Mise à jour : 31/08/2023
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f°160

L'assemblée des femmes

comédie

Personnages

  • Praxagora, chef de l'entreprise.
  • Une femme.
  • Plusieurs femmes.
  • Blepyre, mari de Praxagora.
  • Un autre homme.
  • Chrémès.
  • Phidole, ou l'avare.
  • Un hérault.
  • Des vieilles.
  • De jeunes femmes.
  • De jeunes hommes.
  • Une servante et son maître.
  • Chœur de femmes.

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(a) Voyez la préface.

f°161Praxagora, seule.

Œil brillant de ma lampe faite au tour ! Toi dont la lumière est d'un si grand secours dans les ténebres ! Je veux célébrer ton origine et ta fortune. Le portier t'as formée en agitant sa roue ; mais tu es destinée, comme le soleil, à porter la lumière. Anime ta flamme, et donne-moi par son mouvement quelque heureux présage. Nous ne nous découvrons qu'à toi, et nous ne souffrons d'autres témoins que toi, quand nous vaguons dans les lieux les plus retirés de nos appartements aux doux travaux de Vénus. Toutes nos postures, et les mouvements lascifs dont nous provoquons le plaisir ne sont point cachés à tes regards. Toi seule à l'avantage d'éclairer des lieux toujours sombres, alors que nous t'employons à brûler une toison incommode. Tu nous prêtes ton secours, lorsque nous ouvrons furtivement les portes des lieux où l'on a mis en réserve les fruits délicieux et la liqueur divine de Bacchus. Tu nous aides dans nos larcins et tu gardes un fidèle silence. En récompense, tu sauras l'entreprise que nous avons faite mes amies et moi, à la dernière fête du (a) chapeau blanc. Elles devraient être ici, et je n'en vois encore aucune. Cependant l'assemblée se tient de bon matin, et si l'on ne s'y rend pas

ΠραξάγοραὮ λαμπρὸν ὄμμα τοῦ τροχηλάτου λύχνουκάλλιστʼ ἐν εὐστόχοισιν ἐζητημένον·γονάς τε γὰρ σὰς καὶ τύχας δηλώσομεν·τροχῷ γὰρ ἐλαθεὶς κεραμικῆς ῥύμης ὕπομυκτῆρσι λαμπρὰς ἡλίου τιμὰς ἔχεις·ὅρμα φλογὸς σημεῖα τὰ ξυγκείμενα.σοὶ γὰρ μόνῳ δηλοῦμεν εἰκότως, ἐπεὶκἀν τοῖσι δωματίοισιν Ἀφροδίτης τρόπωνπειρωμέναισι πλησίον παραστατεῖς,λορδουμένων τε σωμάτων ἐπιστάτηνὀφθαλμὸν οὐδεὶς τὸν σὸν ἐξείργει δόμων.μόνος δὲ μηρῶν εἰς ἀπορρήτους μυχοὺςλάμπεις ἀφεύων τὴν ἐπανθοῦσαν τρίχα·στοάς τε καρποῦ Βακχίου τε νάματοςπλήρεις ὑποιγνύσαισι συμπαραστατεῖς·καὶ ταῦτα συνδρῶν οὐ λαλεῖς τοῖς πλησίον.ἀνθʼ ὧν συνείσει καὶ τὰ νῦν βουλεύματαὅσα Σκίροις ἔδοξε ταῖς ἐμαῖς φίλαις.ἀλλʼ οὐδεμία πάρεστιν ἃς ἥκειν ἐχρῆν.καίτοι πρὸς ὄρθρον γʼ ἐστίν· ἡ δʼ ἐκκλησία
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(b) Il avait ordonné que les femmes prendraient place à part aux spectacles, et ne se mêleraient point auxavec les hommes, à moins qu'elles ne voulussent être censées publiques.

de bonne heure, il ne nous restera que les places que (b)Sphyromaque assigne aux femmes de médiocre vertu. Mais d'où vient ce retardement ? N'auraient elles pu trouver de barbes postiches ? Auraient-elles eu de la peine à dérober les casaques de leurs maris ? Mais je vois une lampe qui s'avance. Je me retire, de peur que ce ne soit quelque homme.

Une femme. Praxagora. Autres femmes.Une femme.

Il est temps de marcher. Voilà le hérault du poulailler qui vient de faire le second cri, pendant que nous nous avançons.

Prax.

Et moi, j'ai passé toute la nuit sans dormir et à vous attendre. Il faut que j'avertisse ma voisine, en grattant à sa porte tout doucement ; car il ne faut pas que son mari nous entende.

Une autre femme.

Je ne dormais pas. Je t'ai bien entendue gratter pendant que je me chaussais. Mon mari, qui es, comme tu sais, un homme de mer, m'a si bien repassée toute la nuit qu'il ne m'a pas laissée dormir. Je ne viens que de lui dérober tout à l'heure sa casaque et je n'ai pu le faire plus tôt. Mais ne vois-je pas Clinarète, Sostrate et Philénète qui s'avancent.

αὐτίκα μάλʼ ἔσται· καταλαβεῖν δʼ ἡμᾶς ἕδρας,ἃς Φυρόμαχός ποτʼ εἶπεν, εἰ μέμνησθʼ ἔτι,δεῖ τὰς ἑτέρας πως κἀγκαθεζομένας λαθεῖν.τί δῆτʼ ἂν εἴη; πότερον οὐκ ἐρραμμένουςἔχουσι τοὺς πώγωνας, οὓς εἴρητʼ ἔχειν;ἢ θαἰμάτια τἀνδρεῖα κλεψάσαις λαθεῖνἦν χαλεπὸν αὐταῖς; ἀλλʼ ὁρῶ τονδὶ λύχνονπροσιόντα. φέρε νυν ἐπαναχωρήσω πάλιν,μὴ καί τις ὢν ἀνὴρ ὁ προσιὼν τυγχάνῃ.Γυνὴ Αὥρα βαδίζειν, ὡς ὁ κῆρυξ ἀρτίωςἡμῶν προσιουσῶν δεύτερον κεκόκκυκεν.Πραξάγοραἐγὼ δέ γʼ ὑμᾶς προσδοκῶσʼ ἠγρηγόρητὴν νύκτα πᾶσαν. ἀλλὰ φέρε τὴν γείτονατήνδʼ ἐκκαλέσωμαι θρυγονῶσα τὴν θύραν.δεῖ γὰρ τὸν ἄνδρʼ αὐτῆς λαθεῖν.Γυνὴ Βἤκουσά τοιὑποδουμένη τὸ κνῦμά σου τῶν δακτύλων,ἅτʼ οὐ καταδαρθοῦσʼ. ὁ γὰρ ἀνὴρ ὦ φιλτάτη,Σαλαμίνιος γάρ ἐστιν ᾧ ξύνειμʼ ἐγώ,τὴν νύχθʼ ὅλην ἤλαυνέ μʼ ἐν τοῖς στρώμασιν,ὥστʼ ἄρτι τουτὶ θοἰμάτιον αὐτοῦ ʼλαβον.Γυνὴ Ακαὶ μὴν ὁρῶ καὶ Κλειναρέτην καὶ Σωστράτηνπροσιοῦσαν ἤδη τήνδε καὶ Φιλαινέτην.
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Гλυκη, glycé

f°162Prax.

Eh ! dépéchez-vous donc. Avez-vous oublié que la Doucet a protesté que celle qui viendrait la dernière paîrait trois bouteilles de vin et un boisseau de ce que vous savez. Voyez-vous Mélistique, femme de Smicythion qui se hate avec ses socques ? Il parait qu'elle a eu bien de la peine à se dérober de son mari.

Une femme.

Regardez Fripe-sauce, la femme du cabaretier, qui porte une lampe dans sa main. Voilà aussi les femmes de Philodont et de Caretate.

Prax.

J'en vois encore bien d'autres. Tout ce qu'il y a de meilleur dans la ville se rassemble ici.

Une femme.

Ma chère ! j'ai eu une peine infinie à m'échapper. Mon mari s'était mis quelques arrête dans la gorge, en mangeant d'une alose à souper. Il n'a fait que tousser toute la nuit.

Prax.

Asséyez-vous, puisque vous voilà toutes venues ; que je vous dise quelque chose. Avez-vous fait tout ce qui avait été résolu à la fête du chapeau blanc ?

Une femme.

Je n'ai pas manqué pour ce qui est de moi. J'ai les aisselles plus garnies de poil qu'un buisson n'est ombragé de feuilles,

Πραξάγοραοὔκουν ἐπείξεσθʼ; ὡς Γλύκη κατώμοσεντὴν ὑστάτην ἥκουσαν οἴνου τρεῖς χοᾶςἡμῶν ἀποτείσειν κἀρεβίνθων χοίνικα.Γυνὴ Ατὴν Σμικυθίωνος δʼ οὐχ ὁρᾷς Μελιστίχηνσπεύδουσαν ἐν ταῖς ἐμβάσιν;Πραξάγορακαίτοι δοκεῖκατὰ σχολὴν παρὰ τἀνδρὸς ἐξελθεῖν μόνη.Γυνὴ Ατὴν τοῦ καπήλου δʼ οὐχ ὁρᾷς Γευσιστράτηνἔχουσαν ἐν τῇ δεξιᾷ τὴν λαμπάδα;Γυνὴ Βκαὶ τὴν Φιλοδωρήτου τε καὶ Χαιρητάδουὁρῶ προσιούσας χἀτέρας πολλὰς πάνυγυναῖκας, ὅ τι πέρ ἐστʼ ὄφελος ἐν τῇ πόλει.Γυνὴ Γκαὶ πάνυ ταλαιπώρως ἔγωγʼ ὦ φιλτάτηἐκδρᾶσα παρέδυν. ὁ γὰρ ἀνὴρ τὴν νύχθʼ ὅληνἔβηττε τριχίδων ἑσπέρας ἐμπλήμενος.Πραξάγορακάθησθε τοίνυν, ὡς ἂν ἀνέρωμαι τάδεὑμᾶς, ἐπειδὴ συλλελεγμένας ὁρῶ,ὅσα Σκίροις ἔδοξεν εἰ δεδράκατε.Γυνὴ Αἔγωγε. πρῶτον μέν γʼ ἔχω τὰς μασχάλαςλόχμης δασυτέρας, καθάπερ ἦν ξυγκείμενον·
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(a) Sa barbe était grande comme un bouclier. C'est pourquoi Platon le comique l'appelait : δακέσφορος, porte-bouclier.

(b) Fendeur de bois.

comme on l'avait arrêté. Et puis, quand mon mari était dehors, je passais le jour à me rembrunir au soleil, après m'être rembrunie de graisses propres à cela.

Une autre.

Et moi, j'ai d'abord jeté le rasoir dehors afin de laisser venir le poil partout et de ne plus rassembler à une femme.

Prax.

Avez-vous des barbes, comme il avait été reglé qu'on s'en fournirait ?

Une femme.

Par Hécate ! n'en voilà-t-il pas une belle ?

Une autre

Et celle-ci, n'est-elle pas aussi magnifique pour le moins que celle de l'avocat (a)Epicrate.

Prax.

Et vous autres, que dites-vous ?

Une femme.

Elles font signe qu'elles en ont toutes.

Prax.

Cela va bien jusqu'ici. Je vois que vous avez aussi pris des socques à la Lacédémonienne et des bâtons et des casaques d'hommes, comme nous l'avions dit.

Une femme.

Voilà un gros tribard que j'ai pris à (b)Lamius, pendant qu'il dormait.

Prax.

Par Jupiter sauveur ! C'est là un de ces gros rondins sous le poids desquels

ἔπειθʼ ὁπόθʼ ἁνὴρ εἰς ἀγορὰν οἴχοιτό μου,ἀλειψαμένη τὸ σῶμʼ ὅλον διʼ ἡμέραςἐχραινόμην ἑστῶσα πρὸς τὸν ἥλιον.Γυνὴ Βκἄγωγε· τὸ ξυρὸν δέ γʼ ἐκ τῆς οἰκίαςἔρριψα πρῶτον, ἵνα δασυνθείην ὅληκαὶ μηδὲν εἴην ἔτι γυναικὶ προσφερής.Πραξάγοραἔχετε δὲ τοὺς πώγωνας, οὓς εἴρητʼ ἔχεινπάσαισιν ἡμῖν, ὁπότε συλλεγοίμεθα;Γυνὴ Ανὴ τὴν Ἑκάτην καλόν γʼ ἔγωγε τουτονί.Γυνὴ Βκἄγωγʼ Ἑπικράτους οὐκ ὀλίγῳ καλλίονα.Πραξάγοραὑμεῖς δὲ τί φατε;Γυνὴ Αφασί· κατανεύουσι γάρ. Πραξάγορακαὶ μὴν τά γʼ ἄλλʼ ὑμῖν ὁρῶ πεπραγμένα.Λακωνικὰς γὰρ ἔχετε καὶ βακτηρίαςκαὶ θαἰμάτια τἀνδρεῖα, καθάπερ εἴπομεν.Γυνὴ Αἔγωγέ τοι τὸ σκύταλον ἐξηνεγκάμηντὸ τοῦ Λαμίου τουτὶ καθεύδοντος λάθρᾳ.Γυνὴ Βτοῦτʼ ἔστʼ ἐκείνων τῶν σκυτάλων ὧν πέρδεται.Πραξάγορανὴ τὸν Δία τὸν σωτῆρʼ ἐπιτήδειός γʼ ἂν ἦν
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πανόπτου, la vue universelle4

forme

par dessus

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on l'entend péter. Il serait propre, s'il avait avec cela le pelisson d'Argus, à tromper le bourreau, comme fit celui qui fit prendre au bourreau son bâton, au lieu de lui-même.

Une femme.

Pendant que les étoiles luisent encore au ciel, dis-nous ce que nous avons à faire. Car tu sais que l'assemblée où nous allons se tient de bon matin.

Prax.

Pardi, la grande affaire est d'occuper les places vis à vis de la tribune de pierre des Prytanes.

Une femme.

Pour moi, j'ai porté cette laine, pour carder toujours en attendant que l'assemblée se formera. Quel mal y aura-t-il ? Mes pauvres enfants sont nus.

Prax.

Vraiment, il est bien question de carder ! Il nous faudra bien donner de garde de laisser voir aucune partie de notre corps. Ce serait une belle chose si, l'assemblée étant pleine d'hommes, quelqu'une de nous, en passant par sur les autres, allait montrer ce qu'elle porte ! Il faut, pour éviter cela, nous placer les premières, tenir nos casaques bien croisées, et nous parerfaire parade de nos barbes. Après cela, qui est-ce qui ne nous prendrait pas pour des hommes ? La barbe fait tout. Le général Agyrrius, qui n'était qu'une femme, n'a-t-il pas trouvé le secret de

τὴν τοῦ πανόπτου διφθέραν ἐνημμένοςεἴπερ τις ἄλλος βουκολεῖν τὸ δήμιον.ἀλλʼ ἄγεθʼ ὅπως καὶ τἀπὶ τούτοις δράσομεν,ἕως ἔτʼ ἐστὶν ἄστρα κατὰ τὸν οὐρανόν·ἡκκλησία δʼ, εἰς ἣν παρεσκευάσμεθαἡμεῖς βαδίζειν, ἐξ ἕω γενήσεται.Γυνὴ Ανὴ τὸν Δίʼ ὥστε δεῖ σε καταλαβεῖν ἕδραςὑπὸ τῷ λίθῳ τῶν πρυτάνεων καταντικρύ.Γυνὴ Βταυτί γέ τοι νὴ τὸν Δίʼ ἐφερόμην, ἵναπληρουμένης ξαίνοιμι τῆς ἐκκλησίας.Πραξάγοραπληρουμένης τάλαινα;Γυνὴ Βνὴ τὴν Ἄρτεμινἔγωγε. τί γὰρ ἂν χεῖρον ἀκροῴμην ἄραξαίνουσα; γυμνὰ δʼ ἐστί μου τὰ παιδία.Πραξάγοραἰδού γέ σε ξαίνουσαν, ἣν τοῦ σώματοςοὐδὲν παραφῆναι τοῖς καθημένοις ἔδει.οὐκοῦν καλά γʼ ἂν πάθοιμεν, εἰ πλήρης τύχοιὁ δῆμος ὢν κἄπειθʼ ὑπερβαίνουσά τιςἀναβαλλομένη δείξειε τὸν Φορμίσιον.ἢν δʼ ἐγκαθεζώμεσθα πρότεραι, λήσομενξυστειλάμεναι θαἰμάτια· τὸν πώγωνά τεὅταν καθῶμεν ὃν περιδησόμεσθʼ ἐκεῖ,τίς οὐκ ἂν ἡμᾶς ἄνδρας ἡγήσαιθʼ ὁρῶν;Γυνὴ ΑἈγύρριος γοῦν τὸν Προνόμου πώγωνʼ ἔχων
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passer pour un homme, par le moyen de la barbe du joueur de flûte Pronomis ? Et maintenant, c'est lui qui regle tout dans la ville. C'est pour cela même (j'en jure pour le jour qui vient) que nous avons fait cette entreprise, c'est à dire de nous rendre maitresses de tout dans l'état, afin de servir avantageusement le public. Car, du reste, nous ne voyageons, ni ne portons les armes.



Une femme.

Une chose m'embarrasse. Comment est-ce que des femelles pourront haranguer ?

Prax.

Nous le ferons à merveille. On dit que ceux d'entre les jeunes-gens qui ont le plus d'amants, sont ceux qui jasent le mieux. Et n'est-ce pas notre métier, que d'avoir des amants ?

Une femme.

Je ne sais qu'en dire ; mais il est fâcheux de n'avoir pas d'expérience.

Prax.

Aussi, ne sommes-nous rassemblées ici que pour concerter ce que nous aurons à dire. Est-ce que tu ne te dépêcheras pas d'attacher ta barbe ? Qui sont celles qui se sont étudiées à parler ?

Une femme.

Et qui est-ce d'entre nous, plutôt, qui ne sache pas parler ?

Prax.

Mets vite ta barbe, et dépêche-toi de

λέληθε· καίτοι πρότερον ἦν οὗτος γυνή·νυνὶ δʼ, ὁρᾷς, πράττει τὰ μέγιστʼ ἐν τῇ πόλει.Πραξάγορατούτου γε τοίνυν τὴν ἐπιοῦσαν ἡμέραντόλμημα τολμῶμεν τοσοῦτον οὕνεκα,ἤν πως παραλαβεῖν τῆς πόλεως τὰ πράγματαδυνώμεθʼ, ὥστʼ ἀγαθόν τι πρᾶξαι τὴν πόλιν·νῦν μὲν γὰρ οὔτε θέομεν οὔτʼ ἐλαύνομεν.Γυνὴ Ακαὶ πῶς γυναικῶν θηλύφρων ξυνουσίαδημηγορήσει;Πραξάγοραπολὺ μὲν οὖν ἄριστά που.λέγουσι γὰρ καὶ τῶν νεανίσκων ὅσοιπλεῖστα σποδοῦνται, δεινοτάτους εἶναι λέγειν·ἡμῖν δʼ ὑπάρχει τοῦτο κατὰ τύχην τινά.Γυνὴ Αοὐκ οἶδα· δεινὸν δʼ ἐστὶν ἡ μὴ ʼμπειρία.Πραξάγοραοὐκοῦν ἐπίτηδες ξυνελέγημεν ἐνθάδε,ὅπως προμελετήσωμεν ἁκεῖ δεῖ λέγειν.οὐκ ἂν φθάνοις τὸ γένειον ἂν περιδουμένηἄλλαι θʼ ὅσαι λαλεῖν μεμελετήκασί που.Γυνὴ Ατίς δʼ ὦ μέλʼ ἡμῶν οὐ λαλεῖν ἐπίσταται;Πραξάγοραἴθι δὴ σὺ περιδοῦ καὶ ταχέως ἀνὴρ γενοῦ·
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devenir homme. Voilà des couronnes pour moi et pour celles qui voudront haranguer.

Une femme.

Ecoute, ma chère Praxagore, regarde un peu quelque chose de fort plaisant....

Prax.

Elle a la mine d'une seche à demi cuite à qui l'on aurait collé une barbe. Où est le ministre des purgations ? Il est temps qu'on apporte le chat. (Je vous demande pardon : je voulais dire le cochon de lait). Qu'Ariphrade se taise ; sa langue n'est pas faite pour parler; qu'il se mette là. Qui est-ce qui veut haranguer ?

Une femme.

C'est moi.

Prax.

Mets cette couronne sur ta tête, à la bonne heure.

La femme.

La voilà mise.

Prax.

Parle donc.

La femme.

Quoi ? Je prêcherais avant que de boire ?

Prax.

Bon ! il est bien question de boire !

La femme.

Et pourquoi donc prend-on la couronne, si ce n'est pour boire ?

Prax.

Va-t'en dehors d'ici ; tu nous ferais affront à l'assemblée.

ἐγὼ δὲ θεῖσα τοὺς στεφάνους περιδήσομαικαὐτὴ μεθʼ ὑμῶν, ἤν τί μοι δόξῃ λέγειν.Γυνὴ Αδεῦρʼ ὦ γλυκυτάτη Πραξαγόρα, σκέψαι τάλανὡς καὶ καταγέλαστον τὸ πρᾶγμα φαίνεται.Πραξάγοραπῶς καταγέλαστον;Γυνὴ Αὥσπερ εἴ τις σηπίαιςπώγωνα περιδήσειεν ἐσταθευμέναις.Πραξάγοραὁ περιστίαρχος, περιφέρειν χρὴ τὴν γαλῆν.πάριτʼ ἐς τὸ πρόσθεν. Ἀρίφραδες παῦσαι λαλῶν.κάθιζε παριών. τίς ἀγορεύειν βούλεται;Γυνὴ Αἐγώ.Πραξάγοραπερίθου δὴ τὸν στέφανον τύχἀγαθῇ. Γυνὴ Αἰδού.Πραξάγοραλέγοις ἄν. Γυνὴ Αεἶτα πρὶν πιεῖν λέγω; Πραξάγοραἰδοὺ πιεῖν.Γυνὴ Ατί γὰρ ὦ μέλʼ ἐστεφανωσάμην; Πραξάγοραἄπιθʼ ἐκποδών· τοιαῦτʼ ἂν ἡμᾶς ἠργάσωκἀκεῖ.
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La femme.

Est-ce qu'on ne boit pas à l'assemblée ?

Prax.

On y boit ?

La femme.

Oui par Diane ! et du meilleur. Et la preuve, c'est qu'il faut être ivre pour faire tout ce qu'on y fait. Pardi je soutiens qu'on y trinque ; et le moyen de croire qu'il n'y ait pas de vin sur le jeu, quand on voit les délibérations qu s'y font ? On s'y dit des injures, comme des ivrognes. Et ceux que les archers emportent, ne sont-ce pas des hommes pris de vin ?

Prax.

Tais-toi ; et t'assieds ; tu ne dis rien qui vaille.

La femme.

Pardi, j'aimerais mieux n'avoir point de barbe que d'être réduite à mourir de soif.

Prax.

Quelque autre veut-elle parler ?

Une autre femme.

C'est moi.

Prax.

Prends cette couronne, comme si tu allais haranguer sérieusement. Parle hardiment et en véritable homme. Appuie-toi gravement sur ton bâton.

La femme.

J'eusse bien voulu que quelque autre de ces messieurs eût pris la parole pour vous représenter des choses importantes ; je me fusse tenu en repos dans ma place. Mais

Γυνὴ Ατί δʼ; οὐ πίνουσι κἀν τἠκκλησίᾳ; Πραξάγοραἰδού γε σοὶ πίνουσι.Γυνὴ Ανὴ τὴν Ἄρτεμινκαὶ ταῦτα γʼ εὔζωρον. τὰ γοῦν βουλεύματααὐτῶν ὅσʼ ἂν πράξωσιν ἐνθυμουμένοιςὥσπερ μεθυόντων ἐστὶ παραπεπληγμένα.καὶ νὴ Δία σπένδουσί γʼ· ἢ τίνος χάριντοσαῦτʼ ἂν ηὔχοντʼ, εἴπερ οἶνος μὴ παρῆν;καὶ λοιδοροῦνταί γʼ ὥσπερ ἐμπεπωκότες,καὶ τὸν παροινοῦντʼ ἐκφέρουσʼ οἱ τοξόται,Πραξάγορασὺ μὲν βάδιζε καὶ κάθησʼ· οὐδὲν γὰρ εἶ.Γυνὴ Ανὴ τὸν Δίʼ ἦ μοι μὴ γενειᾶν κρεῖττον ἦν·δίψῃ γάρ, ὡς ἔοικʼ, ἀφαυανθήσομαι.Πραξάγοραἔσθʼ ἥτις ἑτέρα βούλεται λέγειν;Γυνὴ Βἐγώ. Πραξάγοραἴθι δὴ στεφανοῦ· καὶ γὰρ τὸ χρῆμʼ ἐργάζεται.ἄγε νυν ὅπως ἀνδριστὶ καὶ καλῶς ἐρεῖςδιερεισαμένη τὸ σχῆμα τῇ βακτηρίᾳ.Γυνὴ Βἐβουλόμην μὲν ἂν ἕτερον τῶν ἠθάδωνλέγειν τὰ βέλτισθʼ, ἵνʼ ἐκαθήμην ἥσυχος·
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puisque personne ne parle, je ne puis m'empêcher de vous dire mon sentiment sur un désordre qu'on ne doit pas souffrir. Quand je vois que les cabaretiers font des réservoirs d'eau dans leurs caves, par les deux Déesses ! ….

Prax.

Par les deux Déesses ? malheureuse ! où as-tu l'esprit ?

La femme.

Qu'est-ce ? Je ne t'ai pas demandé à boire.

Prax.

Non, mais tu fais le personnage d'un homme, et tu emploies un serment de femme. Du reste, tu ne débutais point mal.

La femme.

Par Apollon donc.

Prax.

Tais-toi, tais-toi. Je ne ferai pas un pas davantage pour aller à l'assemblée, si tout ceci ne prend un meilleur train.

La femme.

Qu'on me rende la couronne, je veux recommencer, et j'y ai si bien pensé que je ne ferai plus la même faute. Il me semble, mes dames ....

Prax.

Malheureuse ! tu appelles femmes ces hommes que voilà assemblés ?

La femme.

Pardi, c'est cet Epigone qui en est

νῦν δʼ οὐκ ἐάσω κατά γε τὴν ἐμὴν μίανἐν τοῖς καπηλείοισι λάκκους ἐμποιεῖνὕδατος. ἐμοὶ μὲν οὐ δοκεῖ μὰ τὼ θεώ.Πραξάγοραμὰ τὼ θεώ; τάλαινα ποῦ τὸν νοῦν ἔχεις;Γυνὴ Βτί δʼ ἔστιν; οὐ γὰρ δὴ πιεῖν γʼ ᾔτησά σε.Πραξάγοραμὰ Δίʼ ἀλλʼ ἀνὴρ ὢν τὼ θεὼ κατώμοσας,καίτοι τά γʼ ἄλλʼ εἰποῦσα δεξιώτατα.Γυνὴ Βὢ νὴ τὸν Ἀπόλλω.Πραξάγοραπαῦε τοίνυν, ὡς ἐγὼἐκκλησιάσουσʼ οὐκ ἂν προβαίην τὸν πόδατὸν ἕτερον, εἰ μὴ ταῦτʼ ἀκριβωθήσεται.Γυνὴ Βφέρε τὸν στέφανον· ἐγὼ γὰρ αὖ λέξω πάλιν.οἶμαι γὰρ ἤδη μεμελετηκέναι καλῶς.ἐμοὶ γὰρ ὦ γυναῖκες αἱ καθήμεναι—Πραξάγοραγυναῖκας αὖ δύστηνε τοὺς ἄνδρας λέγεις;Γυνὴ Βδιʼ Ἐπίγονόν γʼ ἐκεῖνον· ἐπιβλέψασα γὰρ
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cause, en regardant de son coté, j'ai cru parler à des femmes.

Prax.

Tais-toi, et reprends ta place. Je vois qu'il faut que je prenne la parole. Je prie les Dieux, en mettant cette couronne sur ma tête, que je puisse donner des conseils utiles et dont l'éxécution soit avantageuse à moi, à tout le pays et à vous tous. Je souffre impatiemment tout ce qui se passe dans la ville. Je vois avec douleur qu'elle est gouvernée par des gens qui n'ont aucun talent et qui, pour un jour qu'ils font bien, font mal pendant plus de dix. Se met-on sous la conduite de quelque autre ? C'est encore pis. Il est désagréable de donner de bons avis à des gens d'une humeur difficile, qui pendant qu'ils appréhendent ceux qui les aiment véritablement, importunent ceux qui ne leur veulent point de bien. Il a été un temps que l'on ne parlait point d'assemblées et que l'on esttimait que c'était une chose indigne que d'y recevoir de l'argent. Mais à présent on s'assemble tous les jours et pendant que celui qui ne reçoit rien proteste que ceux-là sont dignes de mort qui ont la lâchété de toucher un modique salaire, ceux qui le reçoivent en sont ravis.

Une femme.

Ah Par Venus ! que tu dis bien !

Prax.

Ah ! tu nommes Vénus ! Ce serait quelque

ἐκεῖσε πρὸς γυναῖκας ᾠόμην λέγειν.Πραξάγοραἄπερρε καὶ σὺ καὶ κάθησʼ ἐντευθενί·αὐτὴ γὰρ ὑμῶν γʼ ἕνεκά μοι λέξειν δοκῶτονδὶ λαβοῦσα. τοῖς θεοῖς μὲν εὔχομαιτυχεῖν κατορθώσασα τὰ βεβουλευμένα.ἐμοὶ δʼ ἴσον μὲν τῆσδε τῆς χώρας μέταὅσονπερ ὑμῖν· ἄχθομαι δὲ καὶ φέρωτὰ τῆς πόλεως ἅπαντα βαρέως πράγματα.ὁρῶ γὰρ αὐτὴν προστάταισι χρωμένηνἀεὶ πονηροῖς· κἄν τις ἡμέραν μίανχρηστὸς γένηται, δέκα πονηρὸς γίγνεται.ἐπέτρεψας ἑτέρῳ· πλείονʼ ἔτι δράσει κακά.χαλεπὸν μὲν οὖν ἄνδρας δυσαρέστους νουθετεῖν,οἳ τοὺς φιλεῖν μὲν βουλομένους δεδοίκατε,τοὺς δʼ οὐκ ἐθέλοντας ἀντιβολεῖθʼ ἑκάστοτε.ἐκκλησίαισιν ἦν ὅτʼ οὐκ ἐχρώμεθαοὐδὲν τὸ παράπαν· ἀλλὰ τόν γʼ Ἀγύρριονπονηρὸν ἡγούμεσθα· νῦν δὲ χρωμένωνὁ μὲν λαβὼν ἀργύριον ὑπερεπῄνεσεν,ὁ δʼ οὐ λαβὼν εἶναι θανάτου φήσʼ ἀξίουςτοὺς μισθοφορεῖν ζητοῦντας ἐν τἠκκλησίᾳ.Γυνὴ Ανὴ τὴν Ἀφροδίτην εὖ γε ταυταγὶ λέγεις.Πραξάγορατάλαινʼ Ἀφροδίτην ὤμοσας; χαρίεντά γʼ ἂν
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chose de plaisant, si tu allais parler de la sorte dans l'assemblée.

La femme.

Je m'en donnerai bien de garde.

Prax.

Il faut s'y accoûtumer dès à présent. Quand on proposa la ligue avec nos voisins, on disait que la ville était ruinée si ce dessein ne s'éxécutait. L'alliance fut-elle faite ? On s'en repentit aussitôt, et celui d'entre les orateurs qui l'avait persuadée fut contraint de prendre la fuite. Si le pauvre est d'avis qu'on arme les vaisseaux, le riche et le laboureur à son aise sont d'une opinion contraire. Si vous n'aimez pas ceux de Corinthe, ceux de Corinthe aussi ne vous aiment guère. Mais ils sont devenus braves, dites-vous ; tachez de le devenir à votre tour. Argius n'est qu'un ignorant : Eh bien ! soit ; vous avez Hiéronyme qui est un si habile homme ! Le salut s'est montré, mais Thrasybule a pris soin de le chasser.

Une femme.

Oh ! que cet homme parle de bon sens !

Prax.

Ah ! voilà comme il faut dire. C'est vous, peuple, qui êtes cause de tout cela. Car pourvu que chacun de vous gagne quelque petite chose, vous vous embarrassez fort peu du public ; et de

ἔδρασας, εἰ τοῦτʼ εἶπας ἐν τἠκκλησίᾳ.Γυνὴ Αἀλλʼ οὐκ ἂν εἶπον.Πραξάγοραμηδʼ ἐθίζου νῦν λέγειν.τὸ συμμαχικὸν αὖ τοῦθʼ, ὅτʼ ἐσκοπούμεθα,εἰ μὴ γένοιτʼ, ἀπολεῖν ἔφασκον τὴν πόλιν·ὅτε δὴ δʼ ἐγένετʼ, ἤχθοντο, τῶν δὲ ῥητόρωνὁ τοῦτʼ ἀναπείσας εὐθὺς ἀποδρὰς ᾤχετο.ναῦς δεῖ καθέλκειν· τῷ πένητι μὲν δοκεῖ,τοῖς πλουσίοις δὲ καὶ γεωργοῖς οὐ δοκεῖ.Κορινθίοις ἄχθεσθε, κἀκεῖνοί γέ σοι·νῦν εἰσὶ χρηστοί, καὶ σύ νυν χρηστὸς γενοῦ.Ἀργεῖος ἀμαθής, ἀλλʼ Ἱερώνυμος σοφός·σωτηρία παρέκυψεν, ἀλλʼ ὡρᾴζεταιΘρασύβουλος αὐτὸς οὐχὶ παρακαλούμενος.Γυνὴ Αὡς ξυνετὸς ἁνήρ.Πραξάγορανῦν καλῶς ἐπῄνεσας.ὑμεῖς γάρ ἐστʼ ὦ δῆμε τούτων αἴτιοι.τὰ δημόσια γὰρ μισθοφοροῦντες χρήματαἰδίᾳ σκοπεῖσθʼ ἕκαστος ὅ τι τις κερδανεῖ,
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700

là vient que tout va de travers comme Aesime le boiteux. Cependant, si vous voulez écouter mes conseils, vous pourrez encore apporter remède aux affaires. Je suis d'avis que vous mettiez la ville au pouvoir des femmes. Elles savent ce que c'est que le ménagement, et chacun de vous en fait une heureuse expérience au logis, où l'on se repose de tout sur elles.

Une femme.

Fort bien, par Jupiter, fort bien ! Continue.

Prax.

Or, qu'elles vaillent mieux que nous, c'est ce que je vais vous prouver incontestablement. En premier lieu, il n'y en a pas une qui, dans la manière de teindre les laines à la chaudière, ne suive exactement l'ancienne coûtume ; au lieu que la ville d'Athènes se croirait perdue, si elle ne s'avisait tous les jours de quelque chose de nouveau. Les femmes, assises à leur foyer, grillent leur orge pour le monder, comme elles l'ont toujours fait. Elles portent sur leur tête comme on l'a toujours pratiqué ci-devant. Elles célèbrent la fête des Thesmophories comme on l'a célébré de tout temps. Elles font enrager leurs maris, comme par le passé. Elles ont des galants et les cachent à la maison, comme elles l'ont toujours fait. Elles se font des ragoûts, comme de tous temps. Elles aiment le bon vin pur, comme elles l'ont toujours aimé. Le déduit leur fait plaisir, comme il leur en a toujours fait.

τὸ δὲ κοινὸν ὥσπερ Αἴσιμος κυλίνδεται.ἢν οὖν ἐμοὶ πίθησθε, σωθήσεσθʼ ἔτι.ταῖς γὰρ γυναιξὶ φημὶ χρῆναι τὴν πόλινἡμᾶς παραδοῦναι. καὶ γὰρ ἐν ταῖς οἰκίαιςταύταις ἐπιτρόποις καὶ ταμίαισι χρώμεθα.Γυνὴ Αεὖ γʼ εὖ γε νὴ Δίʼ εὖ γε.Γυνὴ Βλέγε λέγʼ ὦγαθέ. Πραξάγοραὡς δʼ εἰσὶν ἡμῶν τοὺς τρόπους βελτίονεςἐγὼ διδάξω. πρῶτα μὲν γὰρ τἄριαβάπτουσι θερμῷ κατὰ τὸν ἀρχαῖον νόμονἁπαξάπασαι, κοὐχὶ μεταπειρωμέναςἴδοις ἂν αὐτάς. ἡ δʼ Ἀθηναίων πόλις,εἰ τοῦτο χρηστῶς εἶχεν, οὐκ ἂν ἐσῴζετο,εἰ μή τι καινὸν ἄλλο περιηργάζετο.καθήμεναι φρύγουσιν ὥσπερ καὶ πρὸ τοῦ·ἐπὶ τῆς κεφαλῆς φέρουσιν ὥσπερ καὶ πρὸ τοῦ·τὰ Θεσμοφόριʼ ἄγουσιν ὥσπερ καὶ πρὸ τοῦ·πέττουσι τοὺς πλακοῦντας ὥσπερ καὶ πρὸ τοῦ·τοὺς ἄνδρας ἐπιτρίβουσιν ὥσπερ καὶ πρὸ τοῦ·μοιχοὺς ἔχουσιν ἔνδον ὥσπερ καὶ πρὸ τοῦ·αὑταῖς παροψωνοῦσιν ὥσπερ καὶ πρὸ τοῦ·οἶνον φιλοῦσʼ εὔζωρον ὥσπερ καὶ πρὸ τοῦ·βινούμεναι χαίρουσιν ὥσπερ καὶ πρὸ τοῦ.
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f°167

Donnons-leur donc la ville à gouverner, et ne nous inquiétons pas de ce qu'elles feront. Nous pouvons bien nous assurer premièrement que, comme elles sont mères, elles auront soin du salut des soldats. Pour ce qui est des vivres, en pourront-il manquer, pendant qu'ils seront à la disposition de celles qui les ont mises au monde ? a l'égard de l'argent, la femme est née pour le répandre. Ajoutez à cela que quand elle a l'empire, il n'est pas aisé de la tromper : c'est elle qui trompe les autres. Je passe le reste sous silence, pour ne pas ennuyer. Mais, croyez-moi, vous serez heureux, si vous les rendez maîtresses de tout.

Une femme.

Que c'est sagement dit ! aimable Praxagora ! où en as-tu tant appris ?

Prax.

J'ai demeuré avec mon mari dans un lieu d'où j'entendais une partie de ce qui se disait au sénat. Et puis ; il y a eu des rhéteurs qui m'ont donné quelques leçons.

La femme.

Nous avions bien raison, puisque tu es si habile, de nouste choisir pour notre chef. Il y a tout lieu d'espérer que tu réussiras. Mais, si Céphale entreprend de te contredire, comment lui résisteras-tu à la face de toute l'assemblée ?

ταύταισιν οὖν ὦνδρες παραδόντες τὴν πόλινμὴ περιλαλῶμεν, μηδὲ πυνθανώμεθατί ποτʼ ἄρα δρᾶν μέλλουσιν, ἀλλʼ ἁπλῷ τρόπῳἐῶμεν ἄρχειν, σκεψάμενοι ταυτὶ μόνα,ὡς τοὺς στρατιώτας πρῶτον οὖσαι μητέρεςσῴζειν ἐπιθυμήσουσιν· εἶτα σιτίατίς τῆς τεκούσης μᾶλλον ἐπιπέμψειεν ἄν;χρήματα πορίζειν εὐπορώτατον γυνή,ἄρχουσά τʼ οὐκ ἂν ἐξαπατηθείη ποτέ·αὐταὶ γάρ εἰσιν ἐξαπατᾶν εἰθισμέναι.τὰ δʼ ἄλλʼ ἐάσω· ταῦτʼ ἐὰν πίθησθέ μοι,εὐδαιμονοῦντες τὸν βίον διάξετε.Γυνὴ Αεὖ γʼ ὦ γλυκυτάτη Πραξαγόρα καὶ δεξιῶς.πόθεν ὦ τάλαινα ταῦτʼ ἔμαθες οὕτω καλῶς;Πραξάγοραἐν ταῖς φυγαῖς μετὰ τἀνδρὸς ᾤκησʼ ἐν πυκνί·ἔπειτʼ ἀκούουσʼ ἐξέμαθον τῶν ῥητόρων.Γυνὴ Αοὐκ ἐτὸς ἄρʼ ὦ μέλʼ ἦσθα δεινὴ καὶ σοφή·καί σε στρατηγεῖν αἱ γυναῖκες αὐτόθεναἱρούμεθʼ, ἢν ταῦθʼ ἁπινοεῖς κατεργάσῃ.ἀτὰρ ἢν Κέφαλός σοι λοιδορῆται προσφθαρείς,πῶς ἀντερεῖς πρὸς αὐτὸν ἐν τἠκκλησίᾳ;
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Prax.

Je dirai que c'est un extravagant.

La femme.

On le sait bien.

Prax.

Que c'est un esprit troublé de noires vapeurs.

La femme.

On le sait encore.

Prax.

Qu'il faisait autrefois de fort mauvais pots de terre ; mais qu'en récompense, il manie les affaires de l'état avec une adresse merveilleuse.

Une femme.

Et si Néoclide le chassieux te dis des injures ?

Prax.

Je lui dirai ce qu'on dit à ceux qui font de la cire comme lui : regarde au cul du chien.

La femme.

Et si l'on te pousse ?

Prax.

Je pousserai contre. Je ne suis pas novice en matière de pousserie.

Une femme.

Une chose m'embarrasse. Si les archers veulent te saisir, que feras-tu ?

Prax.

Je me mettrai comme cela, les mains sur les hanches, pour les empêcher de serrer ma taille en me prenant par le milieu du corps.

Une femme.

S'ils veulent t'enlever, nous leur crierons de te laisser.

Πραξάγοραφήσω παραφρονεῖν αὐτόν.Γυνὴ Αἀλλὰ τοῦτό γεἴσασι πάντες.Πραξάγοραἀλλὰ καὶ μελαγχολᾶν. Γυνὴ Ακαὶ τοῦτʼ ἴσασιν.Πραξάγοραἀλλὰ καὶ τὰ τρύβλιακακῶς κεραμεύειν, τὴν δὲ πόλιν εὖ καὶ καλῶς.Γυνὴ Ατί δʼ ἢν Νεοκλείδης ὁ γλάμων σε λοιδορῇ;Πραξάγορατούτῳ μὲν εἶπον ἐς κυνὸς πυγὴν ὁρᾶν.Γυνὴ Ατί δʼ ἢν ὑποκρούωσίν σε;Πραξάγοραπροσκινήσομαιἅτʼ οὐκ ἄπειρος οὖσα πολλῶν κρουμάτων.Γυνὴ Αἐκεῖνο μόνον ἄσκεπτον, ἤν σʼ οἱ τοξόταιἕλκωσιν, ὅ τι δράσεις ποτʼ.Πραξάγοραἐξαγκωνιῶὡδί· μέση γὰρ οὐδέποτε ληφθήσομαι.Γυνὴ Βἡμεῖς δέ γʼ, ἢν αἴρωσʼ, ἐᾶν κελεύσομεν.
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f°168

L'assemblée des femmes

10e

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f°169Prax.

Ce n'est pas mal avisé.

Une femme.

Il y a une chose à qui nous n'avons peut-être pas assez bien pensé. Il sera question de hausser les mains, et nous sommes accoûtumées à hausser autre chose.

Prax.

Ce nous sera mal aisé. Cependant c'est une cérémonie nécessaire. Il faut nous exercer à déployer les bras. Allons, troussez vos robes, et chaussez vos socques comme vous voyez que font les hommes quand ils sont prets de sortir pour aller dehors, à l'assemblée ou ailleurs. Après cela, mettez vos barbes, et quand elles seront bien attachées, affublez-vous des casaques que vous avez dérobées à vos maris. Marchez en vous appuyant sur vos bâtons, et chantez quelque vieille chanson rustique.

Une femme.

C'est bien dit ; marchons. Il me semble que je vois d'autres femmes qui viennent de la campagne et qui se hâtent de se rendre à l'assemblée. Dépêchons-nous, car on renvoie ceux qui viennent les derniers, et on ne leur donne rien.



Chœur de femmes.

Hommes ! il est temps de s'avancer. Il faut toujours parler ainsi et n'y pas manquer ; nous serions perdues si nous

Γυνὴ Αταυτὶ μὲν ἡμῖν ἐντεθύμηται καλῶςἐκεῖνο δʼ οὐ πεφροντίκαμεν, ὅτῳ τρόπῳτὰς χεῖρας αἴρειν μνημονεύσομεν τότε.εἰθισμέναι γάρ ἐσμεν αἴρειν τὼ σκέλει.Πραξάγοραχαλεπὸν τὸ πρᾶγμʼ· ὅμως δὲ χειροτονητέονἐξωμισάσαις τὸν ἕτερον βραχίονα.ἄγε νυν ἀναστέλλεσθʼ ἄνω τὰ χιτώνια·ὑποδεῖσθε δʼ ὡς τάχιστα τὰς Λακωνικάς,ὥσπερ τὸν ἄνδρʼ ἐθεᾶσθʼ, ὅτʼ εἰς ἐκκλησίανμέλλοι βαδίζειν ἢ θύραζʼ ἑκάστοτε.ἔπειτʼ ἐπειδὰν ταῦτα πάντʼ ἔχῃ καλῶς,περιδεῖσθε τοὺς πώγωνας. ἡνίκʼ ἂν δέ γετούτους ἀκριβώσητε περιηρμοσμέναι,καὶ θαἰμάτια τἀνδρεῖά γʼ ἅπερ ἐκλέψατεἐπαναβάλεσθε, κᾆτα ταῖς βακτηρίαιςἐπερειδόμεναι βαδίζετʼ ᾄδουσαι μέλοςπρεσβυτικόν τι, τὸν τρόπον μιμούμεναιτὸν τῶν ἀγροίκων.Γυνὴ Βεὖ λέγεις· ἡμεῖς δέ γεπροΐωμεν αὐτῶν. καὶ γὰρ ἑτέρας οἴομαιἐκ τῶν ἀγρῶν ἐς τὴν πύκνʼ ἥξειν ἄντικρυςγυναῖκας.Πραξάγοραἀλλὰ σπεύσαθʼ ὡς εἴωθʼ ἐκεῖτοῖς μὴ παροῦσιν ὀρθρίοις ἐς τὴν πύκναὑπαποτρέχειν ἔχουσι μηδὲ πάτταλον.Χορὸςὥρα προβαίνειν ὦνδρες ἡμῖν ἐστι· τοῦτο γὰρ χρὴμεμνημένας ἀεὶ λέγειν, ὡς μήποτʼ ἐξολίσθῃἡμᾶς. ὁ κίνδυνος γὰρ οὐχὶ μικρός, ἢν ἁλῶμενἐνδυόμεναι κατὰ σκότον τόλμημα τηλικοῦτον.Χορόςχωρῶμεν εἰς ἐκκλησίαν ὦνδρες· ἠπείλησε γὰρ
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étions découvertes dans une semblable si étrange entreprise. Allons à l'assemblée, messieurs, dépêchons-nous ; car le thesmothête à menacé de ne point donner les trois oboles à quiconque ne serait pas rendu dès la petite pointe du jour. Il faut se hâter et montrer un empressement plein de vivacité. Marche donc Caritimias, et toi Smicythe et toi Dracé, et faisons attention à nous montrer tels que nous devons être. Souvenons-nous, en recevant les maireaux de nous asseoir ensemble afin de confirmer de la main ce que proposeront nos amies (je voulais dire nos amis). Il faudra voir comme je pousserai ces messieurs qui viennent de la ville, qui se tenaient assis et jasaient au repos, quand on ne donnait qu'une obole ; mais à présent qu'on en donne trois, il y a une furieuse presse. Ce n'était pas de même du temps que le généreux Myronide gouvernait. Personne ne demandait de l'argent pour aider l'état de ses conseils. Chacun venait à l'assemblée avec un petit sac où il apportait de quoi boire, avec du pain et deux noix ou trois olives. Mais à présent, il leur faut trois oboles, et ils ne veulent pas travailler s'ils ne sont payés comme les maçons.

ὁ θεσμοθέτης, ὃς ἂνμὴ πρῲ πάνυ τοῦ κνέφουςἥκῃ κεκονιμένος,στέργων σκοροδάλμῃβλέπων ὑπότριμμα, μὴδώσειν τὸ τριώβολον.ἀλλʼ ὦ Χαριτιμίδηκαὶ Σμίκυθε καὶ Δράκηςἕπου κατεπείγων,σαυτῷ προσέχων ὅπωςμηδὲν παραχορδιεῖςὧν δεῖ σʼ ἀποδεῖξαι·ὅπως δὲ τὸ σύμβολονλαβόντες ἔπειτα πλησίοικαθεδούμεθʼ, ὡςἂν χειροτονῶμενἅπανθʼ ὁπόσʼ ἂν δέῃτὰς ἡμετέρας φίλας.καίτοι τί λέγω; φίλουςγὰρ χρῆν μʼ ὀνομάζειν.ὅρα δʼ ὅπως ὠθήσομεν τούσδε τοὺς ἐξ ἄστεωςἥκοντας, ὅσοι πρὸ τοῦμέν, ἡνίκʼ ἔδει λαβεῖνἐλθόντʼ ὀβολὸν μόνον,καθῆντο λαλοῦντεςἐν τοῖς στεφανώμασιν,νυνὶ δʼ ἐνοχλοῦσʼ ἄγαν.ἀλλʼ οὐχί, Μυρωνίδηςὅτʼ ἦρχεν ὁ γεννάδας,οὐδεὶς ἂν ἐτόλματὰ τῆς πόλεως διοικεῖνἀργύριον φέρων·ἀλλʼ ἧκεν ἕκαστοςἐν ἀσκιδίῳ φέρωνπιεῖν ἅμα τʼ ἄρτον αὑτῷκαὶ δύο κρομμύωκαὶ τρεῖς ἂν ἐλάας.νυνὶ δὲ τριώβολονζητοῦσι λαβεῖν, ὅτανπράττωσί τι κοινὸν ὥσ-περ πηλοφοροῦντες.
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X

X

f°170Blepyre, mari de Praxagora. Un autre homme.Blepyre.

Qu'est-ce que ceci ? Qu'est devenue ma femme ce matin ? Il y a une heure, que mourant d'envie de faire mes affaires, je cherche à tâtons mes socques et ma casaque, et je ne trouve rien. Cependant le tombereau a déjà passé la porte ; j'ai entendu frapper celui qui le conduit. Je m'en vais prendre cette robe de chambre de ma femme et ses mules. Ahi ! où est-ce que je pourrai me décharger de mon paquet en lieu propre ? Bon ! est-ce que la nuit il n'est pas permis de faire partout ? Personne ne me verra dans les ténèbres. Ah ! que je suis malheureux de m'être avisé de me marier sur mes vieux jours ! Que je mériterais bien qu'on me donnât les étrivières ! Non, ma coquine de femme n'est point sortie à bonne intention. Mais quoi qu'il en soit, il faut chier.

L'autre homme.

Qui est-ce ? Il me semble que c'est mon voisin Blépyre.

Blép.

Pardi, c'est lui-même.

L'autre.

Dis-moi un peu, qu'est-ce que j'entrevois là de roux ? Cinésias t'aurait-il conchié ?

Βλέπυροςτί τὸ πρᾶγμα; ποῖ ποθʼ ἡ γυνὴ φρούδη ʼστί μοι;ἐπεὶ πρὸς ἕω νῦν γʼ ἔστιν, ἡ δʼ οὐ φαίνεται.ἐγὼ δὲ κατάκειμαι πάλαι χεζητιῶν,τὰς ἐμβάδας ζητῶν λαβεῖν ἐν τῷ σκότῳκαὶ θοἰμάτιον· ὅτε δὴ δʼ ἐκεῖνο ψηλαφῶνοὐκ ἐδυνάμην εὑρεῖν, ὁ δʼ ἤδη τὴν θύρανἐπεῖχε κρούων ὁ κοπρεαῖος, λαμβάνωτουτὶ τὸ τῆς γυναικὸς ἡμιδιπλοίδιον,καὶ τὰς ἐκείνης Περσικὰς ὑφέλκομαι.ἀλλʼ ἐν καθαρῷ ποῦ, ποῦ τις ἂν χέσας τύχοι;ἢ πανταχοῦ τοι νυκτός ἐστιν ἐν καλῷ;οὐ γάρ με νῦν χέζοντά γʼ οὐδεὶς ὄψεται.οἴμοι κακοδαίμων, ὅτι γέρων ὢν ἠγόμηνγυναῖχʼ· ὅσας εἴμʼ ἄξιος πληγὰς λαβεῖν.οὐ γάρ ποθʼ ὑγιὲς οὐδὲν ἐξελήλυθενδράσουσʼ. ὅμως δʼ οὖν ἐστιν ἀποπατητέον.Ἀνήρτίς ἔστιν; οὐ δήπου Βλέπυρος ὁ γειτνιῶν;Βλέπυροςνὴ τὸν Δίʼ αὐτὸς δῆτʼ ἐκεῖνος.Ἀνήρεἰπέ μοι,τί τοῦτό σοι τὸ πυρρόν ἐστιν; οὔτι πουΚινησίας σου κατατετίληκέν ποθεν;
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Blép.

Comment cela ? Non, c'est la robe de chambre de ma femme que j'ai prise pour sortir à la porte.

L'autre.

Où est donc ton habit ?

Blép.

Je ne sais ; je n'ai pu le trouver, quoi que je l'aie bien cherché sur mon lit.

L'autre.

Tu ne pouvais le demander à ta femme ?

Blép.

Pardi, elle n'est pas au logis ! Elle s'est échappée je ne sais comment, ni par où. J'ai bien peur qu'elle n'ait quelque mauvais dessein en tête.

L'autre.

Par Neptune ! c'est tout comme chez nous. Ma femme a disparu avec ma casaque ; et ce qui me fâche encore, c'est que ne peux trouver mes socques.

Blép.

ParBacchus ! ni moi non plus, je n'ai pu trouver les miennes ; je me suis accommodé comme j'ai pu de ces mules, pour ne pas faire dans le lit, car ma couverture est toute neuve, et ce serait dommage de la gâter.

L'autre.

Qu'y a-t-il là dessous ? Quelque autre femme l'aurait-elle invitée à dîner ?

Blép.

Peut-être bien.

Βλέπυροςοὔκ, ἀλλὰ τῆς γυναικὸς ἐξελήλυθατὸ κροκωτίδιον ἀμπισχόμενος οὑνδύεται.Ἀνήρτὸ δʼ ἱμάτιόν σου ποῦ ʼστιν;Βλέπυροςοὐκ ἔχω φράσαι.ζητῶν γὰρ αὔτʼ οὐχ ηὗρον ἐν τοῖς στρώμασιν.Ἀνήρεἶτʼ οὐδὲ τὴν γυναῖκʼ ἐκέλευσάς σοι φράσαι;Βλέπυροςμὰ τὸν Δίʼ οὐ γὰρ ἔνδον οὖσα τυγχάνει,ἀλλʼ ἐκτετρύπηκεν λαθοῦσά μʼ ἔνδοθεν·ὃ καὶ δέδοικα μή τι δρᾷ νεώτερον.Ἀνήρνὴ τὸν Ποσειδῶ ταὐτὰ τοίνυν ἄντικρυςἐμοὶ πέπονθας. καὶ γὰρ ᾗ ξύνειμʼ ἐγὼφρούδη ʼστʼ ἔχουσα θοἰμάτιον οὑγὼ ʼφόρουν.κοὐ τοῦτο λυπεῖ μʼ, ἀλλὰ καὶ τὰς ἐμβάδας.οὔκουν λαβεῖν γʼ αὐτὰς ἐδυνάμην οὐδαμοῦ.Βλέπυροςμὰ τὸν Διόνυσον οὐδʼ ἐγὼ γὰρ τὰς ἐμὰςΛακωνικάς, ἀλλʼ ὡς ἔτυχον χεζητιῶν,ἐς τὼ κοθόρνω τὼ πόδʼ ἐνθεὶς ἵεμαι,ἵνα μὴ ʼγχέσαιμʼ ἐς τὴν σισύραν· φανὴ γὰρ ἦν.Ἀνήρτί δῆτʼ ἂν εἴη; μῶν ἐπʼ ἄριστον γυνὴκέκληκεν αὐτὴν τῶν φίλων;Βλέπυροςγνώμην γʼ ἐμήν.
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(b) Les Lacédémoniens lui avaient donné de l'argent pour ne point parler contre eux. Il dit qu'il n'avait mangé une poire sauvage qui lui donnait une extinction de voix. C'est comme l'argyrangine de Démosthène.

f°171L'autre.

Mais elle serait bien méchante de me l'avoir caché. holà donc ; je crois que tu chies un cable ; tu ne finis point. Il est temps d'aller à l'assemblée si je puis trouver mon unique casaque.

Blép.

J'y veux aller aussi, quand j'aurai fait. Mais j'ai mangé des neffles qui m'ont horriblement restreint.

L'autre.

C'est comme la poire sauvage qui empêchait (b)Thrasybule de parler contre les déportés des Lacédémoniens.

Blép.

Par Bacchus ! il faut que j'aie une semblable poire au cul. Il est bouché, hélas ! que deviendrai-je ? car ce n'est pas là seulement ce qui me chagrine ; mais quand je mangerai où ira désormais la matière fécale ? Voilà la porte condamnée. Je suis un homme perdu. hélas ! qui me fera venir un médecin ? N'y a-t-il point quelque homme charitable qui sache des remèdes pour déboucher le cul. A propos, il y a le rhéteur Amynon qui est habile sur l'article ; mais il ne voudra pas l'avouer. Qu'on me fasse venir le médecin Antisthène : c'est un homme incomparable pour les douleurs de cette nature, et il sait ce qu'il faut à un cul qui veut chier. ô vénérable Lucine ! ne m'abandonne pas dans ce tourment épouvantable ; ne

Ἀνήροὔκουν πονηρά γʼ ἐστὶν ὅ τι κἄμʼ εἰδέναι.ἀλλὰ σὺ μὲν ἱμονιάν τινʼ ἀποπατεῖς, ἐμοὶ δʼὥρα βαδίζειν ἐστὶν εἰς ἐκκλησίαν,ἤνπερ λάβω θοἰμάτιον, ὅπερ ἦν μοι μόνον.Βλέπυροςκἄγωγʼ, ἐπειδὰν ἀποπατήσω· νῦν δέ μουἀχράς τις ἐγκλῄσασʼ ἔχει τὰ σιτία.Ἀνήρμῶν ἣν Θρασύβουλος εἶπε τοῖς Λακωνικοῖς;Βλέπυροςνὴ τὸν Διόνυσον ἐνέχεται γοῦν μοι σφόδρα.ἀτὰρ τί δράσω; καὶ γὰρ οὐδὲ τοῦτό μεμόνον τὸ λυποῦν ἐστιν, ἀλλʼ ὅταν φάγω,ὅποι βαδιεῖταί μοι τὸ λοιπὸν ἡ κόπρος.νῦν μὲν γὰρ οὗτος βεβαλάνωκε τὴν θύραν,ὅστις ποτʼ ἔσθʼ ἅνθρωπος ἁχραδούσιος.τίς ἂν οὖν ἰατρόν μοι μετέλθοι καὶ τίνα;τίς τῶν κατὰ πρωκτὸν δεινός ἐστι τὴν τέχνην;ἀλλʼ οἶδʼ, Ἀμύνων. ἀλλʼ ἴσως ἀρνήσεται.Ἀντισθένη τις καλεσάτω πάσῃ τέχνῃ.οὗτος γὰρ ἁνὴρ ἕνεκά γε στεναγμάτωνοἶδεν τί πρωκτὸς βούλεται χεζητιῶν.ὦ πότνιʼ Εἰλείθυια μή με περιίδῃς
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X

(c) Il a été parlé de cette corde rougie dans les Acharniens.

permets pas que je crève pour être trop bouché et que mon ventre devienne un pot à merde.



Chrémès. Blépyre.Chrémès

Holà, toi, que fais-tu là ? il me semble que tu chies.

Blép.

Moi ? Point du tout ; je me lève.

Chrém.

Tu as la robe de chambre de ta femme ?

Blép.

Comme je n'y voyais goutte, je l'ai prise pour la mienne. Mais d'où viens-tu toi ?

Chrém.

Je viens de l'assemblée.

Blép.

Déjà ? Est-ce donc fait ?

Chrém.

C'est de bon matin, comme tu vous. O aimable Jupiter ! que la (c) corde rougie qui faisait le tour de la place a apprêté à rire.

Blép.

Tu as donc tes trois oboles ?

Chrém.

Je le devrais ; mais j'ai honte de te le dire. Je suis venu le dernier, et et je n'ai que le sac.

Blép.

D'où vient ?

Chrém.

La place s'est remplie d'une multitude

διαρραγέντα μηδὲ βεβαλανωμένον,ἵνα μὴ γένωμαι σκωραμὶς κωμῳδική.Χρέμηςοὗτος τί ποιεῖς; οὔτι που χέζεις;Βλέπυροςἐγώ;οὐ δῆτʼ ἔτι γε μὰ τὸν Δίʼ, ἀλλʼ ἀνίσταμαι.Χρέμηςτὸ τῆς γυναικὸς δʼ ἀμπέχει χιτώνιον;Βλέπυροςἐν τῷ σκότῳ γὰρ τοῦτʼ ἔτυχον ἔνδον λαβών.ἀτὰρ πόθεν ἥκεις ἐτεόν;Χρέμηςἐξ ἐκκλησίας. Βλέπυροςἤδη λέλυται γάρ;Χρέμηςνὴ Δίʼ ὄρθριον μὲν οὖν.καὶ δῆτα πολὺν ἡ μίλτος ὦ Ζεῦ φίλτατεγέλων παρέσχεν, ἣν προσέρραινον κύκλῳ.Βλέπυροςτὸ τριώβολον δῆτʼ ἔλαβες;Χρέμηςεἰ γὰρ ὤφελον.ἀλλʼ ὕστερος νῦν ἦλθον, ὥστʼ αἰσχύνομαιμὰ τὸν Δίʼ οὐδένʼ ἄλλον ἢ τὸν θύλακον.Βλέπυροςτὸ δʼ αἴτιον τί;Χρέμηςπλεῖστος ἀνθρώπων ὄχλος,
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f°172

de peuple si nombreuse qu'on n'a jamais rien vu de pareil. Je m'imagine que c'étaient tous des cordonniers, gens qui travaillent à l'ombre ; car on ne voyait que des visages blancs dans toute l'assemblée. Ce qui me console, c'est que je n'ai pas été le seul attrapé : il y en a eu bien d'autres qui n'ont rien vu.

Blép.

Je n'aurais donc rien non plus, si j'y allais maintenant.

Chrém.

Vraiment, quand tu y serais allé dès le second chant du coq.

Blép.

Ah ! Mes pauvres trois oboles que j'ai perdues ! Me voilà ruiné. Mais de quoi s'agissait-il donc qu'une si grande multitude de peuple était assemblée de si bon matin ?

Chrém.

Il a plus à messieurs les prytanes de faire délibérer sur le salut de la ville. Le premier qui a voulu parler a été Néoclide le chassieux. Aussitôt le peuple s'est mis à crier en tumulte : n'est-il pas étonnant qu'un misérable qui n'a pu sauver ses paupières, se mêle de raisonner sur le salut de l'état ? Et lui, couvert de confusion et regardant de tous côtés, s'est mis à dire : que faut-il donc que je fasse ?

Blép.

Si j'avais été là, je lui aurais dit :

ὅσος οὐδεπώποτʼ ἦλθʼ ἁθρόος ἐς τὴν πύκνα.καὶ δῆτα πάντες σκυτοτόμοις ᾐκάζομενὁρῶντες αὐτούς. οὐ γὰρ ἀλλʼ ὑπερφυῶςὡς λευκοπληθὴς ἦν ἰδεῖν ἡκκλησία·ὥστʼ οὐκ ἔλαβον οὔτʼ αὐτὸς οὔτʼ ἄλλοι συχνοί.Βλέπυροςοὐδʼ ἄρʼ ἂν ἐγὼ λάβοιμι νῦν ἐλθών;Χρέμηςπόθεν;οὐδʼ εἰ μὰ Δία τότʼ ἦλθες ὅτε τὸ δεύτερονἁλεκτρυὼν ἐφθέγγετʼ.Βλέπυροςοἴμοι δείλαιος.Ἀντίλοχʼ ἀποίμωξόν με τοῦ τριωβόλουτὸν ζῶντα μᾶλλον. τἀμὰ γὰρ διοίχεται.ἀτὰρ τί τὸ πρᾶγμʼ ἦν, ὅτι τοσοῦτον χρῆμʼ ὄχλουοὕτως ἐν ὥρᾳ ξυνελέγη;Χρέμηςτί δʼ ἄλλο γʼ ἢἔδοξε τοῖς πρυτάνεσι περὶ σωτηρίαςγνώμας καθεῖναι τῆς πόλεως; κᾆτʼ εὐθέωςπρῶτος Νεοκλείδης ὁ γλάμων παρείρπυσεν.κἄπειθʼ ὁ δῆμος ἀναβοᾷ πόσον δοκεῖς,‘οὐ δεινὰ τολμᾶν τουτονὶ δημηγορεῖν,καὶ ταῦτα περὶ σωτηρίας προκειμένου,ὃς αὐτὸς αὑτῷ βλεφαρίδʼ οὐκ ἐσώσατο;’ὁ δʼ ἀναβοήσας καὶ περιβλέψας ἔφη,τί δαί με χρῆν δρᾶν;Βλέπυρος‘σκόροδʼ ὁμοῦ τρίψαντʼ ὀπῷ
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(d) Plante laiteuse, dont le jus est très corrosif.

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(e) Prix d'un manteau.

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frotte-toi les yeux, le soir en te couchant, d'un bon collyre composé d'ail et détrempé de jus de tethymole(d).

Chrém.

Après lui s'est levé un Roger Bontemps qui nous a paru tout nu, et en effet, il n'avait point de manteau. Il s'est écrié : Vous voyez, messieurs, qui j'aurais bon besoin de salut moi-même, et d'un salut de quatre (e)statères. Cependant, je ne laisserai pas de vous fournir un moyen qui peut sauver la ville et les habitants. Il faudrait ordonner aux foulons de donner à chacun une bonne robe bien chaude à l'entrée de l'hiver. Ce serait le moyen de ne gagner jamais la pleurésie. Et ceux qui n'ont point de couverture, il faut qu'il leur fût permis d'aller dormir après le bain, chez les teinturiers de cuir. Et quiconque laisserait son voisin se morfondre à la porte pendant l'hiver, serait condamné à lui donner trois couvertures.

Blép.

Par Bacchus ! celui-là donnait un fort bon avis. Mais je me défie bien qu'il n'aura pas été suivi. On aurait dû cependant faire cette loi, et y ajouter que les blatiers auraient fourni trois mesures de farine à ceux qui en auraient eu besoin. Le pauvre Nausicyde s'en serait bien trouvé.

Chrém.

Après celui-là s'est levé un beau jeune homme fort blanc, que l'on aurait pris

τιθύμαλλον ἐμβαλόντα τοῦ Λακωνικοῦσαυτοῦ παραλείφειν τὰ βλέφαρα τῆς ἑσπέρας,’ἔγωγʼ ἂν εἶπον, εἰ παρὼν ἐτύγχανον.Χρέμηςμετὰ τοῦτον Εὐαίων ὁ δεξιώτατοςπαρῆλθε γυμνός, ὡς ἐδόκει τοῖς πλείοσιν·αὐτός γε μέντοὔφασκεν ἱμάτιον ἔχειν·κἄπειτʼ ἔλεξε δημοτικωτάτους λόγους·‘ὁρᾶτε μέν με δεόμενον σωτηρίαςτετραστατήρου καὐτόν· ἀλλʼ ὅμως ἐρῶὡς τὴν πόλιν καὶ τοὺς πολίτας σώσετε.ἢν γὰρ παρέχωσι τοῖς δεομένοις οἱ κναφῆςχλαίνας, ἐπειδὰν πρῶτον ἥλιος τραπῇ,πλευρῖτις ἡμῶν οὐδένʼ ἂν λάβοι ποτέ.ὅσοις δὲ κλίνη μή ʼστι μηδὲ στρώματα,ἰέναι καθευδήσοντας ἀπονενιμμένουςἐς τῶν σκυλοδεψῶν· ἢν δʼ ἀποκλῄῃ θύρᾳχειμῶνος ὄντος, τρεῖς σισύρας ὀφειλέτω.’Βλέπυροςνὴ τὸν Διόνυσον χρηστά γʼ· εἰ δʼ ἐκεῖνά γεπροσέθηκεν, οὐδεὶς ἀντεχειροτόνησεν ἄν,τοὺς ἀλφιταμοιβοὺς τοῖς ἀπόροις τρεῖς χοίνικαςδεῖπνον παρέχειν ἅπασιν ἢ κλάειν μακρά,ἵνα τοῦτʼ ἀπέλαυσαν Ναυσικύδους τἀγαθόν.Χρέμηςμετὰ τοῦτο τοίνυν εὐπρεπὴς νεανίαςλευκός τις ἀνεπήδησʼ ὅμοιος Νικίᾳ
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f°173

pour Nicias, qui, prenant la parole a soutenu qu'il fallait remettre la ville aux femmes. Aussitôt toute cette multitude de cordonniers s'est écriée que c'était bien dit. Mais ceux de la campagne se sont mis à murmurer.

Blép.

Pardi, ils avaient raison.

Chrém.

Mais ils ne faisaient pas le plus grand nombre. Le jeune homme, renforçant sa voix, a dit beaucoup de bien des femmes et beaucoup de mal de toi.

Blép.

Et comme quoi encore ?

Chrém.

Premièrement a dit que tu ne valais rien.

Blép.

Et toi ?

Chrém.

Il n'en a rien dit. Ensuite que tu es un larron.

Blép.

Quoi ? Moi seul ?

Chrém.

Un calomniateur.

Blép.

Rien que moi ?

Chrém.

Et mille autres choses comme cela.

Blép.

Et qui m'en a jamais accuse ?

Chrém.

Mais pour ce qui est des femmes, il a

δημηγορήσων, κἀπεχείρησεν λέγεινὡς χρὴ παραδοῦναι ταῖς γυναιξὶ τὴν πόλιν.εἶτʼ ἐθορύβησαν κἀνέκραγον ὡς εὖ λέγοι,τὸ σκυτοτομικὸν πλῆθος, οἱ δʼ ἐκ τῶν ἀγρῶνἀνεβορβόρυξαν.Βλέπυροςνοῦν γὰρ εἶχον νὴ Δία.Χρέμηςἀλλʼ ἦσαν ἥττους· ὁ δὲ κατεῖχε τῇ βοῇ,τὰς μὲν γυναῖκας πόλλʼ ἀγαθὰ λέγων, σὲ δὲπολλὰ κακά.Βλέπυροςκαὶ τί εἶπε; Χρέμηςπρῶτον μέν σʼ ἔφηεἶναι πανοῦργον.Βλέπυροςκαὶ σέ; Χρέμηςμή πω τοῦτʼ ἔρῃ.κἄπειτα κλέπτην.Βλέπυροςἐμὲ μόνον; Χρέμηςκαὶ νὴ Δίακαὶ συκοφάντην.Βλέπυροςἐμὲ μόνον; Χρέμηςκαὶ νὴ Δίατωνδὶ τὸ πλῆθος.Βλέπυροςτίς δὲ τοῦτʼ ἄλλως λέγει; Χορὸςγυναῖκα δʼ εἶναι πρᾶγμʼ ἔφη νουβυστικὸν
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ajouté que c'étaient des trésors de bon conseil et de ressources ; qu'elles n'avaient jamais révélé les mystères de Cérès, au lieu que toi et moi nous sommes souvent tentés de le faire.

Blép.

Par Mercure, il n'a pas menti sur l'article.

Chrém.

Avec cela qu'elles se prêtent libéralement les unes aux autres leurs habits, leurs joyaux, leur argent, leurs meubles, le tout sans témoins, et qu'elles se rendent fidèlement ce qu'elles ont emprunté ; ce que plusieurs d'entre nous ne font pas.

Blép.

Non, par Neptune, quant à prêter sans témoins.

Chrém.

Qu'elles ne font point métier de donner des avis contre les fraudeurs ; qu'elles ne font point de procès ; qu'elles ne congédient point l'assemblée pour rompre une délibération. Enfin il a dit des femmes mille biens et autres.

Blép.

Qu'a-t-on résolu ?

Chrém.

Que tu leur abandonneras le gouvernement de la ville, car c'est la seule chose dont on ne se soit pas encore avisé jusqu'à présent.

Blép.

Et cela a passé ?

Chrém.

C'est une affaire résolue.

Blép.

Quoi ? on leur a commis tous les soins

καὶ χρηματοποιόν· κοὔτε τἀπόρρητʼ ἔφηἐκ Θεσμοφόροιν ἑκάστοτʼ αὐτὰς ἐκφέρειν,σὲ δὲ κἀμὲ βουλεύοντε τοῦτο δρᾶν ἀεί.Βλέπυροςκαὶ νὴ τὸν Ἑρμῆν τοῦτό γʼ οὐκ ἐψεύσατο.Χρέμηςἔπειτα συμβάλλειν πρὸς ἀλλήλας ἔφηἱμάτια χρυσίʼ ἀργύριον ἐκπώματαμόνας μόναις, οὐ μαρτύρων ἐναντίον,καὶ ταῦτʼ ἀποφέρειν πάντα κοὐκ ἀποστερεῖν,ἡμῶν δὲ τοὺς πολλοὺς ἔφασκε τοῦτο δρᾶν.Βλέπυροςνὴ τὸν Ποσειδῶ μαρτύρων γʼ ἐναντίον.Χρέμηςοὐ συκοφαντεῖν, οὐ διώκειν, οὐδὲ τὸνδῆμον καταλύειν, ἀλλὰ πολλὰ κἀγαθά,ἕτερά τε πλεῖστα τὰς γυναῖκας ηὐλόγει.Βλέπυροςτί δῆτʼ ἔδοξεν;Χρέμηςἐπιτρέπειν γε τὴν πόλινταύταις. ἐδόκει γὰρ τοῦτο μόνον ἐν τῇ πόλειοὔπω γεγενῆσθαι.Βλέπυροςκαὶ δέδοκται; Χρέμηςφήμʼ ἐγώ. Βλέπυροςἅπαντά τʼ αὐταῖς ἐστι προστεταγμένα
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f°174

dont on chargeait ordinairement les citoyens ?

Chrém.

Voilà le fait.

Blép.

Ce ne sera donc plus moi qui vais juger ; ce sera ma femme ?

Chrém.

Ce ne sera plus toi qui nourriras ta famille : ce sera ta femme.

Blép.

Ce ne sera donc plus moi qui m'embarrasserai le matin de ce qu'on pourra mettre sous la dent ?

Chrém.

Tu vivras sans embarras et tu péteras à ton aise au logis : ce seront les femmes qui auront tout le soin.

Blép.

A l'âge où nous sommes, il est bien fâcheux pour nous que les femmes prennent les rênes du gouvernement. Elles nous forceront à les.....

Chrém.

A les quoi ?

Blép.

A les caresser.

Chrém.

Et si nous ne pouvons ?

Blép.

Il est dur d'y être forcés.

Chrém.

Mais s'il est du bien de l'état d'en user ainsi ? Encore faut-il prendre quelque chose sur soi. Aussi bien nos bonnes gens de grands-pères, nous

ἃ τοῖσιν ἀστοῖς ἔμελεν;Χρέμηςοὕτω ταῦτʼ ἔχει. Βλέπυροςοὐδʼ ἐς δικαστήριον ἄρʼ εἶμʼ ἀλλʼ ἡ γυνή;Χρέμηςοὐδʼ ἔτι σὺ θρέψεις οὓς ἔχεις ἀλλʼ ἡ γυνή.Βλέπυροςοὐδὲ στένειν τὸν ὄρθρον ἔτι πρᾶγμʼ ἆρά μοι;Χρέμηςμὰ Δίʼ ἀλλὰ ταῖς γυναιξὶ ταῦτʼ ἤδη μέλει·σὺ δʼ ἀστενακτὶ περδόμενος οἴκοι μενεῖς.Βλέπυροςἐκεῖνο δεινὸν τοῖσιν ἡλίκοισι νῷν,μὴ παραλαβοῦσαι τῆς πόλεως τὰς ἡνίαςἔπειτʼ ἀναγκάζωσι πρὸς βίαν—Χρέμηςτί δρᾶν; Βλέπυροςκινεῖν ἑαυτάς.Χρέμηςἢν δὲ μὴ δυνώμεθα; Βλέπυροςἄριστον οὐ δώσουσι.Χρέμηςσὺ δέ γε νὴ Δίαδρᾶ ταῦθʼ, ἵνʼ ἀριστᾷς τε καὶ κινῇς ἅμα.Βλέπυροςτὸ πρὸς βίαν δεινότατον.Χρέμηςἀλλʼ εἰ τῇ πόλειτοῦτο ξυνοίσει, ταῦτα χρὴ πάντʼ ἄνδρα δρᾶν.Βλέπυροςλόγος γέ τοί τις ἔστι τῶν γεραιτέρων,
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ont-ils appris que la destinée de cette ville est de retirer toujours de grands avantages des plus extravagantes solutions. O vénérable Pallas ! Et vous Dieux ! faites que celle-ci nous soit salutaire. Je me retire. Adieu.

Blép.

Adieu, Chrémès.

Le chœur. Praxagora.Le chœur.

Avance, marche. Quelqu'homme nous suit-il ? Tourne-toi, regarde de tous côtés, prends garde à toi, évite les curieux qui peuvent t'observer ; fais grand bruit en marchant. Ce serait une grande confusion pour nous, si les hommes découvraient tout ce mystère. Ramasse-toi mieux. Jette les yeux à droite et à gauche, de peur d'accidents. Hâtons-nous ; nous voilà près du lieu d'où nous sommes parties pour l'assemblée, et voilà la maison de notre générale qui a ouvert l'avis que le consentement de l'assemblée a confirmé. Il ne faut point nous amuser ici avec nos barbes, de peur qu'on ne nous voie et qu'on ne nous reconnaisse. Rangeons-nous à l'ombre, serrons-nous près du mur, et tenons l'œil alerte. Il est temps de redevenir ce que nous étions auparavant. Dépêchons-nous ; voilà notre générale qui revient de l'assemblée. Jetons vite ce bouclier qui nous pend au menton il y a assez longtemps.

Prax.

Mes amies, toutes choses ont réussi comme nous

ἀνόηθʼ ὅσʼ ἂν καὶ μῶρα βουλευσώμεθα,ἅπαντʼ ἐπὶ τὸ βέλτιον ἡμῖν ξυμφέρειν.Χρέμηςκαὶ ξυμφέροι γʼ ὦ πότνια Παλλὰς καὶ θεοί.ἀλλʼ εἶμι· σὺ δʼ ὑγίαινε.Βλέπυροςκαὶ σύ γʼ ὦ Χρέμης.Χορὸςἔμβα χώρει.ἆρʼ ἔστι τῶν ἀνδρῶν τις ἡμῖν ὅστις ἐπακολουθεῖ;στρέφου σκόπει,φύλαττε σαυτὴν ἀσφαλῶς, πολλοὶ γὰρ οἱ πανοῦργοι,μή πού τις ἐκ τοὔπισθεν ὢν τὸ σχῆμα καταφυλάξῃ.ἀλλʼ ὡς μάλιστα τοῖν ποδοῖν ἐπικτυπῶν βάδιζε·ἡμῖν δʼ ἂν αἰσχύνην φέροιπάσαισι παρὰ τοῖς ἀνδράσιν τὸ πρᾶγμα τοῦτʼ ἐλεγχθέν.πρὸς ταῦτα συστέλλου σεαυτὴνκαὶ περισκοπουμένητἀνθένδε καὶ τἀκεῖσε καὶτἀκ δεξιᾶς, μὴ ξυμφορὰ γενήσεται τὸ πρᾶγμα.ἀλλʼ ἐγκονῶμεν· τοῦ τόπου γὰρ ἐγγύς ἐσμεν ἤδη,ὅθενπερ εἰς ἐκκλησίαν ὡρμώμεθʼ ἡνίκʼ ᾖμεν·τὴν δʼ οἰκίαν ἔξεσθʼ ὁρᾶν, ὅθενπερ ἡ στρατηγὸςἔσθʼ ἡ τὸ πρᾶγμʼ εὑροῦσʼ ὃ νῦν ἔδοξε τοῖς πολίταις.ὥστʼ εἰκὸς ἡμᾶς μὴ βραδύνειν ἔστʼ ἐπαναμενούσαςπώγωνας ἐξηρτημένας,μὴ καὶ τις †ὄψεθʼ ἡμᾶσ† χἠμῶν ἴσως κατείπῃ.ἀλλʼ εἶα δεῦρʼ ἐπὶ σκιᾶςἐλθοῦσα πρὸς τὸ τειχίονπαραβλέπουσα θατέρῳπάλιν μετασκεύαζε σαυτὴν αὖθις ἥπερ ἦσθα,καὶ μὴ βράδυνʼ· ὡς τήνδε καὶ δὴ τὴν στρατηγὸν ἡμῶνχωροῦσαν ἐξ ἐκκλησίας ὁρῶμεν. ἀλλʼ ἐπείγουἅπασα καὶ μίσει σάκον πρὸς τοῖν γνάθοιν ἔχουσα·χαὖται γὰρ ἥκουσιν πάλαι τὸ σχῆμα τοῦτʼ ἔχουσαι.Πραξάγοραταυτὶ μὲν ἡμῖν ὦ γυναῖκες εὐτυχῶςτὰ πράγματʼ ἐκβέβηκεν ἁβουλεύσαμεν.
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l'avions projeté. Dépêchons-nous, avant que l'on nous voie, de jeter ces casaques ; quittons ces socques et en détachons vite les cordons ; défaites-vous de vos bâtons. Je te laisse le soin, ma chère, d'arranger tout cela. Pour moi, je vais tâcher de rentrer au logis avant que mon mari puisse me voir et de remettre la casaque où je l'ai prise et toutes les autres choses en leur place.

Le chœur.

On a fait tout ce que tu as ordonné. C'est à toi maintenant de nous dire ce qui nous reste à faire, tu nous trouveras prêtes à t'obéir ; car nous reconnaissons que par ton mérite et ton esprit, tu es la plus digne de nous commander.

Prax.

Attendez-moi là. Je veux me servir de vos conseils, pour bien user de la puissance qui nous a été donnée, puisque je vous ai reconnues courageuses dans les tumultes et les dangers.

Blepyre. Praxagora.Blép.

Hola ! Praxagora, d'où viens-tu ?

Prax.

Que t'importe, mon bonhomme ?

Blép.

Que m'importe ?

Prax.

Que tu es simple ! ne vas-tu pas me reprocher

ἀλλʼ ὡς τάχιστα πρίν τινʼ ἀνθρώπων ἰδεῖν,ῥιπτεῖτε χλαίνας, ἐμβὰς ἐκποδὼν ἴτω,χάλα συναπτοὺς ἡνίας Λακωνικάς,βακτηρίας ἄφεσθε. καὶ μέντοι σὺ μὲνταύτας κατευτρέπιζʼ, ἐγὼ δὲ βούλομαιεἴσω παρερπύσασα πρὶν τὸν ἄνδρα μεἰδεῖν, καταθέσθαι θοἰμάτιον αὐτοῦ πάλινὅθενπερ ἔλαβον τἄλλα θʼ ἁξηνεγκάμην.Χορὸςκεῖται καὶ δὴ πάνθʼ ἅπερ εἶπας, σὸν δʼ ἔργον τἄλλα διδάσκειν,ὅ τί σοι δρῶσαι ξύμφορον ἡμεῖς δόξομεν ὀρθῶς ὑπακούειν.οὐδεμιᾷ γὰρ δεινοτέρᾳ σου ξυμμείξασʼ οἶδα γυναικί.Πραξάγοραπεριμείνατέ νυν, ἵνα τῆς ἀρχῆς ἣν ἄρτι κεχιεροτόνημαι,ξυμβούλοισιν πάσαις ὑμῖν χρήσωμαι. καὶ γὰρ ἐκεῖ μοιἐν τῷ θορύβῳ καὶ τοῖς δεινοῖς ἀνδρειόταται γεγένησθε.Βλέπυροςαὕτη πόθεν ἥκεις Πραξαγόρα;Πραξάγορατί δʼ ὦ μέλεσοὶ τοῦθʼ;Βλέπυροςὅ τί μοι τοῦτʼ ἔστιν; ὡς εὐηθικῶς. Πραξάγοραοὔτοι παρὰ τοῦ μοιχοῦ γε φήσεις.
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quelque galant ?

Blép.

J'aurais peut-être tort de ne t'en reprocher qu'un ?

Prax.

Il est aisé d'en examiner la vérité.

Blép.

Comment cela ?

Prax.

Tu n'as qu'à voir si ma tête sont les essences.

Blép.

On baise bien les femmes sans cela.

Prax.

On ne m'a pourtant rien fait.

Blép.

D'où vient donc que tu es sortie si matin avec ma casaque ?

Prax.

Une femme de mes amies qui était en couches m'a envoyé quérir cette nuit.

Blép.

Il fallait me le dire.

Prax.

Quoi, mon cher mari, voulais-tu que je lui refusasse mon secours dans un besoin si pressant ?

Blép.

Je te dis qu'il fallait m'en parler. Il y a là-dessus quelque chose qui ne vaut rien.

Prax.

Par les deux Déesses, il n'y a que cela, et l'on me pressait extrêmement.

Blép.

Il fallait donc prendre tes habits et non pas

Βλέπυροςοὐκ ἴσωςἑνός γε.Πραξάγορακαὶ μὴν βασανίσαι τουτί γέ σοιἔξεστι.Βλέπυροςπῶς; Πραξάγοραεἰ τῆς κεφαλῆς ὄζω μύρου. Βλέπυροςτί δʼ; οὐχὶ βινεῖται γυνὴ κἄνευ μύρου;Πραξάγοραοὐ δῆτα τάλαν ἔγωγε.Βλέπυροςπῶς οὖν ὄρθριονᾤχου σιωπῇ θοἰμάτιον λαβοῦσά μου;Πραξάγοραγυνή μέ τις νύκτωρ ἑταίρα καὶ φίλημετεπέμψατʼ ὠδίνουσα.Βλέπυροςκᾆτʼ οὐκ ἦν ἐμοὶφράσασαν ἰέναι;Πραξάγορατῆς λεχοῦς δʼ οὐ φροντίσαιοὕτως ἐχούσης ὦνερ;Βλέπυροςεἰποῦσάν γέ μοι.ἀλλʼ ἔστιν ἐνταῦθά τι κακόν.Πραξάγοραμὰ τὼ θεὼἀλλʼ ὥσπερ εἶχον ᾠχόμην· ἐδεῖτο δὲἥπερ μεθῆκέ μʼ ἐξιέναι πάσῃ τέχνῃ.Βλέπυροςεἶτʼ οὐ τὸ σαυτῆς ἱμάτιον ἐχρῆν σʼ ἔχειν;
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f°176

les miens, et ne pas me laisser tout nu, sans lumière, comme un trépassé à qui il ne manquait plus qu'une couronne.

Prax.

Il fait froid, et je suis délicate : j'ai pris la casaque pour me tenir chaudement. De quoi te plains-tu, mon petit mari, je t'ai laissé dans un bon lit et bien couvert.

Blép.

Mais les socques et le bâton s'en sont aussi allés avec toi.

Prax.

C'était pour sauver la casaque. J'imitais ta démarche ; je faisais beaucoup de bruit avec les pieds, et je heurtais le pavé avec le bâton.

Blép.

Sais-tu bien que tu es cause que nous ne dînerons point aujourd'hui ? Je n'ai pu aller à l'assemblée.

Prax.

Ne t'en embarrasse point : elle a fait un beau garçon.

Blép.

Qui ? L'assemblée ?

Prax.

Nous ne nous entendons pas.

Blép.

Enfin, j'y serais allé sans toi.

Prax.

Ce qui est fait est fait.

Blép.

Mais je te l'avais dit dès hier.

ἀλλʼ ἔμʼ ἀποδύσασʼ ἐπιβαλοῦσα τοὔγκυκλονᾤχου καταλιποῦσʼ ὡσπερεὶ προκείμενον,μόνον οὐ στεφανώσασʼ οὐδʼ ἐπιθεῖσα λήκυθον.Πραξάγοραψῦχος γὰρ ἦν, ἐγὼ δὲ λεπτὴ κἀσθενής·ἔπειθʼ ἵνʼ ἀλεαίνοιμι, τοῦτʼ ἠμπεσχόμην·σὲ δʼ ἐν ἀλέᾳ κατακείμενον καὶ στρώμασινκατέλιπον ὦνερ.Βλέπυροςαἱ δὲ δὴ Λακωνικαὶᾤχοντο μετὰ σοῦ κατὰ τί χἠ βακτηρία;Πραξάγοραἵνα θοἰμάτιον σώσαιμι, μεθυπεδησάμηνμιμουμένη σε καὶ κτυποῦσα τοῖν ποδοῖνκαὶ τοὺς λίθους παίουσα τῇ βακτηρίᾳ.Βλέπυροςοἶσθʼ οὖν ἀπολωλεκυῖα πυρῶν ἑκτέα,ὃν χρῆν ἔμʼ ἐξ ἐκκλησίας εἰληφέναι;Πραξάγοραμὴ φροντίσῃς· ἄρρεν γὰρ ἔτεκε παιδίον.Βλέπυροςἡκκλησία;Πραξάγοραμὰ Δίʼ ἀλλʼ ἐφʼ ἣν ἐγᾠχόμην.ἀτὰρ γεγένηται;Βλέπυροςναὶ μὰ Δίʼ. οὐκ ᾔδησθά μεφράσαντά σοι χθές;
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X

Prax.

Je m'en ressouviens présentement.

Blép.

Sais-tu ce que l'on a résolu ?

Prax.

Pardi non.

Blép.

Tu n'as désormais qu'à te tenir en repos et faire bonne chère. On dit qu'on a résolu de vous abandonner le soin de l'état.

Prax.

Pourquoi faire ? Pour lui filer des habits ?

Blép.

Non, parbleu ! Pour le gouverner.

Prax.

Gouverner quoi ?

Blép.

Toutes choses généralement.

Prax.

Par Vénus ! Si cela est vrai, que la ville va être heureuse !

Blép.

Et comment ?

Prax.

En toutes manières. On n'aura plus la hardiesse de faire des choses aussi honteuses qu'on en a fait jusqu'ici. L'on ne verra plus de faux témoins on ne verra plus de dénonciateurs.

Blép.

Au nom des Dieux ! ne fais point cela ; tu m'ôterais le plus clair de mon revenu.

Prax.

Pauvre homme ! Laisse-moi dire. On ne verra plus

Πραξάγοραἄρτι γʼ ἀναμιμνῄσκομαι. Βλέπυροςοὐδʼ ἄρα τὰ δόξαντʼ οἶσθα;Πραξάγοραμὰ Δί ἐγὼ μὲν οὔ. Βλέπυροςκάθησο τοίνυν σηπίας μασωμένη.ὑμῖν δέ φασι παραδεδόσθαι τὴν πόλιν.Πραξάγορατί δρᾶν; ὑφαίνειν;Βλέπυροςοὐ μὰ Δίʼ ἀλλʼ ἄρχειν. Πραξάγορατίνων; Βλέπυροςἁπαξαπάντων τῶν κατὰ πόλιν πραγμάτων.Πραξάγορανὴ τὴν Ἀφροδίτην μακαρία γʼ ἄρ ἡ πόλιςἔσται τὸ λοιπόν.Βλέπυροςκατὰ τί; Πραξάγοραπολλῶν οὕνεκα.οὐ γὰρ ἔτι τοῖς τολμῶσιν αὐτὴν αἰσχρὰ δρᾶνἔσται τὸ λοιπόν, οὐδαμοῦ δὲ μαρτυρεῖν,οὐ συκοφαντεῖν—Βλέπυροςμηδαμῶς πρὸς τῶν θεῶντουτὶ ποιήσῃς μηδʼ ἀφέλῃ μου τὸν βίον.Ἀνήρὦ δαιμόνιʼ ἀνδρῶν τὴν γυναῖκʼ ἔα λέγειν.
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f°177

tirer la laine ; on ne portera plus envie à son prochain ; il n'y aura plus de gueux, plus de gens nus, on ne dira plus d'injures ; on ne prendra plus de gages.

Blép.

Par Neptune ! tu nous promets là de grandes choses, si tu peux les accomplir.

Prax.

Je te ferai voir comment je prétends y réussir. Et je veux que tu en conviennes toi-même.

Le chœur. Praxagora. Blépyre.Le chœur.

Il est temps de développer ton esprit et de réveiller ta philosophie pour prendre le parti de tes amies et faire voir à ce peuple le bonheur dont il doit jouir sous notre conduite. La ville attend de toi dans cette occasion quelque chose de sagement inventé qui n'ait point encore été dit. Ces messieurs n'aiment point à voir ce qu'ils ont déjà vu auparavant. Dépêche-toi donc : un plaisir bientôt fais semble être donné de la main des Graces même.

Prax.

Je sais bien que je ne dirai que de bonnes choses ; mais j'ai bien peur que les spectateurs, s'attachant scrupuleusement à leurs vieilles coûtumes, ne veuillent pas suivre les nouvelles routes que je vais leur montrer.

Πραξάγοραμὴ λωποδυτῆσαι, μὴ φθονεῖν τοῖς πλησίον,μὴ γυμνὸν εἶναι μὴ πένητα μηδένα,μὴ λοιδορεῖσθαι, μὴ ʼνεχυραζόμενον φέρειν.Ἀνήρνὴ τὸν Ποσειδῶ μεγάλα γʼ, εἰ μὴ ψεύσεται.Πραξάγοραἀλλʼ ἀποφανῶ τοῦθʼ, ὥστε σέ τέ μοι μαρτυρεῖνκαὶ τοῦτον αὐτὸν μηδὲν ἀντειπεῖν ἐμοι.Χορὸςνῦν δὴ δεῖ σε πυκνὴν φρένα καὶ φιλόσοφον ἐγείρεινφροντίδʼ ἐπισταμένηνταῖσι φίλαισιν ἀμύνειν.καινὴ γὰρ ἐπʼ εὐτυχίαισινἔρχεται γλώττης ἐπίνοια πολίτηνδῆμον ἐπαγλαϊοῦσαμυρίαισιν ὠφελίαισι βίου· δηλοῦν δʼ ὅ τί περ δύνασαικαιρός.δεῖται γάρ τοι σοφοῦ τινος ἐξευρήματος ἡ πόλις ἡμῶν.ἀλλὰ πέραινε μόνονμήτε δεδραμένα μήτʼ εἰρημένα πω πρότερον·μισοῦσι γὰρ ἢν τὰ παλαιὰ πολλάκις θεῶνται.ἀλλʼ οὐ μέλλειν, ἀλλʼ ἅπτεσθαι καὶ δὴ χρῆν ταῖς διανοίαις,ὡς τὸ ταχύνειν χαρίτων μετέχει πλεῖστον παρὰ τοῖσι θεαταῖς.Πραξάγορακαὶ μὴν ὅτι μὲν χρηστὰ διδάξω πιστεύω· τοὺς δὲ θεατάς,εἰ καινοτομεῖν ἐθελήσουσιν καὶ μὴ τοῖς ἠθάσι λίαντοῖς τʼ ἀρχαίοις ἐνδιατρίβειν, τοῦτʼ ἔσθʼ ὃ μάλιστα δέδοικα.
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720

X

Blép.

Ne crains rien nous aimons la nouveauté sur toutes choses, et nous nous éloignons tous les jours de nos anciennes pratiques.

Prax.

Qu'on ne m'interrompe donc point avant que d'avoir entendu tout ce que j'ai à dire. J'établis d'abord qu'il faut que tout soit en commun et que tous vivent sur le commun. Je ne veux point que l'un soit riche pendant que l'autre est dans la misère ; que celui-ci ait de grandes pièces de terre pendant que celui-là n'a pas seulement où se faire mettre après son décès ; qu'un particulier ait une multitude d'esclaves, pendant qu'un autre n'a qu'un seul habitvalet. Je veux que tous vivent de la même manière et soient aussi à l'aise les uns que les autres.

Blép.

Comment est-ce que toutes choses pourront être communes ?

Prax.

Merde en ta gueule !

Blép.

Les étrons seront donc aussi en commun.

Prax.

Ahi ! tu m'as interrompue dans le plus bel endroit. Premièrement, je rendrai la terre commune à tous, et je mettrai en commun tout l'argent, tout le bien des particuliers. Nous nous nourrirons tous de cette masse commune dont nous aurons le manîment et la dispensation.

Βλέπυροςπερὶ μὲν τοίνυν τοῦ καινοτομεῖν μὴ δείσῃς· τοῦτο γὰρ ἡμῖνδρᾶν ἀντʼ ἄλλης ἀρχῆς ἐστιν, τῶν δʼ ἀρχαίων ἀμελῆσαι.Πραξάγοραμή νυν πρότερον μηδεὶς ὑμῶν ἀντείπῃ μηδʼ ὑποκρούσῃ,πρὶν ἐπίστασθαι τὴν ἐπίνοιαν καὶ τοῦ φράζοντος ἀκοῦσαι.κοινωνεῖν γὰρ πάντας φήσω χρῆναι πάντων μετέχονταςκἀκ ταὐτοῦ ζῆν, καὶ μὴ τὸν μὲν πλουτεῖν, τὸν δʼ ἄθλιον εἶναι,μηδὲ γεωργεῖν τὸν μὲν πολλήν, τῷ δʼ εἶναι μηδὲ ταφῆναι,μηδʼ ἀνδραπόδοις τὸν μὲν χρῆσθαι πολλοῖς, τὸν δʼ οὐδʼ ἀκολούθῳ·ἀλλʼ ἕνα ποιῶ κοινὸν πᾶσιν βίοτον καὶ τοῦτον ὅμοιον.Βλέπυροςπῶς οὖν ἔσται κοινὸς ἅπασιν;Πραξάγορακατέδει πέλεθον πρότερός μου. Βλέπυροςκαὶ τῶν πελέθων κοινωνοῦμεν;Πραξάγοραμὰ Δίʼ ἀλλʼ ἔφθης μʼ ὑποκρούσας.τοῦτο γὰρ ἤμελλον ἐγὼ λέξειν· τὴν γῆν πρώτιστα ποιήσωκοινὴν πάντων καὶ τἀργύριον καὶ τἄλλʼ ὁπόσʼ ἐστὶν ἑκάστῳ.εἶτʼ ἀπὸ τούτων κοινῶν ὄντων ἡμεῖς βοσκήσομεν ὑμᾶςταμιευόμεναι καὶ φειδόμεναι καὶ τὴν γνώμην προσέχουσαι.
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721

f°178Blép.

Ceux qui n'ont point de terre, mais qui ont de l'argent, de bonne monnaie de Perse, comment se pourront-ils résoudre à s'en défaire ?

Prax.

Ils mettront tout en commun ou ils se parjureront.

Blép.

Il ne s'en soucieront guères ; car ce n'est qu'en se parjurant qu'ils l'ont acquis.

Prax.

Au reste, l'argent qu'ils cacheront ne leur servira de rien.

Blép.

D'où vient ?

Prax.

C'est qu'il n'y aura plus de pauvres. Chacun possèdera tout, pain, viande, poisson, gâteaux, habits, vin, couronnes, pois chiches. Eh bien ! de quoi servira d'avoir caché son fait ? Là, dis-le moi un peu.

Blép.

Est-ce que ceux qui ont tout ce que tu dis en abondance, ne sont pas les plus grands larrons ?

Prax.

Cela serait bon, si nous suivions encore les anciennes lois ; mais à présent que tout va être en commun, de quoi servirait de rien cacher ?

Blép.

On aura vu une jolie créature et l'on serait bien aise d'en jouir ; pour en venir

Βλέπυροςπῶς οὖν ὅστις μὴ κέκτηται γῆν ἡμῶν, ἀργύριον δὲκαὶ Δαρεικοὺς ἀφανῆ πλοῦτον;Πραξάγορατοῦτʼ ἐς τὸ μέσον καταθήσει.καὶ μὴ καταθεὶς ψευδορκήσει.Βλέπυροςκἀκτήσατο γὰρ διὰ τοῦτο.Πραξάγοραἀλλʼ οὐδέν τοι χρήσιμον ἔσται πάντως αὐτῷ.Βλέπυροςκατὰ δὴ τί; Πραξάγοραοὐδεὶς οὐδὲν πενίᾳ δράσει· πάντα γὰρ ἕξουσιν ἅπαντες,ἄρτους τεμάχη μάζας χλαίνας οἶνον στεφάνους ἐρεβίνθους.ὥστε τί κέρδος μὴ καταθεῖναι; σὺ γὰρ ἐξευρὼν ἀπόδειξον.Βλέπυροςοὔκουν καὶ νῦν οὗτοι μᾶλλον κλέπτουσʼ οἷς ταῦτα πάρεστιν;Πραξάγοραπρότερόν γʼ ὦταῖρʼ ὅτε τοῖσι νόμοις διεχρώμεθα τοῖς προτέροισιν·νῦν δʼ ἔσται γὰρ βίος ἐκ κοινοῦ, τί τὸ κέρδος μὴ καταθεῖναι;Βλέπυροςἢν μείρακʼ ἰδὼν ἐπιθυμήσῃ καὶ βούληται σκαλαθῦραι,
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722

X

X

à bout, on lui donnera ce qu'on aura mis en réserve. Pourrait-on disposer également de ce qui serait en commun ?

Prax.

On le fera pour rien ; car je prétends que les femmes seront communes, et coucheront avec les premier venu.

Blép.

Si cela est, gare la plus belle ! Tout le monde voudra l'avoir.

Prax.

Les laides, les camardes, seront assises auprès des belles ; et l'on ne pourra jouir de la belle, qu'après avoir fait la courtoisie à la laide.

Blép.

C'est à dire que nous autres vieux, qui nous n'avons plus qu'un coup à tirer, nous ne pourrons jamais arriver jusqu'aux belles.

Prax.

Vous ferez ce que vous pourrez, mais mon dessein est qu'il n'y ait point de femme qui ne soit employée.

Blép.

Mais il faudrait aussi penser aux hommes. Je crains fort que l'on néglige les laids pour ne courir qu'après les beaux.

Prax.

Quand les beaux se retireront le soir après soupé, ils seront assiégés par les laids ; et l'on ne pourra chercher avec ceux-là que l'on n'ait contenté ceux-ci.

Blép.

Quoi ? ce fichu nez camard de Lysistrate

ἕξει τούτων ἀφελὼν δοῦναι, τῶν ἐκ κοινοῦ δὲ μεθέξειξυγκαταδαρθών.Πραξάγοραἀλλʼ ἐξέσται προῖκʼ αὐτῷ ξυγκαταδαρθεῖν.καὶ ταύτας γὰρ κοινὰς ποιῶ τοῖς ἀνδράσι συγκατακεῖσθαικαὶ παιδοποιεῖν τῷ βουλομένῳ.Βλέπυροςπῶς οὖν οὐ πάντες ἴασινἐπὶ τὴν ὡραιοτάτην αὐτῶν καὶ ζητήσουσιν ἐρείδειν;Πραξάγορααἱ φαυλότεραι καὶ σιμότεραι παρὰ τὰς σεμνὰς καθεδοῦνται·κᾆτʼ ἢν ταύτης ἐπιθυμήσῃ, τὴν αἰσχρὰν πρῶθʼ ὑποκρούσει.Βλέπυροςκαὶ πῶς ἡμᾶς τοὺς πρεσβύτας, ἢν ταῖς αἰσχραῖσι συνῶμεν,οὐκ ἐπιλείψει τὸ πέος πρότερον πρὶν ἐκεῖσʼ οἷ φῂς ἀφικέσθαι;Πραξάγοραοὐχὶ μαχοῦνται· περὶ σοῦ θάρρει· μὴ δείσῃς· οὐχὶ μαχοῦνται.Βλέπυροςπερὶ τοῦ;Πραξάγορατοῦ μὴ ξυγκαταδαρθεῖν. καὶ σοὶ τοιοῦτον ὑπάρχει. Βλέπυροςτὸ μὲν ὑμέτερον γνώμην τινʼ ἔχει· προβεβούλευται γάρ, ὅπως ἂνμηδεμιᾶς ᾖ τρύπημα κενόν· τὸ δὲ τῶν ἀνδρῶν τί ποιήσει;φεύξονται γὰρ τοὺς αἰσχίους, ἐπὶ τοὺς δὲ καλοὺς βαδιοῦνται.Πραξάγοραἀλλὰ φυλάξουσʼ οἱ φαυλότεροι τοὺς καλλίους ἀπιόνταςἀπὸ τοῦ δείπνου καὶ τηρήσουσʼ ἐπὶ τοῖσιν δημοσίοισιν·κοὐκ ἐξέσται παρὰ τοῖσι καλοῖς καὶ τοῖς μεγάλοις καταδαρθεῖνταῖσι γυναιξὶ πρὶν ἂν τοῖς αἰσχροῖς καὶ τοῖς μικροῖς χαρίσωνται.Βλέπυροςἡ Λυσικράτους ἄρα νυνὶ ῥὶς ἴσα τοῖσι καλοῖσι φρονήσει.
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723

f°179

sera aussi aise que les plus beaux nez ?

Prax.

Sans doute : et ce sera le plaisir de voir comme on se moquera des hommes les mieux faits et les plus propres de ces pimpants qui ont des bagues aux doigts. Un gros pataud, un sabotier leur dira : garde les manteaux, mon beau monsieur ; je dois passer devant, et tu n'auras que mes restes.

Blép.

En vivant de la sorte, comment est-ce que chacun reconnaîtra ses enfants ?

Prax.

Qu'importe ? chacun reconnaîtra pour son père celui qui aura l'âge de l'être.

Blép.

L'inconvénient que j'y trouve est que, si, présentement que chaque enfant connaît son père il arrive cependant assez souvent qu'il cherche à l'étranger ; quand les enfants n'auront plus cette certitude, ils maltraiteront étrangement tous les vieillards.

Prax.

Tous les autres prendront le parti de celui qu'on traitera mal ; ce qu'on ne faisait pas auparavant parce qu'on n'y avait point d'intérêt. Mais à présent que chacun dira : autant m'en prend au nez ; on n'entendra pas plus tôt crier quelqu'un que l'on ira au secours.

Blép.

Tu ne raisonnes pas trop mal. Mais quoi ?

Πραξάγορανὴ τὸν Ἀπόλλω καὶ δημοτική γʼ ἡ γνώμη καὶ καταχήνητῶν σεμνοτέρων ἔσται πολλὴ καὶ τῶν σφραγῖδας ἐχόντων,ὅταν ἐμβάδʼ ἔχων εἴπῃ πρότερος, ‘παραχώρει κᾆτʼ ἐπιτήρει,ὅταν ἤδη ʼγὼ διαπραξάμενος παραδῶ σοι δευτεριάζειν.’Βλέπυροςπῶς οὖν οὕτω ζώντων ἡμῶν τοὺς αὑτοῦ παῖδας ἕκαστοςἔσται δυνατὸς διαγιγνώσκειν;Πραξάγορατί δὲ δεῖ; πατέρας γὰρ ἅπανταςτοὺς πρεσβυτέρους αὑτῶν εἶναι τοῖσι χρόνοισιν νομιοῦσιν.Βλέπυροςοὐκοῦν ἄγξουσʼ εὖ καὶ χρηστῶς ἑξῆς τὸν πάντα γέρονταδιὰ τὴν ἄγνοιαν, ἐπεὶ καὶ νῦν γιγνώσκοντες πατέρʼ ὄνταἄγχουσι. τί δῆθʼ ὅταν ἀγνὼς ᾖ; πῶς οὐ τότε κἀπιχεσοῦνται;Πραξάγοραἀλλʼ ὁ παρεστὼς οὐκ ἐπιτρέψει· τότε δʼ αὐτοῖς οὐκ ἔμελʼ οὐδὲντῶν ἀλλοτρίων ὅστις τύπτοι· νῦν δʼ ἢν πληγέντος ἀκούσῃ,μὴ αὐτὸν ἐκεῖνον τύπτῃ δεδιὼς τοῖς δρῶσιν τοῦτο μαχεῖται.Βλέπυροςτὰ μὲν ἄλλα λέγεις οὐδὲν σκαιῶς· εἰ δὲ προσελθὼν Ἐπίκουρος
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Le moyen de souffrir qu’Épicure ou Leucolophe vienne m'aborder et m'appeler papa.

Prax.

Bon ! Et si Aristylle venait te sauter au cou, te dire que tu es son père ?

Blép.

Je lui donnerais sur la geule.

Prax.

En attendant, il t'aurait parfumé de son faguenas. Mais console-toi : il est né avant l'ordonnance ; et tu n'as pas à craindre qu'il vienne te baiser.

Blép.

Tant mieux pour lui, car.... mais à propos : qui labourera la terre ?

Prax.

Ce seront les esclaves. Pour toi, tu n'auras d'autre soin que d'aller souper, quand l'ombre du cadran sera de dix pieds de long.

Blép.

Et les habits, qui les fournira ? cela mérite bien qu'on y pourvoie.

Prax.

Vous userez d'abord ceux que vous avez. Après cela nous vous en ferons d'autres.

Blép.

j'ai encore une petite difficulté. Si l'on perd un procès, où prendra-t-on de quoi payer les dépens ? Il ne serait pas juste de prendre cela sur le commun.

Prax.

Il n'y aura plus de procès.

Blép.

Ah ! que des gens ruinés ! si cela est.

ἢ Λευκολόφας πάππαν με καλεῖ, τοῦτʼ ἤδη δεινὸν ἀκοῦσαι.Πραξάγοραπολὺ μέντοι δεινότερον τούτου τοῦ πράγματός ἐστι,Βλέπυροςτὸ ποῖον; Πραξάγοραεἴ σε φιλήσειεν Ἀρίστυλλος φάσκων αὑτοῦ πατέρʼ εἶναι.Βλέπυροςοἰμώζοι γʼ ἂν καὶ κωκύοι.Πραξάγορασὺ δέ γʼ ὄζοις ἂν καλαμίνθης,ἀλλʼ οὗτος μὲν πρότερον γέγονεν πρὶν τὸ ψήφισμα γενέσθαι,ὥστʼ οὐχὶ δέος μή σε φιλήσῃ.Βλέπυροςδεινὸν μέντἂν ἐπεπόνθη.τὴν γῆν δὲ τίς ἔσθʼ ὁ γεωργήσων;Πραξάγοραοἱ δοῦλοι. σοὶ δὲ μελήσει,ὅταν ᾖ δεκάπουν τὸ στοιχεῖον, λιπαρὸν χωρεῖν ἐπὶ δεῖπνον.Βλέπυροςπερὶ δʼ ἱματίων τίς πόρος ἔσται; καὶ γὰρ τοῦτʼ ἔστιν ἐρέσθαι.Πραξάγορατὰ μὲν ὄνθʼ ὑμῖν πρῶτον ὑπάρξει, τὰ δὲ λοίφʼ ἡμεῖς ὑφανοῦμεν.Βλέπυροςἓν ἔτι ζητῶ· πῶς ἤν τις ὄφλῃ παρὰ τοῖς ἄρχουσι δίκην τῳ,πόθεν ἐκτείσει ταύτην; οὐ γὰρ τῶν κοινῶν γʼ ἐστὶ δίκαιον.Πραξάγοραἀλλʼ οὐδὲ δίκαι πρῶτον ἔσονται.Βλέπυροςτουτὶ τοὔπος σʼ ἐπιτρίψει. Πραξάγορακἀγὼ ταύτην γνώμην ἐθέμην· τοῦ γὰρ τάλαν οὕνεκʼ ἔσονται;
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725

X

f°180Prax.

Pauvre homme ! et sur quoi veux-tu que l'on plaide ?

Blép.

Belle demande ! ma foi, sur tant de choses ! Premièrement, j'aurai prêté, et l'on ne voudra point rendre.

Prax.

Comment veux-tu que l'on prête, si tout est en commun ?

Blép.

On l'aura dérobé !

Prax.

C'est bien dit, par Cérès ! J'y mettrai bon ordre.

Blép.

Je vais te faire une question qui t'embarrassera. Quand on aura un peu trop bu, et donné des coups à quelqu'un, où prendra-t-on de quoi payer l'amende.

Prax.

On punira les querelles par le retranchement des vivres.

Blép.

Mais n'y aura-t-il point de larrons ?

Prax.

Est-ce qu'on vole ce qui est à soi ?

Blép.

Les coureurs de nuit ne tireront-ils plus la laine ?

Prax.

Tu n'auras rien à craindre, pourvu que tu demeures au logis, et ne coures point le soir dehors comme auparavant. Au reste, si l'on t'arrache ton habit, laisse-le aller ; on t'en

Βλέπυροςπολλῶν οὕνεκα νὴ τὸν Ἀπόλλω· πρῶτον δʼ ἑνὸς οὕνεκα δήπου,ἤν τις ὀφείλων ἐξαρνῆται.Πραξάγοραπόθεν οὖν ἐδάνεισʼ ὁ δανείσαςἐν τῷ κοινῷ πάντων ὄντων; κλέπτων δήπουʼ στʼ ἐπίδηλος.Βλέπυροςνὴ τὴν Δήμητρʼ εὖ γε διδάσκεις. τουτὶ τοίνυν φρασάτω μοι,τῆς αἰκείας οἱ τύπτοντες πόθεν ἐκτείσουσιν, ἐπειδὰνεὐωχηθέντες ὑβρίζωσιν; τοῦτο γὰρ οἶμαί σʼ ἀπορήσειν.Πραξάγοραἀπὸ τῆς μάζης ἧς σιτεῖται· ταύτης γὰρ ὅταν τις ἀφαιρῇ,οὐχ ὑβριεῖται φαύλως οὕτως αὖθις τῇ γαστρὶ κολασθείς.Βλέπυροςοὐδʼ αὖ κλέπτης οὐδεὶς ἔσται;Πραξάγοραπῶς γὰρ κλέψει μετὸν αὐτῷ; Βλέπυροςοὐδʼ ἀποδύσουσʼ ἄρα τῶν νυκτῶν;Πραξάγοραοὐκ ἢν οἴκοι γε καθεύδῃς,οὐδʼ ἤν γε θύραζʼ ὥσπερ πρότερον· βίοτος γὰρ πᾶσιν ὑπάρξει.ἢν δʼ ἀποδύῃ γʼ, αὐτὸς δώσει. τί γὰρ αὐτῷ πρᾶγμα μάχεσθαι;
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donnera un autre sur le commun, qui vaudra mieux.

Blép.

Est-ce qu'on ne fera plus rouler le dé ?

Prax.

A quoi bon ?

Blép.

Comment prétends-tu nous faire vivre ?

Prax.

Tous en commun : je ne ferai qu'une maison de toute la ville. J'ôterai toutes les cloisons et l'on ira librement les uns chez les autres.

Blép.

Où nous feras-tu manger ?

Prax.

Je ferai des salles de tous de tous les auditoires.

Blép.

Et la tribune, qu'en feras-tu ?

Prax.

J'en ferai un buffet pour mettre les coupes et les cruches ; et du reste j'y ferai monter des petits enfants qui réciteront des vers à la louange de ceux qui auront fait leur devoir à la guerre, et des satyressatires contre les lâches, qui leur feront si grande honte, qu'ils n'oseront souper.

Blép.

Par Apollon ! cela sera plaisant. Que feras-tu des boîtes où l'on met les suffrages ?

Prax.

Je les mettrai dans la place, au près de la statue d'Harmodius, et je m'en servirai pour tirer au sort les lieux où chacun devra aller

ἔτερον γὰρ ἰὼν ἐκ τοῦ κοινοῦ κρεῖττον ἐκείνου κομιεῖται.Βλέπυροςοὐδὲ κυβεύσουσʼ ἆρʼ ἄνθρωποι;Πραξάγοραπερὶ τοῦ γὰρ τοῦτο ποιήσει; Βλέπυροςτὴν δὲ δίαιταν τίνα ποιήσεις;Πραξάγορακοινὴν πᾶσιν. τὸ γὰρ ἄστυμίαν οἴκησίν φημι ποιήσειν συρρήξασʼ εἰς ἓν ἅπαντα,ὥστε βαδίζειν ὡς ἀλλήλους.Βλέπυροςτὸ δὲ δεῖπνον ποῦ παραθήσεις; Πραξάγορατὰ δικαστήρια καὶ τὰς στοιὰς ἀνδρῶνας πάντα ποιήσω.Βλέπυροςτὸ δὲ βῆμα τί σοι χρήσιμον ἔσται;Πραξάγορατοὺς κρατῆρας καταθήσωκαὶ τὰς ὑδρίας, καὶ ῥαψῳδεῖν ἔσται τοῖς παιδαρίοισιντοὺς ἀνδρείους ἐν τῷ πολέμῳ, κεἴ τις δειλὸς γεγένηται,ἵνα μὴ δειπνῶσʼ αἰσχυνόμενοι.Βλέπυροςνὴ τὸν Ἀπόλλω χάριέν γε.τὰ δὲ κληρωτήρια ποῖ τρέψεις;Πραξάγοραεἰς τὴν ἀγορὰν καταθήσω·κᾆτα στήσασα παρʼ Ἁρμοδίῳ κληρώσω πάντας, ἕως ἂνεἰδὼς ὁ λαχὼν ἀπίῃ χαίρων ἐν ὁποίῳ γράμματι δειπνεῖ·
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X

f°181

souper, selon la lettre qu'il aura tiré. Le crieur dira : que ceux qui ont tiré un B aillent à la basilique ; ceux qui auront un Th, au palais de Thésée ; ceux qui auront un K au marché au blé, faire carousse.

Blép.

Et celui qui n'aura point tiré de lettre, où soupera-t-il ? Les autres le chasseront.

Prax.

Cela n'arrivera point : nous aurons soin de tout le monde. Enfin chacun s'en allant après soupé, la couronne sur la tête et le flambeau à la main, sera agréablement attaqué au détour des rues par des femmes qui lui diront : Viens chez nous, tu y trouveras la plus jolie personne.... En même temps, une autre femme dira de son balcon : j'en ai ici une bien plus belle et plus blanche, mais il faudra coucher avec moi auparavant. D'un autre côté, l'on verra les laids et les mal bâtis, qui obsèderont les beaux jeunes hommes, et leur diront : holà ! le bel Adonis, où est-ce que tu coures. Attends ; il est dit que nous passerons devant, et que vous autres vous croquerez les marmot à la porte. Là, dis-moi un peu : cela ne plaira-t-il pas à tout le monde ?

Blép.

Pour ce qui est de moi, je m'en contente.

Prax.

Je m'en vais à la place avec une crieuse, afin d'y recevoir ce qu'on apportera. Il faut commencer par songer aux vivres, et je veux

και κηρύξει τοὺς ἐκ τοῦ βῆτʼ ἐπὶ τὴν στοιὰν ἀκολουθεῖντὴν βασίλειον δειπνήσοντας· τὸ δὲ θῆτʼ ἐς τὴν παρὰ ταύτην,τοὺς δʼ ἐκ τοῦ κάππʼ ἐς τὴν στοιὰν χωρεῖν τὴν ἀλφιτόπωλιν.Βλέπυροςἵνα κάπτωσιν;Πραξάγοραμὰ Δίʼ ἀλλʼ ἵνʼ ἐκεῖ δειπνῶσιν. Βλέπυροςὅτῳ δὲ τὸ γράμμαμὴ ʼξελκυσθῇ καθʼ ὃ δειπνήσει, τούτους ἀπελῶσιν ἅπαντες.Πραξάγοραἀλλʼ οὐκ ἔσται τοῦτο παρʼ ἡμῖν·πᾶσι γὰρ ἄφθονα πάντα παρέξομεν,ὥστε μεθυσθεὶς αὐτῷ στεφάνῳπᾶς τις ἄπεισιν τὴν δᾷδα λαβών.αἱ δὲ γυναῖκες κατὰ τὰς διόδουςπροσπίπτουσαι τοῖς ἀπὸ δείπνουτάδε λέξουσιν· ‘δεῦρο παρʼ ἡμᾶς·ἐνθάδε μεῖράξ ἐσθʼ ὡραία.’παρʼ ἐμοὶ δʼ ἑτέραφήσει τις ἄνωθʼ ἐξ ὑπερῴου,‘καὶ καλλίστη καὶ λευκοτάτη·πρότερον μέντοι δεῖ σε καθεύδειναὐτῆς παρʼ ἐμοί.’τοῖς εὐπρεπέσιν δʼ ἀκολουθοῦντεςκαὶ μειρακίοις οἱ φαυλότεροιτοιάδʼ ἐροῦσιν· ‘ποῖ θεῖς οὗτος;πάντως οὐδὲν δράσεις ἐλθών·τοῖς γὰρ σιμοῖς καὶ τοῖς αἰσχροῖςἐψήφισται προτέροις βινεῖν,ὑμᾶς δὲ τέως θρῖα λαβόνταςδιφόρου συκῆςἐν τοῖς προθύροισι δέφεσθαι.’φέρε νυν φράσον μοι, ταῦτʼ ἀρέσκει σφῷν;Βλέπυροςπάνυ.Πραξάγοραβαδιστέον τἄρʼ ἐστὶν εἰς ἀγορὰν ἐμοί,ἵνʼ ἀποδέχωμαι τὰ προσιόντα χρήματα,λαβοῦσα κηρύκαιναν εὔφωνόν τινα.ἐμὲ γὰρ ἀνάγκη ταῦτα δρᾶν ᾑρημένηνἄρχειν, καταστῆσαί τε τὰ ξυσσίτια,
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X

X

X

vous faire faire bonne chère aujourd'hui.

Blép.

Quoi ? nous allons être régalés ?

Prax.

Je le prétends bien. Après cela, il faut que je fasse tenir en repos toutes les catins publiques.

Blép.

D'où vient ?

Prax.

C'est pour empêcher qu'elles n'aient la crème de nos jeunes-gens. Il n'est pas juste que des esclaves à la faveur de quelques ajustements, enlèvent les plaisirs destinés aux personnes libres. Qu'elles se contentent d'avoir des esclaves comme elles à leur rembourrer le bât.

Blép.

Je te suivrai afin d'avoir le plaisir d'être regardé et d'entendre dire : voilà le mari de madame la gouvernante.

Un homme qui apporte. Un avare.L'homme qui apporte.

Dans le dessein de porter à la place tout ce qui est à moi, je fais l'inventaire de toute ma maison. Viens, d'abord, ma belle Cinachyre4, le plus joli de tous mes meubles, qui m'a mis tant d'outres sur le corps côté ; tu seras propre à porter les corbeilles à la fête de Cérès. Où est la servante qui porte mon tabouret ? Qu'on apporte la

ὅπως ἂν εὐωχῆσθε πρῶτον τήμερον.Βλέπυροςἤδη γὰρ εὐωχησόμεσθα;Πραξάγοραφήμʼ ἐγώ.ἔπειτα τὰς πόρνας καταπαῦσαι βούλομαιἁπαξαπάσας.Βλέπυροςἵνα τί; Πραξάγοραδῆλον τουτογί·ἵνα τῶν νέων ἔχωσιν αὗται τὰς ἀκμάς.καὶ τάς γε δούλας οὐχὶ δεῖ κοσμουμέναςτὴν τῶν ἐλευθέρων ὑφαρπάζειν Κύπριν,ἀλλὰ παρὰ τοῖς δούλοισι κοιμᾶσθαι μόνονκατωνάκην τὸν χοῖρον ἀποτετιλμένας.Βλέπυροςφέρε νυν ἐγώ σοι παρακολουθῶ πλησίον,ἵνʼ ἀποβλέπωμαι καὶ λέγωσί μοι ταδί,τὸν τῆς στρατηγοῦ τοῦτον οὐ θαυμάζετε;Ἀνὴρ Αἐγὼ δʼ ἵνʼ εἰς ἀγοράν γε τὰ σκεύη φέρω,προχειριοῦμαι κἀξετάσω τὴν οὐσίαν.Χοροῦχώρει σὺ δεῦρο κιναχύρα καλὴ καλῶςτῶν χρημάτων θύραζε πρώτη τῶν ἐμῶν,ὅπως ἂν ἐντετριμμένη κανηφορῇς,πολλοὺς κάτω δὴ θυλάκους στρέψασʼ ἐμούς.ποῦʼ σθʼ ἡ διφροφόρος; ἡ χύτρα δεῦρʼ ἔξιθι,
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f°182

marmite. Pardi, te voilà aussi noire que si tu avais servi à faire cuire le noir dont Lysicrate se teint les cheveux. Holà ! la femme de chambre de madame ! mets toi là. qu'on fasse venir la porteuse d'eau. Ah ! Te voilà. Prends cette cruche. Viens ici, peste de chanteuse, qui par tes aubades m'as souvent fait lever plus matin qu'il ne fallait pour aller à l'assemblée. Qu'on apporte cette caisse où sont les bougies ! Donnez les rameaux. Apportez les trépieds, le pot à l'huile, les autres pots et toute la boutique.

L'avare.

Moi ? J'apporterais ce que j'ai ? quelque lot ! Par Neptune ! je n'en ferai rien. J'y regarderai plus d'une fois auparavant. Quoi ? Me défaire sottement de ce qui m'a coûté tant de sueurs et tant d'épargne. Je veux un peu voir comment font les autres. Holà ! L'homme, que veulent dire tous ces ustensiles ? déménages-tu ? ou si tu les vas mettre en gage.

Le 1er.

Non.

L'avare.

D'où vient donc que tout cela se met en marche ? Est-ce pour porter chez le crieur Hiéron.

Le 1er.

Par ma foi, ne me fais porter tout cela à la place, pour être mis au trésor public, comme il a été ordonné.

νὴ Δία μέλαινά γʼ, οὐδʼ ἂν εἰ τὸ φάρμακονἕψουσʼ ἔτυχες ᾧ Λυσικράτης μελαίνεται.ἵστω παρʼ αὐτήν, δεῦρʼ ἴθʼ, ἡ κομμώτρια.φέρε δεῦρο ταύτην τὴν ὑδρίαν ὑδριαφόρεἐνταῦθα. σὺ δὲ δεῦρʼ ἡ κιθαρῳδὸς ἔξιθι,πολλάκις ἀναστήσασά μʼ εἰς ἐκκλησίανἀωρὶ νυκτῶν διὰ τὸν ὄρθριον νόμον.ὁ τὴν σκάφην λαβὼν προΐτω· τὰ κηρίακόμιζε, τοὺς θαλλοὺς καθίστη πλησίον,καὶ τὼ τρίποδʼ ἐξένεγκε καὶ τὴν λήκυθον.τὰ χυτρίδιʼ ἤδη καὶ τὸν ὄχλον ἀφίετε.Ἀνὴρ Βἐγὼ καταθήσω τἀμά; κακοδαίμων ἄραἀνὴρ ἔσομαι καὶ νοῦν ὀλίγον κεκτημένος.μὰ τὸν Ποσειδῶ γʼ οὐδέποτʼ, ἀλλὰ βασανιῶπρώτιστον αὐτὰ πολλάκις καὶ σκέψομαι.οὐ γὰρ τὸν ἐμὸν ἱδρῶτα καὶ φειδωλίανοὐδὲν πρὸς ἔπος οὕτως ἀνοήτως ἐκβαλῶ,πρὶν ἂν ἐκπύθωμαι πᾶν τὸ πρᾶγμʼ ὅπως ἔχει.οὗτος τί τὰ σκευάρια ταυτὶ βούλεται;πότερον μετοικιζόμενος ἐξενήνοχαςαὔτʼ ἢ φέρεις ἐνέχυρα θήσων;Ἀνὴρ Αοὐδαμῶς. Ἀνὴρ Βτί δῆτʼ ἐπὶ στοίχου ʼστὶν οὕτως; οὔτι μὴἹέρωνι τῷ κήρυκι πομπὴν πέμπετε;Ἀνὴρ Αμὰ Δίʼ ἀλλʼ ἀποφέρειν αὐτὰ μέλλω τῇ πόλειἐς τὴν ἀγορὰν κατὰ τοὺς δεδογμένους νόμους.
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730

L'avare

En vérité, tu fais porter tout cela à ma place ?

Le 1er.

Sans doute.

L'avare.

Par Jupiter sauveur ! tu es un pauvre homme.

Le 1er.

Comment donc ?

L'avare.

Comment ? Il n'y a rien de plus clair.

Le 1er.

Est-ce donc qu'il ne faut pas obéir aux lois ?

L'avare.

A quelles lois, malheureux ?

Le 1er.

A celles que l'on vient d'établir.

L'avare.

Quoi ? Ce n'est que cela ? Ma foi, tu es bien fou.

Le 1er.

Bien fou, moi ?

L'avare.

Oui, et le plus fou de tous les hommes.

Le 1er.

Quoi ? Parce que je fais ce que l'on me commande ?

L'avare.

Est-ce qu'un homme d'esprit fait jamais rien de ce qu'on lui ordonne ?

Le 1er.

Il le doit.

L'avare.

Oui, quand il n'a point de cœur.

Le 1er.

Tu prétends donc ne rien porter ?

Ἀνὴρ Βμέλλεις ἀποφέρειν;Ἀνὴρ Απάνυ γε. Ἀνὴρ Βκακοδαίμων ἄρʼ εἶνὴ τὸν Δία τὸν σωτῆρα.Ἀνὴρ Απῶς; Ἀνὴρ Βπῶς; ῥᾳδίως. Ἀνὴρ Ατί δʼ; οὐχὶ πειθαρχεῖν με τοῖς νόμοισι δεῖ;Ἀνὴρ Βποίοισιν ὦ δύστηνε;Ἀνὴρ Ατοῖς δεδογμένοις. Ἀνὴρ Βδεδογμένοισιν; ὡς ἀνόητος ἦσθʼ ἄρα.Ἀνὴρ Αἀνόητος;Ἀνὴρ Βοὐ γάρ; ἠλιθιώτατος μὲν οὖνἁπαξαπάντων.Ἀνὴρ Αὅτι τὸ ταττόμενον ποιῶ; Ἀνὴρ Βτὸ ταττόμενον γὰρ δεῖ ποιεῖν τὸν σώφρονα;Ἀνὴρ Αμάλιστα πάντων.Ἀνὴρ Βτὸν μὲν οὖν ἀβέλτερον. Ἀνὴρ Ασὺ δʼ οὐ καταθεῖναι διανοεῖ;Ἀνὴρ Βφυλάξομαι,πρὶν ἄν γʼ ἴδω τὸ πλῆθος ὅ τι βουλεύεται.
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731

X

f°188L'avare

J'attendrai un peu, pour jusqu'à ce que j'aie vu tout ce que ceci veut dire.

Le 1er.

Que verras-tu ? Sinon que tout le monde s'empresse de faire comme moi.

L'avare.

Je le croirai quand je l'aurai vu.

Le 1er.

On ne parle d'autre chose dans toutes les rues.

L'avare.

Je laisse dire.

Le 1er.

Chacun proteste qu'il portera tout.

L'avare.

Je le laisse protester.

Le 1er.

Ton incrédulité me fait enrager.

L'avare.

Enrage.

Le 1er.

Que Jupiter t'écrase !

L'avare.

A la bonne heure. Penses-tu que ceux qui ont tant soit peu de bon sens portent rien ? Nous n'avons point appris cela de non pères ; nous savons prendre et nous se savons point donner ; et c'est comme cela, pardi, qu'il faut faire. Les Dieux nous en montrent l'exemple par la situation des mains de leurs statues. Quand nous les prions de nous donner des biens, ils ont la main étendue, comme pour recevoir, plutôt que pour donner.

Ἀνὴρ Ατί γὰρ ἄλλο γʼ ἢ φέρειν παρεσκευασμένοιτὰ χρήματʼ εἰσίν;Ἀνὴρ Βἀλλʼ ἰδὼν ἐπειθόμην. Ἀνὴρ Αλέγουσι γοῦν ἐν ταῖς ὁδοῖς.Ἀνὴρ Βλέξουσι γάρ. Ἀνὴρ Ακαί φασιν οἴσειν ἀράμενοι.Ἀνὴρ Βφήσουσι γάρ. Ἀνὴρ Αἀπολεῖς ἀπιστῶν πάντʼ.Ἀνὴρ Βἀπιστήσουσι γάρ.Ἀνὴρ Αὁ Ζεύς σέ γʼ ἐπιτρίψειεν.Ἀνὴρ Βἐπιτρίψουσι γάρ.οἴσειν δοκεῖς τινʼ ὅστις αὐτῶν νοῦν ἔχει;οὐ γὰρ πάτριον τοῦτʼ ἐστίν, ἀλλὰ λαμβάνεινἡμᾶς μόνον δεῖ νὴ Δία· καὶ γὰρ οἱ θεοί·γνώσει δʼ ἀπὸ τῶν χειρῶν γε τῶν ἀγαλμάτων·ὅταν γὰρ εὐχώμεσθα διδόναι τἀγαθά,ἕστηκεν ἐκτείνοντα τὴν χεῖρʼ ὑπτίανοὐχ ὥς τι δώσοντʼ ἀλλʼ ὅπως τι λήψεται.
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732

Le 1er

Malheureux ! Laisse-moi faire ce que j'ai résolu. Il faut lier tout ceci. Où est la corde ?

L'avare.

C'est donc tout de bon.

Le 1er.

Oui, par Jupiter ! et voilà deux trépieds que je lie ensemble.

L'avare.

Quelle folie ! Pourquoi ne pas attendre à voir comment feront les autres ? Et puis....

Le 1er.

Et puis quoi ?

L'avare.

Attendre encore et lambiner.

Le 1er.

A quoi bon toute cette lambinerie ?

L'avare.

Pauvre tête ! Ne t'imagines-tu pas bien que s'il arrivait quelque tremblement de terre, si l'on voyait quelque feu follet, si le chemin était traversé par un chat ; tous ces mauvais présages détourneraient le monde de cette ridicule entreprise.

Le 1er.

Je ne serais pas bien dans mes affaires, si à force de lambiner, je ne trouvais plus où mettre tout ceci.

L'avare.

Oh ! Pour cela, tu n'as que faire d'avoir peu ; tu trouveras toujours de la place de reste, quand tu ne viendrais qu'à la nouvelle lune.

Le 1er.

A ton avis ?

Ἀνὴρ Αὦ δαιμόνιʼ ἀνδρῶν ἔα με τῶν προὔργου τι δρᾶν.ταυτὶ γάρ ἐστι συνδετέα. ποῦ μοὔσθʼ ἱμάς;Ἀνὴρ Βὄντως γὰρ οἴσεις;Ἀνὴρ Αναὶ μὰ Δία, καὶ δὴ μὲν οὖντωδὶ ξυνάπτω τὼ τρίποδε.Ἀνὴρ Βτῆς μωρίας,τὸ μηδὲ περιμείναντα τοὺς ἄλλους ὅ τιδράσουσιν εἶτα τηνικαῦτʼ ἤδη—Ἀνὴρ Ατί δρᾶν; Ἀνὴρ Βἐπαναμένειν, ἔπειτα διατρίβειν ἔτι.Ἀνὴρ Αἵνα δὴ τί;Ἀνὴρ Βσεισμὸς εἰ γένοιτο πολλάκιςἢ πῦρ ἀπότροπον, ἢ διᾴξειεν γαλῆ,παύσαιντʼ ἂν ἐσφέροντες ὦμβρόντητε σύ.Ἀνὴρ Αχαρίεντα γοῦν πάθοιμʼ ἄν, εἰ μὴ ʼχοιμʼ ὅποιταῦτα καταθείμην.Ἀνὴρ Βμὴ γὰρ οὐ λάβῃς ὅποι·θάρρει, καταθήσεις, κἂν ἔνης ἔλθῃς.Ἀνὴρ Ατιή;
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733

(a) Il fait allusion à un décret d'Antisthène qui portait d'attendre trente jours pour certaine formalité.

f°184L'avare

Ne sais-tu pas bien comment on fait ? On est fort prompt à délibérer en public, mais on se fait bien tirer l'oreille pour l'éxécution.

Le 1er.

Je t'assure que tout le monde portera.

L'avare.

Et si l'on ne porte pas ?

Le 1er.

Non, non ; l'on portera.

L'avare.

Et si l'on ne porte pas te dis-je ?

Le 1er.

Nous aurons querelle avec les désobéissants.

L'avare.

Et s'ils sont les plus forts ?

Le 1er.

Il faudra leur céder. Adieu.

L'avare.

Et s'ils font vendre tout cela.

Le 1er.

Puisses-tu crever !

L'avare.

Et quand je crèverais ?

Le 1er.

Tu ferais fort bien.

L'avare.

Enfin, il est donc résolu que tu porteras ?

Le 1er.

Sans doute, car je vois mes voisins qui font comme moi.

L'avare.

Je t'assure qu'Antisthène(a) n'en fera rien et qu'il demeurera plutôt trente jours à chier.

Ἀνὴρ Βἐγᾦδα τούτους χειροτονοῦντας μὲν ταχύ,ἅττʼ ἂν δὲ δόξῃ ταῦτα πάλιν ἀρνουμένους.Ἀνὴρ Αοἴσουσιν ὦ τᾶν.Ἀνὴρ Βἢν δὲ μὴ κομίσωσι, τί; Ἀνὴρ Αἀμέλει κομιοῦσιν.Ἀνὴρ Βἢν δὲ μὴ κομίσωσι, τί; Ἀνὴρ Αμαχούμεθʼ αὐτοῖς.Ἀνὴρ Βἢν δὲ κρείττους ὦσι, τί; Ἀνὴρ Αἄπειμʼ ἐάσας.Ἀνὴρ Βἢν δὲ πωλῶσʼ αὐτά, τί; Ἀνὴρ Αδιαρραγείης.Ἀνὴρ Βἢν διαρραγῶ δέ, τί; Ἀνὴρ Ακαλῶς ποιήσεις.Ἀνὴρ Βσὺ δʼ ἐπιθυμήσεις φέρειν;Ἀνὴρ Αἔγωγε· καὶ γὰρ τοὺς ἐμαυτοῦ γείτοναςὁρῶ φέροντας.Ἀνὴρ Βπάνυ γʼ ἂν οὖν Ἀντισθένηςαὔτʼ εἰσενέγκοι· πολὺ γὰρ ἐμμελέστερονπρότερον χέσαι πλεῖν ἢ τριάκονθʼ ἡμέρας.
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734

Le 1er

Va te promener.

L'avare.

Pour Callimaque, ce maître à danser si gueux et Callias qui s'est ruiné par ses prodigalités ils n'auront pas de peine à porter ce qui leur reste. Mon pauvre ami, quel plaisir prends-tu à perdre ton bien ?

Le 1er.

Tu te moques.

L'avare.

Je me moque ! Eh ! ne vois-je pas tous les jours qu'on nous berce de ces sortes de décrets, utiles dans la spéculation, mais qu'on ne met jamais en pratique ? Te souvient-il de ce qui avait été réglé pour le prix du sel ?

Le 1er.

Je m'en souviens de reste.

L'avare.

As-tu perdu la mémoire de ce décret qui donnait cours aux pièces de cuivre.

Le 1er.

Je ne me souviens que trop que ce fut de la fausse monnaie pour moi. J'avais acheté des raisins ; et les joues pleines de ces pièces de monnaie, j'étais au marché pour acheter de la farine, et tendais mon sac lorsque le héraut se mit à crier : Il est défendu à qui que ce soit de recevoir des pièces de cuivre ; on ne se servira plus que d'argent.

L'avare.

Et dernièrement, n'aussions-nous pas juré

Ἀνὴρ Αοἴμωζε.Ἀνὴρ ΒΚαλλίμαχος δʼ ὁ χοροδιδάσκαλοςαὐτοῖσιν εἰσοίσει τι;Ἀνὴρ Απλείω Καλλίου. Ἀνὴρ Βἅνθρωπος οὗτος ἀποβαλεῖ τὴν οὐσίαν.Ἀνὴρ Αδεινά γε λέγεις.Ἀνὴρ Βτί δεινόν; ὥσπερ οὐχ ὁρῶνἀεὶ τοιαῦτα γιγνόμενα ψηφίσματα.οὐκ οἶσθʼ ἐκεῖνʼ οὕδοξε τὸ περὶ τῶν ἁλῶν;Ἀνὴρ Αἔγωγε.Ἀνὴρ Βτοὺς χαλκοῦς δʼ ἐκείνους ἡνίκαἐψηφισάμεθʼ, οὐκ οἶσθα;Ἀνὴρ Ακαὶ κακόν γέ μοιτὸ κόμμʼ ἐγένετʼ ἐκεῖνο. πωλῶν γὰρ βότρυςμεστὴν ἀπῆρα τὴν γνάθον χαλκῶν ἔχωνκἄπειτʼ ἐχώρουν εἰς ἀγορὰν ἐπʼ ἄλφιτα.ἔπειθʼ ὑπέχοντος ἄρτι μου τὸν θύλακον,ἀνέκραγʼ ὁ κῆρυξ μὴ δέχεσθαι μηδέναχαλκοῦν τὸ λοιπόν· ἀργύρῳ γὰρ χρώμεθα.Ἀνὴρ Βτὸ δʼ ἔναγχος οὐχ ἅπαντες ἡμεῖς ὤμνυμεν
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735

littéral

X

X

f°189

que la ville allait profiter de cinq cents talents, quand Euripide s'avisa de décret qui ordonnait de lever la quarantième. Tous le monde doraitEuripide. Mais quand, après avoir bien examiné l'affaire, on eut trouvé que l'on était loin du compte et que l'on eut annulé le décret, Euripide, tout d'or, devint tout de poix.

Le 1er.

Ce n'est plus de même ; car alors c'était nous qui commandions ; à présent ce sont le femmes.

L'avare.

Ces pisseuses ? Par Neptune ! Je m'en donnerai bien de garde.

Le 1er.

Je ne veux plus entendre toutes tes balivernes. Holà, garçon, mets cela sur ton épaule.

Un herault. L'avare. L'homme qui a apporté. Le hérault.

Habitants ! Dépêchez-vous d'aller trouver la gouvernante, afin que chacun tire au sort le lieu où il doit aller souper. Les tables sont couvertes de toutes sortes de biens. Les lits seront garnis de couvertures et de tapis. Les parfumeuses sont occupées à verser du vin dans les coupes. fait cuire les viandes ; les levrauts sont en broche ; les petits gâteaux sont au four ; on fait des couronnes ; on cuit les croquantes ; les jeunes filles font bouillir les

τάλαντʼ ἔσεσθαι πεντακόσια τῇ πόλειτῆς τετταρακοστῆς, ἣν ἐπόρισʼ Εὐριπίδης;κεὐθὺς κατεχρύσου πᾶς ἀνὴρ Εὐριπίδην·ὅτε δὴ δʼ ἀνασκοπουμένοις ἐφαίνετοὁ Διὸς Κόρινθος καὶ τὸ πρᾶγμʼ οὐκ ἤρκεσεν,πάλιν κατεπίττου πᾶς ἀνὴρ Εὐριπίδην.Ἀνὴρ Αοὐ ταὐτὸν ὦ τᾶν. τότε μὲν ἡμεῖς ἤρχομεν,νῦν δʼ αἱ γυναῖκες.Ἀνὴρ Βἃς ἐγὼ φυλάξομαινὴ τὸν Ποσειδῶ μὴ κατουρήσωσί μου.Ἀνὴρ Αοὐκ οἶδʼ ὅ τι ληρεῖς. φέρε σὺ τἀνάφορον ὁ παῖς.Κηρύκαιναὦ πάντες ἀστοί, νῦν γὰρ οὕτω ταῦτʼ ἔχει,χωρεῖτʼ ἐπείγεσθʼ εὐθὺ τῆς στρατηγίδος,ὅπως ἂν ὑμῖν ἡ τύχη κληρουμένοιςφράσῃ καθʼ ἕκαστον ἄνδρʼ ὅποι δειπνήσετε·ὡς αἱ τράπεζαί γʼ εἰσὶν ἐπινενησμέναιἀγαθῶν ἁπάντων καὶ παρεσκευασμέναι,κλῖναί τε σισυρῶν καὶ δαπίδων †νενασμέναι†,κρατῆρα συγκιρνᾶσιν, αἱ μυροπώλιδεςἑστᾶσʼ ἐφεξῆς, τὰ τεμάχη ῥιπίζεται,λαγῷʼ ἀναπηγνύασι, πόπανα πέττεται,στέφανοι πλέκονται, φρύγεται τραγήματα,χύτρας ἔτνους ἕψουσιν αἱ νεώταται.
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(b) Officier de cuisine, qui sur les vaisseaux avait eu le soin de distribuer les portions à l'équipage.

X

X

marmites pleines de purée ; et (b)Smée, parmi elles, vêtu d'une casaque de cavalier lêche leurs plats. Le vieillard, vêtu d'une bonne robe bien chaude, avec de souliers mignons dans ses pieds, rit de tout son cœur avec un autre jeune homme de son âge. On a jeté les grosses socques et le manteau pesant. Allez donc vite : on vous attend avec de la bonne bouillie toute chaude ; ouvrez la bouche.

L'avare.

Je m'en vais donc. A quoi bon différer ? Il faut obéir puisque la république l'ordonne.

Le 1er qui a apporté.

Où prétends-tu donc aller toi n'as rien porté ?

L'avare.

Je prétends aller souper.

Le 1er.

Il n'en sera rien, si nos dames veulent m'en croire, à moins que tu n'apportes.

L'avare.

J'apporterai.

Le 1er.

Quand cela ?

L'avare.

Il n'y aura point de retardement de mon coté.

Le 1er.

Comment donc ?

L'avare.

Il y en aura d'autres encore plus paresseux que moi.

Le 1er.

Et cependant, tu vas souper ?

L'avare.

Et le moyen de s'en dispenser ? Il faut

Σμοῖος δʼ ἐν αὐταῖς ἱππικὴν στολὴν ἔχωντὰ τῶν γυναικῶν διακαθαίρει τρύβλια.Γέρων δὲ χωρεῖ χλανίδα καὶ κονίποδεἔχων, καχάζων μεθʼ ἑτέρου νεανίου·ἐμβὰς δὲ κεῖται καὶ τρίβων ἐρριμμένος.πρὸς ταῦτα χωρεῖθʼ, ὡς ὁ τὴν μᾶζαν φέρωνἕστηκεν· ἀλλὰ τὰς γνάθους διοίγνυτε.Ἀνὴρ Βοὐκοῦν βαδιοῦμαι δῆτα. τί γὰρ ἕστηκʼ ἔχωνἐνταῦθʼ, ἐπειδὴ ταῦτα τῇ πόλει δοκεῖ;Ἀνὴρ Ακαὶ ποῖ βαδιεῖ σὺ μὴ καταθεὶς τὴν οὐσίαν;Ἀνὴρ Βἐπὶ δεῖπνον.Ἀνὴρ Αοὐ δῆτʼ, ἤν γʼ ἐκείναις νοῦς ἐνῇ,πρίν γʼ ἂν ἀπενέγκῃς.Ἀνὴρ Βἀλλʼ ἀποίσω. Ἀνὴρ Απηνίκα; Ἀνὴρ Βοὐ τοὐμὸν ὦ τᾶν ἐμποδὼν ἔσται.Ἀνὴρ Ατί δή; Ἀνὴρ Βἑτέρους ἀποίσειν φήμʼ ἔθʼ ὑστέρους ἐμοῦ.Ἀνὴρ Αβαδιεῖ δὲ δειπνήσων ὅμως;Ἀνὴρ Βτί γὰρ πάθω;
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737

X

f°186

bien servir l'état selon ses forces.

Le 1er.

Mais si l'on t'en empêche ?

L'avare.

Je me glisserai en tapinois.

Le 1er.

Et si l'on te donne les étrivières ?

L'avare.

Je m'en plaindrai à nos dames.

Le 1er.

Et si elles se moquent de toi ?

L'avare.

Je me tiendrai à la porte.

Le 1er.

A quoi faire ?

L'avare.

Pour dérober quelque bribe de ce que l'on apportera.

Le 1er.

Prends la peine de marcher derrière. Où es tu Sicon, et toi Parménon ? Portez tout cela.

L'avare.

Permets que je t'aide.

Le 1er.

Non pas, s'il te plait. J'aurais peur que tu n'allasses dire à la gouvernante que cela est à toi.

L'avare.

Par Jupiter ! Il faut pourtant que je m'avise de quelque stratagème pour garder ce que je puis avoir, et souper néanmoins avec les autres. Fort bien ; j'ai trouvé une bonne invention.

τὰ δυνατὰ γὰρ δεῖ τῇ πόλει ξυλλαμβάνειντοὺς εὖ φρονοῦντας.Ἀνὴρ Αἢν δὲ κωλύσωσι, τί; Ἀνὴρ Βὁμόσʼ εἶμι κύψας.Ἀνὴρ Αἢν δὲ μαστιγῶσι, τί; Ἀνὴρ Βκαλούμεθʼ αὐτάς.Ἀνὴρ Αἢν δὲ καταγελῶσι, τί; Ἀνὴρ Βἐπὶ ταῖς θύραις ἑστώς—Ἀνὴρ Ατί δράσεις; εἰπέ μοι. Ἀνὴρ Βτῶν ἐσφερόντων ἁρπάσομαι τὰ σιτία.Ἀνὴρ Αβάδιζε τοίνυν ὕστερος· σὺ δʼ ὦ Σίκωνκαὶ Παρμένων αἴρεσθε τὴν παμπησίαν.Ἀνὴρ Βφέρε νυν ἐγώ σοι ξυμφέρω.Ἀνὴρ Αμὴ μηδαμῶς.δέδοικα γὰρ μὴ καὶ παρὰ τῇ στρατηγίδι,ὅταν κατατιθῶ, προσποιῇ τῶν χρημάτων.Ἀνὴρ Βνὴ τὸν Δία δεῖ γοῦν μηχανήματός τινος,ὅπως τὰ μὲν ὄντα χρήμαθʼ ἕξω, τοισδεδὶτῶν ματτομένων κοινῇ μεθέξω πως ἐγώ.ὀρθῶς ἔμοιγε φαίνεται· βαδιστέον
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Allons, allons : nous souperons, quoiqu'on en dise.

Une vieille. Une autre vieille. Une jeune femme.Une vieille.

Est-ce que les hommes ne viendront point ? Le temps se passe. Il y a longtemps que, plâtrée de céruse et parée de cette belle robe jaune, je suis ici à rien faire, en chantant toute seule, dans le dessein d'accrocher quelqu'un. Venez, muses, logez-vous dans ma bouche et m'inspirez quelques airs amoureux.

Une autre vieille.

Ah ! Je t'y prends, vieille pourrie ! Tu ne m'avais donc prévenue ? Tu croyais que personne ne gardait les vignes et du prétendais vendanger toute seule ? Tu chantes donc pour attirer les passants ? Oh ! Je chanterai aussi, quand cela devrait être importun aux spectateurs. Qu'importe ? plus la chose sera ridicule et plus elle sera comique.

La 1re.

Parle à ton écot et te retire ; et toi, ma mie, prends ta flûte, et m'entonne quelque chose digne de toi et de moi.

L'autre.

Si quelqu'un veut avoir du plaisir, c'est avec moi qu'il faut coucher. Ces jeunes filles ne savent rien : c'est dans un âge mûr

ὁμόσʼ ἐστὶ δειπνήσοντα κοὐ μελλητέον.ΧοροῦΓραῦς Ατί ποθʼ ἅνδρες οὐχ ἥκουσιν; ὥρα δʼ ἦν πάλαι·ἐγὼ δὲ καταπεπλασμένη ψιμυθίῳἕστηκα καὶ κροκωτὸν ἠμφιεσμένηἀργός, μινυρομένη τι πρὸς ἐμαυτὴν μέλος,ἀργός, μινυρομένη τι πρὸς ἐμαυτὴν μέλος,παίζουσα. πῶς ἂν περιλάβοιμʼ αὐτῶν τινὰπαριόντα; Μοῦσαι δεῦρʼ ἴτʼ ἐπὶ τοὐμὸν στόμα,μελύδριον εὑροῦσαί τι τῶν Ἰωνικῶν.Νεᾶνιςνῦν μέν με παρακύψασα προὔφθης ὦ σαπρά.ᾤου δʼ ἐρήμας οὐ παρούσης ἐνθάδεἐμοῦ τρυγήσειν καὶ προσάξεσθαί τιναᾄδουσʼ· ἐγὼ δʼ ἢν τοῦτο δρᾷς ἀντᾴσομαι.κεἰ γὰρ διʼ ὄχλου τοῦτʼ ἐστὶ τοῖς θεωμένοις,ὅμως ἔχει τερπνόν τι καὶ κωμῳδικόν.Γραῦς Ατούτῳ διαλέγου κἀποχώρησον· σὺ δὲφιλοττάριον αὐλητὰ τοὺς αὐλοὺς λαβὼνἄξιον ἐμοῦ καὶ σοῦ προσαύλησον μέλος.εἴ τις ἀγαθὸν βούλεται παθεῖντι, παρʼ ἐμοὶ χρὴ καθεύδειν.οὐ γὰρ ἐν νέαις τὸ σοφὸν ἔνεστινἀλλʼ ἐν ταῖς πεπείραις·
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X

f°187

qu'il faut chercher la vraie méthode des plaisirs. De mon côté, je défie qui que ce soit d'aimer avec plus d'emportement celui que j'aurai entre mes bras, et je ne craindrai pas qu'il me veuille changer pour une autre.

Une jeune.

Ne porte point envie à la jeunesse. Le vrai plaisir ne se trouve que dans ces cuisses douillettes et auprès de ce corps qui a encore toute sa fleur. Pauvre vieille ! tout ton fard et tous tes ajustements ridicules n'empêchent pas qu'on ne sente le cadavre qui est dessous.

La vieille.

Va, carogne ! que le cul te puisse choir, quand on sera prêt à prendre du plaisir avec toi ! Qu'au lieu de ce que tu chercheras avec la main, puisses-tu ne trouver qu'un serpent ; et puisses-tu être retirée de force, quand tu te disposeras à donner un baiser.

La jeune.

Hélas ! que deviendrai-je ? Il ne se présente personne ; me voilà seule ; ma mère s'en est allée d'un autre côté. Mais de quoi me sert de dire tout cela ? Ma bonne nourrice, je t'en prie, appelle Roi de queue ; fais-moi cette faveur, je t'en conjure.

La vieille.

Ah ! tu en veux donc tâter, et cela te démange ? Oh ! que tu ne me raviras pas mes plaisirs, et que je saurai bien conserver mes avantages !

οὐδέ τις στέργειν ἂν ἐθέλοι μᾶλλον ἢ ʼγὼτὸν φίλον ᾧπερ ξυνείην,ἀλλʼ ἐφʼ ἕτερον ἂν πέτοιτο.Νεᾶνιςμὴ φθόνει ταῖσιν νέαισι.τὸ τρυφερὸν γὰρ ἐμπέφυκετοῖς ἁπαλοῖσι μηροῖςκἀπὶ τοῖς μήλοις ἐπανθεῖ· σὺ δʼ ὦ γραῦ,παραλέλεξαι κἀντέτριψαι,τῷ θανάτῳ μέλημα.Γραῦς Αἐκπέσοι σου τὸ τρῆματό τʼ ἐπίκλιντρον ἀποβάλοιοβουλομένη σποδεῖσθαι,κἀπὶ τῆς κλίνης ὄφιν εὕροιςκαὶ προσελκύσαιο [illisible]βουλομένη φιλῆσαι.Νεᾶνιςαἰαῖ τί ποτε πείσομαι;οὐχ ἥκει μοὐταῖρος·μόνη δʼ αὐτοῦ λείπομʼ· ἡγὰρ μοι μήτηρ ἄλλῃβέβηκε· †καὶ τἄλλʼ οὐδὲν μετὰ ταῦτα δεῖ λέγειν†.ἀλλʼ ὦ μαῖʼ ἱκετεύομαι, κάλειτὸν Ὀρθαγόραν, ὅπωςσαυτῆς κατόναιʼ, ἀντιβολῶ σε.Γραῦς Αἤδη τὸν ἀπʼ Ἰωνίαςτρόπον τάλαινα κνησιᾷς·[illisible]δοκεῖς δέ μοι καὶ λάβδα κατὰ τοὺς Λεσβίους.ἀλλʼ οὐκ ἄν ποθʼ ὑφαρπάσαιοτἀμὰ παίγνια· τὴν δʼ ἐμὴνὥραν οὐκ ἀπολεῖς οὐδʼ ἀπολήψει.
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Les répliques ne sont peut-être pas exactement attribuées aux personnages à qui elles appertiennent.

La jeune.

Fais tout ce qui tu voudras, et tiens toi aux aguets comme un chat qui attend une souris ; je sais bien que personne ne s'adressera à toi sans m'avoir caressée.

La vieille.

Si l'on s'adresse à toi la première, ce sera donc pour t'emporter morte.

La jeune.

Tais-toi, vilaine. Ce serait rare.

La vieille.

Tu verras.

La jeune.

Eh ! que peut dire de plus honnête une vieille édentée.

La vieille.

Ce ne sera pas ma vieillesse qui te fera tort.

La jeune.

Et quoi donc ?

La vieille.

Tout ton blanc et ton rouge.

La jeune.

Que me chantes-tu là ?

La vieille.

Et toi ; que regardes-tu ?

La jeune.

Moi, rien.

La vieille.

Pour moi, je chante toute seule en attendant mon ami.

La jeune.

As-tu donc quelque ami ? Si ce n'est ce vieux malotru, le chauve Gérès.

Νεᾶνιςᾆδʼ ὁπόσα βούλει καὶ παράκυφθʼ ὥσπερ γαλῆ·οὐδεὶς γὰρ ὡς σὲ πρότερον εἴσεισʼ ἀντʼ ἐμοῦ.Γραῦς Αοὔκουν ἐπʼ ἐκφοράν γε.Νεᾶνιςκαινόν γʼ ὦ σαπρά. Γραῦς Αοὐ δῆτα.Νεᾶνιςτί γὰρ ἂν γραῒ καινά τις λέγοι; Γραῦς Αοὐ τοὐμὸν ὀδυνήσει σε γῆρας.Νεᾶνιςἀλλὰ τί;ἥγχουσα μᾶλλον καὶ τὸ σὸν ψιμύθιον;Γραῦς Ατί μοι διαλέγει;Νεᾶνιςσὺ δὲ τί διακύπτεις; Γραῦς Αἐγώ;ᾄδω πρὸς ἐμαυτὴν Ἐπιγένει τὠμῷ φίλῳ.Νεᾶνιςσοὶ γὰρ φίλος τίς ἐστιν ἄλλος ἢ Γέρης;
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741

X

f°188La vieille.

Tu le verras bientôt, puante ; car il va venir, et ce ne sera pas pour toi.

La jeune.

Si on le laisse faire, je sais bien qui il choisira ; mais je me retire.

La vieille.

Et moi, je te suis, afin de te faire voir que j'en sais plus long que toi.

Un jeune homme. Une vieille. Un homme. Une jeune femme.Le jeune homme.

Ah ! que n'est-il permis de se satisfaire avec un jeune tendron, sans être obligé de caresser auparavant une laide camuse ou une vieille guenipe [sic] ! C'est une chose insupportable à un homme libre.

Le vieille.

Tu as beau dire ; pardi, tu le feras. Nous ne sommes plus au temps de la sotte Carixène. Les lois l'ordonnent : il faut obéir, si tant est que nous soyons sous un gouvernement populaire. Je m'en vais observer tout ce que tu feras.

Un homme.

ô Dieux ! où pourrais-je joindre cette jeune beauté pour qui je soupire et que je suis avec tant de passion depuis le souper.

La jeune.

J'ai trompé cette maudite vieille. Elle a

Γραῦς Αδείξει γε καὶ σοί. τάχα γὰρ εἶσιν ὡς ἐμέ.Νεᾶνιςὁδὶ γὰρ αὐτός ἐστιν.Γραῦς Αοὐ σοῦ γʼ ὦλεθρεδεόμενος οὐδέν.Νεᾶνιςνὴ Δίʼ ὦ φθίνυλλα σὺδείξει τάχʼ αὐτός, ὡς ἔγωγʼ ἀπέρχομαι.Γραῦς Ακἄγωγʼ, ἵνα γνῷς ὡς πολύ σου μεῖζον φρονῶ.Νεανίαςεἴθʼ ἐξῆν παρὰ τῇ νέᾳ καθεύδειν,καὶ μὴ δʼει πρότερον διασποδῆσαιἀνάσιμον ἢ πρεσβυτέραν·οὐ γὰρ ἀνασχετὸν τοῦτό γʼ ἐλευθέρῳ.Γραῦς Αοἰμώζων ἄρα νὴ Δία σποδήσεις.οὐ γὰρ τἀπὶ Χαριξένης τάδʼ ἐστίν.κατὰ τὸν νόμον ταῦτα ποιεῖνἔστι δίκαιον, εἰ δημοκρατούμεθα.ἀλλʼ εἶμι τηρήσουσʼ ὅ τι καὶ δράσει ποτέ.Νεανίαςεἴθʼ ὦ θεοὶ λάβοιμι τὴν καλὴν μόνην,ἐφʼ ἣν πεπωκὼς ἔρχομαι πάλαι ποθῶν.Νεᾶνιςἐξηπάτησα τὸ κατάρατον γρᾴδιον·
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levé le pied, parce qu'elle s'est imaginé que je demeurerais au logis. Mais le voilà notre cher ami. Viens, mon cœur ; approche ; allons goûter les plus tendres plaisirs. L'amour m'agite ; tes beaux cheveux frisés m'enlèvent, une ardeur secrète me dévore. Amour ! ô amour ! fais que je puisse posséder en repos cet homme charmant.

Le jeune h.

Et toi, ma belle, hâte-toi de m'ouvrir ta porte ; sinon, je vais tomber à tes pieds. Ah ! que ne suis-je déjà entre tes bras ! ô Cypris ! quelle rage amoureuse répands tu dans mon cœur ! Amour ! Laisse-moi ou fais que cette beauté pleine de charmes vienne dans mon lit. Ouvre-moi, ma chère ; je ne puis exprimer tout ce que je sens ; ouvre, je t'en conjure ; donne moi un baiser. Je souffre mille tourments dans l'ardeur qui me presse pour toi, ma belle toute d'or, beau rameau de Vénus, abeille des Muses, nourrisson des Grâces, petit minois délicieux. Ouvre, baise-moi ; je ne puis exprimer tout ce que je souffre pour toi.

La vieille.

Holà ! qui est-ce qui frappe ? est-ce moi que tu cherches ?

La jeune.

D'où vient-elle ?

La vieille.

Tu as gratté à ma porte.

Le jeune-homme

Que je puisse mourir si j'y ai seulement pensé !

φρούδη γάρ ἐστιν οἰομένη μʼ ἔνδον μένειν.ἀλλʼ οὑτοσὶ γὰρ αὐτὸς οὗ ʼμεμνήμεθα.δεῦρο δὴ δεῦρο δή,φίλον ἐμόν, δεῦρό μοιπρόσελθε καὶ ξύνευνοςτὴν εὐφρόνην ὅπως ἔσει.πάνυ γάρ τις ἔρως με δονεῖτῶνδε τῶν σῶν βοστρύχων.ἄτοπος δʼ ἔγκειταί μοί τιςπόθος, ὅς με διακναίσας ἔχει.μέθες, ἱκνοῦμαί σʼ Ἔρως,καὶ ποίησον τόνδʼ ἐς εὐνὴντὴν ἐμὴν ἱκέσθαι.Νεανίαςδεῦρο δὴ δεῦρο δή,καὶ σύ μοι καταδραμοῦσατὴν θύραν ἄνοιξοντήνδʼ· εἰ δὲ μή, καταπεσὼν κείσομαι.φίλον, ἀλλʼ ἐν τῷ σῷβούλομαι κόλπῳ πληκτίζεσθαιμετὰ τῆς σῆς πυγῆς.Κύπρι τί μʼ ἐκμαίνεις ἐπὶ ταύτῃ;μέθες, ἱκνοῦμαί σʼ Ἔρως,καὶ ποίησον τήνδʼ ἐς εὐνὴντὴν ἐμὴν ἱκέσθαι.Νεᾶνιςκαὶ ταῦτα μέντοι μετρίως πρὸς τὴν ἐμὴν ἀνάγκηνεἰρημένʼ ἐστίν. σὺ δέ μοι, φίλτατον, ὢ ἱκετεύω,ἄνοιξον ἀσπάζου με·διά τοι σὲ πόνους ἔχω.Νεανίαςὦ χρυσοδαίδαλτον ἐμὸν μέλημα, Κύπριδος ἔρνος,μέλιττα Μούσης, Χαρίτων θρέμμα, Τρυφῆς πρόσωπον,ἄνοιξον ἀσπάζου με·διά τοι σὲ πόνους ἔχω.Γραῦς Αοὗτος τί κόπτεις; μῶν ἐμὲ ζητεῖς;Νεανίαςπόθεν; Γραῦς Ακαὶ τὴν θύραν γʼ ἤραττες.Νεανίαςἀποθάνοιμʼ ἄρα.
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743

[?]αφλυσιον2

f°189La vieille.

Que cherches-tu donc avec ton flambeau ?

Le jeune homme.

Je cherche une homme qui s'appelle Jolivet.

La vieille.

Comment ?

Le jeune h.

C'est sans doute celui que tu attends toi-même qui doit te faire cela.

La vieille.

Par Vénus ! C'est toi-même, que tu le veuilles ou non.

Le jeune h.

Mais ce n'est pas la coûtume qu'on expédie les affaires qui ont plus de soixante ans ; on les remet toujours, pour juger celles qui sont au dessous de vingt.

La vieille.

Cela était bon, mon doux ami, sous les gouvernements précédents ; mais à présent on nous a donné le pas.

Le jeune h.

Bien entendu cependant que chacun n'en fera que ce qu'il voudra.

La vieille.

Tu souperas donc de même, si nous le voulons.

Le jeune h.

Je ne sais ce que tu veux dire ; mais tant y a qu'il faut que j'accole ce tendron.

La vieille.

Après que tu m'auras rendu ce que tu me dois.

Γραῦς Ατοῦ δαὶ δεόμενος δᾷδʼ ἔχων ἐλήλυθας;ΝεανίαςἈναφλύστιον ζητῶν τινʼ ἄνθρωπον.Γραῦς Ατίνα; Νεανίαςοὐ τὸν Σεβῖνον, ὃν σὺ προσδοκᾷς ἴσως.Γραῦς Ανὴ τὴν Ἀφροδίτην, ἤν τε βούλῃ γʼ ἤν τε μή.Νεανίαςἀλλʼ οὐχὶ νυνὶ τὰς ὑπερεξηκοντέτειςεἰσάγομεν, ἀλλʼ εἰσαῦθις ἀναβεβλήμεθα.τὰς ἐντὸς εἴκοσιν γὰρ ἐκδικάζομεν.Γραῦς Αἐπὶ τῆς προτέρας ἀρχῆς γε ταῦτʼ ἦν ὦ γλύκων·νυνὶ δὲ πρῶτον εἰσάγειν ἡμᾶς δοκεῖ.Νεανίαςτῷ βουλομένῳ γε κατὰ τὸν ἐν πεττοῖς νόμον.Γραῦς Αἀλλʼ οὐδὲ δειπνεῖς κατὰ τὸν ἐν πεττοῖς νόμον.Νεανίαςοὐκ οἶδʼ ὅ τι λέγεις· τηνδεδί μοι κρουστέον.Γραῦς Αὅταν γε κρούσῃς τὴν ἐμὴν πρῶτον θύραν.
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Le jeune h.

Il n'est pas question de cela présentement.

La vieille.

Je sais bien que tu m'aimes. Tu es surpris de me trouver à la porte. Va, va, baise-moi.

Le jeune h.

Ma mie, j'ai peur de ton galant.

La vieille.

Quel galant ?

Le jeune h.

Le plus respectable de tous les graveurs.

La vieille.

Et qui est-ce donc ?

Le jeune h.

Celui qui grave des lampes sur les sépulcres. Va-t-'en, de peur qu'il te ne surprenne sur le pas de la porte.

La vieille.

Je devine ton intention.

Le jeune-h.

Et moi la tienne.

La vieille.

Par Vénus ! puisque le sort me le donne, je ne le laisserai pas échapper.

Le jeune-h.

Tu rêves, ma bonne mère.

La vieille.

Tu te moques toi-même. Je te mènerai à mon lit.

Le jeune h.

Hélas ! Pourquoi achetons-nous des grapins pour tirer les seau du puits ? Il n'y aurait qu'a attacher cette vieille

Νεανίαςἀλλʼ οὐχὶ νυνὶ κρησέραν αἰτούμεθα.Γραῦς Αοἶδʼ ὅτι φιλοῦμαι· νῦν δὲ θαυμάζεις ὅτιθύρασί μʼ ηὗρες· ἀλλὰ πρόσαγε τὸ στόμα.Νεανίαςἀλλʼ ὦ μέλʼ ὀρρωδῶ τὸν ἐραστήν σου.Γραῦς Ατίνα; Νεανίαςτὸν τῶν γραφέων ἄριστον.Γραῦς Αοὗτος δʼ ἔστι τίς; Νεανίαςὃς τοῖς νεκροῖσι ζωγραφεῖ τὰς ληκύθους.ἀλλʼ ἄπιθʼ, ὅπως μή σʼ ἐπὶ θύραισιν ὄψεται.Γραῦς Αοἶδʼ οἶδʼ ὅ τι βούλει.Νεανίαςκαὶ γὰρ ἐγώ σε νὴ Δία. Γραῦς Αμὰ τὴν Ἀφροδίτην ἥ μʼ ἔλαχε κληρουμένη,μὴ ʼγώ σʼ ἀφήσω.Νεανίαςπαραφρονεῖς ὦ γρᾴδιον. Γραῦς Αληρεῖς· ἐγὼ δʼ ἄξω σʼ ἐπὶ τἀμὰ στρώματα.Νεανίαςτί δῆτα κρεάγρας τοῖς κάδοις ὠνούμεθα,ἐξὸν καθέντα γρᾴδιον τοιουτονὶ
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X

f°190

au bout de la corde, pour repêcher tous les seaux du monde.

La vieille.

Cesse de railler, et suis-moi.

Le jeune h.

Pourquoi m'entraines-tu ? Ai-je quelque droit à payer ?

La vieille.

Oui, par Vénus ; et je me plais infiniment à coucher avec ces jeunes-gens là.

Le jeune h.

Et moi, il me déplait infiniment de coucher avec les vieilles. Non je n'en ferai rien.

La vieille.

Ah ! Tu résistes ! voilà de quoi te contraindre.

Le jeune h.

Qu'est-ce ?

La vieille.

C'est le décret qui ordonne que tu viendras avec moi.

Le jeune h.

Dis-moi ce qu'il porte.

La vieille.

Il porte en propres termes : Les femmes ont résolu, que si un jeune-homme est amoureux d'une jeune femme, il ne pourra en jouir qu'après avoir biscoté une vieille ; et s'il ne veut pas rendre ce devoir aux vieilles, il sera permis aux vieilles de le prendre de force et l'emmener où bon leur semblera.

ἐκ τῶν φρεάτων τοὺς κάδους ξυλλαμβάνειν;Γραῦς Αμὴ σκῶπτέ μʼ ὦ τάλαν ἀλλʼ ἕπου δεῦρʼ ὡς ἐμέ.Νεανίαςἀλλʼ οὐκ ἀνάγκη μοὐστίν, εἰ μὴ τῶν ἐμῶντὴν πεντακοσιοστὴν κατέθηκας τῇ πόλει.Γραῦς Ανὴ τὴν Ἀφροδίτην δεῖ γε μέντοι σʼ. ὡς ἐγὼτοῖς τηλικούτοις ξυγκαθεύδουσʼ ἥδομαι.Νεανίαςἐγὼ δὲ ταῖς γε τηλικαύταις ἄχθομαι,κοὐκ ἂν πιθοίμην οὐδέποτʼ.Γραῦς Αἀλλὰ νὴ Δίαἀναγκάσει τουτί σε.Νεανίαςτοῦτο δʼ ἔστι τί; Γραῦς Αψήφισμα, καθʼ ὅ σε δεῖ βαδίζειν ὡς ἐμέ.Νεανίαςλέγʼ αὐτὸ τί ποτε κἄστι.Γραῦς Ακαὶ δή σοι λέγω.ἔδοξε ταῖς γυναιξίν, ἢν ἀνὴρ νέοςνέας ἐπιθυμῇ, μὴ σποδεῖν αὐτὴν πρὶν ἂντὴν γραῦν προκρούσῃ πρῶτον· ἢν δὲ μὴ ʼθέλῃπρότερον προκρούειν ἀλλʼ ἐπιθυμῇ τῆς νέας,ταῖς πρεσβυτέραις γυναιξὶν ἔστω τὸν νέονἕλκειν ἀνατεὶ λαβομένας τοῦ παττάλου.
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(c) Les marchands étaient dispensés du service de la guerre.

(d) Il leur donnait ses filles à besogner, jusqu'à épuisement.

X

Le jeune h.

Hélas ! que deviendra-je ?

La vieille.

Il faut obéir aux lois.

Le jeune homme.

Mais si quelqu'un de mes voisins me vole, ou si un ami a besoin de mon secours ?

La vieille.

On ne volera plus rien : tout est en commun, et du reste tout le monde est ami.

Le jeune h.

A propos. Je dois prêter le serment ; il faut que je comparaisse.

La vieille.

Tout cela ne sert de rien.

Le jeune h.

Mais si je disais que je suis (c) marchand ?

La vieille.

Je me moque de tout cela.

Le jeune h.

Que faut-il donc faire ?

La vieille.

Il faut me suivre et venir chez moi.

Le jeune h.

C'est donc une nécessité ?

La vieille.

Oui, pareille à celle que Diomède imposait à ses hôtes. (d)

Le jeune h.

Tu n'as donc qu'à faire provision de marjolaine et de feuilles de vigne, de bandelettes et d'huile, et mettre une coquille d'eau pure à la porte.

Νεανίαςοἴμοι Προκρούστης τήμερον γενήσομαι.Γραῦς Ατοῖς γὰρ νόμοις τοῖς ἡμετέροισι πειστέον.Νεανίαςτί δʼ ἢν ἀφαιρῆταί μʼ ἀνὴρ τῶν δημοτῶνἢ τῶν φίλων ἐλθών τις;Γραῦς Αἀλλʼ οὐ κύριοςὑπὲρ μέδιμνόν ἐστʼ ἀνὴρ οὐδεὶς ἔτι.Νεανίαςἐξωμοσία δʼ οὐκ ἔστιν;Γραῦς Αοὐ γὰρ δεῖ στροφῆς. Νεανίαςἀλλʼ ἔμπορος εἶναι σκήψομαι.Γραῦς Ακλάων γε σύ. Νεανίαςτί δῆτα χρὴ δρᾶν;Γραῦς Αδεῦρʼ ἀκολουθεῖν ὡς ἐμέ. Νεανίαςκαὶ ταῦτʼ ἀνάγκη μοὐστί;Γραῦς ΑΔιομήδειά γε. Νεανίαςὑποστόρεσαί νυν πρῶτα τῆς ὀριγάνουκαὶ κλήμαθʼ ὑπόθου συγκλάσασα τέτταρα,καὶ ταινίωσαι καὶ παράθου τὰς ληκύθους,ὕδατός τε κατάθου τοὔστρακον πρὸ τῆς θύρας.
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Il y a erreur dans ces personnages.

f°191La vieille.

Ne veux-tu point, avec tout cela, que j'achête aussi une couronne ?

Le jeune h.

Et une couronne, et des cierges, car tu vas tomber morte.

La jeune femme.

Où traines-tu ce jeune homme ?

La vieille.

C'est mon amant que je mène chez moi.

La jeune.

Tu n'es point sage. Hélas ! le pauvre innocent ! il n'a pas l'âge de coucher avec toi : tu serais sa mère. Enfin, si la loi s'exécute, vous allez remplir la terre d'Œdipes.

La vieille.

Voyez donc l'insolente, qui ose murmurer contre les lois. Je te châtierai bien.

Le jeune h.

Ma douce amie, au nom de Jupiter sauveur, détourne, si tu peux, cette maudite vieille. Je te promets en récompense, dès ce soir un gros et long remerciêment.

Une autre Vieille. Le jeune homme. Une troisième vieille.



L'autre vieille.

Parle donc : où entraines-tu cet homme ? au mépris de la loi ? C'est avec moi qu'elle ordonne qu'il couchera.

Le jeune h.

Hélas ! que je suis malheureux ! D'où

Γραῦς Αἦ μὴν ἔτʼ ὠνήσει σὺ καὶ στεφάνην ἐμοί.Νεανίαςνὴ τὸν Δίʼ ἤνπερ ᾖ γέ που τῶν κηρίνων·οἶμαι γὰρ ἔνδον διαπεσεῖσθαί σʼ αὐτίκα.Νεᾶνιςποῖ τοῦτον ἕλκεις;Γραῦς Ατὸν ἐμὸν αὐτῆς εἰσάγω. Νεᾶνιςοὐ σωφρονοῦσά γʼ· οὐ γὰρ ἡλικίαν ἔχειπαρὰ σοὶ καθεύδειν τηλικοῦτος ὤν, ἐπεὶμήτηρ ἂν αὐτῷ μᾶλλον εἴης ἢ γυνή.ὥστʼ εἰ καταστήσεσθε τοῦτον τὸν νόμον,τὴν γῆν ἅπασαν Οἰδιπόδων ἐμπλήσετε.Γραῦς Αὦ παμβδελυρὰ φθονοῦσα τόνδε τὸν λόγονἐξηῦρες· ἀλλʼ ἐγώ σε τιμωρήσομαι.Νεανίαςνὴ τὸν Δία τὸν σωτῆρα κεχάρισαί γέ μοιὦ γλυκύτατον τὴν γραῦν ἀπαλλάξασά μου·ὥστʼ ἀντὶ τούτων τῶν ἀγαθῶν εἰς ἑσπέρανμεγάλην ἀποδώσω καὶ παχεῖάν σοι χάριν.Γραῦς Βαὕτη σὺ ποῖ τονδὶ παραβᾶσα τὸν νόμονἕλκεις, παρʼ ἐμοὶ τῶν γραμμάτων εἰρηκότωνπρότερον καθεύδειν αὐτόν;Νεανίαςοἴμοι δείλαιος.
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748

X

s'est attirée cette autre vieille plus abominable encore que la première ?

La vieille.

Marche, marche !

Le jeune h.

Ne permets pas je t'en conjure que je sois entrainé par une.....

La vieille.

Ce n'est pas moi qui t'entraine : c'est la loi.

Le jeune homme.

Ah ! l'horreur ! c'est un spectre qui n'est que sang et pourriture.

La vieille.

Viens, mon ami, et ne raisonne point tant.

Le jeune h.

Laisse-moi un peu aller aux commodités pour me rafraîchir entreprendre courage. Sinon, il arrivera malheur de la crainte où je me trouve.

La vieille.

Ne crains rien ; viens au logis : tu chieras là.

Le jeune h.

J'ai bien peur que ce ne soit plus que je ne voudrais. Laisse-moi, je t'en prie. J'aime mieux te donner deux cautions.

La vieille.

Je ne veux point de cautions.

Autre vieille.

Où vas-tu donc avec cette femme ?

Le jeune h.

Je ne vais point : on m'entraîne. ô qui que tu sois qui viens à mon secours : que je t'ai d'obligation ! ô Hercule ! ô Pan ! ô

πόθεν ἐξέκυψας ὦ κάκιστʼ ἀπολουμένη;τοῦτο γὰρ ἐκείνου τὸ κακὸν ἐξωλέστερον.Γραῦς Ββάδιζε δεῦρο.Νεανίαςμηδαμῶς με περιίδῃςἑλκόμενον ὑπὸ τῆσδʼ ἀντιβολῶ σʼ.Γραῦς Βἀλλʼ οὐκ ἐγώ,ἀλλʼ ὁ νόμος ἕλκει σʼ.Νεανίαςοὐκ ἐμέ γʼ, ἀλλʼ ἔμπουσά τιςἐξ αἵματος φλύκταιναν ἠμφιεσμένη.Γραῦς Βἕπου μαλακίων δεῦρʼ ἀνύσας καὶ μὴ λάλει.Νεανίαςἴθι νυν ἔασον εἰς ἄφοδον πρώτιστά μεἐλθόντα θαρρῆσαι πρὸς ἐμαυτόν· εἰ δὲ μή,αὐτοῦ τι δρῶντα πυρρὸν ὄψει μʼ αὐτίκαὑπὸ τοῦ δέους.Γραῦς Βθάρρει, βάδιζʼ· ἔνδον χεσεῖ. Νεανίαςδέδοικα κἀγὼ μὴ πλέον γʼ ἢ βούλομαι.ἀλλʼ ἐγγυητάς σοι καταστήσω δύοἀξιόχρεως.Γραῦς Βμή μοι καθίστη. Γραῦς Γποῖ σὺ ποῖχωρεῖς μετὰ ταύτης;Νεανίαςοὐκ ἔγωγʼ, ἀλλʼ ἕλκομαι.ἀτὰρ ἥτις εἶ γε, πόλλʼ ἀγαθὰ γένοιτό σοι,ὅτι μʼ οὐπεριεῖδες ἐπιτριβέντʼ. ὦ Ἡράκλεις
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f°192

tous les corybantes ! ô Castor et Pollux ! C'est encore pis. Qui es-tu donc ? Ne serais-tu point un singe barbouillé de céruse, ou quelque vieux cadavre resuscité ?

La dernière vieille.

Ne raille point, mais suis-moi.

L'autre vieille.

C'est ici, c'est ici : je ne te laisserai point aller.

La précédente.

Ni moi non plus.

Le jeune h.

Vous me disloquerez, malheureuses ?

La 1re.

La loi ordonne que tu me suives.

L'autre.

Oui, supposé qu'il ne se présente point d'autre vieille plus laide.

Le jeune h.

Et si vous me démembrez, comment voulez-vous que je puisse enfin parvenir à jouir de la belle que vous savez ?

La 1re.

C'est ton affaire ; mais il faut commencer par moi.

Le jeune h.

Dites-moi donc laquelle des deux il faut que je satisfasse pour en être quitte.

La 1re.

Je ne sais, vraiment ! Viens à moi.

Le jeune h.

Fais donc que celle-ci me laisse.

ὦ Πᾶνες ὦ Κορύβαντες ὦ Διοσκόρω,τοῦτʼ αὖ πολὺ τούτου τὸ κακὸν ἐξωλέστερον.ἀτὰρ τί τὸ πρᾶγμʼ ἔστʼ ἀντιβολῶ τουτί ποτε;πότερον πίθηκος ἀνάπλεως ψιμυθίου,ἢ γραῦς ἀνεστηκυῖα παρὰ τῶν πλειόνων;Γραῦς Γμὴ σκῶπτέ μʼ ἀλλὰ δεῦρʼ ἕπου.Γραῦς Βδευρὶ μὲν οὖν. Γραῦς Γὡς οὐκ ἀφήσω σʼ οὐδέποτʼ.Γραῦς Βοὐδὲ μὴν ἐγώ. Νεανίαςδιασπάσεσθέ μʼ ὦ κακῶς ἀπολούμεναι.Γραῦς Βἐμοὶ γὰρ ἀκολουθεῖν σʼ ἔδει κατὰ τὸν νόμον.Γραῦς Γοὐκ ἢν ἑτέρα γε γραῦς ἔτʼ αἰσχίων φανῇ.Νεανίαςἢν οὖν ὑφʼ ὑμῶν πρῶτον ἀπόλωμαι κακῶς,φέρε πῶς ἐπʼ ἐκείνην τὴν καλὴν ἀφίξομαι;Γραῦς Γαὐτὸς σκόπει σύ· τάδε δέ σοι ποιητέον.Νεανίαςποτέρας προτέρας οὖν κατελάσας ἀπαλλαγῶ;Γραῦς Βοὐκ οἶσθα; βαδιεῖ δεῦρʼ.Νεανίαςἀφέτω νύν μʼ αὑτηί.
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X

X

L'autre.

C'est à moi qu'il faut venir.

Le jeune h.

Pardi, je ne puis, si l'autre ne me lâche.

La 1re.

Par ma foi, je n'en ferai rien.

L'autre.

Ni moi non plus.

Le jeune h.

Vous n'aurez pas été propres à être batelières de passage.

La 1re.

D'où vient ?

Le jeune h.

Vous auriez déchiré les passants à force de les tirailler.

L'autre.

Tais-toi, et marche.

La 1re.

Oui, chez moi.

Le jeune h.

Me voici à peu près dans la situation où le décret de Cannonus voulaient que fussent les criminels en répondant sur faits et articles ; je suis entre deux satellites impitoyables qui me tiennent par le milieu du corps et veulent que je les repasse toutes deux. Croyez-vous donc que je puisse ramer des deux côtés ?

La 1re.

Tu les feras à merveille, quand tu auras

Γραῦς Γδευρὶ μὲν οὖν ἴθʼ ὡς ἔμʼ.Νεανίαςἢν ἡδί μʼ ἀφῇ. Γραῦς Βἀλλʼ οὐκ ἀφήσω μὰ Δία σʼ.Γραῦς Γοὐδὲ μὴν ἐγώ. Νεανίαςχαλεπαί γʼ ἂν ἦστε γενόμεναι πορθμῆς.Γραῦς Βτιή; Νεανίαςἕλκοντε τοὺς πλωτῆρας ἂν ἀπεκναίετε.Γραῦς Βσιγῇ βάδιζε δεῦρο.Γραῦς Γμὰ Δίʼ ἀλλʼ ὡς ἐμέ. Νεανίαςτουτὶ τὸ πρᾶγμα κατὰ τὸ Καννωνοῦ σαφῶςψήφισμα, βινεῖν δεῖ με διαλελημμένον.πῶς οὖν δικωπεῖν ἀμφοτέρας δυνήσομαι;Γραῦς Βκαλῶς, ἐπειδὰν καταφάγῃς βολβῶν χύτραν.
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f°193

mangé un bon plat de truffes.

Le jeune h.

Hélas ! me voilà donc enfin entraîné jusqu'à la porte.

La vieille.

Tu n'as rien à craindre, si tu tombes ; je tomberai avec toi.

Le jeune h.

Par tous les Dieux ! que l'une de vous me laisse. Pour un mal, encore patience ; mais deux, c'est trop.

La vieille.

Par Hécate ! que tu le veuilles ou non, ce sera moi qui t'aurai la première.

Le jeune h.

Ah ! malheureux que je suis, et trois fois malheureux ! quoi ! faut-il donc que je passe la nuit entière à satisfaire les désirs insatiables de cette vieille carogne ! et puis qu'il me faille encore tomber dans les bras d'une autre dont les joues ridées pendent comme des bouteilles ! Ah ! quel horrible destin : quel malheur est le mien ! ô Jupiter sauveur ! ne suis-je pas l'homme du monde le plus misérable qui dois vivre malgré moi avec des monstres de cette sorte ! Je suis mort si pareille aventure m'arrive souvent avec ces puantes carcasses. Il n'y aura qu'à m'ensevelir à l'entrée de leur caverne ; leur couvrir le corps de poix comme un cercueil, et leur sceller

Νεανίαςοἴμοι κακοδαίμων ἐγγὺς ἤδη τῆς θύραςἑλκόμενός εἰμʼ.Γραῦς Βἀλλʼ οὐδὲν ἔσται σοι πλέον.ξυνεσπεσοῦμαι γὰρ μετὰ σοῦ.Νεανίαςμὴ πρὸς θεῶν·ἑνὶ γὰρ ξυνέχεσθαι κρεῖττον ἢ δυοῖν κακοῖν.Γραῦς Γνὴ τὴν Ἑκάτην ἐάν τε βούλῃ γʼ ἤν τέ μή.Νεανίαςὦ τρισκακοδαίμων εἰ γυναῖκα δεῖ σαπρὰνβινεῖν ὅλην τὴν νύκτα καὶ τὴν ἡμέραν,κἄπειτʼ ἐπειδὰν τῆσδʼ ἀπαλλαγῶ, πάλινφρύνην ἔχουσαν λήκυθον πρὸς ταῖς γνάθοις.ἆρʼ οὐ κακοδαίμων εἰμί; βαρυδαίμων μὲν οὖννὴ τὸν Δία τὸν σωτῆρʼ ἀνὴρ καὶ δυστυχής,ὅστις τοιούτοις θηρίοις συνείρξομαι.ὅμως δʼ ἐάν τι πολλὰ πολλάκις πάθωὑπὸ τοῖνδε τοῖν κασαλβάδοιν δεῦρʼ ἐσπλέων,θάψαι μʼ ἐπʼ αὐτῷ τῷ στόματι τῆς ἐσβολῆς,καὶ τήνδʼ ἄνωθεν ἐπιπολῆς τοῦ σήματοςζῶσαν καταπιττώσαντες εἶτα τὼ πόδε
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Il y a ici une lacune dans le texte. Elle contenait sans doute le dénouement.

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les pieds dans le plomb : ce sera un tombeau tout fait.



Une servante et son maître. Le chœur.La servante.

Heureux le peuple ! heureuse moi-même, heureuse ma maîtresse et vous toutes qui êtes sur vos portes, et vous tous nos voisins ! que notre bonheur est grand ! Je ne suis pas mal, moi qui ne suis qu'une servante. Je me suis parfumé la tête d'essences, mais d'essences, ô Jupiter ! qu'elles étaient admirables ! J'ai bien mieux fait encore : je me suis embaumée d'un vin excellent de Thase Cela demeure longtemps dans la tête ; et les autres parfums se dissipent aussitôt. Oh ! que le vin vaut bien mieux ! Verse, verse tout pur ; cela fait plaisir pendant toute la nuit ; mais prends du meilleur et de celui qui sent le mieux. Mesdames, ainsi enseignez-moi mon maître. Ou trouverai-je le mari de celle qui m'a acheté ?

Le chœur.

Tu n'as qu'à demeurer là : tu le verras bientôt.

La servante.

Vous avez raison ; le voilà qui s'en va souper. O mon maître ! mon cher maître que vous êtes heureux !

μολυβδοχοήσαντες κύκλῳ περὶ τὰ σφυρὰἄνω ʼπιθεῖναι πρόφασιν ἀντὶ ληκύθου.Θεραπαίναὦ μακάριος μὲν δῆμος, εὐδαίμων δʼ ἐγώ,αὐτή τέ μοι δέσποινα μακαριωτάτη,ὑμεῖς θʼ ὅσαι παρέστατʼ ἐπὶ ταῖσιν θύραιςοἱ γείτονές τε πάντες οἵ τε δημόται,ἐγώ τε πρὸς τούτοισιν ἡ διάκονος,ἥτις μεμύρισμαι τὴν κεφαλὴν μυρώμασιν,ἀγαθοῖσιν ὦ Ζεῦ· πολὺ δʼ ὑπερπέπαικεν αὖτούτων ἁπάντων τὰ Θάσιʼ ἀμφορείδια.ἐν τῇ κεφαλῇ γὰρ ἐμμένει πολὺν χρόνον·τὰ δʼ ἄλλʼ ἀπανθήσαντα πάντʼ ἀπέπτετο·ὥστʼ ἐστὶ πολὺ βέλτιστα, πολὺ δῆτʼ ὦ θεοί.κέρασον ἄκρατον, εὐφρανεῖ τὴν νύχθʼ ὅληνἐκλεγομένας ὅ τι ἂν μάλιστʼ ὀσμὴν ἔχῃ.ἀλλʼ ὦ γυναῖκες φράσατέ μοι τὸν δεσπότην,τὸν ἄνδρʼ, ὅπου ʼστί, τῆς ἐμῆς κεκτημένης.Χορὸςαὐτοῦ μένουσʼ ἡμῖν γʼ ἂν ἐξευρεῖν δοκεῖς.Θεραπαίναμάλισθʼ· ὁδὶ γὰρ ἐπὶ τὸ δεῖπνον ἔρχεται.ὦ δέσποτʼ ὦ μακάριε καὶ τρισόλβιε.
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f°194Le maître.

Moi ?

La servante.

Oui, vous, si jamais homme le fut. En effet, n'est-ce pas être le plus favorisé de la fortune qui soit au monde, que d'être le seul, parmi plus de trente mille hommes, qui n'ayez pas encore soupé.

Le chœur.

Voilà un bonheur d'une rare espèce !

La servante

Où allez-vous donc ?

Le maître.

Je vais souper.

La servante.

Par Vénus ! vous êtes le dernier de tous qui vous en avisiez. Mais consolez-vous ; madame m'a chargée de vous prendre et d'emmener avec vous ces fillettes. On nous a mis à part de ce bon vin de Chio et bien d'autres bonnes choses. Marchez donc et vous dépêchez. Ceux d'entre les spectateurs qui sont bien intentionnés pour nous et ceux d'entre les juges qui ne sont point priés ailleurs peuvent venir avec nous ; nous leur servirons de tout à discrétion. Parle donc hardiment, ma belle enfant, et invite ces vieillars de bonne grace. Dis-leur qu'ils trouveront leur souper tout prêt, s'ils se donnent la peine d'aller chez eux. Pour moi, je m'en vais souper, et je prends un flambeau pour

Βλέπυροςἐγώ;Θεραπαίνασὺ μέντοι νὴ Δίʼ ὥς γʼ οὐδεὶς ἀνήρ.τίς γὰρ γένοιτʼ ἂν μᾶλλον ὀλβιώτερος,ὅστις πολιτῶν πλεῖον ἢ τρισμυρίωνὄντων τὸ πλῆθος οὐ δεδείπνηκας μόνος;Χορὸςεὐδαιμονικόν γʼ ἄνθρωπον εἴρηκας σαφῶς.Θεραπαίναποῖ ποῖ βαδίζεις;Βλέπυροςἐπὶ τὸ δεῖπνον ἔρχομαι. Θεραπαίνανὴ τὴν Ἀφροδίτην πολύ γʼ ἁπάντων ὕστατος.ὅμως δʼ ἐκέλευε συλλαβοῦσάν μʼ ἡ γυνὴἄγειν σε καὶ τασδὶ μετὰ σοῦ τὰς μείρακας.οἶνος δὲ Χῖός ἐστι περιλελειμμένοςκαὶ τἄλλʼ ἀγαθά. πρὸς ταῦτα μὴ βραδύνετε,καὶ τῶν θεατῶν εἴ τις εὔνους τυγχάνει,καὶ τῶν κριτῶν εἰ μή τις ἑτέρωσε βλέπει,ἴτω μεθʼ ἡμῶν· πάντα γὰρ παρέξομεν.Βλέπυροςοὔκουν ἅπασι δῆτα γενναίως ἐρεῖςκαὶ μὴ παραλείψεις μηδένʼ, ἀλλʼ ἐλευθέρωςκαλεῖς γέροντα μειράκιον παιδίσκον; ὡςτὸ δεῖπνον αὐτοῖς ἐστʼ ἐπεσκευασμένονἁπαξάπασιν, ἢν ἀπίωσιν οἴκαδε.ἐγὼ δὲ πρὸς τὸ δεῖπνον ἤδη ʼπείξομαι·
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C'est le chœur qui reprend.

voir à me conduire. Qu'attendez-vous donc, mon maître ? Que ne marchez-vous avec ces drolesses ? Pendant que vous descendez, je vais fredonner un petit prélude de souper.

Le chœur.

J'ai un mot à dire à messieurs les juges pour supplier les plus sages d'entre eux de ne pas oublier de m'être favorable ; et ceux qui aiment à rire de me juger en riant ; c'est à dire que peu s'en faut que je ne les prie tous de m'accorder leur approbation. Je le conjure que le premier rang que le sort m'a donné ne me fasse point de tort, et qu'ils ne fassent point comme ces méchantes catins, qui ne se souviennent que des derniers qui leur ont troussé la cotte. Qu'ils ne se parjurent pas, je les en supplie, et qu'ils se souviennent qu'ils sont engagés à porter un jugement équitable. Il est temps de marcher, mes amies, allons souper en dansant un branleCandie. Fais briller tes patins blancs, en remuant les pieds en cadence.

Demi-chœur.

Voyez si ce mouvement de cuisses et de reins ne marque pas la mesure, au plus juste. Allons souper : un regal magnifique nous attend : Rôti, bouilli, chair et poisson, lamproies, écrevisses, ragoûts de toutes les manières, sauces à l'ail, sauces douces, cailles, mauvis, pigeons, poulardes, alouettes

ἔχω δέ τοι καὶ δᾷδα ταυτηνὶ καλῶς.Χορὸςτί δῆτα διατρίβεις ἔχων, ἀλλʼ οὐκ ἄγειςτασδὶ λαβών; ἐν ὅσῳ δὲ καταβαίνεις, ἐγὼἐπᾴσομαι μέλος τι μελλοδειπνικόν.σμικρὸν δʼ ὑποθέσθαι τοῖς κριταῖσι βούλομαι.τοῖς σοφοῖς μὲν τῶν σοφῶν μεμνημένοις κρίνειν ἐμέ,τοῖς γελῶσι δʼ ἡδέως διὰ τὸν γέλων κρίνειν ἐμέ·σχεδὸν ἅπαντας οὖν κελεύω δηλαδὴ κρίνειν ἐμέ,μηδὲ τὸν κλῆρον γενέσθαι μηδὲν ἡμῖν αἴτιον,ὅτι προείληχʼ· ἀλλὰ πάντα ταῦτα χρὴ μεμνημένουςμὴ ʼπιορκεῖν ἀλλὰ κρίνειν τοὺς χοροὺς ὀρθῶς ἀεί,μηδὲ ταῖς κακαῖς ἑταίραις τὸν τρόπον προσεικέναι,αἳ μόνον μνήμην ἔχουσι τῶν τελευταίων ἀεί.ὦ ὦ ὥρα δή, φίλαι γυναῖκες, εἴπερ μέλλομεν τὸ χρῆμα δρᾶν,ἐπὶ τὸ δεῖπνον ὑπαποκινεῖν. κρητικῶς οὖν τὼ πόδεκαὶ σὺ κίνει.Βλέπυροςτοῦτο δρῶ. Χορὸςκαὶ τάσδε νῦν [illisible][illisible]λαγαρὰς τοῖν σκελίσκοιν τὸν ῥυθμόν.τάχα γὰρ ἔπεισιλοπαδοτεμαχοσελαχογαλεο-κρανιολειψανοδριμυποτριμματο-σιλφιοτυρομελιτοκατακεχυμενο-κιχλεπικοσσυφοφαττοπεριστερα-
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755 et 756

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bisets, levrauts, moutarde et ponce pierre. Et toi qui entends tout cela, prends vite un plat ; frotte-toi de poussière, pour essuyer l'huile de dessus ton corps et va-t' en souper d'un bon œuf dur.

Demi-chœur.

J'entends branler la machoire.

Chœur.

Haut-là, haut ! Bon, fort bien ! Nous soupirons. Bon, heut, fort bien ! Victoire ! Victoire ! Bon, fort bien ; fort bien !

Fin de l'assemblée des femmes.

λεκτρυονοπτεκεφαλλιοκιγκλοπε-λειολαγῳοσιραιοβαφητραγα-νοπτερυγών· σὺ δὲ ταῦτʼ ἀκροασάμενοςταχὺ καὶ ταχέως λαβὲ τρύβλιον·εἶτα λαβὼν κόνισαιλέκιθον, ἵνʼ ἐπιδειπνῇς·ἀλλὰ λαιμάττουσί που.αἴρεσθʼ ἄνω, ἰαὶ εὐαί.δειπνήσομεν, εὐοῖ εὐαί,εὐαί, ὡς ἐπὶ νίκῃ·εὐαί, εὐαί, εὐαί, εὐαί.