Mise à jour : 06/08/2019
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434

f°32

Les oiseaux

Comédie.

On a parlé amplement dans la préface du sujet de cette pièce et du temps de la représentation.

Les personnages sont :

  • Bon espoir.
  • Pisthétaire.
  • Le rasleLe râle, valet d'Epops ou de la Huppe.
  • Epops, ou la Huppe.
  • Des oiseaux.
  • Chœur d'oiseaux.
  • Un prêtre.
  • Un poëte.
  • Un compilateur d'oracles.
  • Un géomètre.
  • Un greffier d'arrêts.
  • Un inspecteur.
  • Un messager.
  • Iris.
  • Un héraut.
  • Neptune.
  • Triballe.
  • Hercule.
  • Un parricide.
  • Cinésias.
  • Un dénonciateur.
  • Prométhée.

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(a) Les étrangers sont ordinairement plus instruits sur les chemins, que les citoyens.

(b) Ornès.

Bonespoir, avec un geai, Pisthétaire tenant une corneille. Bon espoir.

Est-ce tout droit qu'il faut aller ; ou du coté que je vois cet arbre qui est devant nous.

Pisthétaire.

Au diable l'animal ! Elle croasse qu’il faut aller d'un autre côté.

Bon.

Tu te moques de moi ? Nous ne faisons qu’errer haut et bas, çà et là.

Pisth.

Je suis bien fou de m'arrêter à une corneille qui m'a déjà fait parcourir inutilement plus de mille stades de chemin !

Bon.

Et moi, suis-je plus sage, de m'amuser avec un geai, qui m'a déchiré tous les ongles des doigts.

Pisth.

Je ne sais plus où nous sommes.

Bon.

Crois-tu, en bonne foi, retrouver ta patrie d’ici ?

Pisth.

Je suis sûr qu' Execesside Execestide même (a) ; tout étranger qu’il est ; ne pourrait pas m'en enseigner le chemin.

Bon.

Hélas !

Pisth.

T'y voilà, dans le chemin d'Hélas.

Bon.

Ma foi, ce fou d'oiseleur Philocrate de la (b) ville aux oiseaux s'est bien moqué de vous.

Ἐυελπίδης ὀρθὴν κελεύεις, ᾗ τὸ δένδρον φαίνεται; Πισθέταιρος διαρραγείης· ἥδε δʼ αὖ κρώζει πάλιν. Ἐυελπίδης τί ὦ πόνηρʼ ἄνω κάτω πλανύττομεν; ἀπολούμεθʼ ἄλλως τὴν ὁδὸν προφορουμένω. Πισθέταιρος τὸ δʼ ἐμὲ κορώνῃ πειθόμενον τὸν ἄθλιον ὁδοῦ περιελθεῖν στάδια πλεῖν ἢ χίλια. Ἐυελπίδης τὸ δʼ ἐμὲ κολοιῷ πειθόμενον τὸν δύσμορον ἀποσποδῆσαι τοὺς ὄνυχας τῶν δακτύλων. Πισθέταιρος ἀλλʼ οὐδʼ ὅπου γῆς ἐσμὲν οἶδʼ ἔγωγʼ ἔτι. Ἐυελπίδης ἐντευθενὶ τὴν πατρίδʼ ἂν ἐξεύροις σύ που; Πισθέταιρος οὐδʼ ἂν μὰ Δία γʼ ἐντεῦθεν Ἐξηκεστίδης. Ἐυελπίδης οἴμοι. Πισθέταιρος σὺ μὲν ὦ τᾶν τὴν ὁδὸν ταύτην ἴθι. Ἐυελπίδης ἦ δεινὰ νὼ δέδρακεν οὑκ τῶν ὀρνέων, ὁ πινακοπώλης φιλοκράτης μελαγχολῶν,
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(c) Alopodore était de la petite taille, et on l’avait surnommé à cause de cela : le geai.

(d) Il veut parler d’ Acestor , poète tragique qu’il fait Saque pour marquer qu’il est étranger.

X

f°33

Il m'avait assuré que ceux-ci nous donneraient le chemin du palais de Térée , maintenant appelé Huppe , parce qu'il est devenu oiseau. Il m'a vendu une obole ce geai de la taille d' Alopodore (c) ; et cette corneille trois oboles ; et ces animaux ne savent autre chose que mordre. Eh ! bien ! D'où vient que tu ouvres encore le bec ? Veux-tu nous mener contre ces rochers ? Car je ne vois point de chemin.

Pisth.

Par Jupiter ! Il n’y a ici ni voie, ni sentier !

Bon.

Et la corneille, ne dit-elle rien du chemin ?

Pisth.

Non. Elle chante toujours la même chanson.

Bon.

Mais que dit-elle ?

Pisth.

Elle dit qu'elle nous mangera les doigts.

Bon.

Que nous reste-t-il, que d'aller servir de pâture aux corbeaux ; puisque nous ne pouvons trouver notre chemin ? Messieurs ! nous sommes tourmentés d'une maladie fort contraire à celle de Sacas (d) . Il est étranger, et il veut à toute force être citoyen ; et nous qui sommes citoyens de père et de mère, et des plus considérables, nous fuyons notre patrie à toutes jambes, quoique personne ne nous chasse. Au reste, ce n'est point par haine pour elle ; car nous ne pouvons pas dire que notre ville ne soit grande, heureuse, et capable de fournir à tous de quoi chicaner.

ὃς τώδʼ ἔφασκε νῷν φράσειν τὸν Τηρέα τὸν ἔποφʼ ὃς ὄρνις ἐγένετʼ ἐκ τῶν ὀρνέων· κἀπέδοτο τὸν μὲν Θαρρελείδου τουτονὶ κολοιὸν ὀβολοῦ, τηνδεδὶ τριωβόλου. τὼ δʼ οὐκ ἄρʼ ᾔστην οὐδὲν ἄλλο πλὴν δάκνειν. καὶ νῦν τί κέχηνας; ἔσθʼ ὅποι κατὰ τῶν πετρῶν ἡμᾶς ἔτʼ ἔξεις. οὐ γάρ ἐστʼ ἐνταῦθά τις ὁδός. Πισθέταιρος οὐδὲ μὰ Δίʼ ἐνταῦθά γʼ ἀτραπὸς οὐδαμοῦ. Ἐυελπίδης οὐδʼ ἡ κορώνη τῆς ὁδοῦ τι λέγει πέρι; Πισθέταιρος οὐ ταὐτὰ κρώζει μὰ Δία νῦν τε καὶ τότε. Ἐυελπίδης τί δὴ λέγει περὶ τῆς ὁδοῦ; Πισθέταιρος τί δʼ ἄλλο γʼ ἢ βρύκουσʼ ἀπέδεσθαί φησί μου τοὺς δακτύλους; Ἐυελπίδης οὐ δεινὸν οὖν δῆτʼ ἐστὶν ἡμᾶς δεομένους ἐς κόρακας ἐλθεῖν καὶ παρεσκευασμένους ἔπειτα μὴ ʼξευρεῖν δύνασθαι τὴν ὁδόν; ἡμεῖς γάρ, ὦνδρες οἱ παρόντες ἐν λόγῳ, νόσον νοσοῦμεν τὴν ἐναντίαν Σάκᾳ· ὁ μὲν γὰρ ὢν οὐκ ἀστὸς ἐσβιάζεται, ἡμεῖς δὲ φυλῇ καὶ γένει τιμώμενοι, ἀστοὶ μετʼ ἀστῶν, οὐ σοβοῦντος οὐδενὸς ἀνεπτόμεσθʼ ἐκ τῆς πατρίδος ἀμφοῖν ποδοῖν, αὐτὴν μὲν οὐ μισοῦντʼ ἐκείνην τὴν πόλιν τὸ μὴ οὐ μεγάλην εἶναι φύσει κεὐδαίμονα καὶ πᾶσι κοινὴν ἐναποτεῖσαι χρήματα.
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Mais là les cigales ne chantent sur la branche qu'un mois ou deux, au lieu que les Athéniens passent toute leur vie à ne chanter que procès. C'est pour cela que nous avons entrepris ce voyage ; et armés d'un panier pour bouclier, d'une marmite pour casque, et d'une branche de myrte, nous errons à l'aventure pour chercher à passer le reste de notre vie sans affaire ; et nous allons demander à Térée devenu Huppe si depuis qu'il est oiseau, et il a trouvé, en volant çà et là, une ville telle que nous la cherchons.

Pisth.

L'homme !

Bon.

Qu'y a-t-il ?

Pisth.

Il y a longtemps que la corneille me montre quelque chose en haut.

Bon.

Et ce geai ouvre le bec en haut, comme pour me montrer aussi quelque chose. Il n'est pas possible que nous ne soyons auprès de la ville des oiseaux. Nous le saurons bientôt, et il n'y a qu'à faire du bruit, ne sais tu pas le proverbe des enfants qui voyent des oiseaux : frappe de la cuisse sur la pierre, et il te tombera dans la main ; frappe donc de la cuisse sur cette roche.

Pisth.

Frappes y toi de la tête, le bruit en sera plus grand.

οἱ μὲν γὰρ οὖν τέττιγες ἕνα μῆνʼ ἢ δύο ἐπὶ τῶν κραδῶν ᾄδουσʼ, Ἀθηναῖοι δʼ ἀεὶ ἐπὶ τῶν δικῶν ᾄδουσι πάντα τὸν βίον. διὰ ταῦτα τόνδε τὸν βάδον βαδίζομεν, κανοῦν δʼ ἔχοντε καὶ χύτραν καὶ μυρρίνας πλανώμεθα ζητοῦντε τόπον ἀπράγμονα, ὅποι καθιδρυθέντε διαγενοίμεθʼ ἄν. ὁ δὲ στόλος νῷν ἐστι παρὰ τὸν Τηρέα τὸν ἔποπα, παρʼ ἐκείνου πυθέσθαι δεομἐνω, εἴ που τοιαύτην εἶδε πόλιν ᾗ ʼπέπτετο. Πισθέταιρος οὗτος. Ἐυελπίδης τί ἔστιν; Πισθέταιρος ἡ κορώνη μοι πάλαι ἄνω τι φράζει. Ἐυελπίδης χὠ κολοιὸς οὑτοσὶ ἄνω κέχηνεν ὡσπερεὶ δεικνύς τί μοι, κοὐκ ἔσθʼ ὅπως οὐκ ἔστιν ἐνταῦθʼ ὄρνεα. εἰσόμεθα δʼ αὐτίκʼ, ἢν ποιήσωμεν ψόφον. Πισθέταιρος ἀλλʼ οἶσθʼ ὃ δρᾶσον; τῷ σκέλει θένε τὴν πέτραν. Ἐυελπίδης σὺ δὲ τῇ κεφαλῇ γʼ, ἵνʼ ᾖ διπλάσιος ὁ ψόφος.
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X

(e) Il y a au grec : le roitelet.

f°34 Bon.

Prends un caillou, et frappe bien fort.

Pisth.

Je le veux bien.

Bon.

Holà ! Garçon .

Pisth.

Que dis-tu ? Tu appelles une Huppe garçon? Il fallait dire : pupu.

Bon.

Hou, pupu !

Le râle, valet de la Huppe. Bonespoir. Pisthétaire. Le râle (e) .

Qui sont ces gens-là ? Qui est-ce qui appelle mon maître ?

Bon.

O Apollon qui détourne les maux ! Quelle gueule !

Le râ.

Hélas ! Ce sont des oiseleurs.

Bon.

N'as-tu rien de meilleur à nous dire ?

Le râ.

Puissiez vous périr.

Bon.

Ne crains rien ; nous ne sommes pas des hommes.

Le râ.

Et quoi donc ?

Πισθέταιρος σὺ δʼ οὖν λίθῳ κόψον λαβών. Ἐυελπίδης πάνυ γʼ, εἰ δοκεῖ. παῖ παῖ. Πισθέταιρος τί λέγεις οὗτος; τὸν ἔποπα παῖ καλεῖς; οὐκ ἀντὶ τοῦ παιδός σʼ ἐχρῆν ἐποποῖ καλεῖν; Ἐυελπίδης ἐποποῖ. ποιήσεις ἔτι με κόπτειν αὖθις αὖ. ἐποποῖ. Θεράπων Ἔποπος τίνες οὗτοι; τίς ὁ βοῶν τὸν δεσπότην; Ἐυελπίδης Ἄπολλον ἀποτρόπαιε τοῦ χασμήματος. Θεράπων Ἔποπος οἴμοι τάλας ὀρνιθοθήρα τουτωί. Ἐυελπίδης οὕτως τι δεινὸν οὐδὲ κάλλιον λέγειν. Θεράπων Ἔποπος ἀπολεῖσθον. Ἐυελπίδης ἀλλʼ οὐκ ἐσμὲν ἀνθρώπω. Θεράπων Ἔποπος τί δαί;
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(f) Le coq battu par un autre coq, le suit d'ordinaire.

Bon.

Je suis un Peureux, c'est une espèce d'oiseau de Libye.

Le râ.

Cela ne me contente point.

Bon.

Vois plutôt, si je n'ai pas fait, de male peur.

Le râ.

Et celui-là, quel oiseau est-ce ? Ne parleras-tu pas ?

Pisth.

Je suis un Chiard, espèce de faisan.

Bon.

Mais toi-même, par tous les Dieux ; quel oiseau es-tu ?

Le râ.

Je suis un oiseau valet.

Bon.

As-tu été fait esclave par quelque coq (f) dans un combat ?

Le râ.

Non ; mais quand mon maître devint Huppe , il souhaitait que je devinsse aussi oiseau, afin d'avoir qui le servît dans sa nouvelle condition.

Bon.

Est-ce qu'un oiseau a besoin d'un valet ?

Le râ.

Quand mon maître était homme, il aimait les merlans de Phalère ( il les aime encore ) et je cours aussitôt lui en quérir un plat. Tantôt il veut manger de la purée et demande le pot et la cuillère ; je cours vite

Ἐυελπίδης Ὑποδεδιὼς ἔγωγε Διβυκὸν ὄρνεον. Θεράπων Ἔποπος οὐδὲν λέγεις. Ἐυελπίδης καὶ μὴν ἐροῦ τὰ πρὸς ποδῶν. Θεράπων Ἔποπος ὁδὶ δὲ δὴ τίς ἐστιν ὄρνις; οὐκ ἐρεῖς; Πισθέταιρος Ἐπικεχοδὼς ἔγωγε Φασιανικός. Ἐυελπίδης ἀτὰρ σὺ τί θηρίον ποτʼ εἶ πρὸς τῶν θεῶν; Θεράπων Ἔποπος ὄρνις ἔγωγε δοῦλος. Ἐυελπίδης ἡττήθης τινὸς ἀλεκτρυόνος; Θεράπων Ἔποπος οὐκ ἀλλʼ ὅτε περ ὁ δεσπότης ἔποψ ἐγένετο, τότε γενέσθαι μʼ ηὔξατο ὄρνιν, ἵνʼ ἀκόλουθον διάκονόν τʼ ἔχῃ. Ἐυελπίδης δεῖται γὰρ ὄρνις καὶ διακόνου τινός; Θεράπων Ἔποπος οὗτός γʼ, ἅτʼ οἶμαι πρότερον ἄνθρωπός ποτʼ ὤν, τοτὲ μὲν ἐρᾷ φαγεῖν ἀφύας Φαληρικάς· τρέχω ʼπʼ ἀφύας λαβὼν ἐγὼ τὸ τρύβλιον. ἔτνους δʼ ἐπιθυμεῖ, δεῖ τορύνης καὶ χύτρας·
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f°35

quérir la cuiller....

Bon.

Il faut que ce soir un râle, puisqu'il court si bien. Sais-tu donc, monsieur le râle, ce qu'il faut que tu fasses ? Appelles nous ton maitre.

Le râ.

Pardi, mon maître dort maintenant, pour faire la digestion de quelques baies de myrte et de petits vers qu'il a mangés.

Bon.

N'importe ; éveille le.

Le râ.

Je sais bien qu'il sera faché ; mais pour l'amour de nous, je le réveillerai.

Pisth.

Peste de l'animal ! Qu'il m'a fait grand peur.

Bon.

Ah ! Malheureux que je suis ! Le geai m'a échappé de la peur que j'ai eue.

Pisth.

O ! le plus timide des animaux, tu as donc laissé échapper ton oiseau, de peur ?

Bon.

Et toi, qui raisonnes ; qu'as-tu fait de ta corneille, en tombant ?

Pisth.

Pardi ! Je ne l'ai pas lâchée.

Bon.

Où est-elle donc ?

Pisth.

Elle s'est envolée.

Bon.

C'est donc ainsi que tu me prouves que tu ne

τρέχω ʼπὶ τορύνην. Ἐυελπίδης τροχίλος ὄρνις οὑτοσί. οἶσθʼ οὖν ὃ δρᾶσον ὦ τροχίλε; τὸν δεσπότην ἡμῖν κάλεσον. Θεράπων Ἔποπος ἀλλʼ ἀρτίως νὴ τὸν Δία εὕδει καταφαγὼν μύρτα καὶ σέρφους τινάς. Ἐυελπίδης ὅμως ἐπέγειρον αὐτόν. Θεράπων Ἔποπος οἶδα μὲν σαφῶς ὅτι ἀχθέσεται, σφῷν δʼ αὐτὸν οὕνεκʼ ἐπεγερῶ. Πισθέταιρος κακῶς σύ γʼ ἀπόλοιʼ, ὥς μʼ ἀπέκτεινας δέει. Ἐυελπίδης οἴμοι κακοδαίμων χὠ κολοιός μοἴχεται ὑπὸ τοῦ δέους. Πισθέταιρος ὦ δειλότατον σὺ θηρίον, δείσας ἀφῆκας τὸν κολοιόν; Ἐυελπίδης εἰπέ μοι, σὺ δὲ τὴν κορώνην οὐκ ἀφῆκας καταπεσών; Πισθέταιρος μὰ Δίʼ οὐκ ἔγωγε. Ἐυελπίδης ποῦ γάρ ἐστʼ; Πισθέταιρος ἀπέπτετο.
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l'as pas laissée échapper ? Ô ! le Vaillant Champion !

Epops ou la Huppe. Bon espoir. Pisthétaire. Epops.

Ouvre le buisson, que je sorte.

Bon.

O ! grand Hercule ! Quel animal est là ? Qu'est-ce que ces ailes, et cette aigrette à triple étage ?

Epops.

Qui sont ceux qui me cherchent ?

Bon.

Les douze dieux, qui sont venus pour t’écraser.

Epops.

Est-ce que vous vous moquez de moi, à cause que vous voyez mes ailes ? Étrangers ! j'ai été homme comme vous.

Bon.

Ce n'est pas cela qui nous paraîtrait ridicule.

Epops.

Et quoi donc ?

Bon.

C'est ce grand bec pointu, qui nous fait mourir de rire.

Epops.

Prenez vous en à Sophocle qui métamorphose ainsi ce pauvre Térée .

Bon.

Tu es donc ce pauvre Térée ? Mais n'es-tu pas devenu paon, ou je ne sais quel autre oiseau ?

Epops.

Je suis maintenant un volatile.

Ἐυελπίδης οὐκ ἆρʼ ἀφῆκας; ὦγάθʼ ὡς ἀνδρεῖος εἶ. Ἔποψ ἄνοιγε τὴν ὕλην, ἵνʼ ἐξέλθω ποτέ. Ἐυελπίδης ὦ Ἡράκλεις τουτὶ τί ποτʼ ἐστὶ τὸ θηρίον; τίς ἡ πτέρωσις; τίς ὁ τρόπος τῆς τριλοφίας; Ἔποψ τίνες εἰσί μʼ οἱ ζητοῦντες; Ἐυελπίδης οἱ δώδεκα θεοὶ εἴξασιν ἐπιτρῖψαί σε. Ἔποψ μῶν με σκώπτετον ὁρῶντε τὴν πτέρωσιν; ἦν γὰρ ὦ ξένοι ἄνθρωπος. Ἐυελπίδης οὐ σοῦ καταγελῶμεν. Ἔποψ ἀλλὰ τοῦ; Ἐυελπίδης τὸ ῥάμφος ἡμῖν σου γέλοιον φαίνεται. Ἔποψ τοιαῦτα μέντοι Σοφοκλέης λυμαίνεται ἐν ταῖς τραγῳδίαισιν ἐμὲ τὸν Τηρέα. Ἐυελπίδης Τηρεὺς γὰρ εἶ σύ; πότερον ὄρνις ἢ ταὧς; Ἔποψ ὄρνις ἔγωγε.
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f°36 Bon.

Où sont tes plumes ?

Epops.

Elles sont tombées.

Bon.

Serait-ce par maladie ?

Epops.

Non. Mais ne voyez-vous pas que l'hiver fait tomber les feuilles des arbres ? La même chose nous arrive. Mais au printemps nous nous remplumons. Apprenez moi qui vous êtes ?

Bon.

Nous ? Nous sommes deux mortels.

Epops.

Etes vous membres de la grande assemblée ?

Bon.

Non ; nous n'aimons pas à nous cuire la tête au soleil.

Epops.

Etes vous beaucoup de votre espèce ?

Bon.

Nous faisons le petit nombre et nous sommes clairsemés à la campagne.

Epops.

Pour quel sujet êtes vous venus ici ?

Bon.

Pour parler avec toi.

Epops.

De quoi s'agit-il ?

Ἐυελπίδης κᾆτά σοι ποῦ τὰ πτερά; Ἔποψ ἐξερρύηκε. Ἐυελπίδης πότερον ὑπὸ νόσου τινός; Ἔποψ οὔκ, ἀλλὰ τὸν χειμῶνα πάντα τὤρνεα πτερορρυεῖ τε καὖθις ἕτερα φύομεν. ἀλλʼ εἴπατόν μοι σφὼ τίνʼ ἐστόν; Ἐυελπίδης νώ; βροτώ. Ἔποψ ποδαπὼ τὸ γένος; Ἐυελπίδης ὅθεν αἱ τριήρεις αἱ καλαί. Ἔποψ μῶν ἡλιαστά; Ἐυελπίδης μἀλλὰ θατέρου τρόπου, ἀπηλιαστά. Ἔποψ σπείρεται γὰρ τοῦτʼ ἐκεῖ τὸ σπέρμʼ; Ἐυελπίδης ὀλίγον ζητῶν ἂν ἐξ ἀγροῦ λάβοις. Ἔποψ πράγους δὲ δὴ τοῦ δεομένω δεῦρʼ ἤλθετον; Ἐυελπίδης σοὶ ξυγγενέσθαι βουλομένω. Ἔποψ τίνος πέρι;
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(g) Aristocrate.

Bon.

Nous avons considéré que tu as été homme comme nous ; que tu as dû de l'argent, comme nous ; que tu étais bien aise de ne le point rendre, comme nous. Après cela, devenu oiseau, tu voles sur mer et sur terre ; et comme homme et comme oiseau, tu sais tout ce qui se passe. Tu vois ici deux suppliants qui viennent te conjurer de leur dire si tu as vu quelque part une ville propre à nous reposer aussi mollement qu'on se couche sur un tapis de peaux de mouton.

Epops.

Cherchez vous donc une plus grande ville qu' Athènes!

Bon.

Une plus grande, non ; mais une plus commode.

Epops.

Vous voulez tâter de l'Aristocratie ?

Bon.

Moi ? Point du tout. Je hais le fils à Sellias (g) .

Epops.

Quelle plus agréable ville cherchez vous ?

Bon.

J'en voudrais une où les plus grandes des affaires fussent celles-ci. Par exemple, je serais à ma porte le matin, un ami viendrait me dire : Au nom de Jupiter Olympien , je t'invite toi et tes enfants à venir chez moi, après le bain, pour y assister à un repas de noces ; n'y manque pas, je t'en prie, autrement

Ἐυελπίδης ὅτι πρῶτα μὲν ἦσθʼ ἄνθρωπος ὥσπερ νὼ ποτέ, κἀργύριον ὠφείλησας ὥσπερ νὼ ποτέ, κοὐκ ἀποδιδοὺς ἔχαιρες ὥσπερ νὼ ποτέ· εἶτʼ αὖθις ὀρνίθων μεταλλάξας φύσιν καὶ γῆν ἐπέπτου καὶ θάλατταν ἐν κύκλῳ, καὶ πάνθʼ ὅσαπερ ἄνθρωπος ὅσα τʼ ὄρνις φρονεῖς· ταῦτ οὖν ἱκέται νὼ πρὸς σὲ δεῦρʼ ἀφίγμεθα, εἴ τινα πόλιν φράσειας ἡμῖν εὔερον ὥσπερ σισύραν ἐγκατακλινῆναι μαλθακήν. Ἔποψ ἔμειτα μείζω τῶν Κραναῶν ζητεῖς πόλιν; Ἐυελπίδης μείζω μὲν οὐδέν, προσφορωτέραν δὲ νῷν. Ἔποψ ἀριστοκρατεῖσθαι δῆλος εἶ ζητῶν. Ἐυελπίδης ἐγώ; ἥκιστα· καὶ γὰρ τὸν Σκελίου βδελύττομαι. Ἔποψ ποίαν τινʼ οὖν ἥδιστʼ ἂν οἰκοῖτʼ ἂν πόλιν; Ἐυελπίδης ὅπου τὰ μέγιστα πράγματʼ εἴη τοιάδε· ἐπὶ τὴν θύραν μου πρῴ τις ἐλθὼν τῶν φίλων λέγοι ταδί· ‘πρὸς τοῦ Διὸς τοὐλυμπίου ὅπως παρέσει μοι καὶ σὺ καὶ τὰ παιδία λουσάμενα πρῴ· μέλλω γὰρ ἑστιᾶν γάμους· καὶ μηδαμῶς ἄλλως ποιήσῃς· εἰ δὲ μή,
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(h) Il partait deux galères fameuses d’ Athènes, ou y arrivaient en de certain temps. La première était appelé la Salaminienne, qui portait les accusés pour être jugés par les Amphyctions ; l’autre était la Paralienne qui était chargée pour les sacrifices.

?

X

?

f°37

ne viens point me chercher quand mes affaires iront mal.

Epops.

Par Jupiter ! Tu souhaites-là des choses bien difficiles. Et toi ?

Pisth.

Je souhaite quelque chose de pareil.

Epops.

Comme quoi encore ?

Pisth.

Je voudrais, par exemple, qu'on me fît ce reproche : vraiment, je te croyais des amis de ma maison ; et cependant ayant rencontré mon fils qui sortait de l' Académie bien propre, et bien lavé, tu ne l'as point baisé, tu ne lui as rien dit, tu ne l'as point conduit, tu ne lui as point mis la main sous la robe pour le caresser.

Epops.

Pauvre homme ! Quel chimérique dessein t'es-tu mis dans la tête ? Je vous dirai cependant que sur les bords de la mer Rouge il y a une Ville telle que vous la demandez.

Bon.

Ah ! Ne nous parle point de la mer. Nous y verrions aborder quelque jour la galère (h) de Salamine qui porte malheur aux accusés. N'as-tu point quelque Ville Grecque à nous indiquer ?

Epops.

Que n'allez vous vous établir en Elée à Lépréon ?

Bon.

Sans l'avoir vue ; Mélanthius poète galeux et lépreux m'en donne de l'horreur.

μή μοι τότε γʼ ἔλθῃς, ὅταν ἐγὼ πράττω κακῶς.’ Ἔποψ νὴ Δία ταλαιπώρων γε πραγμάτων ἐρᾷς. τί δαὶ σύ; Πισθέταιρος τοιούτων ἐρῶ κἀγώ. Ἔποψ τίνων; Πισθέταιρος ὅπου ξυναντῶν μοι ταδί τις μέμψεται ὥσπερ ἀδικηθεὶς παιδὸς ὡραίου πατήρ· ‘καλῶς γέ μου τὸν υἱὸν ὦ Στιλβωνίδη εὑρὼν ἀπιόντʼ ἀπὸ γυμνασίου λελουμένον οὐκ ἔκυσας, οὐ προσεῖπας, οὐ προσηγάγου, οὐκ ὠρχιπέδισας, ὢν ἐμοὶ πατρικὸς φίλος.’ Ἔποψ ὦ δειλακρίων σὺ τῶν κακῶν οἵων ἐρᾷς. ἀτὰρ ἔστι γʼ ὁποίαν λέγετον εὐδαίμων πόλις παρὰ τὴν ἐρυθρὰν θάλατταν. Ἐυελπίδης οἴμοι μηδαμῶς ἡμῖν παρὰ τὴν θάλατταν, ἵνʼ ἀνακύψεται κλητῆρʼ ἄγουσʼ ἕωθεν ἡ Σαλαμινία. Ἑλληνικὴν δὲ πόλιν ἔχεις ἡμῖν φράσαι; Ἔποψ τί οὐ τὸν Ἠλεῖον Λέπρεον οἰκίζετον ἐλθόνθʼ; Ἐυελπίδης ὁτιὴ νὴ τοὺς θεοὺς ὅσʼ οὐκ ἰδὼν βδελύττομαι τὸν Λέπρεον ἀπὸ Μελανθίου.
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Epops.

Il y a encore Opunée dans la Locride où vous pourrez vous établir.

Bon.

Moi ? Je ne voudrais pas, pour un talent d'or, devenir borgne comme Opunée . Mais dis nous un peu ; qu'est-ce que la vie des oiseaux ? Tu dois le savoir à fond.

Epops.

La vie est assez douce. Premièrement nous n'avons pas besoin de bourse.

Bon.

C'est bien de l'embarras ôté.

Epops.

Nous nous repaissons dans les jardins de blanc de sésame, de fruit de myrte, de pavot, d'herbes odoriférantes.

Bon.

Vous êtes toujours dans les délices, comme de nouveaux mariés.

Pisth.

O ! qu'il se présente à mon esprit une chose qui rendrait les oiseaux puissants, s'ils me voulaient croire !

Epops.

Qu'est-ce que tu nous voudrais persuader ?

Pisth.

Ce que je voudrais persuader ! Premièrement, je voudrais que vous ne fussiez point réduits à voler çà et là, le bec ouvert ; cela est niais et donne lieu à vous mépriser. Car qu'on vous voit passer là-bas, quelqu'un demandera : quel oiseau est-ce ? Aussitôt un mauvais plaisant tel que

Ἔποψ ἀλλʼ εἰσὶν ἕτεροι τῆς Λοκρίδος Ὀπούντιοι, ἵνα χρὴ κατοικεῖν. Ἐυελπίδης ἀλλʼ ἔγωγʼ Ὀπούντιος οὐκ ἂν γενοίμην ἐπὶ ταλάντῳ χρυσίου. οὗτος δὲ δὴ τίς ἔσθʼ ὁ μετʼ ὀρνίθων βίος; σὺ γὰρ οἶσθʼ ἀκριβῶς. Ἔποψ οὐκ ἄχαρις ἐς τὴν τριβήν· οὗ πρῶτα μὲν δεῖ ζῆν ἄνευ βαλλαντίου. Ἐυελπίδης πολλήν γʼ ἀφεῖλες τοῦ βίου κιβδηλίαν. Ἔποψ νεμόμεσθα δʼ ἐν κήποις τὰ λευκὰ σήσαμα καὶ μύρτα καὶ μήκωνα καὶ σισύμβρια. Ἐυελπίδης ὑμεῖς μὲν ἆρα ζῆτε νυμφίων βίον. Πισθέταιρος φεῦ φεῦ· ἦ μέγʼ ἐνορῶ βούλευμʼ ἐν ὀρνίθων γένει, καὶ δύναμιν ἣ γένοιτʼ ἄν, εἰ πίθοισθέ μοι. Ἔποψ τί σοι πιθώμεσθʼ; Πισθέταιρος ὅ τι πίθησθε; πρῶτα μὲν μὴ περιπέτεσθε πανταχῇ κεχηνότες· ὡς τοῦτʼ ἄτιμον τοὔργον ἐστίν. αὐτίκα ἐκεῖ παρʼ ἡμῖν τοὺς πετομένους ἢν ἔρῃ, τίς ὄρνις οὗτος; ὁ Τελέας ἐρεῖ ταδί·
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446

(i) En grec : Pole.

f°38

Téléas , répondra : c'est un sot animal, inconstant et sans arrêt, qui vole à l'aventure, et qui ne peut demeurer longtemps en un même lieu.

Epops.

Par Bacchus ! Il a raison. Mais que ferions nous donc ?

Pisth.

Il faut habiter tous une même ville.

Epops.

Et quelle ville est-ce que des oiseaux pourront habiter ?

Pisth.

Peut-on dire des pauvretés pareilles ? Regarde là-bas.

Epops.

Eh bien, je regarde.

Pisth.

Regarde en haut.

Epops.

Je regarde.

Pisth.

Tourne le cou de tous cotés.

Epops.

Pardi, j'en serai bien mieux, quand je me serai démis le cou ?

Pisth.

Qu'as-tu vu ?

Epops.

J'ai vu les nues et le ciel.

Pisth.

Eh ! bien, n'est-ce pas là le tour des oiseaux ? (i)

Epops.

Quel tour veux-tu dire ?

‘ἅνθρωπος ὄρνις ἀστάθμητος πετόμενος, ἀτέκμαρτος, οὐδὲν οὐδέποτʼ ἐν ταὐτῷ μένων.’ Ἔποψ νὴ τὸν Διόνυσον εὖ γε μωμᾷ ταυταγί. τί ἂν οὖν ποιοῖμεν; Πισθέταιρος οἰκίσατε μίαν πόλιν. Ἔποψ ποίαν δʼ ἂν οἰκίσαιμεν ὄρνιθες πόλιν; Πισθέταιρος ἄληθες; ὦ σκαιότατον εἰρηκὼς ἔπος, βλέψον κάτω. Ἔποψ καὶ δὴ βλέπω. Πισθέταιρος βλέπε νῦν ἄνω. Ἔποψ βλέπω. Πισθέταιρος περίαγε τὸν τράχηλον. Ἔποψ νὴ Δία ἀπολαύσομαί τί γʼ, εἰ διαστραφήσομαι. Πισθέταιρος εἶδές τι; Ἔποψ τὰς νεφέλας γε καὶ τὸν οὐρανόν. Πισθέταιρος οὐχ οὗτος οὖν δήπου ʼστὶν ὀρνίθων πόλος; Ἔποψ πόλος; τίνα τρόπον;
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447

(k) Nicias prit Mèle par famine.

Pisth.

On l'appelle tour, cet espace vaste, parce qu'il tourne tout autour de la terre, si nous nous avisons donc d'y bâtir une ville et d'y élever des fortifications ; du tour nous en ferons un tour et une ville, qui vous soumettra les mortels, comme si ce n'était que des moucherons, et vous donnera de mettre parmi les dieux une famine pareille à celle de Mèle. (k)

Epops.

Comment cela ?

Pisth.

C'est que l'air est entre la terre et le ciel. Or comme parmi nous, quand nous voulons aller sacrifier à Delphes, il faut acheter passage des Béotiens ; de même, si les Dieux ne vous paient tribut pour laisser passer par votre ville la fumée des sacrifices, ils ne sauront plus de quelle odeur est la graisse des victimes.

Epops.

Ah ! Je proteste par la terre, par les lacets, par les pièges, par les filets, que je n’ai jamais rien entendu de plus drôle. Je consens d'habiter avec toi cette ville pourvu que les autres oiseaux le trouvent bon.

Pisth.

Qui est-ce qui leur fera savoir notre dessein ?

Epops.

Ce sera toi-même. Ils étaient grossiers et barbares avant que je ne fusse parmi eux. Mais dans le long séjour que j'y ai fait, je leur ai appris la langue.

Πισθέταιρος ὥσπερ ἂν εἴποι τις τόπος. ὅτι δὲ πολεῖται τοῦτο καὶ διέρχεται ἅπαντα διὰ τούτου, καλεῖται νῦν πόλος. ἢν δʼ οἰκίσητε τοῦτο καὶ φάρξηθʼ ἅπαξ, ἐκ τοῦ πόλου τούτου κεκλήσεται πόλις. ὥστʼ ἄρξετʼ ἀνθρώπων μὲν ὥσπερ παρνόπων, τοὺς δʼ αὖ θεοὺς ἀπολεῖτε λιμῷ Μηλίῳ. Ἔποψ πῶς; Πισθέταιρος ἐν μέσῳ δήπουθεν ἀήρ ἐστι γῆς. εἶθʼ ὥσπερ ἡμεῖς, ἢν ἰέναι βουλώμεθα Πυθώδε, Βοιωτοὺς δίοδον αἰτούμεθα, οὕτως, ὅταν θύσωσιν ἄνθρωποι θεοῖς, ἢν μὴ φόρον φέρωσιν οἱ ὑμῖν οἱ θεοί, διὰ τῆς πόλεως τῆς ἀλλοτρίας καὶ τοῦ χάους τῶν μηρίων τὴν κνῖσαν οὐ διαφρήσετε. Ἔποψ ἰοὺ ἰού· μὰ γῆν μὰ παγίδας μὰ νεφέλας μὰ δίκτυα, μὴ ʼγὼ νόημα κομψότερον ἤκουσά πω· ὥστʼ ἂν κατοικίζοιμι μετὰ σοῦ τὴν πόλιν, εἰ ξυνδοκοίη τοῖσιν ἄλλοις ὀρνέοις. Πισθέταιρος τίς ἂν οὖν τὸ πρᾶγμʼ αὐτοῖς διηγήσαιτο; Ἔποψ σύ. ἐγὼ γὰρ αὐτοὺς βαρβάρους ὄντας πρὸ τοῦ ἐδίδαξα τὴν φωνήν, ξυνὼν πολὺν χρόνον.
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448

f°39 Pisth.

Comment feras tu pour les rassembler ?

Epops.

Cela est aisé. Je m'en irai sur cette touffe de bois, et je ferai chanter ma Philomèle , pour pour les appeler. Aussitôt qu'ils l'entendront vous les verrez tous accourir.

Pisth.

O ! le plus aimable des oiseaux ! Je te prie ne diffère pas de te percher sur ces arbres, et d'exciter ta Philomèle à chanter.

Epops , chante.

Sus, sus, camarade ! C'est assez dormi. Fais résonner les couplets touchants de ces hymnes sacrés dont ta bouche divine célèbre la triste mémoire de notre malheureux Itys ; ces tendres chansons que ton humide gosier fait répéter aux échos de dessus l'if ombrageux. L'harmonie en est portée jusqu'au trone de Jupiter ; et le blond Phébus , aussitôt qu'il l'entend, répond à tes élégies par les accords de sa lyre d'ivoire, au son de laquelle tous les Dieux se mettent à danser, et leurs voix immortelles s'accordent ensemble à répéter tes tristes plaintes.



On entend le son d'une flûte.

Bon.

O ! roi Jupiter , quel agréable chant d'oiseau d'oiseau ! Tout le bois est emmiellé.

Pisth.

Holà donc.

Bon.

Que veux-tu ?

Πισθέταιρος πῶς δῆτʼ ἂν αὐτοὺς ξυγκαλέσειας; Ἔποψ ῥᾳδίως. δευρὶ γὰρ ἐσβὰς αὐτίκα μάλʼ ἐς τὴν λόχμην, ἔπειτʼ ἀνεγείρας τὴν ἐμὴν ἀηδόνα, καλοῦμεν αὐτούς· οἱ δὲ νῷν τοῦ φθέγματος ἐάνπερ ἐπακούσωσι θεύσονται δρόμῳ. Πισθέταιρος ὦ φίλτατʼ ὀρνίθων σὺ μή νυν ἕσταθι· ἀλλʼ ἀντιβολῶ σʼ ἄγʼ ὡς τάχιστʼ ἐς τὴν λόχμην ἔσβαινε κἀνέγειρε τὴν ἀηδόνα. Ἔποψ ἄγε σύννομέ μοι παῦσαι μὲν ὕπνου, λῦσον δὲ νόμους ἱερῶν ὕμνων, οὓς διὰ θείου στόματος θρηνεῖς τὸν ἐμὸν καὶ σὸν πολύδακρυν Ἴτυν· ἐλελιζομένης δʼ ἱεροῖς μέλεσιν γένυος ξουθῆς καθαρὰ χωρεῖ διὰ φυλλοκόμου μίλακος ἠχὼ πρὸς Διὸς ἕδρας, ἵνʼ ὁ χρυσοκόμας Φοῖβος ἀκούων τοῖς σοῖς ἐλέγοις ἀντιψάλλων ἐλεφαντόδετον φόρμιγγα θεῶν ἵστησι χορούς· διὰ δʼ ἀθανάτων στομάτων χωρεῖ ξύμφωνος ὁμοῦ θεία μακάρων ὀλολυγή. ʽἁὐλεἶ Πισθέταιρος ὦ Ζεῦ βασιλεῦ τοῦ φθέγματος τοὐρνιθίου· οἶον κατεμελίτωσε τὴν λόχμην ὃλην. Ἐυελπίδης οὗτος.
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449

Pisth.

Tais-toi.

Bon.

D'où vient ?

Pisth.

C'est que la Huppe va se remettre à chanter.

Epops.

Epopoi, popoi, popoi, io, io, ïo, ito, ito, et tôt, et tôt, et tôt quelqu’un de mes compagnons emplumés ! Et vous tous qui habitez les fertiles campagnes, toutes les espèces de volatiles qui vivez de grain ! Vous tous qui chantez mélodieusement et qui vous plaisez à fredonner parmi les guérets : tio, tio, tio, tio ; tio, tio, tio, tio ! Vous qui dans les jardins habitez le lierre feuillu ! Vous qui fréquentez les montagnes ! Vous qui vivez des fruits des oliviers, et des arbousiers ! Volez, accourrez tous à ma voix. Trioto, trioto, trioto, to brix. Et vous qui dans les humides vallons dévorez les moucherons piquants, vous aussi qui habitez les lieux rafraichis de la rosée et les aimables plaines de Marathon et vous beau francolin, dont le plumage est admiré de tout le monde ! Et vous qui fréquentez les flots de la mer avec les Alicions. Venez prendre part aux nouveautés que je veux vous apprendre. Nous rassemblons toutes les espèces d'oiseaux, pour donner audience à un nouvel ambassadeur qui veut nous proposer une entreprise extraordinaire. Venez donc, assemblez vous ; et tôt, et tôt,

Πισθέταιρος τί ἔστιν; οὐ σιωπήσει; Ἐυελπίδης τί δαί; Πισθέταιρος οὕποψ μελῳδεῖν αὖ παρασκευάζεται. Ἔποψ ἐποποῖ ποποποποποποποῖ, ἰὼ ἰὼ ἰτὼ ἰτὼ ἰτὼ ἰτὼ, ἴτω τις ὧδε τῶν ἐμῶν ὁμοπτέρων· ὅσοι τʼ εὐσπόρους ἀγροίκων γύας νέμεσθε, φῦλα μυρία κριθοτράγων σπερμολόγων τε γένη ταχὺ πετόμενα, μαλθακὴν ἱέντα γῆρυν· ὅσα τʼ ἐν ἄλοκι θαμὰ βῶλον ἀμφιτιττυβίζεθʼ ὧδε λεπτὸν ἡδομένᾳ φωνᾷ· τιὸ τιὸ τιὸ τιὸ τιὸ τιὸ τιὸ τιό. ὅσα θʼ ὑμῶν κατὰ κήπους ἐπὶ κισσοῦ κλάδεσι νομὸν ἔχει, τά τε κατʼ ὄρεα τά τε κοτινοτράγα τά τε κομαροφάγα, ἀνύσατε πετόμενα πρὸς ἐμὰν αὐδάν· τριοτὸ τριοτὸ τοτοβρίξ· οἵ θʼ ἑλείας παρʼ αὐλῶνας ὀξυστόμους ἐμπίδας κάπτεθʼ, ὅσα τʼ εὐδρόσους γῆς τόπους ἔχετε λειμῶνά τʼ ἐρόεντα Μαραθῶνος, ὄρνις πτερυγοποίκιλός τʼ ἀτταγᾶς ἀτταγᾶς. ὧν τʼ ἐπὶ πόντιον οἶδμα θαλάσσης φῦλα μετʼ ἀλκυόνεσσι ποτῆται, δεῦρʼ ἴτε πευσόμενοι τὰ νεώτερα, πάντα γὰρ ἐνθάδε φῦλʼ ἀθροΐζομεν οἰωνῶν ταναοδείρων. ἥκει γὰρ τις δριμὺς πρέσβυς καινὸς γνώμην καινῶν τʼ ἔργων ἐγχειρητής. ἀλλʼ ἴτʼ ἐς λόγους ἅπαντα, δεῦρο δεῦρο δεῦρο δεῦρο.
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450

(k) C'est pour appeler le chat huant.

f°40

et tôt, toro, toro, toro, toro, torotinx. Kiccabeau (k) , Kiccabeau, toro, toro, toro, tolilinx.

Pisth.

Vois-tu quelqu'oiseau ?

Bon.

Par Apollon , je ne vois rien, quoique je regarde le ciel bien fixement et la gueule béante. Mais je pense que la Huppe s'est enfermée dans le bois, pour imiter le Loriot, que l'on vend couvert de peur de la jaunisse.

Epops.

Torotinx, torotinx.

Pisth.

Camarade ! Voilà enfin un oiseau qui nous vient !

Bon.

Je le vois aussi. Mais quel oiseau est-ce là ? Serait-ce un paon ?

Pisth.

Celui-ci nous le dira. Quel oiseau est-ce qui se présente ?

Epops.

Ce n'est aucun de ces oiseaux que vous avez accoutumé de voir chez vous ; c'est un oiseau de marais.

Pisth.

Peste ! Il est beau et bien rouge.

Epops.

En effet, on l'appelle, Phénicoptère, l'oiseau rouge.

Pisth.

Ho ! L'homme !

Χορὸς τοροτοροτοροτοροτίξ. κικκαβαῦ κικκαβαῦ. τοροτοροτοροτορολιλιλίξ. Πισθέταιρος ὁρᾷς τινʼ ὄρνιν; Ἐυελπίδης μὰ τὸν Ἀπόλλω ʼγὼ μὲν οὔ· καίτοι κέχηνά γʼ ἐς τὸν οὐρανὸν βλέπων. Πισθέταιρος ἄλλως ἄρʼ οὕποψ, ὡς ἔοικʼ, ἐς τὴν λόχμην ἐσβὰς ἐπῷζε χαραδριὸν μιμούμενος. Ὄρνις Τις τοροτὶξ τοροτίξ. Πισθέταιρος ὦγάθʼ ἀλλʼ εἶς οὑτοσὶ καὶ δή τις ὄρνις ἔρχεται. Ἐυελπίδης νὴ Δίʼ ὄρνις δῆτα. τίς ποτʼ ἐστίν; οὐ δήπου ταὧς; Πισθέταιρος οὗτος αὐτὸς νῷν φράσει· τίς ἐστιν ὄρνις οὑτοσί; Ἔποψ οὗτος οὐ τῶν ἠθάδων τῶνδʼ ὧν ὁρᾶθʼ ὑμεῖς ἀεί, ἀλλὰ λιμναῖος. Ἐυελπίδης βαβαὶ καλός γε καὶ φοινικιοῦς. Ἔποψ εἰκότως γε · καὶ γὰρ ὄνομʼ αὐτῷ ʼστὶ φοινικόπτερος. Ἐυελπίδης οὗτος ὦ σέ τοι.
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451

Bon.

Qu'as-tu à crier ?

Pisth.

Voilà un autre oiseau.

Bon.

Pardi, je le vois aussi bien que toi ; c’est un oiseau de passage, qui a les couleurs changeantes.

Pisth.

Qui est ce sot animal d'oiseau montagnard ?

Epops.

C'est un mède.

Pisth.

Un mède ! O ! grand Hercule ! Et comment un mède a-t-il pu venir sans chameau ?

Bon.

Et qui est cet autr autre oiseau qui a une Huppe ?

Pisth.

Qu'est-ce que cela veut dire ? Y a-t-il eu d'autres types de Huppe que toi ?

Epops.

Je suis la Huppe d' Eschyle ; et c’est la Huppe de Philoclès dans sa tétralogie de Pandion ; en sorte que je suis le grand-père de celui-ci, comme qui dirait : Hipponique fils de Callias , et Callias fils d' Hipponique .

Pisth.

Nous l'appellerons donc Callias , celui là. Comme les plumes tombent !

Epops.

Il est pourtant brave homme ; mais les dénonciateurs le plument, et les femelles lui arrachent jusqu'au duvet.

Πισθέταιρος τί βωστρεῖς; Ἐυελπίδης ἕτερος ὄρνις οὑτοσί. Πισθέταιρος νὴ Δίʼ ἕτερος δῆτα χοὖτος ἔξεδρον χρόαν ἔχων. τίς ποτʼ ἔσθʼ ὁ μουσόμαντις ἄτοπος ὄρνις ὀρειβάτης; Ἔποψ ὄνομα τούτῳ Μῆδός ἐστο. Πισθέταιρος Μῆδος; ὦναξ Ἡράκλεις· εἶτα πῶς ἄνευ καμήλου Μῆδος ὤν εἰσέπτετο; Ἐυελπίδης ἕτερος αὖ λόφον κατειληφώς τις ὄρνις οὑτοσί. Πισθέταιρος τί τὸ τέρας τουτί ποτʼ ἐστίν; οὐ σὺ μόνος ἄρʼ ἦσθʼ ἔποψ, ἀλλὰ χοὖτος ἕτερος; Ἔποψ οὑτοσὶ μέν ἐστι Φιλοκλέους ἐξ ἔποπος, ἐγὼ δὲ τούτου πάππος, ὥσπερ εἰ λέγοις Ἱππόνικος Καλλίου κἀξ Ἱππονίκου Καλλίας. Πισθέταιρος Καλλίας ἄρʼ οὗτος οὕρνις ἐστίν· ὡς πτερορρυεῖ. Ἐυελπίδης ἅτε γὰρ ὢν γενναῖος ὑπό τε συκοφαντῶν τίλλεται, αἵ τε θήλειαι προσεκτίλλουσιν αὐτοῦ τὰ πτερά.
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452

(l) Le stade était de 135 pas et l’hippodrome avait deux stades et s’appelait diaule, soit à cause de cela soit à cause que la course armée s’y faisait à l’aller et revenir. La course appelée dolique était de sept tours. Il y avait outre cela d’autres exercices : la course simple, appelée stade ; la course armée simple appelée oplite ; la lutte simple, la lutte armée ou pancras ; le palet ; et le saut.

Noms d'oiseaux.

f°41 Pisth.

O ! Neptune ! Qui est cet oiseau peint ?

Epops.

C'est un mange à-terre, un gourmand.

Pisth.

Y en a-t-il d'autres que Cléonyme ? Mais puisque c'et c'est un autre Cléonyme , d'où vient qu'il n'ait pas perdu son aigrette ?

Bon.

Je voudrais bien savoir ce que veulent dire ces huppes et ces aigrettes qu'ont tous ces oiseaux ; se sont-ils équipés de cette sorte pour courir le double (l) stade et s'y donner en spectacle ?

Epops.

Non ; mais c'est qu'ils font comme ceux de la Carie qui se plaisent sur les éminences pour plus grande sûreté.

Pisth.

O ! Neptune ! Vois-tu quelle armée d'oiseaux ?

Bon.

O ! grand Apollon ! Quelle nuée ! Ils volent en si grand nombre, qu'ils nous ôtent la vue de leur marche.

Pisth.

Je reconnais la perdrix ; que voilà, et le francolin aussi.

Bon.

Et voilà le Pénélops ; ensuite la fameuse Alcyone. Mais qui est-ce qui la suit ?

Pisth.

Qui c'est ? Ne vois-tu pas que c'est Céryle ?

Πισθέταιρος ὦ Πόσειδον ἕτερος αὖ τις βαπτὸς ὄρνις οὑτοσί. τίς ὀνομάξεταί ποθʼ οὗτος; Ἔποψ οὑτοσὶ κατωφαγᾶς. Πισθέταιρος ἔστι γὰρ κατωφαγᾶς τις ἄλλος ἢ Κλεώνυμος; Ἐυελπίδης πῶς ἂν οὖν Κλεώνυμός γʼ ὢν οὐκ ἀπέβαλε τὸν λόφον; Πισθέταιρος ἀλλὰ μέντοι τίς ποθʼ ἡ λόφωσις ἡ τῶν ὀρνέων; ἦ ʼπὶ τὸν δίαυλον ἦλθον; Ἔποψ ὥσπερ οἱ Κᾶρες μὲν οὖν ἐπὶ λόφων οἰκοῦσιν ὦγάθʼ ἀσφαλείας οὔνεκα. Πισθέταιρος ὦ Πόσειδον οὐχ ὁρᾷς ὅσον συνείλεκται κακὸν ὀρνέων; Ἐυελπίδης ὦναξ Ἄπολλον τοῦ νέφους. ἰοὺ ἰού, οὐδʼ ἰδεῖν ἔτʼ ἔσθʼ ὑπʼ αὐτῶν πετομένων τὴν εἴσοδον. Ἔποψ οὑτοσὶ πέρδιξ, ἐκεινοσί γε νὴ Δίʼ ἀτταγᾶς, οὑτοσὶ δὲ πηνέλοψ, ἐκεινηὶ δέ γʼ ἀλκυών. Πισθέταιρος τίς γάρ ἐσθʼ οὕπισθεν αὐτῆς; Ἔποψ ὅστις ἐστί; κειρύλος.
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(m) Comme cet oiseau était consacré à Minerve , il y en avait si grande quantité à Athènes, qu'on disait en proverbe : apporter des hiboux à Athènes. Comme qui aurait dit : porter de l'eau à la mer.

Bon.

Est-ce que Ceryle est un oiseau ? Tu veux dire Céyix.

Pisth.

Et voilà le hibou.

Bon.

Bon ! Tu n'y penses pas. Est-ce qu'on apporte des (m) hiboux à Athènes ? Tiens vois-tu la pie, la tourterelle, l'alouette, la grue, le bizet, le pigeon, l'épervier, le coucou, le pied rouge, la tête rouge, le flambant, le butor, le plongeon, la caille, le corbeau, le milan, le pivert ?

Pisth.

O ! Dieux ! que d'oiseaux ! Dieux ! que des merles ! Comme ils piaillent ! Comme ils crient en courant çà et là ! Je pense qu'ils nous menacent ! Hélas ! Comme ils ont tous le bec ouvert ! Ils te regardent et moi aussi.

Epops.

Il semble que tu as raison.

Le chœur. Epops. Pisthétaire. Bonespoir. Le chœur.

Popo, popo, popo, popopoi. Où est celui qui m'appelle ? En quel lieu le trouverai-je ?

Epops.

Le voilà lui-même. C'est moi, mes amis, je ne me cache point de vous.

Le ch.

Quoi, quoi, quoi, quoi, quoi donc ? De quoi

Πισθέταιρος κειρύλος γάρ ἐστιν ὄρνις; Ἔποψ οὐ γάρ ἐστι Σποργίλος; χαὐτηί γε γλαῦξ. Ἐυελπίδης τί φῄς; τίς γλαῦκʼ Ἀθήναζʼ ἤγαγεν; Ἔποψ κίττα τρυγὼν κορυδὸς ἐλεᾶς ὑποθυμὶς περιστερὰ νέρτος ἱέραξ φάττα κόκκυξ ἐρυθρόπους κεβλήπυρις πορφυρὶς κερχνῂς κολυμβὶς ἀμπελὶς φήην δρύοψ. Πισθέταιρος ἰοὺ ἰοὺ τῶν ὀρνέων, ἰοὺ ἰοὺ τῶν κοψίχων· οἶα πιππίζουσι καὶ τρέχουσι διακεκραγότες. ἆρʼ ἀπειλοῦσίν γε νῷν; οἴμοι, κεχήνασίν γέ τοι καὶ βλέπουσιν ἐς σὲ κἀμέ. Ἐυελπίδης τοῦτο μὲν κἀμοὶ δοκεῖ. Χορός ποποποποποποποποποποῖ ποῦ μʼ ἄρʼ ὃς ἐκάλεσε; τίνα τόπον ἄρα ποτὲ νέμεται; Ἔποψ οὑτοσὶ πάλαι πάρειμι κοὐκ ἀποστατῶ φίλων. Χορός τί τί τί τί τί τί τί τί· τίνα λόγον ἄρα ποτὲ
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f°42

est-il question ?

Epops.

Il est question d'une affaire commune, sure, juste, agréable, utile. Il est venu deux hommes subtils en discours me trouver.

Le ch.

Où ? Qui ? Comment ? Que dis-tu ?

Epops.

Je dis qu'il est venu de chez les hommes deux vieillards nous proposer une affaire extraordinaire.

Le ch.

O ! la grande faute que tu as faite de les recevoir ! Que dis-tu là ?

Epops.

Ne crains rien.

Le ch.

Ah ! Qu'as tu fait ?

Epops.

J'ai reçu deux hommes qui ont envie de vivre avec nous.

Le ch.

Et où sont-ils ?

Epops.

Ils sont chez moi, comme je suis chez vous.

Le ch.

Voyez, voyez ; nous sommes trahis ; on nous fait injure. Notre ami, qui paissait dans les mêmes plaines que nous, a violé les lois anciennes et faussé le serment des oiseaux ; il nous a fait venir frauduleusement pour nous livrer à cette maudite espèce

πρὸς ἐμὲ φίλον ἔχων; Ἔποψ κοινὸν ἀσφαλῆ δίκαιον ἡδὺν ὠφελήσιμον. ἄνδρε γὰρ λεπτὼ λογιστὰ δεῦρʼ ἀφῖχθον ὡς ἐμέ. Χορός ποῦ; πᾷ; πῶς φῄς; Ἔποψ φήμʼ ἀπʼ ἀνθρώπων ἀφῖχθαι δεῦρο πρεσβύτα δύο· ἥκετον δʼ ἔχοντε πρέμνον πράγματος πελωρίου. Χορός ὦ μέγιστον ἐξαμαρτὼν ἐξ ὅτου ʼτράφην ἐγώ, πῶς λέγεις; Ἔποψ μήπω φοβηθῇς τὸν λόγον. Χορός τί μʼ ἠργάσω; Ἔποψ ἄνδρʼ ἐδεξάμην ἐραστὰ τῆσδε τῆς ξυνουσίας. Χορός καὶ δέδρακας τοῦτο τοὔργον; Ἔποψ καὶ δεδρακώς γʼ ἥδομαι. Χορός κἀστὸν ἤδη που παρʼ ἡμῖν; Ἔποψ εἰ παρʼ ὑμῖν εἴμʼ ἐγώ. Χορός ἔα ἔα, προδεδόμεθʼ ἀνόσιά τʼ ἐπάθομεν· ὃς γὰρ φίλος ἦν ὁμότροφά θʼ ἡμῖν ἐνέμετο πεδία παρʼ ἡμῖν, παρέβη μὲν θεσμοὺς ἀρχαίους, παρέβη δʼ ὅρκους ὀρνίθων· ἐς δὲ δόλον ἐκάλεσε, παρέβαλέ τʼ ἐμὲ παρὰ
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X

d'animaux qui nous font une guerre continuelle. Nous leur parlerons tantôt. Mais pour ce qui est de ces vieillards, il faut qu'ils nous soient livrés tout à l'heure, afin que nous les mettions en pièces.

Pisth.

Nous voilà donc perdus.

Bon.

C'est toi seul qui es la cause de tout ceci. Pourquoi m'amenais-tu ?

Pisth.

Pour me suivre.

Bon.

Hélas ! C'était pour pleurer mes malheurs !

Pisth.

Tu te moques.

Bon.

Comment donc ?

Pisth.

Dis-moi, pleureras-tu quand on t'aura arraché les yeux ?

Le ch.

Sus, sus, allons, fondons sur ces ennemis de notre espèce, joignons nos ailes, enfermons les ; il faut qu'ils périssent tous deux et qu'ils nous servent de pâture. Il n'y a ni montagne ombragée, ni nuage céleste, ni mer blanche d'écume qui puisse cacher leur fuite et les dérober à notre vengeance. Hâtons nous de les assaillir à grands coups de bec. Où est le mestre de camps ? qu'il fasse avancer l'aile droite droite.

γένος ἀνόσιον, ὅπερ ἐξότʼ ἐγένετʼ ἐπʼ ἐμοὶ πολέμιον ἐτράφη. Χορός ἀλλὰ πρὸς τοῦτον μὲν ἡμῖν ἐστιν ὕστερος λόγος· τὼ δὲ πρεσβύτα δοκεῖ μοι τώδε δοῦναι τὴν δίκην διαφορηθῆναί θʼ ὑφʼ ἡμῶν. Πισθέταιρος ὡς ἀπωλόμεσθʼ ἄρα.
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456

f°43 Bon.

Ne voilà-t-il pas ? Hélas ! Où fuirai-je, malheureux que je suis ?

Pisth.

Holà ! Demeureras tu ?

Bon.

Veux-tu donc que je me laisse mettre en pièces ?

Pisth.

Et crois-tu pouvoir prendre la fuite ?

Bon.

Hélas ! Je ne vois pas que cela soit possible.

Pisth.

J'ai à te dire qu'il faut que nous demeurions, pour combattre courageusement. Armons nous de marmites.

Bon.

Et de quoi nous serviront les marmites ?

Pisth.

Premièrement ne craignons point les hiboux : nous sommes Athéniens, leurs ongles ne nous offenseront point la tête. Pour ce qui est des autres, arme-toi de cette broche, et la tiens ferme.

Bon.

Et les yeux ?

Pisth.

Mets au devant un saladier, ou un plat.

Bon.

Ah ! Que tu as d'esprit ! C'est bien imaginé. Tu surpasses Nicias en invention de machines.

Le ch.

Avancez, baissez le bec, ne tardez point, tirez, arrachez, frappez, écorchez, donnez sur la

Ἐυελπίδης αἴτιος μέντοι σὺ νῷν εἶ τῶν κακῶν τούτων μόνος. ἐπὶ τί γάρ μʼ ἐκεῖθεν ἦγες; Πισθέταιρος ἵνʼ ἀκολουθοίης ἐμοί. Ἐυελπίδης ἵνα μὲν οὖν κλάοιμι μεγάλα. Πισθέταιρος τοῦτο μὲν ληρεῖς ἔχων κάρτα· πῶς κλαύσει γάρ, ἢν ἅπαξ γε τὠφθαλμὼ ʼκκοπῇς; Χορός ἰὼ ἰώ, ἔπαγʼ ἔπιθʼ ἐπίφερε πολέμιον ὁρμὰν φονίαν, πτέρυγά τε παντᾷ ἐπίβαλε περί τε κύκλωσαι· ὡς δεῖ τώδʼ οἰμώζειν ἄμφω καὶ δοῦναι ῥύγχει φορβάν. οὔτε γὰρ ὄρος σκιερὸν οὔτε νέφος αἰθέριον οὔτε πολιὸν πέλαγος ἔστιν ὅ τι δέξεται τώδʼ ἀποφυγόντε με. Χορός ἀλλὰ μὴ μέλλωμεν ἤδη τώδε τίλλειν καὶ δάκνειν. ποῦ ʼσθʼ ὁ ταξίαρχος; ἐπαγέτω τὸ δεξιὸν κέρας. Ἐυελπίδης τοῦτʼ ἐκεῖνο· ποῖφύγω δύστηνος; Πισθέταιρος οὗτος οὐ μενεῖς; Ἐυελπίδης ἵνʼ ὑπὸ τούτων διαφορηθῶ; Πισθέταιρος πῶς γὰρ ἂν τούτους δοκεῖς ἐκφυγεῖν; Ἐυελπίδης οὐκ οἶδʼ ὅπως ἄν. Πισθέταιρος ἀλλʼ ἐγώ τοί σοι λέγω, ὅτι μένοντε δεῖ μάχεσθαι λαμβάνειν τε τῶν χυτρῶν. Ἐυελπίδης τί δὲ χύτρα νώ γʼ ὠφελήσει; Πισθέταιρος γλαῦξ μὲν οὐ πρόσεισι νῷν. Ἐυελπίδης τοῖς δὲ γαμψώνυξι τοισδί; Πισθέταιρος τὸν ὀβελίσκον ἁρπάσας εἶτα κατάπηξον πρὸ σαυτοῦ. Ἐυελπίδης τοῖσι δʼ ὀφθαλμοῖσι τί; Πισθέταιρος ὀξύβαφον ἐντευθενὶ προσδοῦ λαβὼν ἢ τρύβλιον. Ἐυελπίδης ὦ σοφώτατʼ, εὖ γʼ ἀνηῦρες αὐτὸ καὶ στρατηγικῶς· ὑπερακοντίζεις σύ γʼ ἤδη Νικίαν ταῖς μηχαναῖς. Χορός ἐλελελεῦ χώρει κάθες τὸ ῥύγχος· οὐ μέλλειν ἐχρῆν. ἕλκε τίλλε παῖε δεῖρε, κόπτε πρώτην τὴν χύτραν.
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457

première marmite.

Epops.

Dites moi, les plus méchants animaux du monde ! Prétendez vous donc faire périr sans cause deux hommes qui ne vous ont rien fait, et qui sont parents de ma femme ?

Le ch.

Avons nous plus de raison de les épargner que si c'étaient des loups ? Et pouvons nous punir de plus grands ennemis que cela ?

Epops.

Quand ils seraient nos ennemis de nature, ils sont nos amis de volonté. Ils ne sont venus ici que pour nous enseigner une chose très utile.

Le ch.

Comment pourraient-ils nous apprendre quelque chose d'utile, eux qui ont toujours fait la guerre à nos pères ?

Epops.

Les gens sages savent apprendre des choses de leurs ennemis même. La défiance est la source de la sûreté, vous n'apprenez rien d'un ami ; mais l'ennemi vous ouvre l'esprit malgré vous. N'est-ce pas des ennemis que les villes ont appris à élever de hautes murailles, et à fabriquer de grands vaisseaux ? Et c'est cela qui sauve les enfants, les maisons, les biens.

Le ch.

Il parait qu'il ne serait pas hors de propos d'entendre ces hommes. Car en effet on peut apprendre quelque chose de bien de ses propres ennemis .

Ἔποψ εἰπέ μοι τί μέλλετʼ ὦ πάντων κάκιστα θηρίων ἀπολέσαι παθόντες οὐδὲν ἄνδρε καὶ διασπάσαι τῆς ἐμῆς γυναικὸς ὄντε ξυγγενεῖ καὶ φυλέτα; Χορός φεισόμεσθα γάρ τι τῶνδε μᾶλλον ἡμεῖς ἢ λύκων; ἢ τίνας τεισαίμεθʼ ἄλλους τῶνδʼ ἂν ἐχθίους ἔτι; Ἔποψ εἰ δὲ τὴν φύσιν μὲν ἐχθροὶ τὸν δὲ νοῦν εἰσιν φίλοι, καὶ διδάξοντές τι δεῦρʼ ἥκουσιν ὑμᾶς χρήσιμον; Χορός πῶς δʼ ἂν οἵδʼ ἡμᾶς τι χρήσιμον διδάξειάν ποτε ἢ φράσειαν, ὄντες ἐχθροὶ τοῖσι πάπποις τοῖς ἐμοῖς; Ἔποψ ἀλλʼ ἀπʼ ἐχθρῶν δῆτα πολλὰ μανθάνουσιν οἱ σοφοί. ἡ γὰρ εὐλάβεια σῴζει πάντα. παρὰ μὲν οὖν φίλου οὐ μάθοις ἂν τοῦθʼ, ὁ δʼ ἐχθρὸς εὐθὺς ἐξηνάγκασεν. αὐτίχʼ αἱ πόλεις παρʼ ἀνδρῶν γʼ ἔμαθον ἐχθρῶν κοὐ φίλων ἐκπονεῖν θʼ ὑψηλὰ τείχη ναῦς τε κεκτῆσθαι μακράς· τὸ δὲ μάθημα τοῦτο σῴζει παῖδας οἶκον χρήματα. Χορός ἔστι μὲν λόγων ἀκοῦσαι πρῶτον, ὡς ἡμῖν δοκεῖ, χρήσιμον· μάθοι γὰρ ἄν τις κἀπὸ τῶν ἐχθρῶν σοφόν.
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458

(n) Ornes : ville du Péloponèse

f°44 Pisth.

Il me semble que leur colère commence à se calmer. Tu peux maintenant te reposer sur tes armes.

Epops.

Ce que vous dites est raisonnable ; et il est juste que vous me sachiez gré de ce que j'ai fait.

Pisth.

Tout se dispose à la paix, tu n'as qu'à mettre bas la marmite et le plat, le javelot et la broche ; appuie tout cela sur la marmite ; et par une démarche hardie faisons voir que nous n'avons point de peur ; aussi bien nous est-il impossible de fuir.

Bon.

Fort bien ; mais si nous mourons, où serons-nous enterrés ?

Pisth.

Le Céramique nous recevra dans son sein. Et afin que nos obsèques se fassent aux dépens du public, nous dirons aux généraux que nous sommes morts à la ville aux oiseaux (n) , en combattant contre les ennemis.

Le ch.

Reprenez vos rangs ; calmez votre fureur martiale ; mais tenez-vous cependant toujours sur vos gardes. Interrogeons ces étrangers, et sachons d'où ils viennent et ce qu'ils ont à communiquer. Holà, leur hôte ! C'est toi que j'appelle.

Πισθέταιρος οἵδε τῆς ὀργῆς χαλᾶν εἴξασιν. ἄναγʼ ἐπὶ σκέλος. Ἔποψ καὶ δίκαιόν γʼ ἐστὶ κἀμοὶ δεῖ νέμειν ὑμᾶς χάριν. Χορός ἀλλὰ μὴν οὐδʼ ἄλλο σοί πω πρᾶγμʼ ἐνηντιώμεθα. Πισθέταιρος μᾶλλον εἰρήνην ἄγουσι νὴ Δίʼ, ὥστε τὴν χύτραν τώ τε τρυβλίω καθίει· καὶ τὸ δόρυ χρή, τὸν ὀβελίσκον, περιπατεῖν ἔχοντας ἡμᾶς τῶν ὅπλων ἐντός, παρʼ αὐτὴν τὴν χύτραν ἄκραν ὁρῶντας ἐγγύς· ὡς οὐ φευκτέον νῷν. Ἐυελπίδης ἐτεὸν ἢν δʼ ἄρʼ ἀποθάνωμεν, κατορυχθησόμεσθα ποῦ γῆς; Πισθέταιρος ὁ Κεραμεικὸς δέξεται νώ. δημοσίᾳ γὰρ ἵνα ταφῶμεν, φήσομεν πρὸς τοὺς στρατηγοὺς μαχομένω τοῖς πολεμίοισιν ἀποθανεῖν ἐν Ὀρνεαῖς. Χορός ἄναγʼ ἐς τάξιν πάλιν ἐς ταὐτόν, καὶ τὸν θυμὸν κατάθου κύψας παρὰ τὴν ὀργὴν ὥσπερ ὁπλίτης· κἀναπυθώμεθα τούσδε τίνες ποτὲ καὶ πόθεν ἔμολον † ἐπὶ τίνα τʼ ἐπίνοιαν. † ἰὼ ἔποψ σέ τοι καλῶ.
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459

Epops.

Que veux-tu savoir de moi ?

Le ch.

Qui sont ces gens, et d'où sont-ils ?

Epops.

Ce sont des étrangers qui viennent de la sage Grèce.

Le ch.

Par quel hasard se sont ils acheminés vers les oiseaux ?

Epops.

Nul autre dessein ne les anime, que l’envie de passer leurs jours avec toi.

Le ch.

Que dis-tu là ? Mais que disent-ils eux-mêmes ?

Epops.

Des choses incroyables.

Le ch.

Sachons donc quels avantages nous retirerons de leur séjour parmi nous. Car à moins de cela, il faut les traiter en ennemis, s’ils ne nous peuvent servir comme amis.

Epops.

Celui-ci nous propose un bonheur qui passe toute croyance ; et c'est que tout ce que nous voyons, à droite, à gauche, dessus, dessous, tout cela sera à nous.

Le ch.

Il faut qu'il soit fou.

Epops.

Au contraire ; on ne peut mieux raisonner qu'il raisonne.

Ἔποψ καλεῖς δὲ τοῦ κλύειν θέλων; Χορός τίνες ποθʼ οἵδε καὶ πόθεν; Ἔποψ ξείνω σοφῆς ἀφʼ Ἑλλάδος. Χορός τύχη δὲ ποία κομίζει ποτʼ αὐτὼ πρὸς ὄρνιθας ἐλθεῖν; Ἔποψ ἔρως βίου διαίτης τε καὶ σοῦ ξυνοικεῖν τέ σοι καὶ ξυνεῖναι τὸ πᾶν. Χορός τί φῄς; λέγουσι δὴ τίνας λόγους; Ἔποψ ἄπιστα καὶ πέρα κλύειν. Χορός ὁρᾷ τι κέρδος ἐνθάδʼ ἄξιον μονῆς, ὅτῳ πέποιθʼ ἐμοὶ ξυνὼν κρατεῖν ἂν ἢ τὸν ἐχθρὸν ἢ φίλοισιν ὠφελεῖν ἔχειν; Ἔποψ λέγει μέγαν τινʼ ὄλβον οὔτε λεκτὸν οὔτε πιστόν· ὡς σὰ γὰρ τὰ πάντα ταῦτα καὶ τὸ τῇδε καὶ τὸ κεῖσε καὶ τὸ δεῦρο προσβιβᾷ λέγων. Χορός πότερα μαινόμενος; Ἔποψ ἄφατον ὡς φρόνιμος.
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460

(o) Il était petit et mal fait, et sa femme grande et qui le faisait cocu, et ne s'embarrassait pas d'être prise sur le fait.

X

f°45 Le ch.

Il a donc de l'esprit ?

Epops.

Comment, de l'esprit ? C'est un vrai renard tout pétri de finesse et de malice.

Le ch.

Dis-lui que je veux l'entendre. Et vite, et vite. Je vole, je ne me possède pas d'impatience.

Epops.

Maintenant, vous deux, prenez vos armes, et les pendez au croc à la cuisine, pour les consacrer à la bonne fortune. Et toi apprends-nous ce que tu m'as promis de dire à ces oiseaux, quand je les aurai rassemblés.

Pisth.

Par Apollon , je m'en donnerais bien de garde, à moins que nous ne fassions auparavant le marché que le petit singe (o) Panetius le ferrandinier fit avec sa diablesse de femme, de ne me point mordre, de ne jouer ni du bec, ni des griffes, de ne me point venir farfouiller.

Epops.

Ne crains rien.

Pisth.

J'entends les yeux.

Le ch.

Je te le promets.

Pisth.

Il en faut jurer.

Le ch.

Je jure par tous les juges et les spectateurs, que je souhaite qui me soient favorables

Χορός ἔνι σοφόν τι φρενί; Ἔποψ πυκνότατον κίναδος, σόφισμα κύρμα τρῖμμα παιπάλημʼ ὅλον. Χορός λέγειν λέγειν κέλευέ μοι. κλύων γὰρ ὧν σύ μοι λέγεις λόγων ἀνεπτέρωμαι. Ἔποψ ἄγε δὴ σὺ καὶ σὺ τὴν πανοπλίαν μὲν πάλιν ταύτην λαβόντε κρεμάσατον τύχἀγαθῇ ἐς τὸν ἰπνὸν εἴσω πλησίον τοὐπιστάτου· σὺ δὲ τούσδʼ ἐφʼ οἷσπερ τοῖς λόγοις συνέλεξʼ ἐγὼ φράσον, δίδαξον. Πισθέταιρος μὰ τὸν Ἀπόλλω ʼγὼ μὲν οὔ, ἢν μὴ διάθωνταί γʼ οἵδε διαθήκην ἐμοὶ ἥνπερ ὁ πίθηκος τῇ γυναικὶ διέθετο, ὁ μαχαιροποιός, μήτε δάκνειν τούτους ἐμὲ μήτʼ ὀρχίπεδʼ ἕλκειν μήτʼ ὀρύττειν — Χορός οὔτι που τόν —; οὐδαμῶς. Πισθέταιρος οὔκ, ἀλλὰ τὠφθαλμὼ λέγω. Χορός διατίθεμαι ʼγώ. Πισθέταιρος κατόμοσόν νυν ταῦτά μοι. Χορός ὄμνυμʼ ἐπὶ τούτοις, πᾶσι νικᾶν τοῖς κριταῖς καὶ τοῖς θεαταῖς πᾶσιν.
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461

(q) On a déjà vu ci-dessus dans les femmes à la fête de Cérès que ceux qui voulaient haranguer, prenaient des couronnes. On en prenait aussi pour se mettre à table, etc.

X

d'un consentement unanime.

Pisth.

Je l'espère.

Le ch.

Et si je ne tiens pas ma parole, je veux ne remporter la victoire qu'au jugement d’un seul de toute cette grande assemblée.

Pisth.

Écoutez, peuples. Il faut d'abord que tous ceux qui sont armés emportent leurs armes au logis. Après cela nous verrons ce que nous écrirons sur nos tablettes.

Le ch.

Il faut avouer que l'homme est un méchant animal plein de malice. Mais parle cependant, tu ne laisseras pas de dire quelque chose de bon, car tu pourrais bien voir que je ne vois pas, et découvrir ce qui est caché à mon peu d'esprit. Expose donc au public ce que tu as dans l'ame, et rends commun ce que tu nous apportes de bon. Parle hardiment, et assure-toi que nous garderons fidèlement la trève.

Pisth.

Je meurs d'envie de parler, parler et j'ai là-dedans un discours tout à partir. Garçon ! Apporte moi une (q) couronne, et qu'on me donne à laver.

Le ch.

Est-il donc question de souper !

Pisth.

Non, parbleu ; mais je me dispose à vous débiter un grand et large discours qui

Πισθέταιρος ἔσται ταυταγί. Χορός εἰ δὲ παραβαίην, ἑνὶ κριτῇ νικᾶν μόνον. Κῆρυξ ἀκούετε λεῴ· τοὺς ὁπλίτας νυνμενὶ ἀνελομένους θὤπλʼ ἀπιέναι πάλιν οἴκαδε, σκοπεῖν δʼ ὅ τι ἂν προγράφωμεν ἐν τοῖς πινακίοις. Χορός δολερὸν μὲν ἀεὶ κατὰ πάντα δὴ τρόπον πέφυκεν ἄνθρωπος· σὺ δʼ ὅμως λέγε μοι. τάχα γὰρ τύχοις ἂν χρηστὸν ἐξειπὼν ὅ τι μοι παρορᾷς, ἢ δύναμίν τινα μείζω παραλειπομένην ὑπʼ ἐμῆς φρενὸς ἀξυνέτου· σὺ δὲ τοῦθʼ οὑρᾷς λέγʼ ἐς κοινόν. ὃ γὰρ ἂν σὺ τύχῃς μοι ἀγαθὸν πορίσας, τοῦτο κοινὸν ἔσται. Χορός ἀλλʼ ἐφʼ ὅτῳπερ πράγματι τὴν σὴν ἥκεις γνώμην ἀναπείσας, λέγε θαρρήσας· ὡς τὰς σπονδὰς οὐ μὴ πρότεροι παραβῶμεν. Πισθέταιρος καὶ μὴν ὀργῶ νὴ τὸν Δία καὶ προπεφύραται λόγος εἷς μοι,
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462

était ?

f°46

vous chatouillera l'âme. En effet, vous me faites compassion. Vous étiez autrefois des rois.

Le ch.

Nous des rois ? Et de qui ?

Pisth.

De qui ? De tout, de moi, de lui. Vous êtes plus anciens que Jupiter , plus vieux que Saturne , que les Titans , que la Terre même.

Le ch.

Plus vieux que la Terre ?

Pisth.

Oui, par Apollon .

Le ch.

Pardi, je n'avais jamais entendu parler de cela.

Pisth.

C'est que tu es un ignorant, un innocent, qui n'a point lu Esope . Il dit que l'alouette fut faite la première avant la Terre . Après cela son père mourut de maladie, et comme il n'y avait point de terre où lui donner sépulture, quoiqu'il y eût déjà cinq jours qu'il fut trépassé , la pauvre alouette, ne sachant où le mettre, elle l'ensevelit dans sa tête, et c'est d'où vient la huppe qu'elle y a. Si vous êtes donc plus anciens que la Terre et les Dieux ; n'est-il pas évident que vous êtes les rois de l'univers ?

Bon.

Par Apollon ! Tu mérites après cela d'avoir un bec crochu.

ὃν διαμάττειν οὐ κωλύει· φέρε παῖ στέφανον· καταχεῖσθαι κατὰ χειρὸς ὕδωρ φερέτω ταχύ τις. Ἐυελπίδης δειπνήσειν μέλλομεν; ἢ τί; Πισθέταιρος μὰ Δίʼ ἀλλὰ λέγειν ζητῶ τι πάλαι μέγα καὶ λαρινὸν ἔπος τι, ὅ το τὴν τούτων θραύσει ψυχήν· οὕτως ὑμῶν ὑπεραλγῶ, οἵτινες ὄντες πρότερον βασιλῆς — Χορός ἡμεῖς βασιλῆς; τίνος; Πισθέταιρος ὑμεῖς πάντων ὁπόσʼ ἔστιν, ἐμοῦ πρῶτον, τουδί, καὶ τοῦ Διὸς αὐτοῦ, ἀρχαιότεροι πρότεροί τε Κρόνου καὶ Τιτάνων ἐγένεσθε, καὶ γῆς. Χορός καὶ γῆς; Πισθέταιρος νὴ τὸν Ἀπόλλω. Χορός τουτὶ μὰ Δίʼ οὐκ ἐπεπύσμην. Πισθέταιρος ἀμαθὴς γὰρ ἔφυς κοὐ πολυπράγμων, οὐδʼ Αἴσωπον πεπάτηκας, ὃς ἔφασκε λέγων κορυδὸν πάντων πρώτην ὄρνιθα γενέσθαι, προτέραν τῆς γῆς, κἄπειτα νόσῳ τὸν πατέρʼ αὐτῆς ἀποθνῄσκειν· γῆν δʼ οὐκ εἶναι, τὸν δὲ προκεῖσθαι πεμπταῖον· τὴν δʼ ἀποροῦσαν ὑπʼ ἀμηχανίας τὸν πατέρʼ αὑτῆς ἐν τῇ κεφαλῇ κατορύξαι. Ἐυελπίδης ὁ πατὴρ ἄρα τῆς κορυδοῦ νυνὶ κεῖται τεθνεὼς Κεφαλῆσιν. Πισθέταιρος οὔκουν δῆτʼ εἰ πρότεροι μὲν γῆς πρότεροι δὲ θεῶν ἐγένοντο, ὡς πρεσβυτάτων αὐτῶν ὄντῶν ὀρθῶς ἐσθʼ ἡ βασιλεία; Ἐυελπίδης νὴ τὸν Ἀπόλλω· πάνυ τοίνυν χρὴ ῥύγχος βόσκειν σε τὸ λοιπόν·
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463

(r) Le Roi seul parmi les Perses portait la thiare tiare droite. Les autres la portaient penchée.

(s) Ce festin du 10e jour se faisait pour nommer l'en l'enfant.

Epops.

Je ne pense pas cependant que Jupiter veuille abandonner son sceptre au pic-vert.

Pisth.

Or pour vous prouver que ce n'étaient pas d'abord les Dieux qui régnaient sur les hommes mais les oiseaux ; je commencerai par le coq et je vous ferai voir comme il a été notre roi. Premièrement il a régné sur les Perses, sur Darius et sur Mégabyse . Car n'est-il pas vrai qu'on l’appelle oiseau de Perse. Et d’où vient cela si ce n’est qu’il n’a régné sur les Perses ?

Epops.

C'est donc pour cela qu'il marche encore comme le grand roi ; et de tous les oiseaux il est le seul qui porte la thiare tiare (r) droite.

Pisth.

De là vient encore pour montrer quelle était alors sa puissance et sa grandeur, que maintenant même au moment où il fait entendre sa voix le matin, tout le monde se lève pour travailler, forgerons, potiers, cordonniers baigneurs, boulangers, tourneurs, armuriers, luthiers et quoiqu'il ne soit pas encore jour, vous les voyez courir de tous cotés à leur besogne.

Bon.

Demandez moi ce qui en est. Ce diantre d’animal est cause que j'ai une fois perdu ma casaque qui était de bonne laine de Phrygie. On m’avait invité au festin du (s) dixième jour de la naissance d'un enfant. Je m'amusai à boire dans la

οὐκ ἀποδώσει ταχέως ὁ Ζεὺς τὸ σκῆπτρον τῷ δρυκολάπτῃ. Πισθέταιρος ὡς δʼ οὐχὶ θεοὶ τοίνυν ἦρχον τῶν ἀνθρώπων τὸ παλαιόν, ἀλλʼ ὄρνιθες, κἀβασίλευον, πόλλʼ ἐστὶ τεκμήρια τούτων. αὐτίκα δʼ ὑμῖν πρῶτʼ ἐπιδείξω τὸν ἀλεκτρυόνʼ, ὡς ἐτυράννει ἦρχέ τε Περσῶν πρῶτον πάντων Δαρείου καὶ Μεγαβάζου, ὥστε καλεῖται Περσικὸς ὄρνις ἀπὸ τῆς ἀρχῆς ἔτʼ ἐκείνης. Ἐυελπίδης διὰ ταῦτʼ ἄρʼ ἔχων καὶ νῦν ὥσπερ βασιλεὺς ὁ μέγας διαβάσκει ἐπὶ τῆς κεφαλῆς τὴν κυρβασίαν τῶν ὀρνίθων μόνος ὀρθήν. Πισθέταιρος οὕτω δʼ ἴσχυσέ τε καὶ μέγας ἦν τότε καὶ πολύς, ὥστʼ ἔτι καὶ νῦν ὑπὸ τῆς ῥώμης τῆς τότʼ ἐκείνης, ὁπόταν μόνον ὄρθριον ᾄσῃ, ἀναπηδῶσιν πάντες ἐπʼ ἔργον χαλκῆς κεραμῆς σκυλοδέψαι σκυτῆς βαλανῆς ἀλφιταμοιβοὶ τορνευτολυρασπιδοπηγοί· οἱ δὲ βαδίζουσʼ ὑποδησάμενοι νύκτωρ. Ἐυελπίδης ἐμὲ τοῦτό γʼ ἐρώτα. χλαῖναν γὰρ ἀπώλεσʼ ὁ μοχθηρὸς Φρυγίων ἐρίων διὰ τοῦτον. ἐς δεκάτην γάρ ποτε παιδαρίου κληθεὶς ὑπέπινον ἐν ἄστει,
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(t) Cette coutume n'était que parmi les pauvres qui se réjouissaient de voir l'hiver passé, qui est toujours fort rude pour eux.

f°47

ville, et je m'endormis avant que les autres eussent achevé de souper. Le coq chanta, et comme je crus qu'il serait bientôt jour ; je pris le chemin de mon village. À peine étais-je hors des murs, que je fis rencontre d'un filou qui me fit tomber d'un grand coup de massue. J'allais crier, mais le drôle était déjà bien loin avec ma casaque.

Pisth.

Et le milan n'a-t-il pas autrefois régné sur tous les Grecs ?

Epops.

Sur tous les Grecs ?

Pisth.

Sans doute ; et c'est lui qui a établi la coutume de (t) se rouler de joie, quand on voit le milan au retour du printemps.

Bon.

Par Bacchus ! Je me roulais une fois, à l'aspect du milan ; et comme j'étais à la renverse, j'avalai par mégarde l'obole que j'avais dans la bouche, et je rapportai mon sac vide de provisions.

Pisth.

Le coucou a aussi régné dans l' Egypte et dans toute la Phénicie ; et la preuve de cela est, qu'aussitôt qu'il dit : coucou ; vous voyez tous les Phéniciens courir dans les champs et scier les blés.

Epops.

C'est donc d'où vient le proverbe : coucou, aux champs, circoncis !

κἄρτι καθηῦδον, καὶ πρὶν δειπνεῖν τοὺς ἄλλους οὗτος ἄρʼ ᾖσεν· κἀγὼ νομίσας ὄρθρον ἐχώρουν Ἀλιμουντάδε, κἄρτι προκύπτω ἔξω τείχους καὶ λωποδύτης παίει ῥοπάλῳ με τὸ νῶτον· κἀγὼ πίπτω μέλλω τε βοᾶν, ὁ δʼ ἀπέβλισε θοἰμάτιόν μου. Πισθέταιρος ἰκτῖνος δʼ οὖν τῶν Ἑλλήνων ἦρχεν τότε κἀβασίλευεν. Χορός τῶν Ἑλλήνων; Πισθέταιρος καὶ κατέδειξέν γʼ οὗτος πρῶτος βασιλεύων προκυλινδεῖσθαι τοῖς ἰκτίνοις. Ἐυελπίδης νὴ τὸν Διόνυσον, ἐγὼ γοῦν ἐκυλινδούμην ἰκτῖνον ἰδών· κᾆθʼ ὕπτιος ὢν ἀναχάσκων ὀβολὸν κατεβρόχθισα· κᾆτα κενὸν τὸν θύλακον οἴκαδʼ ἀφεῖλκον. Πισθέταιρος Αἰγύπτου δʼ αὖ καὶ Φοινίκης πάσης κόκκυξ βασιλεὺς ἦν· χὠπόθʼ ὁ κόκκυξ εἴποι κόκκυ, τότʼ ἂν οἱ Φοίνικες ἅπαντες τοὺς πυροὺς ἂν καὶ τὰς κριθὰς ἐν τοῖς πεδίοις ἐθέριζον. Ἐυελπίδης τοῦτʼ ἄρʼ ἐκεῖνʼ ἦν τοὔπος ἀληθῶς· κόκκυψωλοὶ πεδίονδε.
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(u) Ce fut lui qui conduisit la colonie des Athéniens à Sybarès.

Pisth.

Une autre preuve convaincante du régne des oiseaux, c'est que tous les rois des villes grecques comme Agamemnon et Menelaus , portaient des oiseaux sur leurs sceptres, pour témoigner que les rois ne recevaient point d'honneurs dont il ne fallut que les oiseaux eussent leur part.

Bon.

Voilà ce que je ne savais pas. Aussi je m’étonnais pourquoi dans toutes les tragédies, Priam paraît avec un oiseau sur son sceptre, qui, planté là-dessus, regarde, comme le capitaine Lysicrate si on ne lui fera point quelque présent.

Pisth.

Ce qu'il y a de plus étonnant, c'est que Jupiter même, qui règne à présent, a un aigle sur sa tête, tout roi qu'il est, sa fille une chouette et Apollon , comme valet de Jupiter , a un épervier, moindre qu'un aigle.

Bon.

Par Cérès , tu dis vrai ! Mais d'où vient qu’ils ont ces oiseaux ?

Pisth.

Ne vois-tu pas que c'est afin que lorsqu’on leur fait des sacrifices, et qu'on leur met en main les intestins selon la coutume, les oiseaux goûtent avant eux ? Il a été un temps qu'aucun mortel ne jurait par les Dieux ; mais tous juraient par les oiseaux. Et nous voyons encore le devin Lampon (u) , qui ne jure que par le canard quand quelqu'un l’a trompé. Voilà quels étaient autrefois vos honneurs. Mais à présent vous êtes au-dessous

Πισθέταιρος ἦρχον δʼ οὕτω σφόδρα τὴν ἀρχήν, ὥστʼ εἴ τις καὶ βασιλεύοι ἐν ταῖς πόλεσιν τῶν Ἑλλήνων Ἀγαμέμνων ἢ Μενέλαος, ἐπὶ τῶν σκήπτρων ἐκάθητʼ ὄρνις μετέχων ὅ τι δωροδοκοίη. Ἐυελπίδης τουτὶ τοίνυν οὐκ ᾔδη ʼγώ· καὶ δῆτά μʼ ἐλάμβανε θαῦμα, ὁπότʼ ἐξέλθοι Πρίαμός τις ἔχων ὄρνιν ἐν τοῖσι τραγῳδοῖς, ὁ δʼ ἄρʼ εἱστήκει τὸν Λυσικράτη τηρῶν ὅ τι δωροδοκοίη. Πισθέταιρος ὃ δὲ δεινότατόν γʼ ἐστὶν ἁπάντων, ὁ Ζεὺς γὰρ ὁ νῦν βασιλεύων αἰετὸν ὄρνιν ἕστηκεν ἔχων ἐπὶ τῆς κεφαλῆς βασιλεὺς ὤν, ἡ δʼ αὖ θυγάτηρ γλαῦχʼ, ὁ δʼ Ἀπόλλων ὥσπερ θεράπων ἱέρακα. Ἐυελπίδης νὴ τὴν Δήμητρʼ εὖ ταῦτα λέγεις. τίνος οὕνεκα ταῦτʼ ἄρʼ ἔχουσιν; Πισθέταιρος ἵνʼ ὅταν θύων τις ἔπειτʼ αὐτοῖς ἐς τὴν χεῖρʼ, ὡς νόμος ἐστίν, τὰ σπλάγχνα διδῷ, τοῦ Διὸς αὐτοὶ πρότεροι τὰ σπλάγχνα λάβωσιν. ὤμνυ τʼ οὐδεὶς τότʼ ἂν ἀνθρώπων θεόν, ἀλλʼ ὄρνιθας ἅπαντες· Λάμπων δʼ ὄμνυσʼ ἔτι καὶ νυνὶ τὸν χῆνʼ, ὅταν ἐξαπατᾷ τι. οὕτως ὑμᾶς πάντες πρότερον μεγάλους ἁγίους τʼ ἐνόμιζον,
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f°48

des plus vils esclaves. On vous traite comme des enragés ; on vous tire des flèches et des pierres jusques dans les temples ; les visiteurs vous tendent des pièges, des filets, des pantières, des tirasses, des nuées, des piquets. Quand on vous a pris, on vous vend à tas. Ceux qui vous achètent vous manient le ventre et la poitrine pour voir si vous êtes gras. Ils ne se contentent pas de vous embrocher et de vous faire rôtir, ils rapent encore sur vous du fromage ; ils y répandent de l'huile, du vinaigre, de la moutarde, de la sauce toute chaude ; enfin c'est une cruauté, une boucherie...

Le ch.

Ah ! Quel triste discours nous fais-tu là ? Les larmes m'en viennent aux yeux, quand je fais réflexion sur le malheur de nos pères qui ont laissé perdre les honneurs de leurs ancêtres. Heureuse rencontre, qui nous donne en toi un homme capable de les rétablir ! Je te confie mes enfants ; je me livre moi-même à ta conduite. Mais que faut-il faire ? Apprends le nous. Je ne daigne plus vivre si je ne recouvre mon ancienne royauté.

Pisth.

Je vous dirai qu'il faut faire une ville où nous rassemblerons tous les oiseaux ; et puis tout cet air qui nous environne, il faut l'enclorre [sic] de bons murs bâtis de briques, comme ceux de Babylone.

Epops.

Oh ! Mes amis ! Que cela sera magnifique !

Πισθέταιρος νῦν δʼ ἀνδράποδʼ ἠλιθίους Μανᾶς· ὥσπερ δʼ ἤδη τοὺς μαινομένους βάλλουσʼ ὑμᾶς, κἀν τοῖς ἱεροῖς πᾶς τις ἐφʼ ὑμῖν ὀρνιθευτὴς ἵστησι βρόχους παγίδας ῥάβδους ἕρκη νεφέλας δίκτυα πηκτάς· εἶτα λαβόντες πωλοῦσʼ ἁθρόους· οἱ δʼ ὠνοῦνται βλιμάζοντες· κοὐδʼ οὖν, εἴπερ ταῦτα δοκεῖ δρᾶν, ὀπτησάμενοι παρέθενθʼ ὑμᾶς, ἀλλʼ ἐπικνῶσιν τυρὸν ἔλαιον σίλφιον ὄξος καὶ τρίψαντες κατάχυσμʼ ἕτερον γλυκὺ καὶ λιπαρόν, κἄπειτα κατεσκέδασαν θερμὸν τοῦτο καθʼ ὑμῶν αὐτῶν ὥσπερ κενεβρείων. Χορός πολὺ δὴ πολὺ δὴ χαλεπωτάτους λόγους ἤνεγκας ἄνθρωφʼ. ὡς ἐδάκρυσά γʼ ἐμῶν πατέρων κάκην, οἳ τάσδε τὰς τιμὰς προγόνων παραδόντων ἐπʼ ἐμοῦ κατέλυσαν. σὺ δέ μοι κατὰ δαίμονα καί τινα συντυχίαν ἀγαθὴν ἥκεις ἐμοὶ σωτήρ. ἀναθεὶς γὰρ ἐγώ σοι τὰ νεοττία κἀμαυτὸν οἰκήσω. Χορός ἀλλʼ ὅ τι χρὴ δρᾶν, σὺ δίδασκε παρών· ὡς ζῆν οὐκ ἄξιον ἡμῖν, εἰ μὴ κομιούμεθα παντὶ τρόπῳ τὴν ἡμετέραν βασιλείαν. Πισθέταιρος καὶ δὴ τοίνυν πρῶτα διδάσκω μίαν ὀρνίθων πόλιν εἶναι, κἄπειτα τὸν ἀέρα πάντα κύκλῳ καὶ πᾶν τουτὶ τὸ μεταξὺ περιτειχίζειν μεγάλαις πλίνθοις ὀπταῖς ὥσπερ Βαβυλῶνα. Ἔποψ ὦ Κεβριόνη καὶ Πορφυρίων ὡς σμερδαλέον τὸ πόλισμα.
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(x) Fille de Cercyon violée par un fils de Neptune , Hippothoon .

(y) Il y a au Grec : à la Phaleride. C'est un oiseau de marais que le poète oppose à Vénus , à cause du jeu de mots entre phalle et phaleris.

(z) En grec ορχιλος oiseau ennemi du hibou. Le poète joue sur le nom, et l'on tâche d'imiter son idée en substituant un autre oiseau.

Pisth.

Quand cet édifice sera élevé, il faudra redemander notre royaume à Jupiter , et s’il ne veut pas le rendre de bonne grace, il faudra lui déclarer la guerre, et faire savoir à tous les Dieux qu'ils n'aient plus à passer par les contrées que nous occupons ; comme ils faisaient autrefois pour aller débaucher les Alcmènes , les Alopes (x) , les Sémélés ; et si on les y attrape, on leur mettra un cachet sur ce que vous savez, pour les empêcher de mal faire. D'un autre côté, l'on enverra un hérault vers les hommes pour leur dire que ce sont désormais les oiseaux qui règnent et que c'est à eux qu'il faut sacrifier par préférence ; après cela on pensera aux dieux. Il faut donc avertir les hommes de rendre aux oiseaux, à proportion, les mêmes honneurs qu'ils voudront rendre aux Dieux. Par exemple s'ils veulent sacrifier à Vénus , qu'ils sacrifient [?] auparavant des grains (y) aux colombes, s’ils veulent sacrifier un porc à Neptune , qu'ils commencent par faire une offrande au canard. S'ils veulent offrir un bœuf à Hercule , que ce soit après avoir sacrifié des pains d’épices au cormoran oiseau vorace. Enfin s'ils ont dessein d'immoler un bélier au roi Jupiter , qu'ils se souviennent d'offrir quelque insecte garni de testicules au royal oiseau nommé : (z) Hoche-queue.

Bon.

L'insecte sacrifié me fait mourir de rire. Qu’il tonne maintenant, ce grand Jupiter , je m’en moque.

Πισθέταιρος κἄπειτʼ ἢν τοῦτʼ ἐπανεστήκῃ, τὴν ἀρχὴν τὸν Δίʼ ἀπαιτεῖν· κἂν μὲν μὴ φῇ μηδʼ ἐθελήσῃ μηδʼ εὐθὺς γνωσιμαχήσῃ, ἱερὸν πόλεμον πρωὐδᾶν αὐτῷ, καὶ τοῖσι θεοῖσιν ἀπειπεῖν διὰ τῆς χώρας τῆς ὑμετέρας ἐστυκόσι μὴ διαφοιτᾶν, ὥσπερ πρότερον μοιχεύσοντες τὰς Ἀλκμήνας κατέβαινον καὶ τὰς Ἀλόπας καὶ τὰς Σεμέλας· ἤνπερ δʼ ἐπίωσʼ, ἐπιβάλλειν σφραγῖδʼ αὐτοῖς ἐπὶ τὴν ψωλήν, ἵνα μὴ βινῶσʼ ἔτʼ ἐκείνας. τοῖς δʼ ἀνθρώποις ὄρνιν ἕτερον πέμψαι κήρυκα κελεύω, ὡς ὀρνίθων βασιλευόντων θύειν ὄρνισι τὸ λοιπόν, κἄπειτα θεοῖς ὕστερον αὖθις· προσνείμασθαι δὲ πρεπόντως τοῖσι θεοῖσιν τῶν ὀρνίθων ὃς ἂν ἁρμόττῃ καθʼ ἕκαστον· ἢν Ἀφροδίτῃ θύῃ, πυροὺς ὄρνιθι φαληρίδι θύειν· ἢν δὲ Ποσειδῶνί τις οἶν θύῃ, νήττῃ πυροὺς καθαγίζειν· ἢν δʼ Ἡρακλέει θύῃ τι, λάρῳ ναστοὺς θύειν μελιτοῦντας· κἂν Διὶ θύῃ βασιλεῖ κριόν, βασιλεύς ἐστʼ ὀρχίλος ὄρνις, ᾧ προτέρῳ δεῖ τοῦ Διὸς αὐτοῦ σέρφον ἐνόρχην σφαγιάζειν. Ἐυελπίδης ἥσθην σέρφῳ σφαγιαζομένῳ. βροντάτω νῦν ὁ μέγας Ζάν.
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468

f°49 Epops.

Et comment les hommes nous prendront ils pour des Dieux, nous qui volons et avons des ailes ?

Pisth.

Tu te moques. Eh ! Pardi, Mercure ne vole-t-il pas, tout Dieu qu'il est, et n'a-t-il pas des ailes ? Tant d'autres ! La victoire, par exemple, qui a des ailes d'or, et Iris qu' Homère compare à une colombe.

Epops.

Mais si Jupiter en colère nous lance son foudre ailé ?

Pisth.

Bagatelle. Et si les hommes ne nous reconnaissent pas et s'en tiennent toujours à leurs Dieux de l' Olympe ; il faudra qu'une nuée d'oiseaux fonde sur leurs champs et dévore tous leurs grains. Après cela, que Cérès leur en fournisse d'autres si elle veut.

Epops.

Bon ! C'est bien ce qui l'embarrasse ! La bonne dame dira qu'elle n'a pas le temps. Après cela les corbeaux n'auront qu'à tirer les yeux aux bœufs d'attelage, et aux brebis, pour faire voir à ces marauds d'hommes si nous sommes à respecter. Apollon guérira peut-être le mal que nous aurons fait ; car il se mêle de médecine, et est aux gages des hommes.

Bon.

Attendez un peu que j'aie vendu un couple

Χορός καὶ πῶς ἡμᾶς νομιοῦσι θεοὺς ἄνθρωποι κοὐχὶ κολοιούς, οἳ πετόμεσθα πτέρυγάς τʼ ἔχομεν; Πισθέταιρος ληρεῖς· καὶ νὴ Δίʼ ὅ γʼ Ἑρμῆς πέτεται θεὸς ὢν πτέρυγάς τε φορεῖ, κἄλλοι γε θεοὶ πάνυ πολλοί. αὐτίκα Νίκη πέτεται πτερύγοιν χρυσαῖν καὶ νὴ Δίʼ Ἔρως γε· Ἥρην δέ γʼ Ὅμηρος ἔφασκʼ ἰκέλην εἶναι τρήρωνι πελείῃ. Ἐυελπίδης ὁ Ζεὺς δʼ ἡμῖν οὐ βροντήσας πέμψει πτερόεντα κεραυνόν; Πισθέταιρος ἢν δʼ οὖν ὑμᾶς μὲν ὑπʼ ἀγνοίας εἶναι νομίσωσι τὸ μηδέν, τούτους δὲ θεοὺς τοὺς ἐν Ὀλύμπῳ τότε χρὴ στρούθων νέφος ἀρθὲν καὶ σπερμολόγων ἐκ τῶν ἀγρῶν τὸ σπέρμʼ αὐτῶν ἀνακάψαι· κἄπειτʼ αὐτοῖς ἡ Δημήτηρ πυροὺς πεινῶσι μετρείτω. Ἐυελπίδης οὐκ ἐθελήσει μὰ Δίʼ, ἀλλʼ ὄψει προφάσεις αὐτὴν παρέχουσαν. Πισθέταιρος οἱ δʼ αὖ κόρακες τῶν ζευγαρίων, οἷσιν τὴν γῆν καταροῦσιν, καὶ τῶν προβάτων τοὺς ὀφθαλμοὺς ἐκκοψάντων ἐπὶ πείρᾳ· εἶθʼ ὅ γʼ Ἀπόλλων ἰατρός γʼ ὢν ἰάσθω· μισθοφορεῖ δέ. Ἐυελπίδης μὴ πρίν γʼ ἂν ἐγὼ τὼ βοιδαρίω τὠμὼ πρώτιστʼ ἀποδῶμαι.
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de bœufs que j'ai là-bas.

Pisth.

Au lieu que s'ils vous reconnaissent pour dieux si vous leur tenez lieu de Saturne , de Neptune , de la Terre ; vous les comblerez de toutes sortes de biens.

Le ch.

Dis moi un seul de ces biens que nous leur ferons.

Pisth.

Premièrement les sauterelles et les tiques ne désoleront point leurs vignes en fleurs, car nous leur donnerons la chasse avec un détachement de hibous et d'autres oiseaux de nuit. Les pucerons et les vers ne rongeront point les figues ; nous détruirons ces insectes pernicieux avec une brigade de Grives.

Epops.

Mais comment leur donnerons-nous des richesses ? C'est là le hic; ils en sont fort friands.

Pisth.

Quand ils chercheront des mines d'or, et d'argent, vous les leur enseignerez. Quand ils consulteront le devin sur les voyages de long cours et les plus lucratifs, vous instruirez le devin ; et par ce moyen il ne se perdra plus de vaisseaux.

Le ch.

Comment l'empêcher ?

Pisth.

Quand un marchand consultera l’ oracle sur le sujet de son voyage, un oiseau lui dira : ne te mets point en mer ; il y aura du

Πισθέταιρος ἢν δʼ ἡγῶνται σὲ θεὸν σὲ βίον σὲ δὲ γῆν σὲ Κρόνον σὲ Ποσειδῶ, ἀγάθʼ αὐτοῖσιν πάντα παρέσται. Ἔποψ λέγε δή μοι τῶν ἀγαθῶν ἕν. Πισθέταιρος πρῶτα μὲν αὐτῶν τὰς οἰνάνθας οἱ πάρνοπες οὐ κατέδονται, ἀλλὰ γλαυκῶν λόχος εἷς αὐτοὺς καὶ κερχνῄδων ἐπιτρίψει. εἶθʼ οἱ κνῖπες καὶ ψῆνες ἀεὶ τὰς συκᾶς οὐ κατέδονται, ἀλλʼ ἀναλέξει πάντας καθαρῶς αὐτοὺς ἀγέλη μία κιχλῶν. Ἔποψ πλουτεῖν δὲ πόθεν δώσομεν αὐτοῖς; καὶ γὰρ τούτου σφόδρʼ ἐρῶσιν. Πισθέταιρος τὰ μέταλλʼ αὐτοῖς μαντευομένοις οὗτοι δώσουσι τὰ χρηστά, τάς τʼ ἐμπορίας τὰς κερδαλέας πρὸς τὸν μάντιν κατεροῦσιν, ὥστʼ ἀπολεῖται τῶν ναυκλήρων οὐδείς. Ἔποψ πῶς οὐκ ἀπολεῖται; Πισθέταιρος προερεῖ τις ἀεὶ τῶν ὀρνίθων μαντευομένῳ περὶ τοῦ πλοῦ· νυνὶ μὴ πλεῖ, χειμὼν ἔσται·
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f°50

gros temps ; mets toi en mer, il y a présentement du profit à faire.

Bon.

Si cela est, j'achèterai une barque, et je me jetterai dans le trafic. Je ne demeurerai pas ici.

Pisth.

Vous leur montrerez les trésors que les anciens ont cachés ; car vous devez savoir où ils sont. Et la preuve, la voici : quand quelqu'un a caché un trésor ne dit-il pas : personne ne sait où je l'ai mis, si ce n'est quelque oiseau ?

Bon.

J'achêterai un oiseau et un pic ; et j'enlèverai les trésors.

Epops.

Et la santé ? Comment la donner aux mortels ? Puisque c'est un présent des Dieux.

Pisth.

S'ils sont heureux dans leurs entreprises, n'auront-ils pas la santé de reste ? Sache qu'un homme qui fait mal ses affaires, ne se porte jamais bien.

Le ch.

Et la longue vie, que l'on croit un don de ces messieurs de l' Olympe, comment la leur donnerons-nous ? Faudra-t-il voir les hommes mourir dès l'enfance ?

Pisth.

Pardi ! Vous voilà bien embarrassés ! Vous avez tant d'années à leur donner ! Des trentaines, s'il le faut.

νυνὶ πλεῖ, κέρδος ἐπέσται. Ἐυελπίδης γαῦλον κτῶμαι καὶ ναυκληρῶ, κοὐκ ἂν μείναιμι παρʼ ὑμῖν. Πισθέταιρος τοὺς θησαυρούς τʼ αὐτοῖς δείξουσʼ οὓς οἱ πρότεροι κατέθεντο τῶν ἀργυρίων· οὗτοι γὰρ ἴσασι· λέγουσι δέ τοι τάδε πάντες, οὐδεὶς οἶδεν τὸν θησαυρὸν τὸν ἐμὸν πλὴν εἴ τις ἄρʼ ὄρνις. Ἐυελπίδης πωλῶ γαῦλον, κτῶμαι σμινύην, καὶ τὰς ὑδρίας ἀνορύττω. Ἔποψ πῶς δʼ ὑγιείαν δώσουσʼ αὐτοῖς, οὖσαν παρὰ τοῖσι θεοῖσιν; Πισθέταιρος ἢν εὖ πράττωσʼ, οὐχ ὑγιεία μεγάλη τοῦτʼ ἐστί; σάφʼ ἴσθι, ὡς ἄνθρωπός γε κακῶς πράττων ἀτεχνῶς οὐδεὶς ὑγιαίνει. Ἔποψ πῶς δʼ ἐς γῆράς ποτʼ ἀφίξονται; καὶ γὰρ τοῦτʼ ἔστʼ ἐν Ὀλύμπῳ· ἢ παιδάριʼ ὄντʼ ἀποθνῄσκειν δεῖ; Πισθέταιρος μὰ Δίʼ ἀλλὰ τριακόσιʼ αὐτοῖς ἔτι προσθήσουσʼ ὄρνιθες ἔτη.
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Le ch.

Et où les prendre ?

Pisth.

Où ? Chez vous-même. Ne savez-vous pas que la corneille criarde vit cinq âges d'homme ?

Bon.

Parbleu, ceux-ci sont plus dignes de régner que Jupiter .

Pisth.

Je le crois, vraiment. Premièrement il ne sera point besoin de leur bâtir des temples de pierre à porte d'or. Ils se contenteront d'habiter de simples buissons ; et au pis-aller il suffira d'établir les plus considérables dans des oliviers, qui leur serviront de temples. Il ne faudra plus faire le voyage de Delphes, ni d' Hammon , pour y sacrifier. On s’arrêtera sous le premier olivier, sous le premier sauvageon d'olivier qui se rencontrera ; et présentant une petite quantité de grain nous ferons notre prière à ces nouveaux dieux et notre dévotion de peu de dépense attirera sur nous toute sorte de bonheur.

Le ch.

Aimable vieillard, que je chéris maintenant, autant que je te haïssais ! Tu m'as tellement persuadé, que je ne puis m'écarter de tes sentiments. Tu m'as élevé par tes discours ; je me sens rempli de hardiesse, prêt à menacer, à jurer ; et si tu continues à seconder mes desseins, sans fraude, je m'assure que les dieux ne jouiront pas longtemps de mon sceptre nous vous nous chargerons de l'exécution de tout ce qui

Ἔποψ παρὰ τοῦ; Πισθέταιρος παρʼ ὅτου; παρʼ ἑαυτῶν. οὐκ οἶσθʼ ὅτι πέντʼ ἀνδρῶν γενεὰς ζώει λακέρυζα κορώνη; Ἐυελπίδης αἰβοῖ πολλῷ κρείττους οὗτοι τοῦ Διὸς ἡμῖν βασιλεύειν. Πισθέταιρος οὐ γὰρ πολλῷ; πρῶτον μέν γʼ οὐχὶ νεὼς ἡμᾶς οἰκοδομεῖν δεῖ λιθίνους αὐτοῖς, οὐδὲ θυρῶσαι χρυσαῖσι θύραις, ἀλλʼ ὑπὸ θάμνοις καὶ πρινιδίοις οἰκήσουσιν. τοῖς δʼ αὖ σεμνοῖς τῶν ὀρνίθων δένδρον ἐλάας ὁ νεὼς ἔσται· κοὐκ ἐς Δελφοὺς οὐδʼ εἰς Ἄμμωνʼ ἐλθόντες ἐκεῖ θύσομεν, ἀλλʼ ἐν ταῖσιν κομάροις καὶ τοῖς κοτίνοις στάντες ἔχοντες κριθὰς πυροὺς εὐξόμεθʼ αὐτοῖς ἀνατείνοντες τὼ χεῖρʼ ἀγαθῶν διδόναι τι μέρος· καὶ ταῦθʼ ἡμῖν παραχρῆμʼ ἔσται πυροὺς ὀλίγους προβαλοῦσιν. Χορός ὦ φίλτατʼ ἐμοὶ πολὺ πρεσβυτῶν ἐξ ἐχθίστου μεταπίπτων, οὐκ ἔστιν ὅπως ἂν ἐγώ ποθʼ ἑκὼν τῆς σῆς γνώμης ἔτʼ ἀφείμην. Χορός ἐπαυχήσας δὲ τοῖσι σοῖς λόγοις ἐπηπείλησα καὶ κατώμοσα, ἢν σὺ παρʼ ἐμὲ θέμενος ὁμόφρονας λόγους δικαίους ἀδόλους ὁσίους ἐπὶ θεοὺς ἴῃς, ἐμοὶ Χορός φρονῶν ξυνῳδά, μὴ πολὺν χρόνον θεοὺς ἔτι σκῆπτρα τἀμὰ τρίψειν.
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f°51

ne demande que les forces du corps. Pour ce qui est du dessein et du conseil, nous nous en reposons sur toi.

Epops.

Il ne faut point ici lanterner ; il faut au plus tôt mettre la main à l’œuvre. Mais auparavant donnez-vous la peine d'entrer dans ma petite maison, et dites moi comment vous vous appelez.

Pisth.

Je m'appelle Pisthétaire .

Epops.

Et celui-là ?

Bon.

Bonespoir de Trie.

Epops.

Salut à tous deux.

Bon.

Grand merci.

Epops.

Entrez donc, s'il vous plaît.

Pisth.

Allons, conduis nous.

Epops.

Marche.

Pisth.

À propos, il se présente une petite difficulté.

Epops.

Qu'est-ce ?

Pisth.

Dis nous un peu, comment lui et moi vivrons nous avec des oiseaux, nous qui ne volons point ?

Χορός ἀλλʼ ὅσα μὲν δεῖ ῥώμῃ πράττειν, ἐπὶ ταῦτα τεταξόμεθʼ ἡμεῖς· ὅσα δὲ γνώμῃ δεῖ βουλεύειν, ἐπὶ σοὶ τάδε πάντʼ ἀνάκειται. Ἔποψ καὶ μὴν μὰ τὸν Δίʼ οὐχὶ νυστάζειν ἔτι ὥρα ʼστὶν ἡμῖν οὐδὲ μελλονικιᾶν, ἀλλʼ ὡς τάχιστα δεῖ τι δρᾶν· πρῶτον δέ γε εἰσέλθετʼ ἐς νεοττιάν γε τὴν ἐμὴν καὶ τἀμὰ κάρφη καὶ τὰ παρόντα φρύγανα, καὶ τοὔνομʼ ἡμῖν φράσατον. Πισθέταιρος ἀλλὰ ῥᾴδιον. ἐμοὶ μὲν ὄνομα Πισθέταιρος, τῳδεδὶ Εὐελπίδης Κριῶθεν. Ἔποψ ἀλλὰ χαίρετον ἄμφω. Πισθέταιρος δεχόμεθα. Ἔποψ δεῦρο τοίνυν εἴσιτον. Πισθέταιρος ἴωμεν· εἰσηγοῦ σὺ λαβὼν ἡμᾶς. Ἔποψ ἴθι. Πισθέταιρος ἀτὰρ τὸ δεῖνα, δεῦρʼ ἐπανάκρουσαι πάλιν. φέρʼ ἴδω, φράσον νῷν, πῶς ἐγώ τε χοὐτοσὶ ξυνεσόμεθʼ ὑμῖν πετομένοις οὐ πετομένω;
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Epops.

À merveille.

Pisth.

Je me souviens d'une fable d' Esope qui nous apprend la mauvaise société qu’il y eut une fois entre un renard et un aigle.

Epops.

Ne crains rien. Nous avons une petite racine dont vous n'aurez pas plutôt mangé, qu’il vous viendra des ailes à tous deux.

Pisth.

Entrons donc. Holà Xanthias ; Hau Ménodo prenez les hardes.

Le ch.

Ecoute.

Epops.

Que me veux-tu ?

Le ch.

Mène ces gens-là chez toi ; et donne leur à dîner, mais laisse nous cette petite chanteuse afin que nous nous réjouissions avec elle.

Pisth.

O ! Pardi ne leur refuse pas cette faveur, fais descendre de ces joncs ce petit oiseau si joli, afin que nous le voyions aussi bien qu'eux.

Epops.

Il faut le faire, puisque vous le voulez. Descends ma chère Procné , fais-toi voir à ces Messieurs .

Pisth.

O ! vénérable Jupiter ! Le joli oiseau que voilà ! qu'il est douillet ! Qu'il est blanc !

Ἔποψ καλῶς. Πισθέταιρος ὅρα νυν, ὡς ἐν Αἰσώπου λόγοις ἐστὶν λεγόμενον δή τι, τὴν ἀλώπεχʼ, ὡς φλαύρως ἐκοινώνησεν αἰετῷ ποτέ. Ἔποψ μηδὲν φοβηθῇς· ἔστι γάρ τι ῥιζίον, ὃ διατραγόντʼ ἔσεσθον ἐπτερωμένω. Πισθέταιρος οὕτω μὲν εἰσίωμεν. ἄγε δὴ Ξανθία καὶ Μανόδωρε λαμβάνετε τὰ στρώματα. Χορός οὗτος σὲ καλῶ, σὲ λέγω. Ἔποψ τί καλεῖς; Χορός τούτους μὲν ἄγων μετὰ σαυτοῦ ἀρίστισον εὖ· τὴν δʼ ἡδυμελῆ ξύμφωνον ἀηδόνα Μούσαις κατάλειφʼ ἡμῖν δεῦρʼ ἐκβιβάσας, ἵνα παίσωμεν μετʼ ἐκείνης. Πισθέταιρος ὦ τοῦτο μεντοι νὴ Δίʼ αὐτοῖσιν πιθοῦ· ἐκβίβασον ἐκ τοῦ βουτόμου τοὐρνίθιον. Ἐυελπίδης ἐκβίβασον αὐτοῦ πρὸς θεῶν αὐτήν, ἵνα καὶ νὼ θεασώμεσθα τὴν ἀηδόνα. Ἔποψ ἀλλʼ εἰ δοκεῖ σφῷν, ταῦτα χρὴ δρᾶν. ἡ Πρόκνη ἔκβαινε καὶ σαυτὴν ἐπιδείκνυ τοῖς ξένοις. Πισθέταιρος ὦ Ζεῦ πολυτίμηθʼ ὡς καλὸν τοὐρνίθιον, ὡς δʼ ἁπαλόν, ὡς δὲ λευκόν.
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f°52 Bon.

Quel plaisir il y aurait à lui faire ouvrir les jambes ! O ! qu'elle a d'or sur elle ! Vous la prendriez pour une fille de bon lieu.

Pisth.

Pour moi, je crois que je la baiserais volontiers.

Epops.

Mais ne vois-tu pas, pauvre homme ! Que son bec ce sont deux broches pointues ?

Pisth.

Quand on veut humer un œuf, on casse la coque ; de même pour baiser les minois, je saurai bien ôter le dessus de ce masque pointu.

Epops.

Allons.

Pisth.

À la bonne heure. Mène nous.

Le chœur.

Chère amie, que je préfère à tous les autres oiseaux mes camarades ! Agréable musicienne ! Te voilà donc venue ! Tu te laisses voir à moi, et ne refuses pas de me faire entendre les doux accents de ta voix ! O ! toi, qui sais gazouiller avec tant d'agrément, prends ta belle voix de printemps, et nous mets en train de chanter nos anapestes.



Aux Spectateurs.

Hommes qui vivez dans les ténèbres et qui ressemblez à des feuilles légères ! Êtres faibles pétris de boue ! Ombres vaines ! Animaux

Ἐυελπίδης ἆρά γʼ οἶσθʼ ὅτι ἐγὼ διαμηρίζοιμʼ ἂν αὐτὴν ἡδέως; Πισθέταιρος ὅσον δʼ ἔχει τὸν χρυσόν, ὥσπερ παρθένος. Ἐυελπίδης ἐγὼ μὲν αὐτὴν κἂν φιλῆσαί μοι δοκῶ. Πισθέταιρος ἀλλʼ ὦ κακόδαιμον ῥύγχος ὀβελίσκοιν ἔχει. Ἐυελπίδης ἀλλʼ ὥσπερ ᾠὸν νὴ Δίʼ ἀπολέψαντα χρὴ ἀπὸ τῆς κεφαλῆς τὸ λέμμα κᾆθʼ οὕτω φιλεῖν. Ἔποψ ἴωμεν. Πισθέταιρος ἡγοῦ δὴ σὺ νῷν τύχἀγαθῇ. Χορός ὦ φίλη, ὦ ξουθή, ὦ φίλτατον ὀρνέων πάντων, ξύννομε τῶν ἐμῶν ὕμνων, ξύντροφʼ ἀηδοῖ, ἦλθες ἦλθες ὤφθης, ἡδὺν φθόγγον ἐμοὶ φέρουσʼ. ἀλλʼ ὦ καλλιβόαν κρέκουσʼ αὐλὸν φθέγμασιν ἠρινοῖς, ἄρχου τῶν ἀναπαίστων. Χορός ἄγε δὴ φύσιν ἄνδρες ἀμαυρόβιοι, φύλλων γενεᾷ προσόμοιοι, ὀλιγοδρανέες, πλάσματα πηλοῦ, σκιοειδέα φῦλʼ ἀμενηνά,
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sans plumes, dont la vie n'est que d'un jour ! Malheureux mortels ! dont les jours passent comme un songe ! Prêtez nous attention, à nous autres immortels, qui ne vieillissons point et qui ne savons ce que c'est que corruption, afin qu'instruits par nous de toutes choses, de la nature des oiseaux du ciel, de la naissance des Dieux, de l'origine des fleuves, de l’enfer, et du caho chaos, vous puissiez envoyer promener Prodi que cus et toute sa philosophie. Il n'y avait d'abord que le chaos et la nuit, le noir enfer, et le large Tartare. Il n’y avait ni terre, ni air, ni ciel. La nuit aux ailes noires produisit un œuf, sans le secours d'aucun mâle, et le déposa dans le sein immense du vaste enfer, d'où sortit à son terme le charmant amour , qui parut avec des ailes d'or, et se remuait avec la même vitesse que les tourbillons que forme le vent. De ses embrassements nocturnes avec le chaos ailé sur les bords du large Tartare, sortit notre race, qui fut la première qui parut au jour. Car avant nous et avant que l' amour ait mélé toutes choses, il n'y avait aucun être vivant. Mais de ce mélange de toutes choses furent formés le ciel, l'océan, la terre, et l'heureuse race des Dieux immortels. C’est ainsi que nous sommes plus anciens que tous les Dieux. Une preuve manifeste que nous descendons de l' amour , c'est que nous volons comme lui, et passons la vie avec les amours. Ajoutez à cela que ce n'est que par notre moyen que plusieurs amants viennent à bout de ces

ἀπτῆνες ἐφημέριοι ταλαοὶ βροτοὶ ἀνέρες εἰκελόνειροι, προσέχετε τὸν νοῦν τοῖς ἀθανάτοις ἡμῖν τοῖς αἰὲν ἐοῦσιν, τοῖς αἰθερίοις τοῖσιν ἀγήρῳς τοῖς ἄφθιτα μηδομένοισιν, ἵνʼ ἀκούσαντες πάντα παρʼ ἡμῶν ὀρθῶς περὶ τῶν μετεώρων. φύσιν οἰωνῶν γένεσίν τε θεῶν ποταμῶν τʼ Ἐρέβους τε Χάους τε εἰδότες ὀρθῶς, Προδίκῳ παρʼ ἐμοῦ κλάειν εἴπητε τὸ λοιπόν. Χάος ἦν καὶ Νὺξ Ἔρεβός τε μέλαν πρῶτον καὶ Τάρταρος εὐρύς, γῆ δʼ οὐδʼ ἀὴρ οὐδʼ οὐρανὸς ἦν· Ἐρέβους δʼ ἐν ἀπείροσι κόλποις τίκτει πρώτιστον ὑπηνέμιον Νὺξ ἡ μελανόπτερος ᾠόν, ἐξ οὖ περιτελλομέναις ὥραις ἔβλαστεν Ἔρως ὁ ποθεινός, στίλβων νῶτον πτερύγοιν χρυσαῖν, εἰκὼς ἀνεμώκεσι δίναις. οὗτος δὲ Χάει πτερόεντι μιγεὶς νυχίῳ κατὰ Τάρταρον εὐρὺν ἐνεόττευσεν γένος ἡμέτερον, καὶ πρῶτον ἀνήγαγεν ἐς φῶς. πρότερον δʼ οὐκ ἦν γένος ἀθανάτων, πρὶν Ἔρως ξυνέμειξεν ἅπαντα· ξυμμιγνυμένων δʼ ἑτέρων ἑτέροις γένετʼ οὐρανὸς ὠκεανός τε καὶ γῆ πάντων τε θεῶν μακάρων γένος ἄφθιτον. ὦδε μέν ἐσμεν πολὺ πρεσβύτατοι πάντων μακάρων. ἡμεῖς δʼ ὡς ἐσμὲν Ἔρωτος πολλοῖς δῆλον· πετόμεσθά τε γὰρ καὶ τοῖσιν ἐρῶσι σύνεσμεν· πολλοὺς δὲ καλοὺς ἀπομωμοκότας παῖδας πρὸς τέρμασιν ὥρας
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f°53

beaux garçons rebelles qui se font trop prier. Il n'y à qu'à donner à l'un une caille, un faisan à l'autre, un halebran à celui-ci, un coq à celui-là ; crac l'affaire est faite. Avec cela, quels biens ne faisons nous pas aux mortels ? C'est nous qui leur marquons les saisons, le printemps, l'hiver, l'automne. Nous leur marquons le temps de semer, quand la grue en criant prend le chemin de la Libye. Alors elle avertit aussi le pilote de prendre le gouvenail gouvernail au croc ; et Oreste qui fait l'insensé, de dépouiller les passants, pour ne pas mourir de froid. Après cela, le milan, par son retour, annonce une meilleure saison. Alors il est temps de tondre les moutons. L'hirondelle, d'un autre coté, vous avertit quand il faut acheter des habits chauds et faire vos provisions. En un mot nous vous tenons lieu, d' Hammon , de Delphes, de Dodone, d' Apollon . Vous consultez d'abord les oiseaux ; puis vous entreprenez tout hardiment. Et quand il s'agit de trafic, d'acquets, de mariage, tout ce qui vous sert à juger favorablement de l'avenir, ne l'appelez vous pas : oiseau de bon augure ? La renommée n'est-elle pas un oiseau ? L'éternuement, la première chose que vous rencontrez, un mot lâché au hasard, un valet qui survient à propos ; un âne qui tombe et qui se relève ; tout cela, sous le nom d'augure, reçoit de vous la qualité d'oiseau. Il est donc constant que nous vous tenons lieu d' Apollon devin . Et si vous estimez

διὰ τὴν ἰσχὺν τὴν ἡμετέραν διεμήρισαν ἄνδρες ἐρασταί, ὁ μὲν ὄρτυγα δοὺς ὁ δὲ πορφυρίωνʼ ὁ δὲ χῆνʼ ὁ δὲ Περσικὸν ὄρνιν. Χορός πάντα δὲ θνητοῖς ἐστὶν ἀφʼ ἡμῶν τῶν ὀρνίθων τὰ μέγιστα. πρῶτα μὲν ὥρας φαίνομεν ἡμεῖς ἦρος χειμῶνος ὀπώρας· σπείρειν μέν, ὅταν γέρανος κρώζουσʼ ἐς τὴν Λιβύην μεταχωρῇ. καὶ πηδάλιον τότε ναυκλήρῳ φράζει κρεμάσαντι καθεύδειν, εἶτα δʼ Ὀρέστῃ χλαῖναν ὑφαίνειν, ἵνα μὴ ῥιγῶν ἀποδύῃ. ἰκτῖνος δʼ αὖ μετὰ ταῦτα φανεὶς ἑτέραν ὥραν ἀποφαίνει, ἡνίκα πεκτεῖν ὥρα προβάτων πόκον ἠρινόν· εἶτα χελιδών, ὅτε χρὴ χλαῖναν πωλεῖν ἤδη καὶ ληδάριόν τι πρίασθαι. ἐσμὲν δʼ ὑμῖν Ἄμμων Δελφοὶ Δωδώνη Φοῖβος Ἀπόλλων. ἐλθόντες γὰρ πρῶτον ἐπʼ ὄρνις οὕτω πρὸς ἅπαντα τρέπεσθε, πρός τʼ ἐμπορίαν, καὶ πρὸς βιότου κτῆσιν, καὶ πρὸς γάμον ἀνδρός. ὄρνιν τε νομίζετε πάνθʼ ὅσαπερ περὶ μαντείας διακρίνει· φήμη γʼ ὑμῖν ὄρνις ἐστί, πταρμόν τʼ ὄρνιθα καλεῖτε, ξύμβολον ὄρνιν, φωνὴν ὄρνιν, θεράποντʼ ὄρνιν, ὄνον ὄρνιν. ἆρʼ οὐ φανερῶς ἡμεῖς ὑμῖν ἐσμὲν μαντεῖος Ἀπόλλων;
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(a) Il y a eu quatre Phryniques. Le poète fils de Polyphrademon , et dont la musique était douce, le 2e fils de Chrocle , et acteur. Le 3e auteur comique plagiaire. Le 4e capitaine dont il est parlé dans les Grenouilles .

donc que nous vous soyons des Dieux, vous aurez à votre gré le secours de nos muses divinatrices . Vous jouirez à votre souhait des vents, des saisons, de l'hiver, de l'été ; d'une douce température ; nous ne nous retirerons point par gloire au dessus des nues, comme Jupiter ; nous demeurerons avec vous, et nous donnerons à vous, vos enfants, et les enfants de vos enfants, les richesses, la santé, le bonheur, la vie, la paix, la jeunesse, les ris, les danses, les jeux, le lait de poule ; enfin vous serez si riches que vous vous plaindrez que vous serez accablés de biens. Viens ici, Muse des bois , tio, tio, tio, tio, tinx, avec ton plumage de diverses couleurs, avec qui sur ces coteaux et ces montagnes, tio, tio, tio, tio, tinx, gonflant mon tendre gosier et perché sur les branches de fresne, tio tio tio tio, je chante à Pan des hymnes sacrés et des chansons champêtres à danser à la mère des Dieux. Toto, toto, toto, toto, totototo, tinx. Et c'est d’où Phrynique (a) , à la façon d’une abeille, s'étant nourri de la douce ambroisie de nos chants modulés, rapporte aux mortels ses agréables chansons, tio, tio, tio, tinx.

Aux Spectateurs.

Messieurs ! Si quelqu'un veut passer agréablement la vie, il n'a qu'à venir vivre avec nous. Tout ce que les lois vous font passer là-bas pour honteux, passe pour bon et honnête parmi nous autres oiseaux. La loi vous dit là bas qu'il est bien vilain de battre son père ; mais

Χορός ἢν οὖν ἡμᾶς νομίσητε θεούς, ἕξετε χρῆσθαι μάντεσι Μούσαις αὔραις ὥραις χειμῶνι θέρει μετρίῳ πνίγει· κοὐκ ἀποδράντες καθεδούμεθʼ ἄνω σεμνυνόμενοι παρὰ ταῖς νεφέλαις ὥσπερ χὠ Ζεύς· ἀλλὰ παρόντες δώσομεν ὑμῖν αὐτοῖς, παισίν, παίδων παισίν, πλουθυγιείαν εὐδαιμονίαν βίον εἰρήνην νεότητα γέλωτα χοροὺς θαλίας γάλα τʼ ὀρνίθων. ὥστε παρέσται κοπιᾶν ὑμῖν ὑπὸ τῶν ἀγαθῶν· οὕτω πλουτήσετε πάντες. Χορός Μοῦσα λοχμαία, τιὸ τιὸ τιὸ τιὸ τιὸ τιὸ τιοτίγξ, ποικίλη, μεθʼ ἧς ἐγὼ νάπαισι καὶ κορυφαῖς ἐν ὀρείαις, τιὸ τιὸ τιὸ τιοτίγξ, ἱζόμενος μελίας ἐπὶ φυλλοκόμου, τιὸ τιὸ τιὸ τιοτίγξ, διʼ ἐμῆς γένυος ξουθῆς μελέων Πανὶ νόμους ἱεροὺς ἀναφαίνω σεμνά τε μητρὶ χορεύματʼ ὀρείᾳ, τοτοτοτοτοτοτοτοτοτίγξ, ἔνθεν ὡστερεὶ μέλιττα Φρύνιχος ἀμβροσίων μελέων ἀπεβόσκετο καρπὸν ἀεὶ φέρων γλυκεῖαν ᾠδάν. τιὸ τιὸ τιὸ τιοτίγξ. Χορός εἰ μετʼ ὀρνίθων τις ὑμῶν ὦ θεαταὶ βούλεται διαπλέκειν ζῶν ἡδέως τὸ λοιπόν, ὡς ἡμᾶς ἴτω. ὅσα γάρ ἐστιν ἐνθάδʼ αἰσχρὰ τῷ νόμῳ κρατούμενα, ταῦτα πάντʼ ἐστὶν παρʼ ἡμῖν τοῖσιν ὄρνισιν καλά. εἰ γὰρ ἐνθάδʼ ἐστὶν αἰσχρὸν τὸν πατέρα τύπτειν νόμῳ,
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/esclave

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X

(b) Cette pièce est la plus longue de toutes celles d' Aristophane .

f°54

parmi nous il est beau d'entendre un fils qui court sur son père, et le bat, lui dire : donne de l'éperon, si tu veux combattre contre moi. Un valet fuyard et marqué en plusieurs endroits, est estimé beau parmi nous ; c'est un francolin, dont les diverses couleurs font plaisir à voir. Un étranger inconnu, tel que pourrait être Spinthar , c'est un oiseau de passage, comme Philem Philémon , un esclave de Carie, tel qu' Execisside Execéstide , trouvera parmi nous des parents de son pays. Si le fils de Pisias , en imitant son père, veut livrer les portes à des gens de rien, il tient cela du naturel de la perdrix, qui apprend de sa mère à se motter dans le guéret.

Venez Cygnes, tio tio tio tio tio tinx ; melez vos cris au bruit de vos ailes, pour célébrer Apollon , tio tio tio tio tinx. Sur les bords de l' Hebre, tio, tio tio tio, à travers un nuage céleste, a retenti la voix d'une multitude infinie de toutes sortes d'animaux, et l'air tranquille a calmé les flots, toto, toto, totototo, tototinx. Tout l' Olympe a retenti ; les Dieux ont été saisis d'étonnement ; et les Grâces de l' Olympe ont fait avec les muses un concert mélodieux, tio, tio, tiotinx.

Aux Spectateurs.

Il faut convenir qu'il n'est rien de plus agréable, ni de plus commode, que d'avoir des ailes. En effet, messieurs , si quelqu'un d'entre vous se trouvait tourmenté de la faim, à cause de la longueur de ces spectacles, (b) et

τοῦτʼ ἐκεῖ καλὸν παρʼ ἡμῖν ἐστιν, ἤν τις τῷ πατρὶ προσδραμὼν εἴπῃ πατάξας, αἶρε πλῆκτρον, εἰ μαχεῖ. εἰ δὲ τυγχάνει τις ὑμῶν δραπέτης ἐστιγμένος, ἀτταγᾶς οὗτος παρʼ ἡμῖν ποικίλος κεκλήσεται. εἰ δὲ τυγχάνει τις ὢν Φρὺξ μηδὲν ἦττον Σπινθάρου, φρυγίλος ὄρνις ἐνθάδʼ ἔσται, τοῦ Φιλήμονος γένους. εἰ δὲ δοῦλός ἐστι καὶ Κὰρ ὥσπερ Ἐξηκεστίδης, φυσάτω πάππους παρʼ ἡμῖν, καὶ φανοῦνται φράτερες. εἰ δʼ ὁ Πεισίου προδοῦναι τοῖς ἀτίμοις τὰς πύλας βούλεται, πέρδιξ γενέσθω, τοῦ πατρὸς νεοττίον· ὡς παρʼ ἡμῖν οὐδὲν αἰσχρόν ἐστιν ἐκπερδικίσαι. Χορός τοιάδε κύκνοι, τιὸ τιὸ τιὰ τιὸ τιὸ τιοτίγξ, συμμιγῆ βοὴν ὁμοῦ πτεροῖς κρέκοντες ἴακχον Ἀπόλλω, τιὸ τιὸ τιὸ τιοτίγξ, ὄχθῳ ἐφεζόμενοι παρʼ Ἕβρον ποταμόν, τιὸ τιὸ τιὸ τιοτίγξ, διὰ δʼ αἰθέριον νέφος ἦλθε βοά· πτῆξε δὲ φῦλά τε ποικίλα θηρῶν, κύματά τʼ ἔσβεσε νήνεμος αἴθρη, τοτοτοτοτοτοτοτοτοτίγξ· πᾶς δʼ ἐπεκτύπησʼ Ὄλυμπος· εἷλε δὲ θάμβος ἄνακτας· Ὀλυμπιάδες δὲ μέλος Χάριτες Μοῦσαί τʼ ἐπωλόλυξαν. τιὸ τιὸ τιὸ τιοτίγξ. Χορός οὐδέν ἐστʼ ἄμεινον οὐδʼ ἥδιον ἢ φῦσαι πτερά. αὐτίχʼ ὑμῶν τῶν θεατῶν εἴ τις ἧν ὑπόπτερος, εἶτα πεινῶν τοῖς χοροῖσι τῶν τραγῳδῶν ἤχθετο,
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(c) Preuve que cette pièce fut représentée le matin.

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/※

qu'il eût des ailes ; il volerait vite au logis et (c) y dînerait ; après quoi il reviendrait ici bien pansé, si quelque Patroclide d'entre vous, avait envie de pisser du gros, il ne lâcherait pas le paquet dans ses chausses ; il s'envolerait quelque part et se rafraichirait, et puis revolerait en sa place. S'il y a quelqu'un qui soit dans les bonnes graces de la femme de son voisin ; quand il verra son mari sur les bancs du Sénat, il prendra son vol auprès de la femme, et après lui avoir donné un quart d'heure de ses soins viendrait en volant reprendre sa place. Avouez donc que c'est la plus belle chose du monde que d'avoir des ailes. Eh ! Ne voyez-vous pas ce Diitrèphes , qui n'en ayant que de douelles de barique s'est élevé premièrement à la dignité de Phylarque, et puis à celle de Mestre de camps de la cavalerie ? Enfin lui qui n'était rien est devenu grand, et nous le voyons aujourd'hui un bel oiseau blond, qu'on peut appeler coq-cheval.

Pisthétaire. Bonespoir. Epops. Pisthétaire.

Par ma foi, je n'ai jamais rien vu de plus ridicule.

Bon.

De quoi ris-tu ?

Pisth.

Je ris de ces nouveaux oiseaux. Sais-tu à quoi tu ressembles ? Tu ressembles dans la perfection à une cannepetière.

Bon.

Et toi à un merle tondu.

ἐκπτόμενος ἂν οὗτος ἠρίστησεν ἐλθὼν οἴκαδε, κᾆτʼ ἂν ἐμπλησθεὶς ἐφʼ ἡμᾶς αὖθις αὖ κατέπτετο. εἴ τε Πατροκλείδης τις ὑμῶν τυγχάνει χεζητιῶν, οὐκ ἂν ἐξίδισεν ἐς θοἰμάτιον, ἀλλʼ ἀνέπτετο, κἀποπαρδὼν κἀναπνεύσας αὖθις αὖ κατέπτετο· εἴ τε μοιχεύων τις ὑμῶν ἐστιν ὅστις τυγχάνει, κᾆθʼ ὁρᾷ τὸν ἄνδρα τῆς γυναικὸς ἐν βουλευτικῷ, οὗτος ἂν πάλιν παρʼ ὑμῶν πτερυγίσας ἀνέπτετο, εἶτα βινήσας ἐκεῖθεν αὖθις αὖ κατέπτετο. ἆρʼ ὑπόπτερον γενέσθαι παντός ἐστιν ἄξιον; ὡς Διειτρέφης γε πυτιναῖα μόνον ἔχων πτερὰ ᾑρέθη φύλαρχος, εἶθʼ ἵππαρχος, εἶτʼ ἐξ οὐδενὸς μεγάλα πράττει κἀστὶ νυνὶ ξουθὸς ἱππαλεκτρυών. Πισθέταιρος ταυτὶ τοιαυτί· μὰ Δίʼ ἐγὼ μὲν πρᾶγμά πω γελοιότερον οὐκ εἶδον οὐδεπώποτε. Ἐυελπίδης ἐπὶ τῷ γελᾷς; Πισθέταιρος ἐπὶ τοῖσι σοῖς ὠκυπτέροις. οἶσθʼ ᾧ μάλιστʼ ἔοικας ἐπτερωμένος; εἰς εὐτέλειαν χηνὶ συγγεγραμμένῳ. Ἐυελπίδης σὺ δὲ κοψίχῳ γε σκάφιον ἀποτετιλμένῳ.
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(d) Ville des nuées et des coucous.

/nom ?

f°55 Pisth.

Nous pouvons nous appliquer à ce qu' Eschyle fait dire à l'aigle frappée [sic] d'une flèche : ce ne sont point les autres qui nous le font, ce sont nos propres plumes.

Epops.

Voyons maintenant ce qu'il y a à faire.

Pisth.

Il faut commencer par donner à la ville un nom grand et célèbre. Après cela nous sacrifierons aux Dieux.

Epops.

J'en suis d'avis.

Pisth.

Considérons un peu quel nom nous donnerons à notre ville. Voulez-vous que nous empruntions de Lacédémone le grand nom de Sparte ?

Epops.

Eh ! Quoi ! Par Hercule ! Je donnerais à ma ville un lien équivoque qui signifie un lien de jonc ; moi qui n'ai pas seulement une natte pour me coucher !

Pisth.

Quel nom lui donnerons-nous donc ?

Epops.

Il en faut prendre ici un parmi les nues et dans le voisinage.

Pisth.

Voulez-vous un nom long d'une aune ? Nous l'appellerons (d) : Nephelococcygie.

Epops.

Ah ! Tu as trouvé par hasard un grand et digne nom. Oui. Elle s'appellera Nephelococcygie ;

Πισθέταιρος ταυτὶ μὲν ᾐκάσμεσθα κατὰ τὸν Αἰσχύλον· τάδʼ οὐχ ὑπʼ ἄλλων ἀλλὰ τοῖς αὑτῶν πτεροῖς. Ἔποψ ἄγε δὴ τί χρὴ δρᾶν; Πισθέταιρος πρῶτον ὄνομα τῇ πόλει θέσθαι τι μέγα καὶ κλεινόν, εἶτα τοῖς θεοῖς θῦσαι μετὰ τοῦτο. Ἐυελπίδης ταῦτα κἀμοὶ συνδοκεῖ. Ἔποψ φέρʼ ἴδω, τί δʼ ἡμῖν τοὔνομʼ ἔσται τῇ πόλει; Ἐυελπίδης βούλεσθε τὸ μέγα τοῦτο τοὐκ Λακεδαίμονος Σπάρτην ὄνομα καλῶμεν αὐτήν; Πισθέταιρος Ἡράκλεις· Σπάρτην γὰρ ἂν θείμην ἐγὼ τἠμῇ πόλει; οὐδʼ ἂν χαμεύνῃ πάνυ γε κειρίαν γʼ ἔχων. Ἐυελπίδης τί δῆτʼ ὄνομʼ αὐτῇ θησόμεσθʼ; Ἔποψ ἐντευθενὶ ἐκ τῶν νεφελῶν καὶ τῶν μετεώρων χωρίων χαῦνόν τι πάνυ. Πισθέταιρος βούλει Νεφελοκοκκυγίαν; Ἔποψ ἰοὺ ἰού· καλόν γʼ ἀτεχνῶς σὺ καὶ μέγʼ ηὗρες τοὔνομα. Ἐυελπίδης ἆρʼ ἐστὶν αὑτηγὶ Νεφελοκοκκυγία,
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(e) Fils de Sellus .

(f) Le coq.

ville propre à resserrer les biens imaginaires du pauvre, mais fanfaron Théagène , et ceux (e) d’ Eschine aussi riche que l'autre.

Pisth.

Il vaut bien mieux qu'ils soient déposés ici qu'à Phlègre, dans ce canton de Thrace , où les Dieux défirent les enfants géants de la Terre .

Epops.

O ! la belle ville ! Mais qui prendrons-nous pour Dieu tutélaire ? À qui broderons nous un voile ?

Pisth.

Nous pourrions prendre Minerve .

Epops.

Et quel ordre espérer dans une ville, où l’on verrait une déesse pucelle armée de pied en cap et Clisthène manier la navette ?

Pisth.

À qui donnerons-nous donc la protection de la citadelle.

Epops.

Nous avons parmi nous l'oiseau (f) de Perse qu'on appelle fils de Mars .

Pisth.

O ! beau fils de Mars !

Epops.

C'est un Dieu très propre à se percher sur les pierres.

Pisth.

Marche donc à l'air, et fournis à ceux qui bâtissent, du moëlon, du mortier, du ciment. Dépouille-toi ; porte l'oiseau et le baquet ; descends de l'échelle, mets des sentinelles, couvre le feu ;

ἵνα καὶ τὰ Θεογένους τὰ πολλὰ χρήματα τά τʼ Αἰσχίνου γʼ ἅπαντα; Πισθέταιρος καὶ λῷστον μὲν οὖν τὸ Φλέγρας πεδίον, ἵνʼ οἱ θεοὶ τοὺς γηγενεῖς ἀλαζονευόμενοι καθυπερηκόντισαν. Ἔποψ λιπαρὸν τὸ χρῆμα τῆς πόλεως. τίς δαὶ θεὸς πολιοῦχος ἔσται; τῷ ξανοῦμεν τὸν πέπλον; Ἐυελπίδης τί δʼ οὐκ Ἀθηναίαν ἐῶμεν Πολιάδα; Πισθέταιρος καὶ πῶς ἂν ἔτι γένοιτʼ ἂν εὔτακτος πόλις, ὅπου θεὸς γυνὴ γεγονυῖα πανοπλίαν ἕστηκʼ ἔχουσα, Κλεισθένης δὲ κερκίδα; Ἐυελπίδης τίς δαὶ καθέξει τῆς πόλεως τὸ Πελαργικόν; Ἔποψ ὄρνις ἀφʼ ἡμῶν τοῦ γένους τοῦ Περσικοῦ, ὅσπερ λέγεται δεινότατος εἶναι πανταχοῦ Ἄρεως νεοττός. Ἐυελπίδης ὦ νεοττὲ δέσποτα· ὡς δʼ ὁ θεὸς ἐπιτήδειος οἰκεῖν ἐπὶ πετρῶν. Πισθέταιρος ἄγε νυν σὺ μὲν βάδιζε πρὸς τὸν ἀέρα καὶ τοῖσι τειχίζουσι παραδιακόνει, χάλικας παραφόρει, πηλὸν ἀποδὺς ὄργασον, λεκάνην ἀνένεγκε, κατάπεσʼ ἀπὸ τῆς κλίμακος, φύλακας κατάστησαι, τὸ πῦρ ἔγκρυπτʼ ἀεί,
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f°56

fais la ronde avec la sonnette ; dors là, envoie deux héraults, l'un aux Dieux là haut, et l'autre aux hommes là-bas ; et que l'on vienne me rendre réponse.

Epops.

Fort bien ; et toi, demeure ici.

Pisth.

Et toi, sais-tu où je veux t'envoyer ? Je ne veux rien faire sans toi. Va t'en me quérir un prêtre, afin que je sacrifie à ces nouveaux Dieux. Holà, garçon ! Prends ce panier et cette aiguière.

Le chœur.

Je donne mon consentement à toutes ces choses ; je les approuve, je les loue. Chantons les louanges des Dieux, et les honorons. Immolons une victime prise dans un innocent troupeau. Elevons nos voix, et faisons des concerts comme aux sacrifices de la Pythie , et que le symphoniste Chaïris nous accompagne.

Pisthétaire. Epops. Un prêtre. Pisth.

Cesse de souffler. Par Hercule , qui est ce là ? Pardi, j'ai bien vu des choses, et des plus étranges ; mais je n'avais pas encore vu un corbeau emmuselé pour jouer de la flûte.

Epops.

Monsieur prêtre ! C'est à toi maintenant à sacrifier aux Dieux nouveaux.

κωδωνοφορῶν περίτρεχε καὶ κάθευδʼ ἐκεῖ· κήρυκα δὲ πέμψον τὸν μὲν ἐς θεοὺς ἄνω, ἕτερον δʼ ἄνωθεν ἆυ παρʼ ἀνθρώπους κάτω, κἀκεῖθεν αὖθις παρʼ ἐμέ. Ἐυελπίδης σὺ δέ γʼ αὐτοῦ μένων οἴμωζε παρʼ ἔμʼ. Πισθέταιρος ἴθʼ ὦγάθʼ οἷ πέμπω σʼ ἐγώ. οὐδὲν γὰρ ἄνευ σοῦ τῶνδʼ ἃ λέγω πεπράξεται. ἐγὼ δʼ ἵνα θύσω τοῖσι καινοῖσιν θεοῖς, τὸν ἱερέα πέμψοντα τὴν πομπὴν καλῶ. παῖ παῖ, τὸ κανοῦν αἴρεσθε καὶ τὴν χέρνιβα. Ἱερεύς ὁμορροθῶ, συνθέλω, συμπαραινέσας ἔχω προσόδια μεγάλα σεμνὰ προσιέναι θεοῖσιν, ἅμα δὲ προσέτι χάριτος ἕνεκα προβάτιόν τι θύειν. ἴτω ἴτω δὲ Πυθιὰς βοὰ θεῷ, συνᾳδέτω δὲ Χαῖρις ᾠδάν. Πισθέταιρος παῦσαι σὺ φυσῶν. Ἡράκλεις τουτὶ τί ἦν; τουτὶ μὰ Δίʼ ἐγὼ πολλὰ δὴ καὶ δείνʼ ἰδὼν οὔπω κόρακʼ εἶδον ἐμπεφορβειωμένον. ἱερεῦ σὸν ἔργον, θῦε τοῖς καινοῖς θεοῖς.
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(g) On lui avait donné ce nom, d'un certain Colénus qui lui avait bâti un temple.

(h) En grec : Phrygite, oiseau inconnu.

(i) Il y avait communion de prières entre Athènes et ceux de Chio.

Le prêtre.

Je le ferai. Tout est prêt ? Où est celui qui porte le panier ? Adressez donc vos vœux à la Vesta des oiseaux ; au milan gardien de Vesta ; aux oiseaux Olympiens, et Olympe, tous, et toutes. Je te salue, roi Cigognien, oiseau de Neptune ! Honneur au cygne Pythien et Délien. Respect à Latone la caille ; respect à Diane , non plus Colénitide (g) mais fauconnitide ; à Bacchus (h) épervier, ; à la grande autruche mère des Dieux et des hommes ; Reine Cybèle ! Grande Autruche ! Mère de Cléocrite ! donne aux Néphélococcygiens salut et santé, à eux et à ceux de (i) Chio.

Pisth.

Cela me fait rire, d'entendre toujours ajouter dans les prières publiques : et à ceux de Chio.

Le prê.

Aux héros et aux oiseaux, et aux enfants des héros, au flambant [sic], au pélican, à la bécasse, à la bécassine, au tiercelet, au paon, à la grive, à la tourterelle, au pinçon, au cochevis, au héron, au goëland, à la tête noire, à la mésange.

Pisth.

Au diantre... c'est assez. N'en appelle pas davantage. À quel sacrifice les invites-tu ? Feras-tu venir les aigles et les vautours à ce festin qui ne suffirait pas à un milan seul ? Va-t'en, avec toutes tes couronnes et ton équipage. Je sacrifierai bien sans toi.

Le prê.

J'avais encore d'autres invocations religieuses

Ἱερεύς δράσω τάδʼ. ἀλλὰ ποῦ ʼστιν ὁ τὸ κανοῦν ἔχων; εὔχεσθε τῇ Ἑστίᾳ τῇ ὀρνιθείῳ καὶ τῷ ἰκτίνῳ τῷ ἑστιούχῳ καὶ ὄρνισιν Ὀλυμπίοις καὶ Ὀλυμπίῃσι πᾶσι καὶ πάσῃσιν — Πισθέταιρος ὦ Σουνιέρακε χαῖρʼ ἄναξ Πελαργικέ. Ἱερεύς καὶ κύκνῳ Πυθίῳ καὶ Δηλίῳ καὶ Λητοῖ Ὀρτυγομήτρᾳ καὶ Ἀρτέμιδι Ἀκαλανθίδι — Πισθέταιρος οὐκέτι Κολαινὶς ἀλλʼ Ἀκαλανθὶς Ἄρτεμις. Ἱερεύς καὶ φρυγίλῳ Σαβαζίῳ καὶ στρούθῳ μεγάλῃ μητρὶ θεῶν καὶ ἀνθρώπων — Πισθέταιρος δέσποινα Κυβέλη, στροῦθε, μῆτερ Κλεοκρίτου. Ἱερεύς διδόναι Νεφελοκοκκυγιεῦσιν ὑγιείαν καὶ σωτηρίαν αὐτοῖσι καὶ Χίοισι — Πισθέταιρος Χίοισιν ἥσθην πανταχοῦ προσκειμένοις. Ἱερεύς καὶ ἥρωσιν ὄρνισι καὶ ἡρώων παισί, πορφυρίωνι καὶ πελεκᾶντι καὶ πελεκίνῳ καὶ φλέξιδι καὶ τέτρακι καὶ ταὧνι καὶ ἐλεᾷ καὶ βασκᾷ καὶ ἐλασᾷ καὶ ἐρωδιῷ καὶ καταρράκτῃ καὶ μελαγκορύφῳ καὶ αἰγιθάλλῳ — Πισθέταιρος παῦʼ ἐς κόρακας, παῦσαι καλῶν. ἰοὺ ἰού, ἐπὶ ποῖον ὦ κακόδαιμον ἱερεῖον καλεῖς ἁλιαιέτους καὶ γῦπας; οὐχ ὁρᾷς ὅτι ἰκτῖνος εἷς ἂν τοῦτό γʼ οἴχοιθʼ ἁρπάσας; ἄπελθʼ ἀφʼ ἡμῶν καὶ σὺ καὶ τὰ στέμματα· ἐγὼ γὰρ αὐτὸς τουτογὶ θύσω μόνος. Ἱερεύς εἶτʼ αὖθις αὖ τἄρα σοι
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(k) Les esclaves étaient rasés.

f°57

à faire, pour appeler les bienheureux à laver les mains, si vous aviez eu de quoi pour tous ; mais je ne vois ici que du poil et des cornes. Cela est bien maigre.

Pisth.

Offrons nos prières et nos sacrifices aux Dieux ailés.

Un poète. Pisthétaire. Le poète.

O ! Muse ! Dans les chants nouveaux, appelle heureuse la ville de Nephelococcygie.

Pisth.

Qu'est ce que ceci ? D'où es tu, qui es tu ?

Le poète.

Je suis un fidèle et zélé serviteur des Muses , qui fait résonner des chants emmiellés.

Pisth.

Si tu es serviteur ; d'où vient que tu as une grande (k) chevelure ?

Le poète.

Je ne suis point esclave ; mais je suis maître poète. Cependant tout maître que je suis, je me fais honneur d'être serviteur très humble des Muses .

Pisth.

Très humble et très déguenillé ! Mais à quel dessein t'es-tu fourré ici, monsieur le poète ?

Le poète.

J'ai fait des vers sur cette magnifique ville de Néphélococcygie, de belles stances, et des odes virginales, et d'autres pièces, à l'imitation de Simonide .

δεῖ με δεύτερον μέλος χέρνιβι θεοσεβὲς ὅσιον ἐπιβοᾶν, καλεῖν δὲ μάκαρας, ἕνα τινὰ μόνον, εἴπερ ἱκανὸν ἕξετʼ ὄψον. τὰ γὰρ παρόντα θύματʼ οὐδὲν ἄλλο πλὴν γένειόν ἐστι καὶ κέρατα. Πισθέταιρος θύοντες εὐξώμεσθα τοῖς πτερίνοις θεοῖς. Ποιητής Νεφελοκοκκυγίαν τὰν εὐδαίμονα κλῇσον ὦ Μοῦσα τεαῖς ἐν ὓμνων ἀοιδαῖς. Πισθέταιρος τουτὶ τὸ πρᾶγμα ποδαπόν; εἰπέ μοι τίς εἶ; Ποιητής ἐγὼ μελιγλώσσων ἐπέων ἱεὶς ἀοιδὰν Μουσάων θεράπων ὀτρηρός, κατὰ τὸν Ὅμηρον. Πισθέταιρος ἔπειτα δῆτα δοῦλος ὢν κόμην ἔχεις; Ποιητής οὔκ, ἀλλὰ πάντες ἐσμὲν οἱ διδάσκαλοι Μουσάων θεράποντες ὀτρηροί, κατὰ τὸν Ὅμηρον. Πισθέταιρος οὐκ ἐτὸς ὀτρηρὸν καὶ τὸ ληδάριον ἔχεις. ἀτὰρ ὦ ποιητὰ κατὰ τί δεῦρʼ ἀνεφθάρης; Ποιητής μέλη πεποίηκʼ ἐς τὰς Νεφελοκοκκυγίας τὰς ὑμετέρας κύκλιά τε πολλὰ καὶ καλὰ καὶ παρθένεια καὶ κατὰ τὰ Σιμωνίδου.
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(l) Ἱερῶν, sacrées.

X

Pisth.

Depuis quand as-tu fait tout cela ?

Le poète.

Il y a longtemps que je célèbre cette ville.

Pisth.

Eh ! Je fais actuellement le sacrifice du dixième jour, pour l'imposition de son nom ; car c’est un enfant qui ne vient que d'être nommé tout à l'heure.

Le poète.

Je l'avais déjà su par les nouvelles, que les muses font courir plus vite que les chevaux les plus légers. O ! toi ! Fondateur d' Œtna ! Vénérable Hiéron , dont le nom nous rappelle l'idée des choses les plus (l) sacrées ! Donne nous ce qu'il te plaira, à moi et à toi.

Pisth.

Nous n'aurons point de p ati ence, si nous ne lui donnons quelque chose. Holà, toi qui as, outre ta robe, un bon surtout de peau. Dépouille-toi, et donne ton surtout à ce savant homme. Prends ce surtout, car il me semble que tu dois avoir froid.

Le poète.

La Muse amie ne reçoit pas ce présent mal volontiers. En récompense, écoute ce morceau de poésie Pindarique, et le mets dans ta mémoire.

Pisth.

Nous ne pourrons nous défaire de cet importun.

Le poète.

Parmi les Schythes nomades on voit errer Straton , qui ne peut voler avec un simple

Πισθέταιρος ταυτὶ σὺ πότʼ ἐποίησας; ἀπὸ ποίου χρόνου; Ποιητής πάλαι πάλαι δὴ τήνδʼ ἐγὼ κλῄζω πόλιν. Πισθέταιρος οὐκ ἄρτι θύω τὴν δεκάτην ταύτης ἐγώ, καὶ τοὔνομʼ ὥσπερ παιδίῳ νῦν δὴ ʼθέμην; Ποιητής ἀλλά τις ὠκεῖα Μουσάων φάτις οἷάπερ ἵππων ἀμαρυγά. σὺ δὲ πάτερ κτίστορ Αἴτνας, ζαθέων ἱερῶν ὁμώνυμε, δὸς ἐμὶν ὅ τι περ τεᾷ κεφαλᾷ θέλῃς πρόφρων δόμεν ἐμὶν τείν. Πισθέταιρος τουτὶ παρέξει τὸ κακὸν ἡμῖν πράγματα, εἰ μή τι τούτῳ δόντες ἀποφευξούμεθα. οὗτος, σὺ μέντοι σπολάδα καὶ χιτῶνʼ ἔχεις, ἀπόδυθι καὶ δὸς τῷ ποιητῇ τῷ σοφῷ. ἔχε τὴν σπολάδα· πάντως δέ μοι ῥιγῶν δοκεῖς. Ποιητής τόδε μὲν οὐκ ἀέκουσα φίλα Μοῦσα δῶρον δέχεται· τὺ δὲ τεᾷ φρενὶ μάθε Πινδάρειον ἔπος — Πισθέταιρος ἅνθρωπος ἡμῶν οὐκ ἀπαλλαχθήσεται. Ποιητής νομάδεσσι γὰρ ἐν Σκύθαις ἀλᾶται Στράτων, ὃς ὑφαντοδόνατον ἔσθος οὐ πέπαται·
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X

f°58

tissu. Le surtout est sans gloire, s'il n'est pas accompagné de la robe. À bon entendeur salut.

Pisth.

J'entends fort bien qu'il demande aussi une robe. Dépouille-toi ; il est juste d'assister ce pauvre poète. Va t'en avec cela.

Le poète.

Je me retire ; mais voici comment je célébrerai cette ville, quand je serai de retour ; o ! toi qui reposes sur un trône d'or, je suis venu dans une ville tremblante et gelée ; j'ai vu des campagnes couvertes de neige, mais fertiles. Hai , avant. Mais je me suis dérobé à la fureur de ce froid saisissant, avec le secours de cette bonne petite robe.

Pisth.

Pardi, je n'eusse pas cru que l'on fût si tôt informé de l'existence de cette ville. Avance, marche en rond, avec cette aiguière.

Un prêtre. Un compilateur d'oracles. Pisthétaire. Le prêtre.

Paix ! Silence.

Le com.

Ne frappe pas encore le bouc.

Pisth.

Qui es-tu ?

Le com.

Qui je suis ? Je suis un compilateur d' oracles.

ἀκλεὴς δʼ ἔβα σπολὰς ἄνευ χιτῶνος. ξύνες ὅ τοι λέγω. Πισθέταιρος ξυνῆχʼ ὅτι βούλει τὸν χιτωνίσκον λαβεῖν. ἀπόδυθι· δεῖ γὰρ τὸν ποιητὴν ὠφελεῖν. ἄπελθε τουτονὶ λαβών. Ποιητής ἀπέρχομαι, κἀς τὴν πόλιν γʼ ἐλθὼν ποιήσω τοιαδί· ‘κλῇσον ὦ χρυσόθρονε τὰν τρομερὰν κρυεράν· νιφόβολα πεδία πολύπορά τʼ ἤλυθον ἀλαλάν.’ Πισθέταιρος νὴ τὸν Δίʼ ἀλλʼ ἤδη πέφευγας ταυταγὶ τὰ κρυερὰ τονδὶ τὸν χιτωνίσκον λαβών. τουτὶ μὰ Δίʼ ἐγὼ τὸ κακὸν οὐδέποτʼ ἤλπισα, οὕτω ταχέως τοῦτον πεπύσθαι τὴν πόλιν. αὖθις σὺ περιχώρει λαβὼν τὴν χέρνιβα. εὐφημία ʼστω. Χρησμολόγος μὴ κατάρξῃ τοῦ τράγου. Πισθέταιρος σὺ δʼ εἶ τίς; Χρησμολόγος ὅστις; χρησμολόγος.
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(l) Comme il y a eu trois Sibylles , la sœur d' Apollon , l' Erythrée, et la Sardienne ; il y a eu aussi 3 Bacis , le premier d' Eleone en Béotie , le 2eme Athénien, et le 3e d' Arcadie. C'était comme Nostradamus .

(m) C'est la terre ; car elle donne tout.

X

Pisth.

Va te promener.

Le com.

Malheureux ! Ne méprise point les choses Divines. Il y a un oracle de Bacis (l) qui parle expressément de Néphélococcygie.

Pisth.

Et d'où vient que tu ne l'as pas dit avant que j'eusse bâti cette ville ?

Le com.

Dieu m'en empêchait.

Pisth.

Est il permis d'entendre ces beaux oracles ?

Le com.

Mais quand les loups et les corneilles grises habiteront ensemble entre Corinthe et Sicyon.

Pisth.

Qu'ai-je affaire des Corinthiens ?

Le com.

C'est une façon de parler énigmatique par laquelle Bacis a voulu marquer l'air... On sacrifiera premièrement à Pandore (m) un bélier au poil blanc et le premier qui récitera ces vers, on lui donnera un manteau bien net et des souliers neufs.

Pisth.

Quoi ? L' oracle parle effectivement des souliers ?

Le com.

Tu n'as qu'à lire toi-même dans le livre. On lui donnera aussi une bouteille et on lui remplira la main de tripes.

Pisth.

Il est donc aussi marqué dans la prophétie

Πισθέταιρος οἴμωζέ νυν. Χρησμολόγος ὦ δαιμόνιε τὰ θεῖα μὴ φαύλως φέρε· ὡς ἔστι Βάκιδος χρησμὸς ἄντικρυς λέγων ἐς τὰς Νεφελοκοκκυγίας. Πισθέταιρος κὔπειτα πῶς ταῦτʼ οὐκ ἐχρησμολόγεις σὺ πρὶν ἐμὲ τὴν πόλιν τήνδʼ οἰκίσαι; Χρησμολόγος τὸ θεῖον ἐνεπόδιζέ με. Πισθέταιρος ἀλλʼ οὐδὲν οἷόν ἐστʼ ἀκοῦσαι τῶν ἐπῶν. Χρησμολόγος ἀλλʼ ὅταν οἰκήσωσι λύκοι πολιαί τε κορῶναι ἐν ταὐτῷ τὸ μεταξὺ Κορίνθου καὶ Σικυῶνος, — Πισθέταιρος τί οὖν προσήκει δῆτʼ ἐμοὶ Κορινθίων; Χρησμολόγος ᾐνίξαθʼ ὁ Βάκις τοῦτο πρὸς τὸν ἀέρα. πρῶτον Πανδώρᾳ θῦσαι λευκότριχα κριόν· ὃς δέ κʼ ἐμῶν ἐπέων ἔλθῃ πρώτιστα προφήτης, τῷ δόμεν ἱμάτιον καθαρὸν καὶ καινὰ πέδιλα — Πισθέταιρος ἔνεστι καὶ τὰ πέδιλα; Χρησμολόγος λαβὲ τὸ βιβλίον. καὶ φιάλην δοῦναι, καὶ σπλάγχνων χεῖρʼ ἐπιπλῆσαι.
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f°59

qu'il faut donner des tripes ?

Le com.

Vois dans le livre... Jeune homme que les Dieux favorisent ! Si tu fais ce que je t'ordonne, tu deviendras un aigle qui vole dans les nues. Mais si tu ne donnes rien, tu ne seras ni tourterelle, ni aigle, ni pivert.

Pisth.

Quoi ? Tout cela est là dedans ?

Le com.

Lis plutôt toi-même.

Pisth.

Cela ne ressemble point à un autre oracle que j'ai copié moi-même, et qui m'a été donné de la propre bouche d' Apollon . Quand un importun se présentera sans être appelé, troublera les sacrifices, et demandera des tripes, il lui faudra graisser les aloyaux avec des étrivières.

Le com.

Tu ne dis rien qui vaille.

Pisth.

Lis toi-même... et qu'on ne l'épargne point, fût ce un aigle qui vole dans les nues, fût-ce Lampon lui-même, ou le grand Diopithe , ces deux fameux devins.

Le com.

Tout cela est là-dedans ?

Pisth.

Lis toi-même. Hors d'ici ; aux corbeaux.

Le com.

Ah ! Que je suis malheureux !

Πισθέταιρος καὶ σπλάγχνα διδόνʼ ἔνεστι; Χρησμολόγος λαβὲ τὸ βιβλίον. κἂν μὲν θέσπιε κοῦρε ποιῇς ταῦθʼ ὡς ἐπιτέλλω, αἰετὸς ἐν νεφέλῃσι γενήσεαι· αιʼ δέ κε μὴ δῷς, οὐκ ἔσει οὐ τρυγὼν οὐδʼ αἰετὸς οὐ δρυκολάπτης. Πισθέταιρος καὶ ταῦτʼ ἔνεστʼ ἐνταῦθα; Χρησμολόγος λαβὲ τὸ βιβλίον. Πισθέταιρος οὐδὲν ἄρʼ ὅμοιός ἐσθʼ ὁ χρησμὸς τουτῳί, ὃν ἐγὼ παρὰ τἀπόλλωνος ἐξεγραψάμην· αὐτὰρ ἐπὴν ἄκλητος ἰὼν ἄνθρωπος ἀλαζὼν λυπῇ θύοντας καὶ σπλαγχνεύειν ἐπιθυμῇ, δὴ τότε χρὴ τύπτειν αὐτὸν πλευρῶν τὸ μεταξὺ — Χρησμολόγος οὐδὲν λέγειν οἶμαί σε. Πισθέταιρος λαβὲ τὸ βιβλίον. καὶ φείδου μηδὲν μηδʼ αἰετοῦ ἐν νεφέλῃσιν, μήτʼ ἢν Λάμπων ᾖ μήτʼ ἢν ὁ μέγας Διοπείθης. Χρησμολόγος καὶ ταῦτʼ ἔνεστʼ ἐνταῦθα; Πισθέταιρος λαβὲ τὸ βιβλίον. οὐκ εἶ θύραζʼ; ἐς κόρακας. Χρησμολόγος οἴμοι δείλαιος.
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(n) Excellent astronome, inventeur d'un nouveau calcul pour les cours du soleil et de la lune.

(o) Lieu près d' Athènes. Cependant Methon était de Leuconie.

Pisth.

N'iras-tu pas au plus tôt porter tes oracles ailleurs ?

Un géomètre. Pisthétaire. Le géomètre.

Je viens vers vous...

Pisth.

Autre du dit jour. Que viens-tu faire ? Quel est ton dessein ? Quelle est ta pensée ? Où vas-tu, que te voilà si bien botté ?

Le géom.

Je veux vous toiser l'air, et le diviser en pla ce [?] .

Pisth.

Par tous les Dieux ! Qui es-tu ?

Le géom.

Qui je suis ? Je suis le fameux Mathon Methon (n) connu de toute la Grèce et de Colone (o) .

Pisth.

Dis moi, qu'est ce que tout cela ?

Le géom.

Ce sont les tables logarithmiques de l’air. L'air est une espèce de four. Je mettrai en haut cette règle courbe, en appuyant ensuite le compas.... Entends-tu ?

Pisth.

Ma foi, je n'entends rien.

Le géom.

Je tournerai la règle et le compas de manière que je ferai un cercle carré, et au milieu du cercle une place, et de tous côtés des rues qui aboutiront au centre, comme les rayons des astres, qui sont moins ronds que ce centre,

Πισθέταιρος οὔκουν ἑτέρωσε χρησμολογήσεις ἐκτρέχων; Μέτων ἥκω παρʼ ὑμᾶς — Πισθέταιρος ἕτερον αὖ τουτὶ κακόν. τί δʼ αὖ σὺ δράσων; τίς δʼ ἰδέα βουλεύματος; τίς ἡ ʼπίνοια, τίς ὁ κόθορνος τῆς ὁδοῦ; Μέτων γεωμετρῆσαι βούλομαι τὸν ἀέρα ὑμῖν διελεῖν τε κατὰ γύας. Πισθέταιρος πρὸς τῶν θεῶν σὺ δʼ εἶ τίς ἀνδρῶν; Μέτων ὅστις εἴμʼ ἐγώ; Μέτων, ὃν οἶδεν Ἑλλὰς χὠ Κολωνός. Πισθέταιρος εἰπέ μοι, ταυτὶ δέ σοι τί ἔστι; Μέτων κανόνες ἀέρος. αὐτίκα γὰρ ἀήρ ἐστι τὴν ἰδέαν ὅλος κατὰ πνιγέα μάλιστα. προσθεὶς οὖν ἐγὼ τὸν κανόνʼ, ἄνωθεν τουτονὶ τὸν καμπύλον ἐνθεὶς διαβήτην — μανθάνεις; Πισθέταιρος οὐ μανθάνω. Μέτων ὀρθῷ μετρήσω κανόνι προστιθείς, ἵνα ὁ κύκλος γένηται σοι τετράγωνος κἀν μέσῳ ἀγορά, φέρουσαι δʼ ὦσιν εἰς αὐτὴν ὁδοὶ ὀρθαὶ πρὸς αὐτὸ τὸ μέσον, ὥσπερ δʼ ἀστέρος
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f°60

jettent leur lumière de tous côtés par des lignes droites.

Pisth.

C'est un autre Thalès . Methon  !

Le géom.

Qu'y a-t-il ?

Pisth.

Sais tu que je te porte une affection singulière ? C'est pour cela que je te prie de te retirer au plus vite.

Le géom.

Qu'y a-t-il à craindre ici pour moi ?

Pisth.

C'est tout comme à Lacédémone ; on chasse les étrangers et les bouches inutiles ; on donne des coups ; il en pleut.

Le géom.

Y a-t-il ici quelque sédition ?

Pisth.

Non, par Jupiter  !

Le géom.

D'où vient donc que l'on bat ici les gens ?

Pisth.

Il a été résolu d'un commun accord de donner la chasse à tous les hableurs.

Le géom.

Je me retirerai donc, parbleu.

Pisth.

Je ne sais si tu en auras le temps, avant que l'on tombe sur toi.

Le géom.

Hélas ! Que je suis malheureux !

Pisth.

Je te l'avais déjà dit. Retire toi, et toise ton che min

αὐτοῦ κυκλοτεροῦς ὄντος ὀρθαὶ πανταχῇ ἀκτῖνες ἀπολάμπωσιν. Πισθέταιρος ἅνθρωπος Θαλῆς. Μέτων — Μέτων τί ἔστιν; Πισθέταιρος οἶσθʼ ὁτιὴ φιλῶ σʼ ἐγώ, κἀμοὶ πιθόμενος ὑπαποκίνει τῆς ὁδοῦ. Μέτων τί δʼ ἐστὶ δεινόν; Πισθέταιρος ὥσπερ ἐν Λακεδαίμονι ξενηλατοῦνται καὶ κεκίνηνταί τινες· πληγαὶ συχναὶ κατʼ ἄστυ. Μέτων μῶν στασιάζετε; Πισθέταιρος μὰ τὸν Δίʼ οὐ δῆτʼ. Μέτων ἀλλὰ πῶς; Πισθέταιρος ὁμοθυμαδὸν σποδεῖν ἅπαντας τοὺς ἀλαζόνας δοκεῖ. Μέτων ὑπάγοιμί τἄρʼ ἄν. Πισθέταιρος νὴ Δίʼ ὡς οὐκ οἶδʼ ἂν εἰ φθαίης ἄν· ἐπίκεινται γὰρ ἐγγὺς αὑταιί. Μέτων οἴμοι κακοδαίμων. Πισθέταιρος οὐκ ἔλεγον ἐγὼ πάλαι; οὐκ ἀναμετρήσεις σαυτὸν ἀπιὼν ἀλλαχῇ;
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(p) Général persan.

autre part.



Un inspecteur. Pisthétaire. L'inspecteur.

Où sont ceux qui viennent au devant des gens ?

Pisth.

Qui est cette espèce de Sardanapale  ?

L'insp.

Je suis un inspecteur, à qui le sort a donné la commission de venir à Néphélococcygie.

Pisth.

Un inspecteur ? Et qui est-ce qui t'envoie ?

L'insp.

C'est ce méchant petit morceau de papier.

Pisth.

Si l'on te donnait quelque présent, t'en irais-tu et nous laisserais-tu en repos ?

L'insp.

Par tous les Dieux ! J'ai bien affaire au logis. Il faut que je sollicite l'Assemblée pour un traité que j'ai fait avec (p) Pharnace .

Pisth.

Tiens, et va t'en. Voilà de quoi payer tes peines.

L'insp.

Qu'est-ce ?

Pisth.

Le frappe. C'est ce que tu sollicites pour ton traité avec Pharnace .

L'insp.

Quoi ? L'on me bat ? Messieurs ! Je vous prends à témoin qu'on maltraite un inspecteur.

Pisth.

Tu ne t'en iras pas ? Tu n'emporteras pas avec toi tout ton équipage de chicane ? Cela est-il

Ἐπίσκοπος ποῦ πρόξενοι; Πισθέταιρος τίς ὁ Σαρδανάπαλλος οὑτοσί; Ἐπίσκοπος ἐπίσκοπος ἥκω δεῦρο τῷ κυάμῳ λαχὼν ἐς τὰς Νεφελοκοκκυγίας. Πισθέταιρος ἐπίσκοπος; ἔπεμψε δὲ τίς σε δεῦρο; Ἐπίσκοπος φαῦλον βιβλίον Τελέου. Πισθέταιρος τί; βούλει δῆτα τὸν μισθὸν λαβὼν μὴ πράγματʼ ἔχειν ἀλλʼ ἀπιέναι; Ἐπίσκοπος νὴ τοὺς θεούς. ἐκκλησιάσαι δʼ οὖν ἐδεόμην οἴκοι μένων. ἔστιν γὰρ ἃ διʼ ἐμοῦ πέπρακται Φαρνάκῃ. Πισθέταιρος ἄπιθι λαβών· ἔστιν δʼ ὁ μισθὸς οὑτοσί. Ἐπίσκοπος τουτὶ τί ἦν; Πισθέταιρος ἐκκλησία περὶ Φαρνάκου. Ἐπίσκοπος μαρτύρομαι τυπτόμενος ὢν ἐπίσκοπος. Πισθέταιρος οὐκ ἀποσοβήσεις; οὐκ ἀποίσεις τὼ κάδω;
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X

(r) Les uns veulent que ce soit Mars ; d'autres Janvier, ou selon d'autres le 10e mois.

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supportable ? Envoya-t-on jamais des inspecteurs dans une ville, avant qu'on y ait encore offert le premier sacrifie aux Dieux ?



Un greffier d'arrêts. Pisthétaire. L'inspecteur. Le prêtre. Le greffier.

Et si le Nephelococcygien fait quelque tort à l'habitant d' Athènes...

Pisth.

Oh ! Oh ! En voici d'un autre. Quel diantre de brinborion est-ce là ?

Le gref.

Je suis un greffier d'arrêts ; et je viens vous vendre des lois nouvelles.

Pisth.

Qu'est-ce ?

Le gref.

Les Néphélococcygiens se serviront désormais de ces poids et de ces mesures, et suivront les mêmes règlements que les Olophyxiens.

Pisth.

Et moi, je te ferai bientôt suivre ceux des Pleurardiens .

Le gref.

À l'inspecteur Qu'as-tu, toi ?

Pisth.

Tu ne t'en iras pas avec tes lois ? Je te ferai aujourd'hui une distribution d'incommodité.

L'insp.

J'assigne Pisthétaire à répondre en justice sur les mauvais traitements que j'en ai reçus, et cela dans le mois de Mounoirguion Munychion (r) .

οὐ δεινά; καὶ πέμπουσιν ἤδη ʼπισκόπους ἐς τὴν πόλιν, πρὶν καὶ τεθύσθαι τοῖς θεοῖς; Ψηφισματοπώλης ἐὰν δʼ ὁ Νεφελοκοκκυγιεὺς τὸν Ἀθηναῖον ἀδικῇ — Πισθέταιρος τουτὶ τί ἔστιν αὖ κακὸν τὸ βιβλίον; Ψηφισματοπώλης ψηφισματοπώλης εἰμὶ καὶ νόμους νέους ἥκω παρʼ ὑμᾶς δεῦρο πωλήσων. Πισθέταιρος τὸ τί; Ψηφισματοπώλης χρῆσθαι Νεφελοκοκκυγιᾶς τοῖσδε τοῖς μέτροισι καὶ σταθμοῖσι καὶ ψηφίσμασι καθάπερ Ὀλοφύξιοι. Πισθέταιρος σὺ δέ γʼ οἷσπερ ὡτοτύξιοι χρήσει τάχα. Ψηφισματοπώλης οὗτος τί πάσχεις; Πισθέταιρος οὐκ ἀποίσεις τοὺς νόμους; πικροὺς ἐγώ σοι τήμερον δείξω νόμους. Ἐπίσκοπος καλοῦμαι Πισθέταιρον ὕβρεως ἐς τὸν Μουνιχιῶνα μῆνα.
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(s) au prêtre

/mandibules ? ※

Pisth.

Ah ! Ah ! Te voilà donc encore ?

Le gref.

Et si par hasard on chassait les Archontes, ou si l'on déclinait d'eux, j'afficherai l'arrêt à la colonne.

Pisth.

Et toi aussi, te voilà encore en ces lieux ?

L'insp.

Je te perdrai ; je t'en ferai coûter plus de dix mille dragmes.

Pisth.

Et moi je jetterai à l'air toutes tes boîtes de scrutin.

L'insp.

Souviens-toi d'un soir, que tu fis tes ordures au pied de la colonne.

Pisth.

Holà ! Qu'on le prenne, qu'on l'arrête. (s) [?] Eh toi, où vas-tu ? demeure.

Le prêtre.

Allons hors d'ici ; nous sacrifierons le bouc là dedans.



Le chœur.

Je puis me flatter que désormais tous les mortels m'offriront leurs sacrifices avec leurs ardentes prières, à moi qui vois tout et qui domine sur tout. J'observe toute la terre je sauve les fruits que la sève fait germer, par le soin que je prends d'exterminer toute la race des insectes nuisibles, dont les gencives meurtrières font mourir sur la terre tout ce qui sort du tendre

Πισθέταιρος ἄληθες οὗτος; ἔτι γὰρ ἐνταῦθʼ ἦσθα σύ; Ψηφισματοπώλης ἐὰν δέ τις ἐξελαύνῃ τοὺς ἄρχοντας καὶ μὴ δέχηται κατὰ τὴν στήλην — Πισθέταιρος οἴμοι κακοδαίμων, καὶ σὺ γὰρ ἐνταῦθʼ ἦσθʼ ἔτι; Ἐπίσκοπος ἀπολῶ σε καὶ γράφω σε μυρίας δραχμάς. Πισθέταιρος ἐγὼ δὲ σοῦ γε τὼ κάδω διασκεδῶ. Ψηφισματοπώλης μέμνησʼ ὅτε τῆς στήλης κατετίλας ἑσπέρας; Πισθέταιρος αἰβοῖ· λαβέτω τις αὐτόν. οὗτος οὐ μενεῖς; ἀπίωμεν ἡμεῖς ὡς τάχιστʼ ἐντευθενὶ θύσοντες εἴσω τοῖς θεοῖσι τὸν τράγον. Χορός ἤδη ʼμοὶ τῷ παντόπτᾳ καὶ παντάρχᾳ θνητοὶ πάντες θύσουσʼ εὐκταίαις εὐχαῖς. πᾶσαν μὲν γὰρ γᾶν ὀπτεύω, σῴζω δʼ εὐθαλεῖς καρποὺς κτείνων παμφύλων γένναν θηρῶν, ἂ πάντʼ ἐν γαίᾳ ἐκ κάλυκος αὐξανόμενον γένυσι παμφάγοις
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calice, et qui assiégeant les arbres, en rongent les productions. J'extermine de même tous les insectes qui désolent les parterres odoriférants, tous les reptiles, toute la vermine ; tout cela succombe sous les efforts de mon aile secourable. Nous publions dans ce jour célèbre, comme en publiant autrefois ; si quelqu'un peut tuer Diagoras de Mélès ce fameux athée, il aura un talent pour sa récompense ; il y a un talent pour tout homme qui pourra donner la mort à quelqu'un de ces vieux tyrans (qu'il y a déjà longtemps qu'ils ne sont plus au monde) ainsi nous faisons crier : quiconque pourra tuer Philocrate l'autruche, il aura un talent ; et quatre s'il peut le prendre vif. Et la raison, c'est que tendant aux moineaux et en prenant quantité, il en donne sept pour une obole ; il souffle les grives, pour les faire paraitre plus grasses, et le tout pour leur destruction. Il passe des plumes aux merles à travers les narines ; il prend les pigeons, les enferme dans des cages, et les lie dans un filet pour les faire servir d'appeau. Nous ordonnons donc à tous ceux qui nourrissent des oiseaux en cage ou en volière, qu'ils aient à les mettre au plus tôt en liberté ; sinon, les oiseaux vous prendront à votre tour, vous lieront, vous feront servir d'appeau pour prendre d'autres hommes. Heureuse condition, que celle des oiseaux ! L'hiver, ils n'ont point besoin de robe fourrée, et ne cherchent point à se réchauffer à la vapeur pénétrante du fourneau qui darde ses rayons de tous côtés. Nous reposons dans le

δένδρεσί τʼ ἐφημένα καρπὸν ἀποβόσκεται· κτείνω δʼ οἳ κήπους εὐώδεις φθείρουσιν λύμαις ἐχθίσταις, ἑρπετά τε καὶ δάκετα πάνθʼ ὅσαπερ ἔστιν ὑπʼ ἐμᾶς πτέρυγος ἐν φοναῖς ὄλλυται. Χορός τῇδε μέντοι θἠμέρᾳ μάλιστʼ ἐπαναγορεύεται, ἢν ἀποκτείνῃ τις ὑμῶν Διαγόραν τὸν Μήλιον, λαμβάνειν τάλαντον, ἤν τε τῶν τυράννων τίς τινα τῶν τεθνηκότων ἀποκτείνῃ, τάλαντον λαμβάνειν. βουλόμεσθʼ οὖν νυν ἀνειπεῖν ταὐτὰ χἠμεῖς ἐνθάδε. ἢν ἀποκτείνῃ τις ὑμῶν Φιλοκράτη τὸν Στρούθιον, λήψεται τάλαντον, ἢν δὲ ζῶντά γʼ ἀγάγῃ, τέτταρα, ὅτι συνείρων τοὺς σπίνους πωλεῖ καθʼ ἑπτὰ τοὐβολοῦ, εἶτα φυσῶν τὰς κίχλας δείκνυσι καὶ λυμαίνεται, τοῖς τε κοψίχοισιν ἐς τὰς ῥῖνας ἐγχεῖ τὰ πτερά, τὰς περιστεράς θʼ ὁμοίως ξυλλαβὼν εἵρξας ἔχει, κἀπαναγκάζει παλεύειν δεδεμένας ἐν δικτύῳ. ταῦτα βουλόμεσθʼ ἀνειπεῖν· κεἴ τις ὄρνιθας τρέφει εἱργμένους ὑμῶν ἐν αὐλῇ, φράζομεν μεθιέναι. ἢν δὲ μὴ πίθησθε, συλληφθέντες ὑπὸ τῶν ὀρνέων αὖθις ὑμεῖς αὖ παρʼ ἡμῖν δεδεμένοι παλεύσετε. Χορός εὔδαιμον φῦλον πτηνῶν οἰωνῶν, οἳ χειμῶνος μὲν χλαίνας οὐκ ἀμπισχνοῦνται· οὐδʼ αὖ θερμὴ πνίγους ἡμᾶς ἀκτὶς τηλαυγὴς θάλπει· ἀλλʼ ἀνθηρῶν λειμώνων
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/ le texte dit : Les oréades X

X

X

(t) Les anciennes didragmes avaient un bœuf pour marque. Depuis on les fit doubles, c'est à dire de 4 dragmes, et on y mit pour marque un hibou.

(u) Lieu dans l' Attique où il y avait des mines d'or.

sein des feuilles des campagnes fleuries, dans la saison que la cigale bruyante, pénétrée des rayons brûlants du midi, fait entendre sa voix. L'hiver, nous le passons dans les autres creux, où nous badinons avec les Divinités pisseuses des montagnes et au printemps, nous paissons les myrtes virginaux garnis de leurs blanches fleurs, et nous vivons du jardinage des Grâces .



Aux Spectateurs.

Nous dirons quelque chose aux juges, pour les porter à nous être favorables ; et, nous leur promettrons toutes sortes de biens, si leurs suffrages nous donnent la victoire. Ils peuvent s'assurer que leur jugement favorable sera mieux récompensé que celui de Paris . Premièrement (et c'est la chose dont chacun est ordinairement le plus touché) il ne lui manquera point de ces hiboux dont les belles doubles didragmes (t) de Laurion (u) sont marqués. Ils y feront leurs nids dans leurs sacs, y multiplieront, et le gain croîtra peu à peu. Après cela vos maisons seront comme des temples, car nous y ferons des ailes. Ceux qui seront nommés pour quelque emploi, et qui voudront faire leur main, nous leur donnerons pour les aider quelque oiseau de proie. Quand vous souperez nous vous enverrons des jabots. Mais si vous ne jugez pas en notre faveur, vous n'avez qu'à faire provisions de ces petites lunes qu’on met sur la tête des statues ; car celui qui n'en aura pas, peut s'assurer quelques

φύλλων τʼ ἐν κόλποις ναίω, ἡνίκʼ ἂν ὁ θεσπέσιος ὀξὺ μέλος ἀχέτας θάλπεσι μεσημβρινοῖς ἡλιομανὴς βοᾷ. χειμάζω δʼ ἐν κοίλοις ἄντροις νύμφαοις οὐρείαις ξυμπαίζων· ἠρινά τε βοσκόμεθα παρθένια λευκότροφα μύρτα Χαρίτων τε κηπεύματα. Χορός τοῖς κριταῖς εἰπεῖν τι βουλόμεσθα τῆς νίκης πέρι, ὅσʼ ἀγάθʼ, ἢν κρίνωσιν ἡμᾶς, πᾶσιν αὐτοῖς δώσομεν, ὥστε κρείττω δῶρα πολλῷ τῶν Ἀλεξάνδρου λαβεῖν. πρῶτα μὲν γὰρ οὗ μάλιστα πᾶς κριτὴς ἐφίεται, γλαῦκες ὑμᾶς οὔποτʼ ἐπιλείψουσι Λαυρειωτικαί· ἀλλʼ ἐνοικήσουσιν ἔνδον, ἔν τε τοῖς βαλλαντίοις ἐννεοττεύσουσι κἀκλέψουσι μικρὰ κέρματα. εἶτα πρὸς τούτοισιν ὥσπερ ἐν ἱεροῖς οἰκήσετε· τὰς γὰρ ὑμῶν οἰκίας ἐρέψομεν πρὸς αἰετόν· κἂν λαχόντες ἀρχίδιον εἶθʼ ἁρπάσαι βούλησθέ τι, ὀξὺν ἱερακίσκον ἐς τὰς χεῖρας ὑμῖν δώσομεν. ἢν δέ που δειπνῆτε, πρηγορεῶνας ὑμῖν πέμψομεν. ἢν δὲ μὴ κρίνητε, χαλκεύεσθε μηνίσκους φορεῖν ὥσπερ ἀνδριάντες· ὡς ὑμῶν ὃς ἂν μὴ μῆνʼ ἔχῃ,
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(x) Le cheval de Troie était de bois. Il y en avait un d'airain à la citadelle d' Athènes, de la grandeur de celui de bois.

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beaux habits qu'il porte, que les oiseaux se vengeront de lui, en le conchiant.



Pisthétaire. Un messager. Pisth.

Oiseaux ! Le sacrifice a réussi au gré de nos souhaits. Tout va bien. Mais d'où vient que je ne reçois aucun message des murs, et que nous ne savons point ce qui s'y passe ? À la fin j'en vois un qui court avec la même rapidité que l'amoureux Alphée .

Le messager.

Où est il ? Où est il ? Où est il ? Où trouverai-je l'archonte Pisthétaire  ?

Pisth.

Le voici.

Le mess.

Le mur est achevé de bâtir.

Pisth.

C'est bien dit.

Le mess.

L'ouvrage est d'une beauté et d'une magnificence surprenantes. Il est si large que Proxenide et Théagène y feraient rouler de front deux chariots attelés de chevaux aussi grands que celui de Troie (x) .

Pisth.

Est-il possible ?

Le mess.

Et la longueur (car je l'ai mesuré) est de cent arpents.

Pisth.

O ! Neptune  ! Quelle longueur ! Qui sont

ὅταν ἔχητε χλανίδα λευκήν, τότε μάλισθʼ οὕτω δίκην δώσεθʼ ἡμῖν, πᾶσι τοῖς ὄρνισι κατατιλώμενοι. Πισθέταιρος τὰ μὲν ἱέρʼ ἡμῖν ἐστιν ὦρνιθες καλά· ἀλλʼ ὡς ἀπὸ τοῦ τείχους πάρεστιν ἄγγελος οὐδείς, ὅτου πευσόμεθα τἀκεῖ πράγματα. ἀλλʼ οὑτοσὶ τρέχει τις Ἀλφειὸν πνέων. Ἄγγελος Α ποῦ ποῦ ʼστι, ποῦ ποῦ ποῦ ʼστι, ποῦ ποῦ ποῦ ʼστι ποῦ, ποῦ Πισθέταιρός ἐστιν ἅρχων; Πισθέταιρος οὑτοσί. Ἄγγελος Α ἐξῳκοδόμηταί σοι τὸ τεῖχος. Πισθέταιρος εὖ λέγεις. Ἄγγελος Α κάλλιστον ἔργον καὶ μεγαλοπρεπέστατον· ὥστʼ ἂν ἐπάνω μὲν Προξενίδης ὁ Κομπασεὺς καὶ Θεογένης ἐναντίω δύʼ ἅρματε, ἵππων ὑπόντων μέγεθος ὅσον ὁ δούριος, ὑπὸ τοῦ πλάτους ἂν παρελασαίτην. Πισθέταιρος Ἡράκλεις. Ἄγγελος Α τὸ δὲ μῆκός ἐστι, καὶ γὰρ ἐμέτρησʼ αὔτʼ ἐγώ, ἑκατοντορόγυιον. Πισθέταιρος ὦ Πόσειδον τοῦ μάκρους.
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/?

ceux qui l'ont bâti de cette sorte ?

Le mess.

Les oiseaux seuls. Il n'est venu ni cuiseur de briques d' Egypte, ni tailleur de pierre, ni architecte. Les oiseaux ont tout fait, et j’étais saisi d'admiration. Il est venu de Libye environ trente mille grues, dont chacune avait au bec une pierre fondamentale ; et ces pierres ont été taillées par des oiseaux à long bec. Dix mille cigognes ont porté les pierres d’assises ; et les oiseaux de rivière ont ap porté l'eau.

Pisth.

Et le mortier, qui est ce qui l'a porté ?

Le mess.

Les oiseaux, vraiment.

Pisth.

Et comment faisait on le mortier ?

Le mess.

Par la plus jolie invention du monde, les oies après l'avoir démélé, se servaient de leurs pattes comme de truelles pour le jeter dans les baquets.

Pisth.

Ce n'est donc plus des mains, mais des pieds qu'il faut dire ; de quelle entreprise leur adresse ne viendra-t-elle pas à bout ?

Le mess.

Vous eussiez vu les cannes retroussées porter gaîment les pierres ; et les hirondelles garnies de leur bourrelet, voler après, comme des petits qui suivent leur mère, le bec tout plein de mortier.

Pisth.

Après cela, quel besoin de louer des journaliers ?

τίνες ᾠκοδόμησαν αὐτὸ τηλικουτονί; Ἄγγελος Α ὄρνιθες, οὐδεὶς ἄλλος, οὐκ Αἰγύπτιος πλινθοφόρος, οὐ λιθουργός, οὐ τέκτων παρῆν, ἀλλʼ αὐτόχειρες, ὥστε θαυμάζειν ἐμέ. ἐκ μέν γε Λιβύης ἧκον ὡς τρισμύριαι γέρανοι θεμελίους καταπεπωκυῖαι λίθους. τούτους δʼ ἐτύκιζον αἱ κρέκες τοῖς ῥύγχεσιν. ἕτεροι δʼ ἐπλινθοφόρουν πελαργοὶ μύριοι· ὕδωρ δʼ ἐφόρουν κάτωθεν ἐς τὸν ἀέρα οἱ χαραδριοὶ καὶ τἄλλα ποτόμιʼ ὄρνεα. Πισθέταιρος ἐπηλοφόρουν δʼ αὐτοῖσι τίνες; Ἄγγελος Α ἐρωδιοὶ λεκάναισι. Πισθέταιρος τὸν δὲ πηλὸν ἐνεβάλλοντο πῶς; Ἄγγελος Α τοῦτʼ ὦγάθʼ ἐξηύρητο καὶ σοφώτατα· οἱ χῆνες ὑποτύπτοντες ὥσπερ ταῖς ἄμαις ἐς τὰς λεκάνας ἐνέβαλλον αὐτοῖς τοῖν ποδοῖν. Πισθέταιρος τί δῆτα πόδες ἂν οὐκ ἂν ἐργασαίατο; Ἄγγελος Α καὶ νὴ Δίʼ αἱ νῆτταί γε περιεζωσμέναι ἐπλινθοφόρουν· ἄνω δὲ τὸν ὑπαγωγέα ἐπέτοντʼ ἔχουσαι κατόπιν †ὥσπερ παιδία τὸν πηλὸν ἐν τοῖς στόμασιν† αἱ χελιδόνες. Πισθέταιρος τί δῆτα μισθωτοὺς ἂν ἔτι μισθοῖτό τις;
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(y) Jeu de mot sur πελεκύς qui signifie une hache.

f°64

Mais je voudrais bien savoir comment on est venu à bout de la charpente et de la menuiserie.

Le mess.

Ce sont encore les oiseaux qui ont fait tout cela. Les pélicans (y) avec leurs grands becs, au lieu de haches, de cognées et de doloires , ont charpenté les portes, et le bruit qu'ils faisaient ressemblait à celui que l'on entend sur le port, quand on y bâtit des vaisseaux. Enfin tout est fait ; les portes sont mises avec leurs barres qui les ferment ; les sentinelles sont placées de tous cotés ; on fait les rondes avec la sonnette, et les tours sont garnies de corps de garde et de fanaux. Je m'en vais me nettoyer. Le reste vous regarde.



Le chœur. Pisthétaire. Un autre messager. Le ch.

Que fais-tu là ? Tu admires sans doute avec quelle vitesse ce mur a été bâti.

Pisth.

Il est vrai, et j'ai raison de m'en étonner ; car cela a plus l'air de mensonge, que de vérité. Mais ne vois je pas accourir un de nos gardes avec précipitation ?

Le mess.

Hélas ! Hélas ! Hélas !

Pisth.

Qu'y a-t-il ?

Le mess.

Nous sommes perdus. Je ne sais quel Dieu qui vient de chez Jupiter , a trompé les geais qui étaient chargés de faire sentinelles

φέρʼ ἴδω, τί δαί; τὰ ξύλινα τοῦ τείχους τίνες ἀπηργάσαντʼ; Ἄγγελος Α ὄρνιθες ἦσαν τέκτονες σοφώτατοι πελεκᾶντες, οἳ τοῖς ῥύγχεσιν ἀπεπελέκησαν τὰς πύλας· ἦν δʼ ὁ κτύπος αὐτῶν πελεκώντων ὥσπερ ἐν ναυπηγίῳ. καὶ νῦν ἅπαντʼ ἐκεῖνα πεπύλωται πύλαις καὶ βεβαλάνωται καὶ φυλάττεται κύκλῳ, ἐφοδεύεται, κωδωνοφορεῖται, πανταχῇ, φυλακαὶ καθεστήκασι καὶ φρυκτωρίαι ἐν τοῖσι πύργοις. ἀλλʼ ἐγὼ μὲν ἀποτρέχων ἀπονίψομαι· σὺ δʼ αὐτὸς ἤδη τἄλλα δρᾶ. Χορός οὗτος τί ποιεῖς; ἆρα θαυμάζεις ὅτι οὕτω τὸ τεῖχος ἐκτετείχισται ταχύ; Πισθέταιρος νὴ τοὺς θεοὺς ἔγωγε· καὶ γὰρ ἄξιον· ἴσα γὰρ ἀληθῶς φαίνεταί μοι ψεύδεσιν. ἀλλʼ ὅδε φύλαξ γὰρ τῶν ἐκεῖθεν ἄγγελος ἐσθεῖ πρὸς ἡμᾶς δεῦρο πυρρίχην βλέπων. Ἄγγελος Β ἰοὺ ἰού, ἰοὺ ἰού, ἰοὺ ἰού. Πισθέταιρος τί τὸ πρᾶγμα τουτί; Ἄγγελος Β. δεινότατα πεπόνθαμεν. τῶν γὰρ θεῶν τις ἄρτι τῶν παρὰ τοῦ Διὸς διὰ τῶν πυλῶν εἰσέπτετʼ ἐς τὸν ἀέρα,
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le jour, et il a volé par les portes dans notre air.

Pisth.

Quiconque en a usé de la sorte, en a agi bien malhonnêtement, et son entreprise est digne de blâme. Mais quel Dieu est ce ?

Le mess.

Nous ne savons ; nous savons seulement qu'il a des ailes.

Le chœur.

Il fallait faire un détachement pour l'arrêter.

Le mess.

Aussi avons-nous détaché trente mille éperviers, archers à cheval, qui se sont avancés avec leurs ongles crochus, pour chercher ce téméraire, soutenus d'aigles, de vautours, d'émouchets et d'autres oiseaux de proie. L'air est agité par le mouvement de leurs ailes et l'impétuosité de leur vol. On cherche le dieu, et je pense qu'il n'est pas loin.

Le ch.

Que l'on s'arme de frondes et de javelots.

Le mess.

Avancez, ministre de notre vengeance ; lancez vos traits, qu'on me donne une fronde.

Le ch.

La guerre s'allume, une guerre incroyable entre moi et les Dieux. Que tous fassent bonne garde dans l'air rempli de nuages, fils du vaste Erèbe . Regarde de tous côtés, et qu'aucun Dieu ne puisse passer à insu. J'entends ici près le mouvement d'un tourbillon qu'excite le vol d'un Dieu qui s'élève.

λαθὼν κολοιοὺς φύλακας ἡμεροσκόπους. Πισθέταιρος ὦ δεινὸν ἔργον καὶ σχέτλιον εἰργασμένος. τίς τῶν θεῶν; Ἄγγελος Β. οὐκ ἴσμεν· ὅτι δʼ εἶχε πτερά, τοῦτʼ ἴσμεν. Πισθέταιρος οὔκουν δῆτα περιπόλους ἐχρῆν πέμψαι κατʼ αὐτὸν εὐθύς; Ἄγγελος Β. ἀλλʼ ἐπέμψαμεν τρισμυρίους ἱέρακας ἱπποτοξότας, χωρεῖ δὲ πᾶς τις ὄνυχας ἠγκυλωμένος, κερχνῂς τριόρχης γὺψ κύμινδις αἰετός· ῥύμῃ τε καὶ πτεροῖσι καὶ ῥοιζήμασιν αἰθὴρ δονεῖται τοῦ θεοῦ ζητουμένου· κἄστʼ οὐ μακρὰν ἄπωθεν, ἀλλʼ ἐνταῦθά που ἤδη ʼστίν. Πισθέταιρος οὔκουν σφενδόνας δεῖ λαμβάνειν καὶ τόξα; χώρει δεῦρο πᾶς ὑπηρέτης· τόξευε παῖε, σφενδόνην τίς μοι δότω. Χορός πόλεμος αἴρεται, πόλεμος οὐ φατὸς πρὸς ἐμὲ καὶ θεούς. ἀλλὰ φύλαττε πᾶς ἀέρα περινέφελον, ὃν ἔρεβος ἐτέκετο, μή σε λάθῃ θεῶν τις ταύτῃ περῶν· Χορός [illisible] ἄθρει δὲ πᾶς κύκλῳ σκοπῶν, ὡς ἐγγὺς ἤδη δαίμονος πεδαρσίου δίνης πτερωτὸς φθόγγος ἐξακούεται.
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X

X

f°65 Pisth.

Holà ! Toi ! Où voles tu ? Arrête ; demeure là. Qui es tu ? D'où es tu ? Parle.



Iris. Pisthétaire. Le chœur. Iris.

Je viens de la part des Dieux, habitants de l' Olympe.

Pisth.

Quel nom te donne-t-on ?

Iris.

Je m'appelle Iris la légère .

Pisth.

Qu'on la saisisse.

Iris.

On m'arrêtera ? moi ? Qu'est ce donc que ceci veut dire ?

Pisth.

Tu seras punie.

Iris.

Qu'est ce donc que tout ceci ?

Pisth.

Insolente ! Par quelle porte es-tu entrée ?

Iris.

Pardi , je ne connais point vos portes.

Pisth.

Entendez vous la dissimulée ? As tu parlé à la garde ? Les cigognes t'ont-elles donné le passe avant ?

Iris.

Je n'entends rien à tout cela.

Pisth.

Quoi ? Tu ne l'as point ?

Πισθέταιρος αὕτη σύ, ποῖ ποῖ ποῖ πέτει; μένʼ ἥσυχος, ἔχʼ ἀτρέμας· αὐτοῦ στῆθʼ· ἐπίσχες τοῦ δρόμου. τίς εἶ; ποδαπή; λέγειν ἐχρῆν ὁπόθεν πότʼ εἶ. Ἶρις παρὰ τῶν θεῶν ἔγωγε τῶν Ὀλυμπίων. Πισθέταιρος ὄνομα δέ σο. τί ἐστι; πλοῖον ἢ κυνῆ; Ἶρις Ἶρις ταχεῖα. Πισθέταιρος Πάραλος ἢ Σαλαμινία; Ἶρις τί δὲ τοῦτο; Πισθέταιρος ταυτηνί τις οὐ συλλήψεται ἀναπτόμενος τρίορχος; Ἶρις ἐμὲ συλλήψεται; τί ποτʼ ἐστὶ τουτὶ τὸ κακόν; Πισθέταιρος οἰμώξει μακρά. Ἶρις ἄτοπόν γε τουτὶ πρᾶγμα. Πισθέταιρος κατὰ ποίας πύλας εἰσῆλθες ἐς τὸ τεῖχος ὦ μιαρωτάτη; Ἶρις οὐκ οἶδα μὰ Δίʼ ἔγωγε κατὰ ποίας πύλας. Πισθέταιρος ἤκουσας αὐτῆς οἷον εἰρωνεύεται; πρὸς τοὺς κολοιάρχας προσῆλθες; οὐ λέγεις; σφραγῖδʼ ἔχεις παρὰ τῶν πελαργῶν; Ἶρις τί τὸ κακόν. Πισθέταιρος οὐκ ἔλαβες;
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Iris.

Tu n'es donc pas dans ton bon sens ?

Pisth.

Quoi ? Aucun Caporal ne t'a donné le passe avant  ?

Iris.

Pardi, mon beau Monsieur , je n'ai que faire que l'on me donne le passe avant.

Pisth.

Tu prétends donc ainsi passer tranquillement par une ville étrangère, et traverser impunément ce vaste chaos ?

Iris.

Il faut bien que les Dieux passent par-là, puisqu'il n'y a pas d'autre chemin.

Pisth.

Je ne sais, s'il y en a d'autres ; mais je sais bien qu'ils ne passeront pas par celui-ci. Tu nous as fait une insulte, et ton supplice en sera la punition. Tu mourras.

Iris.

Je suis immortelle.

Pisth.

N'importe ; c'est fait de toi. Il me semble que nous serions bien malheureux, si régnant sur tous les autres, nous étions impunément insultés par vous autres Dieux, et si vous n'appreniez pas qu'il faut enfin céder à ceux qui valent mieux que vous ? Dis-moi un peu : où navigues-tu avec tes ailes ?

Iris.

Moi ? Je vais dire aux hommes, de la part de mon père, de sacrifier aux Dieux de l’ Olympe,

Ἶρις ὑγιαίνεις μέν; Πισθέταιρος οὐδὲ σύμβολον ἐπέβαλεν ὀρνίθαρχος οὐδείς σοι παρών; Ἶρις μὰ Δίʼ οὐκ ἔμοιγʼ ἐπέβαλεν οὐδεὶς ὦ μέλε. Πισθέταιρος κἄπειτα δῆθʼ οὕτω σιωπῇ διαπέτει διὰ τῆς πόλεως τῆς ἀλλοτρίας καὶ τοῦ χάους; Ἶρις ποίᾳ γὰρ ἄλλῃ χρὴ πέτεσθαι τοὺς θεούς; Πισθέταιρος οὐκ οἶδα μὰ Δίʼ ἔγωγε· τῇδε μὲν γὰρ οὔ. ἀδικεῖς δὲ καὶ νῦν. ἆρά γʼ οἶσθα τοῦθʼ ὅτι δικαιότατʼ ἂν ληφθεῖσα πασῶν Ἰρίδων ἀπέθανες, εἰ τῆς ἀξίας ἐτύγχανες; Ἶρις ἀλλʼ ἀθάνατός εἰμʼ. Πισθέταιρος ἀλλʼ ὅμως ἂν ἀπέθανες. δεινότατα γάρ τοι πεισόμεσθʼ, ἐμοὶ δοκεῖ, εἰ τῶν μὲν ἄλλων ἄρχομεν, ὑμεῖς δʼ οἱ θεοὶ ἀκολαστανεῖτε, κοὐδέπω γνώσεσθʼ ὅτι ἀκροατέον ὑμῖν ἐν μέρει τῶν κρειττόνων. φράσον δέ τοί μοι τὼ πτέρυγε ποῖ ναυστολεῖς; Ἶρις ἐγώ; πρὸς ἀνθρώπους πέτομαι παρὰ τοῦ πατρὸς φράσουσα θύειν τοῖς Ὀλυμπίοις θεοῖς
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X

(a) L'un des géants.

f°66

d'égorger des victimes sur leurs autels, et de remplir les places de fumée que produit la graisse enflammée.

Pisth.

Que dis-tu ? À quels Dieux ?

Iris.

Belle demande ! À nous qui habitons dans le ciel.

Pisth.

Êtes vous donc des Dieux ?

Iris.

Est ce qu'il y en a d'autres ?

Pisth.

Les hommes n'ont plus maintenant d'autres Dieux que les oiseaux, qui sont seuls désormais à qui il faut sacrifier.

Iris.

Pauvre insensé ! N'excite point la colère des Dieux, de peur que le hoyau vengeur de Jupiter ne reverse de fond en comble ta damnable race, et que la foudre effroyable n'enflamme ta maison, et ne réduise ton corps en cendres.

Pisth.

Ecoute. Crois-moi ; ne fais point tant de bruit. Tiens-toi là en repos. Voyons un peu. Me prends tu pour quelque sot de Lidye Lydie , ou de Phrygie, que tu puisses épouvanter par tes grands mots ? Apprends, ma belle amie, que si Jupiter me fâche, je ferai porter le feu jusques dans son palais par les aigles ; et je lui enverrai jusques au ciel plus de six mille oiseaux-tigre qu'on nomme Porphyrions. Il peut n'avoir pas oublié la peine que lui fit un seul homme (a) de

μηλοσφαγεῖν τε βουθύτοις ἐπʼ ἐσχάραις κνισᾶν τʼ ἀγυιάς. Πισθέταιρος τί σὺ λέγεις; ποίοις θεοῖς; Ἶρις ποίοισιν; ἡμῖν τοῖς ἐν οὐρανῷ θεοῖς. Πισθέταιρος θεοὶ γὰρ ὑμεῖς; Ἶρις τίς γάρ ἐστʼ ἄλλος θεός; Πισθέταιρος ὄρνιθες ἀνθρώποισι νῦν εἰσιν θεοί, οἷς θυτέον αὐτούς, ἀλλὰ μὰ Δίʼ οὐ τῷ Διί. Ἶρις ὦ μῶρε μῶρε μὴ θεῶν κίνει φρένας δεινάς, ὅπως μή σου γένος πανώλεθρον Διὸς μακέλλῃ πᾶν ἀναστρέψῃ Δίκη, λιγνὺς δὲ σῶμα καὶ δόμων περιπτυχὰς καταιθαλώσῃ σου Λικυμνίαις βολαῖς. Πισθέταιρος ἄκουσον αὕτη· παῦε τῶν παφλασμάτων· ἔχʼ ἀτρέμα. φέρʼ ἴδω, πότερα Λυδὸν ἢ Φρύγα ταυτὶ λέγουσα μορμολύττεσθαι δοκεῖς; ἆρʼ οἶσθʼ ὅτι Ζεὺς εἴ με λυπήσει πέρα, μέλαθρα μὲν αὐτοῦ καὶ δόμους Ἀμφίονος καταιθαλώσω πυρφόροισιν αἰετοῖς; πέμψω δὲ πορφυρίωνας ἐς τὸν οὐρανὸν ὄρνις ἐπʼ αὐτὸν παρδαλᾶς ἐνημμένους πλεῖν ἑξακοσίους τὸν ἀριθμόν. καὶ δή ποτε εἷς Πορφυρίων αὐτῷ παρέσχε πράγματα.
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ce nom. Et toi, si tu me mets en colère, toi qui n'es que sa servante, je te ferai voir, à sa barbe, que pour être vieux, je n'en suis pas moins redoutable.

Iris.

Puisses tu crever, avec tes insolents discours.

Pisth.

Tu ne t'en iras pas ? Et vite, et vite.

Iris.

Va ; mon père saura bien réprimer ton insolence.

Pisth.

Va t'en ailleurs faire peur à de plus jeunes que moi.

Le chœur.

Nous défendons aux Dieux, fils de Jupiter , de passer par cette ville ; et aux mortels, de leur envoyer par ici aucune fumée, ni aucune vapeur de sacrifice.



Pisthétaire. Un hérault. Pisth.

Il est étonnant que nous ne voyions point revenir le hérault que nous avons envoyé vers les hommes.

Le hérault.

O ! Pisthétaire ! o ! l'homme sage ! O ! l'homme heureux ! Trois fois heureux ! faites moi faire silence.

Pisth.

Que dis-tu ?

Le hé.

Tous les peuples en récompense de ta sagesse, te mettent sur la tête cette couronne d’or.

Pisth.

Je la reçois volontiers. Mais d'où vient qu'ils me font tant d'honneur ?

σὺ δʼ εἴ με λυπήσεις τι, τῆς διακόνου πρώτης ἀνατείνας τὼ σκέλει διαμηριῶ τὴν Ἶριν αὐτήν, ὥστε θαυμάζειν ὅπως οὕτω γέρων ὢν στύομαι τριέμβολον. Ἶρις διαρραγείης ὦ μέλʼ αὐτοῖς ῥήμασιν. Πισθέταιρος οὐκ ἀποσοβήσεις; οὐ ταχέως; εὐρὰξ πατάξ. Ἶρις ἦ μήν σε παύσει τῆς ὕβρεως οὑμὸς πατήρ. Πισθέταιρος οἴμοι τάλας. οὔκουν ἑτέρωσε πετομένη καταιθαλώσεις τῶν νεωτέρων τινά; Χορός ἀποκεκλῄκαμεν διογενεῖς θεοὺς μηκέτι τὴν ἐμὴν διαπερᾶν πόλιν, μηδέ γέ τινʼ ἱερόθυτον ἀνὰ δάπεδον ἔτι τῇδε βροτῶν θεοῖσι πέμπειν καπνόν. Πισθέταιρος δεινόν γε τὸν κήρυκα τὸν παρὰ τοὺς βροτοὺς οἰχόμενον, εἰ μηδέποτε νοστήσει πάλιν. Κῆρυξ ὦ Πισθέταιρʼ ὦ μακάριʼ ὦ σοφώτατε, ὦ κλεινότατʼ ὦ σοφώτατʼ ὦ γλαφυρώτατε, ὦ τρισμακάριʼ ὦ κατακέλευσον. Πισθέταιρος τί σὺ λέγεις; Κῆρυξ στεφάνῳ σε χρυσῷ τῷδε σοφίας οὕνεκα στεφανοῦσι καὶ τιμῶσιν οἱ πάντες λεῴ. Πισθέταιρος δέχομαι. τί δʼ οὕτως οἱ λεῲ τιμῶσί με;
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f°67 Le hé.

Sage fondateur d'une ville aérienne ! Sais-tu à quel point les hommes t'honorent, et combien de gens aspirent au bonheur de vivre ic ici ? Avant que cette ville fût bâtie, chacun admirait les Lacédémoniens ; c'était une fureur ; il n'y avait personne qui n'affectât, à leur imitation, de nourrir une grande chevelure, de mourir de faim, d'être malpropre comme Socrate , de porter des bâtons pesants. Mais à présent c'est la fureur des oiseaux qui est en règne. On prend plaisir à les imiter en tout. Premièrement, aussitôt qu'un chacun est sorti du lit, ils volent, comme nous, dès le point du jour, à la mangeaille, ils se perchent sur les cordages, comme nous sur les branches ; enfin la rage s'y est mise, de telle sorte, qu'il y en a quantité qui ont pris des noms d'oiseaux. Il y a un cabaretier boiteux, qui s'est nommé Perdrix ; Ménippe la maquignon, s'appelle l'Hirondelle ; Opunée , qui n'a qu'un œil et un grand nez, s'appelle Corbeau ; Philoclès , l'Alouette huppée ; Théagène , l'Oison ; Lycurgue , l'Ibis ; Chéréphon , la chauve-souris ; Syacusius , la Pie, et Midias , la caille, à cause qu'il ressemble à ce qu'on appelle la caille battue dans un jeu d'enfant. La passion qu'ils ont pour les Oiseaux leur fait chanter à tous des chansons où il est parlé d'Hirondelle, de Colombe, d'oie, de pigeon ; en un mot, tous les airs où il est fait mention d'ailes ou de plumes. Voilà ce qui se passe là bas. Je n'ai qu'une chose à ajouter, c'est qu'il en viendra

Κῆρυξ ὦ κλεινοτάτην αἰθέριον οἰκίσας πόλιν, οὐκ οἷσθʼ ὅσην τιμὴν παρʼ ἀνθρώποις φέρει, ὅσους τʼ ἐραστὰς τῆσδε τῆς χώρας ἔχεις. πρὶν μὲν γὰρ οἰκίσαι σε τήνδε τὴν πόλιν, ἐλακωνομάνουν ἅπαντες ἄνθρωποι τότε, ἐκόμων ἐπείνων ἐρρύπων ἐσωκράτουν σκυτάλιʼ ἐφόρουν, νυνὶ δʼ ὑποστρέψαντες αὖ ὀρνιθομανοῦσι, πάντα δʼ ὑπὸ τῆς ἡδονῆς ποιοῦσιν ἅπερ ὄρνιθες ἐκμιμούμενοι· πρῶτον μὲν εὐθὺς πάντες ἐξ εὐνῆς ἅμα ἐπέτονθʼ ἕωθεν ὥσπερ ἡμεῖς ἐπὶ νομόν· κἄπειτʼ ἂν ἅμα κατῆραν ἐς τὰ βιβλία· εἶτʼ ἀπενέμοντʼ ἐνταῦθα τὰ ψηφίσματα. ὠρνιθομάνουν δʼ οὕτω περιφανῶς ὥστε καὶ πολλοῖσιν ὀρνίθων ὀνόματʼ ἦν κείμενα. πέρδιξ μὲν εἷς κάπηλος ὠνομάζετο χωλός, Μενίππῳ δʼ ἦν χελιδὼν τοὔνομα, Ὀπουντίῳ δʼ ὀφθαλμὸν οὐκ ἔχων κόραξ, κορυδὸς Φιλοκλέει, χηναλώπηξ Θεογένει, ἶβις Λυκούργῳ, Χαιρεφῶντι νυκτερίς, Συρακοσίῳ δὲ κίττα· Μειδίας δʼ ἐκεῖ ὄρτυξ ἐκαλεῖτο· καὶ γὰρ ᾔκειν ὄρτυγι ὑπὸ στυφοκόπου τὴν κεφαλὴν πεπληγμένῳ. ᾖδον δʼ ὑπὸ φιλορνιθίας πάντες μέλη, ὅπου χελιδὼν ἦν τις ἐμπεποιημένη ἢ πηνέλοψ ἢ χήν τις ἢ περιστερὰ ἢ πτέρυγες, ἢ πτεροῦ τι καὶ σμικρὸν προσῆν. τοιαῦτα μὲν τἀκεῖθεν. ἓν δέ σοι λέγω· ἥξουσʼ ἐκεῖθεν δεῦρο πλεῖν ἢ μύριοι
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ici plus de dix mille pour demander des ailes et des griffes ; ainsi vous n'avez qu'à en faire bonne provision.

Pisth.

Pardi, nous les contenterons. Va t'en vite remplir d'ailes et de plumes tout ce que nous avons de paniers et de mannes. Holà ! Garçon ; Qu'on apporte ici tout ce plumage. Je recevrai ceux qui se présenteront.



Le chœur. Pisthétaire. Le ch.

On appellera bientôt cette ville, une ville remplie d'hommes.

Pisth.

Laissez seulement faire à la fortune.

Le ch.

On soupire après ma ville.

Pisth.

Apportez vite ces paniers.

Le ch.

Quel avantage n'y a-t-il pas à l'habiter ? On trouve ici sagesse, plaisirs, bonne chère, et toutes les graces, avec l'agréable visage d'une heureuse tranquillité.

Pisth.

Que tu sers lâchement ! Ne te hâteras-tu pas ?

Le ch.

Qu'on apporte vite une manne remplie de plumes. Retourne en quérir une autre ; et toi fais marcher les paresseux à force de coups. En voilà un qui est lent comme un âne ; il faut le battre pour le faire marcher.

πτερῶν δεόμενοι καὶ τρόπων γαμψωνύχων· ὥστε πτερῶν σοι τοῖς ἐποίκοις δεῖ ποθέν. Πισθέταιρος οὐκ ἆρα μὰ Δίʼ ἡμῖν ἔτʼ ἔργον ἑστάναι. ἀλλʼ ὡς τάχιστα σὺ μὲν ἰὼν τὰς ἀρρίχους καὶ τοὺς κοφίνους ἅπαντας ἐμπίμπλη πτερῶν· Μανῆς δὲ φερέτω μοι θύραζε τὰ πτερά· ἐγὼ δʼ ἐκείνων τοὺς προσιόντας δέξομαι. Χορός ταχὺ δὴ πολυάνορα τάνδε πόλιν καλεῖ τις ἀνθρώπων. Πισθέταιρος τύχη μόνον προσείη. Χορός κατέχουσι δʼ ἔρωτες ἐμᾶς πόλεως. Πισθέταιρος θάττον φέρειν κελεύω. Χορός τί γὰρ οὐκ ἔνι ταύτῃ καλὸν ἀνδρὶ μετοικεῖν; Σοφία Πόθος Ἀμβροσία Χάριτες τό τε τῆς ἀγανόφρονος Ἡσυχίας εὐήμερον πρόσωπον. Πισθέταιρος ὡς βλακικῶς διακονεῖς· οὐ θᾶττον ἐγκονήσεις; Χορός φερέτω κάλαθον ταχύ τις πτερύγων, σὺ δʼ αὖθις ἐξόρμα — Πισθέταιρος τύπτων γε τοῦτον ὡδί. Χορός πάνυ γὰρ βραδύς ἐστί τις ὥσπερ ὄνος.
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f°68 Pisth.

Le coquin !

Le ch.

Arrange moi ces plumes par ordre ; les musicales à part ; les divinatrices d'un autre coté ; les maritimes ensembles. Après cela nous les placerons à chacun par raison.

Pisth.

Par les vautours ! Tu es si lent, et si peu de service, que tu m'impatientes furieusement.



Un parricide. Pisthétaire. Le parricide.

Ah ! Que ne puis-je devenir un aigle, pour m'envoler sur les bords les plus reculés de la mer indomptable !

Pisth.

Il me semble que notre Envoyé ne nous a pas trompés ; car en voici un qui chante les aigles.

Le par.

Ah ! qu'il est doux de voler ! Je suis enthousiasmé de la police des oiseaux ; j'ai la fureur des oiseaux ; je vole ; je veux vivre avec vous et suivre vos coutumes.

Pisth.

Quelles coutumes ? Car il y en a de toutes sortes.

Le parr.

Je les aime toutes, mais particulièrement celle qui permet parmi vous au fils de mordre et d'étrangler son père.

Pisth.

Pardi, nous estimons que c'est une marque de courage, quand les petits battent leur père.

Πισθέταιρος Μανῆς γάρ ἐστι δειλός. Χορός σὺ δὲ τὰ πτερὰ πρῶτον διάθες τάδε κόσμῳ, τά τε μουσίχʼ ὁμοῦ τά τε μαντικὰ καὶ τὰ θαλάττιʼ. ἔπειτα δʼ ὅπως φρονίμως πρὸς ἄνδρʼ ὁρῶν πτερώσεις. Πισθέταιρος οὔ τοι μὰ τὰς κερχνῇδας ἔτι σοῦ σχήσομαι, οὕτως ὁρῶν σε δειλὸν ὄντα καὶ βραδύν. Πατραλοίας γενοίμαν αἰετὸς ὑψιπέτας, ὡς ἀμποταθείην ὑπὲρ ἀτρυγέτου γλαυκᾶς ἐπʼ οἶδμα λίμνας. Πισθέταιρος ἔοικεν οὐ ψευδαγγελήσειν ἅγγελος. ᾄδων γὰρ ὅδε τις αἰετοὺς προσέρχεται. Πατραλοίας αἰβοῖ· οὐκ ἔστιν οὐδὲν τοῦ πέτεσθαι γλυκύτερον· ὀρνιθομανῶ γὰρ καὶ πέτομαι καὶ βούλομαι οἰκεῖν μεθʼ ὑμῶν κἀπιθυμῶ τῶν νόμων. Πισθέταιρος ποίων νόμων; πολλοὶ γὰρ ὀρνίθων νόμοι. Πατραλοίας πάντων· μάλιστα δʼ ὅτι καλὸν νομίζεται τὸν πατέρα τοῖς ὄρνισιν ἄγχειν καὶ δάκνειν. Πισθέταιρος καὶ νὴ Δίʼ ἀνδρεῖόν γε πάνυ νομιζομεν, ὃς ἂν πεπλήγῃ τὸν πατέρα νεοττὸς ὤν.
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Le parr.

C'est pour cela même que je veux m'établir chez vous, afin de pouvoir étrangler mon père et avoir tout son bien.

Pisth.

Mais nous avons aussi une loi gravée sur les tables d'airain des cigognes, et qui est fort vieille, qui porte, qu'après que le père a élevé ses petits, les petits devenus grands sont obligés de nourrir leur père.

Le parr.

Je ne suis pas mal avancé, après la peine que j'ai prise de faire tant de chemin, s'il faut que je nourrisse mon père.

Pisth.

Puisque tu as tant fait, que de venir jusques ici, mon enfant, j'aurai soin de toi. Je vais t’équiper en Oiseau orphelin, et je te donnerai un bon conseil pour ta conduite, tel que je l'ai pratiquée autrefois quand j'étais à ton âge. Laisse ton père en repos, et ne le frappe point. Tiens, prends-moi cette plume de coq et ces éperons, avec cette crête fais toi soldat, et gagne ta solde pour te nourrir. Laisse vivre ton père, et puisque tu as du courage, envole toi du coté de la Thrace, et y fais la guerre.

Le parr.

Par Bacchus  ! Tu parles à merveille ; je ferai ce que tu me conseilles.

Pisth.

Tu feras un homme d'esprit.



Πατραλοίας διὰ ταῦτα μέντοι δεῦρʼ ἀνοικισθεὶς ἐγὼ ἄγχειν ἐπιθυμῶ τὸν πατέρα καὶ πάντʼ ἔχειν. Πισθέταιρος ἀλλʼ ἔστιν ἡμῖν τοῖσιν ὄρνισιν νόμος παλαιὸς ἐν ταῖς τῶν πελαργῶν κύρβεσιν· ἐπὴν ὁ πατὴρ ὁ πελαργὸς ἐκπετησίμους πάντας ποιήσῃ τοὺς πελαργιδέας τρέφων, δεῖ τοὺς νεοττοὺς τὸν πατέρα πάλιν τρέφειν. Πατραλοίας ἀπέλαυσά τἄρα νὴ Δίʼ ἐλθὼν ἐνθαδί, εἴπερ γέ μοι καὶ τὸν πατέρα βοσκητέον. Πισθέταιρος οὐδέν γʼ. ἐπειδήπερ γὰρ ἦλθες ὦ μέλε εὔνους, πτερώσω σʼ ὥσπερ ὄρνιν ὀρφανόν. σοὶ δʼ ὦ νεανίσκʼ οὐ κακῶς ὑποθήσομαι, ἀλλʼ οἷάπερ αὐτὸς ἔμαθον ὅτε παῖς ἦ. σὺ γὰρ τὸν μὲν πατέρα μὴ τύπτε· ταυτηνδὶ λαβὼν τὴν πτέρυγα καὶ τουτὶ τὸ πλῆκτρον θἀτέρᾳ, νομίσας ἀλεκτρυόνος ἔχειν τονδὶ λόφον, φρούρει στρατεύου μισθοφορῶν σαυτὸν τρέφε, τὸν πατέρ ἔα ζῆν· ἀλλʼ ἐπειδὴ μάχιμος εἶ, ἐς τἀπὶ Θρᾴκης ἀποπέτου κἀκεῖ μάχου. Πατραλοίας νὴ τὸν Διόνυσον εὖ γέ μοι δοκεῖς λέγειν, καὶ πείσομαί σοι. Πισθέταιρος νοῦν ἄρʼ ἔξεις νὴ Δία.
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69

?

Cinésias. Pisthétaire. Cinésias chantant.

Je vole au ciel avec des ailes légères, et je vole de côté et d'autre, en chantant sur différents modes.

Pisth.

Qu'est ce que ceci ? Il nous faudra bien des plumes.

Cin.

D'un courage intrépide, mon corps se porte vers ces lieux.

Pisth.

Salut à Cinésias poète de tillau . Que vient faire ici ton pied tordu ?

Cin.

Je veux devenir un oiseau, un rossignol à la voix douce.

Pisth.

Cesse de fredonner, et dis moi ce que tu souhaites.

Cin.

Je demande que tu me donnes des ailes, afin que, m'élevant sur les nues, je puisse attraper des billevesées aériennes toutes neuves.

Pisth.

Est-ce qu'on pêche des billevesées dans les nues ?

Cin.

Est ce que tu ne sais pas que c'est là que notre art prend tous ces beaux dithyrambes, que nous y trouvons pendus au croc ; ces belles pensées bleues qui n'ont point de corps ; ces idées ténébreuses qui font la pirouette par le secours de leurs ailes ? Tu le sauras bientôt.

Pisth.

Je ne pense pas.

Κινησίας ἀναπέτομαι δὴ πρὸς Ὄλυμπον πτερύγεσσι κούφαις· πέτομαι δʼ ὁδὸν ἄλλοτʼ ἐπʼ ἄλλαν μελέων — Πισθέταιρος τουτὶ τὸ πρᾶγμα φορτίου δεῖται πτερῶν. Κινησίας ἀφόβῳ φρενὶ σώματί τε νέαν ἐφέπων — Πισθέταιρος ἀσπαζόμεσθα φιλύρινον Κινησίαν. τί δεῦρο πόδα σὺ κυλλὸν ἀνὰ κύκλον κυκλεῖς; Κινησίας ὄρνις γενέσθαι βούλομαι λιγύφθογγος ἀηδών. Πισθέταιρος παῦσαι μελῳδῶν, ἀλλʼ ὅ τι λέγεις εἰπέ μοι. Κινησίας ὑπὸ σοῦ πτερωθεὶς βούλομαι μετάρσιος ἀναπτόμενος ἐκ τῶν νεφελῶν καινὰς λαβεῖν ἀεροδονήτους καὶ νιφοβόλους ἀναβολάς. Πισθέταιρος ἐκ τῶν νεφελῶν γὰρ ἄν τις ἀναβολὰς λάβοι; Κινησίας κρέμαται μὲν οὖν ἐντεῦθεν ἡμῶν ἡ τέχνη. τῶν διθυράμβων γὰρ τὰ λαμπρὰ γίγνεται ἀέρια καὶ σκότιά γε καὶ κυαναυγέα καὶ πτεροδόνητα· σὺ δὲ κλύων εἴσει τάχα. Πισθέταιρος οὐ δῆτʼ ἔγωγε.
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Cin.

Par Hercule  ! Tu vas voir. Je parcours ces espaces aériens, remplis de fantômes de volatiles trotte-l'air, et d'oiseaux à long-cous.

Pisth.

Holà !

Cin.

Poussé du souffle des vents, je saute, je coule comme un vaisseau qui fend les flots.

Pisth.

Parbleu, j'arrêterais bien ta course.

Cin.

Tantôt je m'approche des humides plages et tantôt je me porte du côté d'où souffle Borrée et je trace dans les airs des sillons qui n'ont point de bornes. Mais tu m'as épousseté, bonhomme, d'une plaisante manière.

Pisth.

Si je me suis servi d'un plumail, ce n’était pas dans le dessein de te faire plaisir.

Cin.

Comment ? Oses-tu maltraiter un fameux auteur d'odes et de dithyrambes ; un homme que les tribus se disputent avec émulation ?

Pisth.

Puisqu'il faut que chaque tribu nourrisse un poète de dithyrambes , tu peux demeurer ici pour être celui de la tribu Cécropide des Oiseaux, comme le sot fils de Léotrophe l'est là bas de celle des hommes.

Cin.

Tu te moques de moi, sans doute ; mais n’importe ; sache que je ne te donnerai point de

Κινησίας νὴ τὸν Ἡρακλέα σύ γε. ἅπαντα γὰρ δίειμί σοι τὸν ἀέρα. Κινησίας εἴδωλα πετεινῶν αἰθεροδρόμων οἰωνῶν ταναοδείρων — Πισθέταιρος ὠόπ. Κινησίας τὸν ἁλάδρομον ἁλάμενος ἅμʼ ἀνεμων πνοαῖσι βαίην. Πισθέταιρος νὴ τὸν Δίʼ ἦ ʼγώ σου καταπαύσω τὰς πνοάς. Κινησίας τοτὲ μὲν νοτίαν στείχων πρὸς ὁδόν, τοτὲ δʼ αὖ βορέᾳ σῶμα πελάζων ἀλίμενον αἰθέρος αὔλακα τέμνων. Κινησίας χαρίεντά γʼ ὦ πρεσβῦτʼ ἐσοφίσω καὶ σοφά. Πισθέταιρος οὐ γὰρ σὺ χαίρεις πτεροδόνητος γενόμενος; Κινησίας ταυτὶ πεποίηκας τὸν κυκλιοδιδάσκαλον, ὂς ταῖσι φυλαῖς περιμάχητός εἰμʼ ἀεί; Πισθέταιρος βούλει διδάσκειν καὶ παρʼ ἡμῖν οὖν μένων Λεωτροφίδῃ χορὸν πετομένων ὀρνέων Κεκροπίδα φυλήν; Κινησίας καταγελᾷς μου, δῆλος εἶ. ἀλλʼ οὖν ἔγωγʼ οὐ παύσομαι, τοῦτʼ ἴσθʼ ὅτι,
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510

X

f°70

repos que je n'aie attrapé des ailes pour parcourir les airs.



Un dénonciateur. Pisthétaire. Le dénonciateur.

Quels oiseaux sont-ce que ceux-ci ? qu'est-ce que ce plumage de différentes couleurs ? Quelles sont ces hirondelles bigarrées de tant de plumes ?

Pisth.

Quel importun nouveau vient se présenter ici, en chantant je ne sais quoi ?

Le dénon.

O ! toi, hirondelle à longues plumes bigarrées !

Pisth.

Voici une chanson qui aboie après un habit ; car il me semble que comme une hirondelle ne fait pas le printemps, il lui en faudra plusieurs pour lui faire sentir la chaleur que son méchant habit ne lui donne pas.

Le dénon.

Qui est-ce qui a soin de donner des ailes à ceux qui se présentent ?

Pisth.

Il n'est pas loin d'ici. Mais que veux-tu ?

Le dénon.

Des plumes, des plumes, ne me fais pas d'autre question.

Pisth.

N'aurais tu pas envie de voler à Pellène, où l'on fait de si bonnes robes fourrées ?

Le dénon.

Non, par Jupiter  ? Je suis un bon porteur d'exploits dans les Iles, qui fait le métier de dénonciateur.

πρὶν ἂν πτερωθεὶς διαδράμω τὸν ἀέρα. Συκοφάντης ὄρνιθες τίνες οὐδὲν ἔχοντες πτεροποίκιλοι, τανυσίπτερε ποικίλα χελιδοῖ; Πισθέταιρος τουτὶ τὸ κακὸν οὐ φαῦλον ἐξεγρήγορεν. ὅδʼ αὖ μινυρίζων δεῦρό τις προσέρχεται. Συκοφάντης τανυσίπτερε ποικίλα μάλʼ αὖθις. Πισθέταιρος ἐς θοἰμάτιον τὸ σκόλιον ᾄδειν μοι δοκεῖ, δεῖσθαι δʼ ἔοικεν οὐκ ὀλίγων χελιδόνων. Συκοφάντης τίς ὁ πτερῶν δεῦρʼ ἐστὶ τοὺς ἀφικνουμένους; Πισθέταιρος ὁδὶ πάρεστιν· ἀλλʼ ὅτου δεῖ χρὴ λέγειν. Συκοφάντης πτερῶν πτερῶν δεῖ· μὴ πύθῃ τὸ δεύτερον. Πισθέταιρος μῶν εὐθὺ Πελλήνης πέτεσθαι διανοεῖ; Συκοφάντης μὰ Δίʼ ἀλλὰ κλητήρ εἰμι νησιωτικὸς καὶ συκοφάντης —
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(a) On dit que les grues dans leur passage ont des cailloux dans le bec. Les hableurs de naturalistes en donnent deux raisons. La 1ere pour ne pas crier, et passer sans être aperçues. La 2eme afin que laissant tomber leur caillou, elles sentent par le bruit qu'il fera, si elles sont sur la mer ou sur la terre ; pour pouvoir faire halte et se reposer si elles sont sur la terre.

Pisth.

O ! l'heureuse profession !

Le dénon.

Je ne cherche qu'à faire des affaires à tout le monde ; et c'est pour cela que je demande des ailes, afin de faire plus à mon aise le tour des villes, pour y répandre mes significations.

Pisth.

O ! la belle chose, que de voir un homme ailé donner des ajournements !

Le dénon.

C'est de peur que les voleurs ne me dévalisent. Je reviendrai avec les grues, et au lieu de Cailloux (a) j'aurai nombre de procillons dans le bu ?

Pisth.

Mais quel infâme métier fais-tu là ? Tu es jeune et vigoureux, et tu t'amuses à inquiéter les étrangers.

Le dénon.

Que ferais je ? Je ne saurais bécher.

Pisth.

Il y a d'autres occupations honnêtes, qui peuvent faire subsister un homme de bien tel que tu le pourrais être, au lieu de t’amuser à faire des affaires à tout le monde.

Le dénon.

Point de conseils, je t'en prie ; donne moi seulement des ailes.

Pisth.

Je t'en donne, en te disant tout ceci.

Le dénon.

Donne-t-on des ailes par le discours ?

Πισθέταιρος ὦ μακάριε τῆς τέχνης. Συκοφάντης καὶ πραγματοδίφης. εἶτα δέομαι πτερὰ λαβὼν κύκλῳ περισοβεῖν τὰς πόλεις καλούμενος. Πισθέταιρος ὑπὸ πτερύγων τι προσκαλεῖ σοφώτερον; Συκοφάντης μὰ Δίʼ ἀλλʼ ἵνʼ οἱ λῃσταί τε μὴ λυπῶσί με, μετὰ τῶν γεράνων τʼ ἐκεῖθεν ἀναχωρῶ πάλιν, ἀνθʼ ἕρματος πολλὰς καταπεπωκὼς δίκας. Πισθέταιρος τουτὶ γὰρ ἐργάζει σὺ τοὔργον; εἰπέ μοι, νεανίας ὢν συκοφαντεῖς τοὺς ξένους; Συκοφάντης τί γὰρ πάθω; σκάπτειν γὰρ οὐκ ἐπίσταμαι. Πισθέταιρος ἀλλʼ ἔστιν ἕτερα νὴ Δίʼ ἔργα σώφρονα, ἀφʼ ὧν διαζῆν ἄνδρα χρῆν τοσουτονὶ ἐκ τοῦ δικαίου μᾶλλον ἢ δικορραφεῖν. Συκοφάντης ὦ δαιμόνιε μὴ νουθέτει μʼ ἀλλὰ πτέρου. Πισθέταιρος νῦν τοι λέγων πτερῶ σε. Συκοφάντης καὶ πῶς ἂν λόγοις ἄνδρα πτερώσειας σύ;
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X

f°71 Pisth.

On n'en donne pas autrement.

Le dénon.

Et comment cela ?

Pisth.

N'as tu jamais entendu dans les boutiques de barbiers, des pères dire à de jeunes gens : ce Diitrephe , qui de tonnelier est devenu colonel de cavalerie, a si bien enjôlé mon fils, qu'il lui a donné des ailes et l'a fait cavalier ? Un autre dira : j'aime la tragédie, et quand j'y assiste, il me semble que j'ai des ailes et que mon ame s'envole.

Le dénon.

C'est donc par des discours qu'on donne des ailes ?

Pisth.

Je le soutiens. C'est par là que l'esprit s'élève et qu'un homme se met au-dessus des autres. Ainsi je veux user de ces moyens pour te donner des ailes par mon bon conseil, et te porter au bien.

Le dénon.

Je ne le veux pas, moi.

Pisth.

Que veux-tu donc faire ?

Le dénon.

Je ne déshonorerai pas ma race. Nous sommes tous dénonciateurs de père en fils. Donne moi vite des ailes légères, des ailes d'épervier, ou d'Emouchet, afin que je fasse ma tournée pour assigner je ne sais combien d'étrangers. Mon expédition faite, je reviendrai ici.

Πισθέταιρος πάντες τοῖς λόγοις ἀναπτεροῦνται. Συκοφάντης πάντες; Πισθέταιρος οὐκ ἀκήκοας, ὅταν λέγωσιν οἱ πατέρες ἑκάστοτε τοῖς μειρακίοις ἐν τοῖσι κουρείοις ταδί; ‘δεινῶς γέ μου τὸ μειράκιον Διειτρέφης λέγων ἀνεπτέρωκεν ὥσθʼ ἱππηλατεῖν.’ ὁ δέ τις τὸν αὑτοῦ φησιν ἐπὶ τραγῳδίᾳ ἀνεπτερῶσθαι καὶ πεποτῆσθαι τὰς φρένας. Συκοφάντης λόγοισί τἄρα καὶ πτεροῦνται; Πισθέταιρος φήμʼ ἐγώ. ὑπὸ γὰρ λόγων ὁ νοῦς τε μετεωρίζεται ἐπαίρεταί τʼ ἄνθρωπος. οὕτω καί σʼ ἐγὼ ἀναπτερώσας βούλομαι χρηστοῖς λόγοις τρέψαι πρὸς ἔργον νόμιμον. Συκοφάντης ἀλλʼ οὐ βούλομαι. Πισθέταιρος τί δαὶ ποιήσεις; Συκοφάντης τὸ γένος οὐ καταισχυνῶ. παππῷος ὁ βίος συκοφαντεῖν ἐστί μοι. ἀλλὰ πτέρου με ταχέσι καὶ κούφοις πτεροῖς ἱέρακος ἢ κερχνῇδος, ὡς ἂν τοὺς ξένους καλεσάμενος κᾆτʼ ἐγκεκληκὼς ἐνθαδὶ κατʼ αὖ πέτωμαι πάλιν ἐκεῖσε.
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(b) Les étrivières de Corcyre étaient passées en proverbe. Les Corcyriens étaient remuants, et avaient souvent besoin d'être châtiés.

/ toupie ?

X

Pisth.

J'entends. Tu veux qu'un pauvre étranger soit assigné avant que d'avoir seulement paru sur nos frontières.

Le dénon.

Tout juste.

Pisth.

Et pendant que le pauvre homme navigue encore, tu t'en reviendras chargé de ses dépouilles.

Le dénon.

Tu l'as deviné. En effet il faut se tourner plus vite qu'une trompe d'enfant, pour faire quelque profit.

Pisth.

A propos de trompe  ; j'ai ici de quoi la fouetter, ce sont de bonnes plumes (b) de Corcyre faites du plus vigoureux cuir.

Le dénon.

Hélas ! Ce sont des étrivières.

Pisth.

Ce sont les ailes que je te destine, qui te feront pirouetter comme une trompe.

Le dénon.

Hélas ! Est ce que tu ne me donneras point d'ailes ?

Pisth.

Retire-toi, coquin, si tu ne veux pas que je châtie ta méchanceté. Allons, qu’on emporte ces plumes.

Le chœur.

Nous avons, en volant, découvert des choses bien curieuses et bien étranges. Il y a quelque

Πισθέταιρος μανθάνω. ὡδὶ λέγεις· ὅπως ἂν ὠφλήκῃ δίκην ἐνθάδε πρὶν ἥκειν ὁ ξένος. Συκοφάντης πάνυ μανθάνεις. Πισθέταιρος κἄπειθʼ ὁ μὲν πλεῖ δεῦρο, σὺ δʼ ἐκεῖσʼ αὖ πέτει ἁρπασόμενος τὰ χρήματʼ αὐτοῦ. Συκοφάντης πάντʼ ἔχεις. βέμβικος οὐδὲν διαφέρειν δεῖ. Πισθέταιρος μανθάνω βέμβικα· καὶ μὴν ἔστι μοι νὴ τὸν Δία κάλλιστα Κορκυραῖα τοιαυτὶ πτερά. Συκοφάντης οἴμοι τάλας μάστιγʼ ἔχεις. Πισθέταιρος πτερὼ μὲν οὖν, οἷσί σε ποιήσω τήμερον βεμβικιᾶν. Συκοφάντης οἴμοι τάλας. Πισθέταιρος οὐ πτερυγιεῖς ἐντευθενί; οὐκ ἀπολιβάξεις ὦ κάκιστʼ ἀπολούμενος; πικρὰν τάχʼ ὄψει στρεψοδικοπανουργίαν. ἀπίωμεν ἡμεῖς ξυλλαβόντες τὰ πτερά. Χορός πολλὰ δὴ καὶ καινὰ καὶ θαυμάστʼ ἐπεπτόμεσθα καὶ δεινὰ πράγματʼ εἴδομεν.
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f°72

part un certain arbre sans cœur, appelé Cléonyme , qui n'est bon à rien, quoiqu'il soit assez grand, parce que le cœur lui manque. Dans la belle saison on lui voit pousser force branches de calomnie ; mais l'hiver, qu'on ne fait plus la guerre, il est chargé de boucliers comme de feuilles. D'un autre coté, dans le pays des ténèbres, bien loin, dans la solitude des lampes, où les hommes dinent avec les héros, et vivent avec eux jusqu'au soir ; il ne fait pas sûr de passer par là ; car si l'on y rencontre la nuit l' Oreste moderne fils de Timocrate , on sera en danger d'être dépouillé et battu, sur le dos, sur le ventre, et partout.



Prométhée. Pisthétaire. Prométhée.

Hélas ! Si Jupiter pouvait ne me point voir ! Où est Pisthétaire  ?

Pisth.

Qui est ce qui se cache ainsi ?

Prom.

Ne vois tu pas quelqu'un des Dieux derrière moi ?

Pisth.

Pardi, non. Qui es tu ?

Prom.

Quelle heure est il ?

Pisth.

Quelle heure ? Il est un peu plus de midi. Mais qui es-tu ?

ἔστι γὰρ δένδρον πεφυκὸς ἔκτοπόν τι Καρδίας ἀ- πωτέρω Κλεώνυμος, χρήσιμον μὲν οὐδέν, ἄλλως δὲ δειλὸν καὶ μέγα. τοῦτο τοῦ μὲν ἦρος ἀεὶ βλαστάνει καὶ συκοφαντεῖ, τοῦ δὲ χειμῶνος πάλιν τὰς ἀσπίδας φυλλορροεῖ. Χορός ἔστι δʼ αὗ χώρα πρὸς αὐτῷ τῷ σκότῳ πόρρω τις ἐν τῇ λύχνων ἐρημίᾳ, ἔνθα τοῖς ἥρωσιν ἄνθρωποι ξυναριστῶσι καὶ ξύν- εισι πλὴν τῆς ἑσπέρας. τηνικαῦτα δʼ οὐκέτʼ ἦν ἀσφαλὲς ξυντυγχάνειν. εἰ γὰρ ἐντύχοι τις ἥρῳ τῶν βροτῶν νύκτωρ Ὀρέστῃ, γυμνὸς ἦν πληγεὶς ὑπʼ αὐτοῦ πάντα τἀπιδέξια. Προμηθεύς οἴμοι τάλας, ὁ Ζεὺς ὅπως μή μʼ ὄψεται. ποῦ Πισθέταιρός ἐστʼ; Πισθέταιρος ἔα τουτὶ τί ἦν; τίς ὁ συγκαλυμμός; Προμηθεύς τῶν θεῶν ὁρᾷς τινα ἐμοῦ κατόπιν ἐνταῦθα; Πισθέταιρος μὰ Δίʼ ἐγὼ μὲν οὔ. τίς δʼ εἶ σύ; Προμηθεύς πηνίκʼ ἐστὶν ἄρα τῆς ἡμέρας; Πισθέταιρος ὁπηνίκα; σμικρόν τι μετὰ μεσημβρίαν. ἀλλὰ σὺ τίς εἶ;
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Prom.

Serons nous bientôt entre chien et loup ?

Pisth.

Ah ! Que tu m'ennuies !

Prom.

Que fait Jupiter  ? Fait il marcher les nues ? Fait il tomber de la neige ?

Pisth.

Va te promener.

Prom.

Il faut enfin que je me découvre.

Pisth.

O! mon cher Prométhée  ! C'est donc toi !

Prom.

Tais toi ; ne crie point.

Pisth.

Qu'y a-t'il ?

Prom.

Tais-toi encore un coup, et ne dis point mon nom. Je serais perdu si Jupiter savait que je fusse ici. Je veux te dire tout ce qui se passe là-haut. Mais tiens bien ce voile sur moi, afin que je ne sois point vu des Dieux.

Pisth.

Ce n'est pas mal inventé. Tu es toujours Prométhée . Dépouille-toi, et parle hardiment.

Prom.

Jupiter est ruiné !

Pisth.

Depuis quand ?

Prom.

Depuis que vous avez bâti en l'air, personne

Προμηθεύς βουλυτὸς ἢ περαιτέρω; Πισθέταιρος οἴμʼ ὡς βδελύττομαί σε. Προμηθεύς τί γὰρ ὁ Ζεὺς ποιεῖ; ἀπαιθριάζει τὰς νεφέλας ἢ ξυννέφει; Πισθέταιρος οἴμωζε μεγάλʼ. Προμηθεύς οὕτω μὲν ἐκκεκαλύψομαι. Πισθέταιρος ὦ φίλε Προμηθεῦ. Προμηθεύς παῦε παῦε, μὴ βόα. Πισθέταιρος τί γὰρ ἔστι; Προμηθεύς σίγα, μὴ κάλει μου τοὔνομα· ἀπὸ γάρ μʼ ὀλεῖς, εἴ μʼ ἐνθάδʼ ὁ Ζεὺς ὄψεται. ἀλλʼ ἵνα φράσω σοι πάντα τἄνω πράγματα, τουτὶ λαβών μου τὸ σκιάδειον ὑπέρεχε ἄνωθεν, ὡς ἂν μή μʼ ὁρῶσιν οἱ θεοί. Πισθέταιρος ἰοὺ ἰού· εὖ γʼ ἐπενόησας αὐτὸ καὶ προμηθικῶς. ὑπόδυθι ταχὺ δὴ κᾆτα θαρρήσας λέγε. Προμηθεύς ἄκουε δή νυν. Πισθέταιρος ὡς ἀκούοντος λέγε. Προμηθεύς ἀπόλωλεν ὁ Ζεύς. Πισθέταιρος πηνίκʼ ἄττʼ ἀπώλετο; Προμηθεύς ἐξ οὗπερ ὑμεῖς ᾠκίσατε τὸν ἀέρα.
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f°73

ne sacrifie plus aux Dieux ; et depuis ce temps là, il n'a pu passer à nous autres Dieux le moindre filet de fumée. Enfin c'est un jeûne double, comme aux Thesmophories ; et les Dieux barbares, claquant des dents comme les Illyriens, jurent qu'ils feront la guerre à Jupiter , s'il ne fait ouvrir les marchés, et s'il ne fait venir à l'ordinaire les tripes sacrées.

Pisth.

Est-ce qu'il y a là-haut, parmi les Dieux, barbares et étrangers ?

Prom.

Il se fourre des Exesside Execestides partout.

Pisth.

Et comment appelle-t-on ces Dieux barbares ?

Prom.

Comment on les appelle ? Des Triballes.

Pisth.

Voilà de beaux Dieux de balle.

Prom.

Cela est vrai. Mais j'ai à te dire qu'il doit venir ici des ambassadeurs de la part de Jupiter et des Triballes, pour faire la paix. Si vous m'en croyez, vous ne la ferez qu'à condition que Jupiter rendra le sceptre aux oiseaux, et te donnera à toi la souveraine autorité pour femme.

Pisth.

Qu'est ce que cette créature là ?

Prom.

C'est une drolesse fort belle, qui pétrit la foudre de Jupiter , et qui a le maniement de toutes ses

θύει γὰρ οὐδεὶς οὐδὲν ἀνθρώπων ἔτι θεοῖσιν, οὐδὲ κνῖσα μηρίων ἄπο ἀνῆλθεν ὡς ἡμᾶς ἀπʼ ἐκείνου τοῦ χρόνου, ἀλλʼ ὡσπερεὶ Θεσμοφορίοις νηστεύομεν ἄνευ θυηλῶν· οἱ δὲ βάρβαροι θεοὶ πεινῶντες ὥσπερ Ἰλλυριοὶ κεκριγότες ἐπιστρατεύσειν φάσʼ ἄνωθεν τῷ Διί, εἰ μὴ παρέξει τἀμπόριʼ ἀνεῳγμένα, ἵνʼ εἰσάγοιτο σπλάγχνα κατατετμημένα. Πισθέταιρος εἰσὶν γὰρ ἕτεροι βάρβαροι θεοί τινες ἄνωθεν ὑμῶν; Προμηθεύς οὐ γάρ εἰσι βάρβαροι, ὅθεν ὁ πατρῷός ἐστιν Ἐξηκεστίδῃ; Πισθέταιρος ὄνομα δὲ τούτοις τοῖς θεοῖς τοῖς βαρβάροις τί ἔστιν; Προμηθεύς ὅ τι ἔστιν; Τριβαλλοί. Πισθέταιρος μανθάνω. ἐντεῦθεν ἆρα τοὐπιτριβείης ἐγένετο; Προμηθεύς μάλιστα πάντων. ἓν δέ σοι λέγω σαφές· ἥξουσι πρέσβεις δεῦρο περὶ διαλλαγῶν παρὰ τοῦ Διὸς καὶ τῶν Τριβαλλῶν τῶν ἄνω· ὑμεῖς δὲ μὴ σπένδεσθʼ, ἐὰν μὴ παραδιδῷ τὸ σκῆπτρον ὁ Ζεὺς τοῖσιν ὄρνισιν πάλιν, καὶ τὴν Βασίλειάν σοι γυναῖκʼ ἔχειν διδῷ. Πισθέταιρος τίς ἐστιν ἡ Βασίλεια; Προμηθεύς καλλίστη κόρη, ἥπερ ταμιεύει τὸν κεραυνὸν τοῦ Διὸς καὶ τἄλλʼ ἁπαξάπαντα, τὴν εὐβουλίαν
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affaires ; qui dispose du conseil, des lois, des académies où l'on élève la jeunesse, du bureau des consignations, du salaire des juges, enfin qui est maitresse de tout.

Pisth.

C'est donc sa trésorière générale.

Prom.

Tu l'as dit ; et si tu peux l'avoir de lui tu peux te vanter que tu auras tout en elle. C'est pour cela que je suis venu t'en avertir, car j'aime toujours les hommes.

Pisth.

Il est vrai que tu es le seul des des Dieux de qui nous tenons la grillade.

Prom.

Et tu sais que je hais tous les Dieux.

Pisth.

Pardi, je sais de reste que tu es leur ennemi.

Prom.

Je suis à leur égard un vrai Timon . Mais afin que je me retire en sûreté, rends-moi mon voile. Si Jupiter jette les yeux sur moi de là haut, il croira que je suis cortège de quelque dévote de Cérès , d'une porteuse de corbeille.

Pisth.

Prends aussi cet escabeau, afin qu'il en soit d'autant plus persuadé.



Le chœur.

Dans le pays de ces gens qui se mettent tout le corps à l'ombre, hors un de leurs pieds il y a un étang sans eau, où Socrate mène les

τὴν εὐνομίαν τὴν σωφροσύνην τὰ νεώρια, τὴν λοιδορίαν τὸν κωλακρέτην τὰ τριώβολα. Πισθέταιρος ἅπαντά γʼ ἆρʼ αὐτῷ ταμιεύει; Προμηθεύς φήμʼ ἐγώ. ἥν γʼ ἢν σὺ παρʼ ἐκείνου παραλάβῃς, πάντʼ ἔχεις. τούτων ἕνεκα δεῦρʼ ἦλθον, ἵνα φράσαιμί σοι. ἀεί ποτʼ ἀνθρώποις γὰρ εὔνους εἴμʼ ἐγώ. Πισθέταιρος μόνον θεῶν γὰρ διὰ σʼ ἀπανθρακίζομεν. Προμηθεύς μισῶ δʼ ἅπαντας τοὺς θεούς, ὡς οἶσθα σύ. Πισθέταιρος νὴ τὸν Δίʼ ἀεὶ δῆτα θεομισὴς ἔφυς. Προμηθεύς Τίμων καθαρός. ἀλλʼ ὡς ἂν ἀποτρέχω πάλιν, φέρε τὸ σκιάδειον, ἵνα με κἂν ὁ Ζεὺς ἴδῃ ἄνωθεν, ἀκολουθεῖν δοκῶ κανηφόρῳ. Πισθέταιρος καὶ τὸν δίφρον γε διφροφόρει τονδὶ λαβών. Χορός πρὸς δὲ τοῖς Σκιάποσιν λίμνη τις ἔστʼ ἄλουτος οὗ ψυχαγωγεῖ Σωκράτης·
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(c) La timidité de Pisandre avait passé en proverbe.

(d) Il appelle les philosophes : Chauvesouris, à cause de leurs études nocturnes.

(c) Les Thraces portaient leur gaban du côté gauche.

X

f°74

ames. Pisandre (c) s'y vint un jour pour chercher la sienne qui l'avait abandonné tout vivant. Il avait pour victime un jeune chameau, en guise d'agneau, dont après qu'il eut coupé la gorge, on vit sortir de la saignée, comme un autre Ulysse par l'antre de Polyphème , et rentrer par là dans le même instant, Chéréphon , la chauve-souris. (d)



Neptune. Triballe. Hercule. Pisthétaire. Neptune.

Voilà les murs de Néphélococcygie, où nous allons en ambassade. Que fais-tu, toi, avec ton marteau du coté gauche ? (c) Ne le tourneras tu pas de l'autre coté ? Va donc droit ; tu marches tout de travers. O ! gouvernement populaire ! Où nous réduis-tu ? Faut il que les Dieux aient fait choix d'un tel ambassadeur !

Triballe.

Doucement.

Nep.

J'enrage. Il n'est pas possible de voir un dieu plus barbare. Ami Hercule ! Que ferons nous ?

Hercule.

Je te l'ai déjà dit, que je voulais étrangler le coquin qui a bâti ces murs entre les Dieux et les hommes.

Nep.

Mais, mon ami, nous sommes ambassadeurs pour la paix.

ἔνθα καὶ Πείσανδρος ἦλθε δεόμενος ψυχὴν ἰδεῖν ἣ ζῶντʼ ἐκεῖνον προὔλιπε, σφάγιʼ ἔχων κάμηλον ἀμνόν τινʼ, ἧς λαιμοὺς τεμὼν ὥσπερ ποθʼ οὑδυσσεὺς ἀπῆλθε, κᾆτʼ ἀνῆλθʼ αὐτῷ κάτωθεν πρὸς τὸ λαῖτμα τῆς καμήλου Χαιρεφῶν ἡ νυκτερίς. Ποσειδῶν τὸ μὲν πόλισμα τῆς Νεφελοκοκκυγίας ὁρᾶν τοδὶ πάρεστιν, οἷ πρεσβεύομεν. οὗτος τί δρᾷς; ἐπʼ ἀριστέρʼ οὕτως ἀμπέχει; οὐ μεταβαλεῖς θοἰμάτιον ὧδʼ ἐπιδέξια; τί ὦ κακόδαιμον; Λαισποδίας εἶ τὴν φύσιν; ὦ δημοκρατία ποῖ προβιβᾷς ἡμᾶς ποτε, εἰ τουτονί γʼ ἐχειροτόνησαν οἱ θεοί; Τριβαλλός ἕξεις ἀτρέμας; Ποσειδῶν οἴμωζε· πολὺ γὰρ δή σʼ ἐγὼ ἑόρακα πάντων βαρβαρώτατον θεῶν. ἄγε δὴ τί δρῶμεν Ἡράκλεις; Ἡρακλῆς ἀκήκοας ἐμοῦ γʼ ὅτι τὸν ἄνθρωπον ἄγχειν βούλομαι, ὅστις ποτʼ ἔσθʼ ὁ τοὺς θεοὺς ἀποτειχίσας. Ποσειδῶν ἀλλʼ ὦγάθʼ ᾑρήμεσθα περὶ διαλλαγῶν πρέσβεις.
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(e) Grec : Rape moi du benjoin.

X

Hercule.

Et c'est pour cela même que j'ai encore une plus forte envie de l'étrangler.

Pisth.

Qu'on me donne la rape. Apporte du persil, donne moi du fromage ; souffle ces chardons.

Her.

Nous sommes trois Dieux, qui saluons monsieur .

Pisth.

(e) Hache-moi ce persil.

Her.

Quelles viandes sont-ce là ?

Pisth.

Ce sont des oiseaux séditieux qui s’étaient élevés contre les autres oiseaux et on les a punis.

Her.

Est-ce pour cela que tu les parsèmes de persil ?

Pisth.

Eh ! Bonjour Hercule , Qu'y a-t-il ?

Her.

Nous venons en ambassade de la part des Dieux, pour faire cesser la guerre, par une bonne paix.

Pisth.

Ah ! Il n'y a plus d'huile dans le pot.

Her.

Il serait bon cependant que ces oiseaux fussent bien arrosés.

Nep.

Nous ne gagnons rien, nous autres, à

Ἡρακλῆς διπλασίως μᾶλλον ἄγχειν μοι δοκεῖ. Πισθέταιρος τὴν τυρόκνηστίν τις δότω· φέρε σίλφιον· τυρὸν φερέτω τις· πυρπόλει τοὺς ἄνθρακας. Ποσειδῶν τὸν ἄνδρα χαίρειν οἱ θεοὶ κελεύομεν τρεῖς ὄντες ἡμεῖς. Πισθέταιρος ἀλλʼ ἐπικνῶ τὸ σίλφιον. Ἡρακλῆς τὰ δὲ κρέα τοῦ ταῦτʼ ἐστίν; Πισθέταιρος ὄρνιθές τινες ἐπανιστάμενοι τοῖς δημοτικοῖσιν ὀρνέοις ἔδοξαν ἀδικεῖν. Ἡρακλῆς εἶτα δῆτα σίλφιον εἴπικνῇς πρότερον αὐτοῖσιν; Πισθέταιρος ὦ χαῖρʼ Ἡράκλεις. τί ἔστι; Ποσειδῶν πρεσβεύοντες ἡμεῖς ἥκομεν παρὰ τῶν θεῶν περὶ πολέμου καταλλαγῆς. Πισθέταιρος ἔλαιον οὐκ ἔνεστιν ἐν τῇ ληκύθῳ. Ἡρακλῆς καὶ μὴν τά γʼ ὀρνίθεια λιπάρʼ εἶναι πρέπει. Ποσειδῶν ἡμεῖς τε γὰρ πολεμοῦντες οὐ κερδαίνομεν,
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f°79

faire la guerre ; et vous, de votre côté, si vous aviez les Dieux pour amis, vous auriez toujours de l'eau de pluie dans vos mares, et tous vos jours seraient des jours alcyoniens ; car cela dépend absolument de nous.

Pisth.

Ce n'est pas nous qui avons commencé la Guerre. Cependant il y a des moyens de s'accommoder, si vous voulez vous rendre à la raison, nous n'avons rien à vous demander qui ne soit juste. Que Jupiter nous rende le sceptre et nous ferons la paix. À cette condition là j'invite Messieurs les ambassadeurs à diner.

Her.

Pour moi, j'y donne les mains.

Nep.

Quoi donc ? Vilain gourmand ! Tu consens de dépouiller ton père de l'empire ?

Pisth.

Y penses-tu ? Est-ce que le pouvoir des Dieux ne sera pas plus respecté quand les oiseaux règneront en bas ? Les mortels se dérobant à vos yeux à la faveur des nues nues font de faux serments avec impunité. Mais si vous avez les oiseaux pour allliés alliés quand un scélérat aura juré Jupiter et le corbeau ; le corbeau s'approchant tout doucement du parjure, lui crèvera un œil ou deux.

Nep.

Par Neptune  ! Il semble que tu as raison. Je me rends.

Pisth.

Et toi, que dis-tu ?

ὑμεῖς τʼ ἂν ἡμῖν τοῖς θεοῖς ὄντες φίλοι ὄμβριον ὕδωρ ἂν εἴχετʼ ἐν τοῖς τέλμασιν, ἀλκυονίδας τʼ ἂν ἤγεθʼ ἡμέρας ἀεί. τούτων περὶ πάντων αὐτοκράτορες ἥκομεν. Πισθέταιρος ἀλλʼ οὔτε πρότερον πώποθʼ ἡμεῖς ἤρξαμεν πολέμου πρὸς ὑμᾶς, νῦν τʼ ἐθέλομεν, εἰ δοκεῖ, ἐάν τι δίκαιον ἀλλὰ νῦν ἐθέλητε δρᾶν, σπονδὰς ποιεῖσθαι. τὰ δὲ δίκαιʼ ἐστὶν ταδί, τὸ σκῆπτρον ἡμῖν τοῖσιν ὄρνισιν πάλιν τὸν Δίʼ ἀποδοῦναι· κἂν διαλλαττώμεθα ἐπὶ τοῖσδε, τοὺς πρέσβεις ἐπʼ ἄριστον καλῶ. Ἡρακλῆς ἐμοὶ μὲν ἀπόχρη ταῦτα καὶ ψηφίζομαι. Ποσειδῶν τί ὦ κακόδαιμον; ἠλίθιος καὶ γάστρις εἶ. ἀποστερεῖς τὸν πατέρα τῆς τυραννίδος; Πισθέταιρος ἄληθες; οὐ γὰρ μεῖζον ὑμεῖς οἱ θεοὶ ἰσχύσετʼ, ἢν ὄρνιθες ἄρξωσιν κάτω; νῦν μέν γʼ ὑπὸ ταῖς νεφέλαισιν ἐγκεκρυμμένοι κύψαντες ἐπιορκοῦσιν ὑμᾶς οἱ βροτοί· ἐὰν δὲ τοὺς ὄρνις ἔχητε συμμάχους, ὅταν ὀμνύῃ τις τὸν κόρακα καὶ τὸν Δία, ὁ κόραξ παρελθὼν τοὐπιορκοῦντος λάθρᾳ προσπτόμενος ἐκκόψει τὸν ὀφθαλμὸν θενών. Ποσειδῶν νὴ τὸν Ποσειδῶ ταῦτά γέ τοι καλῶς λέγεις. Ἡρακλῆς κἀμοὶ δοκεῖ. Πισθέταιρος τί δαὶ σὺ φῄς;
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Triballe.

Na bai sa treu.

Nep.

Vois-tu ? Il dit qu'il y consent.

Pisth.

Ecoutez encore avec un autre plaisir que nous vous ferons. Quand un homme, après avoir promis une victime à quelque Dieux, dira ensuite : les dieux attendront bien ; je m’en moque. Savez vous ce que nous ferons ?

Nep.

Dis-le moi, que je le sache.

Pisth.

Quand ce maraud-là sera à compter de l'argent, ou qu'il se sera dépouillé pour entrer dans le bain ; un épervier, volant secrètement auprès de lui, enlèvera la valeur de plus de deux moutons, et l'apportera au dieu que l'on aura fraudé.

Her.

Je suis encore d'avis qu'on rende le sceptre aux oiseaux.

Pisth.

Demandez au Triballe .

Her.

Penses-tu que le Triballe en soit faché ?

Triballe.

Saunaca bactari crousa.

Her.

Il dit que tu as raison.

Nep.

Si c'est votre avis, c'est le mien aussi.

Τριβαλλός ναβαισατρεῦ. Πισθέταιρος ὁρᾷς; ἐπαινεῖ χοὖτος. ἕτερόν νυν ἔτι ἀκούσαθʼ ὅσον ὑμᾶς ἀγαθὸν ποιήσομεν. ἐάν τις ἀνθρώπων ἱερεῖόν τῳ θεῶν εὐξάμενος εἶτα διασοφίζηται λέγων, μενετοὶ θεοί, καὶ μἀποδιδῷ μισητίᾳ, ἀναπράξομεν καὶ ταῦτα. Ποσειδῶν φέρʼ ἴδω τῷ τρόπῳ; Πισθέταιρος ὅταν διαριθμῶν ἀργυρίδιον τύχῃ ἅνθρωπος οὗτος, ἢ καθῆται λούμενος, καταπτόμενος ἰκτῖνος ἁρπάσας λάθρᾳ προβάτοιν δυοῖν τιμὴν ἀνοίσει τῷ θεῷ. Ἡρακλῆς τὸ σκῆπτρον ἀποδοῦναι πάλιν ψηφίζομαι τούτοις ἐγώ. Ποσειδῶν καὶ τὸν Τριβαλλόν νυν ἐροῦ. Ἡρακλῆς ὁ Τριβαλλός, οἰμώζειν δοκεῖ σοι; Τριβαλλός σαυνάκα βακταρικροῦσα. Ἡρακλῆς φησί μʼ εὖ λέγειν πάνυ. Ποσειδῶν εἴ τοι δοκεῖ σφῷν ταῦτα, κἀμοὶ συνδοκεῖ.
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X

f°76 Her.

Eh ! Bien voilà le sceptre cédé, n'est ce pas tout ?

Pisth.

À propos. Je me souviens d'une autre chose. Je laisse Junon à Jupiter  ; mais pour la souveraine autorité, cette jolie demoiselle , il faut me la donner pour femme.

Nep.

Tu ne veux point la paix. Retirons nous.

Pisth.

Que m'importe ? Hola ! Cuisinier, qu'on donne ordre à cette sauce douce.

Her.

O ! malheureux Neptune , où vas tu ? Faudra-t-il avoir la guerre pour une femme ?

Nep.

Que ferons-nous donc ?

Her.

Ce que nous ferons ? La paix.

Nep.

Ne vois tu pas que tout cela est contre toi ? Tu te fais tort à toi-même. Si Jupiter vient à mourir, après avoir donné cette femme, tu ne seras qu'un gueux. Ne sais-tu pas que Jupiter mort, tout ce qu'il a doit t'appartenir ?

Pisth.

Hélas ! le pauvre homme ! Comme on le trompe ! Viens un peu à moi, que je te dis deux mots. Ne vois tu pas bien que ton oncle se moque de toi ? Les lois ne permettent pas que tu hérites seulement d'un fétu

Ἡρακλῆς οὗτος, δοκεῖ δρᾶν ταῦτα τοῦ σκήπτρου πέρι. Πισθέταιρος καὶ νὴ Δίʼ ἕτερόν γʼ ἐστὶν οὗ ʼμνήσθην ἐγώ. τὴν μὲν γὰρ Ἥραν παραδίδωμι τῷ Διί, τὴν δὲ Βασίλειαν τὴν κόρην γυναῖκʼ ἐμοὶ ἐκδοτέον ἐστίν. Ποσειδῶν οὐ διαλλαγῶν ἐρᾷς. ἀπίωμεν οἴκαδʼ αὖθις. Πισθέταιρος ὀλίγον μοι μέλει. μάγειρε τὸ κατάχυσμα χρὴ ποιεῖν γλυκύ. Ἡρακλῆς ὦ δαιμόνιʼ ἀνθρώπων Πόσειδον ποῖ φέρει; ἡμεῖς περὶ γυναικὸς μιᾶς πολεμήσομεν; Ποσειδῶν τί δαὶ ποιῶμεν; Ἡρακλῆς ὅ τι; διαλλαττώμεθα. Ποσειδῶν τί δʼ ᾠζύρʼ; οὐκ οἶσθʼ ἐξαπατώμενος πάλαι; βλάπτεις δέ τοι σὺ σαυτόν. ἢν γὰρ ἀποθάνῃ ὁ Ζεὺς παραδοὺς τούτοισι τὴν τυραννίδα, πένης ἔσει σύ. σοῦ γὰρ ἅπαντα γίγνεται τὰ χρήμαθʼ, ὅσʼ ἂν ὁ Ζεὺς ἀποθνῄσκων καταλίπῃ. Πισθέταιρος οἴμοι τάλας οἷόν σε περισοφίζεται. δεῦρʼ ὡς ἔμʼ ἀποχώρησον, ἵνα τί σοι φράσω. διαβάλλεταί σʼ ὁ θεῖος ὦ πόνηρε σύ. τῶν γὰρ πατρῴων οὐδʼ ἀκαρῆ μέτεστί σοι
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(f) Flatterie pour Minerve . Elle n'était pas seule fille héritière. Mars et Vulcain étaient nés de Jupiter et de Junon .

(g) Cela s'appelait l'argent bâtard, qui consistait en 5 mines valant à peu près 150 ou en 100 dragmes selon Harpocration dans son dictionnaire des dix rhéteurs.

de tous les biens de ton père, puisque tu es bâtard.

Her.

Je suis bâtard ? moi ? Que me dis tu là ?

Pisth.

Pardi, et qu'es tu donc, toi qui as pour mère une femme étrangère ? Et Minerve à ton avis serait-elle seule héritière (f) , si elle avait des frères légitimes ?

Her.

Mais au moins mon père ne me refusera-t-il pas en mourant le présent qu'on fait aux bâtards (g) .

Pisth.

Les lois ne le permettent pas ; et ton oncle que voilà, qui te met présentement le cœur au ventre, sera le premier à s'y opposer et à s'emparer de ce qu'il pourra de la succession, en disant qu'il est le frère légitime du défunt. Et je te dirai là-dessus la loi de Solon : Le bâtard n'héritera point, tant qu'il y aura des enfants légitimes ; et s'il n’y a point d'enfants légitimes, les parents les plus proches auront la succession.

Her.

Je n'aurai donc point de part aux biens de mon père ?

Pisth.

Pardi, cela est bien sûr. Mais dis-moi un peu ; ton père t'a-t-il fait reconnaître à tes parents.

Her.

Pas encore ; et j'en ai toujours été surpris.

Pisth.

À quoi t'amuses-tu ? Tu regardes en haut, et

κατὰ τοὺς νόμους· νόθος γὰρ εἶ κοὐ γνήσιος. Ἡρακλῆς ἐγὼ νόθος; τί λέγεις; Πισθέταιρος σὺ μέντοι νὴ Δία ὤν γε ξένης γυναικός. ἢ πῶς ἄν ποτε ἐπίκληρον εἶναι τὴν Ἀθηναίαν δοκεῖς, οὖσαν θυγατέρʼ, ὄντων ἀδελφῶν γυησίων; Ἡρακλῆς τί δʼ ἢν ὁ πατὴρ ἐμοὶ διδῷ τὰ χρήματα νοθεἶ ἀποθνῄσκων; Πισθέταιρος ὁ νόμος αὐτὸν οὐκ ἐᾷ. οὗτος ὁ Ποσειδῶν πρῶτος, ὃς ἐπαίρει σε νῦν, ἀνθέξεταί σου τῶν πατρῴων χρημάτων φάσκων ἀδελφὸς αὐτὸς εἶναι γνήσιος. ἐρῶ δὲ δὴ καὶ τὸν Σόλωνός σοι νόμον· ‘νόθῳ δὲ μὴ εἶναι ἀγχιστείαν παίδων ὄντων γνησίων. ἐὰν δὲ παῖδες μὴ ὦσι γνήσιοι, τοῖς ἐγγυτάτω γένους μετεῖναι τῶν χρημάτων.’ Ἡρακλῆς ἐμοὶ δʼ ἄρʼ οὐδὲν τῶν πατρῴων χρημάτων μέτεστιν; Πισθέταιρος οὐ μέντοι μὰ Δία. λέξον δέ μοι, ἤδη σʼ ὁ πατὴρ εἰσήγαγʼ ἐς τοὺς φράτερας; Ἡρακλῆς οὐ δῆτʼ ἐμέ γε. καὶ δῆτʼ ἐθαύμαζον πάλαι. Πισθέταιρος τί δῆτʼ ἄνω κέχηνας αἴκειαν βλέπων;
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f°77

tu en cherches vainement la raison. Crois moi, demeure avec nous. Je te ferai roi, et je te donnerai du lait de poule.

Her.

Il me semble que la demande que tu fais de la femme en question est juste ; et quant à moi, je te la donne de bon cœur.

Pisth.

Et toi, qu'en dis tu ?

Nep.

Je suis d'avis contraire.

Pisth.

Tout roule à présent sur Triballe  ; ce sera lui qui décidera l'article. Que dis-tu ?

Triballe.

Li choli crante fame souférine, moi redonne elle à l'Osio.

Her.

Tu la donnes ?

Nep.

Non, ce n'est point cela ; il a dit qu'elle vole comme un hirondelle.

Pisth.

Si cela est, il faut la donner aux hirondelles.

Nept.

Je vois bien que vous voulez tous deux faire la paix. Puisque c'est votre avis, c'est à moi de me taire.

Her.

Tu vois qu'il consent enfin à tout ce que tu veux. Viens-t'en avec nous au ciel, pour y recevoir la femme que tu demandes, et tout ce qu'il y a.

ἀλλʼ ἢν μεθʼ ἡμῶν ᾖς, καταστήσας σʼ ἐγὼ τύραννον ὀρνίθων παρέξω σοι γάλα. Ἡρακλῆς δίκαιʼ ἔμοιγε καὶ πάλαι δοκεῖς λέγειν περὶ τῆς κόρης, κἄγωγε παραδίδωμί σοι. Πισθέταιρος τί δαὶ σὺ φῄς; Ποσειδῶν τἀναντία ψηφίζομαι. Πισθέταιρος ἐν τῷ Τριβαλλῷ πᾶν τὸ πρᾶγμα. τί σὺ λέγεις; Τριβαλλός καλάνι κόραυνα καὶ μεγάλα βασιλιναῦ ὄρνιτο παραδίδωμι. Ἡρακλῆς παραδοῦναι λέγει. Ποσειδῶν μὰ τὸν Δίʼ οὐχ οὗτός γε παραδοῦναι λέγει, εἰ μὴ † βαδίζειν † ωἅσπερ αἱ χελιδόσιν λέγει. Πισθέταιρος οὐκοῦν παραδοῦναι ταῖς χελιδόσιν λέγει. Ποσειδῶν σφὼ νῦν διαλλάττεσθε καὶ ξυμβαίνετε· ἐγὼ δʼ, ἐπειδὴ σφῷν δοκεῖ, σιγήσομαι. Ἡρακλῆς ἡμῖν ἃ λέγεις σὺ πάντα συγχωρεῖν δοκεῖ. ἀλλʼ ἴθι μεθʼ ἡμῶν αὐτὸς ἐς τὸν οὐρανόν, ἵνα τὴν Βασίλειαν καὶ τὰ πάντʼ ἐκεῖ λάβῃς.
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(h) Phanês dans l' Ile de Chio.

(i) Clepsydre, nom d'une fontaine salée et sans fond, qui était dans la citadelle d' Athènes ; d'autres disent à Argos.

(k) Les Sycophantes, ou dénonciateurs.

(l) On a expliqué dans la préface cette cérémonie du sacrifice.

Pisth.

Voilà de la viande apprêtée fort à propos pour le festin des noces.

Her.

Je demeurerai si vous voulez, et j'aurai soin de la faire cuire.

Nep.

Quelle gourmandise ! Pourquoi ne pas venir avec les autres ?

Hercule.

Je suis fort bien ici.

Pisth.

Qu'on apporte mon habit de noces.



Le chœur.

Dans un lieu que l'on appelle, Découverte (h) , auprès de la fontaine qui fait comme l’horloge (i) d'eau dont on se sert à l'audience il y a une race maligne de gens (k) qui ont le vent dans la langue. Ils sèment avec la langue, ils moissonnent avec la langue ; ils vendangent avec la langue ; ils cueillent leurs figues avec la langue. Du reste ce ne sont que des barbares d'origine, des Gorgias , et des Philippes ; et c'est à ces Philippes qui ont le ventre dans la langue, qu'il faudrait faire ce qu'on fait aux victimes (l) dans l' Attique ; leur couper la langue à part.

Un messager.

Heureux en tout, plus que je ne le puis dire O ! trois fois heureux les oiseaux ! Recevez votre

Πισθέταιρος ἐς καιρὸν ἆρα κατεκόπησαν οὑτοιὶ ἐς τοὺς γάμους. Ἡρακλῆς βούλεσθε δῆτʼ ἐγὼ τέως ὀπτῶ τὰ κρέα ταυτὶ μένων; ὑμεῖς δʼ ἴτε. Ποσειδῶν ὀπτᾷς τὰ κρέα; πολλήν γε τενθείαν λέγεις. οὐκ εἶ μεθʼ ἡμῶν; Ἡρακλῆς εὖ γε μέντἂν διετέθην. Πισθέταιρος ἀλλὰ γαμικὴν χλανίδα δότω τις δεῦρό μοι. Χορός ἔστι δʼ ἐν Φαναῖσι πρὸς τῇ Κλεψύδρᾳ πανοῦργον ἐγ- γλωττογαστόρων γένος, οἳ θερίζουσίν τε καὶ σπείρουσι καὶ τρυγῶσι ταῖς γλώτταισι συκάζουσί τε· βάρβαροι δʼ εἰσὶν γένος, Γοργίαι τε καὶ Φίλιπποι. κἀπὸ τῶν ἐγγλωττογαστόρων ἐκείνων τῶν Φιλίππων πανταχοῦ τῆς Ἀττικῆς ἡ γλῶττα χωρὶς τέμνεται. Ἄγγελος ὦ πάντʼ ἀγαθὰ πράττοντες, ὦ μείζω λόγου, ὦ τρισμακάριον πτηνὸν ὀρνίθων γένος,
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roi dans vos splendides maisons. Le voilà qui s'avance plus brillant qu'un astre qui reluit dans un palais doré. Le soleil même ne répand point de rayon plus éclatant que lui. Ah ! Qui pourrait exprimer la beauté de la femme qu'il amène ! Il branle avec majesté la foudre, le javelot ailé de Jupiter . Une odeur inexprimable se répand autour de lui. O ! les agréables parfums ! Un vent léger fait faire des évolutions merveilleuses aux volutes de la fumée. Le voilà lui-même. Ouvrez vos bouches sacrées, muses favorables  !



Le chœur. Pisthétaire. Demi-chœur.

Avancez, reculez, tournez, suivez, conduisez, volez autour de cet homme heureux et favorisé d'une fortune heureuse. O ! quelle beauté ! Que de charmes ! Que d'agrément ! Quel heureux mariage !

Autre demi-chœur.

La fortune favorise la nation des oiseaux, par le moyen de cet excellent homme. Recevez avec des cantiques nuptiaux, lui et son épouse royale.

Le chœur.

Les parques célébrèrent autrefois un mariage pareil, quand le grand Dieu qui occupe le trône suprême épousa Junon l'olympienne . L' amour aux ailes dorées, et qui a père et mère, conduisait les rênes du chariot sur lequel était porté l’époux Jupiter avec son heureuse

δέχεσθε τὸν τύραννον ὀλβίοις δόμοις. προσέρχεται γὰρ οἷς οὔτε παμφαὴς ἀστὴρ ἰδεῖν ἔλαμψε χρυσαυγεῖ δόμῳ, οὔθʼ ἡλίου τηλαυγὲς ἀκτίνων σέλας τοιοῦτον ἐξέλαμψεν, οἶον ἔρχεται ἔχων γυναικὸς κάλλος οὐ φατὸν λέγειν, πάλλων κεραυνόν, πτεροφόρον Διὸς βέλος· ὀσμὴ δʼ ἀνωνόμαστος ἐς βάθος κύκλου χωρεῖ, καλὸν θέαμα· θυμιαμάτων δʼ αὖραι διαψαίρουσι πλεκτάνην καπνοῦ. ὁδὶ δὲ καὐτός ἐστιν. ἀλλὰ χρὴ θεᾶς Μούσης ἀνοίγειν ἱερὸν εὔφημον στόμα. Χορός ἄναγε δίεχε πάραγε πάρεχε. περιπέτεσθε τὸν μάκαρα μάκαρι σὺν τύχᾳ. ὦ φεῦ φεῦ τῆς ὥρας τοῦ κάλλους. ὦ μακαριστὸν σὺ γάμον τῇδε πόλει γημας. Χορός μεγάλαι μεγάλαι κατέχουσι τύχαι γένος ὀρνίθων διὰ τόνδε τὸν ἄνδρʼ. ἀλλʼ ὑμεναίοις καὶ νυμφιδίοισι δέχεσθʼ ᾠδαῖς αὐτὸν καὶ τὴν Βασίλειαν. Χορός Ἥρᾳ ποτʼ Ὀλυμπίᾳ τῶν ἠλιβάτων θρόνων ἄρχοντα θεοῖς μέγαν Μοῖραι ξυνεκοίμισαν ἐν τοιῷδʼ ὑμεναίῳ. Ὑμὴν ὦ Ὑμέναιʼ ὦ, Ὑμὴν ὦ Ὑμέναιʼ ὦ. Χορός ὁ δʼ ἀμφιθαλὴς Ἔρως χρυσόπτερος ἡνίας ηὔθυνε παλιντόνους, Ζηνὸς πάροχος γάμων τῆς τʼ εὐδαίμονος Ἥρας.
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527 et 528

épouse. Hymen ! Hyménée ! O ! Hymen !

Pisth.

Vos chants me font plaisir ; vos chansons me charment ; vos louanges me ravissent. Continuez ; appelez à votre secours les foudres et les éclairs de Jupiter qui font trembler la terre.

Le ch.

O ! lumière dorée des éclairs éblouissants ! O ! javelot immortel et enflammé de Jupiter  ! O ! Tonnerres bruyants et orageux ! Ah ! Quelles secousses tu donnes à la terre ! C'est par toi que celui-ci règne présentement sur toutes choses et qu'il a pour épouse la souveraine autorité de Jupiter .

Demi-chœur.

O ! hymen ! O ! Hyménée ! Volatiles de toutes espèces, célébrez sur le parquet de Jupiter ces heureuses noces et les plaisirs du lit nuptial. Donne ta main, belle reine, prends mon aile et danse avec nous ; je te ferai sauter légèrement. La, la, la : Io pean. La, la, la, la. Victoire au plus grand des Dieux.



Fin des Oiseaux.

Ὑμὴν ὦ Ὑμέναιʼ ὦ, Ὑμὴν ὦ Ὑμέναιʼ ὦ. Πισθέταιρος ἐχάρην ὕμνοις, ἐχάρην ᾠδαῖς· ἄγαμαι δὲ λόγων. ἄγε νυν αὐτοῦ καὶ τὰς χθονίας κλῄσατε βροντὰς τάς τε πυρώδεις Διὸς ἀστεροπὰς δεινόν τʼ ἀργῆτα κεραυνόν. Χορός ὦ μέγα χρύσεον ἀστεροπῆς φάος, ὦ Διὸς ἄμβροτον ἔγχος πυρφόρον, ὦ χθόνιαι βαρυαχέες ὀμβροφόροι θʼ ἅμα βρονταί, αἷς ὅδε νῦν χθόνα σείει. διὰ σὲ τὰ πάντα κρατήσας καὶ πάρεδρον Βασίλειαν ἔχει Διός. Ὑμὴν ὦ Ὑμέναιʼ ὦ. Πισθέταιρος ἔπεσθε νῦν γάμοισιν ὦ φῦλα πάντα συννόμων πτεροφόρʼ ἐπὶ δάπεδον Διὸς καὶ λέχος γαμήλιον. ὄρεξον ὦ μάκαιρα σὴν χεῖρα καὶ πτερῶν ἐμῶν λαβοῦσα συγχόρευσον· αἴρων δὲ κουφιῶ σʼ ἐγώ. Χορός ἀλαλαλαὶ ἰὴ παιών, τήνελλα καλλίνικος, ὦ δαιμόνων ὑπέρτατε.