est pas vrai. Car Eucaride m’en envoyait trois l’autre jour. Mais, monstre montre moi donc comme je suis esclave, car j'ai une grande impatience de l’apprendre.

Βδελυκλέωνμὰ Δίʼ οὐ μέντοι.Φιλοκλέωνκαὶ ποῖ τρέπεται δὴ ʼπειτα τὰ χρήματα τἄλλα;Βδελυκλέωνἐς τούτους τοὺς ‘οὐχὶ προδώσω τὸν Ἀθηναίων κολοσυρτόν,ἀλλὰ μαχοῦμαι περὶ τοῦ πλήθους ἀεί.’ σὺ γὰρ ὦ πάτερ αὐτοὺςἄρχειν αἱρεῖ σαυτοῦ τούτοις τοῖς ῥηματίοις περιπεφθείς.κᾆθʼ οὗτοι μὲν δωροδοκοῦσιν κατὰ πεντήκοντα τάλανταἀπὸ τῶν πόλεων ἐπαπειλοῦντες τοιαυτὶ κἀναφοβοῦντες,δώσετε τὸν φόρον, ἢ βροντήσας τὴν πόλιν ὑμῶν ἀνατρέψω.σὺ δὲ τῆς ἀρχῆς ἀγαπᾷς τῆς σῆς τοὺς ἀργελόφους περιτρώγων.οἱ δὲ ξύμμαχοι ὡς ᾔσθηνται τὸν μὲν σύρφακα τὸν ἄλλονἐκ κηθαρίον λαγαριζόμενον καὶ τραγαλιζοντα τὸ μηδέν,σὲ μὲν ἡγοῦνται Κόννου ψῆφον, τούτοισι δὲ δωροφοροῦσινὕρχας οἶνον δάπιδας τυρὸν μέλι σήσαμα προσκεφάλαιαφιάλας χλανίδας στεφάνους ὅρμους ἐκπώματα πλουθυγιείαν·σοὶ δʼ ὧν ἄρχεις, πολλὰ μὲν ἐν γῇ πολλὰ δʼ ἐφʼ ὑγρᾷ πιτυλεύσας,οὐδεὶς οὐδὲ σκορόδου κεφαλὴν τοῖς ἑψητοῖσι δίδωσιν.Φιλοκλέωνμὰ Δίʼ ἀλλὰ παρʼ Εὐχαρίδου καὐτὸς τρεῖς γʼ ἄγλιθας μετέπεμψα.ἀλλʼ αὐτήν μοι τὴν δουλείαν οὐκ ἀποφαίνων ἀποκναίεις.
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Bde.

Est il donc un esclavage plus grand que le vôtre ? Quoi ? tous ces gens sont dans les charges, ils commandent tous, et ceux qui les flattent sont accablés de présents, pendant que vous vous contentez de trois oboles ? Le moindre goujat n’en gagne t-il pas autant au misérable métier qu’il fait ? Cependant pour une si chétive récompense vous trottez dès le matin. Morbleu, j’enrage, quand je vois venir ce petit morveux, le fils de Chérée, qui marche comme cela, d’une manière effeminée, qui vous vient dire : demain matin, à telle heure, ne manquez pas de vous trouver à l’audience ; le dernier venu n’aura point ses trois oboles. Et lui, le maraud qu’il est, il en a bien dix, entrât-il le dernier. Combien d’affaires s’accommodent par trafic entre l’archonte et l’accusé ? Qu’il se fait entre eux de bons marchés dont vous n’avez que du vent ! Et pendant qu’il se donne là de grosses sommes, vous baillez après le trésorier pour avoir vos trois oboles.

Phil.

C’est donc ainsi qu’ils me passent la plume par le bec ? je ne sais plus où j’en suis. O ! que je sens de trouble et de chagrin !

Bde.

Il ne tiendrait qu’à vous de faire comme les autres, et de vous enrichie en gagnant la faveur du peuple. Quoi donc ? avoir l’empire sur tant de villes, depuis le Pont jusqu’à Sardes, et mener une vie si misérable ! De tant de biens dont jouit l’état, n’en avoir

Βδελυκλέωνοὐ γὰρ μεγάλη δουλεία ʼστὶν τούτους μὲν ἅπαντας ἐν ἀρχαῖςαὐτούς τʼ εἶναι καὶ τοὺς κόλακας τοὺς τούτων μισθοφοροῦντας;σοὶ δʼ ἤν τις δῷ τοὺς τρεῖς ὀβολούς, ἀγαπᾷς· οὓς αὐτὸς ἐλαύνωνκαὶ πεζομαχῶν καὶ πολιορκῶν ἐκτήσω πολλὰ πονήτας.καὶ πρὸς τούτοις ἐπιταττόμενος φοιτᾷς, ὃ μάλιστά μʼ ἀπάγχει,ὅταν εἰσελθὸν μειράκιόν σοι κατάπυγον, Χαιρέου υἱός,ὡδὶ διαβὰς διακινηθεὶς τῷ σώματι καὶ τρυφερανθείς,ἥκειν εἴπῃ πρῲ κἀν ὥρᾳ δικάσονθʼ, ὡς ὅστις ἂν ὑμῶνὕστερος ἔλθῃ τοῦ σημείου, τὸ τριώβολον οὐ κομιεῖται·αὐτὸς δὲ φέρει τὸ συνηγορικὸν δραχμήν, κἂν ὕστερος ἔλθῃ·καὶ κοινωνῶν τῶν ἀρχόντων ἑτέρῳ τινὶ τῶν μεθʼ ἑαυτοῦ,ἤν τίς τι διδῷ τῶν φευγόντων, ξυνθέντε τὸ πρᾶγμα δύʼ ὄντεἐσπουδάκατον, κᾆθʼ ὡς πρίονθʼ ὁ μὲν ἕλκει ὁ δʼ ἀντενέδωκε·σὺ δὲ χασκάζεις τὸν κωλακρέτην, τὸ δὲ πραττόμενόν σε λέληθεν.Φιλοκλέωνταυτί με ποιοῦσʼ; οἴμοι τί λέγεις; ὥς μου τὸν θῖνα ταράττεις,καὶ τὸν νοῦν μου προσάγεις μᾶλλον, κοὐκ οἶδʼ ὅ τι χρῆμά με ποιεῖς.Βδελυκλέωνσκέψαι τοίνυν ὡς ἐξόν σοι πλουτεῖν καὶ τοῖσιν ἅπασινὑπὸ τῶν ἀεὶ δημιζόντων οὐκ οἶδʼ ὅπῃ ἐγκεκύκλησαι,ὅστις πόλεων ἄρχων πλείστων ἀπὸ τοῦ Πόντου μέχρι Σαρδοῦςοὐκ ἀπολαύεις πλὴν τοῦθʼ ὃ φέρεις ἀκαρῆ· καὶ τοῦτʼ ἐρίῳ σοι
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(q) Le médimne contenait 45 boisseaux. Le chénice était le demi boisseau et contenait de quoi faire quatre pains dont un pouvait nourrir un homme par jour.

(r) Dans une famine, les Athéniens obtinrent du froment de Psammetique roi d’Égypte. Ils chassèrent les étrangers qui se trouvèrent 4760 ; et il resta : 4240 citoyens.

(contradiction

après le mot : promis)

pour sa part que trois oboles par jour ! Ne voyez vous pas qu’on ne vous donne vos gages, pour ainsi dire, que goutte à goutte, parce qu'on est bien aise que vous soyez toujours pauvres et cependant, pour si peu de choses qu’on vous donne, avec quelques flatteries qu’on y ajoute, vous êtes toujours prêts à vous jeter sur le malheureux qu’on vous donne à gouspiller. Vous me direz qu’il n’est pas possible de vous donner de plus gros gages. Eh ! Morbleu ! Nous avons mille villes sujettes à cet empire, qui nous paient tribut ; qu’on leur donne à chacune seulement vingt hommes à nourrir. Voilà vingt mille citoyens qui vont vivre dans l’abondance et les délices, comme le méritent les trophées qu’ils ont dressés dans la plaine de Marathon. Au lieu de cela, vous êtes comme ces yeux qui gagnent leur vie à cueillir des olives. Vous tendez la main à celui qui a le sac pour payer les journées.

Phil.

Ouf ! je sens mes mains s’engourdir ; je ne puis plus tenir l’épée. Les forces me manquent.

Bde.

Quand ils appréhendent quelque trouble, ils vous abandonnent l’ile d’Eubée, et vous promettent à chacun cinquante (q) médimnes, qui vous fourniront du pain pour 364 jours. Mais à quoi aboutissent ces belles promesses ? Quand on a chassé les étrangers de la ville (r) et supporté le reste des habitants, on vous donne un chenice d’orge, c’est à dire, tout juste la quatrevingt 4seizième partie de ce que l’on vous avais promis, et de

ἐνστάζουσιν κατὰ μικρὸν ἀεὶ τοῦ ζῆν ἕνεχʼ ὥσπερ ἔλαιον.βούλονται γάρ σε πένητʼ εἶναι· καὶ τοῦθʼ ὧν οὕνεκʼ ἐρῶ σοι,ἵνα γιγνώσκῃς τὸν τιθασευτήν, κᾆθʼ ὅταν οὗτός γʼ ἐπισίξῃἐπὶ τῶν ἐχθρῶν τινʼ ἐπιρρύξας, ἀγρίως αὐτοῖς ἐπιπηδᾷς.εἰ γὰρ ἐβούλοντο βίον πορίσαι τῷ δήμῳ, ῥᾴδιον ἦν ἄν.εἰσίν γε πόλεις χίλιαι αἳ νῦν τὸν φόρον ἡμῖν ἀπάγουσι·τούτων εἴκοσιν ἄνδρας βόσκειν εἴ τις προσέταξεν ἑκάστῃ,δύο μυριάδʼ ἂν τῶν δημοτικῶν ἔζων ἐν πᾶσι λαγῴοιςκαὶ στεφάνοισιν παντοδαποῖσιν καὶ πυριάτῃ,ἄξια τῆς γῆς ἀπολαύοντες καὶ τοῦ ʼν Μαραθῶνι τροπαίου.νῦν δʼ ὥσπερ ἐλαολόγοι χωρεῖθʼ ἅμα τῷ τὸν μισθὸν ἔχοντι.Φιλοκλέωνοἴμοι τί πέπονθʼ; ὡς νάρκη μου κατὰ τῆς χειρὸς καταχεῖται,καὶ τὸ ξίφος οὐ δύναμαι κατέχειν, ἀλλʼ ἤδη μαλθακός εἰμι.Βδελυκλέωνἀλλʼ ὁπόταν μὲν δείσωσʼ αὐτοί, τὴν Εὔβοιαν διδόασινὑμῖν καὶ σῖτον ὑφίστανται κατὰ πεντήκοντα μεδίμνουςποριεῖν· ἔδοσαν δʼ οὐπώποτέ σοι πλὴν πρώην πέντε μεδίμνους,καὶ ταῦτα μόλις ξενίας φεύγων ἔλαβες κατὰ χοίνικα κριθῶν.
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269

quoi vivre deux jours seulement. C’est pour cela que je vous ai enfermé au logis, dans le dessein de vous bien nourrir, sans que vous ayez besoin de vous attendre à ces affronteurs. En un mot, je vous donnerai tout ce que vous voudrez, excepté les trois oboles.

Le ch.

Celui là certes avait bien raison qui disait : ne juge point avant que d’avoir entendu les deux partis. Car il me paraît que celui-ci dit beaucoup mieux que son père. Je ne suis plus irrité ; je m’apaise, et je n’ai qu’à jeter mon bâton. O ! vous, avec qui nous avons vieilli dans le métier, laissez vous persuader ; souffrez qu’un fils qui vous aime, vous fléchisse ! Ah ! Que n’ai-je quelque parent qui me voulût faire autant de bien ! C’est quelque Dieu favorable, sans doute, qui vous visite pour vous rendre heureux. Jouissez, jouissez des douceurs qu’il vous présente.

Bde.

J’aurai soin de le nourrir, sans qu’il lui manque rien de ce qu’un vieillard peut souhaiter. Il aura de bonscou bons coulis, de bonnes robes de chambre bien moëlleuses, des fourrures, quelque jeune tendron bien joli pour le faire rire en lui frottant sa vieille caisse… Mais d’où vient qu’il ne dit mot ? Est ce qu’il ne se rend pas encore ?

Le ch.

Il combat en lui-même son ancien penchant ; il a de la peine à se confesser vaincu ; mais vous verrez qu’il vous donnera les mains.

Phil.

Hélas !

Bde.

Qu’avez vous à soupirer ?

Βδελυκλέωνὧν οὕνεκʼ ἐγώ σʼ ἀπέκλῃον ἀεὶβόσκειν ἐθέλων καὶ μὴ τούτουςἐγχάσκειν σοι στομφάζοντας.καὶ νῦν ἀτεχνῶς ἐθέλω παρέχεινὅ τι βούλει σοι,πλὴν κωλακρέτου γάλα πίνειν.Χορόςἦ που σοφὸς ἦν ὅστις ἔφασκεν, πρὶν ἂν ἀμφοῖν μῦθον ἀκούσῃς,οὐκ ἂν δικάσαις. σὺ γὰρ οὖν νῦν μοι νικᾶν πολλῷ δεδόκησαι·ὥστʼ ἤδη τὴν ὀργὴν χαλάσας τοὺς σκίπωνας καταβάλλω.ἀλλʼ ὦ τῆς ἡλικίας ἡμῖν τῆς αὐτῆς συνθιασῶτα,Χορόςπιθοῦ πιθοῦ λόγοισι, μηδʼ ἄφρων γένῃμηδʼ ἀτενὴς ἄγαν ἀτεράμων τʼ ἀνήρ.εἴθʼ ὤφελέν μοι κηδεμὼν ἢ ξυγγενὴςεἶναί τις ὅστις τοιαῦτʼ ἐνουθέτει.σοὶ δὲ νῦν τις θεῶν παρὼν ἐμφανὴςξυλλαμβάνει τοῦ πράγματος,καὶ δῆλός ἐστιν εὖ ποιῶν·σὺ δὲ παρὼν δέχου.Βδελυκλέωνκαὶ μὴν θρέψω γʼ αὐτὸν παρέχωνὅσα πρεσβύτῃ ξύμφορα, χόνδρονλείχειν, χλαῖναν μαλακήν, σισύραν,πόρνην, ἥτις τὸ πέος τρίψεικαὶ τὴν ὀσφῦν.ἀλλʼ ὅτι σιγᾷ κοὐδὲν γρύζει,τοῦτʼ οὐ δύναταί με προσέσθαι.Χορόςνενουθέτηκεν αὑτὸν ἐς τὰ πράγμαθʼ, οἶςτότʼ ἐπεμαίνετʼ· ἔγνωκε γὰρ ἀρτίως,λογίζεταί τʼ ἐκεῖνα πάνθʼ ἁμαρτίαςἃ σοῦ κελεύοντος οὐκ ἐπείθετο.νῦν δʼ ἴσως τοῖσι σοῖς λόγοις πείθεταικαὶ σωφρονεῖ μέντοι μεθιστὰςἐς τὸ λοιπὸν τὸν τρόπονπιθόμενός τέ σοι.Φιλοκλέωνἰώ μοί μοι.Βδελυκλέωνοὗτος τί βοᾷς;
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270

Phil.

De grâce, ne me donne rien de tout ce que tu me promets. J’aime le genre de vie auquel je suis accoutumé ; j’aime à entendre crier l’huissier : qui est ce qui n’a pas encore donné de ballote ? Qu’il se dépêche. Je veux aller porter mon suffrage tout le dernier. Courage, mon ame. Mais qu’est il devenu ce courage ? Ne te reverrai-je donc plus, vénérable Sénat ? O ! Dieux ! n’aurai-je point le plaisir de juger un jour ce larron de Cléon ?

Bde.

Au nom des Dieux, mon cher père, laissez vous persuader.

Phil.

Que veux tu me dire ?

Bde.

Demandez tout ce qu’il vous plaira, excepté une chose.

Phil.

Qui est ?

Bde.

Que vous ne jugerez point.

Phil.

Et c’est cela seul que je veux. Non. L’enfer ne m’en ferait pas démordre.

Bde.

Eh ! bien, puisqu’il faut absolument que vous jugiez, vous jugerez à la maison.

Phil.

Je jugerai ici ? Et que jugerai-je donc ? Plait-il ? Est ce qu’on se moque de moi ?

Bde.

Tout s’y passera comme au Sénat. La concierge

Φιλοκλέωνμή μοι τούτων μηδὲν ὑπισχνοῦ.κείνων ἔραμαι, κεῖθι γενοίμαν,ἵνʼ ὁ κῆρύξ φησι, ʼτίς ἀψήφιστος; ἀνιστάσθω.ʼκἀπισταίην ἐπὶ τοῖς κημοῖςψηφιζομένων ὁ τελευταῖος.σπεῦδʼ ὦ ψυχή. ποῦ μοι ψυχή;πάρες ὦ σκιερά. μὰ τὸν Ἡρακλέαμή νυν ἔτʼ ἐγὼ ʼν τοῖσι δικασταῖςκλέπτοντα Κλέωνα λάβοιμι.Βδελυκλέωνἴθʼ ὦ πάτερ πρὸς τῶν θεῶν ἐμοὶ πιθοῦ.Φιλοκλέωντί σοι πίθωμαι; λέγʼ ὅ τι βούλει πλὴν ἑνός.Βδελυκλέωνποίου; φέρʼ ἴδω.Φιλοκλέωντοῦ μὴ δικάζειν. τοῦτο δὲἍιδης διακρινεῖ πρότερον ἢ ʼγὼ πείσομαι.Βδελυκλέωνσὺ δʼ οὖν, ἐπειδὴ τοῦτο κεχάρηκας ποιῶν,ἐκεῖσε μὲν μηκέτι βάδιζʼ, ἀλλʼ ἐνθάδεαὐτοῦ μένων δίκαζε τοῖσιν οἰκέταις.Φιλοκλέωνπερὶ τοῦ; τί ληρεῖς;Βδελυκλέωνταὔθʼ ἅπερ ἐκεῖ πράττεται·
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271

(+) Il y avait à Athènes neuf magistrats : un roi, un archonte, un polémarque ou capitaine général, et six préteurs ou Thesmothètes ; protecteurs des lois et des jugements.

(s) C'est comme qui dirait une poignée, parce que la dragme contenait six oboles, et les oboles, originairement, étaient de petites broches dont la poignée faisait la dragme.

aura ouvert la porte en cachette ; aussitôt par arrêt elle sera condamnée à l’amende. Quand il fera beau, vous jugerez au soleil. Quand il fera de la neige ou de la pluie, vous verrez auprès du feu les procès par écrit. Quand il vous arrivera de vous lever tard, il n’y aura point de préteur (+) pour vous fermer le chanceau.

Phil.

C’est quelque chose que cela.

Bde.

Si quelqu’un est trop long dans son plaidoyer, vous ne serez pas obligé de l’entendre jusqu’au bout.

Phil.

Mais comment juger une affaire s el si elle n’est bien mâchée ?

Bde.

Vous verrez que vous les jugerez bien plus à votre aise.

Phil.

Tu commences à me persuader. Mais tu ne me dis point qui me paîra mes vacations.

Bde.

Ce sera moi.

Phil.

Fort bien. Ce mauvais railleur de Lysistrate ne me fera plus de pièce pareille à celle de l’autre jour. Il avait reçu une dragme(s) pour nous deux. Il en fit la monnaie à la poissonnerie, et au lieu de mes trois oboboles, il me mit dans la bouche trois écailles d’Esturgeon. Je n’en eu pas plutôt senti l’odeur, que je les crachai. Je me mis à le tirailler.

ὅτι τὴν θύραν ἀνέῳξεν ἡ σηκὶς λάθρᾳ,ταύτης ἐπιβολὴν ψηφιεῖ μίαν μόνην.πάντως δὲ κἀκεῖ ταῦτʼ ἔδρας ἑκάστοτε.καὶ ταῦτα μέν νυν εὐλόγως, ἢν ἐξέχῃἕλη κατʼ ὄρθρον, ἡλιάσει πρὸς ἥλιον·ἐὰν δὲ νείφῃ, πρὸς τὸ πῦρ καθήμενος·ὕοντος εἴσει· κἄν ἔγρῃ μεσημβρινός,οὐδείς σʼ ἀποκλῄσει θεσμοθέτης τῇ κιγκλίδι.Φιλοκλέωντουτί μʼ ἀρέσκει.Βδελυκλέωνπρὸς δὲ τούτοις γʼ, ἢν δίκηνλέγῃ μακράν τις, οὐχὶ πεινῶν ἀναμενεῖςδάκνων σεαυτὸν καὶ τὸν ἀπολογούμενον.Φιλοκλέωνπῶς οὖν διαγιγνώσκειν καλῶς δυνήσομαιὥσπερ πρότερον τὰ πράγματʼ ἔτι μασώμενος;Βδελυκλέωνπολλῷ γʼ ἄμεινον· καὶ λέγεται γὰρ τουτογί,ὡς οἱ δικασταὶ ψευδομένων τῶν μαρτύρωνμόλις τὸ πρᾶγμʼ ἔγνωσαν ἀναμασώμενοι.Φιλοκλέωνἀνά τό με πείθεις. ἀλλʼ ἐκεῖνʼ οὔπω λέγεις,τὸν μισθὸν ὁπόθεν λήψομαι.Βδελυκλέωνπαρʼ ἐμοῦ.Φιλοκλέωνκαλῶς,ὁτιὴ κατʼ ἐμαυτὸν κοὐ μεθʼ ἑτέρου λήψομαι.αἴσχιστα γάρ τοί μʼ ἠργάσατο Λυσίστρατοςὁ σκωπτόλης. δραχμὴν μετʼ ἐμοῦ πρώην λαβὼνἐλθὼν διεκερματίζετʼ ἐν τοῖς ἰχθύσιν,κἄπειτʼ ἐνέθηκε τρεῖς λοπίδας μοι κεστρέων·
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272

Il me dit que j’avais un estomac d’autruche ; que je digérais l’argent ; et s’en alla avec de grands éclats de rire.

Bde.

Voyez combien vous y gagnerez, à demeure.

Phil.

Je ne sais pas trop. Mais voyons ce que tu feras.

Bde.

Attendez-moi là. Je vais quérir tout ce qu’il faut.

Phil.

Nous voici au temps de l’accomplissement de l’oracle qui avait promis aux Athéniens qu’un jour viendrait qu’ils jugeraient dans leurs maisons et que chaque habitant bâtirait dans son vestibule un petit tribunal.

Bde.

Aurez vous encore quelque chose à dire ? N’ai-je pas là tout ce qu’il vous faut ? J'ai même plus fait que je ne vous avais promis, car voilà un pot de chambre que vous aurez auprès de vous, pendu à cette cheville.

Phil.

C’est sagement imaginé. Aussi bien je souffre beaucoup à ma difficulté d’uriner.

Bde.

Voilà aussi du feu, avec un pot de coulis, pour en humer de temps en temps.

Phil.

Cela est à merveille. Je pourrai trembler la fièvre tout à aise auprès du feu, sans manquer de gagner mes vacations. Mais pourquoi ce coq ?

κἀγὼ ʼνέκαψʼ· ὀβολοὺς γὰρ ᾠόμην λαβεῖν·κᾆτα βδελυχθεὶς ὀσφρόμενος ἐξέπτυσα·κᾆθʼ εἷλκον αὐτόν.Βδελυκλέωνὁ δὲ τί πρὸς ταῦτʼ εἶφʼ;Φιλοκλέωνὅ τι;ἀλεκτρυόνος μʼ ἔφασκε κοιλίαν ἔχειν·ταχὺ γοῦν καθέψεις τἀργύριον, ἦ δʼ ὃς λέγων.Βδελυκλέωνὁρᾷς ὅσον καὶ τοῦτο δῆτα κερδανεῖς.Φιλοκλέωνοὐ πάνυ τι μικρόν. ἀλλʼ ὅπερ μέλλεις ποίει.Βδελυκλέωνἀνάμενέ νυν· ἐγὼ δὲ ταῦθʼ ἥξω φέρων.Φιλοκλέωνὅρα τὸ χρῆμα, τὰ λόγιʼ ὡς περαίνεται.ἠκηκόη γὰρ ὡς Ἀθηναῖοί ποτεδικάσοιεν ἐπὶ ταῖς οἰκίαισι τὰς δίκας,κἀν τοῖς προθύροις ἐνοικοδομήσοι πᾶς ἀνὴραὑτῷ δικαστηρίδιον μικρὸν πάνυ,ὥσπερ Ἑκάταιον, πανταχοῦ πρὸ τῶν θυρῶν.Βδελυκλέωνἰδού, τί ἔτʼ ἐρεῖς; ὡς ἅπαντʼ ἐγὼ φέρωὅσαπερ ἔφασκον, κἄτι πολλῷ πλείονα.ἀμὶς μέν, ἢν οὐρητιάσῃς, αὑτηὶπαρά σοι κρεμήσετʼ ἐγγὺς ἐπὶ τοῦ παττάλου.Φιλοκλέωνσοφόν γε τουτὶ καὶ γέροντι πρόσφορονἐξηῦρες ἀτεχνῶς φάρμακον στραγγουρίας.Βδελυκλέωνκαὶ πῦρ γε τουτί· καὶ προσέστηκεν φακῆῥοφεῖν, ἐὰν δέῃ τι.Φιλοκλέωντοῦτʼ αὖ δεξιόν·κἂν γὰρ πυρέττω, τόν γε μισθὸν λήψομαι.αὐτοῦ μένων γὰρ τὴν φακῆν ῥοφήσομαι.ἀτὰρ τί τὸν ὄρνιν ὡς ἔμʼ ἐξηνέγκατε;
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273

Bde.

C’est pour vous réveiller, quand vous dormirez à l’audience.

Phil.

Tout cela me plait fort. Mais il me manque une chose.

Bde.

Et quoi donc ?

Phil.

Il faudrait ici quelque statue de Lycus.

Bde.

Eh ! Parbleu, la voilà.

Phil.

O ! fameux héros ! qu’il est mal aisé de rien de voir qui ressemble mieux à Cléonyme.

Bde.

Est ce à cause que, tout héros qu’il est, il est représenté sans armes ? Asseyez vous s’il vous plait. Plus vous tarderez à prendre séance, plus les causes retarderont.

Phil.

Me voilà assis ; qu’on les appelle.

Bde.

Quelle cause lui fournirons nous pour commencer.(║)(║) Qui est ce qu’il sait quelque désordre dans la maison ? Je me souviens que la servante de la cuisine a fait brûler un chaudron.

Phil.

Attendez. Prétendez vous donc que je juge sans balustre ? Point de balustre, point de jugement.

Bde.

Il est vrai que j’oubliais cela. Mais je vais en chercher. Ce que c’est que les vieilles habitudes !

Βδελυκλέωνἵνα γʼ, ἢν καθεύδῃς ἀπολογουμένου τινός,ᾄδων ἄνωθεν ἐξεγείρῃ σʼ οὑτοσί.Φιλοκλέωνἓν ἔτι ποθῶ, τὰ δʼ ἄλλʼ ἀρέσκει μοι.Βδελυκλέωντὸ τί;Φιλοκλέωνθἠρῷον εἴ πως ἐκκομίσαις τὸ τοῦ Λύκου.Βδελυκλέωνπάρεστι τουτί, καὐτὸς ἅναξ οὑτοσί.Φιλοκλέωνὦ δέσποθʼ ἥρως ὡς χαλεπὸς ἄρʼ ἦσθʼ ἰδεῖν.Βδελυκλέωνοἷόσπερ ἡμῖν φαίνεται Κλεώνυμος.Φιλοκλέωνοὔκουν ἔχει γʼ οὐδʼ αὐτὸς ἥρως ὢν ὅπλα.Βδελυκλέωνεἰ θᾶττον ἐκαθίζου σύ, θᾶττον ἂν δίκηνἐκάλουν.Φιλοκλέωνκάλει νυν, ὡς κάθημαι ʼγὼ πάλαι.Βδελυκλέωνφέρε νυν τίνʼ αὐτῷ πρῶτον εἰσαγάγω δίκην;τί τίς κακὸν δέδρακε τῶν ἐν τᾠκίᾳ;ἡ Θρᾷττα προσκαύσασα πρώην τὴν χύτραν —Φιλοκλέωνἐπίσχες οὗτος· ὡς ὀλίγου μʼ ἀπώλεσας.ἄνευ δρυφάκτου τὴν δίκην μέλλεις καλεῖν,ὃ πρῶτον ἡμῖν τῶν ἱερῶν ἐφαίνετο;Βδελυκλέωνμὰ τὸν Δίʼ οὐ πάρεστιν.Φιλοκλέωνἀλλʼ ἐγὼ δραμὼναὐτὸς κομιοῦμαι τό γε παραυτίκʼ ἔνδοθεν.Βδελυκλέωντί ποτε τὸ χρῆμʼ; ὡς δεινὸν ἡ φιλοχωρία.
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274

(+) Il y a eu des interprètes qui ont prétendu que c’était ici un trait de satire contre Lachès général d’Athènes, qui ayant mené l’armée contre l’arméeThéra en Sicile, fut corrompu par un présent de fromages. Son nom est déguisé par dans celui de Labès.

Un valet. Bdelycléon. Philocléon.Le valet.

Peste du chien ! Au diable la bête. Pourquoi nourrir un animal comme cela ?

Bde.

Qu’y a t il ?

Le valet

Est ce que votre chien Labès ne vient pas de manger tout à l’heure un grand fromage de Sicile(+) dans la cuisine ?

Bde.

Voilà une affaire criminelle tout à propos pour amuser mon père. Tu feras l’office d’instigateur.

Le valet.

Non pas moi ; mais il y a un autre chien qui dit qu’il accusera Labès, si le préteur lui décerne action contre lui.

Bde.

Va t’en. Amène les tous les deux.

Le valet.

On le fera.

Phil.

Qu’est ce là ?

Bde.

Ce sont les claies de l’auge aux pourceaux faute de balustres.

Phil.

Qu’importe ? Il suffit qu’on les tienne pour balustres.

Bde.

Attendez. Il faut encore des tablettes.

Phil.

Quel lambin ! Ne sera-ce donc jamais fait ?

Σωσίαςβάλλʼ ἐς κόρακας. τοιουτονὶ τρέφειν κύνα.Βδελυκλέωντί δʼ ἔστιν ἐτεόν;Σωσίαςοὐ γὰρ ὁ Λάβης ἀρτίωςὁ κύων παρᾴξας ἐς τὸν ἰπνὸν ὑφαρπάσαςτροφαλίδα τυροῦ Σικελικὴν κατεδήδοκεν;Βδελυκλέωντοῦτʼ ἆρα πρῶτον τἀδίκημα τῷ πατρὶεἰσακτέον μοι· σὺ δὲ κατηγόρει παρών.Σωσίαςμὰ Δίʼ οὐκ ἔγωγʼ· ἀλλʼ ἅτερός φησιν κύωνκατηγορήσειν, ἤν τις εἰσάγῃ γραφήν.Βδελυκλέωνἴθι νυν ἄγʼ αὐτὼ δεῦρο.Σωσίαςταῦτα χρὴ ποιεῖν.Βδελυκλέωντουτὶ τί ἔστι;Φιλοκλέωνχοιροκομεῖον Ἑστίας.Βδελυκλέωνεἶθʼ ἱεροσυλήσας φέρεις;Φιλοκλέωνοὔκ, ἀλλʼ ἵναἀφʼ Ἑστίας ἀρχόμενος ἐπιτρίψω τινά.ἀλλʼ εἴσαγʼ ἀνύσας· ὡς ἐγὼ τιμᾶν βλέπω.Βδελυκλέωνφέρε νυν ἐνέγκω τὰς σανίδας καὶ τὰς γραφάς.Φιλοκλέωνοἴμοι διατρίβεις κἀπολεῖς τριψημερῶν·
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275

(+) Pour en faire des couronnes. On se couronnait pour sacrifier.

(+) Apollon.

Appelez une cause.

Bde.

On y va. Mais à propos ; j’oubliais les boites.

Phil.

Où vas tu si vite ?

Bde.

Je cours chercher les boites.

Phil.

Il n’est pas besoin. Voici un pot à puiser de l’eau, qui nous en servira.

Bde.

Il ne nous manque donc plus rien qu’une horloge à l’eau.

Phil.

Est ce que je n’en ai pas une dans ma culotte ?

Bde.

Vous êtes heureux ! Vous trouvez sur le champ tout ce qu’il vous faut. Qu’on apporte du feu des branches de myrte (+), et de l’encens, afin de commencer par l’invocation des Dieux.

Le ch.

Nous joindrons volontiers nos vœux et nos prières aux vôtres, puisque vous avez si heureusement terminé vos différends.

Bde.

Paix ! attention à la prière.

Le ch.

O ! Apollon Pythien ! Donnez un heureux succès à cette entreprise, et faites la réussir à l’avantage de ces gens-ci et au nôtre. O ! Pean ! faites nous trouver le repos après tant d’égarements.

Bde.

O ! Seigneur roi (+), divinité voisine de mon vestibule !

ἐγὼ δʼ ἀλοκίζειν ἐδεόμην τὸ χωρίον.Βδελυκλέωνἰδού.Φιλοκλέωνκάλει νυν.Βδελυκλέωνταῦτα δή. τίς οὑτοσὶὁ πρῶτός ἐστιν;Φιλοκλέωνἐς κόρακας, ὡς ἄχθομαιὁτιὴ ʼπελαθόμην τοὺς καδίσκους ἐκφέρειν.Βδελυκλέωνοὗτος σὺ ποῖ θεῖς;Φιλοκλέωνἐπὶ καδίσκους.Βδελυκλέωνμη δαμῶς.ἐγὼ γὰρ εἶχον τούσδε τοὺς ἀρυστίχους.Φιλοκλέωνκάλλιστα τοίνυν· πάντα γὰρ πάρεστι νῷνὅσων δεόμεθα, πλήν γε δὴ τῆς κλεψύδρας.Βδελυκλέωνἡδὶ δὲ δὴ τίς ἐστιν; οὐχὶ κλεψύδρα;Φιλοκλέωνεὖ γʼ ἐκπορίζεις αὐτὰ κἀπιχωρίως.Βδελυκλέωνἀλλʼ ὡς τάχιστα πῦρ τις ἐξενεγκάτωκαὶ μυρρίνας καὶ τὸν λιβανωτὸν ἔνδοθεν,ὅπως ἂν εὐξώμεσθα πρῶτα τοῖς θεοῖς.Χορόςκαὶ μὴν ἡμεῖς ἐπὶ ταῖς σπονδαῖςκαὶ ταῖς εὐχαῖςφήμην ἀγαθὴν λέξομεν ὑμῖν,ὅτι γενναίως ἐκ τοῦ πολέμουκαὶ τοῦ νείκους ξυνεβήτην.Βδελυκλέωνεὐφημία μὲν πρῶτα νῦν ὑπαρχέτω.Χορόςὦ Φοῖβʼ Ἄπολλον Πύθιʼ ἐπʼ ἀγαθῇ τύχῃτὸ πρᾶγμʼ ὃ μηχανᾶταιἔμπροσθεν οὗτος τῶν θυρῶν,ἅπασιν ἡμῖν ἁρμόσαιπαυσαμένοις πλάνων.ἰήιε Παιάν.Βδελυκλέωνὦ δέσποτʼ ἄναξ γεῖτον ἀγυιεῦ προθύρου προπύλαιε,
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276

recevez ce sacrifice ; répandez vos bénédictions sur mon entreprise ; amollissez les mœurs austères de ce vieillard ; mêlez un peu de miel parmi sa bile ; faites qu’il revienne plus humain, qu’il ait plus d’indulgence pour les accusés que pour les accusateurs, qu’il soit sensible aux prières des malheureux, que la compassion lui tire quelques larmes ; arrachez les orties de son humeur, et la rendez douce et traitable.

Le ch.

Nous faisons la même prière, et nous nous sentons disposés à te favoriser, puisque nous éprouvons que tu aimes véritablement le peuple plus qu’aucun autre jeune homme de ton age.

Le hérault. Philocléon. Le préteur. Bdelycléon. Le chien Cydathenée.Le hérault.

S’il y a encore quelque juge dehors, qu’il entre au plutot plus tôt, car dès le moment que l’on aura commencé à plaider, nous ne laisserons plus entrer personne.

Phil.

Est ce là l’accusé ? À quoi le condamnons nous ?

Le préteur1

Or écoutez le libelle de maître Cydathénée, chien d’honneur, qui se rend partie contre Labès, autre chien du canton, d’Aixonne surpris mangeant tout seul un fromage de Sicile ; et conclut à la peine du carcan.

Phil.

C’est le condamner à la mort, ou autant vaut, s’il est pris.

δέξαι τελετὴν καινὴν ὦναξ, ἣν τῷ πατρὶ καινοτομοῦμεν,παῦσόν τʼ αὐτοῦ τοῦτο τὸ λίαν στρυφνὸν καὶ πρίνινον ἦθος,ἀντὶ σιραίου μέλιτος μικρὸν τῷ θυμιδίῳ παραμείξας·ἤδη δʼ εἶναι τοῖς ἀνθρώποιςἤπιον αὐτόν,τοὺς φεύγοντάς τʼ ἐλεεῖν μᾶλλοντῶν γραψαμένωνκἀπιδακρύειν ἀντιβολούντων,καὶ παυσάμενον τῆς δυσκολίαςἀπὸ τῆς ὀργῆςτὴν ἀκαλήφην ἀφελέσθαι.Χορόςξυνευχόμεσθα ταὐτά σοι κἀπᾴδομεννέαισιν ἀρχαῖς ἕνεκα τῶν προλελεγμένων.εὖνοι γάρ ἐσμεν ἐξ οὗτὸν δῆμον ᾐσθόμεσθά σουφιλοῦντος ὡς οὐδεὶς ἀνὴρτῶν γε νεωτέρων.ἰήιε Παιάν.Βδελυκλέωνεἴ τις θύρασιν ἡλιαστής, εἰσίτω·ὡς ἡνίκʼ ἂν λέγωσιν οὐκ ἐσφρήσομεν.Φιλοκλέωντίς ἆρʼ ὁ φεύγων;Βδελυκλέωνοὗτος.Φιλοκλέωνὅσον ἁλώσεται.Βδελυκλέωνἀκούετʼ ἤδη τῆς γραφῆς. ἐγράψατοκύων Κυδαθηναιεὺς Λάβητʼ Αἰξωνέατὸν τυρὸν ἀδικεῖν ὅτι μόνος κατήσθιεντὸν Σικελικόν. τίμημα κλῳὸς σύκινος.Φιλοκλέωνθάνατος μὲν οὖν κύνειος, ἢν ἅπαξ ἁλῷ.
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277

Bde.

Voilà l’accusé qui se présente sur les faits et articles dont on le charge.

Phil.

Le scélérat ! Qu’il a le regard fripon ! Il a beau remuer la queue, il ne me corrompra pas. Où est le chien Cydathénée ?

Le chien.

Hau, hau, hau.

Bde.

Voici l’autre aussi, qui ne lui cède point dans l’art d’aboyer méthodiquement, et de bien lécher les marmites.

Le hé.1

Paix là ! Silence ! Asseyez vous. Et vous, montez à la tribune, pour plaider votre accusation.

Phil.

Et moi, pour mesurer le temps, je vais remplir mon horloge à l’eau, de ce trait que j’avale à votre santé, Messieurs.

Le pré.(pour Cydathénée)

Vous avez entendu, messieurs, par l’accusation que je viens de vous réciter, les crimes qu’a commis ce coquin de chien, et le tort qu’il a fait à toute notre petite république, en ravissant un beau fromage de Sicile ; qu’il a mangé tout seul, dans un coin où il a cru que son action détestable demeurerait ensevelie dans les ténèbres.

Phil.

Pour moi, je ne puis douter qu’il ne l’ait man mangé ; car je le vois qu'il vient de vomir je ne sais quoi qui sent le fromage. Le fripon ! Et si je lui en avais demandé ma part, je gage qu’il n’aurait

Βδελυκλέωνκαὶ μὴν ὁ φεύγων οὑτοσὶ Λάβης πάρα.Φιλοκλέωνὦ μιαρὸς οὗτος· ὡς δὲ καὶ κλέπτον βλέπει,οἷον σεσηρὼς ἐξαπατήσειν μʼ οἴεται.ποῦ δʼ ἔσθʼ ὁ διώκων, ὁ Κυδαθηναιεὺς κύων;Κύωναὗ αὗ.Βδελυκλέωνπάρεστιν οὗτος.Φιλοκλέωνἕτερος οὗτος αὖ Λάβης.Βδελυκλέωνἀγαθός γʼ ὑλακτεῖν καὶ διαλείχειν τὰς χύτρας.σίγα, κάθιζε· σὺ δʼ ἀναβὰς κατηγόρει.Φιλοκλέωνφέρε νυν ἅμα τήνδʼ ἐγχεάμενος κἀγὼ ῥοφῶ.Σωσίαςτῆς μὲν γραφῆς ἠκούσαθʼ ἣν ἐγραψάμηνἄνδρες δικασταὶ τουτονί. δεινότατα γὰρἔργων δέδρακε κἀμὲ καὶ τὸ ῥυππαπαῖ.ἀποδρὰς γὰρ ἐς τὴν γωνίαν τυρὸν πολὺνκατεσικέλιζε κἀνέπλητʼ ἐν τῷ σκότῳ —Φιλοκλέωννὴ τὸν Δίʼ ἀλλὰ δῆλός ἐστʼ· ἔμοιγέ τοιτυροῦ κάκιστον ἀρτίως ἐνήρυγενὁ βδελυρὸς οὗτος.
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278

?2

pas voulu m’en donner.

Le pré.

Il n’a jamais rien donné à personne.

Phil.

Je le connais ; il est, sur l’article de la proie, plus chaud que mon coulis qui vient de me bruler.

Bde.

Au nom des Dieux, mon père, ne le condamnez pas, avant que de l’avoir entendu.

Phil.

Mais, mon ami, le fait est clair, il parle de lui-même.

Le pré.

N’ayez pas, Messieurs, l’indulgence de l’absoudre. Il ressemble pour les mœurs, comme pour le nom à celui de nos généraux que vous savez, qui prit tout seul et an en cachette tant de fromage en Sicile au lieu de prendre autre chose. C’est le chien de tous les chiens qui aime le plus à manger seul. Il a tant rodé autour du mortier, qu’il a dévoré tout le fromage des villes. Punissez le, messieurs, comme il ne l’a que trop mérité. Aussi bien c’est trop de deux voleurs dans un seul bois. Sinon, je vous jure que je ne me donnerai plus la peine d'aboyer.

Phil.

Voyez le méchant homme de chien ! Le fripon ! Que t’en semble, monsieur mon coq ? Il fait signe que c’est un grand scélérat. Monsieur le préteur ! Hau ! Où est il ? Qu’il me donne le pot de chambre.

Le pré.

Vous pouvez le prendre. Je vais appeler les témoins. Les témoins contre Labès ! Paraissez ; venez déposer contre lui. Voilà le plat, la cuillère, le couteau

Σωσίαςκοὐ μετέδωκʼ αἰτοῦντί μοι.καίτοι τίς ὑμᾶς εὖ ποιεῖν δυνήσεται,ἢν μή τι κἀμοί τις προβάλλῃ τῷ κυνί;Φιλοκλέωνοὐδὲν μετέδωκεν οὐδὲ τῷ κοινῷ γʼ ἐμοί.θερμὸς γὰρ ἁνὴρ οὐδὲν ἧττον τῆς φακῆς.Βδελυκλέωνπρὸς τῶν θεῶν μὴ προκαταγίγνωσκʼ ὦ πάτερ,πρὶν ἄν γʼ ἀκούσῃς ἀμφοτέρων.Φιλοκλέωνἀλλʼ ὦγαθὲτὸ πρᾶγμα φανερόν ἐστιν· αὐτὸ γὰρ βοᾷ.Σωσίαςμή νυν ἀφῆτέ γʼ αὐτόν, ὡς ὄντʼ αὖ πολὺκυνῶν ἁπάντων ἄνδρα μονοφαγίστατον,ὅστις περιπλεύσας τὴν θυείαν ἐν κύκλῳἐκ τῶν πόλεων τὸ σκῖρον ἐξεδήδοκεν.Φιλοκλέωνἐμοὶ δέ γʼ οὐκ ἔστʼ οὐδὲ τὴν ὑδρίαν πλάσαι.Σωσίαςπρὸς ταῦτα τοῦτον κολάσατʼ· οὐ γὰρ ἄν ποτετρέφειν δύναιτʼ ἂν μία λόχμη κλέπτα δύο·ἵνα μὴ κεκλάγγω διὰ κενῆς ἄλλως ἐγώ·ἐὰν δὲ μή, τὸ λοιπὸν οὐ κεκλάγξομαι.Φιλοκλέωνἰοὺ ἰού.ὅσας κατηγόρησε τὰς πανουργίας.κλέπτον τὸ χρῆμα τἀνδρός· οὐ καὶ σοὶ δοκεῖὦλεκτρυόν; νὴ τὸν Δίʼ ἐπιμύει γέ τοι.ὁ θεσμοθέτης· ποῦ ʼσθʼ οὗτος; ἀμίδα μοι δότω.Βδελυκλέωναὐτὸς καθελοῦ· τοὺς μάρτυρας γὰρ ἐσκαλῶ.Λάβητι μάρτυρας παρεῖναι τρύβλιον
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279

?

le réchaud, la marmite, et tous les autres instruments de la cuisine. Mais vous pissez encore ! Ne voulez vous point passer aussi tout le reste du jour à faire du gros ?

Bde.

Tais-toi ; c’en est assez. Il ne faut pas s’acharner sur les malheureux.

Phil.

L’accusé n’a-t-il rien à dire pour sa défense ? Qu’il parle au plus tôt, et qu’il essaie de nous faire son apologie.

Bde.

Il ne dit rien.

Phil.

Il fait donc comme Thucydide fils de Milésias, qui fut si surpris de se voir accusé, qu’il lui en tomba une apoplexie sur la mâchoire.

Bde.

Tirez ; laissez moi la place ; je vais lui servir d’avocat. Il est difficile, messieurs, que ce pauvre calomnié puisse répondre aux accusations et aux invectives de sa patrie. Mais il faut pourtant vous dire que c’est un bon chien, et qu’il n’en est point de meilleur pour chasser les loups.

Phil.

C’est qu’il est voleur comme eux. Ils s’entre-entendent, comme larrons qu’ils sont.

Bde.

Mais n’est il pas vrai qu’il n’a pas son pareil pour garder sonun troupeau ?

Phil.

Qu’importe qu’il garde les moutons, s’il

δοίδυκα τυρόκνηστιν ἐσχάραν χύτραν,καὶ τἄλλα, τὰ σκεύη τὰ προσκεκαυμένα.ἀλλʼ ἔτι σύ γʼ οὐρεῖς καὶ καθίζεις οὐδέπω;Φιλοκλέωντοῦτον δέ γʼ οἶμʼ ἐγὼ χεσεῖσθαι τήμερον.Βδελυκλέωνοὐκ αὖ σὺ παύσει χαλεπὸς ὢν καὶ δύσκολος,καὶ ταῦτα τοῖς φεύγουσιν, ἀλλʼ ὀδὰξ ἔχει;ἀνάβαινʼ, ἀπολογοῦ. τί σεσιώπηκας; λέγε.Φιλοκλέωνἀλλʼ οὐκ ἔχειν οὗτός γʼ ἔοικεν ὅ τι λέγῃ.Βδελυκλέωνοὔκ, ἀλλʼ ἐκεῖνό μοι δοκεῖ πεπονθέναι,ὅπερ ποτὲ φεύγων ἔπαθε καὶ Θουκυδίδης·ἀπόπληκτος ἐξαίφνης ἐγένετο τὰς γνάθους.πάρεχʼ ἐκποδών. ἐγὼ γὰρ ἀπολογήσομαι.χαλεπὸν μὲν ὦνδρες ἐστὶ διαβεβλημένουὑπεραποκρίνεσθαι κυνός, λέξω δʼ ὅμως.ἀγαθὸς γάρ ἐστι καὶ διώκει τοὺς λύκους.Φιλοκλέωνκλέπτης μὲν οὖν οὗτός γε καὶ ξυνωμότης.Βδελυκλέωνμὰ Δίʼ ἀλλʼ ἄριστός ἐστι τῶν νυνὶ κυνῶνοἷός τε πολλοῖς προβατίοις ἐφεστάναι.Φιλοκλέωντί οὖν ὄφελος, τὸν τυρὸν εἰ κατεσθίει;
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280

※Il y a ici une phrase omise. /

Il y a ici plus d'une chose omise et les

personnages ne parlent pas [?] attribués[?]
qui indiquent [?].

~

mange les fromages.

Bde.

De plus, il nous défend, il garde la maison. En un mot c’est un bon chien, quoiqu’on en dise. Eh bien , il a fait un larcin ? Pardonnez lui une faute si légère. Il a mangé un fromage, dit-on. C’est qu’il n’a su faire mieux. Que ne lui apprenait on à jouer de la guitare ? L’oisiveté ne l’aurait pas induit à commettre un larcin.

Phil.

Ne fallait il point aussi lui apprendre à écrire, pour lui donner moyen de s’excuser dans ses fautes ?

Le préteur.

Daignez, je vous prie, monsieur, entendre nos témoins. Levez vous, couteau de cuisine. Déclarez haut et clair qui a mangé le fromage.

Bde.

Il dit qu’il n’en sait rien, mais qu’il n’en a coupé que pour les gens du logis.

Phil.

Il a menti.

Bde.

Ayez pitié des malheureux. Ce pauvre Labès est un si bon chien. Il ne vit que d’os et d’arrêtes, il est toujours à la campagne pour la garde de nos troupeaux ; au lieu que son accusateur est un fainéant qui ne bouge d’ici ; qui épie tous ceux qui apportent ici quelque chose, qui les flatte pour en avoir sa part, et qui les mord, s’il ne lui donnent rien.

Phil.

Qu’est ce donc que ceci ? Est il donc vrai que je me

Βδελυκλέωνὅ τι; σοῦ προμάχεται καὶ φυλάττει τὴν θύρανκαὶ τἄλλʼ ἄριστός ἐστιν· εἰ δʼ ὑφείλετο,ξύγγνωθι. κιθαρίζειν γὰρ οὐκ ἐπίσταται.Φιλοκλέωνἐγὼ δʼ ἐβουλόμην ἂν οὐδὲ γράμματα,ἵνα μὴ κακουργῶν ἐνέγραφʼ ἡμῖν τὸν λόγον.Βδελυκλέωνἄκουσον ὦ δαιμόνιέ μου τῶν μαρτύρων.ἀνάβηθι τυρόκνηστι καὶ λέξον μέγα·σὺ γὰρ ταμιεύουσʼ ἔτυχες. ἀπόκριναι σαφῶς,εἰ μὴ κατέκνησας τοῖς στρατιώταις ἅλαβες.φησὶ κατακνῆσαι.Φιλοκλέωννὴ Δίʼ ἀλλὰ ψεύδεται.Βδελυκλέωνὦ δαιμόνιʼ ἐλέει ταλαιπωρουμένους.οὗτος γὰρ ὁ Λάβης καὶ τραχήλιʼ ἐσθίεικαὶ τὰς ἀκάνθας, κοὐδέποτʼ ἐν ταὐτῷ μένει.ὁ δʼ ἕτερος οἷός ἐστιν οἰκουρὸς μόνον.αὐτοῦ μένων γὰρ ἅττʼ ἂν εἴσω τις φέρῃτούτων μεταιτεῖ τὸ μέρος· εἰ δὲ μή, δάκνει.Φιλοκλέωναἰβοῖ. τί κακόν ποτʼ ἔσθʼ ὅτῳ μαλάττομαι;
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281

(a) Il y avait deux capses, la première où l’on jetait des ballotes ou fèves solides ; et seconde où l’on en mettait des percées. La première capse se servait pour absoudre, et la 2eme pour condamner.

contradictoire vu le texte

laisse fléchir ? O ! Dieux ! Quelle nouveauté !

Bde.

J’implore vos bontés pour Labès, ce pauvre Labès. Ayez compassion de lui, mon père ; ne le faites point périr. Où sont les enfants du criminel ? Venez, famille désolée ; attendrissez par vos gémissement et par vos pleurs……..

Phil.

À bas, à bas ; virez les d’ici.

Bde.

Nous nous en irons, puisque vous l’ordonnez.

Phil.

Oui, aux corbeaux, qui vous tirent les yeux. Voyez donc ! Est ce que vous me croyez touché ; parce que j’ai pleuré ? C’est que j’ai avalé mon coulis trop chaud.

Bde.

Serons nous donc mis hors de cour ?

Phil.

Je ne répond de rien.

Bde.

Laissez vous fléchir, mon cher père ; et prenez des sentiments d’humanité. Fermez les yeux et jetez la ballotte dans la boîte (a) qui sert à absoudre.

Phil.

Non ; je veux l’autre, qui sert à condamner.

Bde.

Il faut ici jouer des gobelets, (bas) changeons les boites. Tenez.

Phil.

Est ce là la première ?

Bde.

Oui, mon père.

κακόν τι περιβαίνει με κἀναπείθομαι.Βδελυκλέωνἴθʼ ἀντιβολῶ σʼ· οἰκτίρατʼ αὐτὸν ὦ πάτερε,καὶ μὴ διαφθείρητε. ποῦ τὰ παιδία;ἀναβαίνετʼ ὦ πόνηρα καὶ κνυζούμενααἰτεῖτε κἀντιβολεῖτε καὶ δακρύετε.Φιλοκλέωνκατάβα κατάβα κατάβα κατάβα.Βδελυκλέωνκαταβήσομαι.καίτοι τὸ κατάβα τοῦτο πολλοὺς δὴ πάνυἐξηπάτηκεν. ἀτὰρ ὅμως καταβήσομαι.Φιλοκλέωνἐς κόρακας. ὡς οὐκ ἀγαθόν ἐστι τὸ ῥοφεῖν.ἐγὼ γὰρ ἀπεδάκρυσα νῦν γνώμην ἐμὴνοὐδέν ποτʼ ἀλλʼ ἢ τῆς φακῆς ἐμπλήμενος.Βδελυκλέωνοὔκουν ἀποφεύγει δῆτα;Φιλοκλέωνχαλεπὸν εἰδέναι.Βδελυκλέωνἴθʼ ὦ πατρίδιον ἐπὶ τὰ βελτίω τρέπου.τηνδὶ λαβὼν τὴν ψῆφον ἐπὶ τὸν ὕστερονμύσας παρᾷξον κἀπόλυσον ὦ πάτερ.Φιλοκλέωνοὐ δῆτα· κιθαρίζειν γὰρ οὐκ ἐπίσταμαι.Βδελυκλέωνφέρε νύν σε τῃδὶ τὴν ταχίστην περιάγω.Φιλοκλέωνὅδʼ ἔσθʼ ὁ πρότερος;Βδελυκλέωνοὗτος·
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282

Phil.

Mettons donc notre ballote dans l’autre.

Bde.

Le bonhomme a été trompé ; Labès est absous en dépit du juge.

Phil.

Répandez les ballotes à terre, et voyons l’issue du jugement.

Bde.

Vous voyez que le pauvre chien est absous. Ah ! mon père ! Mon cher père ! qu’avez vous ? Êtes-vous donc évanoui ? Vite de l’eau pour le faire revenir. Levez-vous, soutenez-vous un peu.

Phil.

Est-il donc vrai que l’accusé a sa grace !

Bde.

Il est vrai, et je vous en remercie.

Phil.

O ! quelle honte pour moi !

Bde.

Que cela ne vous fasse point de peine. Levez-vous seulement.

Phil.

Non ; je ne me le pardonnerai jamais. Avoir absout un criminel, pour la première fois de ma vie ! O Dieux ! Ne m’imputez point cette faute. Je l’ai faite malgré moi, et contre mon ordinaire.

Bde.

Ne vous embarrassez pas de cela, mon père, je ne vous en nourrirai pas moins bien. Je vous mènerai avec moi partout, aux repas, aux assemblées, aux sep spectacles. Vous passerez la vie dans les délices, et vous n’aurez plus à craindre les supercheries d’Hyperbolos.

Φιλοκλέωναὕτη ʼνταῦθʼ ἔνι.Βδελυκλέωνἐξηπάτηται κἀπολέλυκεν οὐχ ἑκών.φέρʼ ἐξεράσω.Φιλοκλέωνπῶς ἄρʼ ἠγωνίσμεθα;Βδελυκλέωνδείξειν ἔοικεν. ἐκπέφευγας ὦ Λάβης.πάτερ πάτερ τί πέπονθας; οἴμοι· ποῦ ʼσθʼ ὕδωρ;ἔπαιρε σαυτόν.Φιλοκλέωνεἰπέ νυν ἐκεῖνό μοι,ὄντως ἀπέφυγε;Βδελυκλέωννὴ Δίʼ·Φιλοκλέωνοὐδέν εἰμʼ ἄρα.Βδελυκλέωνμὴ φροντίσῃς ὦ δαιμόνιʼ· ἀλλʼ ἀνίστασο.Φιλοκλέωνπῶς οὖν ἐμαυτῷ τοῦτʼ ἐγὼ ξυνείσομαι,φεύγοντʼ ἀπολύσας ἄνδρα; τί ποτε πείσομαι;ἀλλʼ ὦ πολυτίμητοι θεοὶ ξύγγνωτέ μοι·ἄκων γὰρ αὔτʼ ἔδρασα κοὐ τοὐμοῦ τρόπου.Βδελυκλέωνκαὶ μηδὲν ἀγανάκτει γʼ. ἐγὼ γάρ σʼ ὦ πάτερθρέψω καλῶς, ἄγων μετʼ ἐμαυτοῦ πανταχοῖ,ἐπὶ δεῖπνον, ἐς ξυμπόσιον, ἐπὶ θεωρίαν,ὥσθʼ ἡδέως διάγειν σε τὸν λοιπὸν χρόνον·κοὐκ ἐγχανεῖταί σʼ ἐξαπατῶν Ὑπέρβολος.
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(b) Il ave avait donné quelques pièces sous le nom de Philonide, de Callistrate, etc.

/aurait ?

Entrons, s’il vous plait.

Phil.

J’y consens, et je me rends à tout ce que tu veux.

Phil.2

Allez où votre heureux destin vous appelle. Pour vous, milliers innombrables d’hommes ! Prenez garde de laisser tomber à terre ce que nous allons dire. Des auditeurs peu soigneux manqueraient d’attention ; mais nous attendons autre chose de vous.



Parabase ou Discours aux spectateurs.

Si vous nous honorez de votre affection, Messieurs ; nous vous en demandons une marque, par l’attention que vous nous préterez. L’auteur a des reproches à vous faire, et quelque raison de se plaindre de vous, après avoir rendu service à tant de particuliers en secret, sans faire connaître son nom (b). Il aidait sourdement les autres poètes, et faisait en cela comme l’esprit qui préside à l’oracle d'Euryclée. Il entrait dans le ventre des autres ; et vous avez ri à plusieurs de ses comédies qui paraissaient sous le nom de quelques autres auteurs. Enfin il a osé paraitre sous le sien, et a fait parler ses propres Muses, après avait animé celle des autres. Il s’est élevé assez haut pour donner de la jalousie, et vous l’avez honoré plus que personne de vos applaudissements. Mais ces heureux succès ne l’ont point enflé ; il n’a point affecté de le montrer dans les lieux d’exercices publics pour mendier des louanges. D’un autre coté, si quelqu’un l’est venu trouver pour le prier de ne point mettre ses amours sur la scène, il n’a pas eu la faiblesse de se laisser fléchir pour épargner le vice. Il eût eu peur de le devenir complice

ἀλλʼ εἰσίωμεν.Φιλοκλέωνταῦτά νυν, εἴπερ δοκεῖ.Χορόςἀλλʼ ἴτε χαίροντες ὅποι βούλεσθʼ.ὑμεῖς δὲ τέως ὦ μυριάδεςἀναρίθμητοι,νῦν τὰ μέλλοντʼ εὖ λέγεσθαιμὴ πέσῃ φαύλως χαμᾶζʼεὐλαβεῖσθε.τοῦτο γὰρ σκαιῶν θεατῶνἐστὶ πάσχειν, κοὐ πρὸς ὑμῶν.Χορόςνῦν αὖτε λεῲ προσέχετε τὸν νοῦν, εἴπερ καθαρόν τι φιλεῖτε.μέμψασθαι γὰρ τοῖσι θεαταῖς ὁ ποιητὴς νῦν ἐπιθυμεῖ.ἀδικεῖσθαι γάρ φησιν πρότερος πόλλʼ αὐτοὺς εὖ πεποιηκώς,τὰ μὲν οὐ φανερῶς ἀλλʼ ἐπικουρῶν κρύβδην ἑτέροισι ποιηταῖς,μιμησάμενος τὴν Εὐρυκλέους μαντείαν καὶ διάνοιαν,εἰς ἀλλοτρίας γαστέρας ἐνδὺς κωμῳδικὰ πολλὰ χέασθαι·μετὰ τοῦτο δὲ καὶ φανερῶς ἤδη κινδυνεύων καθʼ ἑαυτόν,οὐκ ἀλλοτρίων ἀλλʼ οἰκείων Μουσῶν στόμαθʼ ἡνιοχήσας.ἀρθεὶς δὲ μέγας καὶ τιμηθεὶς ὡς οὐδεὶς πώποτʼ ἐν ὑμῖν,οὐκ † ἐκτελέσαι † φησὶν ἐπαρθεὶς οὐδʼ ὀγκῶσαι τὸ φρόνημα,οὐδὲ παλαίστρας περικωμάζειν πειρῶν· οὐδʼ εἴ τις ἐραστὴςκωμῳδεῖσθαι παιδίχʼ ἑαυτοῦ μισῶν ἔσπευσε πρὸς αὐτόν,οὐδενὶ πώποτέ φησι πιθέσθαι, γνώμην τινʼ ἔχων ἐπιεικῆ,
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284

(d) Cléon, dans les Chevaliers.

(e) Dans la comédie des nuées.

Phoque4 ?

de ces infames. Ce n’est pas que sa muse soit ennemie des hommes ; elle ne l’est que des monstres. Il lui a fallu le courage d’un Hercule pour entreprendre, comme il l’a fait, de les attaquer publiquement. A q Avec quelle hardiesse ne s’attacha-t-il pas à ce monstre à dents aigues (d) et serrées, dont les regards effrontés étaient l’impudence-même ; dont la tête entourée de cent têtes de flatteurs qui lui léchaient le visage ; dont la voix ressemblait au bruit d’un torrent qui menace tout le voisinage d’une ruine prochaine ; dont la puanteur surpassait celle des plus énormes baleines ; qui n’était enfin qu’ordure et saleté par devant et par derrière ? Cet objet affreux ne l’épouvanta point ; et sans se laisser séduire à des libéralités intéressées, il crut qu’il était de son devoir de le combattre. Il ne s’en est pas tenu là. Il entreprit encore l’année passée (e) d’extirper ces espèces de fièvres qui par le déréglement des enfants affligent les pères, et leur font passer de mauvaises nuits ; ces artifices criminels dont on se sert à déguiser la vérité, étouffer la justice, opprimer l’innocence, excuser le désordre. C’est ce qu’il avait tâché de faire dans ses premières Nuées ; mais quelques agréments que la nouveauté dût donner à cette invention ; comment le traitâtes vous ? Vous le chassâtes honteusement et le fites céder à deux mauvais poètes (Amypsias et Cratin). Il est vrai cependant, et buvant mainte et mainte rasade et prend Bacchus à témoin qu'il n’y eut jamais de plus beaux vers, ni de comédie plus agréable ; et si vous n’en convintes pas alors tant pis pour vous ; vous avez donné une mauvaise

ἵνα τὰς Μούσας αἷσιν χρῆται μὴ προαγωγοὺς ἀποφήνῃ.οὐδʼ ὅτε πρῶτόν γʼ ἦρξε διδάσκειν, ἀνθρώποις φήσʼ ἐπιθέσθαι,ἀλλʼ Ἡρακλέους ὀργήν τινʼ ἔχων τοῖσι μεγίστοις ἐπιχειρεῖν,θρασέως ξυστὰς εὐθὺς ἀπʼ ἀρχῆς αὐτῷ τῷ καρχαρόδοντι,οὗ δεινόταται μὲν ἀπʼ ὀφθαλμῶν Κύννης ἀκτῖνες ἔλαμπον,ἑκατὸν δὲ κύκλῳ κεφαλαὶ κολάκων οἰμωξομένων ἐλιχμῶντοπερὶ τὴν κεφαλήν, φωνὴν δʼ εἶχεν χαράδρας ὄλεθρον τετοκυίας,φώκης δʼ ὀσμήν, Λαμίας ὄρχεις ἀπλύτους, πρωκτὸν δὲ καμήλου.τοιοῦτον ἰδὼν τέρας οὔ φησιν δείσας καταδωροδοκῆσαι,ἀλλʼ ὑπὲρ ὑμῶν ἔτι καὶ νυνὶ πολεμεῖ· φησίν τε μετʼ αὐτὸντοῖς ἠπιάλοις ἐπιχειρῆσαι πέρυσιν καὶ τοῖς πυρετοῖσιν,οἳ τοὺς πατέρας τʼ ἦγχον νύκτωρ καὶ τοὺς πάππους ἀπέπνιγον,κατακλινόμενοί τʼ ἐπὶ ταῖς κοίταις ἐπὶ τοῖσιν ἀπράγμοσιν ὑμῶνἀντωμοσίας καὶ προσκλήσεις καὶ μαρτυρίας συνεκόλλων,ὥστʼ ἀναπηδᾶν δειμαίνοντας πολλοὺς ὡς τὸν πολέμαρχον.τοιόνδʼ εὑρόντες ἀλεξίκακον τῆς χώρας τῆσδε καθαρτήν,πέρυσιν καταπροὔδοτε καινοτάταις σπείραντʼ αὐτὸν διανοίαις,ἃς ὑπὸ τοῦ μὴ γνῶναι καθαρῶς ὑμεῖς ἐποιήσατʼ ἀναλδεῖς·καίτοι σπένδων πόλλʼ ἐπὶ πολλοῖς ὄμνυσιν τὸν Διόνυσονμὴ πώποτʼ ἀμείνονʼ ἔπη τούτων κωμῳδικὰ μηδένʼ ἀκοῦσαι.τοῦτο μὲν οὖν ἔσθʼ ὑμῖν αἰσχρὸν τοῖς μὴ γνοῦσιν παραχρῆμα,
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(f) Priape de cuir.

idée de votre discernement, et notre auteur s’est consolé de votre injustice avec les bons connaisseurs. Nous vous conseillons, pour votre honneur, d’avoir à l’avenir plus d’égards pour le poètes qui cherchent à vous faire plaisir par les nouveautés qu’ils inventent. Aimez les, suivez-les, et conservez soigneusement leurs ouvrages, comme vous conservez vos pommes dans vos coffres, etvos habits dans vos armoires. Ranimons nos efforts, nous autres qui étions dans nos jeunes ans de si vigoureux danseurs et de si vaillants soldats. Le temps n’est plus. Nos cheveux sont devenus d’une blancheur égale à celle des cygnes. Mais il nous reste encore des forces, et cette verte vieillesse vaut mieux sans doute que les cheveux frisés, la taille négligée, et la mollesse féminine de tant de jeunes gens que nous voyons. Si nonobstant ces cheveux blancs, messieurs, il y a quelqu’un qui s’étonne de nous voir armés d’aiguillons si raides, il faut lui découvrir ce mystère. Cette queue (f), Messieurs, fait voir que nous sommes attiques, c’est à dire enfants de cette même terre, gens courageux par nature, et qui avons servi l’état comme il faut, quand l’ennemi vint le ravagéeravager quand il prétendit chasser les abeilles de cette ville avec l’incendie dont il désolait le pays et les maisons, et emporter en Perse tout le miel et toute la cire de nos ruches. Nous sortîmes aussitot, animés de colère, et armés jusques aux dents. Chacun de nous se mordait les lèvres de fureur. Le ciel était obscurci de traits. nous combattimes vaillamment, avec le secours des Dieux. En effet on vit avant le combat un hibou

ὁ δὲ ποιητὴς οὐδὲν χείρων παρὰ τοῖσι σοφοῖς νενόμισται,εἰ παρελαύνων τοὺς ἀντιπάλους τὴν ἐπίνοιαν ξυνέτριψεν.Χορόςἀλλὰ τὸ λοιπὸν τῶν ποιητῶνὦ δαιμόνιοι τοὺς ζητοῦνταςκαινόν τι λέγειν κἀξευρίσκεινστέργετε μᾶλλον καὶ θεραπεύετε,καὶ τὰ νοήματα σῴζεσθʼ αὐτῶν,ἐσβάλλετέ τʼ ἐς τὰς κιβωτοὺςμετὰ τῶν μήλων. κἂν ταῦτα ποιῆθʼ,ὑμῖν διʼ ἔτους τῶν ἱματίωνὀζήσει δεξιότητος.Χορόςὦ πάλαι ποτʼ ὄντες ἡμεῖς ἄλκιμοι μὲν ἐν χοροῖς,ἄλκιμοι δʼ ἐν μάχαις,καὶ κατʼ αὐτὸ δὴ τοῦτο μόνον ἄνδρες ἀλκιμώτατοι·πρίν ποτʼ ἦν πρὶν ταῦτα, νῦν δʼοἴχεται, κύκνου τʼ ἔτι πολιώτεραι δὴαἵδʼ ἐπανθοῦσιν τρίχες.ἀλλὰ κἀκ τῶν λειψάνων δεῖτῶνδε ῥώμην νεανικὴν σχεῖν·ὡς ἐγὼ τοὐμὸν νομίζωγῆρας εἶναι κρεῖττον ἢ πολλῶνκικίννους νεανιῶν καὶσχῆμα κεὐρυπρωκτίαν.Χορόςεἴ τις ὑμῶν ὦ θεαταὶ τὴν ἐμὴν ἰδὼν φύσινεἶτα θαυμάζει μʼ ὁρῶν μέσον διεσφηκωμένον,ἥτις ἡμῶν ἐστὶν ἡ ʼπίνοια τῆς ἐγκεντρίδος,ῥᾳδίως ἐγὼ διδάξω, κἂν ἄμουσος ᾖ τὸ πρίν.ἐσμὲν ἡμεῖς, οἷς πρόσεστι τοῦτο τοὐρροπύγιον,Ἀττικοὶ μόνοι δικαίως ἐγγενεῖς αὐτόχθονες,ἀνδρικώτατον γένος καὶ πλεῖστα τήνδε τὴν πόλινὠφελῆσαν ἐν μάχαισιν, ἡνίκʼ ἦλθʼ ὁ βάρβαρος,τῷ καπνῷ τύφων ἅπασαν τὴν πόλιν καὶ πυρπολῶν,ἐξελεῖν ἡμῶν μενοινῶν πρὸς βίαν τἀνθρήνια.εὐθέως γὰρ ἐκδραμόντες ξὺν δορὶ ξὺν ἀσπίδιἐμαχόμεσθʼ αὐτοῖσι, θυμὸν ὀξίνην πεπωκότες,στὰς ἀνὴρ παρʼ ἄνδρʼ, ὑπʼ ὀργῆς τὴν χελύνην ἐσθίων·ὑπὸ δὲ τῶν τοξευμάτων οὐκ ἦν ἰδεῖν τὸν οὐρανόν.ἀλλʼ ὅμως ἐωσάμεσθα ξὺν θεοῖς πρὸς ἑσπέραν.γλαῦξ γὰρ ἡμῶν πρὶν μάχεσθαι τὸν στρατὸν διέπτετο·
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(h) Périclès, qui l’avait bâti pour la récitation des tragédies et le chant de la musique ; et pour la distribution de la farine. L’archonte y tenait son siège.

(g) Magistrats qui jugeaient les voleurs et les homicides pris sut le fait. Et ceux qui n’avouaient pas, ils les menaient aux juges. C’était comme le grand prévôt.

traverser notre armée. Nous eûmes la victoire sur le soir. Et nous poursuivions les fuyards, en perçant leurs gros ventres, après leur avoir dans un combat opiniâtre de dix mille hommes contre six cents mille, fait voir une vigueur dont ils se souviennent encore avec douleur et admiration ; en sorte qu’ils conviennent qu’il n’est point d'animal plus courageux que les guêpes d’Athènes. Depuis ce temps là nous avons continué de nous rendre redoutables aux barbares ; nous avons tonné sur leurs côtes, et nos galères y ont porté la désolation. Nous ne nous amusions point alors à cultiver de vaine éloquence ; nous ne nous chicanions point les uns les autres. Toute l’ambition d’un bon citoyen se bornait à être bon homme de mer. Aussi, combien n’avons nous pas pris de villes aux Mèdes ? Et de combien de tributs n’avons nous pas enrichi notre république ? tributs qui sont aujourd’hui la proie de tant de scélérats ! Regardez nous donc bien, et vous conviendrez que nous ressemblons parfaitement à des guêpes. Car premièrement quelque animal que ce soit qui ose nous attaquer, nous faisons voir une colère que rien n’apaise. Du reste nous nous rassemblons par bandes dans nos trous comme les guêpes. Les uns se rendent auprès de l’archonte ; d’autres auprès des onze juges criminels(g) ; d’autres au théâtre de la musique, qui sert présentement d’auditoire, contre l’intention (h) du fondateur. Il y en a qui se tiennent collés contre les murs et regardent fixement la terre. Ne diriez vous pas voir une guêpe logée dans le trou de la gauffre ? Nous vivons comme les guêpes aux dépens du tiers et du quart ;

εἶτα δʼ εἱπόμεσθα θυννάζοντες ἐς τοὺς θυλάκους,οἱ δʼ ἔφευγον τὰς γνάθους καὶ τὰς ὀφρῦς κεντούμενοι·ὥστε παρὰ τοῖς βαρβάροισι πανταχοῦ καὶ νῦν ἔτιμηδὲν Ἀττικοῦ καλεῖσθαι σφηκὸς ἀνδρικώτερον.Χορόςἆρα δεινὸς ἦ τόθʼ ὥστε πάντα μὴ δεδοικέναι,καὶ κατεστρεψάμηντοὺς ἐναντίους, πλέων ἐκεῖσε ταῖς τριήρεσιν;οὐ γὰρ ἦν ἡμῖν ὅπωςῥῆσιν εὖ λέξειν ἐμέλλομεν τότʼ, οὐδὲσυκοφαντήσειν τινὰφροντίς, ἀλλʼ ὅστις ἐρέτης ἔσοιτʼἄριστος. τοιγαροῦν πολλὰςπόλεις Μήδων ἑλόντεςαἰτιώτατοι φέρεσθαιτὸν φόρον δεῦρʼ ἐσμέν, ὃν κλέπτουσινοἱ νεώτεροι.Χορόςπολλαχοῦ σκοποῦντες ἡμᾶς εἰς ἅπανθʼ εὑρήσετετοὺς τρόπους καὶ τὴν δίαιταν σφηξὶν ἐμφερεστάτους.πρῶτα μὲν γὰρ οὐδὲν ἡμῶν ζῷον ἠρεθισμένονμᾶλλον ὀξύθυμόν ἐστιν οὐδὲ δυσκολώτερον·εἶτα τἄλλʼ ὅμοια πάντα σφηξὶ μηχανώμεθα.ξυλλεγέντες γὰρ καθʼ ἑσμούς, ὡσπερεὶ τἀνθρήνια,οἱ μὲν ἡμῶν οὗπερ ἅρχων, οἱ δὲ παρὰ τοὺς ἕνδεκα,οἱ δʼ ἐν ᾠδείῳ δικάζουσʼ, οἱ δὲ πρὸς τοῖς τειχίοιςξυμβεβυσμένοι πυκνόν, νεύοντες ἐς τὴν γῆν, μόλιςὥσπερ οἱ σκώληκες ἐν τοῖς κυττάροις κινούμενοι.
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287

/ ?

nous piquons celui-ci, nous suivons celui la. Le malheur est qu’il y a parmi nous des frelons qui n’ont point d’aiguillon, qui ne travaillent point, et qui s’engraissent du fruit de nos travaux. Il est honteux que des gens qui n’ont jamais été à la guerre, qui n’ont jamais manié ni rames, ni lances, qui n’ont jamais eu de poulettes aux mains, jouissent des mêmes privilèges que nous. Nous serions d’avis qu’il fût ordonné une fois pour toute, et dire à cri public ; qui ne portera point d’aiguillon, n’aura point de part aux trois oboles.

Philocléon. Bdelycléon. Le chœur. Philocléon.

Non. L’on m’arrachera plutôt la vie que cette vieille bure. Je lui ai l’obligation de m’avoir sauvé le moule du pourpoint2 sur la flotte, quand ce brave Bérée, ce maitre vent, combattait pour nous contre les barbares.

Bde.

On a bien de la peine à vous persuader ce qui est à votre profit.

Phil.

Ne me parle point de beaux habits. L’autre jour, que tu m’en avais donné un neuf ; je répandis de la sauce dessus. Il fallaitfâllut l’envoyer au foulon, et je lui dois encore trois oboles pour l’avoir dégraissé.

Bde.

Laissez vous conduire, et croyez moi ; vous ne vous en trouverez que mieux.

Phil.

Ça, que faut il donc faire.

Bde.

Quittez moi ce vieil habit, et prenez cette bonne robe neuve.

ἔς τε τὴν ἄλλην δίαιτάν ἐσμεν εὐπορώτατοι.πάντα γὰρ κεντοῦμεν ἄνδρα κἀκπορίζομεν βίον.ἀλλὰ γὰρ κηφῆνες ἡμῖν εἰσιν ἐγκαθήμενοιοὐκ ἔχοντες κέντρον, οἳ μένοντες ἡμῶν τοῦ φόρουτὸν πόνον κατεσθίουσιν, οὐ ταλαιπωρούμενοι.τοῦτο δʼ ἔστʼ ἄλγιστον ἡμῖν, ἤν τις ἀστράτευτος ὢνἐκροφῇ τὸν μισθὸν ἡμῶν, τῆσδε τῆς χώρας ὕπερμήτε κώπην μήτε λόγχην μήτε φλύκταιναν λαβών.ἀλλʼ ἐμοὶ δοκεῖ τὸ λοιπὸν τῶν πολιτῶν ἔμβραχυὅστις ἂν μὴ ʼχῃ τὸ κέντρον, μὴ φέρειν τριώβολον.Φιλοκλέωνοὔτοι ποτὲ ζῶν τοῦτον ἀποδυθήσομαι,ἐπεὶ μόνος μʼ ἔσωσε παρατεταγμένον,ὅθʼ ὁ βορέας ὁ μέγας ἐπεστρατεύσατο.Βδελυκλέωνἀγαθὸν ἔοικας οὐδὲν ἐπιθυμεῖν παθεῖν.Φιλοκλέωνμὰ τὸν Δίʼ οὐ γὰρ οὐδαμῶς μοι ξύμφορον.καὶ γὰρ πρότερον ἐπανθρακίδων ἐμπλήμενοςἀπέδωκʼ ὀφείλων τῷ κναφεῖ τριώβολον.Βδελυκλέωνἀλλʼ οὖν πεπειράσθω γʼ, ἐπειδήπερ γʼ ἅπαξἐμοὶ σεαυτὸν παραδέδωκας εὖ ποιεῖν.Φιλοκλέωντί οὖν κελεύεις δρᾶν με;Βδελυκλέωντὸν τρίβωνʼ ἄφες,τηνδὶ δὲ χλαῖναν ἀναβαλοῦ τριβωνικῶς.
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(i) Lieu de la tribu d’Hippocoon.

Phil.

Et puis, donnez vous la peine d’élever des enfants, afin qu’ils vous étouffent, comme celui-ci veut étouffer son père ?

Bde.

Prenez garde et ne jasez point tant.

Phil.

O ! Dieux ! qu est ce que ceci ?

Bde.

C’est une casaque de Perse : aussi on l’appelle une Persienne.

Phil.

Je l’aurais prise pour de la ratine de Thipneté2(i).

Bde.

C’est que vous n’êtes jamais allé à sardes.

Phil.

Assurément. Mais cela me parait cotonné comme le surtout du poète Moryque.

Bde.

Je vous réponds que c’est vraie manufacture d’Ecbatane.

Phil.

Est ce qu’on fait de la ratine à Ecbatane ?

Bde.

Que me venez vous chanter avec votre ratine ? C'est du plus beau drap qui se fasse en Perse.

Phil.

Drap, ou ratine, de Perse, ou d’ailleurs, que faut il donc faire ?3

Bde.

Il faut vous mettre cela autour du corps.

Phil.

Je n’en ferai, ma foi, rien. J’aimerais autant être

Φιλοκλέωνἔπειτα παῖδας χρὴ φυτεύειν καὶ τρέφειν,ὅθʼ οὑτοσί με νῦν ἀποπνῖξαι βούλεται;Βδελυκλέωνἔχʼ ἀναβαλοῦ τηνδὶ λαβὼν καὶ μὴ λάλει.Φιλοκλέωντουτὶ τὸ κακὸν τί ἐστι πρὸς πάντων θεῶν;Βδελυκλέωνοἱ μὲν καλοῦσι Περσίδʼ οἱ δὲ καυνάκην.Φιλοκλέωνἐγὼ δὲ σισύραν ᾠόμην Θυμαιτίδα.Βδελυκλέωνκοὐ θαῦμά γʼ· ἐς Σάρδεις γὰρ οὐκ ἐλήλυθας.ἔγνως γὰρ ἄν· νῦν δʼ οὐχὶ γιγνώσκεις.Φιλοκλέωνἐγώ;μὰ τὸν Δίʼ οὐ τοίνυν· ἀτὰρ δοκεῖ γέ μοιἐοικέναι μάλιστα Μορύχου σάγματι.Βδελυκλέωνοὔκ, ἀλλʼ ἐν Ἐκβατάνοισι ταῦθʼ ὑφαίνεται.Φιλοκλέωνἐν Ἐκβατάνοισι γίγνεται κρόκης χόλιξ;Βδελυκλέωνπόθεν ὦγάθʼ; ἀλλὰ τοῦτο τοῖσι βαρβάροιςὑφαίνεται πολλαῖς δαπάναις. αὕτη γέ τοιἐρίων τάλαντον καταπέπωκε ῥᾳδίως.Φιλοκλέωνοὔκουν ἐριώλην δῆτʼ ἐχρῆν αὐτὴν καλεῖνδικαιότερον ἢ καυνάκην;Βδελυκλέωνἔχʼ ὦγαθέ,καὶ στῆθʼ ἀναμπισχόμενος.Φιλοκλέωνοἴμοι δείλαιος·ὡς θερμὸν ἡ μιαρά τί μου κατήρυγεν.Βδελυκλέωνοὐκ ἀναβαλεῖ;Φιλοκλέωνμὰ Δίʼ οὐκ ἔγωγʼ. ἀλλʼ ὦγαθέ,εἴπερ γʼ ἀνάγκη, κρίβανόν μʼ ἀμπίσχετε.
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289

X

X

contraire au texte.

X

habillé d’un four chaud.

Bde.

Que de raisons ! Je vois bien vous le mettre moi. Marchez deux pas. Fort bien.

Phil.

Faites donc apporter la grande fourchette.

Bde.

À quoi faire ?

Phil.

Pour me retirer du four, avant que j’y sois tout fondu de cuire.

Bde.

Allons. Jetez ces maudites socques, et chaussez ces souliers mignons de Lacédémone.

Phil.

Quoi ! Je souffrirais dans mes pieds une chaussure faite par les ennemis de l’état !

Bde.

Poussez, poussez, marchez ferme. Vous faites descente dans le pays ennemi.

Phil.

J’avais promis de ne mettre jamais le pied en Laconie.

Bde.

Donnez l’autre.

Phi.

Je ne saurais. Il y a là un doigt qui est ennemi juré de ce qui vient de Lacédémone.

Bde.

Bon ! c’est pure malice.

Phil.

Je vous dis que j’ai les mules

Βδελυκλέωνφέρʼ ἀλλʼ ἐγώ σε περιβαλῶ· σὺ δʼ οὖν ἴθι.Φιλοκλέωνπαράθου γε μέντοι καὶ κρεάγραν.Βδελυκλέωντιὴ τί δή;Φιλοκλέωνἵνʼ ἐξέλῃς με πρὶν διερρυηκέναι.Βδελυκλέωνἄγε νυν ὑπολύου τὰς καταράτους ἐμβάδας,τασδὶ δʼ ἀνύσας † ὑπόδυθι † τὰς Λακωνικάς.Φιλοκλέωνἐγὼ γὰρ ἂν τλαίην ὑποδήσασθαί ποτεἐχθρῶν παρʼ ἀνδρῶν δυσμενῆ καττύματα;Βδελυκλέωνἔνθες ποτʼ ὦ τᾶν κἀπόβαινʼ ἐρρωμένωςἐς τὴν Λακωνικὴν ἀνύσας.Φιλοκλέωνἀκικεῖς γέ μεἐς τὴν πολεμίαν ἀποβιβάζων τὸν πόδα.Βδελυκλέωνφέρε καὶ τὸν ἕτερον.Φιλοκλέωνμηδαμῶς τοῦτόν γʼ, ἐπεὶπάνυ μισολάκων αὐτοῦ ʼστιν εἷς τῶν δακτύλων.Βδελυκλέωνοὐκ ἔστι παρὰ ταῦτʼ ἄλλα.Φιλοκλέωνκακοδαίμων ἐγώ,ὅστις ἐπὶ γήρως χίμετλον οὐδὲν λήψομαι.
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290

(k) Il est mention de deux Théagènes ; l’un insigne péteur et acarnien ; et l’autre de Thase, qui portait sans peine une statue d’airain sur les épaules.

Bde.

Autre bourde. Finissez. Marchez hardiment et carrez vous comme moi.

Phil.

Regarde un peu ma démarche, et dis à qui est-ce des gros messieurs que je ressemble.

Bde.

Vous ressemblez à un fa rature le furoncle revêtu d’une emplâtre d’ail.

Phil.

Par ma foi, je sens déjà que quelque chose me démange.

Bde.

Voyons maintenant quels discours vous tiendrez quand vous vous trouverez en compagnie d’honnêtes gens.

Phil.

Je leur dirai ce que fait la sèche quand on la veut prendre. Je leur dirai la fable de la huche et du pétrin.prétr in……

Bde.

Point de fables, s’il vous plâit. Parlez naturellement comme nous parlons entre nous à la maison.

Phil.

Fort bien. Par exemple, ce que nous disions l’autre jour, qu’il n’y avait encore ni chat ni rat .….

Bde.

Homme gauche et mal appris ! Disait Théagène(k) en colère à je ne sais quel lourdaud qui parlait mal ; est ce donc de chats et de rats qu’il faut parler en si belle compagnie ?

Phil

De quoi veux tu donc que je parle ?

Βδελυκλέωνἄνυσόν ποθʼ ὑποδησάμενος· εἶτα πλουσίωςὡδὶ προβὰς τρυφερόν τι διασαλακώνισον.Φιλοκλέωνἰδού. θεῶ τὸ σχῆμα, καὶ σκέψαι μʼ ὅτῳμάλιστʼ ἔοικα τὴν βάδισιν τῶν πλουσίων.Βδελυκλέωνὅτῳ; Δοθιῆνι σκόροδον ἠμφιεσμένῳ.Φιλοκλέωνκαὶ μὴν προθυμοῦμαί γε σαυλοπρωκτιᾶν.Βδελυκλέωνἄγε νυν, ἐπιστήσει λόγους σεμνοὺς λέγεινἀνδρῶν παρόντων πολυμαθῶν καὶ δεξιῶν;Φιλοκλέωνἔγωγε.Βδελυκλέωντίνα δῆτʼ ἂν λέγοις;Φιλοκλέωνπολλοὺς πάνυ.πρῶτον μὲν ὡς ἡ Λάμιʼ ἁλοῦσʼ ἐπέρδετο,ἔπειτα δʼ ὡς ὁ Καρδοπίων τὴν μητέρα.Βδελυκλέωνμή ʼμοί γε μύθους, ἀλλὰ τῶν ἀνθρωπίνων,οἵους λέγομεν μάλιστα τοὺς κατʼ οἰκίαν.Φιλοκλέωνἐγᾦδα τοίνυν τῶν γε πάνυ κατʼ οἰκίανἐκεῖνον ὡς οὕτω ποτʼ ἦν μῦς καὶ γαλῆ.Βδελυκλέωνὦ σκαιὲ κἀπαίδευτε, Θεογένης ἔφητῷ κοπρολόγῳ καὶ ταῦτα λοιδορούμενος,μῦς καὶ γαλᾶς μέλλεις λέγειν ἐν ἀνδράσιν;Φιλοκλέωνποίους τινὰς δὲ χρὴ λέγειν;
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(l) Le poète les nomme pour faire rire. Car ce 1er était un catamite, et le second un gueux aussi catamite.

(m) Ville du Pont, où le bonhomme pouvait avoir porté les armearmes.

(n) Deux lutteurs.

(o) Il est parlé de cette cérémonie dans la préface, et ailleurs.

Bde.

De choses magnifiques. Il faut dire : j’étais au spectacle avec (l)Androcle et Clisthène…..

Phil.

Je crois qu’ils n’ont jamais fait grande dépense pour les spectacles. Pour moi je n’ai jamais été à aucun ; si ce n’est à Paros(m), où je trouvai les places à bon marché.

Bde.

N’importe ; il faut en parler comme si on y avait été. Il faut dire qu’on a été ravi de voir Asconde(n) vaincu par Ephordion, au jeu de la lutte, et que ce vieux grison avait encore bonne mine et était bien en chair, pour son âge. Voila de quoi les honnêtes gens s’entretiennent ensemble. Dites moi un peu ; quand vous boirez avec des étrangers, et qu’il sera question de parler de la jeunesse ; quelle action de vigueur direz vous que vous ayez faite dans la vôtre ?

Phil.

La voici, la voici, la plus belle et la plus courageuse de ma vie, c’est quand j’enlevai les échalas d’Ergasion. Dame ! J’étais un brave en ce temps là.

Bde.

Eh ! Fi ! Toujours des idées basses ! Il faut dire que vous avez tué un sanglier ; que vous avez forcé un lièvre ; que vous avez couru (o) à la lampe ; quelque chose de semblable ou la jeunesse a coutume de briller.

Phil.

Je me souviens d’un beau tour, à propos de courir. Je n’était encore qu’un petit garçon, que j’attrapai Phaÿllas le grand et fameux coureur, et le passai

Βδελυκλέωνμεγαλοπρεπεῖς,ὡς ξυνεθεώρεις Ἀνδροκλεῖ καὶ Κλεισθένει.Φιλοκλέωνἐγὼ δὲ τεθεώρηκα ποώποτʼ οὐδαμοῖπλὴν ἐς Πάρον, καὶ ταῦτα δὔ ὀβολὼ φέρων.Βδελυκλέωνἀλλʼ οὖν λέγειν χρή σʼ ὡς ἐμάχετό γʼ αὐτίκαἘφουδίων παγκράτιον Ἀσκώνδᾳ καλῶς,ἤδη γέρων ὢν καὶ πολιός, ἔχων δέ τοιπλευρὰν βαθυτάτην καὶ χέρας καὶ λαγόνα καὶθώρακʼ ἄριστον.Φιλοκλέωνπαῦε παῦʼ, οὐδὲν λέγεις.πῶς ἂν μαχέσαιτο παγκράτιον θώρακʼ ἔχων;Βδελυκλέωνοὕτω διηγεῖσθαι νομίζουσʼ οἱ σοφοί.ἀλλʼ ἕτερον εἰπέ μοι· παρʼ ἀνδράσι ξένοιςπίνων σεαυτοῦ ποῖον ἂν λέξαι δοκεῖςἐπὶ νεότητος ἔργον ἀνδρικώτατον;Φιλοκλέωνἐκεῖνʼ ἐκεῖνʼ ἀνδρειότατόν γε τῶν ἐμῶν,ὅτʼ Ἐργασίωνος τὰς χάρακας ὑφειλόμην.Βδελυκλέωνἀπολεῖς με. ποίας χάρακας; ἀλλʼ ὡς ἢ κάπρονἐδιώκαθές ποτʼ ἢ λαγών, ἢ λαμπάδαἔδραμες, ἀνευρὼν ὅ τι νεανικώτατον.Φιλοκλέωνἐγᾦδα τοίνυν τό γε νεανικώτατον·ὅτε τὸν δρομέα Φάυλλον ὢν βούπαις ἔτι
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de deux suffrages dans un procès où je le poursuivais en réparation d’honneur.

Bde.

Vous ferez aussi bien de vous taire. Ça, mettez-vous sur ce lit de banquet, et apprenez de moi les belles manières des gens du monde quand on se trouve en compagnie.

Phil.

Comment faut il se mettre ?

Bde.

D’une manière honnête et noble.

Phil.

Est ce comme cela ?

Bde.

Non.

Phil.

Comment donc ?

Bde.

Etendez les genoux ; tenez vous couché sur les tapis d’une manière dégagée, comme un homme qui se ressent encore de l’académie. Après cela flattez votre hôte sur la proprété de ses meubles ; louez ses vases, son parquet et ses lambris ; admirez ses bâtiments. Qu’on donne à laver. Qu’on serve les tables. Soupons, tout le monde a lavé. Qu’on verse à boire. Répandons cette goutte à l’honneur des Dieux.

Phil.

Par ma foi, nous soupons en songe.

Bde.

La joueuse de flûte commence à préluder. Les convives sont Théore, Esquine, Phanès

εἶλον διώκων λοιδορίας ψήφοιν δυοῖν.Βδελυκλέωνπαὖ· ἀλλὰ δευρὶ κατακλινεὶς προσμάνθανεξυμποτικὸς εἶναι καὶ ξυνουσιαστικός.Φιλοκλέωνπῶς οὖν κατακλινῶ; φράζʼ ἀνύσας.Βδελυκλέωνεὐσχημόνως.Φιλοκλέωνὡδὶ κελεύεις κατακλινῆναι;Βδελυκλέωνμηδαμῶς.Φιλοκλέωνπῶς δαί;Βδελυκλέωντὰ γόνατʼ ἔκτεινε καὶ γυμναστικῶςὑγρὸν χύτλασον σεαυτὸν ἐν τοῖς στρώμασιν.ἔπειτʼ ἐπαίνεσόν τι τῶν χαλκωμάτων,ὀροφὴν θέασαι, κρεκάδιʼ αὐλῆς θαύμασον·ὕδωρ κατὰ χειρός· τὰς τραπέζας ἐσφέρειν·δειπνοῦμεν· ἀπονενίμμεθʼ· ἤδη σπένδομεν.Φιλοκλέωνπρὸς τῶν θεῶν ἐνύπνιον ἑστιώμεθα;Βδελυκλέωναὑλητρὶς ἐνεφύσησεν· οἱ δὲ συμπόταιεἰσὶν Θέωρος Αἰσχίνης Φᾶνος Κλέων,
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(p) On appelait cela scolies, al comme qui dirait obliques ; parce sur l’un des convives commençait un vers, et celui à qui il donnait la coupe, non pas de suite, mais à la traverse le finissait en le parodiant.

(q) Solon établit trois ordres dans l’Attique, les Paraliens, ou gens des côtes, auxquels fut proposé Mégaclès ; les esPédiéens, ou gens du plat pays, sous le commandement de Lycurgue ; et les Diacriens auxquels commandait Pisistrate. On dit que Pandion avait ainsi divisé la Diacrie à ses enfants ; la principauté à Lycus ; les environs de la ville à Egée ; les côtes à Pallas ; et la Mégarique à Nysus.

Cléon, et Acestre poète tragique étranger. Voilà les honnêtes gens avec qui vous soupez. Prenez bien garde à finir avec esprit tous ces propos coupés (p) qui vous seront adressez à la ronde.

Phil.

J’entends cela à merveille, mieux qu’aucun autre Diacrien(q).

Bde.

Je le saurai bientôt. Supposez que je suis Cléon. Je commence à chanter les premières paroles du cantique d’Harmodius : Il n’y eut jamais d’Athénien……

Phil.

Et moi, je réponds : Si grand voleur que Cléon.

Bde.

Osez vous parler de la sorte, et si haut ? Il nous perdra et nous chassera du pays.

Phil.

S’il en fait du bruit, je chanterai autre chose.3

Le ch.4

Homme ! Tu ne connais donc pas quelle est sa fureur et sa violence ? Veux tu ruiner encore une fois l’état ? Il n’est déjà que trop en danger de périr.

Bde.

Théore, qui est à vos pieds, chantera ensuite, et parodiant Admète, vous dira, en vous prenant la main : mon ami, chéris les bons…. À cela que direz vous ?

Phil.

Je ne puis flatter personne ; je lui dirai que je ne puis aimer tout à la fois les bons et les méchants.

Bde.

Après lui chantera Esquine, homme habile,

ξένος τις ἕτερος πρὸς κεφαλῆς Ἀκέστορος.τούτοις ξυνὼν τὰ σκόλιʼ ὅπως δέξει καλῶς.Φιλοκλέωνἄληθες; ὡς οὐδεὶς Διακρίων δέξεται.Βδελυκλέωνἐγὼ εἴσομαι· καὶ δὴ γάρ εἰμʼ ἐγὼ Κλέων,ᾄδω δὲ πρῶτος Ἁρμοδίου· δέξαι δὲ σύ.οὐδεὶς πώποτʼ ἀνὴρ ἔγεντʼ Ἀθήναις—Φιλοκλέωνοὐχ οὕτω γε πανοῦργος οὐδὲ κλέπτης.Βδελυκλέωντουτὶ σὺ δράσεις; παραπολεῖ βοώμενος·φήσει γὰρ ἐξολεῖν σε καὶ διαφθερεῖνκαὶ τῆσδε τῆς γῆς ἐξελᾶν.Φιλοκλέωνἐγὼ δέ γε,ἐὰν ἀπειλῇ, νὴ Δίʼ ἕτερʼ ἀντᾴσομαι·Φιλοκλέων‘ὦνθρωφʼ, οὖτος ὁ μαιόμενος τὸ μέγα κράτος,ἀντρέψεις ἔτι τὰν πόλιν· ἁ δʼ ἔχεται ῥοπᾶς.’Βδελυκλέωντί δʼ ὅταν Θέωρος πρὸς ποδῶν κατακείμενοςᾄδῃ Κλέωνος λαβόμενος τῆς δεξιᾶς·ΒδελυκλέωνἈδμήτου λόγον ὦταῖρε μαθὼν τοὺς ἀγαθοὺς φίλει.Βδελυκλέωντούτῳ τί λέξεις σκόλιον;Φιλοκλέωνᾠδικῶς ἐγώ.Φιλοκλέων‘οὐκ ἔστιν ἀλωπεκίζειν,οὐδʼ ἀμφοτέροισι γίγνεσθαι φίλον.’Βδελυκλέωνμετὰ τοῦτον Αἰσχίνης ὁ Σέλλου δέξεται,
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(r) Ce scolie de Clitagora peut avoir été fait du temps que les Thessaliens donnèrent secours à ceux d’Athènes contre la tyrannie de Pisistrate.

(s) Il était défendu de traduire nommément sur la scène l’archonte régnant. C’est pourtant à lui que le poète en veut, et c’était Amynias fils de Pronape. Il se déguise en le faisant fils de Sellus.

*/

et qui sait la musique en perfection : honneur à la savante Clitagora(r) ; c’est la fleur de Thessalie

Phil.

À cela je répondrai : c’est un pays dont vous et moi nous avons bien tiré de l’argent.

Bde.

Cela ne va pas mal ; vous voilà au fait. Allons souper chez Philoctémon ce fameux traiteur. Holà, garçon ! Qu’on nous serve au plus tôt. Enivrons-nous à loisir.

Phil.

N’en faisons rien, si tu m’en crois. Il est dangereux de boire. Quand on a du vin dans la tête, on se querelle, on fait du bruit, on se bat. Après cela la bourse pâtit des folies de la tête.

Bde.

Cela n’est point à crainidre craindre, quand on ne fait la débauche qu’avec d’honnêtes gens. Ils vous excusent volontiers. Un bon mot, un petit conte fait à propos, les fait rire, et vous en voilà quittes.

Phil.

Il faudra donc que je fasse une bonne provision de fables, de contes, et de mots de gueule, si je veux être quitte sans payer, car j’ai un mauvais vin. N’importe, allons, que rien ne nous arrête.

Le chœur

Je serais bien faché de dire du mal de personne, mais je sais pourtant bien qu’Amynias(s) le frisé le fils de Sellus (je ne parle pas de l'archonte fils de Pronape ; Dieu m’en préserve) ce beau frisé, dis-je qui meurt de faim chez lui, comme Antiphon, et qui n’a pas son soûl de pommes

ἀυὴρ σοφὸς καὶ μουσικός, κᾆτʼ ᾄσεται·Βδελυκλέων‘χρήματα καὶ βίανΚλειταγόρᾳ τε κἀμοὶμετὰ Θετταλῶν’—Φιλοκλέωνπολλὰ δὴ διεκόμπασας σὺ κἀγώ.Βδελυκλέωντουτὶ μὲν ἐπιεικῶς σύ γʼ ἐξεπίστασαι·ὅπως δʼ ἐπὶ δεῖπνον ἐς Φιλοκτήμονος ἴμεν.παῖ παῖ, τὸ δεῖπνον Χρυσὲ συσκεύαζε νῷν,ἵνα καὶ μεθυσθῶμεν διὰ χρόνου.Φιλοκλέωνμηδαμῶς.κακὸν τὸ πίνειν· ἀπὸ γὰρ οἴνου γίγνεταικαὶ θυροκοπῆσαι καὶ πατάξαι καὶ βαλεῖν,κἄπειτʼ ἀποτίνειν ἀργύριον ἐκ κραιπάλης.Βδελυκλέωνοὔκ, ἢν ξυνῇς γʼ ἀνδράσι καλοῖς τε κἀγαθοῖς.ἢ γὰρ παρῃτήσαντο τὸν πεπονθότα,ἢ λόγον ἔλεξας αὐτὸς ἀστεῖόν τινα,Αἰσωπικὸν γέλοιον ἢ Συβαριτικόν,ὧν ἔμαθες ἐν τῷ συμποσίῳ· κᾆτʼ ἐς γέλωντὸ πρᾶγμʼ ἔτρεψας, ὥστʼ ἀφείς σʼ ἀποιχεται.Φιλοκλέωνμαθητέον τἄρʼ ἐστὶ πολλοὺς τῶν λόγων,εἴπερ ἀποτείσω μηδέν, ἤν τι δρῶ κακόν.Βδελυκλέωνἄγε νυν ἴωμεν· μηδὲν ἡμᾶς ἰσχέτω.Χορόςπολλάκις δὴ ʼδοξʼ ἐμαυτῷ δεξειὸς πεφυκέναικαὶ σκαιὸς οὐδεπώποτε·ἀλλʼ Ἀμυνίας ὁ Σέλλου μᾶλλον οὑκ τῶν Κρωβύλων,οὗτος ὅν γʼ ἐγώ ποτʼ εἶδον ἀντὶ μήλου καὶ ῥοᾶς
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(t) Les penestes ou gueux de Thessalie, étaient les naturels du pays asservis par les conquérants, comme les Ilotes par les Lacédémoniens. On accusait Amynias d’avoir traité secretement avec les Penestes.

et de grenades, soupe volontiers chezLéogoras, ce débauché voluptueux qui nourrit des faison faisans pour sa bouche. Qu On dit pourtant que dans son ambassade à Pharsale ; comme de gueux à gueux il n’y a que la main, il mangeait volontiers et secrètement avec les ge gueux (t), et l’on sait bien quels gueux je veux dire. Qu’Automène est heureux, d’avoir des enfants qui lui font tant d’honneur ! Ils sont encore pires que lui. L’ainé joue des instruments ; il faut voir avec quelle grace ! Quel acteur n’avons nous pas dans le second ? Comme il est couru ! Ariphrades (le troisième) est si habile ! Ce qu’il y a d’admirable, c’est qu’il n’a jamais eu d’autres maitre que la nature. Mais cette nature, il la va chercher dans les bons lieux ; et vous savez quel usage il y fait de sa langue abominable. On dit que je me trouve heureux de pouvoir faire ma paix, quand Cléon me causa tant de trouble et me fit si grand peur. On assure même qu’il y en avait beaucoup qui riaient de m’entendre crier de toute ma force, pendant que ce bourreau-là m’écorchait. C’est à dire qu’il ne se soucien souciaient guère de moi ; et que pourvu que je les fisse rire par mes bons mots, il ne leur importait pas beaucoup si j’étais à mon aise, ou non, quand je les disais quand j’ai vu que l’échelas manquait à la vigne dans l’occasion, nn’ai je pas bien fait de me sauver, comme le singe, à la faveur de quelques flatteries ?

Un valet. Le chœur.
δειπνοῦντα μετὰ Λεωγόρου·πεινῇ γὰρ ᾗπερ Ἀντιφῶν·ἀλλὰ πρεσβεύων γὰρ ἐς Φάρσαλον ᾤχετʼ, εἶτʼ ἐκεῖμόνος μόνοιςτοῖς Πενέσταισι ξυνῆν τοῖςΘετταλῶν, αὐτὸς πενέστης ὢν ἔλαττων οὐδενός.Χορόςὦ μακάριʼ Αὐτόμενες ὥς σε μακαρίζομεν,παῖδας ἐφύτευσας ὅτι χειροτεχνικωτάτους·πρῶτα μὲν ἅπασι φίλον ἄνδρα τε σοφώτατον,τὸν κιφαραοιδότατον, ᾧ χάρις ἐφέσπετο·τὸν δʼ ὑποκριτὴν ἕτερον ἀργαλέον ὡς σοφόν·εἶτʼ Ἀριφράδην πολύ τι θυμοσοφικώτατον,ὅντινά ποτʼ ὤμοσε μαθόντα παρὰ μηδενός,ἀλλʼ ἀπὸ σοφῆς φύσεος αὐτόματον ἐκμαθεῖνγλωττοποιεῖν ἐς τὰ πορνεῖʼ εἰσιόνθʼ ἑκάστοτε.Χορός[illisible]Χορόςεἰσί τινες οἵ μʼ ἔλεγον ὡς καταδιηλλάγην,ἡνίκα Κλέων μʼ ὑπετάραττεν ἐπικείμενος† καί με κακίσταις † ἔκνισε· κᾆθʼ ὅτʼ ἀπεδειρόμην,οὑκτὸς ἐγέλων μέγα κεκραγότα θεώμενοι,οὐδὲν ἄρʼ ἐμοῦ μέλον, ὅσον δὲ μόνον εἰδέναισκωμμάτιον εἴποτέ τι θλιβόμενος ἐκβαλῶ.ταῦτα κατιδὼν ὑπό τι μικρὸν ἐπιθήκισα·εἶτα νῦν ἐξηπάτησεν ἡ χάραξ τὴν ἄμπελον.
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(x) Il y a eu 4 PhriniquePhrynique ; un acteur tragique fils de Corocle, un poète tragique, le premier qui ait mis des femmes sur le théâtre, un poète comique, et un général sous lequel les Athéniens furent battus.

Le valet.

Que je porte envie à votre peau, trop heureuse tortues ! Que vous êtes sages de vous être si bien encuirassées ! Vous n’avez rien à craindre pour votre dos et pour vos côtes ; au lieu que je suis moulu des bourrades que le bonhomme m’a données avec son bâton.

Le ch.

Qu’y a t’il, mon enfant ? Car il est permis de traiter de la sorte tout homme, quelque vieux qu’il soit, qui se plaint d’avoir été battu.

Le va

C’est ce méchant vieillard dont je me plains le plus facheux ivrogne que la terre ait porté. Il y avait pourtant à la table avec lui des ivrognes fameux, Hippyle, Antiphon, Lycon, Lisistrate, Théophraste, et PhriniquePhrynique(x). Mon maitre était le plus facheux de tous. Après s’être bourré le ventre d’importance, il s’est mis à sauter, danser, péter, et infecter tout le monde comme un jeune baudet qui a mangé tout son soûl de chardons. Il n’a cessé de me frapper en me criant : Garçon ! Oh ! Garçon ! Lisistrate voyant tout ce tintamarre a dit au bonhomme : Il paraît qu’il n’y a pas longtemps que vous êtes à votre aise ; vous ressemblez à la piquette qui bout d’abord qu’elle est entonnée ; ou plutôt à quelque vieille haridelle de sergent, qui a trouvé un bon pallier à la campagne. Et toi, s’est écrié le vieillard, tu n’es qu’un gueux ; tu ressembles à un cousin qui a perdu ses ailes ou à Stenèle, ce malheureux poète, qui

Ξανθίαςἰὼ χελῶναι μακάριαι τοῦ δέρματος,καὶ τρὶς μακάριαι τοῦ ʼπὶ ταῖς πλευραῖς τέγους.ὡς εὖ κατηρέψασθε καὶ νουβυστικῶςκεράμῳ τὸ νῶτον ὥστε τὰς πληγὰς στέγειν.ἐγὼ δʼ ἀπόλωλα στιζόμενος βακτηρίᾳ.Χορόςτί δʼ ἔστιν ὦ παῖ; παῖδα γάρ, κἂν ᾖ γέρων,καλεῖν δίκαιον ὅστις ἂν πληγὰς λάβῃ.Ξανθίαςοὐ γὰρ ὁ γέρων ἀτηρότατον ἄρʼ ἦν κακὸνκαὶ τῶν ξυνόντων πολὺ παροινικώτατος;καίτοι παρῆν Ἵππυλλος Ἀντιφῶν ΛύκωνΛυσίστρατος Θούφραστος οἱ περὶ Φρύνιχον.τούτων ἁπάντων ἦν ὑβριστότατος μακρῷ.εὐθὺς γὰρ ὡς ἐνέπλητο πολλῶν κἀγαθῶν,ἐνήλατʼ ἐσκίρτα ʼπεπόρδει κατεγέλαὥσπερ καχρύων ὀνίδιον εὐωχημένονκἄτυπτεν ἐμὲ νεανικῶς παῖ παῖ καλῶν.εἶτʼ αὐτὸν ὡς εἶδʼ ᾔκασεν Λυσίστρατος·‘ἔοικας ὦ πρεσβῦτα νεοπλούτῳ τρυγὶκλητῆρί τʼ εἰς ἀχυρμὸν ἀποδεδρακότι.’ὁ δʼ ἀνακραγὼν ἀντῄκασʼ αὐτὸν πάρνοπιτὰ θρῖα τοῦ τρίβωνος ἀποβεβληκότι,Σθενέλῳ τε τὰ σκευάρια διακεκαρμένῳ.
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vendait les habits de ses personnages pour vivre ! Tout le monde a frappé des mains, pour témoigner que Lisistrate avait bien dit, excepté Théophraste, qui s’est mis à lui faire la moue. Le bonhomme s’est attaqué à lui : Je voudrais bien savoir, lui a-t il dit, quel sujet tu as de faire ainsi le monsieur ? Crois tu que le gueux te donnera à diner quand tu auras pris son parti ? Enfin il n’a épargné personne de la compagnie. Chacun à son tour a essuyé ses railleries grossières. Il entremêlait tout cela des plus sots contes et de dictons hors de propos. Il est ivre, en un mot, et frappe en revenant sur tous ceux qu’il rencontre. Le voyez vous qui fait des S ? Je me retire, de peur d’être battu.

Philocléon avec une chanteuse. Bdelycléon.Phil.

Arretez, donnez. O ! vous me suivez donc ? Je vous en ferai bien repentir. Je vous grillerai tous avec ce flambeau, si vous ne me montrez les talents.

Bde.1

Vous nous le payerez pairez demain. Vous faites le jeune homme ; mais nous vous appellerons tous en jugement.

Phil.

Bon ! m’appeler en jugement ? Quel conte vous me faites là ? Ne savez vous pas bien que je ne veux plus entendre parler de procès. Aimer et boire, c’est le métier que je veux faire dorénavant. Jettez au vent tous ces

οἱ δʼ ἀνεκρότησαν, πλήν γε Θουφράστου μόνου·οὗτος δὲ διεμύλλαινεν ὡς δὴ δεξιός.ὁ γέρων δὲ τὸν Θούφραστον ἤρετʼ· ʼεἰπέ μοι,ἐπὶ τῷ κομᾷς καὶ κομψὸς εἶναι προσποιεῖ,κωμῳδολοιχῶν περὶ τὸν εὖ πράττοντʼ ἀεί;ʼτοιαῦτα περιύβριζεν αὐτοὺς ἐν μέρει,σκώπτων ἀγροίκως καὶ προσέτι λόγους λέγωνἀμαθέστατʼ οὐδὲν εἰκότας τῷ πράγματι.ἔπειτʼ ἐπειδὴ ʼμέθυεν, οἴκαδʼ ἔρχεταιτύπτων ἅπαντας, ἤν τις αὐτῷ ξυντύχῃ.ὁδὶ δὲ καὶ δὴ σφαλλόμενος προσέρχεται.ἀλλʼ ἐκποδὼν ἄπειμι πρὶν πληγὰς λαβεῖν.Φιλοκλέωνἄνεχε πάρεχε·κλαύσεταί τις τῶν ὄπισθενἐπακολουθούντων ἐμοί·οἷον, εἰ μὴ ʼρρήσεθʼ, ὑμᾶςὦ πόνηροι ταυτῃὶ τῇδᾳδὶ φρυκτοὺς σκευάσω.Ξυμότης τιςἦ μὴν σὺ δώσεις αὔριον τούτων δίκηνἡμῖν ἅπασι, κεἰ σφόδρʼ εἶ νεανίας.ἁθρόοι γὰρ ἥξομέν σε προσκαλούμενοι.Φιλοκλέωνἰὴ ἰεῦ, καλούμενοι.ἀρχαῖά γʼ ὑμῶν· ἆρά γʼ ἴσθʼὡς οὐδʼ ἀκούων ἀνέχομαιδικῶν; ἰαιβοῖ, αἰβοῖ.τάδε μʼ ἀρέσκει· βάλλε κημούς.
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(avant que je ne fusse initié aux mystères ) ?

instruments de chicane. S’en iront ils les suppots d du barreau ? Viens ça, mon petit hanneton doré. Empoigne moi tout à l’heure ce bout de funain. Tiens, vois comme la main en est remplie. Il aime à être manié. Ne t’ai-je pas escamotée bien subtilement dans le temps que chacun des buveurs faisait des desseins sans toi ? Mais m’en sauras-tu gré ? J’ai bien peur que tu ne te moques de moi. Tu l’as fait à bien d’autd’autres. Mais si tu veux être une bonne fille ; quand mon coquin de fils sera mort, je te donnerai la liberté ; tu seras ma concubine, petite frippone fripone. Car présentement je ne suis pas maitre de mon bien. Je suis mineur, et mon fils me tient en tutelle. Il est un peu facheux et taquin. Il a peur que je ne me gâte. Dame ! Il n’a point d’autre père que moi ; c’est pourquoi je lui dois être cher. Je le vois qui court après nous. Mais tiens-toi là, prends ce flambeau et laisse moi me moquer de lui comme il fit de moi quand il voulut s’initier aux mystères.

Bde.

Vous voilà donc, monsieur le débauché ! C’est bien à vous vraiment qu’il faut des filles ? N’avez vous point pris celle-ci pour une bière ? Oh ! Par Apollon ! que je vous empecherai de venir à bout de ce que vous prétendez.

Phil.

Est-tu donc en humeur de chicaner ! Veux-tu pour médianoché1 un petit procès à la vinaigrette ?

οὐκ ἄπεισι; ποῦ ʼστιν ἡμῖνἡλιαστής; ἐκποδών.Φιλοκλέωνἀνάβαινε δεῦρο χρυσομηλολόνθιον,τῇ χειρὶ τουδὶ λαβομένη τοῦ σχοινίου.ἔχου· φυλάττου δʼ, ὡς σαπρὸν τὸ σχοινίον·ὅμως γε μέντοι τριβόμενον οὐκ ἄχθεται.ὁρᾷς ἐγώ σʼ ὡς δεξιῶς ὑφειλόμηνμέλλουσαν ἤδη λεσβιᾶν τοὺς ξυμπότας·ὧν οὕνεκʼ ἀπόδος τῷ πέει τῳδὶ χάριν.ἀλλʼ οὐκ ἀποδώσεις οὐδʼ ἐφιαλεῖς οἶδʼ ὅτι,ἀλλʼ ἐξαπατήσεις κἀγχανεῖ τούτῳ μέγα·πολλοῖς γὰρ ἤδη χἀτέροις αὔτʼ ἠργάσω.ἐὰν γένῃ δὲ μὴ κακὴ νυνὶ γυνή,ἐγώ σʼ ἐπειδὰν οὑμὸς υἱὸς ἀποθάνῃ,λυσάμενος ἕξω παλλακὴν ὦ χοιρίον.νῦν δʼ οὐ κρατῶ ʼγὼ τῶν ἐμαυτοῦ χρημάτωννέος γάρ εἰμι καὶ φυλάττομαι σφόδρα.τὸ γὰρ υἵδιον τηρεῖ με, κἄστι δύσκολονκἄλλως κυμινοπριστοκαρδαμογλύφον.ταῦτʼ οὖν περί μου δέδοικε μὴ διαφθαρῶ.πατὴρ γὰρ οὐδείς ἐστιν αὐτῷ πλὴν ἐμοῦ.ὁδὶ δὲ καὐτὸς ἐπὶ σὲ κἄμʼ ἔοικε θεῖν.ἀλλʼ ὡς τάχιστα στῆθι τάσδε τὰς δετὰςλαβοῦσʼ, ἵνʼ αὐτὸν τωθάσω νεανικῶς,οἵοις ποθʼ οὗτος ἐμὲ πρὸ τῶν μυστηρίων.Βδελυκλέωνὦ οὗτος οὗτος τυφεδανὲ καὶ χοιρόθλιψ,ποθεῖν ἐρᾶν τʼ ἔοικας ὡραίας σοροῦ.οὔτοι καταπροίξει μὰ τὸν Ἀπόλλω τοῦτο δρῶν.Φιλοκλέωνὡς ἡδέως φάγοις ἂν ἐξ ὄξους δίκην.
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(y) Du mont Ida où l’on faisait d’excellente poix.

(z) Les flambeaux s’appelaient deta (δαισ) sub. lampades A cause qu’on les liait avec du papier. Par les saletés le grec fait dire au père il paraît que ces flambeaux étaient marqués estigmena ; et qu’ils étaient montés sur une tige de bois.

X

Bde.

Voilà des railleries hors de propos. N’avez vous pas de honte, d’avoir dérobé cette joueuse de flûte à la compagnie ?

Phil.

De quelle joueuse de flûte me parlez-tu ? Est ce que tu rêves ?

Bde.

Je rêve, moi ? n’est ce pas là cette Dardanienne(y) de tantôt ?

Phil.

Non c’est un flambeau de poix de Dardanie qui brule au milieu de la place en l’honneur des Dieux.

Bde.

Vous m’appelez cela un (z) flambeau ?

Phil.

Ah ! Laisse nous ; tu es importun. Que prétends tu faire ?

Bde.

Je veux vous être cette putain là ; aussi bien ce n’est pas votre fait. Elle passerait mal son temps avec vous.

Phil.

Ecoute. La dernière fois que je fus aux jeux olympiques, je vis le vieux Epheidionqui qui remporta la victoire sur le jeune Ascondas ; mais c’était pour tant un rude lutteur que cet Ascondas ; mais le vieux lui fit cependant mordre la poussiere. Prends garde que je ne t’en fasse autant.

Bde.

Parbleu. Voici les jeux olympiques cités fort à propos !

Βδελυκλέωνοὐ δεινὰ τωθάζειν σε τὴν αὐλητρίδατῶν ξυμποτῶν κλέψαντα;Φιλοκλέωνποίαν αὐλητρίδα;τί ταῦτα ληρεῖς ὥσπερ ἀπὸ τύμβου πεσών;Βδελυκλέωννὴ τὸν Δίʼ αὕτη πού ʼστί σοί γʼ ἡ Δαρδανίς.Φιλοκλέωνοὔκ, ἀλλʼ ἐν ἀγορᾷ τοῖς θεοῖς δᾲς κάεται.Βδελυκλέωνδᾲς ἥδε;Φιλοκλέωνδᾲς δῆτʼ. οὐχ ὁρᾷς ἐστιγμένην;Βδελυκλέωντί δὲ τὸ μέλαν τοῦτʼ ἐστὶν αὐτῆς τοὐν μέσῳ;Φιλοκλέωνἡ πίττα δήπου καομένης ἐξέρχεται.Βδελυκλέωνὁ δʼ ὄπισθεν οὐχὶ πρωκτός ἐστιν οὑτοσί;Φιλοκλέωνὄζος μὲν οὖν τῆς δᾳδὸς οὗτος ἐξέχει.Βδελυκλέωντί λέγεις σύ; ποῖος ὄζος; οὐκ εἶ δεῦρο σύ;Φιλοκλέωνἆ ἆ τί μέλλεις δρᾶν;Βδελυκλέωνἄγειν ταύτην λαβὼνἀφελόμενός σε καὶ νομίσας εἶναι σαπρὸνκοὐδὲν δύνασθαι δρᾶν.Φιλοκλέωνἄκουσόν νυν ἐμοῦ.Ὀλυμπίασιν, ἡνίκʼ ἐθεώρουν ἐγώ,Ἐφουδίων ἐμαχέσατʼ Ἀσκώνδᾳ καλῶςἤδη γέρων ὤν· εἶτα τῇ πυγμῇ θενὼνὁ πρεσβύτερος κατέβαλε τὸν νεώτερον.πρὸς ταῦτα τηροῦ μὴ λάβῃς ὑπώπια.Βδελυκλέωννὴ τὸν Δίʼ ἐξέμαθές γε τὴν Ὀλυμπίαν.
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Une boulangère. Bdelycléon. Philocléon.La boulangère.

Prétez moi votre secours, au nom des Dieux ; voilà l’homme qui m’a ruinée en me frappant avec son flambeau. Il m’a fait perdre pour dix oboles de pains. Et j’en demande encore quatre pour le dommage de panier.

Bde.

Voyez ce que vous avez fait. Il faut faut avoir un procès pour vos ivrogneries.

Phil.

Ne crains rien. Je n’ai pas oublié ce que tu me disais tantôt. Quelque drolerie dite à propos raccommodera tout cela.

La boulangère.

Je veux bien que vous sachiez que Myrtia fille d’Ancylias et de Sostrate, n’est pas femme à se payer de droleries.

Phil.

Ecoute, ma bonne femme, je veux te dire un plaisant conte.

La boulangère.

Mon beau monsieur, je le tiens pour tout dit.

Phil.

Esope, revenant un soir de souper, fut attaqué par une chienne ivre et effrontée, qui se mit à aboyer après lui. Esope lui dit : chienne m’amie, je te conseille de traquer ta mauvaise langue contre une bonne bribe de pain, ce sera sagement fait.

La bou.

Tu te moques encore de moi ? Je t’appelle devant

Αρτόπωλιςἴθι μοι παράστηθʼ, ἀντιβολῶ πρὸς τῶν θεῶν.ὁδὶ γὰρ ἁνήρ ἐστιν ὅς μʼ ἀπώλεσεντῇ δᾳδὶ παίων, κἀξέβαλεν ἐντευθενὶἄρτους δέκʼ ὀβολῶν κἀπιθήκην τέτταρας.Βδελυκλέωνὁρᾷς ἃ δέδρακας; πράγματʼ αὖ δεῖ καὶ δίκαςἔχειν διὰ τὸν σὸν οἶνον.Φιλοκλέωνοὐδαμῶς γʼ, ἐπεὶλόγοι διαλλάξουσιν αὐτὰ δεξιοί·ὥστʼ οἶδʼ ὁτιὴ ταύτῃ διαλλαχθήσομαι.Αρτόπωλιςοὔτοι μὰ τὼ θεὼ καταπροίξει Μυρτίαςτῆς Ἀγκυλίωνος θυγατέρος καὶ Σωστράτης,οὕτω διαφθείρας ἐμοῦ τὰ φορτία.Φιλοκλέωνἄκουσον ὦ γύναι· λόγον σοι βούλομαιλέξαι χαρίεντα.Αρτόπωλιςμὰ Δία μὴ ʼμοί γʼ ὦ μέλε.ΦιλοκλέωνΑἴσωπον ἀπὸ δείπνου βαδίζονθʼ ἑσπέραςθρασεῖα καὶ μεθύση τις ὑλάκτει κύων.κἄπειτʼ ἐκεῖνος εἶπεν, ‘ὦ κύον κύον,εἰ νὴ Δίʼ ἀντὶ τῆς κακῆς γλώττης ποθὲνπυροὺς πρίαιο, σωφρονεῖν ἄν μοι δοκεῖς.’Αρτόπωλιςκαὶ καταγελᾷς μου; προσκαλοῦμαί σʼ ὅστις εἶ
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(a) Lasus, fils de Charbin, d’Achaïe, était un musicien fameux antagoniste de Simonide, du temps d’Hipparque le Pisistrate.

les juges de la police, pour le dommage de mes pains et de mon panier. Et voila le bonhommeChéréphon qui me servira de sergent.

Phil.

Parbleu, écoute encore ce que je te vais dire. (a)Lasus était un poète antagoniste de Simonide. On rapportait à Lasus ; Simonide a dit ceci, Simonided dit cela. Lasus répondait : je ne m’en soucie guère.

Bde.

C’est bien dit. Mon pauvre Chéréphon, tu peux vouer tes services à cette belle maitresse là. Elle ressemble à l’Ino d’Euripide, qui se laisse tomber du rocher. Mais il me semble que je vois venir ici une autre signification ; un homme avec un sergent.

Euripide. Bdelycléon. Un accusateur.Euripide.

Que je suis malheureux ! C’est toi, vieillard, dont je me plains. J’intente contre toi action d’injure.

Bde.

D’injure ? Je vous prie, n’ayons point de procès. Je vous fait le juge de votre propre cause, et je vous ferai moi-même telle satisfaction que vous ordonnerez ; encore vous en saurai-je gré.

Phil.

Pour moi, je ne serai pas faché de me raccommoder avec lui ; car je confesse que je l’ai frappé assez rudement. Dis moi donc si un peu

πρὸς τοὺς ἀγορανόμους βλάβης τῶν φορτίων,κλητῆρʼ ἔχουσα Χαιρεφῶντα τουτονί.Φιλοκλέωνμὰ Δίʼ ἀλλʼ ἄκουσον, ἤν τί σοι δόξω λέγειν.Λᾶσός ποτʼ ἀντεδίδασκε καὶ Σιμωνίδης·ἔπειθʼ ὁ Λᾶσος εἶπεν, ὀλίγον μοι μέλει.type Αρτόπωλιςἄληθες οὗτος;Φιλοκλέωνκαὶ σὺ δή μοι Χαιρεφῶνγυναικὶ † κλητεύειν ἐοικὼς † θαψίνῃ,Ἰνοῖ κρεμαμένῃ πρὸς ποδῶν Εὐριπίδου.Βδελυκλέωνὁδί τις ἕτερος, ὡς ἔοικεν, ἔρχεταικαλούμενός σε· τόν γέ τοι κλητῆρʼ ἔχει.Κατήγοροςοἴμοι κακοδαίμων. προσκαλοῦμαί σʼ ὦ γέρονὕβρεως.Βδελυκλέωνὕβρεως; μὴ μὴ καλέσῃ πρὸς τῶν θεῶν·ἐγὼ γὰρ ὑπὲρ αὐτοῦ δίκην δίδωμί σοιἣν ἂν σὺ τάξῃς, καὶ χάριν προσείσομαι.Φιλοκλέωνἐγὼ μὲν οὖν αὐτῷ διαλλαχθήσομαιἑκών· ὁμολογῶ γὰρ πατάξαι καὶ βαλεῖν.ἀλλʼ ἐλθὲ δευρί· πότερον ἐπιτρέπεις ἐμοί,
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(b) Il y avait une urne d’airain ou même de terre, dans laquelle on ramassait à l’auditoire toutes les pièces des procès. Casser cette urne eût été un grand crime, mais le vieillard parlait d’une urne en général.

d’argent pourrait rajuster tout ceci ? Pourra-t-on être de tes amis en payant ?

L’accusateur.

C’est à vous de parler. Car pour moi ; je ne m’embarrasse pas de procès.

Phil.

Il y avait une fois un Sybarite qui tomba d’un char. C’était sa faute, car il était fort ignorant dans l’art de conduire des chars. Un de ses amis, lui voyant la tête cassée, lui dit si chacun faisait son métier tu n’en serait pas là. Et moi, je te dis : va te faire panser.

Bde.

Voilà un homme qui ne se dément point.

L’accusa.

N’oubliez pas ce qu’il vous a répondu.

Phil.

Ecoute, ne t’en va pas si vite. Il y avait une fois une fois une femme à Sybaris qui cassa (b) l’urne.

L’accusa.

Je vous prends tous à témoin…..

Phil.

L’urne prit des témoins. La femme lui dit : Par Proserpine laisse-là les témoins et le témoignage, achète une ligature, et tu feras mieux.

L’accusa.

Tu te moques encore de nous ? Mais tu verras beau jeu, quand l’archonte fera appeler la cause.

Phil.

Ceux de DelpesDelphes accusaient Esope.

ὅ τι χρή μʼ ἀποτείσαντʼ ἀργύριον τοῦ πράγματοςεἶναι φίλον τὸ λοιπόν, ἢ σύ μοι φράσεις;Κατήγοροςσὺ λέγε. δικῶν γὰρ οὐ δέομʼ οὐδὲ πραγμάτων.Φιλοκλέωνἀνὴρ Συβαρίτης ἐξέπεσεν ἐξ ἅρματος,καί πως κατεάγη τῆς κεφαλῆς μέγα σφόδρα·ἐτύγχανεν γὰρ οὐ τρίβων ὢν ἱππικῆς.κἄπειτʼ ἐπιστὰς εἶπʼ ἀνὴρ αὐτῷ φίλος·ἔρδοι τις ἣν ἕκαστος εἰδείη τέχνην.οὕτω δὲ καὶ σὺ παράτρεχʼ ἐς τὰ Πιττάλου.Βδελυκλέωνοὕμοιά σου καὶ ταῦτα τοῖς ἄλλοις τρόποις.Κατήγοροςἀλλʼ οὖν σὺ μέμνησʼ αὐτὸς ἁπεκρίνατο.Φιλοκλέωνἄκουε, μὴ φεῦγʼ. ἐν Συβάρει γυνή ποτεκατέαξʼ ἐχῖνον.Κατήγοροςταῦτʼ ἐγὼ μαρτύρομαι.Φιλοκλέωνοὑχῖνος οὖν ἔχων τινʼ ἐπεμαρτύρατο·εἶθʼ ἡ Συβαρῖτις εἶπεν, ‘εἰ ναὶ τὰν κόραντὴν μαρτυρίαν ταύτην ἐάσας ἐν τάχειἐπίδεσμον ἐπρίω, νοῦν ἂν εἶχες πλείονα.’Κατήγοροςὕβριζʼ ἕως ἂν τὴν δίκην ἅρχων καλῇ.Βδελυκλέωνοὔτοι μὰ τὴν Δήμητρʼ ἔτʼ ἐνταυθοῖ μενεῖς,ἀλλʼ ἀράμενος οἴσω σε —Φιλοκλέωντί ποιεῖς;Βδελυκλέωνὅ τι ποιῶ;εἴσω φέρω σʼ ἐντεῦθεν· εἰ δὲ μή, τάχακλητῆρες ἐπιλείψουσι τοὺς καλουμένους.ΦιλοκλέωνΑἴσωπον οἱ Δελφοί ποτʼ —
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Bde.

Et que m’importe ?

Phil.

D’avoir dérobé une phiole au temple de leur Dieu. Esope leur dit, qu’il y avait une fois un escarbot …..

Bde.

Encore le conte de l’Escarbot ? Ma foi, vous irez à la maison.



Le chœur.

Heureux vieillard ! Que je porte envie à l’agréable changement qui vient de se faire en toi ! Mais croyez vous qu’il persiste dans les délices, après s’être accoutumé à une vie dure ? Il est difficile de déraciner des habitudes si vieilles, fondées sur le sang et le tempérament. Celui-ci ne serait pourtant pas le premier qu’une douce persuasion aurait porté à changer ses mœurs. J’estime que son fils mérite les éloges de tout ce qu’il y a de gens raisonnables, pour sa sagesse, et la tendre affection qu’il marque à son père. Je n’ai jamais vu un jeune homme si agréable ; Je l’aime à la fureur. Quel art de persuader n’a t-il pas, quand il veut porter ceux à qui il doit le jour, à vivre d’une manière plus convenable à leur condition ?



Un un valet. Philocléon. Bdelycléon.
Βδελυκλέωνὀλίγον μοι μέλει.Φιλοκλέωνφιάλην ἐπῃτιῶντο κλέψαι τοῦ θεοῦ·ὁ δʼ ἔλεξεν αὐτοῖς, ὡς ὁ κάνθαρός ποτε —Βδελυκλέωνοἴμʼ ὡς ἀπολῶ σʼ αὐτοῖσι τοῖσι κανθάροις.Χορόςζηλῶ γε τῆς εὐτυχίαςτὸν πρέσβυν οἷ μετέστηξηρῶν τρόπων καὶ βιοτῆς·ἕτερα δὲ νῦν ἀντιμαθὼνἦ μέγα τι μεταπεσεῖταιἐπὶ τὸ τρυφῶν καὶ μαλακόν.τάχα δʼ ἂν ἴσως οὐκ ἐθέλοι.τὸ γὰρ ἀποστῆναι χαλεπὸνφύσεος, ἣν ἔχοι τις ἀεί.καίτοι πολλοὶ ταῦτʼ ἔπαθον·ξυνόντες γνώμαις ἑτέρωνμετεβάλοντο τοὺς τρόπους.Χορόςπολλοῦ δʼ ἐπαίνου παρʼ ἐμοὶκαὶ τοῖσιν εὖ φρονοῦσιντυχὼν ἄπεισιν διὰ τὴνφιλοπατρίαν καὶ σοφίανὁ παῖς ὁ Φιλοκλέωνος.οὐδενὶ γὰρ οὕτως ἀγανῷξυνεγενόμην, οὐδὲ τρόποιςἐπεμάνην οὐδʼ ἐξεχύθην.τί γὰρ ἐκεῖνος ἀντιλέγωνοὐ κρείττων ἦν, βουλόμενοςτὸν φύσαντα σεμνοτέροιςκατακοσμῆσαι πράγμασιν;
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(c) Joueur de Lyre.

(d) Phrynique fils de Ellélanthe fut condamné à une amende de 1000 dragmes pour avoir représenté sur la scène la ruine des Milésiens. Cela le rendit timide ; et sa timidité passa en proverbe. Le poète joue ici sur un vers de lui rapporté par Plutarque au sujet d’Alcibiade dompté par Socrate.

(e) Il y avait deux danses hautes, l’une appelée Eclatisme[?] propre aux femmes ; celles se frappaient l’épaule du talon, et faisaient voir leur mirliton. L’autre était Lacédémonienne, et s’appelait Bibasque2. On s’y donnait plusieurs coups de talon dans les fesses d’un seul saut.

Le valet.

Par Bacchus ! Je ne sais quel démon nous a suscité au logis tout ce tracas. Depuis que le vieillard a bu un peu plus que de raison, et qu’il a entendu la flûte, il ne se possède pas de joie. Il veut passer tout le reste de la nuit à danser. Il se moque des vieux airs de Thespis(c). Il dit que tous ces vieux branles sont trop saturniens ; il ne veut danser que les plus nouveaux.

Phil.

Qu’entends-je à cette porte ?

Le va

Voici ce diable d’ivrogne qui vient.

Phil.

Qu’on ouvre ces barrières !

Le va

C’est une danse nouvelle qu’il s’est imaginée, ou plutôt c’est une furie.

Phil.

Voyez ce lutteur, comme il ouvre les narines ! Voyez comme il mugit, pendant qu’on lui serre les cotés. Le dos lui craque.

Le va

Le bonhomme aurait besoin d’une prise d’Ellébore.

Phil.

Phrynique(d) tremble comme le coq, qui serre les ailes, quand il voit l’oiseau de proie.

Le va

Vous avez pensé me donner un coup de pied.

Phil.

Peut on (e) mieux lever la jambe ? Le cul en a baillé !

Le va

Prenez garde qu’il ne lui échappe quelque chose.

Ξανθίαςνὴ τὸν Διόνυσον ἄπορά γʼ ἡμῖν πράγματαδαίμων τις ἐσκεκύκληκεν ἐς τὴν οἰκίαν.ὁ γὰρ γέρων ὡς ἔπιε διὰ πολλοῦ χρόνουἤκουσέ τʼ αὐλοῦ, περιχαρὴς τῷ πράγματιὀρχούμενος τῆς νυκτὸς οὐδὲν παύεταιτἀρχαἶ ἐκεῖνʼ οἷς Θέσπις ἠγωνίζετο·καὶ τοὺς τραγῳδούς φησιν ἀποδείξειν κρόνουςτοὺς νῦν διορχησάμενος ὀλίγον ὕστερον.Φιλοκλέωντίς ἐπʼ αὐλείοισι θύραις θάσσει;Ξανθίαςτουτὶ καὶ δὴ χωρεῖ τὸ κακόν.Φιλοκλέωνκλῇθρα χαλάσθω τάδε. καὶ δὴ γὰρσχήματος ἀρχὴ —Ξανθίαςμᾶλλον δέ γʼ ἴσως μανίας ἀρχή.Φιλοκλέωνπλευρὰν λυγίσαντος ὑπὸ ῥώμης·οἶον μυκτὴρ μυκᾶται καὶσφόνδυλος ἀχεῖ.Ξανθίαςπῖθʼ ἑλλέβορον.Φιλοκλέωνπτήσσει Φρύνιχος ὥς τις ἀλέκτωρ —Ξανθίαςτάχα βαλλήσεις.Φιλοκλέωνσκέλος οὐράνιόν γʼ ἐκλακτίζων.πρωκτὸς χάσκει.Ξανθίαςκατὰ σαυτὸν ὅρα.
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305

(f) Carcinus avait 4 fils, Xenoclès poète et les 3 autres dont il est parlé ici.

Phil.

Je sens que ces membres se ramollissent. Est il de mouvements de cuisse plus souples ?

Bde.

Tout ceci tient un peu de l’extravagance.

Phil.

Attends un peu que je fasse un défi aux plus beaux danseurs. Y a t-il là quelque acteur qui veuille danser avec moi ? Personne ne veut il parler ?

Bde.

Je n’en vois qu’un qui veuille accepter le défi.

Phil.

Qui est ce malheureux là ?

Bde.

C’est le second des fils du sieur Cancre(f).

Phil.

Je l’avalerai tout d’un seul trait. Je l’écraserai du petit bout du doigt. Il n’entend rien à la cadence.

Bde.

Voilà son frère qui se présente à sa place.

Phil.

Oh ! Nous souperons donc encore une autre fois.

Bde.

Ce sera un souper bien maigre ; il n’y aura que des cancres ; car voila encore un troisième cancre qui parait.

Phil.

Qui es tu, toi, qui te traines à terrede travers ? Es tu ecrevisse, homard, crabe, huitre à l’écaille ?

Bde.

Non c’est un petit limaçon le plus petit des de tous les poètes, qui se mêlent de faire des tragédies. C’est pourtant l’ainé des frères.

Φιλοκλέωννῦν γὰρ ἐν ἄρθροις τοῖς ἡμετέροιςστρέφεται χαλαρὰ κοτυληδών.Φιλοκλέωνοὐκ εὖ;Βδελυκλέωνμὰ Δίʼ οὐ δῆτʼ, ἀλλὰ μανικὰ πράγματα.Φιλοκλέωνθέρε νυν ἀνείπω κἀνταγωνιστὰς καλῶ.εἴ τις τραγῳδός φησιν ὀρχεῖσθαι καλῶς,ἐμοὶ διορχησόμενος ἐνθάδʼ εἰσίτω.φησίν τις ἢ οὐδείς;Ξανθίαςεἶς γʼ ἐκεινοσὶ μόνος.Φιλοκλέωντίς ὁ κακοδαίμων ἐστίν;Ξανθίαςυἱὸς Καρκίνουὁ μέσατος.Φιλοκλέωνἀλλʼ οὗτός γε καταποθήσεται·ἀπολῶ γὰρ αὐτὸν ἐμμελείᾳ κονδύλου.ἐν τῷ ῥυθμῷ γὰρ οὐδέν ἐστʼ.Ξανθίαςἀλλʼ ᾠζυρὲἕτερος τραγῳδὸς Καρκινίτης ἔρχεται,ἀδελφὸς αὐτοῦ.Φιλοκλέωννὴ Δίʼ ὠψώνηκʼ ἄρα.Ξανθίαςμὰ τὸν Δίʼ οὐδέν γʼ ἄλλο πλήν γε καρκίνους·προσέρχεται γὰρ ἕτερος αὖ τῶν Καρκίνου.Φιλοκλέωντουτὶ τί ἦν τὸ προσέρπον; ὀξὶς ἢ φάλαγξ;Ξανθίαςὁ πινοτήρης οὗτός ἐστι τοῦ γένους,ὁ σμικρότατος, ὃς τὴν τραγῳδίαν ποιεῖ.
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306

(g) A Philocléon et aux fils de Carcinus.

Phil.

O ! L’heureux père que le monsieur du Cancre ! Quelle belle géniture ! N’importe ; il faut aller à eux. Ecoute, maraud, verse leur de la saumure si je danse mieux qu’eux.

Chœur et demi-chœur.Le ch.

Dansons tous ensemble, et laissons leur (g) assez d’espace au devant pour pirouetter comme des toupies.

Demi ch.

Fameux enfants du Cancre marin, dansez sur le rivage de la mer profonde. Frères des coquillages à grosses têtes, remuez en rond vos pieds légers, et secouez les gigots à la manière de Phrynique, de sorte que les spectateurs vous voyant la jambe en l’air, s’écrient : O ! O ! que cela est beau !

Demi ch.

Tournez, marchez en rond ; avancez le ventre. La jambe en l’air. Faites la pirouette. Voilà le père de tous les cancres, les roi de la mer, qui s’avance. Il est attiré par le plaisir de voir ses trois enfants si bien faire. Retirons nous ; il est temps, et sautons en nous retirant, ce que nul autre chœur n’avait encore fait avant moi.

Fin des Guêpes.

Φιλοκλέωνὦ Καρκίνʼ ὦ μακάριε τῆς εὐπαιδίας,ὅσον τὸ πλῆθος κατέπεσεν τῶν ὀρχίλων.ἀτὰρ καταβατέον γʼ ἐπʼ αὐτούς μʼ· ᾠζυρέ,ἅλμην κύκα τούτοισιν, ἢν ἐγὼ κρατῶ.Χορόςφέρε νυν ἡμεῖς αὐτοῖς ὀλίγον ξυγχωρήσωμεν ἅπαντες,ἵνʼ ἐφʼ ἡσυχίας ἡμῶν πρόσθεν βεμβικίζωσιν ἑαυτούς.Χορόςἄγʼ ὦ μεγαλώνυμα τέκνατοῦ θαλασσίου θεοῦ,πηδᾶτε παρὰ ψάμαθονκαὶ θῖνʼ ἁλὸς ἀτρυγέτου,καρίδων ἀδελφοί·Χορόςταχὺν πόδα κυκλοσοβεῖτε,καὶ τὸ Φρυνίχειονἐκλακτισάτω τις, ὅπωςἰδόντες ἄνω σκέλος ὤζωσινοἱ θεαταί.Χορόςστρόβει, παράβαινε κύκλῳ καὶ γάστρισον σεαυτόν,ῥῖπτε σκέλος οὐράνιον· βέμβικες ἐγγενέσθων.καὐτὸς γὰρ ὁ ποντομέδων ἄναξ πατὴρ προσέρπειἡσθεὶς ἐπὶ τοῖσιν ἑαυτοῦ παισὶ τοῖς τριόρχοις.ἀλλʼ ἐξάγετʼ, εἴ τι φιλεῖτʼ ὀρχούμενοι, θύραζεἡμᾶς ταχύ· τοῦτο γὰρ οὐδείς πω πάρος δέδρακεν,ὀρχούμενον ὅστις ἀπήλλαξεν χορὸν τρυγῳδῶν.